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Tunisie-Nidaa-Ennahdha : La fin des illusions !

Il est peu frequent qu'une election extraterritoriale partielle dechaine les passions autant que celle qui vient de se tenir en Allemagne. Pourtant, Nidaa Tounes et Ennahdha n'y sont pas alles de main morte comme s'ils attendaient cet episode pour en decoudre au point de mettre en peril un consensus, deja congenitalement fragile, concocte par leurs deux patriarches, Beji Caid Essebsi et Rached Ghannouchi.

Sans aller jusqu'a parler ouvertement de felonie ou de forfaiture dont son allie se serait rendu coupable, Nidaa evoque des [beaucoup moins que]revisions audacieuses et indispensables dans sa relations avec certaines parties politiques[beaucoup plus grand que]. Il ne faut pas etre clerc en la matiere pour comprendre qu'il s'agit du mouvement Ennahdha. Plus explicite, le charge des dossiers politiques du parti, Borhane Bssaies, a affirme que [beaucoup moins que]nous ne sommes plus disposes a renouveler pareille experience [l'alliance dans le scrutin d'Allemagne] afin de l'etendre aux prochaines echeances electorales pour voir la large base d'Ennahdha voter en 2019 pour Moncef Marzouki, par exemple[beaucoup plus grand que]. Le message est on ne peut plus clair: le consensus a deja eclate et les deux confederes vont faire chambre a part. Et il ne serait pas etonnant que les structures du parti, convoquees pour ce week-end pour [beaucoup moins que]prise des decisions qui s'imposent[beaucoup plus grand que], se prononcent dans ce sens.

Document de Carthage, la portion congrue!

Officiant jusqu'ici comme des syndicats d'elus, gerant des mandats entre copains, Nidaa et Ennahdha, vont devoir se poser beaucoup de questions. Et la premiere d'entre elles tient aux consequences qui decouleraient immanquablement d'une eventuelle rupture sur l'ordonnance de l'activite parlementaire oo leurs groupes respectifs font la pluie et le beau temps, mais encore sur le gouvernement censement soutenu par les signataires du Document de Carthage, dont il ne reste plus que ces deux partis aux cotes de la derisoire UPL et les deux organisations nationales, l'UGTT et l'UTICA dont l'appui est de plus en plus hypothetique.

D'autant que le mouvement Ennahdha ne compte pas se contenter d'encaisser les coups, comme en a averti l'un de ses dirigeants, Mohamed Ben Salem en affirmant que son parti[beaucoup moins que] repondra courageusement[beaucoup plus grand que] aux [beaucoup moins que]revisions courageuses[beaucoup plus grand que] de Nidaa. Les hostilites seraient-elles ouvertes? C'est a l'enseigne de la reponse a cette interrogation que va sans doute se determiner la suite de la relation entre les deux ci-devant partenaires.

Nidaa est-il assez outille pour faire desormais cavalier seul? On en doute alors qu'il est en etat de demembrement continu, que ses elus au Parlement font figure d'astre mort en l'absence de leurs pairs d'Ennahdha, tout en reconnaissant qu'il est le [beaucoup moins que]perdant dans les choix nationaux que nous avons operes depuis 2014, lorsque nous avons ete obliges d'avoir partie liee avec Ennadha, dont nous payons aujourd'hui la facture[beaucoup plus grand que]. Pour autant qu'il affirme, comme l'a dit son dirigeant Monji Harbaoui, que les revisions projetees ne deteindront pas sur l'action du gouvernement et de l'ARP, car il devrait s'agir d'une dichotomie entre la relation politique et la celle de l'exercice du pouvoir, il n'est pas ecrit que cela soit le cas au regard de l'aversion que les bases de Nidaa nourrissent a l'egard d'un consensus vertical dont ils pensent etre l'otage.

Ennahdha ramasse le pactole

D'ailleurs, Nidaa s'est continuellement plaint d'etre tout aussi continuellement exclu de la prise de decision, alors meme qu'il est le bouclier du gouvernement et le parti vainqueur des elections de 2014, pour se retrouver en dehors de ce gouvernement, tandis que son rapprochement avec Ennahdha lui a porte prejudice et fait de ce dernier le principal beneficiaire de la situation ainsi creee. On ne serait pas, des lors, loin d'un sursaut qui pourrait prendre la forme d'une rupture, a tout le moins d'une revision qui le fonderait a retracer son parcours.

Ce qui est evident, c'est que Nidaa a cesse de prendre pour de l'argent comptant le soutien du parti de Rached Ghannouchi, surtout dans la perspective des elections legislatives et presidentielles de 2019. L'election partielle d'Allemagne vient de lui en apporter la demonstration la plus probante, etant consideree comme une repetition generale de ce qui se produira lors des prochaines echeances electorales. C'est ce qui fait dire a plus d'un observateur que le consensus de Paris a vole en eclats au detriment plus de Nidaa que d'Ennahdha.

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Publication:African Manager (French)
Date:Dec 19, 2017
Words:813
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