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Youcef Nedjimi, oeil complice.

Le voila qui recidive. Encore. Au bonheur de ceux qui savent apprecier l'image dans son sens plein et disant. Comme un assassin qui revient toujours sur les lieux du crime, Youcef Nedjimi retourne a son peche mignon, l'art de commettre des photos artistiques, avec cet oeil complice dont il ne sait toujours pas se departir, faute de n'avoir pas pu, pendant des annees, achever de tordre le cou a l'emotion. Celle qui trimballe le voyeur a travers la trentaine de photos argentiques offertes en noir et blanc au regard depuis le 24 mai dernier a la galerie Isma de l'Office Riadh El Feth (Oref). Une initiative du ministere de la Culture a la faveur de la formation de jeunes commissaires d'exposition et de scenographies qu'il a concoctee. Invitation a la [beaucoup moins que]Transhumance[beaucoup plus grand que] ou [beaucoup moins que]Nouzouh[beaucoup plus grand que], c'est l'echappee que propose cette exposition pres de quinze jours encore.

La galerie Isma, restee longtemps fermee apres avoir vecu un trop-plein d'activites durant les annees d'or du centre des arts de Riadh El Feth, il y a trois decennies-rien que ca-revient a ses habitudes perdues. Des retrouvailles qui ne sont pas aussi expansives avec le public que l'auraient voulu artistes et organisateurs. La preuve, depuis le 24 mai dernier, jour du vernissage, une trentaine de personnes seulement ont pousse la porte d'entree pour voyager ici et ailleurs. Paroles des preposes a la galerie. Youcef Nedjimi, qui transporte de ville en montagne, du Sahara a el houma (le quartier), de la vaste Algerie aux capitales du monde, fait retenir et retentir les multiples escales. Celles qu'il marque dans la vie, la societe, l'Homme et les choses de la nature. Une belle randonnee que les legendes rendent encore plus savoureuses a mesure que le detail transperce l'attention. Meme si au demeurant, les images parlent d'elles-memes. A chacune sa version des faits. Qui, bien que serieux, pretent au rire, au sourire ne serait-ce, sans perdre de vue le motif de la prise de vue, qui pourtant est lisiblement empreinte de spontaneite. Ce sont incontestablement des instantanes que seule la surprise qui s'impose vite a l'oeil et s'en va imager a satiete, ainsi qu'on le decouvre a chaque pause-photo. Une traEnee de cliches choisis parmi les 150 que Youcef caline chichement depuis des annees. Des photographies prises au vol entre 1986 et 2013. C'est dire que l'ex-photographe de presse, malgre son retrait du metier, n'a pas cesse de chasser les images auxquelles d'ailleurs, il s'est initie en autodidacte bien avant de rejoindre le monde du journalisme. Et c'est cette fibre artistique qui l'a d'ailleurs trahi et accompagne durant ses peregrinations pour le reveler reporter photographe qu'il est devenu. Et dont il ne peut se detacher, empreint a jamais de ce reflexe de reagir vite et bien. Comme il le fait en un quart de tour quand son oreille musicale se dresse pour en capter les sensations. Tel que cet artiste invetere, vient de nouveau de le vivre en tant que batteur d'abord, sa premiere idylle artistique, et les arrangements faits a l'album de Youcef K. qu'il a aide a compiler les chansons. Un clin d'oeil a cette autre passion presente dans ses planches. Elle s'appelle [beaucoup moins que]fou de contrebasse[beaucoup plus grand que] a laquelle le musicien ne pouvait faire la sourde oreille a Montmartre, dans Paris en 1999. Et aussi joliment legendees, ces autres images belles a retenir: [beaucoup moins que]Eh... oui![beaucoup plus grand que] qui ponctue un graffiti saisi sur un mur de Tiaret; [beaucoup moins que]Minuit, j'ose tout[beaucoup plus grand que] qui se passe de commentaire pour ce vieux clodo a la vie epanchee sur un banc public d'une station metro parisienne; [beaucoup moins que]Hnana[beaucoup plus grand que] dont ce vieux couple fait preuve la main dans la main sur ce boulevard de Skikda, c'etait en 1986! C'etait la belle Algerie! Puis encore cet autre defi au temps [beaucoup moins que]choc des cultures[beaucoup plus grand que] a travers cet imposant vieux vendeur de paniers traditionnels tresses qui n'en a cure de ce que le mur d'une ruelle de Bab El Oued qui surplombe sa marchandise, expose comme gadgets allechants et plutot actuels en cette prise de 2013 ...et on peut longtemps s'arreter a chaque situation rendue plus impressionnante par le cliquetis du photographe. Mais n'est-ce pas la dans l'objectif de Youcef Nedjimi? Au regard insatiable ...

Saliha Aoues

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Publication:Horizons (Algiers, Algeria)
Date:Jun 11, 2014
Words:754
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