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TEMOIGNAGES : Une guerre qui n'en finit plus.

Amineh Ishtay <p>Le Jourdain Plus de trois semaines se sont E[umlaut]coulE[umlaut]es depuis le dE[umlaut]but de la guerre au Liban. Avec prE s de 600 morts et 1600 blessE[umlaut]s, et plus de 800,000 rE[umlaut]fugiE[umlaut]s, la population libanaise est la victime incontestE[umlaut]e de cette nouvelle offensive israE[umlaut]lienne sur le Liban. Fuyant l'insE[umlaut]curitE[umlaut] de leur pays, de nombreux Libanais sont venus chercher refuge en Jordanie. Le Jourdain est allE[umlaut] Ea la rencontre de ces ressortissants de guerre. TE[umlaut]moignages.Certes, la capture de deux soldats israE[umlaut]liens par le Hezbollah a E[umlaut]tE[umlaut] Ea l'origine de ce nouveau conflit au Liban entre le Parti de Dieu et IsraE1/2l- soutenu dans son offensive par les Etats-Unis, mais cet E[umlaut]vE nement n'a pu que rE[umlaut]vE[umlaut]lE[umlaut] des intentions de guerre prE[umlaut]mE[umlaut]ditE[umlaut]es par l'armE[umlaut]e israE[umlaut]lienne contre le pays du CE dre. " Cela faisait plus de six mois que nous entendions dire qu'IsraE1/2l avait l'intention d'attaquer le Liban, mais personne ne savait quand aurait lieu cette attaque", a avouE[umlaut] au Jourdain Salwa, une rE[umlaut]fugiE[umlaut]e libanaise Ea Amman, qui a fuit les bombes israE[umlaut]liennes. Et de poursuivre: " MalgrE[umlaut] ces rumeurs, personne ne s'E[umlaut]tait prE[umlaut]parE[umlaut] pour faire face Ea une guerre". Pour cette raison, cette veuve et ses deux fils ont quittE[umlaut] le Liban au lendemain des premiers bombardements contre leur pays. " J'ai encore en tE[logical not]te l'image des bEotiments dE[umlaut]truits par les missiles israE[umlaut]liens, le jour de notre dE[umlaut]part de Beyrouth. Je n'arrive toujours pas Ea y croire", a-elle lancE[umlaut] dans un soupir de dE[umlaut]tresse. Salwa a dE[umlaut]crit au Jourdain la difficultE[umlaut] se jour lEa de trouver un taxi pour les conduire Ea la frontiE re syrienne. " Finalement nous sommes tombE[umlaut]s sur un honnE[logical not]te homme qui a acceptE[umlaut] de faire le trajet pour une somme acceptable malgrE[umlaut] les pE[umlaut]ripE[umlaut]ties du trajet", a-t-elle notE[umlaut] en prE[umlaut]cisant que les frontiE res syriennes E[umlaut]taient bondE[umlaut]es de gens de diffE[umlaut]rentes nationalitE[umlaut]s qui se dirigeaient vers la Jordanie. Cette femme, dont une grande partie de la famille est restE[umlaut]e Ea Beyrouth ne cache pas son dE[umlaut]sarroi quant Ea cette nouvelle crise au Liban. " Le Liban est un pays indE[umlaut]pendant et il ne revient pas Ea IsraE1/2l, aux Etats-Unis et mE[logical not]me Ea la Syrie de nous dicter ce que nous devons faire! Nous avons droit Ea la paix!", s'est-elle exclamE[umlaut] avec fureur.Jamilleh, autre victime de cette invasion militaire contre le Liban a fait part au Jourdain des quelques E[umlaut]vE nements de guerre auxquels elle a assistE[umlaut] pour la premiE re fois de sa vie avant son arrivE[umlaut]e dans le Royaume jordanien. " Nous E[umlaut]tions Ea la maison lorsque mon beau-frE re a appelE[umlaut] pour nous annoncer la premiE re attaque d'IsraE1/2l", a commencE[umlaut] Ea raconter cette Libanaise de 44 ans, d'origine vE[umlaut]nE[umlaut]zuelienne et mariE[umlaut]e Ea un Libanais. Et de continuer: " La maison de ma fille oE nous passions nos vacances est Ea SaE[macron]da, dans le sud du Liban, pas loin des lieux visE[umlaut]s par les missiles israE[umlaut]liens et le bruit des bombardements et des avions de guerre nous parvenait de plus en plus fort". La famille de Salwa a du alors se rE[umlaut]fugier avec d'autres familles dans un vieux chEoteau Ea SaE[macron]da, privE[umlaut] de lumiE re. " J' E[umlaut]tais effrayE[umlaut]e par ce qui se passait autour de nous. L'air pur manquait Ea l'intE[umlaut]rieur de ce refuge et mon autre fille, Asma EogE[umlaut] de 8 ans seulement avait du mal Ea respirer", a relatE[umlaut] cette rescapE[umlaut]e de guerre, les larmes aux yeux. " Dans ce chEoteau-refuge, nous E[umlaut]tions environ 50 personnes, pE[umlaut]trifiE[umlaut]s par l'echo des bombardements. Les hommes sortaient de temps en temps pour chercher de la nourriture et de l'eau. L'odeur E[umlaut]tait terrible Ea cause de la chaleur et de l'humiditE[umlaut]. Ma famille et moi y sommes restE[umlaut]s quatre jours puis mon mari a trouvE[umlaut] un taxi pour nous conduire Ea JouniE[umlaut], vers le nord du Liban", a-t-elle rajoutE[umlaut] en indiquant que le Nord paraissait plus sE[c]r.Pour sa part Ali, le mari de Salwa, a dE[umlaut]crit au Jourdain les obstacles qu'il avait rencontrE[umlaut] avant de trouver le fameux moyen de transport pour sortir de SaE[macron]da: " Il a fallu marchander des jours avec plusieurs chauffeurs qui demandaient des sommes extravagantes rien que pour nous transporter vers une autre ville libanaise. Ils exigeaient entre 300 et 500 dollars pour faire le trajet de SaE[macron]da Ea JouniE[umlaut]", a assurE[umlaut] ce dernier avant de se soulager: " Finalement, un vieil homme a demandE[umlaut] 100 dollars pour le trajet. J'ai payE[umlaut] la moitiE[umlaut] et ma soeur, qui E[umlaut]tait avec nous, a payE[umlaut] l'autre". Mais arrivE[umlaut]s Ea JouniE[umlaut] chez une autre soeur du mari, ce couple et leur petite fille n'ont pas trouvE[umlaut] la sE[umlaut]curitE[umlaut] Ea laquelle ils s'attendaient. " L'appartement de ma soeur est trE s petit; nous E[umlaut]tions quinze personnes dans une seule chambre. Cela nous gE[logical not]nait pas vraiment mais une fois que les navires militaires israE[umlaut]liens ont encerclE[umlaut] le port de JouniE[umlaut] nous avons dE[umlaut]cidE[umlaut] de quitter le Liban", a expliquE[umlaut] Ali non sans cacher un sentiment de culpabilitE[umlaut] pour avoir laissE[umlaut] derriE re lui le reste de sa famille et sa deuxiE me fille mariE[umlaut]e Ea SaE[macron]da.Comme de nombreux Libanais ayant des proches ou des amis en Jordanie, Ali et Jamilleh ont fuit les missiles israE[umlaut]liens dans l'espoir d'un cessez-le-feu immE[umlaut]diat qui suspendrait cette guerre innatendue et dont les massacres de l'armE[umlaut]e israE[umlaut]lienne augmentent jour aprE s jour. Ils rE[umlaut]sident depuis cinq jours chez une proche de Jamilleh et rentreront bientE[sup.3]t au Venezuela pour reprendre leurs activitE[umlaut]s dans ce pays. Mais cette fois ils n'auront ni l'esprit ni le coeur en paix, pensant aux centaines de personnes qui ont pE[umlaut]ri et qui pE[umlaut]riront dans cette guerre semblable Ea ses prE[umlaut]cE[umlaut]dentes, sous les ruines de leurs maisons injustement bombardE[umlaut]es par l'armE[umlaut]e israE[umlaut]lienne. Et pensant aux milliers de blessE[umlaut]s qui ne peuvent pas avoir accE s aux hE[sup.3]pitaux et aux services mE[umlaut]dicaux ou encore aux innombrables civils qui ne savent plus oE aller. Car si ce couple libanais a eu la chance de survivre, et de retrouver une maison pour l'habriterC* des milliers d'autres ont tout perdu, ou presque. nTEMOIGNAGES : Une guerre qui n'en finit plus

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Publication:The Star (Amman, Jordan)
Date:Aug 14, 2006
Words:1257
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