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Sport in Roman times. From cliche to historic and archaeological reality/Le sport a l'epoque romaine. Du cliche a la realite historicoarcheologique.

Introduction

Parler de sport pour l'Antiquite necessite une certaine precaution. Cette notion, telle que nous la concevons aujourd'hui, ne se limite pas a la seule pratique d'une activite physique. Elle s'accompagne egalement de valeurs morales, de respect de l'adversaire, de fair-play, ce que traduit bien l'expression << etre sport >>. Or, ce n'est qu'au XIXe siecle que cette notion va se generaliser et se diffuser a partir de la langue anglaise. Parler de sport antique releve donc d'un anachronisme. Ainsi la gladiature, meme si elle comporte des aspects sportifs (entrainements, escrime) ne peut etre consideree comme un sport, car elle engendre la mort, et elle est incompatible avec les valeurs du sport (Thuillier 1996: 13). Aussi on peut se demander quelles disciplines pratiquees a l'epoque romaine sont conciliables avec cette notion et quelles sont les modalites de leurs pratiques.

Aujourd'hui, les cliches relatifs au << sport >> antique renvoient au monde grec, au gymnos (athlete nu grec), a la statue du discobole, aux jeux olympiques, en opposition a l'austere civis romanus, soldat et paysan. Cette idee repose sur l'opposition traditionnelle entre la Grece et Rome. Une image creee par les Romains eux-memes dans un premier temps. Les vieux Romains critiquaient le genre de vie grec et plus precisement la nudite totale de leurs athletes et les gymnases << lieu de tous les vices et d'abord des amours infames >> (Decker & Thuillier 2004: 159-160). Par ailleurs, les sources ont davantage insiste sur les sports spectacles, notamment les grands divertissements tels que courses de chars et combats de gladiateurs. Nous sommes donc habitues a voir les Romains comme des spectateurs et non pas des athletes. Pourtant, s'ils n'avaient, a quelques exceptions, pas de gymnase, les Romains avaient des thermes et y pratiquaient toutes sortes d'activites << sportives >> dans les palestres qui y etaient attenantes. De meme qu'il existait les jeux panhelleniques en Grece, comme les jeux olympiques, il existait les jeux panetrusques, dont malheureusement nous avons peu de sources, et qui rappellent l'anciennete de ces pratiques dans la region de Rome.

L'objectif de ce travail est de presenter une synthese des activites dites << sportives >> les plus repandues a l'epoque romaine, et de voir quelles etaient leurs specificites. Dans un premier temps nous commencerons par presenter la discipline la plus populaire en son temps, la course de char, puis nous nous interesserons a d'autres formes de << sport-spectacle >>, et enfin nous verrons quels << sports prives >> etaient pratiques.

La course de char

La << sport >> prefere des Romains etait sans nul doute la course de char, comme le rapporte Ovide parlant de maxima spectacula (Amours, 3, 2), ou Pline le Jeune disant que << Rome est tout entiere au cirque >> (v.61-113). Les courses dechainaient les foules et l'on ne peut s'empecher de comparer cette ferveur a celle engendree par le football dans certains pays aujourd'hui. Les spectateurs venaient se rendre en masse dans les gradins du cirque, oU se deroulait la course. A la maniere de supporters ils prenaient parti pour telle ou telle faction (ecurie ou equipe) et pouvaient parier sur l'issue de la course. Les factions alignaient un, deux, ou trois chars, selon les modalites d'organisation. Le nombre de chevaux etait aussi variable : deux chevaux par char (biges), trois (triges) ou quatre (quadriges). Si sous la Royaute et dans les premiers temps de la Republique, biges et triges occupent encore le devant de la scene, les quadriges deviennent progressivement la norme, les biges devenant l'epreuve des auriges (cochers) debutants (Thuillier 1996: 102). Des attelages plus nombreux n'ont existe qu'a partir du IIe siecle de notre ere et restaient exceptionnels.

La mosaique du cirque de Lyon donne un apercu de l'organisation d'une course de char (Fig. 1). La couleur des tuniques des auriges permet compter de quatre factions. Ainsi on distingue l'equipe des blancs, des bleus, des rouges et des verts, avec deux quadriges par faction. Au debut de la course, les chars sont disposes dans des stalles ou carceres. Afin de garantir l'equite entre les auriges et par la meme occasion l'interet des paris, les stalles etaient non seulement attribuees apres tirage au sort, mais etaient en plus disposees sur une ligne courbe de maniere a ce que la distance entre les chars et le premier virage soit la meme (Thuillier 1996: 104). La course, comme pour la piece de theatre ou d'autres spectacles, etait libre de droit d'entree. Son cout etait pris en charge par le magistrat souhaitant s'attirer les faveurs de la foule selon le principe de l'evergetisme. C'est logiquement a lui que revenait le privilege de donner le signal de depart en lachant une serviette blanche ou mappa (Martial, 12, 28, 9). Les carceres etaient alors simultanement ouverts, un levier est d'ailleurs figure sur la mosaique lyonnaise. Les chars, partis sous les hurlements de la foule, devaient rester dans leur couloir jusqu'a la premiere ligne blanche, comme le font aujourd'hui les coureurs de demi-fond ; ceci afin d'eviter un accident d'entree de course (Pline, Histoire Naturelle, 8, 160). L'objectif etait alors de boucler sept tours, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, en couvrant en moyenne une distance de cinq kilometres. Au centre du cirque des compte-tours permettaient aux auriges et au public de savoir oU on en etait (sur la mosaique il s'agit d'oeufs que l'on abaissait, ou de dauphins que l'on renversait). Aux cotes des chars, des cavaliers, hortatores, etaient en droit d'exhorter, d'encourager les auriges de leur faction (Thuillier 1996: 108). La course s'effectuait au galop au prix de milles dangers pouvant conduire a l'accident (naufragium). A noter que la presence de l'aurige n'etait pas necessaire pour que le char remporte la victoire. La disposition des << naufrages >> sur la mosaique lyonnaise rappelle que les dangers etaient encore plus nombreux dans les virages. En plus du risque de collision avec les autres chars, la roue gauche pouvait heurter la meta et se disloquer au passage de la borne. Les metae etaient cependant utiles puisqu'elles permettaient d'anticiper le virage. Sur le bord de la course, des sparsores etaient en charge d'asperger la piste pour la rendre moins pulverulente et ameliorer la visibilite, a moins qu'il n'aient vise les attelages pour les rafraichir. Le risque de mort etait aggrave par le fait que les auriges romains nouaient leurs renes autour de leur taille. Cette technique, empruntee aux Etrusques, avait pour but de ne pas perdre les guides en cas de secousse, mais pouvait se reveler un vrai piege pour le cocher (Thuillier 2005: 77). Des forces (ancetres des ciseaux) etaient alors utilises pour tenter de les degager rapidement. Le char franchissant la ligne de craie mediane pour la septieme fois etait declare vainqueur. L'aurige gagnant se voyait alors remettre les symboles de sa victoire au son des trompettistes : la palme et la couronne de laurier. La plupart du temps seuls les trois premiers etaient recompenses, les suivants etant sortis en vain fustra). La course durait pres d'une demi-heure. Le char vainqueur entamait alors un tour d'honneur. Le vainqueur empochait des gains pouvant attendre des sommes folles, scandalisant deja des auteurs tels que Martial (10, 74) ou Juvenal (7, 112-113). On ne peut s'empecher, a nouveau, d'etablir un parallele avec les commentaires contemporains concernant les salaires de footballeurs ou de conducteurs de Formule 1. La comparaison est encore plus flagrante lorsque l'on sait que auriges pouvaient faire l'objet d'un vedettariat incroyable par la diffusion de leur image sur tout une gamme de supports (intailles, medaillons, lampes, verres, mosaiques, ceramiques, inscriptions)... Neron leur aurait interdit de circuler dans le centre de Rome pour eviter les emeutes (Thuillier 1996: 130). Ce succes ne cachait pas, toutefois, leur origine souvent servile, meme s'ils gagnaient parfois leur liberte.

L'athletisme

Courses, lancers de javelot, lancers de disques, sauts etaient pratiques dans l'empire romain, mais etaient moins populaires que dans le monde grec. En revanche les Romains affectionnaient la boxe. Contrairement a aujourd'hui la discipline, tout comme la lutte, etait consideree comme une epreuve d'athletisme. Ce qui n'est finalement pas surprenant considerant l'origine du mot athlete, du grec athlon << combat >>. L'athlete est a la base celui qui s'entraine aux exercices militaires. La boxe, ou pugilat, est, apres la course de char, le << sport >> le plus populaire a Rome, comme c'etait deja le cas en Etrurie, ce qui ne semble pas avoir ete le cas en Grece (Decker & Thuillier 2004: 234). De la plebe a Auguste, on se passionne pour ces combats. Il est d'ailleurs interessant de constater que ces deux disciplines, equestre et pugilistique, etaient reunies sous le patronage des Dioscures, protecteurs de Rome. Dans la mythologie, Castor, mortel, est le meilleur dompteur de chevaux, tandis que son frere, Pollux, immortel, est invincible au pugilat (Homere, Iliade, III, 237 ; Odyssee, XI, 300).

Si les boxeurs s'entrainaient dans le gymnase pour les Grecs, c'est dans la palestre des thermes, que les athletes romains s'exercaient. On distinguait les pugilistes reguliers des catervarii, qui combattaient en equipe. Les combats opposant un boxeur noir (africain) a un boxeur blanc etaient particulierement prises du public, notamment par Caligula (Suetone, Auguste, 45,5 ; Caligula, XVIII, 1). Chez les Etrusques, le combat etait accompagne d'un flutiste (tibicen), charge de rythmer les assauts des deux adversaires et, au besoin, de reveiller leur ardeur au combat. On assistait aussi a des combats de boxe choregraphies alliant la danse au combat, et qui ne sont pas sans rappeler la pratique de la capoeira. La tombe de Cardarelli dans la necropole de Monterozzi illustre un certain nombre de regles encore en usage chez les Romains (Fig. 2).

Les coups de ne sont portes qu'au visage, ce qui induit une posture particuliere qu'explique Philostrate, auteur du IIIe s. ap. J.-C. : << le ventre qui avance n'est pas inutile pour le pugilat car il preserve la figure de l'athlete des coups que l'adversaire peut lui appliquer >> (Sur la gymnastique, XXXIV). Les corps a corps etaient interdits. (Daremberg & Saglio 1877: s. v. pugilatus). Logiquement, la garde etait haute. La main avancee devait etre ouverte pour bloquer et devier les coups. Comme en boxe actuelle, cette main servait aussi a l'attaque, un coup rapide et bien place a la pointe du menton entrainant un K-O (Fallu et al. 1976: 110). L'autre bras se tenait en retrait, replie a hauteur des yeux, pret a assener un coup puissant : direct, crochet, uppercut et eventuellement feintes ... Les jambes sont ecartees, pour un meilleur appui. A l'avant la jambe est flechie pour assurer le ressort et le mouvement du corps. A l'arriere la jambe est raidie, mais est prete a accompagner un mouvement vers l'avant pour lui donner plus de puissance. Les representations etrusques montrent des combats poings nus mais les Romains utilisaient des gants. Si les gants d'aujourd'hui ont pour but de proteger les combattants grace a des rembourrages, il en etait autrement a l'epoque romaine. Leur vocation etait au contraire destructrice. Aux origines, en Grece, on utilisait des gants << doux >> (himantes meilichai) faits de simples lanieres de cuir de boeuf destinees a proteger les articulations de la main et du poignet (Decker & Thuillier 2004: 236). Au IIIe s. av. J.-C., on passait a des gants consideres comme << durs >> (himantes oxeis), comprenant un veritable anneau de cuir, assez epais, entourant la main (Fig. 3). Le poing, plus lourd, et la surface, plus rigide, rendent les coups beaucoup plus violents, voire meurtrier : un certain Damoxenos a ainsi tue son adversaire en un seul coup (Pausan., VIII, 40, 3). Neanmoins donner volontairement la mort etait interdit dans les regles. Au debut de l'Empire, les Romains utiliserent des cestes (caestus), qui comprennent des parties metalliques encore plus terribles. Avec de tels instruments, le combat pouvait evidemment etre tres rapide, mais pouvait aussi s'eterniser, en cas d'observations et d'attentes prolongees. Dans ce cas, chacun des pugilistes devait s'exposer tour a tour aux coups sans les rendre et en les parant simplement avec ses bras etendus (Daremberg & Saglio 1877: s. v. pugilatus). Frapper un adversaire au sol etait autorise. Le nez casse, les oreilles usees et les coupures du visage de la statue du pugiliste des thermes de Constantin temoigne des meurtrissures infligees au combattant. Le combat se terminait par K-O ou abandon : le vaincu levait l'index pour faire signe au juge, ou deux doigts en direction de son opposant. Le summum du raffinement etait de vaincre sans recevoir un seul coup (Fallu et al. 1976: 110-111).

La boxe, ou pugilat, n'est pas a confondre avec le pancrace, que l'on pourrait rapprocher aux combats d'UFC. Cette discipline est composee de lutte et de boxe, mais les poings sont denudes, comme cela est represente sur la fresque des latrines des thermes << des lutteurs >> de Saint-Romain-en-Gal (Leblanc 1995: 245). Les pancratiastes pratiquaient le combat au sol. Tous les coups etaient permis : coups de poings, de pieds, etranglement, cles... Seules exceptions : crever les yeux, mordre, et griffer. Il n'y avait pas de categorie de poids ni de limitation dans le temps. Le combat se poursuivait jusqu'a l'abandon ou le k-o (Decker & Thuillier 2004: 99).

La lutte, quant-a-elle, est implantee des l'epoque etrusque dans la region de Rome, comme le montrent les fresques de Tarquinia de la Tombe des Augures. A Rome, la lutte n'a pas eu le meme prestige qu'en Grece, oU on lui preferait les combats de boxe. Neron, amoureux de la culture grecque, avait cependant une veritable passion pour ce sport : en plus d'entretenir une troupe de lutteurs, il faisait venir le sable le plus fin d'Egypte pour l'organisation de combats (Suetone, Neron, XLV, 1). Les regles romaines different significativement des regles grecques. Globalement, l'objectif est de projeter trois fois l'adversaire, de telle sorte que les epaules ou le bassin touchent le sol sans limitation de poids ni de temps (Seneque, Des Bienfaits, V, 3). La principale difference tient au fait qu'en lutte grecque le combat au sol est interdit, d'oU l'appellation d'orthepale, du grec orthos (droit, debout), et de pale (lutte). A Rome le combat se poursuit au sol oU l'on peut bloquer l'adversaire et le forcer a l'abandon. Ainsi, la Thebaide de Stace, epopee du Ier siecle, au chant VI, oppose deux personnages, Tydee et Agyllee : << Alors Tydee [qui a reussi une prise de hanche] le tient en equilibre au-dessus de lui puis soudain, il s'avise de le jeter a terre, sur le cote ; il le suit dans sa chute, lui serre le cou de sa main pendant que ses pieds maintiennent le milieu du corps. L'autre, maitrise, perd courage et ne resiste plus que pour l'honneur. Enfin, il git de tout son long, ventre et poitrine contre terre, et ne se redresse, rempli d'amertume, qu'apres un long moment, laissant marquees sur le sol les traces de sa honteuse defaite >> (Stace, Thebaide, VI, vers 898-904). A noter qu'aujourd'hui, la lutte dite << libre >> (autorisant les jambes) est paradoxalement plus proche de la pratique antique que la lutte dite << greco-romaine >> oU seuls les bras peuvent etre utilises.

A la difference des Grecs, les athletes romains portent un pagne, des l'epoque etrusque, appele perizoma, subilgaculum, campestre ou cinctus. (Thuillier 1996: 140). Il descend a mi-cuisse. C'est ce que montre l'iconographie, au moins jusqu'au debut de l'Empire. A titre d'exemple, on a decouvert a Lyon dans un atelier de potier sur les rives de Saone une lampe a huile sur laquelle figure un pugiliste dont le pagne, retenu par une large ceinture, descend jusqu'au-dessus du genou (Fig. 5). Par la suite, la nudite integrale grecque semble progressivement s'imposer a Rome, surtout a partir du IIe siecle. Les femmes quant a elles peuvent utiliser un bikini, comme le montre une mosaique sicilienne datant du IVe siecle (Fig. 6).

Le << sport-loisir >>

Courses de char, boxe, pancrace, lutte, ces disciplines sportives etaient generalement pratiquees par des personnes esclaves ou proche de l'esclavage, se produisant pour de l'argent. Le citoyen romain, soucieux de maintenir un niveau de dignite, ne pouvait pas << se donner en spectacle >> pour des competitions officielles. Sa pratique sportive relevait donc de disciplines davantage privees. L'athlete romain, socialement meprise, se distingue ainsi de << l'amateur grec, bel aristocrate >> (Decker & Thuillier 2004: 228-229).

Parmi ses loisirs, le Romain pouvait pratiquer la natation. La majorite des baigneurs nageaient nus (Juvenal, Satires, XI, 156-158). On nageait dans les piscines (notamment aux thermes) ou dans les cours d'eau qui l'autorisaient. Il est possible d'identifier chez certains auteurs, notamment Manilius (Astronomica, 5, 422), les principaux styles actuels : brasse, crawl, planche, nage sous l'eau. Plusieurs romains celebres ont montre leur qualite de nageur, a l'exemple de Cesar lors du siege d'Alexandrie qui, encercle par des bateaux egyptiens, plongea dans la mer, essayant de maintenir d'importants papiers hors de l'eau (Plutarque, Vie de Cesar, 49, 7-8). La natation etait aussi pratique par les Romaines (Plutarque, Publicola, 19, 1-2 ; Suetone, Neron, 34, 5).

Enfin, nous terminerons notre tour d'horizon des pratiques sportives romaines par l'evocation des jeux de balles et ballons. Si les sports collectifs tels que le football ou le basketball passionnent aujourd'hui un tres grand nombre, les sports d'equipe avec ballons ne constituaient pas un grand spectacle mais etait reserves a une pratique privee, notamment sur le Champs de Mars pour les personnes residant a Rome.

D'apres Herodote le jeu de balle aurait ete invente par les Etrusques (1, 94). Balles et ballons etaient non seulement utilises par les enfants, mais aussi par les adultes, hommes mais aussi femmes, comme le montre un detail de la mosaique de la Piazza Armerina (Fig. 6) Ces jeux etaient egalement pratiques par les elites romaines. Il existait plusieurs sortes de ballons, de tailles et de contenus differents : la follis, remplie d'air, la paganica, remplie de plume, ou la pila, bourree de crins. Plusieurs jeux sont cites par la litterature mais leurs regles restent obscures. Vepiskuros semble pouvoir etre rapproche au rugby, alors que le trigon, consiste a tromper l'adversaire en lui envoyant la balle par surprise. L'harpastum, enfin, presente de nombreuses similitudes avec le ballon-prisonnier (Thuillier 1996: 91).

Le sport-loisir peut egalement s'inscrire dans le cadre d'une hygiene de vie. Ainsi, parmi les ecoles medicales qui fleurirent a Rome, la plus celebre est l'ecole methodique fondee par Asclepiade de Bithynie (Ier siecle av. J.-C.), qui pronait notamment les bienfaits d'une gymnastique douce (Dasen 2012: 13).

Si cette synthese des pratiques sportives romaines ne se veut pas exhaustive, certains elements peuvent toutefois etre soulignes. Tout d'abord, on constate que l'a priori consistant a penser que le << sport >> romain derive du monde grec est a remettre en cause. L'etude des sources a revele qu'il decoule davantage des pratiques etrusques, plusieurs fois dans le cadre de jeux funebres ou votifs. L'apport grec, cependant, n'est pas non plus a negliger, notamment dans le domaine de l'athletisme.

Si les sources presentent surtout les Romains comme des spectateurs, ils pouvaient aussi exercer des activites physiques a titre de loisir ou pour entretenir leur forme.

Le << sport >> favori des Etrusques, la boxe, restait tres populaire chez les Romains. Sa pratique est a bien distinguer des autres arts martiaux tels que la lutte et le pancrace.

Enfin et surtout, la discipline reine etait la course de char. Son organisation et son impact presentent une grande modernite par bien des aspects : des milliers de spectateurs, son organisation financiere et administrative complexe, ses clubs, ses groupes de supporters, les paris sportifs, ou encore les salaires << scandaleux >> des sportifs-stars. Pour ces raisons, on pourrait donc conclure que c'est a Rome qu'est ne le sport moderne et non pas dans le sanctuaire d'Olympie.

References Bibliographiques

Daremberg, C.V.; Saglio, E. 1877. Dictionnaire des antiquites grecques et romaines. Hachette, Paris.

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Decker, W; Thuillier, J.-P. 2004. Le sport dans l'Antiquite, Egypte, Grece, Rome. Picard, Paris.

Durand, M. 1999. La competition en Grece antique: agon, genealogie, evolution, interpretation. L'Harmattan, Paris.

Fallu, E. et al. 1976. Les jeux olympiques dans l'Antiquite. Editions Paulines, Paris.

Leblanc, O. 1995. Le decor des latrines des "Thermes des lutteurs" a Saint-Romain-en-Gal. Revue archeologique de Picardie, Numero Special 10: 239-263.

Moretti, A.M. 2003. Lo sport nell'Italia antica. Museo Nazionale Etrusco di Villa Giulia, Roma.

Thuillier, J.-P. 1996. Le sport dans la Rome antique. Edicones Errance, Paris.

Thuillier, J.-P. 2005. Sport. Historia thematique, no. 97: l'antiquite de A a Z. Mesopotamie, Egypte, Grece, Rome 97: 77.

Thuillier, J.-P. 2008. Une journee particuliere dans la Rome antique. Pour une topographie sportive de l'Urbs. In: Fleury, P.; Desbordes, O. (Dir.). Roma illustrata. Presees Universitaires de Caen, Caen, 409-420.

(1) Photographie disponible sur : <https://goo.gl/rCiwgK>. Acces sur : 07/02/2018.

Yves Rolland *

* Laboratoire ArAr, UMR 5138, CNRS--Universite Lumiere Lyon 2

Caption: Fig. 1. Mosaique de la course de char (photographies de Christian Thioc, Musee gallo-romain de Lyon-Fourviere)

Caption: Fig. 2. Les pugilistes de la tombe de Cardarelli, Tarquinia (Moretti 2003: 9).

Caption: Fig. 3. Gants de type himantes oxeis (Daremberg & Saglio 1877: Fig. 5856).

Caption: Fig. 4. Fresque des lutteurs, latrines de Saint-Romain-en-Gal (photographie de de l'auteur).

Caption: Fig. 5. Boxeur au pagne sur une lampe a huile, Lyon (Thuillier 1996: 140).

Caption: Fig. 6. Pentathloniennes de la mosaique de Piazza Armerina, Sicile (1)
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Title Annotation:texto en frances
Author:Rolland, Yves
Publication:Revista do Museu de Arqueologia e Etnologia
Date:Jan 1, 2018
Words:3498
Previous Article:Games, spetacles and competitions in Roman Palestine/Jogos, espetaculos e competicoes na Palestina romana.
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