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Spatial dynamics of local labour markets in the Quebec City Metropolitan Field, 1981-2001/La dynamique spatiale des marches locaux de l'emploi au sein du champ metropolitain de Quebec, 1981-2001.

Introduction

Au Canada, nombreuses sont les etudes portant sur les deplacements residence-travail en milieu metropolitain (Thomas 1995; Lemelin et Gatignol 1999; Thomas et Villeneuve 1998; Vandersmissen, Villeneuve et Theriault 2001a, 2001b, 2003), mais plus rares sont celles qui etendent leur champ d'analyse au-dela des frontieres des regions metropolitaines de recensement (RMR) et qui s'interessent par la meme aux interactions entre les milieux metropolitains et leur arrierepays (hinterland). Le dynamisme des milieux nonmetropolitains situes a proximite des regions metropolitaines, ainsi que la restructuration sectorielle et spatiale de l'emploi qui l'accompagne, justifient pourtant de s'interesser a la question des migrations pendulaires a une echelle plus vaste, celle du <<champ metropolitain>> (Villeneuve, Lee-Gosselin et Barbonne 2006). Differents processus se conjuguent ainsi pour donner lieu a la constitution de vastes ensembles regionaux polynucleaires (Scott 2001). Toutefois, cette nouvelle forme d'organisation spatiale merite d'etre mieux documentee, notamment sous l'angle des deplacements residence-travail et de l'articulation entre les differents bassins de main-d'oeuvre qui structurent leur territoire, et cela particulierement dans le cas de plus petits ensembles metropolitains. S'inscrivant dans cette perspective de recherche, cette etude vise a analyser la dynamique spatiale des differents bassins de main-d'oeuvre situes au sein du champ metropolitain de Quebec et a mieux documenter ainsi les echanges entre le coeur metropolitain et les bassins de main-d'oeuvre non-metropolitains situes dans son arriere-pays.

Pourquoi S'interesser Aux Migrations Pendulaires a l'echelle Infra-Regionale?

La restructuration des milieux non-metropolitains <<centraux>>

Le dynamisme economique des milieux nonmetropolitains situes a proximite des centres metropolitains implique de s'interesser a la problematique des deplacements residencetravail a une echelle plus vaste que celle des regions metropolitaines de recensement (RMR). A l'echelle du Quebec par exemple, Polese et Shearmur (2002) ont montre que les regions nonmetropolitaines dites <<centrales>>, c'est-a-dire celles situees sur la Rive-Sud du Saint-Laurent et dans un rayon d'approximativement 150km des regions metropolitaines, connaissaient un developpement economique notable, contrairement aux regions plus peripheriques (Gaspesie, Cote-Nord, Saguenay-Lac-St-Jean, Abitibi-Temiscamingue). Plusieurs etudes ont montre en effet que les processus de desserrement de l'emploi, observes a l'echelle metropolitaine, et donnant lieu a un phenomene de suburbanisation de l'emploi, se prolongeaient parfois jusque dans les milieux non-metropolitains avoisinants (Nelson 1990; Gordon et al. 1998; Steinacker 1998). Si certaines activites continuent de se concentrer plus fortement dans les centres metropolitains, particulierement les activites du tertiaire superieur, certaines autres, comme les activites manufacturieres peuvent se deconcentrer plus largement sur le territoire, a un tel point que l'on peut parler d'un veritable phenomene d'industrialisation des campagnes (Villeneuve 1996). Parallelement, on observe un declin des activites du secteur primaire dans les milieux non-metropolitains. L'agriculture ou encore l'exploitation des ressources naturelles ne constituent plus l'epine dorsale de l'economie des regions peripheriques, encore moins des milieux non-metropolitains plus centraux. L'emploi des milieux non-metropolitains se caracterise desormais de plus en plus par l'emploi non-agricole, dans les secteurs manufacturier, du tourisme, du commerce ou des services a la population.

Par ailleurs, cette restructuration sectorielle de l'emploi des milieux non-metropolitains se double d'une restructuration spatiale. L'emploi se concentre de plus en plus massivement dans les poles d'emploi et centres urbains (Barbonne 2003), de telle sorte que la population active des milieux ruraux se trouve de plus en plus contrainte a effectuer des migrations pendulaires. On peut penser par ailleurs que les ruraux, tres attaches a leur milieu de vie et plus souvent proprietaires de leur maison, auraient une tendance plus forte encore que les urbains a effectuer des navettes plutot qu'a se relocaliser plus proche de leur lieu d'emploi. Reaction a la concentration spatiale des emplois, dans des poles parfois tres dynamiques, les migrations pendulaires seraient ainsi devenues un element d'analyse incontournable pour comprendre la restructuration actuelle des milieux nonmetropolitains. Une analyse relativement recente (Schindegger et Krajasits 1997) nous apprend que le Canada fait partie des pays connaissant la plus forte augmentation des migrations pendulaires en milieu non-metropolitain. Plusieurs etudes soulignent egalement l'extension de l'aire de recrutement des poles d'emploi non-metropolitains, tandis que les poles metropolitains connaitraient plutot un renforcement des interactions au sein de leur bassin de main d'oeuvre initial (Mitchelson et Fisher 1987a, 1987b; Stabler, Olfert et Greuel 1996). Mais au sein meme du Canada, Green et Meyer (1997) ont constate d'importantes differences dans les navettes selon le type, l'industrie et la region. Les auteurs preconisent ainsi d'analyser les navettes a une echelle spatiale plus fine. Les resultats peu concluants resultant de l'utilisation d'un modele gravitaire invitent egalement, ainsi que le suggerent les auteurs, a developper de nouveaux predicteurs de la dynamique des migrations pendulaires.

Dans cette perspective, cette recherche s'attarde sur les regions de Quebec et Chaudiere-Appalaches (Figure 1), dont le territoire s'apparente d'assez pres a la notion de <<champ urbain>> proposee par Friedman et Miller (1965), soit le territoire (region nodale) des mouvements pendulaires quotidiens, mais aussi hebdomadaires (120-150km), autour du noyau urbain central, la RMR de Quebec. Une analyse de partition multifactorielle de la croissance de l'emploi des poles metropolitains et non-metropolitains de cette region (Barbonne 2003), derivee de l'analyse shift-share, avait deja permis de souligner que ce sont principalement les poles de banlieue (Charlesbourg, Beauport, Saint-Augustin, Saint-Nicolas, Saint-Romuald ...) de la region metropolitaine de Quebec ainsi que les petites villes-satellites (Donaconna, Deschambault, Sainte-Croix, Sainte-Marie, Saint-Anselme ...) situees dans un rayon d'approximativement 50km autour du centreville de Quebec qui presentent le plus fort dynamisme, une fois tenu compte des effets structurels (sectoriels et de sexe) inherents a la composition de leur emploi. Au-dela de cette couronne de 50km, la performance des poles d'emploi est beaucoup plus differenciee, puisque seuls quelques poches (autour de Saint-Georges de Beauce) et ilots (L'Islet-Saint-Jean-Port-Joli) de developpement presentent des indices de performance standardises positifs, notamment sous l'influence du dynamisme des activites manufacturieres. Les facteurs explicatifs potentiels du dynamisme de ces poles d'emploi perimetropolitains sont largement discutes dans l'article evoque precedemment (Barbonne 2003)--notamment ce qui les differencie des poles situes dans des regions plus peripheriques--mais il convient de souligner a nouveau la specificite de la region metropolitaine de Quebec qui, du fait de sa forte specialisation dans le secteur des services et de l'administration publique offrant generalement de hauts niveaux de salaires, n'a jamais ete percue comme un lieu d'investissement favorable pour les industries manufacturieres, particulierement pour les PME. Des lors, il est nettement plus probable que l'on assiste a une croissance <<autonome>>, a un developpement de type endogene des poles perimetropolitains plutot qu'a un veritable phenomene de debordement de l'emploi au dela du perimetre metropolitain. Neanmoins, la question se pose de savoir dans quelle mesure ces petits poles perimetropolitains particulierement dynamiques s'appuient sur les ressources offertes par la region metropolitaine de Quebec, notamment en puisant dans son bassin de main d'oeuvre relativement important et diversifie. Plus generalement, La question se posait a la suite de cette etude de savoir quelle pouvait etre la dynamique spatiale des flux de main-d'oeuvre associee a cette performance de la plupart des poles non-metropolitains? Comment s'articulent les differents marches locaux de l'emploi au sein du champ metropolitain de Quebec? Quelles sont les interactions entre le centre metropolitain et les bassins de main-d'oeuvre non-metropolitains, particulierement ceux de la premiere couronne peri-metropolitaine? Mais avant de tenter de repondre a ces questions, voyons ce que nous apprend la litterature sur cette question specifique des migrations pendulaires au sein des champs metropolitains.

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Dynamiques Spatiales des Migrations Pendulaires a L'echelle des Champs Metropolitains

De nombreuses etudes ont porte sur les migrations pendulaires au sein de vastes ensembles metropolitains, mais plus rares sont celles qui se sont interessees au champ d'influence des plus petites metropoles. De nombreux auteurs, aux Etats-Unis (Fuji et Hartshorn 1995; Cervero 1996; Cervero et Wu 1997) comme en France (Baccaini 1997; Margail 1999; Zaninetti 1999) se sont attaches a analyser les nouvelles dynamiques des migrations pendulaires associees au mouvement de polynuclearisation ou de <<scatteration>> de l'emploi au sein de vastes ensembles metropolitains. Globalement, toutes ces analyses decrivent la meme realite: une complexification croissante de l'organisation spatiale des bassins de main-d'oeuvre en leur sein. On assiste ainsi au developpement de navettes multidirectionnelles a l'interieur du champ metropolitain, accompagnant la decentralisation des activites et la reduction de la part relative des centres metropolitains, de telle sorte que l'on analyse avec de plus en plus d'interet les processus de reverse-commuting qui leur sont associes. Ce dynamisme accru des navettes inversees s'observe parfois meme au profit des milieux non-metropolitains avoisinants (Cervera et Hartgen 2003). Mais la question se pose de savoir si ces memes tendances se developpent egalement dans l'aire d'influence de plus petits ensembles metropolitains, comme par exemple au sein du champ metropolitain de Quebec?

Au Canada, seules quelques etudes datant du debut des annees 80 se sont attachees a mieux definir la dynamique des marches locaux de l'emploi a l'interieur des champs metropolitains de Toronto et London (Dahms 1980; Troughton 1981). Dans une etude portant sur les migrations pendulaires au sein du comte de Wellington, lequel se situe a mi-chemin entre les centres metropolitains de Toronto et London, Dahms souligne toute la complexite de l'organisation spatiale des marches locaux de l'emploi a l'intersection de champs metropolitains, en remarquant que les dynamiques locales etaient en definitive plus importantes que l'influence metropolitaine. Dans la meme lignee, Troughton, analysant le cas de London, souligne une tendance au declin de l'influence metropolitaine, couple a un developpement des dynamiques locales de l'emploi au sein du champ metropolitain de cette ville. Si London demeure la principale destination de travail en valeurs absolues pour de nombreux travailleurs non-metropolitains, l'etude souligne, qu'en termes relatifs, plus de mouvements emergent de petits centres urbains situes dans son champ metropolitain. Tout laisse donc supposer que, compte tenu du fort dynamisme des poles d'emploi qui le composent, on assiste egalement a une complexification croissante de l'organisation spatiale des marches locaux de l'emploi au sein du champ metropolitain de Quebec.

Plus recemment, la question des migrations pendulaires au sein des champs metropolitains canadiens semble avoir connu un regain d'interet. Par exemple, Statistique Canada a introduit au recensement de 2001 la notion de zone d'influence metropolitaine (ZIM) dans ses decoupages. Cette nouvelle classification vise a mieux differencier geographiquement les subdivisions de recensement (municipalites essentiellement rurales) situees en dehors des regions metropolitaines de recensement et des agglomerations de recensement. Ces localites sont ensuite classifiees selon le degre d'influence qu'exercent sur elles les RMR et les agglomerations de recensement (AR). Les ZIM offrent ainsi la possibilite de devoiler toute la diversite des regions nonmetropolitaines canadiennes (McNiven, Puderer et Janes 2000). Le ministere des affaires municipales du Quebec (Guimont, Soucy et Frenette 2000) s'interesse egalement de pres a la dynamique des migrations pendulaires autour des regions metropolitaines de recensement, mais egalement autour des agglomerations de recensement. Ces analyses permettent ainsi de mieux decrire l'interdependance existant entre les differentes localites situees dans la zone d'influence urbaine des villes-centre et de mieux connaitre la geographie des marches locaux de l'emploi au Quebec. Toutefois, ces etudes se limitent le plus souvent a une description statistique des flux entre les centres urbains et leur arriere-pays, sans proceder a une reelle analyse spatiale de la dynamique et de la forme des bassins de main-d'oeuvre.

Il est en effet pertinent de s'interesser plus precisement a la configuration spatiale des bassins de main d'oeuvre situes dans l'aire d'influence des centres urbains. Troufleau (1994), dans une etude de cas portant sur les bassins d'emploi et de main-d'oeuvre d'Epernon et Maintenon, situes tous deux dans l'aire d'influence de la region parisienne, montre comment des flux centripetes locaux sont compliques par des flux centrifuges regionaux. Ainsi, la dimension de ces bassins reste tributaire des distances reelles mais aussi de l'intensite des attractions tantot locales, tantot peripheriques. Leur forme, quant a elle, dependrait davantage des densites de peuplement ou d'activites, de leur structure (age, qualification), mais aussi de l'organisation des reseaux de transport. Par ailleurs, la formalisation des interactions entre poles d'emploi et foyers de main-d'oeuvre, au moyen du modele gravitaire, montre toutefois que la contrainte de distance intervient differemment. Elle est non seulement fonction de l'importance du pole attractif mais aussi du sens des migrations. Surtout, la faiblesse du rayon d'action des petits poles d'emploi relativise le pouvoir dissuasif de la distance, les gradients d'attraction pouvant rester relativement progressifs jusqu'aux confins du bassin de main-d'oeuvre. Tout laisse donc supposer que les aires d'influence des poles non-metropolitains situes a l'interieur du champ metropolitain presentent des caracteristiques particulieres qu'il convient de mieux documenter, notamment au moyen des systemes d'information geographique (SIG) et des outils d'analyse spatiale, comme nous proposons de le faire ici avec l'analyse centrographique.

Tenant compte des differents elements evoques precedemment, l'objectif de cette etude est donc, dans un premier temps, d'analyser la dynamique spatiale des marches locaux de l'emploi au sein du champ metropolitain de Quebec au cours des deux dernieres decennies (1981-2001) et dans un second temps, de mieux comprendre les determinants de cette evolution. Nous posions en effet comme hypotheses que: (1) les bassins de main-d'oeuvre non-metropolitains connaissent une forte extension entre 1981 et 2001, particulierement ceux de la premiere couronne peri-metropolitaine, donnant lieu ainsi a (2) un enchevetrement accru des marches locaux de l'emploi autour de la region metropolitaine de Quebec; mais egalement que (3) une fois tenu compte des effets de la distance, mais aussi des effets de taille, d'autres facteurs comme le dynamisme des poles et leur specialisation sectorielle, contribuent a expliquer cette nouvelle dynamique spatiale des marches locaux de l'emploi a l'interieur du champ metropolitain de Quebec.

Donnees et Methodologie

Cette recherche utilise les donnees d'emploi, compilees au lieu de travail de la population active occupee, issues des recensements de Statistique Canada pour 1981 et 2001 ainsi que les matrices de flux residence-travail (migrations pendulaires) qui leur sont associees, et cela, a l'echelle des 225 subdivisions de recensement (municipalites) composant le champ metropolitain de Quebec. Trop rarement utilisees depuis leur introduction au recensement de 1971 (Ricour-Singh 1979; Dahms 1980; Troughton 1981), ces donnees semblent avoir connu un regain d'interet au cours des dernieres annees (Stabler, Olfert et Greuel 1996; Green et Meyer 1997). Ce sont en effet les seules donnees de migrations pendulaires couvrant l'ensemble du territoire canadien et permettant ainsi une analyse de l'organisation spatiale des marches locaux de l'emploi au sein des champs metropolitains. Neanmoins, le maintien d'un niveau satisfaisant de desagregation spatiale rend difficile la decomposition des matrices de flux residence-travail entre localites selon les caracteristiques des navetteurs (age, sexe, profession). Consequemment, afin de mieux documenter les navettes entre la region metropolitaine et les milieux non-metropolitains avoisinants, nous avons eu recours egalement, comme source complementaire d'information, aux donnees de la derniere enquete Origine-Destination pour 2001 du reseau de transport en commun de Quebec (i.e., RTC). Ces donnees furent ensuite integrees a l'interieur d'un systeme d'information geographique afin de permettre une approche spatialisee de l'analyse des marches locaux de l'emploi a l'interieur du champ metropolitain de Quebec.

Pour ce faire, nous avons eu recours principalement a l'analyse centrographique (Kellerman 1980). Cette technique, relativement peu utilisee dans le domaine des etudes urbaines et regionales (Jones 1980; Thomas 1995; Theriault et al. 2000) regroupe un ensemble d'indices qui decrivent: la tendance centrale (centre de gravite), la dispersion (distance radiale moyenne et distance-type) et la forme (ellipses de dispersion, oblongitude) de distributions spatialisees. Appliquee a la dynamique des marches locaux de l'emploi du champ metropolitain de Quebec, l'analyse centrographique nous a permis ainside (1) mesurer le degre de dispersion spatiale de la main-d'oeuvre employee dans les 29 poles d'emploi, a travers la variation de la distance radiale moyenne et de la distance-type associees a leur aire d'influence, et cela en complement de la simple distance euclidienne moyenne des navettes, (2) mesurer le deplacement des aires de recrutement de ces poles d'emploi, a travers la variation spatiale de leur centre de gravite et (3) mesurer l'evolution de l'orientation et de la forme de ces aires de recrutement, a travers l'observation des ellipses de dispersion de la main-d'oeuvre, de leur axe de repartition preferentielle et de leur degre d'etirement (oblongitude). Les indices centrographiques ont ete calcules au moyen du module Mapstats (Theriault, 1994) fonctionnant sous MapInfo. Precisons egalement que, pour plus de fiabilite dans les analyses, nous avons considere seulement les flux de 20 personnes et plus entre municipalites. Les centroides de chacune de ces municipalites ont egalement ete relocalises pour correspondre a la realite d'occupation du territoire (Oekoumene). Globalement, l'analyse centrographique nous a ainsi permis de mieux saisir la dynamique spatiale des aires d'influence des 29 poles d'emploi composant le champ metropolitain de Quebec entre 1981 et 2001.

Analyse Centrographique de la Dynamique Spatiale des Bassins de Main-d'oeuvre du Champ Metropolitain de Quebec

Analyse globale des resultats

La cartes des ellipses de dispersion associees a l'aire de recrutement des poles d'emploi pour 1981 et 2001 (Figure 2) souligne d'emblee comment les principaux axes de communication structurent l'organisation spatiale des marches locaux de l'emploi au sein du champ metropolitain de Quebec. Comme l'atteste l'orientation des ellipses de dispersion, ces derniers s'organisent et se deplacent le plus souvent le long de ces axes de communication, particulierement dans la region de la Beauce autour de l'axe de l'autoroute 73. Le Tableau 1 presente la variation entre 1981 et 2001 de la distance euclidienne moyenne des navettes effectuees par les travailleurs employes dans chacun des poles d'emploi ainsi que les principaux indices resultant de l'analyse centrographique, a savoir la distance radiale moyenne et la distance-type associees a l'aire de recrutement de chacun de ces poles d'emploi. Il convient de preciser ici que, contrairement a la distance euclidienne moyenne calculee par rapport au pole d'emploi lui-meme, la distance radiale moyenne ainsi que la distance-type sont toutes deux calculees par rapport au centre de gravite de l'aire de recrutement de ce pole, de telle sorte que leur mesure est sensible a son deplacement eventuel entre les deux dates. D'autre part, la distance-type se differencie de la distance radiale moyenne par le fait que son calcul est plus sensible aux valeurs extremes, donnant ainsi une influence plus grande aux navettes les plus longues. Ces trois differents indices sont donc complementaires. Leur evolution entre 1981 et 2001 temoigne d'une augmentation quasi-generalisee, mais differenciee selon la distance au centre metropolitain, de l'aire de recrutement des poles d'emploi du champ metropolitain de Quebec. Quasiment tous les poles d'emploi de la region Quebec Chaudiere-Appalaches (QCA) connaissent une augmentation, souvent meme substantielle, des indices de dispersion associes a leur bassin de main-d'oeuvre. Ces poles recrutent ainsi une proportion de plus en plus importante de leur main-d'oeuvre dans d'autres localites, situees parfois beaucoup plus loin sur le territoire, et etendent ainsi leur aire d'influence, ce qui rend par ailleurs d'autant plus complexe l'organisation spatiale des bassins de main-d'oeuvre et accro't leur degre d'enchevetrement. On constate toutefois des differences notables selon la localisation des poles par rapport au centre metropolitain. Ce sont en effet les poles situes dans un rayon de 50km autour de Quebec (premiere couronne perimetropolitaine) qui connaissent les plus fortes augmentations de leurs indices de dispersion. Par exemple, leur distance radiale moyenne de recrutement double entre 1981 et 2001, passant de 5 a 9,9km, tandis que les poles metropolitains (+17,5%) et les poles nonmetropolitains plus eloignes (+15,2%) connaissent globalement de plus faibles augmentations.

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Il est egalement interessant de souligner que, parmi les trois indices de dispersion calcules, c'est la distance radiale moyenne de recrutement qui connait les plus fortes augmentations ce qui temoigne ainsi du fait que, meme si dans l'ensemble les aires de recrutement des poles d'emploi se sont fortement agrandies, c'est toujours dans des localites avoisinantes que les poles ont tendance a trouver l'essentiel de leur main-d'oeuvre. A l'inverse, des poles comme Saint-Gabriel, Laurier-Station ou encore Baie-Saint-Paul affichent une variation plus forte de leur distance-type que de leur distance radiale moyenne de recrutement, ce qui temoigne, compte tenu de la moins forte sensibilite de cette derniere aux valeurs extremes, du fait que ces poles ont eu tendance a employer de la main-d'oeuvre residant parfois fort loin sur le territoire.

Ces resultats traduisent finalement la meme realite que celle deja observee autour des metropoles americaines (Mitchelson et Fisher 1987a et 1987b) ou encore canadiennes (Stabler, Olfert et Greuel 1996), a savoir le dynamisme des marches locaux de l'emploi des poles nonmetropolitains situes a proximite des centres metropolitains. Mais l'interet de notre analyse, realisee a un plus fin niveau de desagregation spatiale, est de mettre en evidence le role de la distance au centre metropolitain dans ce processus. Car en effet, meme si l'on comprend aisement que les deplacements en milieu non-metropolitain s'effectuent beaucoup plus rapidement qu'en milieu metropolitain et donc que les travailleurs sont prets a consentir a des deplacements beaucoup plus longs, il n'en demeure pas moins que l'on constate une importante difference entre l'augmentation des distances moyennes de recrutement des poles perimetropolitains et celles des poles nonmetropolitains situes au-dela d'une distance approximative de 50km du centre metropolitain.

Specificite de la Dynamique spatiale des bassins de main-d'oeuvre peri-metropolitains

La Figure 3 permet d'analyser plus en detail la dynamique spatiale des aires de recrutement des poles situes dans une premiere couronne de 50km autour de Quebec. D'emblee, on peut remarquer comment ces aires de recrutement s'orientent et se reorganisent exclusivement autour du bassin de main-d'oeuvre de la region metropolitaine, le long des principaux axes routiers (autoroutes 20, 40 et 73). On observe entre 1981 et 2001 une importante migration de leur centre de gravite vers le bassin de main-d'oeuvre metropolitain, traduisant ainsi le fait que ces poles d'emploi peri-metropolitains recrutent une partie de plus en plus importante de leur main-d'oeuvre au sein de l'aire metropolitaine.

Comme l'indique le Tableau 2, la distance entre le centre de gravite des aires de recrutement de ces poles et le centre metropolitain se reduit substantiellement entre 1981 et 2001, accroissant d'autant leur degre de decentrement. Cette reorganisation spatiale des marches locaux de l'emploi des poles peri-metropolitains autour du bassin de main-d'oeuvre de la region metropolitaine de Quebec se revele egalement a travers l'orientation des ellipses et la progression quasi-generalisee de leur degre d'etirement (oblongitude) entre 1981 et 2001. Ainsi, la variation du decentrement des aires de recrutement des poles d'emploi et l'allongement des ellipses de dispersion de la main-d'oeuvre temoignent du plus fort degre d'enchevetrement et d'interaction entre les bassins de main d'oeuvre metropolitains et peri-metropolitains, processus qui s'organise principalement le long des principaux axes et corridors de developpement de la region.

En revanche, a une certaine distance du centre metropolitain (approximativement 50km autour du Centre-ville de Quebec), l'influence metropolitaine cesse de s'exercer. Les marches locaux de l'emploi s'organisent des lors de facon plus autonome. Toutefois, il est fort interessant de constater que la quasi-totalite des poles d'emploi situes autour de Saint-Georges de Beauce (Beauceville, Saint-Joseph, Saint-Ephrem et Saint-Victor, Saint-Gedeon) developpent leur aire de recrutement autour de ce pole regional, a l'instar de ce que l'on constate autour du centre metropolitain. Ainsi a approximativement 100km du centre metropolitain, se developpe un nouveau systeme de petits marches locaux de l'emploi, fortement imbriques les uns dans les autres et organises autour d'un pole central tres dynamique (Saint-Georges).

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Determinants de L'evolution de l'aire de Recrutement des Poles D'emploi du Champ Metropolitain de Quebec

Dans un second temps, nous avons tente de mieux comprendre les facteurs determinant cette nouvelle dynamique spatiale des marches locaux de l'emploi au sein du champ metropolitain de Quebec. Plus precisement, nous avons tente de mieux comprendre la variation de la distance euclidienne moyenne de recrutement de chacun des poles (Var_DistM_Recrutement), metropolitains et non-metropolitains, au moyen de l'analyse de regression multiple (Tableau 3). La distance euclidienne moyenne de recrutement a ete preferee a la distance radiale moyenne et a la distance-type car le calcul de celles-ci s'effectue a partir du centre de gravite de l'aire de recrutement et non a partir du pole lui-meme. Or, comme nous avons pu le constater precedemment, de nombreux poles d'emploi, particulierement ceux de la premiere couronne peri-metropolitaine, voient le centre de gravite de leur aire de recrutement se deplacer sensiblement entre 1981 et 2001.

Sur la base de recherches anterieures (Billette et Carrier 1993; Villeneuve 1996; Palard 1999; Barbonne 2003; Racine 2004), nous pensions en effet que, outre la distance au centre metropolitain (Distance_Metro), le degre et le type de specialisation industrielle des poles d'emploi, mesures ici par le quotient de localisation du secteur manufacturier (QL_Manufacturier) ou encore leur dynamisme, mesure par la croissance relative de l'emploi entre 1981 et 2001 (Croissance_Emploi), etaient susceptibles egalement de contribuer a l'explication de la dynamique spatiale de l'aire de recrutement des poles d'emploi. Par ailleurs, il convenait egalement de tenir compte d'un certain nombre de variables de controle comme la taille des poles d'emploi, mesuree par le logarithme du nombre total d'emploi (Emploi), le niveau de scolarisation, a travers le % d'universitaires (Tx_Universitaires) ainsi que la variation relative de la population active composant leur bassin de main-d'oeuvre (Var_PopActive_BMO) ou encore la variation du taux de participation des femmes a la main-d'oeuvre (Var_Activite_Femmes). Cependant, compte tenu du faible nombre d'observations (29 poles d'emploi), il etait difficile d'integrer un plus grand nombre de variables, le modele risquant des lors de devenir tres instable. Pour autant, plusieurs essais de modelisation ont egalement ete realise fin de tester l'influence eventuelle d'autres variables, comme par exemple le degre de specialisation relative des poles d'emploi dans des secteurs d'activites autres que manufacturier. Il convient de specifier egalement que, compte tenu de la nature non-lineaire de la relation entre la variation de la distance euclidienne moyenne de recrutement et la distance au centre metropolitain, nous avons choisi de developper un modele de forme polynomiale de deuxieme degre, en integrant non seulement la variable de distance au centre metropolitain (Distance_Metro), mais egalement le carre de cette variable (Distance_[Metro.sup.2]). Precisons enfin que ces variables ont egalement ete centrees afin d'eviter les eventuels problemes de multicolinearite (Jaccard, Turrisi et Wan, 1990, p. 31).

Parmi ces variables, qui par hypothese pourraient avoir une influence sur la variation de la distance euclidienne moyenne de recrutement des poles d'emploi entre 1981 et 2001, quatre semblent exercer une influence significative et une cinquieme merite d'etre mentionnee (Tableau 3). Le modele, qui rend compte de 76,4% de la variance de la variation de la distance moyenne de recrutement des poles, confirme tout d'abord le role preponderant de la distance au centre metropolitain, les deux variables de distance presentant les plus forts coefficients de regression standardises, respectivement de 0,994 et -1,390. Il est en effet interessant de remarquer que les deux variables de distance sont significatives dans le modele, meme si la seconde l'est nettement plus que la premiere, mais surtout que le sens de la relation avec la variable dependante change, temoignant ainsi de la nature non-lineaire de la variation de la distance-moyenne de oecrutement par rapport a la distance au centre metropolitain. Ainsi, dans un premier temps, l'augmentation de la distance au centre metropolitain favorise une augmentation de l'aire de recrutement des poles de la premiere couronne. Mais a une distance plus eloignee du centre, la relation devient negative et plus nettement significative, traduisant ainsi l'existence d'un effet de seuil.

Outre l'effet de la distance au centre metropolitain, le modele souligne egalement la forte influence du degre de specialisation manufacturiere des poles ([beta] = 0,435) et de leur dynamisme en terme de croissance de l'emploi entre 1981 et 2001 ([beta] = 0,385), ces deux variables exercant une influence positive, et largement significative au seuil de moins de 1% de chance de se tromper, sur l'evolution de la taille de leur aire de recrutement. Ainsi, toutes choses egaies par ailleurs, ce sont les poles d'emploi qui ont connu les plus fortes croissances d'emploi ainsi que ceux qui sont les plus specialises dans le secteur manufacturier qui ont tendance a presenter les plus fortes progressions de leur aire de recrutement. Enfin, parmi les autres variables de controle, seule la croissance de la population active au sein des bassins de main-d'oeuvre semble avoir exerce une legere influence, mais significative seulement au seuil de 12,3%, sur la variation de la taille de l'aire de recrutement des poles d'emploi. Le signe negatif du coefficient de regression standardise de cette variable ([beta] = -0,173) temoigne ainsi du fait que moins la croissance de la population active au sein des bassins de main-d'oeuvre a ete forte, plus les poles d'emploi ont des lors eu tendance a accro'tre en retour leur aire de recrutement. Ce resultat suggere un ajustement interessant au sein des marches locaux de l'emploi de la region, processus qui devra toutefois etre teste davantage vu la faible valeur du test de Student.

Navettes Inversees et Dynamisme des Poles Perimetropolitains

Soucieux de mieux documenter l'effet de la proximite au centre metropolitain, nous nous sommes ensuite arretes sur la dynamique particuliere des bassins de main-d'oeuvre de la premiere couronne non-metropolitaine. L'observation de la dominance directionnelle dans la variation entre 1981 et 2001 des flux entre les differents bassins de main-d'oeuvre metropolitains et perimetropolitains (Figure 4) montre que si les municipalites regionales de comte (MRC) peri-metropolitaines de la Rive-Nord (Portneuf, Jacques Cartier et Cote-de-Beaupre) continuent de fournir plus de main-d'oeuvre aux poles d'emploi de Quebec qu'elles n'attirent elles-memes de nouveaux travailleurs vers leurs propres poles d'emploi. Sur la Rive-Sud, en revanche, la situation est inverse: les poles perimetropolitains (e. g., Sainte-Marie de Beauce, Saint-Anselme-Sainte-Claire, Saint-Damien) drainent generalement plus de nouveaux travailleurs de la region metropolitaine de Quebec que les municipalites rurales composant leur bassin de main-d'oeuvre n'en envoient vers les poles metropolitains. On constate ainsi un veritable phenomene de <<reverse-commuting>> au profit des poles perimetropolitains de la Rive-Sud de Quebec. Ces resultats montrent que ce renversement dans la tendance des navettes ne concerne pas seulement les plus grands ensembles metropolitains (Fuji et Hartshorn 1995; Cervero 1996; Cervero et Wu 1997; Cervera et Hartgen 2003) mais aussi les plus petites regions metropolitaines comme celle de Quebec, du fait notamment du dynamisme des villes satellites situees dans un rayon d'approximativement 50km autour du centre metropolitain.

[FIGURE 4 OMITTED]

[FIGURE 5 OMITTED]

Afin de mieux documenter ce phenomene de reverse-commuting, nous avons egalement utilise les donnees de la derniere enquete originedestination du Reseau de transport de la capitale (2001). Celles-ci nous ont permis de mieux cerner les caracteristiques (sexe, age, profession) des 6366 travailleurs habitant les localites de la region metropolitaine de Quebec qui se rendent travailler dans les poles perimetropolitains, en les comparant a l'ensemble des navetteurs recenses par cette enquete. Des tests de comparaison des proportions soulignent que, parmi ces <<contre-navetteurs>>, les travailleurs de rang professionnel eleve (cadres, contremaitre, professionnels), mais aussi les ouvriers non-qualifies, sont plus fortement representes que dans l'ensemble de la region metropolitaine de Quebec (Tableau 4 et Figure 5). Nos analyses indiquent egalement (Tableau 5 et Figure 6) que ces contre-navetteurs sont aussi plus souvent des hommes (69% vs. 54%) et plus particulierement des jeunes (20-35 ans). Force est donc de constater que les contre-navetteurs se distinguent significativement des navetteurs du bassin de main-d'oeuvre metropolitain. Couples aux analyses precedentes, ces derniers resultats permettent finalement de degager un certain nombre d'enseignements.

[FIGURE 6 OMITTED]

Interpretation des Resultats

Un peu plus de lumiere sur les interactions spatiales au sein du champ metropolitain ...

Les resultats de ce deuxieme volet de recherche soulignent tout d'abord le dynamisme des marches locaux de l'emploi au sein du champ metropolitain de Quebec. Tandis que les poles metropolitains connaissent une faible extension de leur bassin de main-d'oeuvre, les poles non-metropolitains voient leur aire d'influence s'etendre beaucoup plus fortement. Trois dimensions permettent de rendre compte de cette evolution.

Nos analyses indiquent que la distance au centre metropolitain joue un role important dans la variation des aires de recrutement des poles d'emploi situes a l'interieur du champ metropolitain de Quebec. Ce sont les poles perimetropolitains qui connaissent les plus fortes extensions de leur bassin de main-d'oeuvre, lequel s'integre par consequent de plus en plus au bassin de main-d'oeuvre metropolitain. Mais a une distance de plus de 50km autour du centre metropolitain, l'influence metropolitaine cesse de s'exercer. Les marches locaux de l'emploi se reorganisent des lors autour de poles nonmetropolitains de premiere importance, comme Saint-Georges-de-Beauce. Dans ce type de milieu, ce sont surtout les dynamiques endogenes, le developpement des activites manufacturieres qui sont a l'origine de la croissance de l'emploi et des aires de recrutement des poles.

Le degre de specialisation manufacturiere des poles et leur dynamisme en terme de croissance de l'emploi constituent en effet le second facteur de la dynamique des bassins de main-d'oeuvre du champ metropolitain de Quebec. De nombreuses etudes ont souligne le dynamisme des entreprises manufacturieres de la region Chaudiere-Appalaches, particulierement dans le secteur de la Beauce (Billette et Carrier 2003; Barbonne 2003; Racine 2004). Cette nouvelle etude nous apprend que ce dynamisme se traduit par un accroissement correlatif de la taille des bassins de main-d'oeuvre des poles d'emploi les plus specialises dans les activites manufacturieres. C'est le cas des poles perimetropolitains qui recrutent ingenieurs, contremaitres et ouvriers non-qualifies au sein de l'aire metropolitaine. Mais c'est aussi cas de la Beauce ou autour de Saint-Georges se reorganise un sous-ensemble regional de bassins de main-d'oeuvre enchevetres les uns dans les autres (Saint-Ephrem, La Guadeloupe, Saint-Victor, Saint-Joseph, Beauceville, Saint-Gedeon). Ce phenomene constitue par ailleurs la manifestation spatiale de la cooperation des entrepreneurs beaucerons en matiere de main-d'oeuvre (Palard 1999; Billette et Carrier 2003).

Transversale aux deux premieres dimensions, il semble egalement que le degre de scolarisation de la main-d'oeuvre employee dans les poles puisse egalement etre au coeur de la dynamique spatiale des bassins de main-d'oeuvre du champ metropolitain de Quebec. Les poles de la premiere couronne profitent en effet de leur proximite au bassin de main-d'oeuvre metropolitain pour soutenir leur developpement, en recrutant un certain type de main-d'oeuvre faisant defaut dans leur propre marche local de l'emploi, par exemple de jeunes travailleurs relativement qualifies (cadres, professionnels, employes qualifies). Du fait de leur proximite au centre metropolitain, de leur acces a un marche de l'emploi beaucoup plus important et diversifie, ces poles beneficient ainsi d'economies d'agglomeration, rendues par ailleurs accessibles par le developpement des infrastructures de transport et la mobilite accrue des travailleurs.

Il convient de souligner ainsi le role des axes de communication dans la dynamique spatiale des marches locaux de l'emploi du champ metropolitain de Quebec. Couplee aux resultats d'une premiere etude portant sur la croissance de l'emploi des poles situes au sein du champ metropolitain de Quebec (Barbonne 2003), l'analyse de la dynamique spatiale des aires de recrutement de ces memes poles d'emploi revele en effet le caractere axial de l'organisation spatiale des activites economiques et des migrations pendulaires au sein du champ metropolitain de Quebec. Les axes semblent constituer une forme d'organisation spatiale d'autant plus pertinente que l'on s'eloigne du centre metropolitain. En effet, nos analyses revelent la faible capacite polarisante des poles d'emploi non-metropolitain, a l'exception de Saint-Georges autour duquel se reorganise un sous-ensemble regional de bassins de main-d'oeuvre a une certaine distance du centre metropolitain. Au sein du champ metropolitain de Quebec, c'est donc plutot le long des principaux axes de communication que se developpent les activites economiques et les deplacements des travailleurs.

Finalement, cette extension des bassins de main-d'oeuvre non-metropolitains et plus particulierement cette imbrication croissante des bassins de mains d'oeuvre de la premiere couronne autour du centre metropolitain, ainsi que le processus de reverse-commuting auquel elle donne lieu, temoignent d'une complexification croissante de l'organisation spatiale des marches locaux de l'emploi a l'echelle du champ metropolitain de Quebec. Finalement, de la meme facon que l'on a deja pu constater la deconcentration spatiale des activites economiques autant dans le cas des grands ensembles metropolitains que des plus petites regions metropolitaines comme celle de Quebec (Barbonne 2003), cette etude permet egalement de souligner le phenomene correlatif de deconcentration spatiale des mouvements de main d'oeuvre qui accompagne ce desserrement de l'emploi et qui affecte egalement grandes et plus petites regions metropolitaines, donnant lieu ainsi au developpement de navettes multidirectionnelles et a une complexification croissante de l'organisation spatiale des marches locaux de l'emploi a l'echelle regionale. C'est finalement toute la problematique de l'interface entre un centre metropolitain, aussi modeste soit-il, et son arriere-pays qui se trouve ainsi enrichie, le phenomene de <<metropolisation>> depassant largement les frontieres <<rigides>> des decoupages statistiques et administratifs. Par ailleurs, le deplacement important des centres de gravite des aires de recrutement et l'augmentation correlative du degre de decentrement des poles traduit egalement l'existence d'un processus d'integration territoriale qui continue de se poursuivre (Villeneuve et Vachon 1999) et qui depasse largement, la encore, les frontieres metropolitaines.

... mais plusieurs questions demeurent en suspens

Des analyses plus approfondies meriteraient d'etre entreprises afin de mieux documenter les caracteristiques des navetteurs nonmetropolitains. D'une part, il parait fort probable, par analogie avec les differences que l'on observe entre les contre-navetteurs et l'ensemble des navetteurs de l'enquete origine-destination du reseau de transport de la Capitale pour 2001, que les navettes des travailleurs nonmetropolitains varient selon leur sexe, leur age, leur profession et le type d'emploi qu'ils occupent. D'autre part, soulignons que les poles perimetropolitains peuvent constituer egalement des opportunites d'emplois pour des travailleurs peu qualifies provenant des centres metropolitains, particulierement de leurs quartiers centraux. L'hypothese du Spatial mismatch (Kain 1968) appliquee initialement aux milieux suburbains pourrait etre etendue egalement aux milieux non-metropolitains avoisinants, les emplois manufacturiers ayant desormais tendance a se developper plutot dans ce type de milieux, du moins au Quebec. Cette question meriterait d'etre approfondie notamment dans la perspective de favoriser l'accessibilite aux emplois des personnes defavorisees.

Par ailleurs, les interactions prenant place au sein du champ metropolitain ne se limitent pas aux seules migrations pendulaires. Il conviendrait egalement d'analyser les deplacements relatifs aux loisirs et au tourisme (deplacements de fin de semaine) des habitants de la region metropolitaine de Quebec ainsi que les autres types d'echange comme les liens interindustriels ou encore les achats de biens et services plus specialises aupres des entreprises du milieu metropolitain (Doloreux 2003). Toutes ces dimensions faconnent le champ metropolitain et participent d'un processus global d'integration territoriale qu'il conviendrait egalement de mieux documenter.

Finalement, il convient de souligner le role de ces navettes vers les poles d'emploi, particulierement le role grandissant des navettes vers les poles non-metropohtains, dans les processus de diffusion spatiale de la richesse et de creation des disparites entre localites au sein du champ metropolitain de Quebec (Barbonne, Villeneuve et Theriault 2007). Apres le niveau de scolarisation de la main-d'oeuvre et une fois tenu compte d'un certain nombre d'autres determinants potentiels (spatiaux et structurels), ce sont en effet ces navettes vers les poles d'emploi qui rendent compte d'une importante proportion de la variance des niveaux du revenu moyen d'emploi entre les 217 localites de residence de la population active occupee du champ metropolitain de Quebec. Les navettes constituent en effet un puissant moteur de redistribution spatiale des revenus (du lieu de travail vers le lieu de residence) et sont ainsi au coeur de la dynamique de production des disparites locales de revenu au sein des champs metropolitains. Si comme l'affirme Veltz (1996), les inegalites ont tendance a etre plus importante a echelle fine, alors la prise en compte de la dynamique des marches locaux de l'emploi situes au sein des champs metropolitains s'avere indispensable pour une meilleure connaissance des processus producteurs de ces disparites de revenus entre localites, particulierement dans les regions non-metropolitaines dites <<centrales>>.

Conclusion

Globalement, cette recherche revele l'importante dynamique spatiale des bassins de main-d'oeuvre associes aux poles d'emploi situes a l'interieur du champ metropolitain de Quebec, particulierement de ceux situes dans un rayon de 50 km autour du centre metropolitain, et souligne du meme coup les fortes interactions qui existent entre le centre metropolitain et les poles non-metropolitain avoisinants. On assiste en effet a une complexification croissante de l'organisation spatiale des marches locaux de l'emploi et au developpement de navettes multidirectionnelles au sein du champ d'influence d'une petite agglomeration metropolitaine comme Quebec. Par ailleurs, les caracteristiques de cette nouvelle organisation spatiale des aires de recrutement soulignent la forme axiale de la repartition des poles d'emploi et des flux de main-d'oeuvre qui leur sont associes, mettant ainsi en relief le caractere structurant du reseau de transport de la region. Une analyse approfondie des migrations pendulaires au sein du champ metropolitain contribue ainsi a alimenter la reflexion concernant les politiques de transport et d'accessibilite a l'emploi, particulierement pour les personnes les plus defavorisees et cela tant en milieu metropolitain que non-metropolitain. Outre la distance au centre metropolitain, des variables comme la specialisation manufacturiere des poles d'emploi ou encore leur dynamisme en terme de croissance de l'emploi paraissent egalement jouer un role determinant dans la dynamique spatiale des marches locaux de l'emploi au sein du champ metropolitain. Il conviendrait de s'interroger egalement sur l'influence du niveau de qualification de la population active composant ces bassins de main-d'oeuvre. Finalement, il nous parait pertinent de mettre en relation a la fois la dynamique des poles d'emploi et des bassins de main-d'oeuvre qui leur sont associes avec la dynamique des inegalites territoriales de revenu entre les differents types de milieu qui composent le champ metropolitain de Quebec. Constituant un puissant moteur de redistribution spatiale de la richesse (des lieux de travail aux lieux de residence), la dynamique des navettes est en effet au c'ur du processus de production des disparites locales de revenu au sein d'un champ metropolitain comme celui de Quebec (Barbonne, Villeneuve et Theriault 2007).

Remerciements

Les auteurs remercient Mario Carrier, Richard Shearmur et Marc-Urbain Proulx pour leurs judicieux commentaires sur cet article en qualite de membres du comite d'evaluation de la these de Remy Barbonne. Cette recherche a egalement ete rendue possible par le biais de financements provenant du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).

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paul.villeneuve@crad.ulaval.ca)

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Centre de recherche en amenagement et developpement (CRAD), Universite Laval, Quebec, Quebec, G1K 7P4 (courriel:

marius.theriault@crad.ulaval.ca)
Tableau 1
Variation des indicateurs de dispersion de l'aire de recrutement
des poles d'emploi du champ metropolitain de Quebec : 1981-2001

Poles d'emploi                 Dist. euclid. moyenne (1)

                             1981     2001        Variation
                             (km)      (km)     (km)       %

Poles centraux Quebec          9.1      9.8      0.7     8.1%
Poles Banlieue Nord           11.6     12.2      0.6     5.0%
St-Gabriel-de-Valcartier      11.2     13.8      2.6    23.3%
Levis (anciennes limites)      4.5      6.3      1.9    41.9%
Levis Ouest                    8.3      9.6      1.3    15.2%
RMR de Quebec (*)              9.4     10.2      0.8     8.9%
Ste-Marie de Beauce            6.6     11.3      4.7    71.7%
Montmagny                      6.0      9.9      3.9    64.6%
St-Anselme-Ste-Claire         10.5     14.5      4.0    37.8%
St-Damien                      6.9     11.0      4.2    60.8%
St-Henri                       6.2     10.4      4.2    68.2%
St-Appolinaire                 6.5     10.7      4.2    64.7%
Laurier-Station                6.8      8.2      1.4    21.1%
Ste-Croix                      6.9     12.5      5.6    80.0%
Deschambault-St-Marc           9.6     12.7      3.1    31.9%
Beaupre-Ste-Anne               7.3     10.9      3.6    49.2%
Donnacona                      5.2     11.4      6.3   121.8%
St-Raymond                     6.0      9.1      3.1    51.5%
Couronne I (*)                 7.0     11.2      4.2    59.2%
St-Georges-de Beauce           6.6      7.7      1.1    16.5%
Thetford-Mines                 7.8      8.4      0.6     7.8%
LaMalbaie-Clermont            18.4     15.6     -2.8   -15.0%
Baie-St-Paul                   9.0     10.4      1.4    15.6%
L'Islet-St-Jean-Port-Joli      9.9     12.6      2.7    27.1%
Beauceville                    6.6      9.0      2.4    36.5%
Lac Etchemin                   4.3      5.9      1.6    35.9%
St-Joseph-de-Beauce            5.8      9.5      3.7    63.7%
St-Pamphile                    6.7      8.3      1.6    24.2%
St-Gedeon                      4.0      8.4      4.4   109.5%
Disraeli                       3.1      4.1      1.0    31.0%
Villages beaucerons           10.9     13.9      3.0    27.3%
Couronne II (*)                9.2     10.2      1.1    11.8%

Poles d'emploi                 Dist. radiale moyenne (2)

                             1981     2001       Variation
                             (km)      (km)    (km)       %

Poles centraux Quebec          6.7      7.6      0.9    13.6%
Poles Banlieue Nord            6.8      7.8      1.0    14.1%
St-Gabriel-de-Valcartier       9.3      8.9     -0.3    -3.6%
Levis (anciennes limites)      5.1      6.6      1.5    29.6%
Levis Ouest                    6.2      7.8      1.6    25.8%
RMR de Quebec (*)              6.7      7.9      1.2    17.5%
Ste-Marie de Beauce            4.3     10.8      6.5   151.4%
Montmagny                      4.1      8.9      4.9   119.7%
St-Anselme-Ste-Claire          8.0     12.3      4.3    53.5%
St-Damien                      5.0     10.3      5.3   106.2%
St-Henri                       4.5      8.4      4.0    88.8%
St-Appolinaire                 4.8     10.0      5.2   107.5%
Laurier-Station                5.3      7.9      2.6    49.7%
Ste-Croix                      6.3     12.0      5.7    91.8%
Deschambault-St-Marc           7.7     10.8      3.2    41.0%
Beaupre-Ste-Anne               6.4     11.1      4.7    73.6%
Donnacona                      4.4     11.1      6.7   153.1%
St-Raymond                     2.2      6.9      4.7   216.1%
Couronne I (*)                 5.0      9.9      4.8    95.7%
St-Georges-de Beauce           4.5      6.3      1.8    41.0%
Thetford-Mines                 4.4      5.0      0.6    13.9%
LaMalbaie-Clermont            15.7     10.9     -4.8   -30.8%
Baie-St-Paul                   4.1      5.7      1.6    39.7%
L'Islet-St-Jean-Port-Joli      8.8     11.4      2.6    29.9%
Beauceville                    4.2      7.7      3.4    82.1%
Lac Etchemin                   4.5      5.7      1.2    25.9%
St-Joseph-de-Beauce            4.5      9.0      4.5   101.4%
St-Pamphile                    6.3      8.4      2.1    34.2%
St-Gedeon                      2.3      8.5      6.2   272.9%
Disraeli                       1.3      3.2      1.8   135.3%
Villages beaucerons            6.9      9.9      3.0    42.9%
Couronne II (*)                6.4      7.3      1.0    15.2%

Poles d'emploi                      Distance-type (3)

                             1981     2001        Variation
                             (km)      (km)     (km)       %

Poles centraux Quebec         10.7     11.5      0.8     7.4%
Poles Banlieue Nord            9.0     10.4      1.4    15.5%
St-Gabriel-de-Valcartier      10.8     11.2      0.4     4.1%
Levis (anciennes limites)      9.5     10.1      0.6     6.2%
Levis Ouest                    9.1     10.4      1.3    13.9%
RMR de Quebec (*)             10.3     11.5      1.2    11.7%
Ste-Marie de Beauce            9.7     16.1      6.3    65.4%
Montmagny                      8.7     15.7      7.0    80.5%
St-Anselme-Ste-Claire         11.4     15.7      4.3    38.0%
St-Damien                     10.5     15.3      4.8    45.6%
St-Henri                       8.1     11.2      3.1    38.3%
St-Appolinaire                 9.3     12.7      3.4    36.0%
Laurier-Station                8.3     13.4      5.0    60.6%
Ste-Croix                     10.7     16.4      5.7    53.4%
Deschambault-St-Marc          10.4     14.1      3.7    35.9%
Beaupre-Ste-Anne              11.0     14.4      3.4    31.1%
Donnacona                      8.0     13.8      5.8    72.7%
St-Raymond                     5.9     11.7      5.8    99.2%
Couronne I (*)                 9.4     14.4      5.5    59.1%
St-Georges-de Beauce          10.3     11.6      1.3    12.7%
Thetford-Mines                 8.3      9.7      1.4    16.6%
LaMalbaie-Clermont            30.9     23.4     -7.6   -24.5%
Baie-St-Paul                   7.1     12.0      5.0    70.2%
L'Islet-St-Jean-Port-Joli     12.1     16.2      4.2    34.5%
Beauceville                    8.4     11.0      2.7    32.0%
Lac Etchemin                   8.4      8.9      0.5     6.1%
St-Joseph-de-Beauce            8.3     13.0      4.7    56.3%
St-Pamphile                    8.7     10.6      2.0    22.9%
St-Gedeon                      4.0     11.2      7.2   180.6%
Disraeli                       2.9      5.3      2.3    80.0%
Villages beaucerons            9.0     13.3      4.3    47.0%
Couronne II (*)               11.9     12.8      0.9     7.5%

(1) Distance euclidienne moyenne de recrutement des travailleurs,
par rapport au pole d'emploi

(2) Distance radiale-moyenne de dispersion des travailleurs, par
rapport au centre de gravite de l'aire de recrutement des poles
d'emploi

(3) Distance-type de dispersion des travailleurs, par rapport
au centre de gravite de l'aire de recrutement des poles d'emploi

(*) Moyennes ponderees par rapport a l'importance des poles
(nombre total d'emplois)

Tableau 2
Variation de la distance au centre metropolitain, du degre de
decentrement et d'etirement (oblongitude) des bassins de main-d'oeuvre
peri-metropolitains: 1981-2001

                               Distance au
                             centre metro (1)

Poles Peri-metro           1981     2001     Var.

Ste-Marie-de-Beauce        43.5     39.7     -3.8
Montmagny                  53.5     51.4     -2.1
St-Anselme-Ste-Claire      30.6     25.5     -5.1
St-Damien                  46.1     43.6     -2.5
St-Henri                   16.0     13.2     -2.8
St-Appolinaire             31.2     27.5     -3.7
Laurier-Station            44.2     42.0     -2.2
Ste-Croix                  43.0     39.1     -3.8
Deschambault-St-Marc       40.7     32.3     -8.4
Beaupre-Ste-Anne           32.5     30.7     -1.8
Donnacona                  59.7     55.4     -4.3
St-Raymond                 48.1     46.2     -1.8

                                 Niveau de
                              decentrement (2)

Poles Peri-metro           1981     2001     Var.

Ste-Marie-de-Beauce         0.1      4.1      3.9
Montmagny                   0.8      2.1      1.3
St-Anselme-Ste-Claire       2.1      6.0      3.9
St-Damien                   1.3      3.7      2.4
St-Henri                    1.1      4.4      3.2
St-Appolinaire              1.2      2.1      0.9

Laurier-Station             2.9      6.4      3.5
Ste-Croix                   0.8      5.1      4.3
Deschambault-St-Marc        1.5      5.0      3.5
Beaupre-Ste-Anne            2.1      4.0      1.9
Donnacona                   2.0      8.0      6.1
St-Raymond                  0.5      2.9      2.4

                              Oblongitude (3)

Poles Peri-metro           1981     2001   Var. %

Ste-Marie-de-Beauce       1.283    1.400     9.1%
Montmagny                 1.090    1.345    23.4%
St-Anselme-Ste-Claire     1.268    1.311     3.4%
St-Damien                 1.241    1.223    -1.5%
St-Henri                  1.027    1.118     8.9%
St-Appolinaire            1.909    1.323   -30.7%
Laurier-Station           1.037    1.456    40.4%
Ste-Croix                 1.340    1.493    11.4%
Deschambault-St-Marc      2.049    1.575   -23.1%
Beaupre-Ste-Anne          4.134    3.893    -5.8%
Donnacona                 1.134    1.680    48.1%
St-Raymond                1.278    1.255   -1.8%

(1) Distance (km) du centre de gravite de l'aire de recrutement a
l'axe central Quebec-Sainte-Foy

(2) Niveau de decentrement : distance (km) entre le centre de gravite
de l'aire de recrutement et le pole d'emploi lui-meme

(3) Oblongitude : degre d'etirement des ellipses de dispersion (rapport
entre l'axe majeur et l'axe mineur)

Tableau 3
Determinants de la variation de la distance moyenne de recrutement
des poles d'emploi situes au sein du champ metropolitain de Quebec
1981-2001

                           Nombre d'
                          observations               [R.sup.2] ajuste
                               29        [R.sup.2]        0,764
                          Coefficients     0,807        Niveau de
                          standardises       t        signification

Variable dependante
  Var_DistM_Recrutement
    (constante)            -2,318 (1)     -1,710

Variables explicatives
  Distance_Metro              0,994        2,449          0,022
  Distance_Metro (2)         -1,390       -3,621          0,001
  Croissance_Emploi           0,385        3,363          0,003
  QL_Manufacturier            0,435        3,784          0,001
  Var_PopActive_BMO          -0,173       -1,602          0,123

                          Erreur-type
                          d'estimation        F           Niveau de
                             0,899          19,179      signification
                          Correlation    Correlation        0,000
                             simple       partielle          VIF

Variable dependante
  Var_DistM_Recrutement
    (constante)

Variables explicatives
  Distance_Metro             -0,306          0,455           3,600
  Distance_Metro (2)         -0,429         -0,603           3,525
  Croissance_Emploi           0,641          0,574           1,560
  QL_Manufacturier            0,557          0,619           1,571
  Var_PopActive_BMO          -0,145         -0,317           1,380

(1) Ordonnee a l'origine (Intercept)

Tableau 4
Comparaison des contre-navetteurs et de l'ensemble des navetteurs de
la region metropolitaine de Quebec selon leur categorie professionnelle

Categories                 Contre-navetteurs

                             Nombre    %

Cadres                         621    9.8%
Contremaitres                  457    7.2%
Professionnels               1,374   21.6%
Employes specialises         1,325   20.8%
Ouvrier qualifies              454    7.1%
Employes non-specialises       728   11.4%
Ouvrier non-qualifies        1,148   18.0%
Autres                         259    4.1%

Total                        6,366

Categories                   Total OD 2001      Diff. de Prop.

                             Nombre     %     Valeur Z   signif.

Cadres                       22,700    6.7%       8.03     **
Contremaitres                13,666    4.1%       9.58     **
Professionnels               62,922   18.7%       5.53     **
Employes specialises         96,426   28.7%     -15.26     **
Ouvrier qualifies            22,574    6.7%       1.29
Employes non-specialises     79,238   23.6%     -29.89     **
Ouvrier non-qualifies        18,658    5.5%      25.83     **
Autres                       20,170    6.0%      -7.68     **

Total                       336,354

(**) Difference de proportion significative au seuil de 1%

Tableau 5
Comparaison des contre-navetteurs et de l'ensemble des navetteurs de
la region metropolitaine de Quebec selon leur classe d'age

                     Contre-
Classes d'age      Navetteurs       Total OD 2001        Diff. de prop.
                 Nombre      %      Nombre     %        Valeur Z    Sig

15 a 19 ans          70     1.1%     3,530   109.1%       0.38
20 a 24 ans         461   729.1%    21,179     6.3%       2.89    **
25 a 34 ans       2,168    34.1%    73,054    21.7%      20.62    **
35 a 44 ans       2,029    31.9%   105,651    31.4%       0.78
45 a 49 ans         772    12.1%    53,885    16.0%       -9.4    **
50 a 54 ans         588     9.2%    46,937    14.0%     -12.83    **
55 a 64 ans         254     4.0%    29,007     8.6%     -18.53    **
65 a 74 ans          24     0.4%     2,864     0.9%      -6.05    **
75 ans et plus        0     0.0%       247     0.1%     -15.72    **
Total             6,366            336,354

(**) Difference de proportion significative au seuil de 1%
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Article Details
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Author:Barbonne, Remy; Villeneuve, Paul; Theriault, Marius
Publication:The Canadian Geographer
Article Type:Author abstract
Geographic Code:1CANA
Date:Sep 22, 2007
Words:10006
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