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When Liber glossarum meets Priscian in the beginning of the IXth Century. The collected Glosses of ms. Vaticano, Reg. lat. 1650/Quand le Liber glossarvm rencontre Priscien au debut du IXe siecle. Les gloses collectees du manuscrit Vaticano, Reg. lat. 1650.

Sans preambule, entrons directement dans le vif du sujet, sachant les lecteurs avertis de l'ensemble des problematiques que souleve l'analyse de gloses en terme d'origine, d'attribution et de circulation (1). Il s'agit ici d'eclairer d'un nouveau jour la relation entre la reception du grammairien Priscien (2) et la diffusion du Liber glossarum (3).

Nous constatons que malgre leur interet marque pour la matiere grammaticale, les compilateurs du Lib. gl. n'ont pour ainsi dire pas exploite les richesses de l'Ars grammatica de Priscien. Sa contribution se resume a peu de choses : sur l'integralite du Lib. gl., seule la definition de la uox est attribuee explicitement au grammairien de Constantinople (4). Mais ce peu de choses est deja en soi une source d'etonnement. Les autres interventions de Priscien sont anonymes et toutes, semble-t-il, sont issues non pas de l'Ars directement, mais d'un florilege grammatical (5).

Cet etat de fait concorde avec ce que la tradition manuscrite de l'Ars nous apprend. Au moment ou le glossaire est elabore, elle est peu repandue, voire meconnue (6). Utilisee en complement de Donat (7), elle n'apparait qu'en pointille a travers des Excerptiones et des florileges grammaticaux (8). Il n'est donc pas etonnant dans ces conditions que le florilege Erfurt, Ampl. F. 10 se trouve a l'origine des nombreux extraits grammaticaux utilises lors de la redaction du Lib. gl. (9). Quand le Lib. gl. entre en circulation, l'interet pour la grammaire de Priscien augmente. Tres rapidement meme, il apparait a la generation des maitres apres Alcuin que tout centre d'etude respectable se devait d'etre dote d'au moins un exemplaire de l'Ars Prisciani, ne seraitce seulement les 16 premiers livres (10).

Le cas de la definition du mot uox est etonnant, en somme parce que Priscien est un auteur encore tres nouveau. De plus, la lecture de L'Ars presentait encore beaucoup de difficultes pour qu'au moment de l'elaboration du Lib. gl. on ait pu prendre en compte le resultat d'etudes priscianiques tout juste naissantes (11). Il apparait donc ici que le Lib. gl. innove en la matiere (12).

On sait d'autre part qu'il emane du travail des grammairiens de la cour de Charlemagne (13).Parmi eux, Alcuin--precurseur en de nombreux domaines--, est parmi les rares lecteurs de l'Ars de Priscien, a son epoque, a avoir saisi l'importance des deux derniers livres sur la syntaxe. Il en donne une lecture synthetique dans un abregee qui met en correlation les passages des premiers livres avec ceux des 17 et 18 traitant des memes themes (14). Des diverses prises d'extraits de l'Ars Prisciani par les grammairiens de la cour, nous deduisons, d'une part qu'ils en avaient des copies a leur disposition et d'autre part, que ces memes grammairiens, promoteur du Lib. gl., ont joue un role important dans la diffusion de l'Ars. De ce premier contact va naitre une longue tradition aux consequences importantes pour l'histoire de la lexicographie. Suite a ce rapide examen de ce que Priscien a apporte au Lib. gl., il faut se demander ce qu'il en est de la reciproque, a savoir, dans quelle mesure notre glossaire encyclopedique a contribue a l'etude de Priscien? Pour ce faire, tournons-nous du cote des gloses portees par la grammaire.

Bien que le travail d'annotation de la grammaire de Priscien semble debuter assez tot au VIIe siecle, probablement des son introduction dans les iles Britanniques, il ne prend veritablement son envol qu'une fois introduit (ou reintroduit) dans les scriptoria carolingiens. Il suffit de comparer la copie italienne du vme siecle (St-Gall, 903) a celles de Tours ou de Corbie realisees cinquante ans plus tard (15). Le peritexte--c'est a dire le corpus particulier de gloses transmis a proximite du texte de l'Ars--augmente d'autant que la diffusion de l'Ars s'accelere. Malgre de multiples manipulations au cours de leur histoire, par ajouts, retranchements ou remplacements, les peri-textes proposent un contenu composite resultant du procede le plus usite : l'accumulation. Conjointement donc, tous partagent des points communs et tous attestent de caracteristiques propres a chacun. Des la seconde moitie du IXe siecle, les temoins manuscrits de l'Ars temoignent de l'enrichissement important dont il a fait l'objet. A ce moment, vers le milieu du IXe siecle, un groupe d'Irlandais produit un travail important sur le grec de Priscien, et plus generalement sur l'ensemble de son Ars. De ce milieu emane les deux seuls commentaires connus a haute epoque traitant de la grammaire de Priscien. Il s'agit bien sur de celui de Sedulius, connu par un fragment (16) et de celui de Jean Scot, qui de son cote est conserve dans une copie tardive du XIe siecle ainsi que des fragments sous forme de marginalia dans quelques manuscrits des IXe et Xe siecle (17). Nous n'entrerons pas dans les details de l'argumentation, mais la teneur clairement identifiable des travaux de ce cercle permet de degager des criteres de datations relatives au sein de la tradition des gloses sur Priscien.

Grace aux temoignages de sources d'epoques differentes, il est possible d'etablir une stratigraphie au sein de la tradition des gloses sur l'Ars. Pour faire court, les gloses du manuscrit de Reims, Bibl. mun., 1094 du debut du IXe siecle (=[D.sub.1]) (18), presente une forte affinite avec celles, transmises sous la forme de glossae collectae, dans Vatican, Reg. lat. 1650 (sigle V) (19). Cette collection est caracterisee par un recours systematique au Lib. gl. D'autre part, V ne presente aucune des explications qui ont emanees du travail du groupe de Sedulius et Jean Scot. Les termini post et ante quem ainsi poses, il apparait que dans l'intervalle,--environ entre 800 et 840--, un milieu sensibilise a l'autorite du Lib. gl. a produit un travail explicatif sur l'Ars de Priscien conserve en partie dans Vat. Reg. lat. 1650 ; la moitie precisement: les 9 premiers livres sur les 18 que compte l'ceuvre. Le contenu de cette collection de gloses montre qu'un fonds commun d'explications transmis a travers le canal endogene (20) a ete complete (ou parfois remplace) a l'aide de differents glossaires, dont le Lib. gl., pour pres de la moitie du total des gloses.

Arretons-nous un instant sur l'histoire de la collection V. Selon des modalites que la typologie permet de mettre en evidence, la collection resulte d'une selection critique qui a retenu une portion seulement des gloses de l'ancetre (21). A partir de ce modele, la collecte s'est probablement deroulee en plusieurs etapes : probablement d'abord recueillies sous forme de fiches, les gloses ont par la suite ete recopiees les unes a la suite des autres (22). Cette premiere copie constitue l'archetype de la collection dont V semble etre le n-ieme maillon d'une chaine deja longue. Or, V n'est pas l'unique temoin de cette collection. Les gloses de Cologne 200 (sigle J), copie a Prum ou a Cologne dans le second tiers du IXe siecle (23), contiennent certaines explications qui emanent sans l'ombre d'un doute de la meme tradition que V. C'est le cas du lemme Smyrna (24) (Prisc. 2, 23.17) dont l'explication est tiree d'Isidore de Seville, probablement via le Lib. gl. (25):

1. SMYRNA (Prisc. 2, 23.17):

V Smyrna: ciuitas est Lidie (1), quam Theseus construxit et dicta Smyrna quod epe (sic) campos Hermus fluuius secat (2).

J Smyrna ciuitas est Lydie quam Theus (sic) construxit (dagger) enuncup- et- (dagger) (26) Smyrma quod eius campos Herma fluuius secat.

(1) cf Lib. gl. zm 5 {p. 604} [parallel] (2) ex Lib. gl. zm 6 * (ISID. Et. 15, 1, 39) {p. 604}; cf. Sol. 41.

--hermus secat : Lvcan. 3, 210.

Mais c'est aussi le cas de nombreuses gloses sans parallele dans le Lib. gl., comme celle expliquant Hylas (27) (Prisc. 2, 18.17) ou l'on a cite Virgile (ecl. 6, 43-44) :

2. HYLAS (Prisc. 1, 18.17):

V Hilas: unius pueri Herculis, de co dicit Virgilius: <<Hylan naute ut quo fonte relictum [parallel] clamassent, ut litus Hyla Hyla[n] omne sonaret>>.

J Hylas unius pueri Herculis (p.c. erc-a.c.) de quo (dagger) proponit (dagger) Virgilius : Hylan nautem (sic) quo fronte (sic) relictum clamassant ut litus Hyla hilari (sic) omne sonaret

Il se pourrait ainsi que V et J offrent un bel exemple de circularite dans la transmission des gloses : d'une copie de l'Ars (ancetre) a une collection de gloses (archetype de V); d'une collection de gloses--un autre descendant de l'archetype--sur une grammaire glosee (J). Mais il est aussi envisageable que les gloses communes a V et J remontent a l'ancetre commun et donc a un etat des gloses avant collection (28). De son cote, J conserve quelques specificites remontant a un modele de [D.sub.I], comme par exemple des titres marginaux ou des paraphrases. Ainsi [D.sub.I], V et J entretiennent des relations, qui, a des niveaux differents, conservent le souvenir des travaux des grammairiens dans l'entourage de la cour des souverains carolingiens.

Nous avons dit du contenu des collections qu'il etait heterogene. Les glossae collectae de V ne font pas exception. Parmi leurs sources, se trouvent, evidement des gloses exclusivement de tradition endogene, mais aussi des gloses importees de nombreux glossaires, dont le Lib. gl. Parfois meme ceux-ci, comme Abstrusa-Abolita, qui se trouvent en amont de l'elaboration du Lib. gl. Ainsi nous rencontrons quelques explications dont la convergence des sources ne permet pas de designer l'intermediaire exact par lequel la glose est apparue dans le peri-texte priscianique. Ce recoupement des sources du Lib. gl. et des gloses sur Prisc. represente, pour le moment, une limite que l'edition du Lib. gl. de Lindsay ne permet pas de franchir. Le Corp. gl. lat., incomplet a bien des egards constitue aussi un frein, en raison des principes editoriaux. Ainsi pour se figurer au plus juste le trajet des gloses, il faudra attendre de nouvelles editions.

Voici un simple exemple, s'il en fallait, qui permet de saisir l'importance de la nouvelle edition du Lib. gl. en preparation. La meconnaissance des lecons exactes du Lib. gl. peuvent conduire a des analyses tout bonnement erronees. On notera que la forte representation dans V d'explications en provenance d'Isidore est directement proportionnelle a la representation de cet auteur dans le Lib. gl. Or, des erreurs que l'on aurait pu a priori imputer aux glossateurs de Priscien sont en realite des copies fideles de lecons fautives du Lib. gl. : c'est le cas ici, ou le contresens longiores / breuiores se trouve deja dans le Lib. gl. (29).
CANCER (Prisc. 2, 233.2)

V 6.201 Cancer : (... (1-2)) Cancrum: in sideribus gentiles
inde dixerunt, eo quia ad eum signum mense Iunio sol dum
uenerit, retrogradatus in modum cancri longioresque dies facit (3).

V 6.201.3 cancrum = Lib. gl. ca 615 * < Isid. Et. 3, 71, 26 {p. 97}30

Variantes V cum Lib. gl.   Texte d'Isid. (31)   Apparat critique
                                                d'Isid.

sol dum                    sol                  sol dum (cod. T)

retrogradatus              retrograditur

longiores                  breuiores


La rencontre de Priscien avec le Lib. gl. ainsi que leur frequentation constante dans les centres d'etude durant les IXe et Xe siecles abouti, pour ainsi dire de facon naturelle a la demarche entreprise d'abord sporadiquement par Heiric d'Auxerre sur sa copie abregee du Lib. gl. (32), puis surtout par le grammairien de Pavie : Papias. Dans son Elementarium, il attribue des explications a Priscien qui sont en realite tirees du Lib. gl. ou de la tradition des gloses sur Priscien (voir ci-dessous Toreuma) qui se trouve deja dans les gloses attribuees a Remi d'Auxerre (Leid., Vat. et Par.) (33) et dans les Excerptiones (Pex.) glosees a la source de la traduction Anglo-saxonne de Priscien realisee par Aelfric au Xe siecle (34).

TOREVMA (Prisc. 2, 145.2)

Leid. toreuma dicitur uas tornatile, uel balteus puerilis; idem est et bulla, inde Apostolus <<[...?] mea>>. bulla signata: epistola. uel etiam toreuma dicitur tornatura a Greco, quod est toreuo, quod dicimus <torno> tornas.

Vat. toreuma: ornamenta in modum bullarum quae fiunt in stillicidiis, quibus antiquorum nobilium pueri utebantur, ut per haec panderetur, quia eadem infirmitas consilio indigeret. nam bolim consilium dicunt Greci.

Par. toreuma quod carmen nauale intellegitur. toreuma, id est uasa que sunt a turno facta, nam turnum est quo uasa turnantur.

Pex. toreuma, id est uas celatum (35) uel tectus (le-legend.,) tornati<lis>, uel feruor maris.

Papias PRISCIANI. Toreumata: uasa que sunt a torno facta; [absolute value of (i)] a greco toreo, idest torno.

i. = Lib. gl. to 123 (de gl.) {p. 566} [parallel] ii. ex gl. Prisc.

Bien que frequemment Papias fasse en silence ses emprunts aux gloses du peritexte de l'Ars, il lui arrive quelquefois de citer Priscien dans le texte (36). A l'occasion du lemme Lupercus, absent du Lib. gl., Papias emprunte aux gloses du peri-texte carolingien de l'Ars et signale que Priscien donne aussi la forme lupercal (i-ii et iv), ce qui lui permet de rapporter les explications trouvees dans le Lib. gl. (iii et v). Or, a l'inverse V, avant Papias, avait complete des explications anterieures ((1-2)) grace au Lib. gl. ((3) = iii) :

LVPERCAL (Prisc. 2, 123.15)

V Lupercus: gen&lt;i&gt;us est in Italia1, uel nomen templi (2). Lupercal: sic apellatus locus ubi Pan deus colitur cui sollemnia ludicra celebrantur quia Lupercal uocantur (3).

J Lupercus: Lupercus sacerdos gentilium qui deos Arcadium sacra fana celebrant. Lupercal: locus meretricius.

Papias [absolute value of (i.)] Lupercus: deus luporum, /ii./ ipse est et Pan, inde lupercal, Priscianus.

[absolute value of (iii.) Lupercal appellatur locus ubi Pan deus colitur, cui sollemnia ludicra celebrantur

/iv./ que luperca uocantur, ubi meretrices conueniunt.

[absolute value of (v.) Lupercalia: gentilium cultus [dagger] lupe nutricis[dagger] Martis.

i-ii. ex gl. Prisc.31 [parallel] iii = Lib. gl. LU 350 * (Plac.?) {p. 349} [parallel] iv. cf. J [parallel]

v. = Lib. gl. lu 352 et inter cruces est lemma sequentis glossae Lib. gl. LU 353 {p. 349}.

Rappelons enfin que meme les gloses portees par St-Gall 904, n'ont pas ignore le Lib gl. Cet important manuscrit de l'Ars, qui a sans doute ete copie en Irlande (38) mais dont le travail d'annotation s'est poursuivit sur le continent dans la seconde moitie du IXe siecle (39) temoigne de l'utilisation de l'encyclopedie carolingienne sous la plumes de deux glossateurs, les mains D et F de R. Hofman (40). Toutefois, il faut emettre une reserve et se demander si ces emprunts au Lib. gl. ont ete fait directement ou a travers une autre grammaire glosee.

Des trois exemples avances par Hofman, un seul offre une concordance presque exacte entre V, G et le Lib. gl. (ci-dessous no 1) (41), le second montre que V et G, bien que proches (1) n'ont pas retenu la meme quantite d'informations ; enfin le troisieme prouve que les gloses de G, ici n'ont pas d'autres relations avec la collection Vque celles dues a des sources communes lointaine (Abav.?). D'autres explications (42) presentent des relations qui remontent a un niveau plus ancien de la stratigraphie, les gloses sont alors de la main A et le canal ne peut qu'etre endogene.

1. Camillus (Prisc. 2, 115.5)

V Camillus: preminister sacrorum.

Gm.D Camellus: minister sacrorum.

Lib. gl. ca 563 (< Schol. Aen. 11, 543?) {p. 96}

2. Prostibulum (Prisc. 2, 124.12)

V Prostibulum: cella meritricum (1), eo quod post ludum meretrices ibi prostrarentur (2), iactantur ab aliis hominibus (3).

Gm.D Prostibulum: locus meritricum (1). meritricum VG : mere-Lib. gl. (G Hofman) [parallel] ludum V : ludos exactos Is. (1) Lib. gl. pr 2965 {p. 410} [parallel] (2) Lib. gl. pr 2966 * (Isid. Et. 18, 42, 2).

3. Pabulum (Prisc. 2, 124.12) V Pabulum: pratum erbe, uelpaludus (sic). Gm.D pabulum \papula (sic) pascua pratum scripsi : patr-V.

< Lib. gl. pa 7-12 * (Syn.) {p. 419}; Abav. (Gloss. lat. 2, pa 1) papula pascuae (sic)
Tableau de synthese

1. Camillus      G 49b26s                      < Lib. gl.
  (Prisc. 2,                                     ca 563
  115.5)
                            [+ or -] V 3.275   = Lib. gl.
                                                 ca563
2. Prostibulum   G 53a35                       (1) < Lib. gl.
  (Prisc. 2,                                     pr 2965
  124.12)
                            [+ or -] V 4.146   (1) = Lib. gl.
                                                 pr 2965
3. Pabulum       G 53a33"                      = Abav. pa 1
  (Prisc. 2,       ss
  124.12)
                            [not equal to]     < Lib. gl. pa7-12 *
                              V 4.144          (Syn.) (43)


Legende des signes: [+ or -] signifie un accord approximatif [parallel] = concordance exacte [parallel] < vient de [parallel] [not equal to] different Les gloses sur Priscien offrent une vue imprenable sur le laboratoire du grammairien medieval. Elles presentent l'assortiment complet des procedes grammaticaux mis en ceuvre pour expliquer ad litteram le texte de Priscien. Dans une perspective historique, la collection V est un temoin important du travail precurseur dont Priscien a fait l'objet. A cet egard, elle constitue pour la reception de Priscien et l'etude de la tradition des gloses un marqueur permettant l'etablissement d'une stratigraphie. Au sein de la collection V, qui conserve un etat du peri-texte deja amplifie par accumulation, les interventions du Lib. gl. permettent d'isoler les strates anterieures. Les differents corpus de gloses offrent un panorama contraste des manipulations subies par le peri-texte de Priscien tout au long de l'epoque carolingienne puis au dela, jusqu'a Papias. La frequentation assidue des ces deux ouvrages de reference montre que des la fin du IXe siecle un renversement de tendance s'est produit : alors qu'auparavant le Lib. gl. servait d'aide a la lecture de Priscien en fournissant des explications au peri-texte, le sens de la relation s'inverse et les gloses sur Priscien sont appellees pour enrichir le Lib. gl. ce dont temoignent les ajouts d'Heiric d'Auxerre ou la refonte complete de Papias. L'influence du travail des grammairiens carolingiens sur Priscien s'observe jusque dans des ceuvres grammaticales d'un genre nouveau, les Derivationes.

Avec le Lib. gl. en toile de fond, les etudes priscianiques se sont revelees etre un precieux catalyseur qui a contribue a l'emergence de la discipline lexicographique. De ce fait, V apporte le temoignage indirect d'un grand nombre d'explications transmises par le Lib. gl. et passees au crible des lecteurs de Priscien. Il en resulte par reciprocite que l'edition critique <<definitive>> de la collection V est largement tributaire de l'edition indispensable du Lib. gl. en cours. Parallelement, les editions de gloses sur Priscien devront necessairement preceder l'edition critiquetant attendue de l'Elementarium de Papias, au risque de se meprendre sur les sources qu'il a sollicitees.

(1) Voir GRONDEUX, Anne, << Auctoritas et glose: Quelle place pour un auteur dans une glose?>>, in M. ZIMMERMANN (ed.), Auctor et Auctoritas: invention et conformisme dans l'ecriture medievale, actes du colloque de Saint-Quentin-en-Yvelines (14-16 juin 1999), Paris, 2001, pp. 245-254.

(2) Plus precisement, de son Ars grammatica (ci-apres Ars), publiee par HERTZ, M., Prisciani Ars grammatica (siue Institutiones grammaticae), Grammatici Latini 2, pp. 1-597 et 3, pp. 1-377, 1855-1859 ; sur la question du titre on verra DE NONNO, Mario, << Ars Prisciani: problemi di tipologia e di composizione >>, in M. BARATIN-B. COLOMBAT-L. HOLTZ (ed.), Priscien. Transmission et refondation de la grammaire de l'Antiquite aux Modernes (Studia artistarum 21), Turnhout, 2009, pp. 249-278.

(3) LINDSAY, Wallace Martin, au vol. 1 de ses Glossaria latina, Paris, 1926 ; on trouvera des extraits dansle Corpus glossariorum latinorum, 5, p. 161-255 ; voir aussi, en complement, UHLFELDER, Myra L., << De proprietate sermonum vel rerum [much greater than]. A Study and Critical Edition of a Set of Verbal Distinctions, Rome, 1954 ; HEIBERG, J. L., Glossae medicinales, Kebenhavn, 1924 ; HANELL, Krister, Das Menologium des Liber Glossarum, Lund, 1932--ci-apres l'abreviation Lib. gl. fait reference a l'edition Lindsay.

(4) Lib. gl. VO 168 uocis (Lindsay p. 596). La glose est identifiee ex regula Prisciani grammatici (Paris, Bibliotheque nationale, lat. 11530, f. 240c) ; voir BARBERO, Giliola, << Per lo studio delle fonti del Liber glossarum: il ms. Amploniano F 10 >>, Aevum, 67 (1993), 253-278 (specialement p. 269-270), ainsi que l'etude detaillee par Anne GRONDEUX en 2008 : << L'entree uox du Liber glossarum. Les sources et leur mise en oeuvre [much greater than], dans [ed.], L'ambition encyclopedique Encyclopedisme et lexiques, Actes de la journee d'etudes du 5 decembre 2008, Universite de Nice., Nice (a paraitre).

(5) Contenu dans Erfurt, Universitatsbibliothek, Ampl. F. 10, f. 46r-60v, inc.: Unde incipere debet grammatica. Quod grammatica ... Sur cette grammaire anonyme, baptisee << Quod [much greater than], voir G. BARBERO 1993, en particulier p. 254, 256, 264, 269 ; BISCHOFF, Bernhard, Katalog der festlandischen Handschriften des neunten Jahrhunderts... Teil I: Aachen-Lambach, Wiesbaden, 1998, no 1173 et du meme Katalog der festlandischen Handschriften des neunten Jahrhunderts...Teil II, Laon-Paderborn, Wiesbaden, 2004, no II.1173 ; L. MUNZI, Testi grammaticali e renovatio \studiorum carolingia, in Manuscripts and Tradition of Grammatical Texts from Antiquity to the Renaissance. Proceedings of a Conference held at Erice, 16-23 october 1997, M. DE NONNO, P. DE PAOLIS, L. HOLTZ (ed.), Cassino, 2000, p. 351-388 (spec. p. 369-370, 383-385).

(6) Voir HOLTZ, Louis, >> L'emergence de l'oeuvre grammaticale de Priscien et la chronologie de sa diffusion [much less than], dans M. BARATIN-B. COLOMBAT-L. HOLTZ [ed.], Priscien. Transmission et refondation de la grammaire de l'Antiquite aux Modernes, Turnhout, 2009, pp. 37-55 ; seule une copie de la fin du VIIIe siecle et quelques fragments ont ete conserves. Ce n'est que durant le premier quart du IXe siecle que l'Ars se repand largement ; le milieu du siecle marque une apogee du nombre de copies.

(7) HOLTZ, Louis, Donat et la tradition de l'enseignement grammatical. Etude sur l'Ars Donati et sa diffusion (IVe-IXe siecle), et edition critique, Paris, 1981, (reimp. 2010), p. 324-325.

(8) Voir par exemple, les deux recueils de la fin du VIIIe s.:--Berlin, Staatsbibl. Preubischer Kulturbesitz, ms. Diez. B Sant. 66 (CLA 8.1044), voir BISCHOFF, Bernhard, Sammelhandschrift Diez. B Sant. 66 ; Grammatici Latini et Catalogus librorum, Graz, 1973 et du meme <<3. The Court Library of Charlemagne [much greater than], in Manuscripts and Libraries in the Age of Charlemagne, ed. et trad. par M. GORMAN de <<Die Hofbibliothek Karls des GroBen>> (1965; reimp. Mittelalterliche Studien, 3, 1981, 149-169), Cambridge, 2007 (1er ed. 1994), pp. 56-75 [spec. pp. 68-73; 1981 : pp. 162-167] ; MUNK-OLSEN, Birger, L'Etude des auteurs classiques latins aux XIe et XIIe siecles. III.1. Les classiques dans les bibliotheques medievales, Paris, 1987, pp. 281-282.--Bruxelles, Bibl. Roy., II 2574 (CLA 10.1553) dont les extraits de Priscien ont influence la seconde redaction de la grammaire de Pierre de Pise, voir BISCHOFF, Bernhard, << 2. Manuscripts in the Age of Charlemagne >>, in Manuscripts and Libraries in the Age of Charlemagne, ed. et trad. par M. Gorman de <<Panorama der Handschriftenuberlieferung aus der Zeit Karls des Groben>> (1965, reimp. Mittelalterliche Studien 3, 1981, 5-38), Cambridge, 2007 (1er ed. 1994), pp. 20-55 [spec. p. 21; 1981: pp. 233-234].--Sur les Excerptiones issues du travail d'Alcuin, voir O'DONNELL, Reginald J., <<Alcuin's Priscien >>, in Latin Script and Letters A.D. 400-900. Festschrift presented to Ludwig Bieler on the Occasion of this 70th Birthday, B. NAUMANN J. J. O'MEARA [ed.], Leiden, 1976, p. 222-235 ; HOLTZ, Louis, << Priscien dans la pedagogie d'Alcuin >>, in Manuscripts and tradition of grammatical Texts from Antiquity to the Renaissance. Proceeding of the Conference held at Erice, 16-23 oct. 1997 as the II course of international School for the Study of wrinting Records (2 vol.). P. DE PAOLIS M. DE NONNO, L. HOLTZ [ed.], vol. 1, Cassino, 2000, pp. 289-326 ; PORTER, David W., Excerptiones de Prisciano. The source for Aelfric's Latin-Old English Grammar, Cambridge, 2002.

(9) BARBERO, Giliola, op. cit., 1993, pp. 269-270.

(10) Parmi les nombreuses contributions a l'origine de notre connaissance de l'histoire du texte, il faut signaler : M. PASSALACQUA, I codici di Prisciano, Roma, 1978 et L. Holtz, op. cit., 2009.

(11) Pour ne mentionner que trois exemples parmi les nombreux ecueils auxquels ses lecteurs se heurtaient : en premier chef, l'ampleur de l'Ars, ainsi que les problemes de lecture engendres par un vocabulaire technique particulier ; en second, le nombre tres important des citations ; enfin, le dernier, mais non le moindre, l'omnipresence du grec.

(12) Dans une certaine mesure, car Anne GRONDEUX a montre clairement quels ajustements ont ete apportes a la definition de Priscien pour la rendre coherente dans le systeme herite de Donat (GRONDEUX, op. cit. 2008) ; elle note aussi qu'un remaniement formel identique, mais moins profond du point de vue doctrinal, se lit dans le Dialogus d'Alcuin (PL 101, col. 854d).

(13) C'est du moins ce que l'on deduit des sources et de la methodologie employees par les compilateurs ; voir BISCHOFF, Bernhard, <<5. Libraries and Schools in the Carolingian Revival of Learning>>, in Manuscripts and Libraries in the Age of Charlemagne, ed. et trad. par M. Gorman de <<Die bibliothek im Dienste der Schule>> (1972, reimp. Mittelalterliche Studien 3, 1981, p. 213-233), Cambridge, 2007 (1er ed. 1994), p. 93-114 [spec. p. 111 ; 1981: p. 231] ; HUGLO, Michel, <<Les Arts Liberaux dans le 'Liber Glossarum'>>, Scriptorium 55 (2001), (reimp. Aldershot, 2005, Variorum collected Studies Series 822: La theorie de la musique antique et medievale) 3-33 [spec. 3-10].

(14) HOLTZ Louis, op., cit. 2000.

(15) Par exemple, Paris, Bibl. nat., latin 7501 copie a Corbie et Paris, Bibl. nat., latin 7502, a Tours, dans lequel il convient de noter que des folios palimpsestes ont contenu les Excerptiones d'Alcuin avant d'etre grattes pour recevoir de nouveau le texte de l'Ars, mais dans sa version integrale ; voir les notices de ces manuscrits dans le catalogue en ligne de la Bibliotheque nationale de France (Archives et Manuscrits : <http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/>).

(16) Leiden, Bibliotheek der Rijksuniversiteit, Voss. F. 67, f. 9r-16 (saec. IX), Sedul., In Priscianum, s'interrompt au tout debut du livre 3 ; ed. B. LOFSTEDT, CCCM 40B, Turnhout, 1977.

(17) Barcelona, Archivo de la corona de Aragon, Ripoll 59 (102), f. 257v-290v (saec. XI) Glosa Prisciani (= In Priscianum Eriugena commentary de Luhtala-Dutton): Incipit glosa Prisciani. septem Periochai ... phatenae : signum in celo ; finit glosa Prisciani grammatici. Edition d'extraits par A. LUHTALA et P. E. DUTTON, <<Eriugena in Priscianum>>, Medieval Studies 56 (1994), 153-163 et A. LUHTALA, <<Early Medieval Commentary on Priscian s Institutiones Grammaticae[much greater than], Cahiers de l'Institut du Moyen Age grec et latin 71 (2000), 115-188 ;--a propos des temoignages anterieurs dans les gloses d'Autun, Bibl. mun., S44 (40*), (saec. IX) et Wien, Ost. nat.-bibl., 114 (saec. Xex), voir CINATO, F., << Marginalia temoins du travail de Jean Scot sur Priscien[much greater than], in Arts du langage et theologie aux confins des XIe-XIIe siecles. Textes, Maitres, Debats, I. Rosier-Catach (ed.), Turnhout, 2011, pp. 539-563.

(18) Produit dans l'entourage de la cour du Palais (peut-etre autour de Soisson ou de Reims) dans le premier quart du IXe siecle, voir PASSALACQUA, op. cit., 1978, no 569 et JEUDY, C., [much less than]L'Institutio de nomine, pronomine et Verbo de Priscien. Manuscrits et commentaires medievaux>>, Revue d'Histoire des Textes 2 (1972),73-144 (p. 75, selon B. BISCHOFF).

(19) Comme le precedent, copie dans le nord est de la France (Reims ou Soisson), mais vers la fin du IXe siecle; les references aux gloses de V qui suivront sont donnees d'apres mon edition en preparation. Voir GOETZ, G., De glossariorum latinorum origine et fatis, Leipzig-Berlin, 1923, p. 99 ; LEHMANN, P., << Reste und Spuren antiker gelehrsamkeit in Mittelalterlichen Texten >>, dans Erforschung des Mittelalters II, Stuttgart, 1959, p. 30 ; CAREY, F. M., <<The Scriptorium of Reims during the Archbishopric of Hincmar (845-882 A.D.)>>, dans L. W. JONES [ed.], Classical and Mediaeval studies in honor of E. K. Rand, New York, 1938, p. 58 ; PELLEGRIN, E., Catalogue des manuscrits classiques latins de la bibliotheque vaticane, tome II.1, Paris, 1978, p. 337-338.--Au sujet des gloses sur Orose precedant celles sur Priscien, voir SZERWINIACK, O., <<Un commentaire hiberno-latin des deux premiers livres d'Orose, Histoire contre les paiens[much greater than], Archivium latinitatis medii aevi 51 (1993), 5-137 et suite dans Archivium latinitatis medii aevi 65 (2007), 165-207.

(20) C'est-a-dire les gloses provenant d'une copie de l'Ars qui serait l'ancetre lointain de la collection et dont le facies serait proche de celui de [D.sub.1].

(21) Sous ce vocable, nous designons un exemplaire glose de l'Ars.

(22) C'est du moins ce que laissent penser des indices, tels que les desordres variables dans l'arrangement des lemmes.

(23) PASSALACQUA, op. cit., 1978, no 256 ; description et fac-simile en ligne : <http://www.ceec.uni-koeln.de/>.

(24) V 1.177 = J 6v3.

(25) Dans les renvois au Lib. gl. qui suivent, le no de page donne entre accolades fait reference a l'edition Lindsay.

(26) Dans cette glose de J et dans la suivante, les mots places entre cruces ont ete rediges en notes tiro-niennes, mais dont le dechiffrement est incertain ; leurs formes tres corrompues semblent etre le resultat d'un laborieux recopiage. Dans les deux cas, j'ai donne des propositions seulement.--Isidore (Et. 15, 1, 39) : Theseus uero Smyrnam construxit, quae Homero poetae patria extitit; et uocata Smyrna quod eius campos Ermus fluuius secat. Le Lib. gl. en donne l'amenagement suivant (Paris, Bibl. nat., lat. 11530 = P2, f. 246v) : Zmirna ciuitas est quam Theseus construxit et dicta Zmirna quod eius campos Hermus fluuius secat. Le mot Lydiae a ete importe de la glose precedente, qui debute ainsi : Zmirna urbs Lidiae (...) ; J montre pour les deux gloses des lecons degradees.

(27) V 1.122 = J 5r26b. Le Lib. gl. presente deux explications sans relations avec notre collection : Lib. gl. HI 12 hiias (hyl-) socius argonotarum fuit (VERG.) {p. 278} et HI 106 hilas (hy-) nomen cuiusdam {p. 279}.

(28) Ce que pourrait suggerer l'utilisation de notes tironiennes, conservees par J et qui semblent recopiees d'un modele, plutot que redigees spontanement.

(29) En effet, passes le solstice d'ete, les jours raccourcissent et non l'inverse (voir Bouche-Leclercq, L'astrologie grecque, Paris, 1899 (reimp. 1963), p. 136-138, spec. p. 137, n. 1). Cf. MACR. Sat. I, 17, 63.

(30) Paris, Bibl. nat., lat. 11529 = P1 f. 50rc. Il reste a definir si cette meprise se trouve dans les deux familles du texte du Lib. gl.

(31) Edition Lindsay, Oxford, 1911.

(32) Voir GANZ, D., <<Heiric d'Auxerre glossateur du Liber glossarum>>, dans C. JEUDY,-D. IOGNA-PRATT,-G. LOBRICHON (ed.), L'ecole carolingienne d'Auxerre. De Murthach a Remi 830-908. Entretiens d'Auxerre 1989, Paris, 1991, pp. 297-312 (spec. pp. 299-300) : Heiric d'Auxerre est en quelque sorte un precurseur du travail de Papias, puisqu'il a ajoute sur son exemplaire quelques gloses trouvees dans un exemplaire de Priscien, peut-etre le fameux Paris, Bibl. nat., latin 7496, voir HOFMAN, R., <<Glosses in a ninth century Priscian MS. probably attributable to Heiric of Auxerre (ca., 876) and their connections>>, Studi medievali (Serie 3a) 29:2, (1988), 805-839.

(33) Ces trois manuscrits portent trois recensions differentes des gloses de Remi d'Auxerre sur l'Institutio de nomine et pronomine et verbo, la grammaire elementaire que Priscien a tiree ulterieurement de son Ars :--Leid. = Leiden, Bibliotheek der Rijksuniversiteit, BPL 67, Pars II. (s. XI / XII), f. 214r-218v ; ed. d'extraits par Huygens, 1954.--Vat. = Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana, Reg. lat. 1578 ; ed. d'extraits par Jeudy, 1991 ;--Par. = Paris, Bibliotheque nationale de France, lat. 7581 ; ed. integrale par De Marco, 1952.

(34) Sur ces gloses, ainsi que la suivante (Lupercal), voir CINATO, F., <<Expositiones verborum: le travail lexicographique produit autour de l'Ars Prisciani du IXe siecle a Pierre Helie[much greater than], in op. cit. I. ROSIER-CATACH (ed.), Turnhout, 2011, pp. 275-316.

(35) celatum scripsi : [con?]datum Porter.

(36) Le nom de Prisc. apparait de deux manieres : soit dans les marges, en regard d'une entree, sur imitation du procede en vigueur dans la Lib. gl. pour signaler ses sources ; soit dans le texte lui-meme. Ces variations sont peut-etre due a des vicissitudes lors des copies ; nous devrons attendre une edition de Papias avant de savoir comment se comporte la tradition manuscrite sur cette problematique.

(37) Dans une collection copiee par Froumond de Tegernse (Wien 114) : lupercus ... ipse est et Pan deus cunctorum luporum.

(38) Bien que sujets encore a discussion, les arguments amenes en faveur de la these irlandaise sont les plus convaincants. Passalacqua, op. cit., 1978, no 592 ; description et fac-simile sur : <http://www.ecodices.unifr.ch> ; voir MORAN, P. : <http://www .stgallpriscian.ie/> ; HOFMAN, 1988, op. cit. p. 809-810 et 1996, p. 12-31 ; O'NEILL, P., <<Irish Observance of the Three Lents and the Date of the St Gall Priscian (MS 904)[much greater than], Eriu 51, (2000), p. 159-180 ; AHLQVIST, ,A. << Notes on the Greek Materials in the ST.Gall Priscien (Codex 904) >>, dans Sh. A. BROWN,- M. W. HERREN (ed.), The Sacred Nectar of the Greeks: The Study of Greek in the West in the Early Middle Ages, London, 1988, p. 195-214 et du meme, <<Deux poemes vieilirlandais du Codex 904 de St-Gall>>, dans M. BARATIN-B. COLOMBAT-L. HOLTZ [ed.], Priscien. Transmission ..., Turnhout, 2009, p. 57-64.

(39) Ed. integrale des gloses par R. HOFMAN et P. MORAN <http://www.stgallpriscian.ie/>, manuscrit sigle G.

(40) HOFMAN, 1996, p. 69 <<Entries in the hand of D seem to come from Liber glossarum, perhaps Abavus>>

(41) Les references a G sont donnees d'apres l'edition Hofman, op. cit. 1996 ; Quand l'edition du Lib. gl. de Lindsay donne le lemme seul, sans sa glose, les references au Lib. gl. sont suivies d'un asterisque ; les lecons ont alors ete lues sur [P.sub.1].

(42) Voir CINATO, F., <<Les gloses carolingiennes a l'ars Prisciani. Methode d'analyse>>, in Priscien. op. cit., M. BARATIN, B. COLOMBAT, L. HOLTZ (ed.), 2009, p. 429-444, par exemple, p. 434, les gloses sur Typhoeus (PRISC. 2, 73, 20).

(43) La glose de V correspond precisement a une composition de PA 8 pratum + PA 10 herbe et PA 12 paludes (Paris, Bibl. nat. latin 11530, f. 115rb).

Franck Cinato

EPHE

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Author:Cinato, Franck
Publication:Voces
Date:Jan 1, 2010
Words:5507
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