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The Faustian Western spirit and the ecological crisis/L'esprit Faustien occidental et la crise ecologique.

Die Tat ist uberall entscheidend (Goethe)

La crise ecologique doit visiblement etre imputee, dans le grand dialogue des civilisations, au projet occidental moderne. D aucuns, neanmoins, ont essaye d approfondir la recherche des ressorts spirituels d'une telle explosion techno-civilisationelle devastatrice. L'epicentre spirituel qui aurait travaille de facon cryptique au surgissement de cette crise serait le christianisme. Pour verifier cette accusation proferee par des procureurs ecologistes, on va essayer de retracer les convulsions spirituelles qui ont tourmente l'histoire jusqu'a l'aboutissement de la crise mondiale des ecosystemes.

La planetarisation du mode moderne de l'Occident developpe une phenomenologie ambivalente. Le rapport typiquement occidental au cosmos tire la substance de sa vision de la theologie de l Occident et de ses adaptations historiques. Les crises de la vision du monde et les ruptures produites autour de la dispute qui visait le rapport entre la vita contemplativa et la vita activa sont cruciales pour observer le travail secret du principe faustien, qui dans la modernite, a surgi a la surface de l histoire. La particularite du principe faustien est la mediation du positif par le negatif, de l'ideal par la destruction.

1. Metron archaique et hybris moderne

1.1. L'homme microcosmique.

Assumer l equilibre entre L'homme et la nature dans l horizon de l'existence archaique signifiait le repli de l'homme dans une temporalite cyclique et dans le sentiment quasi-pantheiste de son integration cosmique. Les ontologies archaiques elevaient le monde au rang eminent d une presence presque immediate de l esprit, qui serait toujours present dans le monde. Pour lui, la soumission devant la sagesse archaique equivalait l acceptation de la stabilite du monde (1). L'homme sentait de facon holistique son appartenance a la vastitude cosmique en vertu d une correlation mystique entre le microcosme qu'il etait d'un cote et le macrocosme de l'autre. Le caractere microcosmique de L'homme definissait son statut d expression concentree de la totalite cosmique, d etre un veritable hologramme ontologique du cosmos (2) : un etre qui contient in micro la totalite des constituants cosmiques, mais qui est en meme temps contenu et enferme en lui. Contenu dans le cosmos, il etait uniquement cela, donc un precipite et un moment dans les pulsations du grand Tout cosmique (y compris de celui subtil pour aller plus loin de son ecorce newtonienne). L'homme est une imago mundi, existant ainsi sous les lois et les structures du monde. L'homme primitif (pre-moderne) vivait harmonise avec le cosmos, puisque, pour paraphraser une expression husserlienne, il se sentait une partie, et non un correlat cosmique3. Il a subordonne constamment sa propre culture et civilisation aux grands phenomenes cosmiques, avec lesquels il vivait dans un modus vivendi fonde de maniere ambivalente tant sur la fertilite materne, protectrice du cosmos que sur sa terreur latente. Le rapport animiste, polytheiste, autant que les formes du pantheisme cosmique (mais non du pantheisme acosmique (3), sont tout autant des cosmo-phanies qui localisaient le sacre dans le cosmos et inondaient le mondain avec de la sacralite. Dans l'ere mythologique de l'humanite, c est l'homme qui est contenu dans le cosmos, et nullement le cosmos dans l'homme.

1.2. L'homme micro-theotique

Un rapport d adversite avec un cosmos qui par tous ces modes elementaires etait porteur de sacralite etait impossible pour des raisons religieuses. C est pourquoi la technique est restee embryonnaire en Asie et dans les autres aires extra-europeennes. Dans le contexte judaique, propage et universalise par la frontiere chretienne, en raison de l'accent decisif pose sur le << rapport negatif >> (negatives Verhaltnis) (4) du cosmos a Dieu, des choses changent. C est l apophatisme qui refuse le statut divin a toute entite cosmique, dans le sens radical de saint Paul. Le cosmos entier devient profane, de-substantialise et secularise, rendu ainsi compatible avec le developpement de la science moderne. Les theologies astrales, zoomorphes, vegetales, telluriques sont pulverisees comme tout autant d idoles, de creatures a qui L'homme mythologique rend un culte a la place de son Createur. Les correspondances cryptiques, magiques, astrales, sont suspendues. Le grand cosmo-morphisme tombe sur le jugement theologique de son manque de fondement ultime, de son manque d autocausalite (5). L'homme n'est pas seulement microcosme. L'homme a en lui du cosmos, mais il est beaucoup plus que cela. Il est esprit : porteur de supracosmos, il a de l'intellect, conscience formelle de soi-meme et creativite qui ne s'alimentent pas exclusivement de la mimesis de la nature, mais aussi de l'inspiration et d affectation supra-cosmique. L'homme compose la grande musique, philosophie et poesie, par lesquelles il depasse de loin les structures strictement cosmiques. Ainsi, bien qu il soit subordonne aux structures cosmiques et inclus comme moment dans le grand cosmomorphisme universel, il est en lui Esprit qui transcende toute affectation de type cosmique et naturel. Il est image divine qui n ecoute pas la necessite aveugle du cosmos. C'est la le siege de la liberte humaine. L'homme n'est pas une simple partie empirique de la totalite cosmique, mais un correlat du cosmos, comme dirait a juste titre Husserl. Le cosmos est inclut dans L'homme, et non L'homme dans le cosmos.

1.3. L'homme auto-morphique

Dans cette affirmation, est evidente la continuite de l'ontologie moderne anthropique avec l'ontologie theandrique medievale. Les dates emancipatrices anti-cosmiques etaient deja formulees et ce fut besoin seulement de la revolte prometheenne anti-theologale, ou la liberation du destin cosmique etait doublee de la liberation du destin supra-cosmique. La source la plus puissante de la revolte anti-theiste a ete la theologie impitoyable de la coulpe, qui rarefiait subtilement les effets les plus grandioses de la christologie : la theandricite, la liberte et la dignite de l'homme. La demolition du toit theologique du monde a dechaine la deflagration supra-humaniste de la tentation totalisatrice faustienne. L'homme auto-morphique imprime universellement l'image de son idealite.

L'effort de Bacon en vue de la redefinition du rapport de l'homme avec la nature est symptomatique comme ideal emancipateur de la modernite (ensemble avec les autres liberations sociales, religieuses et politiques) (6). Cela participe de la secularisation du cosmos, par la Revelation. La dissociation est cependant plus marquante, puisque desormais l'homme et le cosmos se confrontent en dehors de tout arbitrage divin possible. La fracture edenique a deja mis l'homme en face de la nature : voila la prefiguration de la rupture moderne qui separe le sujet de l' objet. Toutes les autres civilisations, plongees dans le sentiment de l'identite universelle des etant nous laissent l'impression d une vision edenique, d un sublime anachronisme devant les dechirures sanglantes qui ont separe l'ideal utopique du reel topique.

La connaissance repose en stricte equation directe avec le pouvoir (Knowledge is power) : << La connaissance humaine et le pouvoir humain marchent du meme pas ; car la ou la cause n'est point connue, l'effet ne peut etre produit. On commande a la nature en lui obeissant.(...) L'homme peut autant qu'il sait >> (7). Il faut << arracher >> a la nature opaque ses secrets, ses lois de fonctionnement afin de lui dominer les energies. Voila un veritable projet luministe, violemment heroique, d apprivoisement des stoikheion cosmiques. L'homme a replique aux typhons par la puissance stabilisatrice de la mathematique, essence intelligible de la technique, qui n'est que de la mathematique incarnee dans l'outil (Zeug). Il n'y a pas de technique sans mathematique et la mathematique est l'expression intelligible de l'esprit. L'aveugle nature dechainee a ete remise dans les fers par la transparence geometrique de l'esprit. Promethee a renchaine la nature, avant que le metron olympien anti-faustien ne pose une borne a l'infini mauvais de l'hybris prometheen. La finitude de l'etre humain est doublee de sa dislocation infinitiste (interieure en contemplation, exterieure en action). L'affirmation infinitiste exterieure est de maniere inherente catastrophique, voire doublement catastrophique, etant donne les deux termes de la collision homme-cosmos. Il y a donc un metron cosmique et un hybris anthropique : les pulsations ordonnees et les coherences des structures cosmiques d un cote, et l'expansion sans saturation de l << insistante demande de livraison (bestellen)>> (Heidegger), desservie par le forceps technologique, de l'autre. Il'existe aussi un hybris cosmique (cataclysmes, catastrophes, calamites comme tout autant de deregulations et deviations), par rapport auxquels la technique se comporte comme un garant d un metron anthropique.

2. La revolte anti-cosmique occidentale

Si ce fut << l'esprit du judaisme >> (8) qui a ouvert le << rapport negatif >> du cosmos en rapport a l'homme, ce fut a l' << esprit chretien >> (9) d unir de maniere restauratrice la transcendance avec ce qu auparavant avait ete destitue comme idolAtre. Le monde et les hommes sont sauves et est revele leur filiation divine. L'Homme devient pour la premiere fois non seulement << image et ressemblance >> divines, mais est aussi anobli par l'Incarnation de Dieu en lui, et dans aucune autre forme cosmique (10).

La reduction moderne (crypto-protestante) des mediateurs, initialement christique, a deborde par inertie sa limite, ainsi que fut reduit meme le Christ, celui qui avait proclame le declin des mediations dans l'Age de l'Incarnation. Ce qui a ete uni en Lui et par Lui, fut a nouveau demembre : l'unite du fini avec l'Infini, de Dieu avec le cosmos. Le nouveau protestantisme (liberal radical, historiciste, quasi-arien, qui contemplait la scission entre la grAce et une nature severement corrompue donc presque completement disloque du projet divin) et le deisme ravivent l'esprit de la transcendance negative, veterotestamentaire, et donnent a l'Homme une solution en opposition avec le cosmos. La philosophie ecologiste veut, dans un sens exactement inverse a un anthropocentrisme anti-cosmique, dissoudre l'Homme dans un cosmo-centrisme antianthropique. Ces desequilibres symetriques ne sont que des unilateralites dissociatives non-christiques, qui tranchent toutes les deux la ou le Christ a uni et a reconcilie (Versohnung).

Cette fracturation metaphysique de l'equilibre cosmos / Homme fait de l'Homme une instance royale, un coregent cosmique. Le cosmocentrisme mythologique est substitue par l'anthropocentrisme moderne. Tout ce qui est modernite est deductible de ce << rapport negatif >> du cosmos a Dieu : la revolution scientifique (Galilee) (11) qui secularise le sensible sideral, donc une forme d idolAtrie remanente plus subtile. Le desenchantement protestant du monde reactualise << la de-divinisation du monde >> (Hegel) (12). Le cosmo-morphisme mythologique est converti dans un << univers mecanique >>, devitalise (Descartes) (13), << rationalise >> (Weber) (14) et enfin << demythifie >> (Bultmann) (15). Quant au reste, il fut une simple << situation disponible soumise a une insistante demande de livraison >> (Heidegger) (16). La Nature devint du don, un simple donne, facilement assimilable a un geant reservoir potentiellement infini destine a l'entrepreneur capitaliste depourvu de tout scrupule << pantheiste >> envers la nature.

C'est le destin de la civilisation occidentale qui actualise l'archetype veterotestamentaire de la secularisation decisive du cosmos. D'ici vient le privilege technologique de l'Occident, ainsi que la neutralisation << prometheenne >> de la nature. On deplore la nature alienee de la technique. Cependant, l'homme etait deja aliene avant la nature meme (par le peche, la chute etant l'alienation originaire), deja disloque de sa contemplation (theoria) edenique, et contraint dans l'histoire a un minimum de << faustisme de survie >> (praxis).

<< Le savant antique contemple, comme la divinite d Aristote, le savant arabe cherche, comme alchimiste, a decouvrir le moyen magique, la pierre philosophale, avec laquelle on se met sans peine en possession des tresors de la nature ; le savant occidental veut diriger le monde selon sa volonte. L'invention et la decouverte faustiennes sont quelque chose d unique. Le faustien a une puissance elementaire de volonte, une reflexion pratique d une energie d acier, qui doivent paraitre effrayantes et inintelligibles a quiconque les regarde d une culture etrangere, mais que nous avons tous dans le sang. Notre culture tout entiere a l'Ame des decouvertes. Decouvrir ce qu on ne voit pas, l'attirer dans le monde lumineux de l'ceil interieur pour s'en parer, c'etait depuis le premier jour sa passion la plus tenace. Toutes ses grandes inventions ont lentement muri dans la profondeur, ont ete annoncees par des esprits prophetiques et essayes par eux avant de surgir enfin avec une necessite de destin. Toutes etaient deja tres proches des speculations bienheureuses des premiers moines gothiques. C'est la ou jamais que se revele l'origine religieuse de toute pensee technique. Ces fervents inventeurs qui, dans les cellules de leurs couvents, disputaient son secret a Dieu par la priere et le jeune, sentaient dans cette lutte un service divin. Ici meme est ne le personnage du Faust, grand symbole d une culture d inventeurs. La scientia experimentalis, premiere definition qu a donne Roger Bacon des sciences de la nature, cette interrogation violente de la nature au moyen de ressorts et de vis, a commence ce qui, dans nos plaines d aujourd hui, recouvertes de cheminees d usine et de tours d extraction se presente a nos yeux comme resultat >> (17).

C'est toujours l'Homme qui aliene aussi la technique de sa finalite de deconditionnement (la technique militaire, instrument de la mort, et non de la vie). Ce n'est pas la technique, mais l'Homme qui peche dans le rapport intentionnel qu il investit dans sa manipulation. Etant donne qu il etait deja aliene, il a recouru a la technique. L'alienation par la technique est seulement un cas d alienation, qui resterait a se manifester meme en absence de la technique. Celle-ci ne fait que donner de l'efficience a tout Promethee humain. La technique est donc tout au plus une causa occasionalis dans l'approfondissement de l'alienation inherente de la dislocation ek-statique de l'etre humain dans l'histoire. Sous le rapport historique, la technique est emancipatrice et sa seule critique non hypocrite serait un homme qui ne serait plus faber ; donc si on accepte les demarcations de Bergson (18), seuls les animaux et les anges seraient des critiques possibles de la technique (peut-etre aussi alors les << anges dans un corps >> qui sont les saints). La technique est l'expression de notre ouverture faustienne infiniment potentielle. Elle est l'instrument par excellence de la pulsion faustienne. Le dedoublement de la realite cosmique par une realite artefact manifeste le retour demiurgique du regent cosmique trahi par son royaume apres sa << chute adamique >>. La technique manifeste sa souverainete : il peut devenir tyran, mais la technique impersonnelle ne supporte pas de coulpe. La technique manifeste la puissance et la limite de l'homme, sa puissance par rapport a la << nature >> et sa limite par rapport a << Dieu >> : de par sa nature, l'homme et seulement demiurge, et non createur. La technique, matiere mathematisee (Descartes) est la servante de la royaute de l'Homme sur la nature.

Toutes ces considerations peuvent sembler trop << generales >> et eloignees des problemes concrets de l'humanite presente, tel qu ils se retrouvent dans un manuel d ecologisme. Mais toutes ces questions concretes et courantes ne seraient jamais survenues sans les problemes graves qui nous preoccupent ici. Il y a une anteriorite determinante de l'esprit, sur des vastes projections eoniques dans l'histoire. Nous vivons les paradigmes imposes dans l'espace intelligible il y a des siecles, qui nous affectent meme si nous en restons inconscients, et dont les virtualites, nous ne faisons que les actualiser et les experimenter.

Si le traitement de la mondialisation ecologique appelle les statistiques qui exemplifient la degradation du cosmos, elles se retrouvent partout. Mais une genealogie plus profonde de la crise ecologique capable de lui decouvrir les sources dans les mutations survenues au niveau des principes metaphysiques a travers l'histoire n existe pas encore a proprement parler, et il est temps qu elle soit faite.

3. Techno-sphere versus biosphere

Le regime historique et le regime cosmique definissent, par leur rapport, l'epoque pre-moderne et moderne. L'urbanisation edifiera sur la surface de la biosphere (la totalite des ecosystemes planetaires ou l'ecosphere) des couches epaisses de beton, verre et acier, extraira les hommes des micro-communautes rurales, de leur intimite tres etroite avec la nature, pour les deposer dans des megalopolis, emmagasines dans des vraies reservations de beton, qui sont les villes surpeuplees, des niches artificielles sur la surface de la nature. L'industrialisation concentrera des millions de tonnes d outillages, calamitant de maniere irreversible la zone ou est implantee une entreprise. Des reseaux toujours plus denses d instruments et de produits technologiques deviendront un vrai superstrat de la planete. Leur totalite forme la techno-sphere. Celle-ci est apposee sur et contre la biosphere. L'essence de la crise ecologique est la rupture grave de l'equilibre entre l'Histoire (comme produit et processus humain) et cosmos (comme cadre de soutien de l'homme et de l'histoire). L'humanite, dans son existence toujours plus expansive, plus agressive et plus devastatrice est entree en collision avec le support meme de sa vie.

L'ecologisme (auto-defini comme eco-centrique et son expression d'action, le mouvement vert) se revele--apres la chute du bloc communiste--le plus puissant mouvement anti-systemique. Pour exprimer de maniere plus precise et pregnante l'antithese qui oppose le capitalisme a l'ecologisme, on peut dire qu il est dans l'essence du capitalisme (l'esprit entrepreneurial) de concevoir la nature comme etant infinie en ressources, alors qu il est dans l'essence de l'ecologisme de concevoir la nature comme finie dans ses ressources. Celui-ci met en garde sur le caractere non-recyclable a l'infini des energies combustibles exposees a la sur-consumation dans un systeme ferme, subordonne aux lois de la thermodynamique, surtout a la loi de l'entropie, qui pose l'indisponibilite progressive d un corps a effectuer un travail. Tout corps qui effectue un travail depense de l'energie et, ce faisant, l'entropie croit vers le maximum.

Comme nous l'avons montre, une sacralisation du cosmos, en tant que porteuse virtuelle de tous les types de hierophanies, depuis celles aquatiques a celles astrales, etait incompatible avec l'emergence d une conception anthropomorphique d un cosmos purement instrumental. La sacralite cosmique non seulement se manifestait, mais aussi se presentifiait ; ce qui exprime une relation de participation plus intense, ou le cosmos etait un milieu sature de sacralite, meme milieu transparent a la divinite dans les pantheismes les plus radicales.

Dans le rapport ONU Only One Earth, on peut discerner une tres puissante nuance ecologiste, signe evident que deja l'ecologisme a penetre les grandes institutions de la mondialisation et agissent comme un facteur equilibrant en rapport avec le capitalisme mondial. Si on peut dire de l'universalisme capitaliste qu 'il exprime la mondialite de la technostructure, l'universalisme ecologiste, reactif anti-vectoriel, exprime la mondialite de la biosphere. Ainsi toutes les deux detiennent et promeuvent des projets alternatifs irreconciliables concernant la nature definitive du systeme mondial.

4. Christianisme, modernisme, ecologisme

Lynn White accuse le christianisme que, par l'idee d'un Dieu transcendant, il a cree le contexte d une justification de l'insensibilite par rapport a la nature. Il resume ainsi son argument :

<< Tant notre science actuelle, que la technologie, sont tellement pleines de l'arrogance specifiquement chretienne envers la nature, que nous ne pouvons pas attendre aucune solution d elles pour notre crise ecologique. Etant donne que les racines des malheurs sont en grande mesure religieuses, le remede doit etre, lui aussi, de maniere essentiellement religieuse, que l'on lui dit ainsi ou non. Il nous faut repenser et reinterpreter notre essence et notre destin >> (19)

D'autres patriarches de la doctrine ecologiste proposent la solution de la re-composition d'une sensibilite religieuse d essence pantheiste, opposee a la radicalite veterotestamentaire d'un apophatisme qui destitue axiologiquement le cosmos. On laisse comprendre que si on pouvait ressusciter les cultes de la fertilite, le culte de la Mere Gaia, de la Mere Terre, et l'esprit d'adoration de la nature, a l'echelle d une adhesion planetaire, toutes celle-ci pourraient nous determiner a cesser l'agression ecologique. On observe les instances archetypales feminines, d'ou cette alliance a recu le nom d'eco-feminisme, qui enrichit le registre etiologique d'une nouvelle tete d accusation : le patriarcat d archetype abrahamique. Tous ces discours ecologistes ont une audience transnationale, puisqu'ils repondent a des defis transnationaux. Les critiques les plus radicales, enfin, incriminent plus concretement le << mandat biblique >> veterotestamentaire : << soyez feconds, multiplies, remplissez la Terre et dominez-la; et dominez sur les pissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre >> (Gn. 1, 28). C est ce commandement qui aurait declenche l'impulsion anti-cosmique de l'humanite suprematiste, qui se sentait ainsi deleguee par un ordre divin. Mais :

1. On n explique pas ainsi pourquoi, pour 1700 d annees, depuis l'institutionnalisation du christianisme, rien de la nature d une agression sur la nature ne s'est produit, et ensuite ne s'explique par quoi precisement aurait declenche precisement l'irruption recente du probleme ecologique.

2. Meme etant donne << le mandat biblique >> concernant la multiplication de l'espece humaine et sa domination royale sur la nature, celui-ci ne contient pas en lui analytiquement la crise ecologique. Cette crise s est ajoutee synthetiquement et peut etre tout au plus acceptee sous la forme d une << interpretation extensive >> qui a << ajoute >> a ce mandat : les entreprises polluantes, la deforestation, la devastation d'ecosystemes, l'asphyxie de la planete, le surpeuplement etc.

Si on veut vraiment identifier un point decisif d'emergence du rapport instrumental du cosmos a l'homme, il suffit d'arreter le deroulement filmique des determinismes sur Francis Bacon, qui exprime clairement de maniere inaugurale la conception de la modernite sur ce probleme, aussi que ses aspirations ouvertes sur l'avenir.

<< La superiorite de l'homme reside donc dans la connaissance. Aujourd hui nous dominons la nature uniquement dans notre imagination, alors qu en realite nous sommes soumis a elle. Mais si nous nous laissions conduire par elle dans la creation, on parviendra dans la pratique de lui commander, nous a elle! >> (20).

Il faut donc rendre evident ce point de tournant dans lequel la modernite, virtuellement emanee du modele ontologique chretien, fut transmutee fondamentalement par la separation et son autonomisation historique parricide.

La fracturation de l'equilibre histoire-cosmos, leur mise en non-equation par le christianisme, fut aggravee au-dela de tout seuil critique de tolerance sous l'impulsion de l'esprit moderne : la logique secrete de l'histoire qui se deroule de maniere finalisante vers l'Eschaton fut retranscrite dans une logique visible, explicite et predeterminee, d un processus historique denomme progres et detaille de maniere diverse selon les diverses utopies possibles. A l'architecture providentielle de l'histoire s'est substituee ainsi toute une serie d immanentismes auto-providentialistes qui ont force de maniere eschatologique le futur par des projections intra-historiques de la cite celeste de Jerusalem (les totalitarismes), qui surencherissaient energiquement la nature afin d alimenter les megalithes de la civilisation. Le vecteur de l'histoire sacree fut conserve certes, mais sous des formes secularisees. Les ideologies du progres ont accelere la crise epileptique de l'histoire, qui est devenue toujours plus demembrant et plus agressive. La grande civilisation moderne, <<mammouthique>>, mais grandiose, est celle qui devaste l'ecosysteme. La rate d exploitation energetique necessaire a l'alimentation de l'appareil de civilisation le plus complexe ayant jamais existe--mais aussi le plus couteux--excede de loi la rate de recuperation et auto-regularisation de la nature. << La raison instrumentale >> de la modernite a edifie une vraie techno-sphere (comme totalite d artefacts determines par leur caractere utilitaire dans le rapport homme-nature). Celui-ci est l'expression d un superstrat (techne) depose sur le corps receptaculaire de la nature (physis), sur ce qui est determine en tant que biosphere, comme couche originaire.

Ainsi la mondialisation porte-t-elle le projet anti-ecologique de la modernite vers les limites de resistance de la nature, au-dela desquelles commencent a ressurgir des defections irremediables (l'extinction d especes entieres, ainsi que de ressources). L'hyper-capitalisme sous-tendu par la philosophie productiviste de la << croissance economique >> (avec pour presuppose l'idee du progres illimite), tire justification pour la << guerre d'epuisement des ressources >> de l'ideal du bien-etre (welfare) global de l'humanite. Mais tant que seuls certains beneficient de celui-ci (le monde industrialise), les autres ne feront seulement que supporter les effets des catastrophes ecologiques correles avec la nature extractive de la civilisation << lourde >> (les peripheries orbitales du systeme). Cependant, le capitalisme n'est pas un createur du bien-etre, mais tout au plus un demiurge du bienetre, puisqu il entretient un rapport parasitaire avec la nature, qu il exploite seulement, sans aucune compensation restauratrice. La technologie globale n'est pas seulement superposee a la biosphere. Elle lui est superposee de maniere opposee. Le capitalisme et un systeme artificiel, puisque ses lois sont tout autres que les lois de la nature.

Il nous est maintenant possible de distinguer plus clairement entre le christianisme et la modernite faustienne, outre la simple et confortable demarcation entre theocentrisme et anthropocentrisme. Il s'agit d une mutation du transcendant vers le transcendantal (puisque l'anthropocentrisme peut etre concu de maniere psychologique ou meme naturaliste). Le grand enjeu en vue de differencier une genealogie chretienne de la crise ecologique de sa generation moderne est la reinterpretation de la Providence. L'eclipse lente de la transcendance projette une nouvelle instance solaire du systeme cosmique : l'homme. La Providence, en tant que << dirigisme >> divin de l'histoire etait concue sous l'angle chretien sous la forme d une synergie symphonique entre la surnecessite de la liberte divine et la liberte humaine disloquee de maniere deliberative sur la surface de l'indetermination projective. L'espace d election reste a l'homme marquait la difference de la Providence d un fatalisme simple et homogene.

L'amputation moderne de la dimension transcendante de cette synergie theandrique a octroye l'histoire aux puissances architectoniques de l'homme << orphanise >> sous rapport metaphysique. Voici la genese du faustisme en tant que forme de rapport negatif a la precarite de l'histoire humaine, de-constructive et re-constructive, auto-soteriologique (21). Mais tous les grands edifices faustiens de la modernite ont du etre alimentes des << entrailles de la grande Mere tellurique >>. La fertilite organique du cosmos a ete sur-sollicitee et sur-utilisee par un grand appareil de formes instrumentales d extraction. La massivite sans precedent de la civilisation humaine (l'agregat des artefacts de beton, verre et acier) reclame une alimentation energetique permanente, qui a ouvert le cycle terrifiant de l'epuisement autodestructif des ressources cosmiques vitales. Soumise a ce permanent curetage, la vieillie Gaia se decompose lentement sous les rythmes d'exploitation affamee. Ce qu'ont accumule les grandes eres geologiques se voit dans un processus d epuisement sous l'urgence extractive maniaque de ces quelques siecles de modernite historique.

Aux ecologistes qui reduisent toute cette evolution complexe au mandat biblique de domination de la Terre, sans nullement differencier le christianisme contemplatif de la modernite faustienne, on pourrait repliquer qu'il s'agit seulement d une utilisation extensive de ce << mandat >>, equivalente avec la difference entre << domination >> et << tyrannie >>, entre usage et abus. Autrement dit, il'est impossible d expliquer pourquoi le desastre s'est declenche seulement dans la modernite, une fois avec l'amputation du terme divin de la synergie providentielle de l'histoire, et avec l'eruption du capitalisme commercial et industriel, en tant qu effet de la << liberation >> de l'homme de la sur-instance transcendante, ayant comme terme << l'horizontalisation >> de son intentionnalite destinale.

Encore faut-il rappeler que le christianisme oriental fait exception de la secularisation veterotestamentaire du cosmos, avec ses variantes << cosmiques >> sud-est europeennes, et << theo-cosmiques >> russes. A toutes les deux, on peut appliquer l'evaluation de Spidlik, comme faisant partie d'un phenomene de << re-mythologisation de la Revelation >> (22). L'idee de Feodorov, representative pour tout le sophianisme cosmique russe, concernant le caractere inseparable de l'anthropologie par rapport a la cosmologie, peut certainement etre acceptee. L'image la plus expressive de cet attachement de l'Ame russe au cosmos est probablement celle d'Aliocha Karamazov embrassant la terre. Toujours Dostoievski evoque << les forces du sol natal >> (23). Il n'en reste pas moins que la critique russe concernant un rapport detestable, d opposition, entre le sujet et l'objet, d exteriorite entre la personne et le cosmos dans la metaphysique occidentale est--de meme que la critique de Fritjof Capra--erronee par simplification et amputation (24).

En realite, la metaphysique occidentale classique est encore plus subtile et precise que cela. Chez Kant, l'homme est exterieur de maniere transcendantale et constitutive pour le cosmos, mais simultanement interne au cosmos sous rapport phenomenal (25). Ce qui est ainsi rigide opposition sujetobjet revient seulement au positivisme et a l'empirisme, expressions d'un demembrement du paradigme occidental, qui ne sont meme pas representatives, et d'autant plus exhaustives.

L'une des plus decisives meditations sur le destin de la nature et de l'homme est celle de Hans Jonas. Il met en relation l'imperatif technoeconomique et l'humanisme (la modernite) (26). La foi humaniste dans la modificabilite de la condition humaine, et l'ideal humaniste de l'emancipation illimitee de l'humanite, dans la suppression de tous les conditionnements, exprime la nostalgie d une negation fonciere de la finitude humaine. Il y a une continuite ideale entre l'impulsion humaniste de la suppression de toutes les barrieres spirituelles (religieuses, metaphysiques, ethiques) et l'impulsion techno-scientiste de la suppression de toutes les barrieres naturelles. L'utopisme technique et le nihilisme entrent en convergence necessaire puisqu ils contestent les valeurs en ellesmemes, ou les limites de principe, convertissant l'homme dans une realite biopsychique manipulable, d ordre de la nature. L'idee de la science contemporaine que la mort ne serait qu un evenement accidentel, et non l'un constitutif a l'etre humain, periclite selon Jonas, l'essence meme de l'etre humain, qui est d'etre Sein-zum-Tode, a savoir etre conscient de sa finitude. La crise ecologique periclite, en revanche, seulement l'existence de l'etre humain.

Il y a chez Jonas une alliance entre humanisme et ecologisme. Plus precisement, un humanisme medie ecologiquement. Il'faut dire que la dissociation entre la mort et l'etre (envisage par le reve technologique de la technique) humain a l'enjeu d une la dissociation de ce dernier de la finitude pour rendre l'homme immortel. Cependant, meme si la mortalite de l'etre humain pouvait etre artificiellement supprimee, ce ne serait qu une mauvaise infinitisation, pour paraphraser Hegel(schlecte Unendlichkeit). Cela ne modifierait que la quantite de la vie humaine et nullement sa qualite. La vraie infinite presuppose les attributs forts de l'autarchie, de l ubiquite, de la plenitude. L etre humain est qualitativement fini, non seulement quantitativement. La mortalite releve ainsi de son essence meme.

La conscience ecologique actuelle de la planete a ete provoquee et activee par la mondialisation de cette interaction a profil agressif entre l'homme et la nature. L ecologisme comme doctrine, et non les reponses pragmatiques, locales--trouvera l'unite de reaction par un discours de subversion des bases metaphysiques de la crise ecologique. Quiconque a l impression que cette crise ecologique se laisse reduit a des parametres quantitatifs, a deja manque l'acces aux surfaces causales d une plus grande amplitude historique et doit voir quels sont les termes philosophiques dans lesquels pensent les doctrinaires ecologistes eux-memes la crise planetaire. Ils contestent en principe la centralite anthropique et son expression collaterale, << l'arrogance humaniste >> (David Ehrenfeld). Ils denoncent simultanement tant le christianisme que la modernite, puisqu ils voient a juste titre leur continuite, sans plus s'apercevoir de leur discontinuite (inversement aux conservateurs, qui voient seulement leur discontinuite, sans voir leur continuite!). Ils militent (par inspiration upanishadique lue dans une grille occidentale) pour le principe de l'egalite bio-centrique qui conteste les hierarchies a l'interieur du regne naturel. Tous les organismes et les entites de l'ecosphere auraient une valeur et des droits egaux, comme expression de leur coappartenance a la meme totalite cosmique, connectee dans la biosphere. On a pourtant facilement repere l'humanisme residuel inherent a cet egalitarisme total, puisque les categories << valeur >>, << droit >>, << obligation >>, restent foncierement anthropologiques. La nature n a pas de loi, et elle est infra-morale. On ne saurait doter les animaux de droits, etant donne qu ils sont en principes incapables d honorer les devoirs correlatifs a tout droit (A propos de cette idee de droit de la nature et des animaux, l'auteur peut-il lire Michel Serres, Le contrat naturel et Biogee? Ces livres discutent cette idee de l'impossibilite du droit de la terre et des animaux).

Le principe de la morale eco-centrique a ete ainsi resume par Aldo Leopold : << Une chose est juste lorsqu 'elle tend a preserver l'integrite de la communaute biotique. Elle est mauvaise lorsqu 'elle tend vers autre chose >> (27).

L'expression la plus radicale de la doctrine ecologiste est celle qui confere une dimension spirituelle a la nouvelle conscience ecologique, ou l'autorealisation de l'individu devient coincidente avec la profonde identification avec les autres, jusqu a contester l'idee de personne, toujours manifestee comme un sujet rapporte de maniere oppositive au cosmos (28). Le multiple personnel, inevitablement celui culturel aussi, sont noyes dans l'universel cosmique divinise. D ou l'incompatibilite de l'ecologisme radical a la fois avec le liberalisme pro-systemique et le nationalisme antisystemique.

Nous considerons que, sous le rapport des revendications ethiques, l'ecologisme peut etre assimile a un << socialisme diachronique >>, etant donne que sa denonciation organise chronologiquement, et non synchroniquement, les rapports inegalitaires dans la societe. Il explique le bien-etre present comme etant un phenomene d accumulation primitive au compte du << present bourgeois >>, aux depens du << proletariat de l'avenir >>. Meme s'il est presque impossible de determiner combien convient-il accorder, de la totalite patrimoniale cosmique, aux generations presentes et combien revient-il aux generations futures...

En mettant ce probleme dans les termes du triangle Dieu, Homme, Cosmos, on peut exprimer en essence les positions qui se trouvent en confrontation, sous la forme des hierarchies axiologiques que chacune affirme :
CHRISTIANISME                    MODERNISME            ECOLOGISME

Dieu > Homme > Cosmos        Homme > Cosmos       Cosmos = Dieu > Homme

Theocentrisme anthropique    Anthropocentrisme    Cosmo-centrisme


Bibliography:

[1.] Bultmann, Rudolf (1968), Rudolf Bultmann et la Mort de Dieu, (ed.) Andre Malot, Cerf, Paris

[2.] Capra, Fritjof (1983), The Physics of the Tao, The Turning Point, Fontana, London

[3.] Husserl, Edmund (1996), Meditations cartesiennes, Vrin, Paris

[4.] Eliade, Mircea (1969), Le mythe de l'eternel retour, Gallimard, Paris

[5.] Eliade, Mircea (1964), Traite d'histoire des religions, Payot, Paris

[6.] Hegel, G.W.F. (1986),Vorlesungen uber die Asthetik, I, 13, Frankfurt am Main

[7.] Hegel, G. W.F. (1992), L Esprit du christianisme et son destin, PUF, Paris

[8.] Heidegger, Martin (1990), Vortrage und Aufsatze I, Die Frage nach der Technik, Klett-Cotta, Stuttgart

[9.] Heywood, Andrew (1998), Political ideologies. An Introduction, MacMillan Press, New York.

[10.] Jonas, Hans (1990), Le principe Responsabilite. Une ethique pour la civilisation technologique, Cerf, Paris

[11.] Spengler, Oswald (1948), Le Declin de l'Occident, Gallimard, Paris

[12.] Spidlik, Thomas (1994), L'idee russe. Une autre vision de l'homme, Fates, Troyes

[13.] Warwick, Fox (1967), Towards a Transpersonal Ecology, Shambhala Publications, Boston-London, 1990

[14.] White, Lynn, Historical Roots of the ecological Crisis, Science, vol.155, 10

Vlad Muresan *

* Vlad Muresan, PhD, is lecturer at the Faculty of European Studies, Department of International Relations and American Studies, Babes-Bolyai University, Cluj-Napoca.

Contact: vladmuresan22@gmail.com

(1) Mircea Eliade, Le mythe de l'eternel retour, Gallimard, Paris, 1969.

(2) Mircea Eliade, Traite d'histoire des religions, Payot, Paris, 1964, Le Traite peut etre considere comme une vision synoptique du rapport archaique general aux hierophanies cosmiques.

(3) Edmund Husserl, Meditations cartesiennes, Vrin, Paris, 1996, p. 154 : << Dans l'attitude transcendantale, et dans l abstraction constitutive dont nous venons de parler, mon ego, l ego du sujet meditant, ne se confond pas, dans son etre transcendantale propre avec le moi humain habituel; il ne se confond pas avec le moi, reduit a un simple phenomene, a l'interieure du phenomene du monde. Il s'agit, bien au contraire, d'une structure essentielle de la constitution universelle que presente la vie de l ego transcendantal, en tant que constituant le monde objectif >>.

(4) G.W.F. Hegel, Vorlesungen uber die Asthetik, I, Werke in zwanzig Banden, 13, Frankfurt am Main, p. 468.

(5) Ainsi pour le roi Salomon, la sagesse n' est ni dans le monde ni dans L'homme. Tout au contraire, le commencement de la sagesse est << la crainte du Seigneur >>.

(6) Francis Bacon, Novum Organon, lib.I, 3, "La science et la puissance humaine se correspondent en tous points et vont au meme but".

(7) Francis Bacon, Novum Organon, lib.I, aph. 1.

(8) G.W.F. Hegel, L'Esprit du christianisme et son destin, Paris: PUF, 1992, pp. 49-68.

(9) G.W.F. Hegel, op. cit. pp. 70-152.

(10) Pico de la Mirandola, De dignitate hominis.

(11) M. Clavelin, La philosophie naturelle de Galilee, Albin Michel, Paris, 1998.

(12) G.W.F. Hegel, Vorlesungen uber die Asthetik, I, Op. cit. : << Die entgotterte endliche Welt: zum erstenmal deshalb liegt jetzt die Natur und die Menschengestalt entgottert und prosaisch vor uns da" (...) "das bestehen jedoch des Endlichen ist substanzlos, und gegen Gott gehalten ist, ist die Kreatur das Verschwindende und Ohnmachtige", op. cit., p. 482, 479.

(13) Edmund Husserl, Meditations metaphysiques, V, op. cit.

(14) Max Weber, Die protestantische Ethik und der Geist des Kapitalismus, Tubingen, 1920.

(15) Rudolf Bultmann decrit l'<< image mythologique du monde >> comme etant sature de << puissances surnaturelles >>, des correspondances magiques, et impregnee animiste d' << energies >> : Humanisme et christianisme, traduit en Rudolf Bultmann et la Mort de Dieu, Andre Malot, Cerf, Paris, 1968, p. 114-117. Cf. aussi Jesus. Mythologie et Demythologisation, Editions du Seuil, Paris, 1968, p. 187-195.

(16) Martin Heidegger, Vortrage und Aufsatze I, Die Frage nach der Technik, Klett-Cotta, Stuttgart. (cf. Martin Heidegger, Originea operei de arta, (tr.roumain par Thomas Kleininger et Gabriel Liiceanu), Ed. Humanitas, bucharest, 1995, p. 129-173).

(17) O. Spengler, Le Declin de l'Occident, Paris: Gallimard, 1948, p. 461.

(18) Cf. Henri Bergson, L'evolution creatrice, F.Alcan, Paris, 1921.

(19) Lynn White, Historical Roots of the ecological Crisis, Science, vol.155, 10 mars 1967.

(20) Francis Bacon, Novum Organon, lib.I, 4.

(21) Le faustisme est une alternative au christianisme qui n'est pas gnostique. Elle donne une chance a la vie sur la terre, et aussi a la creation : celle d etre sauvee par la main de l'homme. Pour les gnostiques, la solution etait le repli dans l'interiorite, la sortie de la putrefaction de l'avorton cosmique, alors que le faustien veut guerir cet enfant innocent. Pour le christianisme, le monde n etait pas identique avec le mal, mais il ne saurait pas non plus recevoir une solution exclusivement humaine.

(22) Th. Spidlik, L'idee russe. Une autre vision de l'homme, Editions Fates, Troyes, 1994.

(23) Dostoievski, Discours sur Pouchkine, dans CEuvres, ed. Moeller v.d .Bruck, t. XII, p. 95, apud. Spidlik.

(24) Fritjof Capra, The Physics of the Tao; Idem, The Turning Point, Fontana, London, 1983.

(25) Immanuel Kant, Kritik der reine Vernunft, Transcendentalen Analytic, Koln, 1995.

(26) Hans Jonas, Le principe Responsabilite. Une ethique pour la civilisation technologique, Cerf, Paris, 1990.

(27) Andrew Heywood, Political ideologies. An Introduction, MacMillan Press, New York, 1998, p. 281.

(28) Fox Warwick, Towards a Transpersonal Ecology, Shambhala Publications, Boston-London, 1990.
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Author:Muresan, Vlad
Publication:Studia Europaea
Article Type:Report
Geographic Code:4E
Date:Sep 1, 2012
Words:6273
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