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The text of the Middle French 'Evangile de Nicodeme' from Paris, Bibliotheque Nationale, MS f. fr. 15219.

In the introduction to his edition of the Evangile de Nicodeme (Geneva, 1973), Alvin Ford lists among his |Trois Paraphrases' (p. 27) a copy of the apocryphon preserved in Paris, Bibliotheque nationale, MS f. fr. 15219, ff. [37.sup.r]-[40.sup.r]. An examination of this manuscript revealed that the text of the Evangile de Nicodime has nothing in common with the two British Library copies with which it is grouped;(1) but it does indeed seem to be a |paraphrase' of that portion of the narrative from the deposition from the Cross and entombment of Christ by Joseph of Arimathea to the letters of Carinus and Leucius entrusted to Pilate. The author attributes this text to the |cronique frere vincent': that is, to Vincent of Beauvais's Speculum Historiale,(2) a work that did in fact provide the direct model for the account found in this manuscript. Although he compresses considerably Vincent's account of the events taken from the Evangelium that he incorporated into his universal history (unless he derived it from a truncated Latin exemplar of the Speculum different from that printed at Douai in (1624), there is no doubt that the French redactor worked directly from a text of Vincent of Beauvais's Speculum.(3) A few examples will suffice to prove the dependence on the Latin text:

Vincent de Beauvais's Seculum Historiale

respondit loseph, quoniam me reclusistis in die parasceue ad vesperum: dum starem in oratione in die sabbati nocte media suspensa est domus in qua eram in quatuor Angulis: & vidi lesum sicut fulgorem lucis, & prae timore cedidi in terram: & tenens manum meam eleuauit me de terra, roreque perfudit me [p. 242b]:

Haec audientes, omnes gauisi sunt: Et euntes Annas, & Caiphas, Nicodemus, & loseph, & Gamaliel, non inuenerunt eos in sepulchris: sed ambulantes in Arimathiam inuenerunt eos ibi in oratione, flexis genibus: & osculantes eos cum omni veneratione, & timore Dei perduxerunt eos Hierusalem in sinagogam:

lesu Christe Domine Deus, resurrectio, & vita mortuorum, permitte nobis loqui mysteria, quae per mortem crucis tuae operatus es, quia coniurati sumus per nomen tuum.

BN MS f. fr. 15219 i s

Certes, fist Joseph, comme vous m'eustes mis en prison come je feusse en oroison la nuit apres le sabbat aussi comme a l'eure de minuit je vy, la maison ou je estoye, laquelle se tenoit en aisnes en I'air. Et tantost vy Jhesus entrer qui estoit luisant comme lumicre. Et comme je feusse cheuz a terre de paour, [f. [38.sup.v]] il me print par la main et me conforta:

Ces choses oves, ilz se leverent, c'est assavoir [f. [39.sup.r] Annas Cayphas, Nicodemus, Joseph, et Gamalies, et alerent aux tumbeaux et ne trouverent mie les corps. Apres ilz alerent a Abarimatie et les trouverent a genoulx en oroison. Adonc ilz les viserent a grant reverance et devocion et les menerent a Jherusalem en la signagogue;

Sire Jhesucrist, qui est Dieu, la resurrecion et la vic des mors, laisse nous dire a ses hommes les secretz que tu as fait par ta mort, car nous sommes conjurez de par ton nom.

BN MS f. fr. 15219 is a medium-size codex of 212 folios, measuring 238 mm x 170 mm, written on quires containing paper (quires 1-3) and quires that mix paper and vellum (quires 4-15). It is bound in eighteenth-century leather (repaired in 1974) with Enseignemens de Salomon and fleurs-de-lys stamped on the spine. On f. [I.sup.v] there is the following table of contents.

I [degree] La table de Salomon en vers ou les enseignemens de ce prince a son fils

Roboam sur les influences de la lune. 2 [degrees] Petit traite des visions et apparitions. 3 [degrees] Les fables d'Esope, traduite en francois. 4 [degrees] Exemples tires de l'ecriture et des peres pour l'instruction des Chretiens. 5 [degrees] La lettre d'Abgaire a nostre Seigneur, avec la reponse de Jesus-Crist. 6 [degrees] Extrait des cas des nobles hommes et des nobles femmes tire de Boccace. 7 [degrees] Le roman de la Chastelaine de Vergi, en vers. 8 [degrees] La vie de la Magdelene. 9 [degrees] Les nobles faits et l'histoire du noble roi Pontus. 10 [degrees] La belle dame sans merci, en vers.

The Evangile de Nicodime edited here is incorporated within number 4* [degrees], between the Abrege des fables d' Esope (f. [29.sup.4]) and the Lettre d' Abgaire (f. [46.sup.r]).(4)

The text of the Nicodime is written in long lines, beginning at the top of f. [37.sup.r], without a rubric or break of any kind other than a three The hand clearly dates from the fifteenth century. The presence in the codex of a copy of Alain Chartier's Belle Dame sans Mercy, dated 1424 by Laidlaw,(6) provides a convenient terminus a quo for the confection of the manuscript as we have it today.

I follow the usual procedures in the edition of Middle French texts. Modern capitalization and punctuation have been introduced throughout, and direct discourse has been separated from narrative in accordance with modern practice. Only in those cases of obvious mistakes or difficulty have I intervened in the text. Corrections other than those inserted in brackets are limited to the following (rejected readings, followed bv the Latin justification for the corrections): (f. [37.sup.v]) Nous le voulons a Abarimatie (ecce damus loseph, in Arimathia est); (f. [38.sup.r]) lesquelx disdrent a tous les Juifs quilz estoient en la signagogue (Iudaeis qui in synagoga erant); (f. [38.sup.v]) au temple avec deux lesquelx sont mors (in templo: habuisse duos filios fratres germanos, & nos in dormitione ac sepultura eorum interfuimus); (f. [40.sup.r] tout ainsi comme l'un avoit escript l'autre avoit sans ce qu'il v eust une lettre ou plus ou moins (Scripta autem eorum inventa sunt aequalia, nihil magis vel minus littera una).

TEXT

[f. [37.sup.r]] La cronique frere Vincent raconte ainsi come il trouva en l'Euvangille Nicodemus que comme les Juifs orent dit que Joseph d'Abarimatie avoit le corps de Jhesus desmis de la croix et ensevely ou sepulcre, ce mesmes jour ilz le prindrent et misdrent en prison. Et aussi eussent il emprisonne Nicodemus, mais il se muca si que ilz ne le porent trouver. Et selon ce qu'il est escript en l'Euvangille Nicodemus, le sabbat passe. Les Juifs commanderent que Joseph feust amene, mais comme on eut la prison ouverte, on ne le trouva mie. Et comme ilz se esmerveillassent, car on avoit trouvd la prison fermee; veez cy que ung chevalier qui gardoit le sepulcre entra en la signagogue ou les maistres de la lov estoient assemblez et dist en telle maniere, ainsi fist il:

- Comme nous gardions le monuement, nous sentismes la terre crouler et veismes sensiblement l'ange nostre Seigneur qui tourna la pierre qui estoit a l'entree du sepulcre et se assist dessus. Laquelle chose veue, nous eusmes si tres grant paour que nous cheusmes tous pasmes a terre aussi comme se nous feussions mors; et oysmes que il dist aux femmes qui estoient venuz au sepulcre que vraiement il estoit ressuscitez et vroit devant elles en Galilee.

Ces choses oyes, les maistres de la loy firent venir tous les [f. [37.sup.v]] autres chevaliers qui avoient este depputez pour le sepulcre garder, et leur demanderent qui estoient les femmes qui estoient venues au sepulcre et pour quoy ilz ne les avoient detenuz.

- Se Dieu nous ait, firent les gardes, nous eusmes si grant paour que nous ne sceusmes que fere.

Adonc distrent les Juifs:

- Nostre Seigneur vist (car tel estoit leur serement), que nous ne croions pas qu'il soit ainsi comme vous dictes.

- Et comment nous croiriez vous, disdrent les chevaliers, car vous avez veu tous les miracles que Jhesus a faictes en vostre presence, et nonpourquant vous ne l'avez point creu, si que ce n'est pas merveille se vous ne nous voulez croire. Et, certes, vous avez voir dit en ce que vous dictes: |Nostre Seigneur vit;' voire, cellui qui vous avez cruxifie! Rendez nous Joseph, firent ilz, lequel vous enclouistes en la prison, et nous rendrons Jhesus, lequel nous cuidions garder au sepulcre.

Adone les Juifs respondirent:

- Nous le rendons, [it est] a Abarimatie.

- Et Jhesus, disdrent les chevaliers, est en Galilee ainsi comme nous avons oy, que l'ange l'a dit.

Lors les maistres de la loy orent grant paour et se doubterent moult que, se le peuple avoit ov ses nouvelles, que ilz ne creussent en Jhesus. Adonc ilz dounerent grant somme de peccune aux chevaliers, et qu'ilz se voulsissent taire et que ilz deissent au peuple que ainsi come [f. [38.sup.r]] ilz furent endormiz les disciples Jhesus vindrent au sepulcre et emblerent le corps, qu'ilz n'en seurent oncques riens.

Apres ces choses vindrent trois hommes de Galilee en Jherusalem, c'est assavoir Phinees le prebstre, Abda maistre de la loy, et Aggeus le diacre, lesquelx disdrent a tous les Juifs qui estoient en la signagogue que sans doubte ilz avoient veu Jhesus avecques ses disciples en la montaigne d'Olivet, et puis qu'il ot parle a euix longuement. Il monta es cieulx devant eulx.

Les choses oyes et veues, les maistres envoierent messaiges a Joseph qui estoit a Abarimatie et lui escripvirent moult humblement qu'il lui pleust venir a eulx en Jherusalem et dire ce que Dieu avoit fait en lui et comment il avoit este delivre de prison. Adonc Joseph vint a eulx; et comme il fut venu, les maistres de la loy lui crierent merci de ce qu'ilz lui avoient fait et lui prierent qu'il leur pardonnast et qu'il leur voulsist dire en quelle manniere il avoit este delivre de prison.

- Certes, fist Joseph, comme vous m'eustes mis en prison, come je feusse en oroison la nuit apres le sabbat, aussi comme a l'eure de minuit je vy la maison ou je estoye, laquelle se tenoit en aisnes en l'air. Et tantost vy Jhesus entrer qui estoit luisant comme lumicre. Et comme je feusse cheuz a terre de paour, [f. [38.sup.v]] il me print par la main et me conforta: |Regardez moy, dist il, je suis Jhesus, lequel tu as ensevely,' et me monstra le suaire en quoy je l'avoye envelope. Adonc je congneu que c'estoit il, et l'aouray et lui rendi graces. Apre's me mena en ma maison et me commanda que je ne yssisse jusques apres .xl. jours, et que il aloit a ses disciples.

Come les Juifs orent ovcs ses paroles, ilz furent moult espouentez. Adonc Joseph leur dist:

- Je vous dy, fist il, encores plus grant merveille, car avecques ce que Jhesus est ressucite de mort a vie, il a resucite avec lui pluseurs autres, lesquelx se sont apparuz en Jherusalem et y ont este veuz, et ailleurs, et que ce soit verite. Chacun congnoissoit bien le grant prebstre, lequel receut Jhesus entre ses braz quant sa mere l'apporta au temple, [et il avoit] deux [fils jumeaulx], lesquelx sont mors, et nous feusmes a leur enterrement. Or alez veoir a leurs monuemens se vous les y trouverez. Certes, dist il, vous trouverez bien les monuemens, mais nul corps il n'a dedans, car vrayement ilz sont ressusscitez. Et se vous alez a Abarimatie, vous les trouverez, qu'ilz vivent et sont en oroison et ne vueullent a nullui parler. Et par aventure, se vous y alez, ilz parleront a vous.

Ces choses oves, ilz se leverent, c'est assavoir [f. [39.sup.r]] Annas, Cayphas, Nicodemus, Joseph, et Gamaliel, et alerent aux tumbeaux et ne trouverent mie les corps. Apres ilz alerent a Abarimatie et les trouverent a genoulx en oroison. Adonc ilz les viserent a grant reverance et devocion et les menerent a Jherusalem en la signagogue. Et comme les portes furent fermees, ilz apporterent la loy Dieu et la misdrent en leurs mains et les conjurerent en telle maniere:

- Nous vous conjurons, firent ilz, de par le Dieu qui ceste loy donna, que vous nous diez se c'est mes Sire qui vous a ressusitez, et nous racontez en quelle maniere.

Adonc Cari[n]us et Leucius, car ainsi estoient ilz appellez, quant il se virent ainsi conjurez, commencerent a trembler et a souppirer et puis leverent leurs yeulx au ciel et firent le signe de la croix sur leurs langues et commencerent a parler:

- Donnez nous, firent ilz, du parchemin et de l'ancre et nous escriprons ce que nous avons oy et veu.

Et comme ilz orent faicte leur oroison en ceste maniere:

- Sire Jhesucrist qui est Dieu, la resurrecion, et la vie des mors, laisse nous dire a ses hommes les secretz que tu as fait par ta mort, car nous sommes conjurez de par ton nom. Certes, disdrent ilz, nous estions ensevelis avecques nos peres en une grant obscurite [f. [39.sup.v]] de tenebres, mais soudeinement une moult grant lumiere vint sur nous, et tantost le pere de l'umain lignaige, et avec lui les patriarches et les prophetes en esjoissant, commencerent a dire: |C'est la lumiere de quoy je propheciay quant j'estoye en terre.' Le peuple qui seoit en tenebres vist une grant lumiere venir.(7) Et puis nostre pere Symeon dist en telle maniere: |Gloriffiez Jhesucrist, car je l'ay tenu enfant entre mes mains quant sa mere l'apporta ou temple, et adonc le saint Esperit me fist dire: Or est il temps que je meure et que, Sires, tu laisses ton sergent en paix, car j'ay veu nostre Sauveur que tu nous as envoye.(8) Et puis vint cellui qui avoit demoure ou desert; |Je suis, fist il, cellui qui fut envoye devant lui pour preschier(9) et qui le baptisa ou fleuve de Jourdain.'

Et apres ce que ilz orent escript la joye que menoient les patriarches et les prophetes et les auttes sains qui estoient en enfer, et les grans hulemens des ennemis, et come Jhesucrist lia le plus grant maistre d'enfer de chaines de fer, et comme il traist d'enfer ceulx que il voult, ilz donnerent leurs escripteaulx en la main de Nicodemus et Joseph. Et tantost ilz devindrent ainsi blancs et aussi reluisans comme noif et [f. [40.sup.r]] evanoirent, ne oncques puis ne furent veuz. Puis fut leu ce qu'ilz avoient escript, et trouva on que ne plus ne mains n'y avoit il et que tout ainsi comme l'un avoit escript l'autre avoit [escript aussi] sans ce qu'il y eust une lettre ou plus ou moins. Toutes ces choses furent racontees a Pilate; lesquelles oves, il les fist mectre en registre avec les autres registres publiques, et tout ce est escript en l'Euvangille Nicodemus.

NOTES

(1) London, British Library, MSS Roval 20 B.v and Egerton 2781. These are copies of a prose Anglo-Norman Complaint of Our Lady and Gospel of Nicodemus, which served as the source for the Middle English text edited by C. William Marx and Jeanne F. Drennan (Heidelberg, 1987). The editors included the Anglo-Norman version according to MS Royal 20 B.v with variants from MS Egerton 2781. A third copy of the Anglo-Norman text has recently come to light: see C. William Marx, |A newly identified fragment of the Anglo-Norman prose "Complaint of our Lady and Gospel of Nicodemus" in Cambridge University Library MS Dd. 4.35', Notes and Queries, XXXVIII (1991), 157-8. (2) Vincent of Beauvais. Biblioteca Mundi, seu Speculi Maioris Vincentii Burgundi Praesulis Bellovacensis, Ordinis Praedicatorum, Theologi ac Doctoris Eximii: Tomus quartus, qui |Speculum Historiale' Inscribitur (Douai, 1624; repr. Graz, 1965). (3) A comparison of this text with an incunable edition of Jean de Vignay's translation of the Speculum, by Nigel Palmer of Oriel College, has revealed that this version does not derive from Jean's translation. (4) See Henri Omont, Catalogue general des manuscrits francais: Ancien supplement francais, Vol. Ill (Paris, 1896), pp. 332-3. (5) For more details on the manuscript's physical description, see J. C. Laidlaw, The Poetical Works of Alain Chartier (Cambridge, 1974), p. 71. (6) Ibid., p. 39. (7) Isaiah ix.2. (8) Luke ii,29-30. (9) Luke i.76.
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Article Details
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Author:O'Gorman, Richard
Publication:Medium Aevum
Date:Sep 22, 1992
Words:2655
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