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Souci orthographique et etymologie au moyen age: le de nota aspirationis et le de diphthongis du grammairien apuleius.

Le De nota aspirationis et le De diphthongis, rediges par le magister Apuleius au plus tard au troisieme quart ou a la fin du XIIe siecle, sont des manuels didactiques destines a la formation de competences specifiques en matiere d'orthographe de la nota aspirationis et des diphtongues latines. Ils attestent l'interet medieval pour ce domain de la grammatica dans un milieu docte qui etait vraisemblablement soucieux de la copie et de l'emendatio, ainsi que de la lectio des textes sacres, et auquel etaient adresses aussi les Artes lectoriae et les manuels metrico-prosodiques produits entre le XIe et le XIIe siecle et organises selon les memes criteres structuraux. Pour evaluer la proprietas graphique de chaque mot latin objet de controverse, Apuleius fait systematiquement recours tant a la motivation differentielle que a l'etymologie, et l'article considere surtout les cas ora le magister montre une idee d'etymologie qui recherche une concordantia du signifiant cum re significata. Parmi les exemples proposes, l'Auteur s'occupe de l'etymologie de homo, qui anticipe l'image utilisee par Dante pour decrire les gourmands du Purgatoire (XXIII).

Mots-clef: etymologie, linguistique medievale, orthographe, latin.

The De nota aspirationis and the De diphthongis written by a magister Apuleius (the last 25 years or end of XII century) concern the orthography of the Latin nota aspirationis and diphtongues. They aim to teach the rules of recta scriptura as formulated by the grammatica to a milieu interested in copying, emendatio, and lectio of Sacred texts. The Artes lectoriae and the metro-prosodical treatises written during XIth and XIIth centuries were also addressed to this milieu and were organized following the same structural criteria as those used by Apuleius. In order to evaluate the graphic proprietas of every ambiguous Latin word, Apuleius systematically either employs the criterion differentiae causa, or etymology. The present contribution particularly concerns the cases where Apuleius shows etymology as a research for a concordantia between <<signifiant>> and res significata. Amongst the examples proposed, the Author deals with the etymology of Lat. homo, which preceeds Dante's description of the physical condition inherent in the <<golosi>> (Purgatory, XXIII).

Key words: etymology, mediaeval linguistics, orthography, Latin language.

Orthographic Interests and Etymology in the Middle Ages: The De nota aspirationis and De diphthongis attributed to the grammarian Apuleius

1. LES MANUELS ORTHOGRAPHIQUES DU MAGISTER APULEIUS; STRUCTURE ET CONTENU

Parmi les champs d'interet de la linguistique medievale, celui de l'orthographe occupe une place de premier ordre, l'ecriture conservant dans cette periode une valeur ideologique qui s'exprime dans une exigence <<di riaffermare attraverso la recuperata certezza dello scritto il primato del testo e quindi dei portatori della tradizione testuale>> (1).

Cette etude se propose de presenter des temoins de l'attention portee a la graphie du latin, c'est-a-dire les traites qui, au moins depuis le Catholicon, acheve par Jean Balbi de Genes en 1286, sont attribues a un grammairien nomme Apuleius et qui ensuite, au XVe siecle, sont connus sous les titres De nota aspirationis et De diphthongis parmi les humanistes italiens qui s'occupaient de grammaire et d'orthographe latines (comme Niccolo Perotti, Nestore Avogadro, Pomponio Leto, Giovanni Tortelli, Cristoforo Scarpa, Giovanni Gioviano Pontano).

En depit de leur tradition manuscrite, qui est riche mais limitee au XVe siecle et qui reflete l'interet porte par les humanistes italiens aux questions orthographiques et aux textes qui permettaient de puiser dans les regles de la latinite antique, on a pu reconnaitre leur testis antiquissimus dans le libellulus cuiusdam magistri de nota aspirationis et diptongis du manuscrit Reims, Bibliotheque Municipale 432 (ff. 82r-98v) (2). Date du troisieme quart ou de la fin du XIIe siecle, ce manuscrit fournit le terminus ante quem pour la redaction des traites du magister italien et, bien que partiellement mutile dans la section initiale du De nota aspirationis, il peut etre considere aussi comme testis auctior. Il conserve en effet la fin du De diphthongis (ff. 95v.22-98r.20), inconnue de la plupart des temoins (3) ou lisible dans quelquesuns avec des interpolations nombreuses et importantes dues a un erudit qui a voulu reconstruire les lacunes des temoins recentiores. Ainsi, le manuscrit remois nous permet encore mieux d'evaluer l'oeuvre grammaticale d'Apuleius pour son contenu et pour la structure selon laquelle le magister l'a organise.

En tant qu'ouvrage didactique, probablement ne dans un milieu scolaire --ecclesiastique ou monastique-- de niveau eleve et pour les besoins de celui-ci, les traites essaient de resoudre les difficultes et les incertitudes posees par l'orthographe de la nota aspirationis et des diphtongues dans la plupart des mots objet de controverses chez les grammairiens latins ainsi que dans un grand nombre de mots tires de la tradition biblique et patristique. Pour chacun d'eux et pour le choix graphique suggere, ils donnent systematiquement des motivations d'ordre aussi bien etymologique que differentiel (afin de distinguer graphiquement des lexemes homophones). De ce point de vue, leur valeur se manifeste dans la mesure ora ils illustrent des continuites, des discontinuites, des reelaborations du savoir technographique, glossographique et lexicographique latin qui accueillait les observations sur l'orthographe en tant qu'expression de l'interet pour la Latinitas: les Artes (par exemple les sections De uoce, De littera, De barbarismo), les Glossaria latins et greco-latins, les Differentiae uerborum et les De orthographia tardo-latins.

Du fait de son heterogeneite, ce repertoire de dubia lexicaux ne se prete pas a etre organise selon des principes internes, logico-thematiques. Il suit au contraire le <<vowel-system>>, critere qui, pour chaque position syllabique (principalis, terminalis, media) occupee par la nota aspirationis ou par les diphtongues, ordonne les mots per alphabetum, selon la lettre qui precede immediatement ou qui suit chacune des voyelles (a e i o y (4) u), considerees individuellement: a ante b, a ante c, a ante d ... e ante b, e ante c, e ante d etc, ou chacune des diphtongues (ae, oe): ae diphtongus apud latinos ante a ... Ante b quoque et c ae diphtongo non utimur. Ante d ... etc.

Ce schema, qui confie a la position syllabique et a l'ordo litterarum de cataloguer des faits linguistiques qu'on ne pourrait pas ordonner autrement, offre une aide efficace a la consultation et a la memorisation des exempla, comme en temoigne son application dans quelques manuels orthographiques tardo-latins tels que le De B mura et V uocali d'Adamantius Martyrius (GL 7, 165-199, ex Cassiod. Orthogr.) et le De adspiratione d'Eutyches (GL 7, 199-202, ex Cassiod. Orthogr.). Du fait de ses caracteristiques fonctionnelles, dues a la valeur generale de l'alphabet comme critere exterieur de classification (et sans meconnakre les differences thematiques existantes), il pourrait etre compare aux solutions formelles adoptees dans les textes <<regulae type>>, oo l'ordo litterarum (ou d'autres criteres de classement) est une <<arbitrary, externally-imposed sequence, lacking any intrinsic connection with the material so ordered - a counsel of despair, in a sense>> (5).

Toutefois, c'est surtout a partir du XIe siecle que ce schema, dans les variantes <<vowel->> et <<consonant-system>> (6), reapparait dans les Regulae sur la quantite syilabique, d'abord dans le De longitudine et breuitate sillabarum Alberici attribue a Alberic de Mont-Cassin et date des annees 1060-1070 (7), puis dans le De primis syllabis en vers ecrit par Tebaldus, dit de Plaisance, avant 1086 (8) et dans les Artes lectoriae (9), qui donnent des indications pour la lecture a haute voix, notamment pour les textes de la liturgie et de l'office divin. Ces ouvrages, composes pour les besoins de l'enseignement monastique et ecclesiastique et pour l'exercice quotidien de la lectio plana, different, dans leur architecture, des traites de metrique et de prosodie anterieurs (10) precisement par l'emploi de ce schema. Son adoption au XIe siecle represente en effet une noua regula --comme l'affirme Tebaldus dans le prologue au De primis syllabis-- qui est d'autant plus remarquable si l'on considere que, au moins jusqu'au milieu du XIe siecle, l'ordre alphabetique ne s'est pas encore affirme de maniere coherente, comme en temoigne Papias qui, dans le prologue a son Elementarium doctrinae rudimentum, souligne le choix d'ordonner les mots selon l'alphabet et cela jusqu'a la seconde ou la troisieme lettre (11).

Donc, sans exclure qu'Apuleius ait emprunte le schema <<vowel-system>> au modele (in)directement offert par les traites orthographiques (tardo)latins --particulierement dans le cas du De adspiratione d'Eutyches transmis par le De orthographia de Cassiodore--, le fait que les Artes lectoriae et surtout les Regulae speciales (12) sur la prosodie composees dans la peninsule des 1060 (13) utilisent le meme procede ne semble pas du au hasard. Cette circonstance met plutot en valeur au niveau formel les interrelations etroites qui, egalement sur un plan thematique, lient cet eventail de textes et suggerent leur appartenance au meme horizon temporel et au meme milieu culturel qui, entre le XIe et le XIIe siecle, a produit des instruments didactiques en innovant avec l'adoption de structures identiques pour repondre aux memes besoins normatifs concernant l'orthographe et la prosodie (14). Ces contenus sont en effet incontoumables dans l'apprehension du latin, degre preliminaire et oblige. Mais lis sont aussi un objet privilegie d'etude tant pour les lectores auxquels, litterarum scientia instructi, etait confiee la lecture des textes --classiques et sacres, sous forme de prose ou de poesie-- durant les offices religieux et liturgiques et les occasions publiques, que pour les scribes, auxquels etaient confiees la copie, l'emendatio, la transmission du Verbum de Dieu, fondement de l'exegese scripturale (15). C'est a la formation de ces competences qu'etaient probablement destines aussi le De nota aspirationis et le De diphthongis du magister Apuleius.

Le souci orthographique apparai't comme le but fondamental et constitutif de ses opuscules, qui etaient consacres a des themes bien connus de la grammatica, discipline concue au Moyen Age comme scientia loquendi sine uicio (16) dont la finalite est (encore) recte scribere et recte loqui (17). Cependant, vu leur caractere selectif et monothematique, lis ne semblent pas encore trouver de terme de comparaison valable dans la tradition (tardo)latine, ni dans celle exegetique insulaire de l'epoque pre- et carolingienne, representee par les De orthographia de Bede et d'Alcuin d'York (18).

Et du fait de l'adoption du schema <<vowel-system>> pour organiser leur contenu orthographique, ils se proposent comme des ouvrages de reference d'un milieu savant, des recueils de dubia lexicaux destines a la didactique des maitres et a la consultation d'eleves d'un niveau avance (vraisemblablement des scholastici). Cette impression semble justifiee aussi par le role reserve a l'etymologie comme moyen d'etablir la correction formelle d'un mot.

2. ORTHOGRAPHE ET ETYMOLOGIE

Les traites d'Apuleius poursuivent une finalite normative en matiere de recta scriptura des mots latins oo l'emploi des graphemes pour noter l'aspiration et les diphtongues apparait comme un objet de controverse. Cette finalite se traduit par le recours constant et systematique, a cote du principe de differentiation homonymique (differentiae causa), a la motivation etymologique. Instrument qui legitime et soutient une graphie, l'etymologie est une sorte de ligne de demarcation des faits concernant l'ecriture du latin, dont le statut de langue apprise avait depuis longtemps accru les incertitudes et les ambiguites (19).

Cet emploi argumentatif de l'etymologie en tant que l'un des fondements de la correctio avait caracterise la reflexion des grammairiens latins. <<C'est ... a ce titre>> que l'etymologie, comme l'observe Francoise Desbordes, <<est mentionnee dans la topique, d'Aristote a Boece, en passant par Ciceron et Quintilien ... C'est avec cette fonction argumentative thematisee par la rhetorique que l'etymologie intervient dans la grammaire, quand on veut soutenir, par exemple, qu'il faut dire et ecrire delirus et non delerus ... parce que le mot vient de lira ... Cette frequente association de l'etymologie a l'argumentation pourrait peut-etre aider a comprendre la placidite avec laqueile les specialistes anciens enregistrent volontiers deux ou plusieurs etymologies pour un meme mot>> (20).

Dans les traites d'un magister qui recueille soigneusement l'heritage grammatical latin, il ne faut donc pas s'etonner de retrouver appliques les criteres recus de la deriuatio, de la compositio, de la translatio, categories d'une analyse qui appartient a une etymologie <<philologique>> et <<plus proprement grammaticale>> (21), verbale et interne a la langue, qui devoile la structure d'un signe et les relations formelles qu'il entretient avec d'autres unites du systeme, disciplina deriuationis au sens large. Il ne faut pas s'etonner non plus d'y reconnaitre aussi la trace d'une conception <<ontologique, plus proprement rhetorique>> de l'ethimologia, consideree comme recherche de l'origo uocabulorum (22), conception transmise par la reflexion stoicienne a travers les Principia dialecticae augustiniens et, surtout, la synthese encyclopedique offerte par les Etymologiae d'Isidore de Seville (23).

J'ai autrefois essaye de decrire ces diverses approches, telles qu'elles emergent, coexistent ou se melent dans les traites d'Apuleius d'une facon horizontale, qui peut admettre aussi la <<proliferation dynamique>> --jamais percue comme etant negative-- des interpretations pour un meme mot, comme cela arrive pour olus (Asp. f. 86v. 17-19: Olus plerique aspirant sed siue ab oleo uel olo ueniat siue ab olla ut quibusdam placet merito aspiratione caret) et pour aes (Diph. f. 92v.14-18: Ante s ponitur in estas estus ab areo uenientibus et in es eris quod marcus uaro ab asse alii ab auri similitudine dictum putant. Seda quouis horum oriatur liquet quod ab eo a diptongi trahit) (24). Cependant, c'est par la comparaison entre differents procedes etymologiques, evalues en fonction de la congruence qu'ils offrent entre significans et significatum, qu'Apuleius accepte une graphie plutot qu'une autre, introduisant dans son parcours argumentatif de nombreuses citations d'auctoritates (Pline du Dubius sermo, Varron, Priscien (25), Isidore de Seville et saint Jerome), sources de toute connaissance grammaticale, encyclopedique, morale et sacree. Et ces considerations peuvent s'inscrire dans la ligne qui, depuis le Sevillan, reconnait a la grammaire le role fondateur de tout savoir et a l'etymologie une fonction <<mythographic>> (26). C'est grace a cette fonction que l'etymologie conduit a rechercher l'origo uocabulorum et a decouvrir le sens des mots a travers l'enquete des relations intrinseques et des motivations naturelles qui lient les signes verbaux a la realite denommee. L'etymologie devient ainsi une modalite cognitive qui permet de saisir ou de restituer la relation de correspondance qui existait --comme le croyait la tradition stoicienne-- entre le langage et la realite, et qui permet d'interpreter les faits extralinguistiques, les res, en partant des uerba, parce que nisi enim nomen scieris, cognitio rerum perit (27) et parce que <<la nature primitive et l'essence meme des choses se reconnaissent a l'etymologie des noms qui les designent>>, comme l'affirme Etienne Gilson (28).

La correctio litterarum repose donc sur la propriete <<mythographic>> de l'etymologia de donner acces a la verite des choses, d'offrir une cle epistemologique et d'avoir une connaissance theorique du monde cree. Cette analyse n'aboutit pas seulement ni simplement a etablir la graphie la plus correcte par rapport a la norme latine recue, mais elle vise surtout a isoler et a choisir la graphie <<veritable>> d'un mot et a l'eclairer dans ses motivations tant linguistiques qu'extralinguistiques. Et l'adequation des litterae au contenu conceptuel du signum n'est qu'un reflet --voire une exigence-- de la connexion etroite et naturelle concue entre celui-ci et la res significata, ainsi qu'entre le mot et les autres d'une meme langue, et de la <<coextension entre le domaine du reel et celui du discours>> (29), parce que, comme l'affirme encore Gilson, pour <<tout penseur medieval, lorsque deux mots se ressemblent, les choses qu'ils designent se ressemblent, de sorte que l'on peut toujours passer de l'un de ces mots a la signification de l'autre>> (30).

Pour les grammairiens du Moyen Age jusqu'a l'essor de la dialectica, l'etymologie est un instrument exegetique qui, s'inspirant de l'ideologie chretienne et recree par celle-ci, devoile et interprete le monde sensible en tant que manifestation du divin, miroir et expression de l'ordre ecrit par Dieu avec ses doigts. Comme le declare Bernard Silvestre dans son commentaire aux six premiers livres de l'Eneide (BERNARDVS SILVESTR. Comm. Aen. 19, 29), ethimologia diuina aperit et practica humana regit, parce que la <<conception qui va de la connaissance du mot a celle de la chose, s'appuie sur la theorie du 'vrai' mot. Adam, dans la Genese, ne donnet-il pas aux choses leur nom veritable?>> (31).

3.1. Procedes de l'etymologie <<ontologique>>: le recours a la significationis causa

L'heritage de donnees et de methodes interpretatives differentes utilise par Apuleius n'est jamais propose mecaniquement, mais il est tres souvent reelabore d'une maniere qui manifeste l'adhesion du magister a un horizon conceptuel et a des modeles d'analyse des faits linguistiques propres a la pensee medievale sur la langue (32). Les remarques sur les graphies de fecundus et saeculum, par exemple, refletent un souci de solidarite analogique et de ressemblance formelle entre signifiant et signifie qui semble inconnu aux sources latines qui avaient traite l'etymologie de ces mots et qui, au contraire, etaient connues par Apuleius.

Pour le magister, dans <faecundus> la diphtongue <ae> se justifie deriuationis causa, parce que l'adjectif derive du verbe facio, selon un procede etymologique inteme, qui atteint a l'idee d'etymologia comme scientia deriuationis (Diph. f. 93v.7-11):
   Fe diptongatur in ... fecundus quod a facio ducit originem. Ab eo
   fecundus dictum aiunt quod faciat fructum.


Cependant, Apuleius evoque aussi l'opinion de certains (quidam) qui voient dans la difference graphique (<e> face a <ae>) entre jecundus etfaecundus l'expression d'une difference semantique (Dicunt tamen quidam fecundus tunc tantum diptongandum cum de sensibilibus dicitur. Cum uero ad insensibilia differentie causa carere diptongo), parce qu'elle serait le vehicule au niveau formei --du signifiant graphique-- de la diversite (differentiae causa) du signifie entre <faecundus>, qui serait reserve a des referents sensibilia, et <fecundus>, reserve aux insensibilia (33).

De la meme facon, <ae> de saeculum est charge de signification et de fonction semiotique (Diph. ff. 94v.30-95r.1):
   Seculum per e breuem deberet notari, quoniam a sequor uel ut placet
   Varoni a sene deriuatum est. Sed quia rem productissimam
   designabat, placuit ut eius principalis sillaba significationis
   causa produceretur et per diptongon plane dinosceretur.


Face aux etymologies admises a sequor, qu'Isidore de Seville connaissait deja (34), et a sene, qu'Apuleius qualifie de varronienne (35), qui legitimeraient <seculum> en vertu du critere morphologique et formel de la deriuatio et dont <e> montrerait le maintien aussi de la quantite de /e/ des primitiua (sequor ou senex quels qu'ils soient) (36), Apuleius legitime <ae> significationis causa car, quia rem productissimam designabat placuit ut eius [scil. saeculum] principalis sillaba significationis causa produceretur.

Dans ce paradigme conceptuel, la priorite accordee a la motivation semantique (significationis causa) et le privilege attribue au referent et a ses proprietes se traduisent par la recherche d'une adequation de l'expression au contenu grace a l'emploi du digraphe que l'on pourrait qualifier, avec Peirce, de <<hypoiconic>>. En effet, le choix de <ae> dans saeculum ne decoule pas de considerations concernant la quantite syllabique. Au contraire, elle depend --declare-t-on-- d'une intention de similitude avec le signifie, car l'ecriture renvoie au concept de la duree temporelle (rem productissimam) --donc a la dimension referentielle-- grace a une sorte de productio graphique (non prosodique) et, pour ainsi dire, diagrammatiquement, au sens indique encore par Peirce: <<Diagrams establish analogies between relations in the signans on the one hand, and relations of the signatum of the same sign on the other>> (37).

Le recours a <ae>, dont l'extension lineaire est double par rapport au grapheme simple <e>, veut ainsi expliciter une ressemblance analogique (<<endophoric>> selon Winfried Noth) avec le contenu, une iconicite structurale diagrammatique, et peut se definir comme <<form miming form>> (38). Bien que conventionnelles, opaques et fondamentalement symboliques en termes semiotiques, les litterae deviennent dans cette perspective des <<letter-icons>> quand elles sont investies des proprietes du signifie (39). Elles peuvent renvoyer a la realite extralinguistique et manifester ainsi une uis expressive, dans la mesure ora elles correspondent au contenu, et participent a retablir, du cote du signifiant, la signification primitive du mot.

Le passage d'Apuleius sur saeculum n'avait pas echappe a Heymann Steinthal (40), qui avait cru reconnaitre dans ce souci de similitudo entre dimension formelle et dimension ontologique le principe stoicien du <<[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]>> (41), dont il avait attribue la paternite au grammairien Tryphon.

Dans son etude sur Lucilius, li est notoire que Ferdinand Sommer a plutot reconduit la <<[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]-Theorie>> a la phase la plus ancienne de la Stoa, donc anterieurement a Tryphon (42). De son cote, Walter Belardi a efficacement demontre que <<la frase di Trifone (o della sua fonte), formulata per giustificare teoreticamente certi rapporti 'etimologici', non e stoica anche se e espressa secondo un modo locuzionale tipicamente stoico (alludo alia costruzione sintattica di [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]). Essa non avrebbe potuto essere sottoscritta da Stoici ortodossi>> (43). En outre, s'il est vrai que <<il principio metodologico cui Trifone si appella nella ricerca etimologica e stoico solo in apparenza: come non e stoico il [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] delle [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII], cosi non e stoico il rapporto reciproco deterministico tra enti materiali ed enti immateriali>>, il faut conclure avec Belardi que c'est plutot le <<Leitmotiv della [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] (integrato forse del suo contrarium, un'[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII], vista l'alternativa del meno e del pio cui si rifanno Lucilio e Varrone)>> qui, grace a Cratete et a son idee de [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII], continue <<una concezione stoica che, impiantata all'origine in altro contesto, veniva involontariamente a fomire un fondamento teoretico --casi di anomalia permettendolo-- a quel ricercare etimologico, del resto anche alessandrino (che da Alessandria discendeva Trifone), di coloro qui "omnes [cioe da Crisippo ad Antipatro e da Aristofane di Bisanzio ad Apollodoro di Atene] uerba ex uerbis ita declinari scribunt, ut uerba litteras alia assumant, alia mittant, alia commutent" [scil. VARRO, Ling. Lat. 6, 2]>> (44).

En effet c'est plutot cette idee (45) qu'adoptent d'une part Lucilius (46), lorsqu'il utilise <<les variantes graphiques possibles a son epoque dans la notation de [i] (i/ei)>> pour affirmer que <<certaines formes doivent etre plus pleines, plus etoffees que d'autres (ut plenius fiat, ut pinguius fiat), en raison de leur sens.... Bref, on utilise la malleabilite de l'ecriture pour manifester un trait semantique ("moins", "plus") qui n'est pas marque a l'oral>> (47), et d'autre part Varron (48). Et il faut supposer que, peu apres, ce critere <<a ete accepte aussi par les grammairiens en devenant un moyen stylistique ou a mi-chemin entre la stylistique et la grammaire>>, parce que non seulement il est <<mentionne par Seneque (49), dans l'Etymologicum Magnum et dans l'oeuvre tres tardive du Pseudo-Apulee sur les diphtongues>> (50), mais il est atteste aussi par les observations d'Agroecius sur l'orthographe de praemium et sur la valeur <<connotative>> (51) de la diphtongue chez les ueteres (AGROEC1VS, De orthographia, 11 PUGLIARELLO) (52):
   Praemium cum diphthongo scribendum, Pretium, Precatur sine
   diphthongo. Veteres enim maioris rei sermones cum diphthongo et
   quadam dignitate dici et scribi uoluerunt.


Bien que limitees et peu nombreuses, ces considerations prouvent un certain souci de la reflexion linguistique latine et de ses sources grecques hellenistiques envers l'idee que <<l'adequation [scil. du signifiant et du signifie] doit exister et qu'on est en droit d'agir en ce sens, si ce n'est pas le cas. Et comme il est notoirement plus facile de modifier l'ecriture que la parole, c'est d'abord et surtout le signifiant graphique quisera charge de donner une imitation au moins partielle du sens du mot>> (53).

Cependant, c'est justement l'attitude medievale a l'egard d'une homologie et d'une contiguete entre le verbal et le reel qui peut eclairer les contenus etymologiques et les interets pour l'orthographe du magister Apuleius (54). C'est cette attitude qui peut motiver dans le debat sur l'orthographe de saeculum la reinterpretation des donnees tirees des sources latines --en particulier de Varron qui definit saeculum (d'une maniere simplement explicative) comme longissimum spatium--, et leur extension au-dela du contexte original. En effet, Apuleius recourt a un paradigme interpretatif different lorsqu'il justifie le choix du digraphe <ae> en vertu de l'analogie <<endophoric>> avec un autre signe, selon ce qu'atteste la double occurrence de producere dans le signifie primaire et dans celui metaphorique et metalinguistique (et la coincidence formelle entre <<vehicle>> et <<tenor>> de ce meme parcours metaphorique). C'est encore la meme attitude conceptuelle qui avait amene le grammairien Virgilius Maro a distinguer entre caelus et celum (Epist. 1, 14, 3-4 POLARA) (55):
   Sed ne longum faciam sermonis fundamentum, celum aput ueteres
   neutraliter nubium globum significat, qui solem lunam stellasque
   celare solet, et habet in plurali numero cela ... caeli autem summi
   habebunt in singulari nominatiuo caelus masculino genere ... Qui
   caelus, quia a celsitudine diriuatur, aspiratione dignus erit, at
   celum, quod de celando dicitur, diptongicam habere non poterit
   dignitatem,


et qui fait dire a Giovanni Polara que <<la differenza ortografica non e fine ase stessa, se serve a volte per distinguere il cielo divino da quello naturale ... il vecchio problema etimologico, che aveva da secoli interessato i latini, diviene per lo scrittore medievale strumento di differenziazione grafica e semantica, con una marcatura delle gerarchie di valore che passa attraverso l'istituzione di una graduatoria di dignita anche per il vocalismo>> (56).

L'exigence de correction, competence necessaire mais auxiliaire dans l'Antiquite, ne sert donc plus a la rhetorique et ne se borne plus seulement a la grammatica. Dans la perspective exegetique chretienne, l'ecriture est en soi un instrument revelateur d'une verite --la Verite qui reside en Dieu et dont le miroir est le monde cree par sa Parole--, car <<l'univers des noms et celui des choses sont homologues, et ... pour comprendre le second il faut d'abord connaitre le contenu du premier>> (57), la fonction de la grammaire etant <<de tracer des chemins droits, d'etablir des liens lineaires entre les symboles, les sons et les lettres, aussi bien qu'entre les mots et les proprietes physiques des choses>> (58). La lettre, signe graphique isole ou lineairement combine dans des structures differentes (syllabae, dictiones), n'a pas seulement une efficacite mnemotechnique, propter memoriam rerum, et n'est pas revetue uniquement d'une <<force vectoriale>> (litterae autem dictae quasi legiterae, quod iter legentibus praestent, uel quod in legendo iterentur, comme l'affirme Isidore de Seville dans Etym. 1, 3, 3). En tant que moyen concret a travers lequel la signification reelle des mots et leur referent peuvent se devoiler et se laissent manifester, elle est chargee aussi d'une valeur sacree et mystique, celle des mysticae litterae attestee par Isidore (Etym. 1, 3, 7-9) ainsi que celle de toutes les autres lettres dont la dimension figurative ou articulatoire entraine des proprietes symboliques et des valeurs allegoriques, comme nous le rappellent les traites medievaux De litteris (ceux edites par H. Hagen, GL 8, 302-305 par exemple). Et s'il semble douteux <<que le haut Moyen Age ait eu acces aux sources cabalistiques, et a leurs speculations fondees sur l'alphabet. Du moins, l'oeuvre maitresse qui domina sa pensee, les Etymologiae d'Isidore de Seville, refaites par Raban Maur vers 850, enseignent-elles la valeur significative eminente de la lettre, index rerum: non point par un pur symbolisme abstrait, mais en vertu d'une puissance liee au geste d'ecrire, a la prise de possession qu'est la lecture. Litteratura se refere a littera comme signatum a signum: elle denote le reel ultime implique par la lettre, dans sa materialite, comme la signature par le signe majeur que constitue la presence de quelque sujet engendrant le texte>> (59).

3.2. Concordat etiam in hoc nomine quod est homo aspirationis nota cum re significata

C'est justement a partir de ce fonds ideologique profondement chretien oo grammaire et theologie coincident et oo les themes de la signification sont consideres comme etant indissociables du rapport entre l'Etre divin et sa creation, qu'Apuleius elabore des reinterpretations etymologiques grace auxquelles il peut se demarquer des sources anciennes et se rapprocher de ce <<platonisme grammatical>> (60) transmis au Moyen Age par Fredegise de Tours, Godescalc d'Orbais, qui concoit le langage comme etant isomorphique a la realite extralinguistique. Le magister en donne un temoignage ulterieur lorsqu'il evoque encore une <<sympathie du signifiant et du signifie>> a propos du grapheme <h> et de son role dans le mot homo. Tout d'abord, il justifie <h> dans homo aussi bien deriuationis causa, en proposant l'etymologie ex origine homo ab humo, connue depuis Quintilien (61), adoptee aussi par Isidore de Seville (62) et courante au Moyen Age, que differentiae causa, en attribuant au grapheme la fonction de distinguer homo de omen, son homophone in obliquis (63). Apuleius s'eloigne ensuite des paradigmes hermeneutiques fournis par la tradition grammaticale latine pour observer que l'homme porte, inscrit sur son visage, l'image sensible de son nom par effet de l'acte divin qui lui a insuffie le spiraculum uitae (Asp. ff. 86v.19-87r.3):
   Concordat etiam in hoc nomine quod est homo aspirationis nota curo
   re significata. Quoniam enim hoc nomen praeter aspirationis signum
   notum est in facie hominis notari; nota aspirationis innexa signum
   [est] diuing [aspirationis] (64) hominis faciei annexe, de qua
   facie scriptum est Et inspirauit deus in faciem eius spiraculum
   uite


Sans nier l'etymologie ontologique recue ex humo, il affirme que dans le mot homo la nota aspirationis a une motivation semantique parce qu'elle signale une concordance cum re significata qui a son origine dans la theologie chretienne. Des la Creation, en particulier a partir du moment oo Dieu inspirauit in faciem eius spiraculum uitae --comme l'atteste la Vulgate dans Genese, 2, 7: Formauit igitur Dominus Deus hominem de limo terrae, et inspirauit in faciem eius spiraculum uitae, et factus est homo in animam uiuenterre-- (65), les litterae sont ecrites (nomen ... notari), et meme ancrees, entrelacees (innexa) naturellement dans la physique du corps humain. Le geste vivificateur de Dieu a instaure entre le signifiant et le signifie un rapport de representativite iconique extreme, dans la mesure oo le premier coincide avec la signification du mot (Nomina quippe essentiant res. Idcirco enim est homo, quia appellatur homo. Idcirco est animal, quia appellatur animal, selon Thierry de Chartes dans son commentaire au De Trinitate de Boece) (66) et y est etroitement uni. L'acte divin a rendu leur association evidente et transparente au plus haut degre, parce qu'il a enracine les litterae dans une structure physique. Grace a l'identite de l'aspect figuratif (forma) des lettres avec les contours du visage (a l'exception du <h>, praeter aspirationis signum, v. infra, 44), l'image visible et perceptible du mot adhere totalement a l'objet, sans mediation, et les traits graphiques concrets dont est constitue le cote signifiant du signe verbal coincident avec la res significata. En vertu de ce lien intrinseque entre signifiant et signifie, non seulement le signe verbal a ete pourvu de motivation et se rend immediatement lisible, reconnaissable et universalement interpretable parce qu'il forme une seule chose avec sa dimension visuelle, mais aussi de son signifiant decoule une fonction hermeneutique.

A ce niveau, <<le systeme des relations entre les elements de la realite n'est que le reflet du systeme des relations entre les signes>> et <<le nom reprend ses droits et c'est lui qui motive le statut semiologique du signifie: la forme cree le fond, le mot engendre la chose, par un procede que l'on pourrait appeler "retro-motivation">> (67). Et dans cette perspective, l'ecriture a une valeur cognitive, et les lettres montrent une valeur absolue, meme en dehors d'un contexte de rapports syntagmatiques qu'elles entretiennent dans l'unite-mot, reduisant leur arbitrariete semiotique au profit d'une relation substantielle et ontologique avec la realite extralinguistique.

Cette conception, que le manuscrit remois du De nota aspirationis atteste au plus tard a la fin du XIIe siecle, n'est pas isolee, au moins dans un milieu savant qui s'interessait aux questions grammaticales, et notamment orthographiques. On en trouve en effet un echo --et une explication plus articulee-- dans une Ars copiee dans un manuscrit conserve a Bergame (68) et date de la premiere moitie du XIIe siecle, ou de la fin du XIe. Bien qu'etant necessaire pour distinguer homo des formes homophones de omen selon la meme perspective differentielle declaree par Apuleius, dans cette Ars aussi <h> se legitime causa significationis sensus (Bergame, Biblioteca Civica <<A. Mai>>, ms. MA 144, f. 67v. 1 sq.):
   Aliquando causa significationis sensus ut homo. Nam quamuis homo
   uideatur aspirari causa differentie scilicet ad differentiam omen
   ominis tamen aspiratur etiam causa significationis sicut post
   monstrabitur ... homo quomodo aspiratur causa significationis
   sensus? homo habet similitudines litterarum suarum praeter h in
   facie sua in qua praecipue cognoscitur. Nam habet duos oculos ad
   similitudinem duarum o, habet etiam quasi tres lineas iunctas
   oculis ad similitudinem m. Nam media linea m nasus est. Due extreme
   linee m. ille due extremitates leua scilicet et dextra quibus oculi
   iunguntur, hanc similitudinem habent etiam animalia, quedam debent
   ergo illa animalia appellari homines? Nequaquam quia aspiratio
   iuncta facit differentiam. Quomodo? De nullis animalibus scriptum
   est quod dicitur inspirasset in fatiem illorum spiraculum uite. De
   solo homine hoc scriptum est.


Comme dans la version transmise par Apuleius, selon cette Ars la nota aspirationis est l'empreinte du spiraculum uitae insuffle in faciem hominis par Dieu. Le signifiant <omo> asa propre raison d'etre en vertu de l'identite entre dimension figurative et dimension extralinguistique, parce que la combinaison lineaire des graphemes concordat cum re significata et manifeste ainsi une nature iconique. En outre, chacun des signes graphiques dont le mot se compose est <<transparent lettericon>> (69) qui coincide formellement avec des elements specifiques du referent, les traits physiques de la facies humaine in qua praecipue cognoscitur (duos oculos ad similitudinem duarum o, quasi tres lineas iunctas oculis ad similitudinem m), et qui pour cette raison est immediatement reconnaissable. Ainsi, le signans dans sa totalite trouve sa motivation ontologique et correspond a la realite signifiee dans l'acte divin, physique, biologique et psychique a la fois, qui cree l'homme <<a l'image>> et <<a la ressemblance>> de Dieu (70) et qui lui reconnait une place privilegiee dans la hierarchie des etres, en lui donnant l'ame spirituelle et l'intelligence, le distinguant ainsi des animaux prives de raison.

L'idee qui veut retrouver dans le visage de l'homme les lettres qui en forment le nom, telle qu'elle est attestee au plus tard au XIIe siecle par ces magistri (71), etait suffisamment connue aussi au XIIIe siecle, pour que dans la Comedia Dante Alighieri l'utilise pour decrire la condition physique des gourmands condamnes dans le Purgatoire et dont, a cause de la maigreur de leur visage (DANTE ALIGHIERI, Purgatorio, 23, 31-33 PETROCCHI):

<<Parean l'occhiaie anella sanza gemme: / chi nel viso de li uomini legge <<omo>> / ben avria quivi conosciuta l'emme>> (72).

Dante y fait allusion comme a une croyance encore repandue parmi ses contemporains (chi ... legge <<omo>>), une opinion vulgate (73) qui, en effet, est partagee par les theologiens et les predicateurs mystiques --dominicains ou franciscains comme Berthold de Ratisbonne (v. infra)-- et que Dante <<utilizza e ripropone qui in un contesto in cui l'uomo e figurativamente espresso nel suo corrispondente simbolico della scrittura: quasi per non dimenticare, a causa dell'attuale deformazione, o per esprimere il marchio profondo e indelebile dell'essere uomo. Questa impressa memoria di se rappresenta la soglia estrema del proprio essere, ma corrotta dalla vita, dalla storia, dagli avvenimenti: e questa soglia Dante deve oltrepassare per entrare in perfetta sintonia con quella dimensione "uomo" che la simbolica scritta imprime sul volto di tutti>> (74).

La tradition manuscrite ne laisse pas reconnaitre dans omo ou dans homo (qui est en effet atteste) la forme originellement choisie par Dante. Et pourtant il va de soi qu'il devait croire que Dieu avait inspire dans le visage humain le mot homo dans la sacralite qui etait propre au latin (75). A ce propos, il faut remarquer que la plupart des premiers commentaires de la Comedia en latin comme en langue vulgaire presupposent le latin homo (comme le fait aussi Berthold de Ratisbonne dans son sermon), puisqu'ils precisent que <h> n'est pas visible en tant que nota aspirationis, ajoutant ainsi une observation qui provenait d'une "vulgate" grammaticale.

Des la premiere moitie du XIVe siecle, en effet, plusieurs commentateurs de la Comedia qui pretent attention a ce tercet se soucient d'eclairer le caractere elliptique de l'image poetique de Dante en indiquant ces traits de la face humaine dont le contour rappelle celui des lettres de omo. Toutefois, ils declarent aussi que <h> n'y est pas reconnaissable parce que ce n'est pas une littera; ils semblent donc presupposer la forme latine homo. Par exemple, dans les gloses latines attribuees a l'Anonyme Latin (76), notamment dans celles de l'Anonyme Lombard redigees avant 1326, on peut lire:
   Vult dicere quod adeo erant macre et sine carne ille tales umbre,
   quod concauitates oculorum eius uidebantur annuli sine lapide. Et
   quod uolentes in humana facie legere hanc dictionem homo, bene
   discernissent in faciem ipsorum hanc licteram M; quod M dicitur
   esse nasus cum arcubus superciliorum descendendo inferius per
   tympora, quia tale M resultat; oculi autem ponuntur loco gemini O;
   et sic habes homo. H uero non ponitur quia non est lictera, set
   aspirationis nota.


Dans les Chiose Filippine le commentateur se refere aussi au statut de <h> par rapport aux autres lettres (77):
   et tunc posset ibi legi ista diccio OMO, quia seclusa et remota H,
   que non est littera significatiua, sed aspiracio, quia prima fouea
   unius oculi esset unum O, illa tria ossa, siue tres linee de osse
   nasi, essent M et alia fossa alterius oculi esset unum aliud O; et
   sic esset completa ista diccio OMO sine H,


et de meme Benvenuto de Imola y fait allusion d'une maniere plus precise (4, 53-54) (78):
   Hic poeta adducit tertiam comparationem ad manifestandam formam
   istorum dicens: l'occhiaie, idest, sedes oculorum, parean anella
   senza gemme, quod probat per aliud argumentum; quia ille, chi legge
   omo nel viso degli uomini bene avria quivi conosciuto l'emme. Hoc
   dicit, quia istud nomen homo est descriptum in facie eius; nam ibi
   sunt duo oculi sicut duce literte, o, et linea nasi cum duobus
   arcubus superciliorum faciunt formam huius literce M; H uero non
   est litera sed aspirationis nota; ideo facile poterat quis legere M
   in facie istorum famelicorum. Et hic nota quod Ouidius ubi supra
   describens famem dicit similiter quod habebat oculos cauos,
   capillos hirtos, labia alba, dentes rubiginosos, cutim duram et
   subtilem, per quam poterant uideri omnia intestina ...


Cette precision est commune aux commentateurs en langue vulgaire aussi, comme Francesco de Buti qui, dans la revision de 1396, ecrit (2, 554-555) (79): <<dicesi che ne la faccia umana se vedono formate littere che significano omo; cioe le du' ritondita delli occhi per due O, e la tratta del naso co li archi de le cillia uno m, fatto in questa forma [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]; e cosi leggeno omo sensa h: impero che la h non e littera; ma e signo d'aspirazione: homo dice lo Grammatico (80), quasi fatto de humo; cioe di vilissima terra: impero che Iddio fece lo primo omo Adam in Damasco di loto; espirando ne la faccia sua spiraculo di vita, lo vivifico e diedeli anima ragionevile et intellettiva e misselo nel Paradiso delitiarum>> (81).

L'elaboration medievale de ce <<symbolisme physiognomique>> (82) est complexe et ces ressemblances pretent a une sorte de <<jonglerie portant sur les lettres>>, parce que, comme l'affirme Paul Zumthor a propos des compositions dites "abecedaires" comme, au XIIIe siecle, Li abeces par ekivoche et li significations des lettres de Huon le Roi de Cambrai, elles <<impliquent que celles-ci constituent des formes, de deux manieres: en tant qu'entites autonomes et en tant qu'elles se regroupent en une (unique) serie ordonnee, l'alphabet>> (83). Et si <<l'ordre alphabetique est signe d'unite de sens dans la complexite de ce qui constitue les mots ecrits>>, il ne faut pas oublier que <<la lettre individuelle est signe aussi: par sa forme graphique, par les associations visuelles ou phoniques qu'elle provoque lorsqu'on la contemple ou l'enonce, elle est une matrice de possibles signifiants>> (84). Des le XIIe siecle, par exemple, la recherche de correspondances semble s'enrichir de valences et de possibilites ulterieures et, parallelement, elle developpe l'individuation de conformites avec d'autres elements physiques (le nez, la bouche, les oreilles): dans la seconde moitie du siecle Jean de Garlande voit ecrit (scribitur) <omo Dei> (85) bis in nostro uultu (Compendium Gramatice, 1,341-350 HAYE) (86):
   In notulis mirum pandunt modulantia labra
   Artificem testata Deum, qui uirgine sacra
   Induit humanum nostro sine semine uultum.
   Scribitur in uultu nostro bis homo comitante
   Ista uoce Dei: Faciunt orbes oculorum
   O bis, scribitur m naso mediante per orbes,
   Auris d, naris facit e, facit i decus oris.
   A dextra leuaque simul uox illa resultat.
   Ergo bis in nostro uultu uox illa legetur.
   Sic uero notule uires habuere latentes.


C'est encore <omo Dei>, <<mit disen sehs buochstaben>>, que lit dans le visage le predicateur franciscain Berthold de Ratisbonne vers la milieu du XIIIe siecle, dans le sermon (25) <<Saelic sint di reines herzen sint>> (87):
   Nu seht, ir saeligen gotes kinder, daz in der almehtige got sele
   unde lip beschaffen hat. Unde daz hat er iu under diu ougen
   geschriben, an daz antlutze, daz ir nach im gebildet sit. Da hat er
   uns rehte mit geflorierten buochstaben an daz antlitze geschriben.
   Mit grozem flize sint sie gezieret unde geflorieret. Daz verstet ir
   gelerten liute wol, aber die ungelerten muugent sin niht versten.
   Diu zwei ougen daz sint zwei O. Ein H daz ist niht ein rehter
   buochstabe, ez hilfet niuwan den andem: als HOMO mit dem H daz
   sprichet mensche. So sint diu zwei ougen unde die brawen dar obe
   gewelbet unde diu nase da zwischen abe her: daz ist ein M, schone
   mitdrin stebelinen. So ist daz ore ein D, schone gezirkelt unde
   geflorieret. So sin themes lit diu naselocher unde daz undertat
   schone geschaffen reht alse ein krichsch E, schone gezieret und
   geflorieret. Nu seht, ir reinen kristenliute, wie tugentliche er
   iuch mit disen sehs buochstaben gezieret hat, daz ir sin eigen sit
   unde daz er iuch geschaffen hat! Nu sult ir mir lesen ein O und
   ein M und aber ein O zesamen: so sprichet ez HOMO. So leset mir
   ouch ein D und ein E und ein I zesamen: so sprichet ez DEI. HOMO
   DEI, gotes mensche, gotes mensche! (88).


Mais si Berthold de Ratisbonne precise que <<Ein H daz ist niht ein rehter buochstabe, ez hilfet niuwan den andem: als HOMO mit dem H daz sprichet mensche>>, en rappelant le statut de nota aspirationis reserve a <h> chez la plupart des auteurs s'interessant a l'heritage grammatical latin, au XIVe siecle certains commentateurs de Dante se distinguent de leur predecesseurs en proposant d'identifier les traits qui constituent <h> dans l'anatomie des oreilles. C'est <homo Dei>, en effet, la lecture du commentateur qui, vers 1355, a compose les Chiose Ambrosiane: Homo - In facie cuiuslibet hominis scriptum est <<homo Dei>>. Auricula destra est H, habet oculus dexter O, supercilia curua cum naso M, occulus sinister alterum O. Sic etiam auricula sinistra D, nares E, os I (89), et celle de l'Anonimo fiorentino qui, apres 1383 mais avant 1428, ecrit (2, 378): <<Chi nel viso degli uomini. Dice alcuno che hel viso di ciascuno uomo si puo leggere Homo Dei in questo modo: uno delli orecchi e l'H. et l'altro orecchio per l'altro verso rivolto e uno D., l'occhio e uno O., il naso colle ciglia e uno M. la bocca e uno I. Or dice l'Auttore che per la magrezza gli occhi erono si fitti nella testa, che l'M. chiaramente si scorgea>> (90).

Il faut pourtant souligner une difference de perspective entre les arguments des grammairiens du XIIe siecle et ceux de leurs heritiers aux XIIIe et XIVe siecles. Dante presuppose <homo>, mais la cooccurrence de omini peut lui avoir suggere la forme <<vulgaire>> <omo>, tandis que ses commentateurs reintroduisent la question de <h> nota aspirationis et non littera. De meme ceux qui excluent <h> comme Jean de Garlande (<omo Dei>) et Berthold de Ratisbonne, ou ceux qui, comme l'auteur des Chiose Ambrosiane et l'Anonimo fiorentino, cherchent la trace de <h> dans l'auricula (<homo Dei>) poursuivent une exigence explicative et non linguistique. Au contraire, Apuleius, tout comme l'auteur de l'Ars du manuscrit de Bergame, laissent entrevoir dans leurs speculations une sorte de hierarchie fonctionnelle entre les graphemes, une hierarchie qui ne fait pas ecole et qui, en tout cas, n'est pas explicitee par Dante, ni par ses commentateurs, ni par la tradition homiletique.

En effet, si la lisibilite de <omo> dans le visage humain est une donnee d'evidence indubitable, ces similitudines litterarum suarum ne sont pas valables pour <h> (praeter h), dont le dessin n'est nullement reconnaissable in facie hominis; pourtant, c'est exclusivement <h>, en tant que marque de la divine aspiratio, qui iuncta facit differentiam. Tatwine affirmait: Littera tollatur, non fulget nominis ortus (91), et cela est encore plus important pour la nota aspirationis dans le nom de l'homme. C'est en effet uniquement <h> qui, parmi les autres lettres, est revetue d'une valeur pour ainsi dire distinctive, qui depasse la singularite et le caractere isolable du signe graphique pour s'etendre a toute la chaine des lettres et sans lequel, puisque hanc similitudinem habent etiam animalia (92), on devrait se demander si queedam debent ergo illa animalia appellari homines (93). Ainsi, en tant que <<form miming meaning>>, la lettre se refere <<exophoric(ally)>> (94) a une donnee extralinguistique, parce qu'elle a ete iuncta au visage de l'homme par l'acte divin de l'aspiratio, sans qu'on puisse la reconnaitre au niveau formel: modele a l'aide du limon (ex humo), l'homme est anime par le souffle vital (inspiratio). Sa creation est donc non seulement un acte d'ecriture (nomen ... notum est in facie hominis notari), selon l'image metaphorique suggeree par Hugues de saint Victor (Didascalicon, 7, 4 [PL 176, c. 814B] (95):
   Vniuersus enim mundus iste sensibilis quasi quidam liber est
   scriptus digito Dei, hoc est uirtute diuina creatus, et singulae
   creaturae quasi figurae quaedam sunt non humano placito inuentae,
   sed diuino arbitrio institutae ad manifestandam inuisibilium Dei
   sapientiam) (96),


mais aussi, et au meme temps, un acte d'emission articulatoire. Comme Apuleius le definit, <h> est signum (nota aspirationis innexa signum [est] ...) (97) dont le signans, la forma, revet, par rapport a son contenu phonique (l'aspiratio), une fonction iconique analogue a celle des <<translucent letter-icons>> qui <<seem to be conventionally or non-iconically used letters at first blush but once an inherent similarity between meaning and form has been pointed out, they reveal themselves as icons in a flash, and we wonder why we did not recognize their iconic character before>> (98).

3.2.1. Une suggestion

La question du statut de <h> semble se nourrir de motivations differentes bien que reciproquement liees. A l'origine elles sont grammaticales --et etroitement graphiques--, mais elles sont etayees par des motivations theologiques. C'est pour cette raison que je fais allusion ici a une contribution recente de Costantino Marmo qui, en se rattachant aux etudes sur la dispute eucharistique au XIe siecle entre Berenger de Tours et Lanfranc de Pavie et sur l'interet renouvele pour la theorie du signe augustinienne (99), souligne l'apport innovatif des idees theologiques et semiotiques exposees au IXe siecle par Paschase Radbert dans son De corpore et sanguine Domini et dans son Expositio in Matheo. Pour eclairer la coexistence de ueritas et figura dans le sacrement eucharistique, Paschase introduit l'image du character en l'expliquant par le synonyme figura dans son acception metalinguistique (PASCHASIVS RADB. De corpore et sanguine Domini, 4, 29 PAULUS):
   Quid enim aliud sunt figurae litterarum quam caracteres earundem,
   ut per eas uis et potestas ac spiritus prolatione oculis
   demonstretur?


et (ID., Epist. ad Fredugardum, 148 PAULUS):
   In eo [Filio ut caracter appellatur] nihil fictum fuit, nihil
   uacuum a ueritate, sicut nec caracteres uel figuras esse dicimus
   litterarum a ui potestate earum, cum easdem figuras tropice
   litteras uocamus (100).


Le character represente au niveau graphique un fait articulatoire, il est une nota, unite pourvue de nomen, forma et potestas comme l'attestent les commentaires sur l'Ars maior de Donat qui s'occupent au IXe siecle de la uox --ceux de Sedulius Scotus, le Donatus Ortigraphus, Alcuin (101)--; il permet de <<rendere visibile cio che nella pronuncia, sul piano della lingua parlata, sono il valore, vocalico o consonantico (uis et potestas va intesa come endiadi), e l'aspirazione>> et, en tant que figura --signe coincidant avec son signifie-- il rappelle l'identite entre signans et signatum qui se realise dans l'eucharistie, oo <<l'aspetto sensibile del pane e del vino, e figura o character del corpo e del sangue di Cristo che sono realmente presenti dopo la consacrazione e di cui il credente si nutre, non solo spiritualmente, ma anche fisicamente>> (102).

D'une facon analogue, et sans vouloir pecher par simplification, la perspective theologique et grammaticale de la semiose eucharistique de Paschase ne semble pas totalement independante de celle qu'Apuleius presuppose plus tard pour <homo> du point de vue orthographique. Cela parce que le relief specifique reserve par Paschase a l'aspiration (spiritus) et <<l'immediatezza "fenomenologica" del rapporto tra lettere-grafemi e lettere-fonemi di una lingua>> (103) manifestent, avec l'importance de la langue et de l'ecriture en tant que domaines metaphoriques pour des faits de nature differente, la perception de l'aspiratio comine un fait phonique necessitant une notation concrete, ainsi que l'idee qu'a ce niveau la coincidence entre signum et res peut reduire la distinction entre signe et signifie (selon l'interpretation paschasienne).

3.3. D'autres exemples de concordantia

A la fin de son passage sur homo, selon la meme perspective d'une homologie 'platonisante' entre le monde des choses et celui des mots acceptee aussi par Apuleius, l'auteur anonyme de l'Ars du manuscrit de Bergame declare l'efficacite semiotique de la nota aspirationis (ms. MA 144, f. 67v.1 sq.: Itaque h que est nota aspirationis que est iuncta huic nomini quod est homo monstrat quod aspiratio domini fuit iuncta faciei hominis in qua facie quodammodo scriptum est hoc nomen quod est homo), ainsi que de toutes les litterae, considerees comme etant ontologiquement revelatrices des proprietes intrinseques du referent, tant pour leur forma et leur potestas, que pour leur position syntagmatique et leur combinaison en syllabes (ivi, f. 68r.79):
   Nam que littere que sunt in principio dictionum concordant cum
   significationibus earundem dictionum habemus multa exempla, et non
   solum litterg posite in principiis dictionum concordant curo
   significationibus earundem dictionum. Sed etiam aliquando ipse
   numerus litterarum ... (104).


Encore une fois, ces renseignements rappellent ce qu'Apuleius ecrit a propos de <h> et de ses fonctions aussi bien dans les interjections (en utilisant les nombreuses donnees que la grammaire latine lui offrait), que dans certains mots latins comme hostis, halare, horrere et hiare. Dans ces cas, le grapheme ne maintient pas seulement sa valeur differentielle a un niveau purement graphique (forma), lorsqu'il permet de distinguer, selon la tradition latine des differentiae uerborum, des mots desormais devenus homonymes tels que ora et hora, mais aussi lorsqu'il exprime sa fonction semiotique et toutes les potestates inherentes aux signes graphiques.

A propos de hostis, Apuleius mentionne les differentes motivations qui legitimeraient <h> dans l'orthographe du mot. La lettre a une fonction differentielle, parce que (Asp. ff. 87r.23-87v. 1): Hostis autem aspiratur ut per genitiuum pluralem ab eo nominatiuo quod est ostium secernatur, sans oublier qu'elle peut etre marque formelle du rapport de derivation qui, affirme-t-il, lie hostis et hostire (Asp. f. 87v.1-3):
   Vel ideo aspiratur hostis quod a uerbo hostio deriuatur quod equo
   significat quoniam in hostium conflictu qu? dam consueuit fieri
   gquatio ordinum.


Cependant, le magister ajoute (Asp. f. 87v.3-6):
   Concordat etiam in hoc nomine aspirationis signum cum re que
   significatur. Ita enim effigiatur nota aspirationis secundum
   ueterem scripturam quasi biceps gladius (105) inter duas hostiles
   partes hoc modo |- -| (105)


Il declare qu'il y a concordantia entre aspirationis signum cum re quae significatur, parce que la motivation de l'emploi de <h> repose aussi sur la ressemblance formelle entre la lettre, dans son aspect secundum ueterem scripturam (107), et le contenu conceptuel du signe verbal (en offrant ainsi un <<Beispiel einer Etymologie, welche die [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] nicht im Laute, sondern im Schriftzeichen findet>>) (108).

Au contraire, une ressemblance imitative entre le signifiant phono-acoustique et le contenu semblerait impliquee pour <h> aussi bien dans les interjections quia affectum significant, comme cela arrive pour ah (Asp. f. 83v.2-5: A nomen uel praepositio aspiratione caret, a uero interiectio ut ab his differat aspiratur uel quia affectum significat cum aspiratione profertur) et pour hei (Asp. f. 84r.3-5: E ante f g h non reperitur aspiratum et ante i aspiratur in hei interiectione ut ah ei pronomine distet uel quoniam affectum significat cum auctiore spiritu est promendum), que pour les verbes halare (Asp. f. 82v.20-22: Concordat enim in hoc uerbo aspirationis nota cum ipsa uerbi significatione. Halare enim spirare est et halitum spiritum dicimus) (109), hiare (Asp. f. 85v.19-23: Ante o aspiratur i in hio hias significationis causa quoniam in hiando maior fit spiritus et ut in prima et secunda et tercia persona singulari futuri temporis indicatiui et in prima et secunda et tercia plurali optatiui futuri differat a futuro indicatiui illius uerbi quod est eo is) (110) et horrere (Asp. f. 87r.9-11: Horreo aspiratur ut ipse aspirationis horror cum eiusdem uerbi significatione concordet).

Dans ces cas oo Apuleius evoque la motivation semantique, <h> signale (significationis causa) au niveau graphique un fait phonique et spiritus maintient sa valeur metalinguistique parce qu'il indique l'aspiration en tant qu'emission d'air pour l'articulation, a noter au moyen d'une littera. Il va sans dire que cela ne signifie pas necessairement une prononciation aspiree de ces mots latins (meme si elle etait souvent adoptee dans les ecoles); cela suggere plutot la conscience que la motivation graphique reside, au moins a l'origine, dans un fait d'ordre phonique et non morphologique (c'est-a-dire deriuationis causa). Cette conscience, tres vive dans la pensee grammaticale entre la fin du XIe siecle et le XIIe siecle comme en temoignent Apuleius et l'Ars de Bergame, ne semble pas due au hasard; en fait, les raisons de l'interet envers ces faits peuvent mieux s'expliquer comine une convergence de suggestions nombreuses, qui viennent d'une attention a certaines filieres de la reflexion latine concemant <h>, peut-etre renouvelee aussi grace a l'observation synchronique et a la perception contrastive de phenomenes phonetiques (et graphiques) chez des locuteurs alloglottes.

4. <H> SIGNVM ASPIRATIONIS

La finalite de l'ceuvre d'Apuleius reste fondee sur la dimension orthographique dans ses rapports avec l'etymologie et le critere differentiel, et le theme de l'aspiration y est traite avec un but eminemment graphique. Et bien qu'on admette la diffusion au Moyen Age d'une articulation aspiree pour les mots latins avec h dans certains milieux scolaires --une restitution docte et artificielle par rapport a l'anciennete de la perte de l'aspiration, mais semblable a celle qui frappe les diphtongues latines (ae et oe)--(111), toutefois l'interet d'Apuleius pour la proprietas reside dans la dimension ecrite car elle est homogene et coherente avec des motivations non phoniques. Dans ses traites, en effet, il n'y a pas de traces de la controverse posee par les grammatici concernant le statut de l'aspiration (112), qui avait vu d'une part Marius Victorinus (Ars GL 6, 5, 27-28), Charisius (Ars, 350, 20-23 BARWICK [GL 1, 265, 20-22]), Priscien enclins a la considerer comme une nota aspirationis, de l'autre part les grammairiens qui la qualifiaient de littera, unite fonctionnelle du systeme graphique pourvue de potestates, tandis que Donat etait possibiliste (Ars mai. 1, 605, 2-3 HOLTZ: H interdum consonans interdum adspirationis creditur nota). Parmi ceux-ci, Pompeius (Comm. Artis Donati, GL 5, 117, 14-22) avait souligne la fonction metrique de <h> dans le vers virgilien (Aen. 9, 610) tergafatigamus hasta --argument errone qui trouvera pourtant un tres bon accueil dans la Latinite tardive et au Moyen Age (113)--, et d'autres grammairiens rappelaient que <H> etait utilise par les Grecs pour noter l'aspiration et que dans ce but, selon la convention latine, <H> deplace derriere la consonne conservait sa fonction dans les groupes <TH, KH, PH>. Encore plus que Velius Longus (De orth. GL 7, 52, 3-53, 4, qui pourtant reconnait dans l'adsignificatio une propriete de <h> grace a la difference semantique entre ira et hira), Terentius Scaurus (De orth. GL 7, 22, 17-24, 2) avait considere <h> comme une unite autonome de la langue du fait de plusieurs raisons: sa nature de littera chez les Grecs, sa presence dans l'alphabet latin, le pouvoir de servir d'abreviation, d'etre remplacee par une autre littera (<f> par exemple, un cas de conuersio tres bien connu d'Apuleius); enfin, les conditions qui font que <h> entraine des valeurs differentes selon l'ordo, c'est-a-dire selon sa position syntagmatique, devant une voyelle ou derriere une consonne (114).

Cette derniere argumentation, qui est conforme a une analyse distributionelle, est explicitee par Priscien, qui qualifiait pourtant <h> de nota aspirationis. Dans les Institutiones grammaticae il affirme que la diversite phono-acoustique (uox) depend de faits syntagmatiques (minimum sonet par rapport a plus sonat), qu'il definit avec les adverbes extrinsecus et intrinsecus (115) selon que <h> precede les voyelles ou suivit les consonnes (ce qui arrive pour tous les mots grecs qui commencent par c, t, p, r), et il introduit une consideration <<systemique>> de ces memes faits, lorsqu'il observe que pour le consonantisme ces conditions produisent differentes valeurs semantiques pour les mots (GL 2, 18, 15-19, 8):
   Aspiratio ante uocales omnes poni potest, post consonantes autem
   quattuor tantummodo more antiquo Graecorum: c t p r, ut <<habeo>>,
   <<Herennius>>, <<heros>>, <<hiems>>, <<homo>>, <<humus>>,
   <<Hylas>>, <<Chremes>>, <<Thraso>>, <<Philippus>>, <<Pyrrhus>>.
   ideo autem extrinsecus ascribitur uocalibus, ut minimum sonet,
   consonantibus autem intrinsecus, ut plurimum: omnis enim litera
   siue uox plus sonat ipsa sese, cum postponitur, quam cum
   anteponitur, quod uocalibus accidens esse uidetur, nec, si tollatur
   ea, perit etiam uis significationis, ut si dicam <<Erennius>>
   absque aspiratione, quamuis uitium uidear facere, intellectus tamen
   permanet, consonantibus autem sic cohaeret, ut eiusdem penitus
   substantiae sit, ut, si auferatut, significationis uim minuat
   prorsus, ut si dicam <<Cremes>> pro <<Chremes>>. Vnde hac
   considerata ratione Graecorum doctissimi singulas fecerunt eas
   quoque literas, quippe pro [tau]/- [theta], pro [pi]/- [fi] pro
   [kappa]/- [jial quardro] scribentes, nos autem antiquam scripturam
   seruauimus (116).


Alors que par rapport aux voyelles l'aspiration est consideree comme un accidens (117), son absence (si tollatur ea) ne reduit pas la uis significationis du mot (intellectus tamen permanet), au contraire, sa cohaerentia avec les consonnes est substantielle en termes articulatoires, ut eiusdem penitus substantiae sit, et entraine des consequences fonctionnelles pour l'aspiration, lui attribuant ainsi une valeur <<phonologique>>. De l'absence de l'aspiration (si auferatur) dans les sequences avec consonnes c, p, t, r decoule en effet une difference semantique (significationis uim minuat prorsus) dans des couples de lexemes, comme Priscien le montre avec l'epreuve de commutation Chremes vs. Cremes et rappelant la norme graphique latine modelee sur celle du systeme grec.

Ces renseignements restent un paradigme indiscutable pour la reflexion sur les litterae jusqu'au Moyen Age. On les retrouve dans le passage du De orthographia oo Cassiodore utilise Priscien (GL 7, 208, 4-8: Adspiratio ante uocales omnes poni potest; post consonantes autem quattuor tantummodo ponitur, c t p r, ut habeo Herennius heros hiems homo humus Chremes Thraso Philippus Rhodus. ideo autem h uocalibus extrinsecus adscribitur, ut minus sonent, consonantibus autem intrinsecus, ut plurimum sonent) et decrit l'aspiratio en l'evaluant selon des combinaisons differentes. C'est de l'autorite de Priscien que s'inspirent des ceuvres grammaticales des VIII-IXe siecles comme le Donatus Ortigraphus, oo les considerations De aspiratione de Priscien sont citees a la lettre ou presque dans la reponse du magister a la question Vtrum iungitur aspiratio consonantibus? posee par le disciple (DONATVS ORTIGR. Ars grammatica, 32, 660-676 CCCM 40D CHITTENDEN), et oo est aussi mentionne Pompeius (33, 694-699): Potest [scil. H pro littera esse] etiam et facit commonem syllabam apud poetas. Vt Pompeius dicit: H quae aliquando aspiratio est, aliquando littera in syllaba, ut pute: quisquis honus tumuli: hic aspiratio est; terga fatigamus hasta: hic pro littera habetur. Sed quae sit ratio haec, ex ratione syllabarum intellegimus: ubi sit aspiratio, ubi sit littera (118). Une distinction identique apparait aussi plus tard, dans les textes qui traitent de questions proches --souvent aussi communes comme on l'a vu-- de celles d'Apuleius concernant l'orthographe, comine les Artes lectoriae. Au XIe siecle, dans son Ars lectoria, Aimeri de Gatine affirme que ante uocales debilitatur aspiratio, tandis qu'apres les quatre consonnes plurimum h asperius sonet (AIMERICVS, Ars, 1, 20 REIJNDERS):
   Ponitur autem (scil. aspiratio) ante uocales et minimum sonat, hoc
   est: ante uocales debilitatur aspiratio, ut <<habito, hereo,
   hirundo, homo, humus, Hylas>>, sed <<abundate, abiit>> ideo non
   habent h quoniam <<ab>> prepositio inest. Consonantibus uero tantum
   quattuor c, p, r, t postponitur h ut plurimum h asperius sonet, ut
   <<patriarcha, pulchre, philosophus, sophia, Chremes, Rhenus,
   Thraso, Themis, Athlas, Tharse>> (119).


Ces observations montrent la continuite d'une conception <<protophonologique>> non seulement dans la tradition grammaticale qui s'interessait aux litterae en tant qu'a une des premieres etapes de la connaissance du latin et un passage oblige du savoir artigraphique, mais aussi (et ceci parait plus interessant) dans une typologie de textes qui s'occupent specifiquement de questions souvent liees a l'orthographe, telles que la prosodie et la lecture. Il est donc permis de supposer que dans un contexte savant soucieux des faits concemant l'aspiration comme celui auquel appartient Apuleius (qui considerait Priscien comme l'auctoritas grammaticale et parlait de nota aspirationis), les contenus qui ont ete transmis en heritage constituent des connaissances acquises et l'occasion pour une reflexion ulterieure, en matiere de phonetique aussi. Le magister en temoigne non seulement a propos de la graphie des mots grecs (120), mais surtout lorsqu'il souligne la diversite fonctionnelle du signum <h> selon le meme critere distributionnel herite de la tradition latine (comme <h> dans homo, hostis, halare, hiare et horrere), lorsqu'il fait attention a certaines situations de commutatio litterarum; enfin, lorsqu'il montre une sensibilite 'contrastive' envers des circonstances graphiques, reflet de la diversite de prononciation (et de notation graphique) qu'on pouvait percevoir chez des locuteurs en langues vernaculaires (121).

4.1. Les barbarae dictiones

La perception d'articulations phoniques etrangeres, dues au contact avec des alloglottes, ainsi que la conscience des autonomies et des differences entre systemes graphiques representant des idiomes divers peuvent avoir rendu encore plus vive la sensibilite d'Apuleius a l'egard du theme de l'aspiration. Il ne faut pas meconnakre les consequences de ces phenomenes dans la reflexion sur l'ecriture de <h> chez un magister d'une aire linguistique romane comme Apuleius. Il manifeste en effet une competence remarquable en matiere de tradition graphique latine mais est aussi tres soucieux d'en observer les differences avec d'autres scriptae dont il montre qu'il a une certaine conscience si ce n'est une certaine familiarite. Ses observations, en effet, temoignent du polymorphisme graphique dans la pratique ecrite latine de l'Italie du Nord entre le XIe et le XIIe siecle, oo <<grafie nuove ... attestano inequivocabilmente l'esistenza di suoni nuovi nella pronuncia dei latino scritto e insieme tradizioni scrittorie "medievali", diverse rispetto a quelle "classiche">> (122), et pourraient aller s'ajouter aux <<nombreuses mentions eparses dans les textes de toute nature>> qui <<attestent un interet constant pour les phenomenes langagiers latins et vemaculaires>> (123).

En matiere d'aspiration Apuleius montre une attention remarquable pour l'ecriture de noms des transalpini et qui derive d'une connaissance --directe et personnelle ou indirecte quelle qu'elle soit-- de faits tant phono-acoustiques que graphiques concrets qui concernent l'aspiratio (a l'initiale du mot devant une voyelle) et sa notation dans l'onomastique des barbari (Asp. f. 88r. 12-22):
   Barbarorum uero dictionum siquas in usum nostrum admittimus eas
   dumtaxat aspirare debemus quas auctoritate eiusdem lingue peritorum
   aspirandas nouerimus ... Ita Henricus, Hubertus et quaedam aliorum
   uirorum nomina quae moderno a transalpinis accepimus aspiramus,
   quoniam constat testimoniis eiusdem linguae peritorum quod haec
   nomina ab eisdem transalpinis non sine asperitate spiritus
   proferantur. Sunt tamen qui putant huiusmodi uocabula egregiorum
   uirorum honoris gratia aspirari ideo quod ipsum generale honoris
   uocabulum non sine aspiratione notatur (124).


Il en appelle donc a l'autorite et a la competence des periti qui confirment pour l'onomastique etrangere, recemment entree dans l'usage roman (Ita Henricus, Hubertus et quaedam aliorum uirorum nomina quae moderno a transalpinis accepimus aspiramus), la necessite du signe <h-> devant une voyelle pour noter une prononciation percue comme differente chez ces memes locuteurs transalpini s'exprimant dans leur langue matemelle (non sine asperitate spiritus proferantur). Dans ce cas, donc, <h-> recoit une motivation du fait qu'il doit representer un fait sonore concret: la fricative laryngale germanique devant une voyelle au debut d'un mot (125), qui dans l'aire romane a laquelle appartient Apuleius etait un phenomene etranger, meme si elle pouvait etre consideree comme etant proche de l'aspiratio latine ancienne telle que les sources grammaticales le laissaient supposer.

Cette perception est caracteristique, par exemple, de la culture linguistique italienne encore dans la premiere moitie du XIIIe siecle, comme l'atteste Boncompagno de Signa (126):
   Item nota quod omnia propria nomina uirorum et mulierum in quorum
   principio est uocalis prima sillaba, secundum Teotonicorum
   consuetudinem aspirantur. Sane Teotonici ex natura ydiomatis
   proprii aspere uerba proferunt. Quare frequenter dictiones aspirant
   et asperius pronunciant aspiratas. Aspirantur etiam apud eos
   Henricus et Hermannus et similia, et illos in aspiratione tali
   aliquando imitamur ... Teotonici de tribus uocalibus aspiratis
   faciunt unam interiectionem dolentis uel plorandis, uidelicet
   hahuhe ... (127).


Elle etait toutefois deja bien vivante deja au tournant des XIe et XIIe siecles dans certains milieux savants de l'aire romane, car le magister de l'Ars du manuscrit de Bergame traite ce sujet (ms. MA 144, f. 67r.19): quia illa dictio que aspiratur tracta esta barbaris apud quos aspirationes sonant etiam ante uocales ut praehendo, en explicitant la diversite des conditions syntagmatiques, qui apud barbaros admettent l'aspiration etiam ante uocales et dont le systeme graphique permet de noter un fait phonique concret grace a une littera.

Dans le syncretisme entre tradition grammaticale latine, pensee linguistique medievale et exegese chretienne, on peut reconnaitre l'empreinte de l'ouvrage d'Apuleius, compendium scolaire montrant la permeabilite d'un milieu professionnel soucieux des themes orthographiques a la reflexion sur le langage, sur les langues et sur l'etymologie. Pour Apuleius aussi, qui travaille anterieurement au paradigme modiste, peuvent s'appliquer les analyses de Howard R. Bloch: <<l'histoire, la grammaire (interne comme externe) et la theologie sacramentelle du haut Moyen Age sont informees par un modele commun sous-jacent; il suppose l'action determinante d'un commencement absolu dont l'unite s'oppose a la multiplicite qui en a decoule, et il conduit a mettre l'accent sur les relations organiques continues entre les parties multiples et le tout ontogenique ... le desir ardent de retrouver la totalite perdue d'une origine genealogique et linguistique se transforme en une theologie de l'histoire ora l'union du Fils et du Pere s'identifie avec l'union sacramentelle du signifiant et du signifie>> (128).

Laura BIONDI

Universita degli Studi di Milano

* Je tiens a manifester ma gratitude a Madame Anne Grondeux, pour avoir lu avec generosite ce travail et l'avoir propose pour la publication dans Votes; cette recherche tient compte de ses suggestions, de ses corrections et de ses conseils precieux. Je remercie tout aussi chalereusement Madame Marie-France Merger: c'est elle qui a revu et corrige cette recherche publiee en francais. Mes remerciements aussi a David Paniagua pour avoir suivi si soigneusement ce travail dans son parcours editorial. La responsabilite de ce qu'on y lira est, naturellement, toute a ma charge.

(1) POLARA, Giovanni, <<Problemi di grafia dei latino fra tardo Antico e alto Medioevo>>, dans AA. VV., La cultura in Italia fra tardo Antico e alto Medioevo. Atti del Convegno tenuto a Roma, CNR. dal 12 al 16 novembre 1979, Roma, Herder, 1981, p. 475. Pour l'idee de l'ecriture comine <<lieu ideologique>> v. CARDONA, Giorgio Raimondo, Antropologia della scrittura, Torino, Loescher, 1981, pp. 118-131.

(2) BIONDI, Laura, <<Mai, Osann e Apuleius grammaticus. Un testis antiquior del De nota aspirationis e del De diphthongis>>, Acme 50.3, 1997, 65-108 1: 81-951; EAD., <<Apuleius, De nota aspirationis e De diphthongis. Ricognizioni su modelli strutturali e teorici in due testi medievali sull'ortografia latina>>, Acme 54.3, 2001, 73-111.

(3) Comme les temoins du XVe siecle choisis par Friedrich Osann pour son edition des traites d'Apuleius (L. Caecilii Minutiani Apuleii De orthographia fragmenta et Apuleii Minoris De nota aspirationis et De diphthongis libri duo, Edidit et animaduersionibus auxit Fridericus OSANN Professor Gissensis, Darmstadii, sumptibus C. G. Leske, 1826), datas laquelle li avait publie aussi les fragments De orthographia attribues a Lucius Caecilius Minutianus Apuleius, pseudonyme d'un humaniste italien peut-etre a identifier avec Celio Rodigino.

(4) En general, <y> est consideree comme sexta dans la serie des voyelles; chez MARTIANVS CAPELLA (De nuptiis Philologiae et Mercurii, 3, 258, ed. James A. WILLIS, Leipzig, Teubner, 1983): Placet enim mihi y in uocalium numerum congregari, neque sine hoc Hyacinthus aut Cyllenius poterit annotari, sic igitur erit, ut senae fiant uocales, semiuocales et mutae (et 3, 233: Nam uocales, quas Graeci septem, Romulus ser. usus posterior quinque commemorat, y uelut Graeca reiecta); BEDA (De arre metrica, 1, 1.8-11 CCSL 123A KENDALL): Y autem sextam uocalem et Z septimam decimam consonantem propter Graeca uerba, quibus consuete utuntur, adsumpsere Latini. Neque enim aliter <<typum>> uel <<zelum>> uel cetera huiusmodi quomodo scribere habebant; ALCVINVS (Ars PL 101 c. 855C-D [Saxo]): Nam y litteram sextam uocalem, causa Graecorum nominum, assumpsere Latini, sicut et z consonantem; ARS LAVRESHAMENSIS (Expositio in Donatum maior. 1, 152.37-39 CCCM 40A LOFSTEDT): Alii plures computauerunt, ponentes y sextam uocalem. Vt quid ergo Donatus eam non annumerauit? Ideo nempe quia ipsum y non est Latinum, sed Grecum; MURETACH (In Don. artem maior. 1, 10.13-15 CCCM 40 HOLTZ): Alii plures computauerunt, ponentes y greeam sextam uocalem. Vt quid Donatus eam non adnumerauit? Quia ipsum y non latinum, sed grecum est. Cependant, Apuleius inclut y comme quatrieme voyelle, apres i, et cela peut refleter tant la prononciation latine [y] > lil connue pour gr. v bien avant l'epoque imperiale et attestee plus tard par l'Appendix Probi (GL 4, 197.27-28 KEIL: gyrus non girus; 199.6-8: tymum non tumum ... myrta non murta, etc.) et par des inscriptions et des textes litteraires encore aux VIe-VIIe siecles, qu'une prononciation itacistique du gr. [y] qui est attestee en grec depuis les VII-Xe siecles, v. notamment SCHWYZER, Eduard, Griechische Grammatik, Munchen, Beck, 1, 1953 (2), p. 182, 233; BONIOLI, Maria, La pronuncia del latino nelle scuole dall'Antichita al Rinascimento, Torino, Giappichelli, 1, 1962, pp. 27-30; STOTZ, Peter, Handbuch zur lateinischen Sprache des Mittelalters, Munchen, Beck, 3, 1996, pp. 7379 (VIII [seccion] 63).

(5) LAW, Vivien, <<The Memonic Structure of Ancient Grammatical Doctrine>>, dans SWIGGERS, Pierre WOUTERS, Alfons (edd.), Ancient Grammar: Content and Context, Louvain, Peeters, 1996, p. 44 [seccion] 3.2. L'affinite est seulement formelle, parce que <<the many Late Latin texts on metrics ... and orthography ... form a group apart>>, comine le souligne justement V. LAW (<<Late Latin Grammars in the Early Middle Ages: A Typological History>>, HistL 13, 1986, p. 192 [= EAD., Grammar and Grammarians in the Early Middle Ages, London - New York, Longman, 1997, p. 551), a laquelle on doit d'avoir identifie ce groupe de textes apres l'individuation d'un type <<Schulgrammatik>> par Karl BARWICK (Remmius Palaemon und die romische Ars grammatica, Leipzig, Dietrich, 1922, pp. 167-203; reimpr. Hildesheim - New York, Olms, 1967). A propos des textes <<regulae-type>> v. DE NONNO, Mario, <<Le citazioni dei grammatici>>, dans CAVALLO, Guglielmo-FEDELI, Paolo - GIARDINA, Andrea (edd.), Lo spazio letterario di Roma antica. 3. La ricezione del testo, Roma, Salerno, 1990, pp. 633-640: LAW, V., The History of Linguistics in Europe, from Plato to 1600, Cambridge, Cambridge University Press, 2003, pp. 83-88.

(6) KNEEPKENS, Cornelis H., <<Another Manuscript of the Regulae de mediis syllabis magistri Willelmi: Cambridge, Corpus Christi College, 460>>, Vivarium 14, 1976, 156-158. Le schema <<consonant-system>>, oo <<the quantities of all five vowels are treated together, first before one consonant, and then before another, e.g. A, E, I, O, U ante B; A, E, I, O, U ante C etc. till A, E, I, O, U ante V>> (DESMENSE, Wilton, <<Magister Willelmus, Regulae de mediis syllabis edited from MS. Paris, B.N. lat. 14744>>, Vivarium 11, 1973, 123), est utilise dans l'Ars de Siguinus achevee vers 1087-1088 (KNEEPKENS, Cornelis H. - REIJNDERS, Harry F. [edd.], Magister Siguinus, Ars lectoria. Un art de lecture a haute voix du onzieme siecle, Leiden, Brill, 1979, p. 33; LEONHARDT, Jurgen, Dimensio syllabarum. Studien zur lateinischen Prosodie- und Verslehre von der Spatantike bis zur fruhen Renaissance, Gottingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1989, 18, pp. 100-101, 184; 228 A 7.2; KNEEPKENS, C. H., dans STAMMERJOHANN, Harro [ed.], Lexicon Grammaticorum, Tubingen, Niemeyer, 1996, 862 s.v. Siguinus et la notice a paraitre dans la nouvelle edition) et dans les Regulae de mediis syllabis du magister Willelmus (DESMENSE, W., art. cit.; pour d'autres references bibliographiques v. BIONDI, L., <<Apuleius>> cit., 81-82 nn. 21-22).

(7) L'invention du schema <<vowel-system>> avait ete attribuee a Tebaldus par Stephen A. HURLBUT (<<A Forerunner of Alexander de Villa-Dei>>, Speculum 8, 1933, 258-259). Cependant, Diane W. ANDERSON (<<Medieval teaching texts on syllable quantities and the innovations from the school of Alberic of Monte Cassino>>, dans LANHAM, Carol D. [ed.], Latin Grammar and Rhetoric from Classical Theory to Medieval Practice, London - New York, Continuum, 2002, pp. 180-211) a considere Alberic comme l'inventeur du schema a ante b, selon lequel li organise le De longitudine et breuitate principalium sillabarum Alberici atteste par le ms. Vat. Ottob. lat. 1354 (ff. 85-90), et a reconnu dans le De longitudine albericien le traite appele Seruiolus par Tebaldus dans le prologue a sa Regula de longis breuibusque (Quam mihi seruiolo placuit subscribere libro, sur lequel v. HURLBUT, S. A., art. cit., 261). Sur le traite albericien du ms. Vat. Ottob. lat. 1354 v. GEHL, Paul F., <<Vat. Ottobonianus lat. 1354: A propos of Catalogue Notices and the History of Grammatical Pedagogy>>, RHT 8, 1978, 304-305, et les renseignements bibliographiques recueillis par LANZA, Lidia, dans C.A.LM.A. (Compendium Auctorum Latinorum Medii Aevi 500-1500), Firenze, SISMEL, 1.2, 2000, pp. 102-104 l: 103 n. 6] s.v. Albericus Casinenis mon. A l'interet qu'Alberic portait aux auteurs latins classiques et a la prosodie D. W. ANDERSON a attribue aussi la composition du florilege nomme Lexicon prosodiacum (ms. Mont-Cassin, MS 580-1), tandis que P. F. GEHL (Monastic Rhetoric and Grammar in the Age of Desiderius: The Works of Albericus of Montecassino, Chicago, IL, 1976, pp. 205-216) a attribue a Alberic le De orthographia du ms. Wolfenbuttel, Herzog August Bibliothek, Aug. 4 4.11.

(8) Cet ouvrage de Tebaldus est mentionne par Aimeri de Gatine (ou Gastinaux), qui affirme avoir acheve son Ars lectoria avant 1086. Apres LEONHARDT, J., op. cit., A 3.5, v. KNEEPKENS, C. H., dans STAMMERJOHANN, H., op. cit., 908 s.v. Tebaldus et 13-14 s.v. Aimericus; BIONDI, L., <<Apuleius>> cit., 78-81; CASTALDI, Lucia, dans C.A.L.M.A. cit., 89 s.v. Aimericus Gastiniensis; ANDERSON, D. W., art. cit., 194.

(9) A propos des Artes lectoriae v. notamment THUROT, Charles, Extraits de divers manuscrits latins pour servir a l'histoire des doctrines grammaticales au Moyen Age, Notices et extraits des manuscrits de la Bibliotheque Imperiale 22.2, Paris, Imprimerie Royale, 1869, pp. 427 sq. (reimpr. Frankfurt a. M., Minerva, 1964); HURLBUT, S. A., Florilegium Prosodiacum Florentino-Erlangense, St. Alban, St. Alban Press, 1932. I; LECLERCQ, Jean, <<Textes cisterciens dans les bibliotheques d'Allemagne>>, Analecta Sacri Ordinis Cisterciensis 7, 1951, 64-70; DESMENSE, W., art. cit., 119-136; GUERREAU-JALABERT, Anita (ed.), Abbon de Fleury Quaestions grammaticales, Paris, Les Belles Lettres, 1981, pp. 14-15; WRIGHT, Roger, Late Latin and Early Romance in Spain and Carolingian France, Liverpool, Cairns, 1982, pp. 224-226; MIETHANER-VENT, Karin, <<Das Alphabet in der mittelalterlichen Lexicographie. Verwendungsweisen, Formen und Entwicklung des alphabetischen Anordnung>>, Lexique 4, 1983, 82-112 [: 90]; KNEEPKENS, C. H., <<Nil in ecclesia confusius quam ymni isti cantantur. A Note on Hymn Pange, lingua, gloriosi>>, dans BASTIAENSEN, Antoon A. R. - HILHORST, Antonius KNEEPKENS, Cornelis H. (edd.), Fructus centesimus: Melanges offerts a G. J. M. Bartelink, Steenbrugis, in Abbatia S. Petri, 1989, pp. 196-197; LEONHARDT, J., op. cit., pp. 99-109 et passim; SIVO, Vito (ed.), Anonymi Ars lectoria e codice Parisino Latino 8499, Bari, Levante, 1990; REYNOLDS, Suzanne, Medieval Reading: Grammar, Rhetoric and the Classical Text, Cambridge, Cambridge University Press, 1996, p. 14; SAENGER, Paul H., Space between Words. The Origins of Silent Reading, Stanford, Stanford University Press, 1997, pp. 231-233; MARGUINHAMON, Elsa (ed.), L'Ars lectoria Ecclesie de Jean de Garlande. Une grammaire versifiee du XIIIe siecle et ses gloses, Louvain-la-Neuve, Brepols, 2003, et, pour une comparaison avec les traites d'Apuleius, BIONDI, L., <<Apuleius>> cit., 78-84; EAD., <<Per uno studio di testi di ortografia latina del Medioevo>>, dans DE ANGELIS, Violetta (ed.), Sviluppi recenti nell' antichistica. Nuovi contributi, Milano, Cisalpino, 2004, pp. 223-233.

(10) Les manuels sur la quantite syllabique et les florileges de vers classes par ordre alphabetique du mot concerne, rediges au moins depuis le IXe siecle pour enseigner la prosodie et l'accentuation, temoignent aussi de cet interet. Ces themes, connus de la grammaire latine - qui les avait cependant etudies d'une maniere peu organique - et rendus d'autant plus necessaires avec l'effondrement du systeme quantitatif des voyelles et l'evolution des diphtongues, etaient le fondement de l'apprentissage du latin et de la tradition, encore vivante, de la poesie metrique. Je n'en tiens pas compte ici parce qu'ils echappent a une comparaison structurelle avec les Regulae du XIe siecle.

(11) Papias, Vocabulista, Venetiis, per Philippum de Pincis, 1496 (reimpr. Torino, Bottega d'Erasmo, 1966). Sur ces themes v. en particulier DALY, Lloyd W. - DALY, Bernardine A., <<Some Techniques in Medieval Latin Lexicography>>, Speculum 39, 1964, 229-239: DALY, L. W., Contributions to a History of Alphabetization in Antiquity and the Middle Ages, Bruxelles, Latomus, 1967, pp. 57-59, 69-75; ROUSE, Robert H. - ROUSE, Mary A., <<History of Alphabetization>>, dans STRAYER, Joseph R. (ed.), Dictionary of the Middle Ages, New York, Charles Scribner's son, 1, 1982, pp. 204-207; MIETHANER-VENT, K., art. cit., 84 sq.; WEIJERS, Olga, <<Lexicography in the Middle Ages>>, Viator 20, 1989, 139-141, 149-150; EAD., Dictionnaires et repertoires au Moyen Age. Une etude du vocabulaire, Turnhout, Brepols, 1991, pp. 14-23, 41; LAW, V., op. cit., p. 45, n. 10.

(12) LEONHARDT, J., op. cit., pp. 129-130.

(13) La localisation peninsulaire de ces ouvrages et leur datation offrent des elements (avec d'autres, v. n. 25) en faveur de la delimitation chronologique des traites d'Apuleius, dont le milieu du XIe siecle sera le terminus post quem; v. BIONDI, L., <<Apuleius>> cit., 87-88.

(14) Comme les Artes legendi et les Regulae, les traites d'Apuleius refletent l'interet pour la critique textuelle et les problemes philologiques poses par la transmission et la correction des textes latins litteraires et sacres (problemes qui avaient attire l'attention de Cassiodore, puis de la culture carolingienne et alcuinienne). Pour ces aspects de l'ouvrage d'Apuleius, pour lequel pourrait valoir le concept d'<<orthopraxis>> suggere par GEHL, P. F., <<Latin Orthopraxes>>, dans LANHAM, C. D., op. cit., pp. 1-21, v. BIONDI, L., <<Apuleius>> cit., 77 n. 7; EAD., <<Per uno studio>> cit., 227-233.

(15) D'ailleurs, les regles prosodiques sont strictement liees aux themes de l'orthographe et de l'etymologie: Perfectus lector speculetur significata / assignare, legens sciat etymologia dicta, selon le temoignage de l'Ars lectoria Ecclesie de Jean de Garlande, vv. 805-806 MARGUIN-HAMON.

(16) Cf. ISIDORVS HISPALENSIS, Etymologiae, 1, 5 (San Isidoro de Sevilla Etimologias, Edicion bilingue. Texto latino, version espanola y notas por Jose OROZ RETA y Manuel-A. MARCOS CASQUERO. Introduccion general por Manuel C. DIAZ Y DIAZ, Madrid, Biblioteca de Autores Cristianos, 1-2, 2000 (3), qui reproduit le texte etabli par W. M. Lindsay): Grammatica est scientia recte loquendi, et origo et fundamentum liberalium litterarum. Haec in disciplinis post litteras communes inuenta est, ut iam qui didicerant litteras per eam recte loquendi rationem sciant. Bien plus tard, on retrouve la meme definition dans HVGO ST. VICTOR, Didascalicon. De studio legendi, 2, 30 BUTTIMER: Grammatica est scientia loquendi sine uitio; cf. De scripturis et scriptoribus sacris, PL 175 c. 20C: Grammatica recte loqui et competenter pronuntiare uoces docet.

(17) Comme l'atteste encore PETRVS HELIAS, Summa super Priscianum, 1, 63, 40-42 (ed. par REILLY, Leo, Toronto, Pontifical Institute of Classical Studies, 1993): Finis cuiuslibet artis est ad quod tendit artifex per officium. Finis ergo huius artis est recte scribere et recte loqui, siue in scribendo et loquendo soloecismi et barbarismi uitatio, quod idem est cum eo quod predictum est.

(18) Ce modele est cependant assez repandu au Moyen Age, caracterisant des textes tant grammaticaux et orthographiques que dialectiques, v. LAW, V., The Insular Latin Grammarians, Woodbridge, Boydell and Brewer Press, 1982, pp. 81-97. L'Ars du manuscrit conserve a Bergame, par exemple, en est un des temoins, v. infra, 35-36.

(19) Aux incertitudes des sources allaient s'ajouter les fluidites graphiques dues a la consuetudo des moderni, telle qu'Apuleius l'observait dans les manuscrits et les documents contemporains dont il dispose, comme il le declare.

(20) DESBORDES, F., Idees romaines sur l'ecriture, Lille, Presses Universitaires de Lille, 1990; EAD., <<La pratique etymologique des Latins>>, Lexique 14, 1998, 73-74.

(21) BURIDANT, Claude, <<Les parametres de l'etymologie medievale>>, Lexique 14, 1998, 18-19. Apuleius applique ce procede etymologique lorsqu'il observe, par exemple, la derivation du mor hibiscus de hibex (Asp. f. 85r.9-13): I ante b aspiratur in hibex sicut apud graecos et in hibiscus quod ab hibex est diriuatum, est enim hibiscus terre fetus hibicibus gratus ad edendum (cf. PAPIAS, Vocab. s.v. Hibiscus), ou lorsqu'il affirme qu'il faut ecrire <prae> dans tous les mots qu'il considere comme etant derives de prae ou composes avec elle (Diph. f. 94r.7-11): Pre in praepositione quam profecto habemus a graecis per commutationem ai in ae. omnia que per pre inchoantur diptonganda sunt quoniam a pre praepositione siue per diriuationem siue per compositionem trahuntur per deriuationem ut praeter, per compositionem ut praehibeo praedico praeconor et infinita alia.

(22) Sur l'etymologie ancienne et medievale v. notamment ROBINS, Robert H., Ancient and Medieval Grammatical Theory in Europe, London, Kennitat Press, 1950; HUNT, Richard W., <<The "Lost" Preface to the Liber Derivationum of Osbern of Gloucester>>, Medieval & Renaissance Studies 4, 1958, 270-273; KLINCK, Roswitha, Die lateinische Etymologie des Mittelalters, Munchen, Fink, 1970, pp. 45-57, 65-70; DE POERCK, Guy, <<Etymologia et origo a travers la tradition latine>>, dans AA. VV., [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] Gedenkboek Prof. Dr. E. A. Leemans, Brugge, De Tempel, 1970, pp. 191-228; AMSLER, Mark E., Etymology and Grammatical Discourse in Late Antiquity and the Early Middle Ages, Amsterdam - Philadelphia, Benjamins, 1989, pp. 15-19, 44-55, 138 sq.; NIEDEREHE, Hans-Joseph, <<Friedrich Diez und die Etymologie des 13. Jahrhunderts>>, dans NIEDEREHE, Hans-Joseph - HAARMANN, Harald (edd.), In Memoriam Friedrich Diez. Akten des Kolloquiums zur Wissenschaftsgeschichte der Romanistik (Trier, 2. - 4. Okt. 1975), Amsterdam, Benjamins, 1976, pp. 21-33; SIEBENBORN, Elmar, Die Lebre von der Sprachrichtigkeit und ihren Kriterien. Studien zur antiken normativen Grammatik, Amsterdam, Gruner, 1976, pp. 144 sq.; SANDERS. Willy, <<Grundzuge und Wandlungen der Etymologie>>, dans SCHMITT, Rudiger (ed.), Etymologie, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1976, pp. 7-49; ZAMBONI, Alberto, L'etimologia, Bologna, Zanichelli, 1989; BARATIN, Marc, <<L'etude de la pensee et de la parole dans l'Ancien Stoicisme>>, Langages 65, 1982, 9-21; WEIJERS, O., art. cit., 147-149; EAD., op. cit., pp. 73-82; FRESINA, Claudio, La langue de l'Etre. Essai sur l'etymologie ancienne, Munster, Nodus, 1991; REYNOLDS, S., op. cit., pp. 82-87; BURIDANT, C., <<Definition et etymologie dans la lexicographie et la lexicologie medievales>>, dans CHAURAND, Jacques - MAZIERE, Francine (edd.), La definition. Actes du Colloque organise par le CELEX de l'Universite Paris Nord (Paris 13, Villetaneuse) a Paris, le 18 et 19 novembre 1988, Paris, Larousse, 1990, pp. 43-59; ROSIER-CATACH, Irene, <<La Grammatica practica du ms. British Museum V A IV. Roger Bacon, les lexicographes et l'etymologie>>, Lexique 14, 1998, 97-125 et <<Quelques textes sur l'etymologie au Moyen Age>>, ivi, 221-229; BELARDI, Walter, L'etimologia nella storia della cultura occidentale, Roma, il Calamo, 1-2, 2002; LAW, V., The History, cit., pp. 94-157; MALTBY, Robert, <<The Role of Etymologies in Servius and Donatus>>, dans NIFADOPOULOS, Christos (ed.), Etymologia. Studies in Ancient Etymology. Proceedings of the Cambridge Conference on Ancient Etymology 25-27 September 2000, Munster, Nodus, 2003, pp. 103-118.

(23) Dans la vaste bibliographie sur l'etymologie isidorienne v. en particulier FONTAINE, Jacques, Isidore de Seville et la culture classique dans l'Espagne wisigothique, Paris, Etudes Augustiniennes, 1959, 2; ID., <<La situation de la rhetorique dans la culture latine tardive: observations sur la theorie isidorienne de l'etymologie (etym. I, 29)>>, dans CHEVALLIER, Raymond (ed.), Colloque sur la rhetorique Calliope, Paris, Les Belles Lettres, 1, 1979, pp. 197-205; ID., <<Grammaire sacree et grammaire profane: Isidore de Seville devant l'exegese biblique>>, dans Tradition et actualite chez Isidore de Seville, London, Variorum Reprints, 1988, 13.301-329; ID., Isidore de Seville. Genese et originalite de la culture hispanique au temps des Wisigoths, Turnhout, Brepols, 2000; AMSLER, M. E., The Theory of Latin ethimologia in the Early Middle Ages: from Donatus to Isidore, Ohio, Ohio State University, 1976, pp. 171-252; SCHWEICKARD, Wolfgang, <<Etymologia est origo uocabulorum ... Zum Verstandnis der Etymologiedefinition Isidors von Sevilla>>, HistL 12, 1985, 125; CODONER MERINO, Carmen, <<Antecedentes del diccionario. El libro X de "Etymologiae">>, dans AA.VV., Los visigodos. Historia y civilizacion. Actas de la Semana Internacional de Estudios Visigoticos (Madrid - Toledo - Alcala de Henares, 21-25 octubre de 1985), Murcia, Universidad de Murcia, 1986, pp. 351-371.

(24) BIONDI, L., <<Etimologie varroniane in Apuleius, De nota aspirationis e De diphthongis, ms. Reims BM 432>>, ASNP s. IV, 3.1-2, 1998, 145-179; EAD., <<Apuleius>> cit., 84-94.

(25) Apuleius mentionne dix fois Priscien, mais il puise bien plus frequemment dans les Institutiones. Cette circonstance, avec l'absence de Donat parmi les autorites (declarees ou non), peut etre un indice chronologique supplementaire pour la composition des traites orthographiques, parce que les Institutiones <<commencent a etre utilisees dans l'enseignement continental>> des la fin du premier quart du IXe siecle et la substitution de l'Ars Donati <<ne se produit guere avant le XIe>> (selon HOLTZ, Louis, Donat et la tradition de l'enseignement grammatical. Etude sur l'<<Ars Donati>> et sa diffusion (IVe-IXe siecle) et edition critique, Paris, CNRS, 1981, pp. 324-326). V. encore LAW, V., <<Linguistics in the Earlier Middle Ages: the Insular and Carolingians Grammarians>>, TPhS 83, 1985, 171-193 (= EAD., Grammar cit., 70-90); EAD., art. cit., 196-198; GIBSON, Margaret T., <<Milestones in the Study of Priscian c. 800 - c. 1200>>, Viator 23, 1992, 18-19.

(26) Au sens donne a la conception isidorienne de l'etymologie par Amsler (op. cit., 239): <<in his analysis of grammatica, Isidore's steady reliance upon such extraverbal criteria and what we have characterized as the 'mythographic' approach to etymologia is the model for his entire Etymologiae and reveals that grammar and knowledge are inextricable, that knowledge of the causes of things necessarily demands knowledge of the language which structures those things>>; v. egalement ID., Etymology cit., pp. 57 sq., 133-172; recemment aussi MAGALLON GARCIA, Ana-Isabel, La tradicion gramatical de differentia y etymologia hasta Isidoro de Sevilla, Zaragoza, Departamento de Ciencas de la Antiguedad, Universidad de Zaragoza, 1996.

(27) ISID. Etym. 1, 7, 1; cf. 1, 29, 1-2: Etymologia est origo uocabulorum, cum uis uerbi uel nominis per interpretationem colligitur Hanc Aristoteles [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII], Cicero adnotationem nominauit, quia nomina et uerba rerum nota facit exemplo posito; utputa 'flumen', qui fluendo creuit, a fluendo dictum. Cuius cognitio saepe usura necessarium habet in interpretatione sua. Nam dum uideris unde ortum est nomen, citius uim eius intellegis. Omnis enim rei inspectio etymologia cognita planior est.

(28) GILSON, Etienne, Les Idees et les Letoes, Paris, Vrin, 1932, p. 166. Selon AMSLER (Etymology cit., p. 230): <<With the concept of etymologia, lsidore preserved language as a unified construct with reference to a unified world. Isidore's hermeneutic program is analogous to the Stoic's efforts to glimpse through revelation the true nature of reality; but unlike that of bis pagan predecessors, lsidore's reality was primarily JudaeoChristian in origin and therefore fundamentally moral and spiritual>>.

(29) ZUMTHOR, Paul, <<Jonglerie et langage>>, Poetique 11, 1972, 335 (reimpr. dans ID., Langue, texte, enigme, Paris, Editions du Seuil, 1975, p. 54).

(30) GILSON, E., Histoire de la philosophie medievale, Paris, Vrin, 1962, p. 152.

(31) GUXETTE, Robert, <<L'invention etymologique dans les lettres francaises au Moyen Age>>, dans Forme et senefiance. Etudes medievales recueillies par Jean DUFOURNET - Marcel DE GREVE - Herman BRAET, Geneve, Droz, 1978 (= Romanica Gandensia 13, 1960, Questions de litterature - seconde serie par R. Guiette, 116). Ainsi, selon AMSLER (Etymology cit., p. 89), <<language is a creative entity which constitutes not just human relations (language as instrument) but Being itself (language as sacrament). Grammatical discourse, then, will always follow in the wake of Being, will always approach but never completely account for language itself. But the authority of grammatical discourse derives precisely from the claim that the grammarian speaks for Being>>.

(32) De ce point de vue, les traites d'Apuleius se posent comme point d'observation des procedures etymologiques dans le travail d'un technicien, au cours d'une periode cruciale pour la definition du statut et des limites de l'etymologie, parce qu'elle voit s'affirmer, a cote du paradigme de tradition isidorienne, une conception plus etroite de l'etymologie, innovativement concue comme expositio alicuius uocabuli per aliud uocabulum, siue unum, siue plura magis nota, secundum rei proprietatem et litterarum similitudinem, selon Pierre Helie (Summa super Priscianum, 1, 70, 87-96). J'ai essaye de reconnaitre dans certains cas les mecanismes etymologiques de l'expositio. Apuleius, en effet, decompose souvent la structure formelle des mots per litteras, per sillabas, ou per dictiones pour en devoiler le sens (et ainsi alludit enim significationi trahendo argumentum per litteras uel syllabas aliunde, comme le dira Joannes Balbi), en recherchant la convergence entre litterarum similitudo et rei proprietas. Ce decoupage, souvent introduit par le quasi de tradition isidorienne (Diph. f. 93r. 19-20: Celebs ... secundum hisidorum quasi ceio beatus, cf. ISID. Etym. 10, 34: Et caelebs dictus quasi caelo beatus) ou par quod (Asp. f. 89v.6-7: uehemens ... eo quod uehatur eminenter, cf. ms. Bergame, MA 144, f. 74r.9-11: uehemens ... dicitur ualidus eo quod uehatur eminenter), peut amener a une reelaboration du savoir herite sans le remplacer, v. BIONDI, L., <<Apuleius>> cit., 93-99; EAD., <<Lar. ethimologista: notes pour une histoire du mot>>, ALMA (Bulletin du Cange), 59, 2001, 161-179.

(33) Je ne trouve pas d'autres traces de cette distinction, qui fait correspondre une superiorite ontologique a l'augmentation d'une lettre dans la sequence des graphemes. Je me limite a observer que le recours a sensibilis et insensibilis peut renvoyer soit a la difference entre animati et inanimati par exemple ap. BOETHIVS, In Porphyrii lsagogen comment. 36, 1 MEISER (et 36, 14) et a la synonymie suggeree par BERNARDVS SILVESTR. Coram. Aen. 52 (Commentum quod dicitur Bernardi Silvestri super sex libros Eneidos Virgilii. ed. par Julian W. JONES - Elisabeth F. JONES, Lincoln - London, University of Nebraska Press, 1977): Primus gradus est ab inanimatis ad animata, scilicet insencibilia, quemadmodum a lapidibus ad herbas et arbores, soit a celle entre animalia et inanimalia ap. BEDA, De schem, et tropis, 2, 2, 8 sq. KENDALL (CCSL 123A), oo a propos des tropoi de la metaphore on trouve encore insensibilis (cf. 2, 29: A rebus insensibilibus, et 2, 40-42: Pedes quippe et frons et cornu et labium hominum tantum sunt et animantium, non etiam rerum insensibilium). V. a ce propos Thesaurus linguae Latinae, 7.1, c. 1861.6-8 s.v. insensibilis; LATHAM, Ronald E. (ed.), Dictionary of Medieval Latin from British Sources, British Academy, Oxford University Press, 1971, 1, 1400 s.v. insensibilis, et les temoignages des lexicographes: PAPIAS, Vocab. s.v. Sensibilia: Sensibilia dicimus que uix a motu corporis possunt discerni; OSBERNVS GLOCESTRIENSIS, Deriuationes, 2, S III, 1-13 (Osberno Derivazioni a cura di Paola BUSORAGHI et alii [edd.] sotto al direzione di Ferruccio BERTINI - Vincenzo USSANI jr., Spoleto, CISAM, 1996): Sentio tis ... inde hic sensus sui ... et hic et hec sensibilis et hoc sensibile ... et hic et hec sensilis et hoc sensile per subtractionem medie sillabe, unde Lucretius 'ex insensibili ne credas sensile nasci' ... Sensibilis componitur insensibilis, d'oo HVGVTIO PISANVS, Deriuationes, 2, S85, 34-37 (Uguccione da Pisa Derivationes Edizione critica princeps a cura di Enzo CECCHINI et alii, Firenze, SISMEL, 2004): Et a sentio sensibilis -e, sensibiliter, sensibilitas: sensibile, idest sensu perceptibile scilicet aptum sentire et aptum sentiri; unde sensili -e per sincopam, in eodem sensu; Lucretius 'ex insensibili non credas sensile nasci' ... Sensibilis -e secundum aliam significationem sui verbi dicitur intelligibilis; Priscianus 'quod patet sensibile id est intelligibile' [scil. GL III, 108,320] et sensibilis componitur insensibilis -e, insensibiliter, insensibilitas; IOANNES BALBI, Catholicon (Mainz 1460; reimpr. Farnborough, Gregg International Publishers Ltd, 1971), s.v. Sensibilis: Sensibilis a sentio tis dicitur ... idest sensu perceptibile scilicet aptum sentire et aptum sentiri unde hic et hec sensilis et hoc le per sincopam in eodem sensu ... Sensibilis eciam secundum aliam significationem sui uerbi dicitur intelligibilis. Et componitur sensibilis cum in et dicitur insensibilis secundum Hugucionem.

(34) Cf. ISID. Etym. 5, 38, 1: Saecula generationibus constant; et inde saecula, quod se sequantur: abeun tibus enim aliis alia succedunt. L'etymologie a sequor est reprise par HRABANVS MAVRVS (De uniuerso, 10, 13 PL 111, c. 306A: Saecula generationibus constant, et inde saecula, quod se sequantur. Abeuntibus enim aliis alii succedunt), PAPIAS (Vocab. s.v. Saecula: Saecula generationibus constant: et inde dicta quod sequantur; abeuntibus enim aliis alia succedunt) et par d'autres lexicographes medievaux. Cependant, dans Etym. 8, 11, 31 (Vnde et eum Graeci Cronos nomen habere dicunt, id est tempus, quod filios suos fertur deuorasse, hoc est annos, quos tempos produxerit, in se reuoluit), Isidore cite une explication qui rappelle SERV. In Verg. Aen. 3, 104 THILO - HAGEN (saecula autem anhos ex se natos in se reuoluunt) et CASSIOD. In psalm. 24, 6, 118 ADRIAEN (Saecula dieta esse uoluerunt, quod in se iurgiter reuoluant tempora, cf. aussi 60, 7.126A; 73, 12, 302A).

(35) Varrone De lingua Latina libro VI. Testo critico traduzione e commento a cura di Elisabetta RIGANTI, Bologna, Patron, 1978, 6, 2, 11: Seclum spatium annorum centum uocarunt, dictum a sene, quod longissimum spatium senescendorum hominum id putarunt (la duree du siecle est de cent ans, par exemple aussi pour PAVL. FEST. 441, 4 LINDSAY: Saeculares ludi apud Romanos post centum annos fiebant, quia saeculum centum annos extendi existimabant; SERV. In Verg. Buc. 4, 5, avec des variations, cf. In Verg. Aen. 8, 58).

(36) Cf. Diph. f. 95v. 12-13: Seculum a sequor uel sene. Apuleius rappelle l'etymologie a sequor sans en indiquer la paternite, quoiqu'elle soit attribuee a Varron par PRIMASIVS, In epistolam ad Hebraeos, PL 68, c. 759C: Saecula uero, ut Ouidius Naso dicit, dicuntur a sequendo, eo quod sese sequantur atque reuoluantur, teste Varrone, et HAYMO HALBERST. In Pauli epistolas expositio, PL 117, c. 901C Ad Hebraeos: Saecula autem, ut Ouidius Naso dicit, dicuntur a sequendo, eo quod sese sequantur, arque in se reuoluantur, teste Varrone ([= fr. 2 MAZZAR1NO] cf. C. 822D: Saecula dicuntur a sequendo, eo quod se sequantur, in semetipsa reuertendo ac redeundo; 709A Ad Ephesios: Saecula dicuntur eo quod sequantur et in se reuoluantur; 812B Ad Titum: Saecularia dicuntur a sequendo, quod in se resoluantur: Varrone teste); pour ces sources v. aussi M. Terenti Varronis Fragmenta omnia quae exstant collegit recensuitque Marcello SALVADORE, Pars 1: Supplementum, Hildesheim - Zurich - New York, Olms - Weidmann, 1999, fr. 210, 118. Apuleius au contraire mentionne l'etymologie a sene comine etant varronienne et cette attribution, qui est inconnue des auteurs medievaux, est confirmee par le passage du De lingua Latina, 6, 2.11 et temoigne d'une plus vaste circulation au Moyen Age de contenus (consideres) varroniens. Pour cette mention de Varron et pour les autres du Reatin explicitees par Apuleius v. BIONDI, L., <<Etimologie>> cit., 162-163.

(37) PEIRCE, Charles Sanders. The Collected Papers of Charles Sanders Peirce. HARTSHORNE, Charles WEISS, Paul (edd.), Cambridge Mass., Harvard University Press. 2, 1932, p. 277.

(38) Le redoublement ou l'emploi de plusieurs signes est un des moyens les plus adoptes par les conventions graphiques de nombreuses langues historiques pour indiquer la quantite (et parfois la qualite aussi) des unites phonologiques, v. NOTH, Winfried, Handbook of Semiotics, Bloomington, Indiana University Press, 1990; ID., <<Semiotic Foundations of Iconicity in Language and Literature>>, dans FISCHER, Olga - NANNY, Max (edd.), The Motivated Sign. Iconicity in Language and Literature 2, Amsterdam - Philadelphia, Benjamins, 2001, pp. 22-23; FISCHER, Andreas, <<Graphological Iconicity in Print Advertising. A Typology>>, dans NANNY, M. - FISCHER, O. (edd.), Form Miming Meaning. Iconicity in Language and Literature 1, Amsterdam - Philadelphia, Benjamins, 1999, pp. 259-160, et VALESIO, Paolo, <<Icone e schemi nella struttura della lingua>>, L&S 2.3, 1967, 350-351: <<Se noi teniamo presente che il signans linguistico e invece il signatum per quel che riguarda la sovrastruttura grafematica (in altri termini, se teniamo presente che i suoni sono i significati delle lettere), allora si puo dire che due lettere consonantiche uguali scritte immediatamente l'una dopo l'altra costituiscano un'icona grafematica in una lingua come l'italiano, dove esse rappresentano un fenomeno fonetico e fonematico specifico: e precisamente la geminazione delle lettere a livello grafematico e l'icona di un aumento di tensione muscolare al livello dell'articolazione dei suoni, e di una geminazione di fonemi al livello fonematico, o morfofonematico (dal momento che l'opposizione di consonante geminam versus consonante semplice distingue, ceteris paribus, coppie minime [minimal pairs] in italiano, p. es., lotto versus loto, carro vs. caro ecc.)>>.

(39) En fait, il faudrait considerer le digraphe <ae> comme signe secondaire, suivant les observations de Josef VACHEK (<<Some Remarks on Writing and Phonetic Transcription>>, Acta Linguistica 5, 1945-1949, 87): <<the transcribed text does not constitute the sign of the outside world, but the sign of the sign of the outside world (in other words, it is a sign of the second order)>>. Sur le statut semiotique du grapheme et pour les differences entre systeme graphique et systeme phonologique v. STETSON, Raymond H., <<The Phoneme and the Grapheme>>, dans Melanges de linguistique et de philologie offerts a Jacques van Ginneken a l'occasion du soixantieme anniversaire de sa naissance (21 avril 1937), Paris, Klincksieck. 1937, pp. 353-356 (reimpr. Geneve, Slatkine, 1973); PULGRAM, Ernst, <<Phoneme and Grapheme: a Parallel World>>, Word 7, 1951, 1520; ID., <<Graphic and Phonic Systems: Figurae and Signs>>, Word 21, 1965, 208-224; HALL, Robert A., <<A Theory of Graphemics>>, Acta Linguistica 8.1, 1960, 13-20; ROSIELLO, Luigi, <<Grafematica, fonematica e critica testuale>>, L&S 1, 1966, 63-78.

(40) STEINTHAL, Heymann, Geschichte der Sprachwissenschaft bei den Griechen und Romern mit besondeter Rucksicht auf die Logik, Berlin, Dummlers, 1, 1890 (2) (reimpr. Hildesheim - Zurich - New York, Olms, 2001), p. 352: <<Aus gleichem Grunde meinte man (Apul. de diphth. [seccion]. 25), saeculum sei, obwol es von sequor oder senex komme und kurzes e haben musste, doch mit ae zu schreiben, quia tem productissimam designabat>>. V. BIONDI, L., <<Etimologie>> cit., 163, ainsi que <<Logonimia e processi metaforici nella prassi etimologica e ortografica della latinita medievale>>, communication presentee a l'Istituto Orientale di Napoli, juin 2004 (journee d'etude du groupe COFIN 2002, a paraitre), dans laquelle j'ai anticipe les observations de la section 3.1.

(41) STEINTHAL, H., op. cit., pp. 351-352: <<Wie wenig Leben das Sprachgefuhl und auch die Onomatopoie in den Grammatikern hatte, wie sich ihr Geist schon ganz in scholastischer Weise in Wort-Abstractionen bewegte, zeigt folgender wunderliche Abweg, auf den schon einer der alteren und besten Grammatiker geriet, Tryphon. Er leitete [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] (verschieden von [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII], der Geliebte) von [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] ab; das Wort stehe fur [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII], Dieb. Durch Abwerfung ([TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]) des [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] und [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] aber und Dehnung ([TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]) des [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] zu [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] entstehe [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]. Dies beruhe auf dem Grundsatze, [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII], 'dass das Wort dasselbe erfahre, was die Bedeutung'. Liege also z.B. in der Bedeutung irgend ein Mangel ausgedruckt, so werde auch dem Worte ein Buchstabe oder eine Sylbe entzogen: wie in [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] Halbkreis, weil ihm etwas zum Ganzen fehle, die Sylbe [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] ausgefallen sei; wie [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] Hunger (von [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] abgeleitet, namlich [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII], der Mangel am Notwendigen) von dem ursprunglichen Diphthong [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] das e verloren hat. Die Erklarung von [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] scheint nicht von Tryphon zu stammen, aber wol die von [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] und [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] und das Princip (Etym. M. s. vv. [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]. Lersch das. S. 82. 87 [n.d.A. Die Sprachphilosophie der Alten, 31). Hier tritt volliger Mangel an Sprachgefuhl zu Tage, und es zeigt sich nar ein Herumwalzen der leeren Abstraction [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] im Verstande, daneben aber das ganz ausserliche Handtiren mit den Lauten>>.

(42) SOMMER, Ferdinand, <<Lucilius ais Grammatiker>>, Hermes 44, 1909, 70-77. Sommer avait surtout utilise l'Etymologicum Magnum, oo le critere de la <<[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]-Theorie>> est enonce plusieurs fois (EM 812 s.v. [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]; 820 s.v. [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]) et attribue a Tryphon dans EM 566 s.v. [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]>>, et EM 793 s.v. [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]. Cependant, Sommer avait reconnu le meme principe non seulement chez Lucilius et Seneque mais aussi chez Apuleius (art. cit., 74-75), qu'il lisait, comme Steinthal, dans l'edition d'Osann. Apres Sommer, v. aussi KROLL, Wilhelm, Studien zum Verstandnis der romischen Literatur, Stuttgart, Metzler, 1924, pp. 104-105 (reimpr. Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1964).

(43) BELARDI, Walter, <<Aspetti del linguaggio e della lingua nel pensiero degli Stoici. III. Il fondamento del metodo etimologico di Trifone>>, RAL s. 9, 5.1, 1990, 91-97 [; 94]. Recemment, CALBOLI, Gualtiero, <<Le changement de la langue et les ornements du discours>>, dans CELENTANO, M. Silvana - CHIRON, Pierre - NOEL, Marie-Pierre (edd.), Skhema/Figura. Paris, Presses de l'Ecole Normale Superieure, 2004, 173, pp. 180-184, a affirme que l'idee caracterisait aussi la pensee peripateticienne eta suggere que (: 182) <<la doctrine appelee par Sommer "[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]-Theorie" correspond a l'adaptation de la langue aux choses par similitudo et uicinitas qu'on trouve dans la formation des [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]. Ce n'est pas la meme chose --cela va sans dire--, mais ce sont les memes criteres>>.

(44) BELARDI, W., art. cit., 96.

(45) DESBORDES, F., op. cit., p. 215: <<C'est dans ce cadre que les Grecs parlent de la "sympathie" du signifiant et du signifie. On en connait quelques exemples purement graphiques que la tradition attribue au grammairien Tryphon (Velsen 1953: 96-100). Ainsi, un mot qui signifie un 'manque' doit lui-meme manquer de quelque chose dans son signifiant, qui subit donc une soustraction par rapport a la forme que l'etymologie ferait attendre: il faut ecrire [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] (crevasse) et non, comme il est d'usage, [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII], parce que la crevasse est un manque par rapport a la main intacte ([TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]); a l'epoque de Tryphon (et depuis bien longtemps) t et [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] se prononcent de meme, [i], mais a l'ecrit, [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] a l'avantage de mimer la deperdition de substance propre a son signifie>>.

(46) Grammaticae Romanae Fragmenta Collegit recensuit H. FUNAIOLI, Lipsiae, in aedibus Teubneri, 1907 (reimpr. Stuttgart, Teubner, 1969), 10, 36 sq. (= GRF): v. BELARDI, W., <<I termini tecnici tenuis/exilis, plenus/pinguis e i loro antecedenti greci>>, dans BELARDI, Walter - CIPRIANO, Palmira - DI GIOVINE, Paolo MANCINI, Marco (edd.), Studi latini e romanzi in memoria di Antonino Pagliaro, Roma, Dipart. Studi Glottoantropologici Univ. La Sapienza, 1984, pp. 157-165; CIPRIANO, P., <<La scrittura dei fonemi di timbro [il secondo Nigidio Figulo e Varrone>>, AGI 70, 1985, 38-50.

(47) DESBORDES, F., loc. cit. Sur ces speculations luciliennes v. aussi DELLA CORTE, Francesco, La filologia latina dalle origini a Varrone, Torino, Bona, 1937 (1), pp. 46-51 (Firenze, La Nuova Italia, 1981 (2)); MARIOTTI, Italo, Studi luciliani, Firenze, La Nuova Italia, 1960, pp. 23-29, qui voit un autre indice de la connaissance des theories stoiciennes dans l'interet de Lucilius pour les solecismes, atteste par le fragment GRF 38, 46. A ce propos v. egalement BARATIN, M., La naissance de la syntaxe a Rome, Paris, Editions de Minuit, 1989, p. 270; CALBOLI, G., art. cit., 181-182.

(48) Ainsi STEINTHAL, H., op. cit., 1, p. 353, et BARWICK, K., <<Probleme der stoischen Sprachlehre und Rhetorik>>, Abhandl. der sachs. Akademie der Wiss. zu Leipzig. Philol.-histor Klasse 49.3, 1957, 56 sq. Pour le rapport entre Varron et Lucilius v. la critique tres juste portee a Della Corte par CIPRIANO, P., art. cit.

(49) STEINTHAL, en citant Seneque (Quaest. nat. 2, 56, 2 OLTRAMARE: Etiamnunc illo uerbo utebantur antiqui quo nos producta una syllaba utimur: dicimus enim ut splendere sic fulgere, at illis ad significandam hanc e nubibus subitae lucis eruptionem mos erat correpta media syllaba uti, ut dicerent fulgere) observait (op. cit., 1. 352): <<Man fand es recht, dass in alterer Zeit fulgere mit kurzer vorletzter Sylbe gesprochen ward, ad significandum hanc e nubibus subitae lucis eruptionem ...>>.

(50) CALBOLI, G., art. cit., 180 (en citant l'edition d'Osann), 182. BELARDI conclut ences termes (art. cit., 98-99): <<Ma nella seconda meta del I secolo a. C. --l'epoca di Trifone-- se il metodo di questo tipo di etimologia aveva assunto ormai la sua fisionomia definitiva, la teoria filosofica che secoli prima aveva fomito le basi per il costituirsi di tale metodo aveva perduto nella cultura di certi grammatici gran parte della sua linfa originaria. Un grammatico come Trifone, sempre pio grammatico e sempre meno filosofo, non e pio in grado di rivivere con personalita propria i grandi temi dello stoicismo antico. Da semplice orecchiante, Trifone si appropria in modo maldestro di formule e di termini tecnici antichi, consentendoci di scoprire nella sentenziosita imitativa che caratterizza [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] un'ombra del complesso di inferiorita che egli doveva sentire nei confronti della grande speculazione filosofica del passato>>; v. aussi n. 19.

(51) Puisque dans ce cas, en effet, le signe graphique n'a pas une valeur fonctionnelle, j'utilise <<connotatif>> selon la distinction proposee pour les allographes par ROSIELLO (art. cit., 72): <<si definiscono connotativi quegli allografi il cui elemento di variazione rispetto all'unita (il grafema) aggiunge un qualche valore attributivo di rilevanza culturale, stilistica, di gusto letterario, o di caratterizzazione regionale, al significato dell'unita stessa>>. V. aussi POLARA, G., art. cit., 483-485; CARDONA, G. R., op. cit., p. 118: <<anche nei sistemi scrittori si potra distinguere un aspetto strutturale, denotativo, e un alone di connotazioni, non funzionali ma ideologizzate>>.

(52) Agroecius Ars de orthographia. Ed. par Mariarosaria PUGLIARELLO, Milano, Marzorati, 1978; cf. GL 7, 114, 21-115, 2. Il convient de souligner que l'observation d'Agroecius ne survit pas dans la tradition medievale; ainsi BEDA, De orth. 42,872-873 JONES (CCSL 123A; cf. GL 7, 284, 23): Praemium cum diphthongo. Pretium, premo, precor, per simplicem e; ALCVINVS, De orth. 285 BRUNI (Alcuino De orthographia Edizione critica a cura di Sandra BRUNI, Firenze, SISMEL, 1997; cf. GL 7, 306, 27): Praemium cum diptongon; pretium per e simplicem; ORTH. BERNENSIS (GL 8, 300, 24): Praemium, praeceptum, praepositio, prae timore cum a. Preces, pretium sine a; ORTH. EINSIDLENSIS (GL 7, 298, 30): Praemium. praeceptum, praepositio ... in prima syllaba per diphthongon scribendum; precum, plebi, precis sine a littera scribendum.

(53) DESBORDES. F., loc. cit.

(54) Au contraire, pour F. DESBORDES (op. cit., p. 217) dans la culture grammaticale latine <<le remplacement complet de la notation du son par la notation du sens est exclu. Les orthographistes en concluront qu'une notation partielle du sens n'a pas de raison d'etre. Mais malgre leur volonte de s'en tenir a la notation du son, ils ne parviendront pas a se passer entierement des criteres de sens>>.

(55) Virgilio Marone grammatico. Epitomi ed Epistole. Edizione critica a cura di Giovanni POLARA. Traduzione di L. Caruso e G. Polara Con una Nota e un'Appendice, Napoli, Liguori, 1979. Cf. Virgilius Maro grammaticus opera omnia. Ed. par Bengt LOFSTEDT, Monachi et Lipsiae, in aedibus K. G. Saur, 2003, 22, 342-354.

(56) POLARA, G., art. cit., 484. Il ne faut pas oublier ce que Virgilius Maro dit a propos des litterae, en les comparant au statut de l'homme (Epit. 2, 1.3 POLARA): littera mihi uidetur humanae condicionis esse similis: sicut enim homo plasto et affla et quodam caelesti igne consistit, ita et littera suo corpore --hoc est figura arte ac dicione uelut quisdam conpaginibus arctubusque-- suffunta est, animam habens in sensu, spiridonem in superiore contemplatione. V. aussi LAW, V., Wisdom, Authority and Grammar in the Seventh Century, Decoding Virgilius Maro Grammaticus, Cambridge, Cambridge University Press, 1995, pp. 67-71.

(57) JOLIVET, Jean, <<Quelques cas de 'platonisme grammatical' du VIIe au XIIe siecle>>, dans GALLAIS, Pierre - RJOU, Yves-Francois (edd.), Melanges offerts a Rene Crozet a l'occasion de son soixante-dixieme anniversaire, Poitiers, Societe d'Etudes Medievales, 1966, 1, pp. 93-99 [: 94].

(58) BLOCH, Howard R., Etymologie et genealogie. Une anthropologie litteraire du Moyen Age francais, Paris, Editions du Seuil, 1989, p. 68 (Etymologies and Genealogies. A Literary Anthropology of the French Middle Ages, Chicago, Chicago University Press, 1983), et ivi, 58-59: <<Le desir de recommencer, de revenir a l'epoque anterieure a Babel, sous-tend cette theorie du signe. Il explique l'identification de la linguistique avec la semantique et une certaine tonalite nostalgique de la "theologie des mots". Ainsi la grammaire de l'epoque qui va de Priscien a ses commentateurs du XIIe siecle est-elle dominee par les concepts de signification et de definition - elle privilegie l'objet de la signification par rapport a son mode; elle insiste sur la definition "reelle" fondee sur la propriete physique; et, la oo grammaire et theologie coincident, elle a une foi surdeterminee en la transparence des signes>>.

(59) ZUMTHOR, P., op. cit., pp. 16-17. Cependant, il ne faut pas oublier SCHOLEM, Gershom G., Zur Kabbala und ihrer Symbolik, Zurich, Rhein Verlag, 1960; v. aussi DORNSEFF, Franz, Das Alphabet in Mystik und Magie, Leipzig - Berlin, Teubner, 1922, et n. 82.

(60) JOLIVET, J., Godescalc d'Orbais et la Trinite, Paris, Vrin, 1958, p. 183; ID., art. cit., 93-99; CHENU, M.-Dominique, <<Un cas de platonisme grammatical au XIIe siecle>>, RSPhTh 51, 1967, 666-668; v. aussi CURTIUS, Ernst Robert, Europaische Literatur und lateinisches Mittelalter, Bern, Francke, 1948, pp. 488-492; OHLV, Friedrich, <<Vom geistigen Sinn des Wortes im Mittelalter>>, ZDADL 89, 1958, 1-23 (reimpr. ID., Schriften zur mittelalterlichen Bedeutungsforschung, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1977, pp. 1-31); GUIETTE, R., <<Symbolisme>> cit, pp. 29-45, et <<L'invention etymologique>> cit., pp. 87-98. Sur la diffusion du platonisme des les premieres decennies du XIIe siecle et en particulier sur l'ecole de Chartres v. aussi CHENU, M.-D., <<L'homme et la nature. Perspectives sur la renaissance du XIIe siecle>>, AHDL 19, 1952, 39 sq., et La Theologie au douzieme siecle, Paris, Vrin, 1967 2, p. 668 n. 12; BEIERWALTES, Werner, Platonismus in der Philosophie des Mittelalters, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1969.

(61) QVINTILIANVS, Institutio oratoria, 1, 6, 34 WINTERBOTTOM: Etiamne sinemus hominem appellari, quia sit humo natu, quasi uero non omnibus animalibus eadem origo, aut illi primi mortales ante nomen imposuerunt terrae quam sibi?

(62) ISIDORVS, Etym. 11, 1, 4: Homo dictus, quia ex humo est factus, sicut [et] in Genesi dicitur (2, 7) "Et creauit Deus hominem de humo terrae" ... Nam proprie homo ab humo; 10, 1: Tamen claret alia specialis in origine quorundam nominum causa, sicut homo ab humo, unde proprie homo est appellatus.

(63) Asp. f. 86v.19-33: O ante m aspiratur in homo quod ab humo ortum est ... Facit etiam aspiratio differentiam in obliquis huius nominis ab obliquis illius quod est omen ominis.

(64) Le copiste du manuscrit de Reims a produit ici un texte incomplet, a imputer aussi bien a une erreur commise par lui meme (par exemple un saut d'un mot a un autre), qu'a l'exemplar, qui pouvait presenter une lacune que le copiste n'a pas su reconnaitre et resoudre. En tout cas, pour l'intelligibilite du texte, il faut integrer le verbe 'etre' (est) entre signum et diuinae et supposer apres diuinae la chute d'un substantif feminin au genitif singulier, accorde avec le participe annexae (peut-etre sufflatio, insufflatio ainsi que le mot aspiratio, dont la chute pourrait etre expliquee comme due a un saut d'un mot au meme mot).

(65) Dans l'iconographie medievale, les deux moments de la Creation decrits dans Genese 2, 7 --Dieu qui forme Adam avec du limon et qui lui insuffie l'ame et la vie-- peuvent etre representes distinctement ou dans une seule scene (REAU, Louis, Iconographie de l'art chretien, Paris, Presses Universitaires de France, 2.1, 1956, pp. 71-73 [reimpr. Nendeln/Liechtstein, Kraus Reprint, 19801). En tout cas, l'acte de Dieu qui (ivi, 72) <<se penche vers Adam couche au pied d'un arbre pour lui insuffier une ame>> est souvent represente comme un souffle vital <<suggere par des rayons>> qui emanent de sa bouche (mosaque de Monreale) ou par une petite Psyche aux ailes de papillon, symbole de l'ame chez les Anciens (mosaique de S. Marc de Venise). Pour cette iconographie v. encore KIRSCHBAUM, Engelbert (et alii edd.), Lexicon der Christlichen Ikonographie, Roma - Freiburg - Basel - Wien, Herder, 1, 1968, c. 48.5 s.v. Adam und Era [SCHADE, H.]); SCHMITT, Otto (ed.), Reallexikon zur deutschen Kunstgeschichte, Stuttgart, Metzler, 1, 1983, cc. 131-133 s. v. Adam und Eva [REYGERS, Leonie]); ROMANINI, Angiola Maria (ed.), Enciclopedia dell'arte medievale, Roma, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 1, 1991, pp. 138-145 s. v. Adamo ed Era [ESCHE-BRAUNFELS, S.], 809-812 s.v. anima [BASCHET, J.]); 6, 1995, pp. 491-499 s. v. Genesi [MARIYI CLARELLI, M. V.]). Comme le remarque encore L. REAU (ibidem): <<Ce theme archaique dont l'art du XIIe siecle nous offre de nombreux exemples (Mosaique du narthex de S. Marc a Venise; Fresque de S. Pietro, pres de Ferentillo; Miniature de l'Hortus Deliciarum) et qui persiste jusqu'au XVIe siecle (Gravure sur bois de Virgil Solis) est modernise dans le style de la Renaissance par Ghiberti, puis par Michel-Ange, qui montre a la Sixtine la vie transmise a Adam, comme un fluide, par la main de Dieu>>. Pour la miniature de l'Hortus deliciarum de Herrad von Hohenburg, oo le souffle vital est represente par des rayons qui, sortant de la bouche de Dieu, touchent Adam qui a la bouche ouverte et oo on peut lire sur la legende placee au-dessus; et inspirauit in faciem eius spiraculum uitae et factus est homo in animam uiuentem, v. GREEN, Rosalie B. - EVANS, Michael - BISCHOFF, Christine - CURSCHMANN, Michael (edd.), Herrad von Hohenbourg, Hortus deliciarum. I. Commentary. 2. Reconstruction, London, The Warburg Institute - The University of London, Leiden, Brill, 1, 1979, 97; 2, f. 17r, fig. 16 t. 10, et GREEN, Rosalie B., <<The Adam and Eve Cycle in the Hortus Deliciarum>>, dans WEITZMANN, Kurt (ed.), Late Classical and Mediaeval Studies in Honor of Albert Mathias Friend. Jr., Princeton, Princeton University Press, 1955, 342-343. Au XIIe siecle, dans la fresque de l'eglise de Chateau-Gontier (REAU, L, op. cit., p. 73): <<Adam, couche sur le dos, les mains jointes, ouvre les yeux a la lumiere. Un long trait, symbole du souffle animateur, unit la bouche du Createur a la sienne>> et le spiraculurn uitae est represente d'une facon analogue dans la mosaique de Monreale et dans la fresque de Ferentillo. La miniature qui represente la creation, dans la Bible historiale de Pierre le Mangeur du ms. Den Haag, MMW, 10B23 f. 9r (miniature de Jean Bondol, maitre de la Bible de Jean de Sy), montre Dieu qui se penche vers Adam en lui soufflant dans le visage. Parmi les representations allegoriques du souffle vital, celle de la Bible du Pantheon (datee des annees 1125-1130) montre une colombe qui partam de Dieu rejoint Adam couche (Biblioteca Apostolica Vaticana, ms. Lat. 12958, f. 4v; v. ROMANINI, A. M., cit., 1, 811), tandis que celle de la mosaique de Saint-Marc a Venise (vers 1220), qui reflete la Genese de Cotton (milieu du Ve siecle, London, British Library, Cott. Otho B. VI; v. en particulier WEITZMANN, K., <<Observations on the Cotton Genesis Fragments>>, dans ID., Late Classical cit., pp. 112-131), montre une petite figure ailee (v. notamment TIKKANEN, Johan Jakob, Die Genesismosaiken von S. Marco in Venedig und ihr Verhaltniss zu den Miniaturen der Cottonbibel nebst einer Untersuchung uber den Ursprung der mittelalterlichen Genesisdarstellung besonders in der byzantinischen und italienischen Kunst, Helsingfors, Acta Societatis Scientiarum Fennicae 17, 1889, 28-32 et passim [reimpr. 1972, Davaco Publishers - Soest]; ROMANINI, A. M., op. cit., 1, 812; 6, 492) et la legende et inspirauit in faciem eius spiraculurn uitae.

(66) HARING, Nikolaus M. (ed.), Commentaries on Boethius by Thierry of Chartres and his School, Toronto, Pontifical Institute of Medieval Studies, 1971, p. 171 sq. et 604 s.v. essentiare pour les nombreuses occurrences de te passage; v. aussi ID., <<A Commentary on Boethius' De Trinitate by Thierry of Chartres (Anonymus Berolinensis)>>, AHDL 23, 1956, 292 (et n. 4): Nam hoc confirmat Victorinus dicens quod "nomina essentiant res". Nec est aliquid nisi nomine impositio. Etiam cum dico "aliquid" vel "res", iam nomini rem unio appellatione Cum ergo poni dicitur; et esse confirmat quod dicitur et causam notat quare. Hanc autern unitionem divini expositores ab aeterno factam fuisse et simul secundum illud 'Sernel locutus est Deus' et in Verbo confirmatam asserunt.

(67) GUIRAUD, Pierre, L'etymologie, Paris, Presses Universitaires de France, 1972.

(68) LO MONACO, Francesco, <<Civitati autem illi magistrorum copia semper fuit (Appunti su maestri, scuole e biblioteche a Bergamo fra i secoli XIII e XIV)>>, dans VILLA, Claudia - Lo MONACO, Francesco (edd.), Maestri e traduttori bergamaschi fra Medioevo e Rinascimento, Bergamo, Civica Biblioteca Angelo Mai, 1998, pp. 27-50 (7. <<Una grammatica utilizzata alla scuola dei de Apibus>>, 45-50, fig. XIa, b).

(69) Pour l'iconicite inherente aux lettres (<<letter-icon>>) et pour le concept de <<transparent letter-icon>> et <<translucent letter-icon>> v. PATEMAN, Trevor, <<Transparent and Translucent Icons>>, British Journal of Aesthetics 26.4, 1986, 380-382; NANNY, M., <<Alphabetic Letters as lcon in Literary Texts>>, dans NANNY, M. FISCHER, O. (edd.), Form Miming Meaning cit., pp. 173-198, qui ajoute le concept de <<subliminal letter-icon>>.

(70) La bibliographie sur le theme de I'image et de la ressemblance est tres vaste; je me bornerai a indi quer CHENU, M. D., La Theologie cit.; JAVELET, Robert, Image et ressemblance au douzieme siecle de saint Anselme a Alain de Lille, Strasbourg, Universite de Strasbourg, 1-2, 1967; SCHWANZ, Peter, Imago Dei als christologisch-anthropologischer Problem in der Geschichte der alten Kirche von Paulus bis Clemens von Alexandrien, Halle, Niemeyer, 1970; HAMMAN, Adalbert-Gautier, L'homme image de Dieu. Essai d'une anthropologie chretienne dans l'Eglise des cinq premiers siecles, Paris, Desclee, 1987; ID. (ed.), L'uomo immagine somigliante di Dio, Torino, Edizioni Paoline, 1991. V. aussi AMSLER, M. E., op. cit., pp. 107-126; DAHAN, Gilbert, <<Nommer les Etres: exegese et theories du langage dans les commentaires medievaux de Genese 2, 19-20>>, dans EBBESEN, Sten (ed.), Sprachtheorie in Spatantike und Mittelalter, Tubingen, Narr, 1981, pp. 55-74; DE GANDILLAC, Maurice, <<Langage et connaissance religieuse dans le christianisme du Moyen Age latin>>, dans BECKMANN, Jan P. - HONNEFELDER, Ludger - JUSSEN, Gabriel (edd.), Sprache und Erkenntnis im Mittelalter. Akten des VI. internationalen Kongresses fur mittelalterliche Philosophie der Societe internationale pour l'etude de la philosophie medievale 29. August - 3. September 1977 in Bonn, Berlin - New York, de Gruyter, 1981, pp. 193-210 et NAGAKURA, Hisako, <<Le probleme du langage dans la theologie de l'image de Dieu chez saint Bonaventure et saint Thomas>>, ivi, pp. 952-960; BLOCH, H. R., op. cit., 50 sq.; EDWARDS, Mark, <<Christ, Tropology, and Exegesis>>, dans BOYS-STONES, George R. (ed.), Metaphor, Allegory, and the Classical Tradition. Ancient Thought and Modern Revisions, Oxford, Oxford University Press, 2003, pp. 235-278.

(71) A ma connaissance, les considerations de l'Ars du manuscrit de Bergame et celles d'Apuleius offrent le temoignage le plus ancien de cette idee qui semble inconnue des commentaires sur la Genese et, en general, aussi de la tradition hexamerique medievale. L'identite entre l'aspect figuratif de l'ecriture et son signifie n'est pas etrangere a Dante, qui l'emploie encore pour decrire sa rencontre avec les ames du ciel de lupiter (Dante Alighieri La Divina Commedia. Testo critico stabilito da Giorgio PETROCCH1 con una sua nota introduttiva sul testo della Commedia, Torino, Einaudi, 1975, Paradiso, 18, 76-117): <<si dentro ai lumi sante creature / volitando cantavano, e faciensi / or D, or I, or L in sue figure. / Prima, cantando, a sua nota moviensi; / poi, diventando l'un di questi segni, / un poco s'arrestavano e taciensi.... Mostrarsi dunque in cinque volte sette / vocali e consonanti ... Poscia nell'emme del vocabol quinto / rimasero ordinate, si che Giove / pareva argento li d'oro distinto. / E vidi scendere altre luci dove / era il colmo dell'emme, e li quetarsi / cantando, credo, il ben ch'a se le move...>>.

(72) Dans l'edition de SANGUINETI on peut lire (Dantis Alagherii Comedia. Edizione critica per cura di Federico SANGUINETI, Firenze, SISMEL, 2001, ad loc.): <<Parea l'occhiai[e] anella senza gemme: / chi nel viso degli omini legge 'omo' / bene avria ivi conosciuto l'emme>>.

(73) STOTZ, P., op. cit, p. 156 n. 10 (VIII [seccion] 118.3) rappelle: <<Nach einer sich bei DANTE, Purgatorio 23, 31-33, aussernden Anschauung bildet der Name des Menschen (lat. omo, ait. omo) sich im menschlichen Gesicht ab (zwei kleine o in die Rundungen eines unzialen M eingeschrieben: Augen, Augenbrauen, Nase)>>.

(74) ANGIOLILLO, Giuliana, La nuova frontiera della tanatologia. Le biografie della Commedia, 2. Purga torio, Firenze, Olschki, 1996, p. 249.

(75) J'omets de considerer la question des tres linguae sacrae et de la primaute reconnue a l'hebreu sur le grec et le latin, qui est marginale dans notre cas. Pour la langue originelle v. la bibliographie recueillie par DAHAN, G., <<Nommer>> cit.; GRONDEUX, Anne, <<La question des langues avant 1200>>, dans La resistible ascension des vulgaires. Contacts entre latin et langues vulgaires au bas Moyen Age. Problemes pour l'historien, MEFRM 117.2, 2005, 665-695. Et bien que <<les exegetes ne disent jamais que Dieu parle telle ou telle langue>> et que, la parole de Dieu etant interieure, <<la voix divine n'a besoin ni de bouche ni d'oreille: les paroles de Dieu ne sont pas percues par les oreilles d'Adam, souligne saint Thomas d'Aquin>> (BOURGAIN, Pascale, <<Reflexions medievales sur les langues de savoir>>, dans BURY, Emmanuel [ed.], Tous vos gens a latin. Le latin, langue savante, langue mondaine (XIVe-XVIIe siecles), Geneve, Droz, 2005, pp. 23-24), Dante, qui ne connaissait pas l'hebreu, presume (et il doit le faire) la forme latine homo. Signalons ACCARDO, Salvatore, Capitoli danteschi, Roma, Bonacci, 1976, p. 88; PANICARA, Vittorio, Canto XXIII, dans GUNTERT, Georges - PICONE, Michelangelo (edd.), Lectura Dantis Turicensis. Purgatorio, Firenze, Cesati, 2001, p. 367: <<Perche ignorare la facile parentela, in fondo anche troppo evidente, tra OMO e li latino homo? La scarnificazione sul volto dei golosi tende alia M gotica maiuscola cosi come l'uomo, in una visione escatologica, dovra annullare se stesso, secondo l'insegnamento dei mistici, di fronte a Dio>>. Pour la diffusion de l'image des <<anella sanza gemme>> v. SANER, Reginald A., <<Gemless Ring's' in Purgatorio XXIII and Lear>>, Romance Notes 10, 1968, 163-167.

(76) CIOFFARI, Vincenzo (ed.), Anonymous Latin Commentary on Dante's Commedia. Reconstructed Text, Spoleto, CISAM, 1989, 190e, mais pour une critique de cette edition v. ALESSIO, Gian Cario, Medioevo Romanzo 17, 1992, 296-303. Pour le status quaestionis et la bibliographie v. BELLOMO, Saverio, Dizionario dei commentatori danteschi. L'esegesi della Commedia da lacopo Alighieri a Nidobeato, Firenze, Olschki, 2004, pp. 102-111.

(77) MAZZUCCHI, Andrea, Chiose Filippine ms. CF 216 della Biblioteca Oratoriana dei Girolamini di Napoli, Roma, Salerno, 2002, 2, pp. 917-918; bibliographie dans BELLOMO, S., op. cit., pp. 218-221.

(78) BENVEVTVS DE IMOLA, Comentum super Comoediam, Florentiae, Barbera, 1887; V. pour la bibliographie BELLOMO, S., op. cit., pp. 142-162.

(79) Commento di Francesco da Buti sopra la Divina Comedia di Dante Allighieri. Ed. par. GIANNINI, Crescentino, Pisa, Nistri, 1860.

(80) L'interet grammatical et linguistique de Francesco de Buti, nomme magister gramatice au <<Studio di Pisa>>, se reflete dans cette allusion a un <<Grammatico>>, qui doit etre Isidore de Seville, qui rappelle l'etymologie ab humo pour homo, plutot que Quintilien. Bibliographie dans BELLOMO, S., op. cit., pp. 246-259.

(81) D'autres commentateurs se referent au vulgaire omo. Entre 1324 et 1328, lacopo dalla Lana explique la lisibilite de <OMO> en ces termes (Comedia di Dante degli Allagherii col commento di Jacopo di Giovanni dalla Lana. Ed. par Luciano SCARABELLI, Milan, Civelli-Moretti, 1866-1867, ad loc.): <<Alcuni sono stati ch'hanno detto che la figurazione del viso delli uomini e mo in questo modo: gli occhi sono li o, e la m formano in questo modo, che le ciglie colli tempori sono le estreme gambe dell'm, e lo naso si e la gamba di mezzo. Or in magri appare meglio e le ciglie ele tempora che nelli grassi, siche in quelli leggieramente nelli suoi vizi si sarebbe letto omo, siccome appare quie>> (BELLOMO, S., op. cit., pp. 281-303), et en 1334 dans l'Ottimo commento on peut lire (2, 436 ad 31): <<Descritta la fame, che nel volto di quelle anime si mostra per due esempli, qui la esemplifica per materiale forma, cioe che gli occhi erano cosi cavi senza ripieno, come pare un anello senza gemma. E soggiugne, che chi sapesse benne affigurare le lettere, scorgerebbe che le due sopracciglia col tratto del naso fanno in coloro uno T, perocch'e 'l voto intra 'l filo del naso e le sopracciglia T>> (BELLOMO, S., op. cit., pp. 354-374). Au XVe siecle, Cristoforo Landino explique l'image de Dante d'une facon identique (3, 1392): <<parea el tondo degl'occhi, dove stanno gl'occhi, anella sanza gemine, anella tonde sanza castone, dove entra la gemina. Dicono, che nella faccia de l'huomo che gl'orecchi e 'l naso fanno uno .m. in questa forma .M., et gl'occhi sono nel mezo due .o. in questa forma .OO., et chosi dicono 'omo'. Adunque el poeta vuol dimostrare, che la magreza del viso faceva piu expressamente apparire>>.

(82) L'expression est de DEL MONTE, Alberto, <<Forese>>, Cultura e Scuola 13-14, 1965, 575. Pour une lecture anthropologique de cette attention physiognomique de l'Occident v. CARDONA, G. R., Storia universale della scrittura, Torino, Loescher, 1986, p. 79, et pour le concept de <<ephemerality>> dans la categorisation humaine et dans la semiose graphique, <<regarded as an intrinsic component of the efficacy of the signaling code, and not as an accident>>, v. GNERRE, Maurizio, <<Ephemeral Graphism: Time, Meaning, and Body>>, dans COPPOCK, Patrick (ed.), The Semiotics of Writing: Transdisciplinary Perspectives on the Technology of Writing, Turnhout, Brepols, 2001, pp. 90-91. Gnerre interprete l'image de Dante et le tetragrammaton de la Cabbale (<<according to which the four Hebrew graphemes of the word of God, Y H W H, are "read" vertically as forming, with their combined shapes, the image of the human body, with the Y constituing the head, the first H the arms, the W the chest with the heart, and the second H the legs ...>>, art. cit., 91), comme un reflet du fait que (ivi, 94), <<some graphism ceased to be related any more to narrative sequences, but rather to simple nonpropositional referents as the glottographic trend started on its way. It was under these circumstances that the body still preserved in some cultural areas its dimension of a support--not of graphism any more, but of written messages. We find in this way a bodily inherent "reading" (as in Dante) ...>>. V. a propos du tetragrammaton SCHOLEM, G., op. cit.

(83) ZUMTHOR, P., art. cit., 327 (= op. cit., pp. 43-44).

(84) A propos des lettres et de leur rapport avec l'image dans la production figurative et litteraire medievale - atteste par exemple par la poesie visuelle du haut Moyen Age -, G. CAVALLO observe (<<Testo e immagine: una frontiera ambigua>>, dans TABACCO, Giovanni [ed.], Testo e immagine nell'Alto Medioevo, 15-21 aprile 1993, Spoleto, CISAM, 1, 1994, p. 56): <<In Occidente, sia la singola lettera, ch'e forma e senso ("corpo" e "anima" nella definizione di Virgilio di Tolosa), sia singole parole isolate nella pagina possono acquisire elementi di grandiosa monumentalita e di spiccato rilievo cromatico ed estetico, che ne fanno un'immaginetramite di valori religiosi>>. Parmi les nombreuses contributions sur ce theme, v. notamment ASSUNTO, Rosario, <<Scrittura come figura, figura come segno>>, Rassegna della istruzione artistica 2.2, 1967, 5-18; 2.4, 5-15; CAMILLE, Michael, <<Seeing and Reading: some Visual Implications of Medieval Literacy and Illiteracy>>, Art History 8.1, 1985, 26-49, et les etudes de J. Baschet, J.-C. Schmitt, M. Camille et H. Kessler, avec une bibliographie qui concerne ce theme, dans BASCHET, Jerome - SCHMITT, Jean-Claude (edd.), L'image. Fonctions et usages des images dans l' Occident medieval. Actes du 6e <<International Workshop on Medieval Societies>>, Centre Ettore Majorana (Erice, Sicile, 17-23 octobre 1992), Paris, Le Leopard d'Or, 1996.

(85) Le theme s'insere dans l'image de [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII]-homo Dei (dans l'Ancien Testament, par exemple, Rois 3, 12, 22; 13, 1; 17, 18, 24 comme appellatif du prophete de Dieu; Deut. 33, 1; los. 14, 6; Paralip. 1, 23, 14 attribue a Moise: Paralip. 2, 7, 14 attribue a David en tant qu'elu par Dieu); pour l'histoire de cette image dans la tradition chretienne jusqu'au Moyen Age v. STEIDLE, Basilius, <<Homo Dei Antonius. Zum Bild des 'Mannes Gottes' ira alten Monchtum>>, Studia Anselmiana 38, 1956, 148-200 (reimpr. dans ENGELMANN, Ursmar [ed.], Basilius Steidle 1903-1982. Beitrage zum alten Monchtum und zur Benediktusregel, Sigmaringen. Thorbecke, 1986, 54-106). Il faut signaler l'emploi de cette image par Philon d'Alexandrie (PHILO, De confusione linguarum, 41-43, 146 KAHN et le commentaire ad locc.), v. egalement LEISEGANG, Hans, Der heilige Geist. Das Wesen und Werden der mystisch-intuitiven Erkenntnis in der Philosophie und Religion der Griechen, Leipzig, Teubner, 1919, I.I, p. 80 (reimpr. Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1967). V. VIGOROUX, Francois, Dictionnaire de la Bible, Paris, Letouzey et Ane, 3, 1912 (2), cc. 743-745 s.v. homme; KITTEL, Gerhard - FRIEDRICH, Gerhard (edd.). Theologisches Worterbuch zum Neuen Testament, Stuttgart, Kohlhammer, 1, 1933, 365-366.2 s.v. [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] (JEREMIAS, J.); BLAISE, Albert, Le vocabulaire latin des principaux themes liturgiques, Turnhout, Brepols, 1966, p. 57 et passim.

(86) JOHANNES DE GARLANDIA, Compendium Gramatice. Auf der Grundlage aller bekannten Handschriften erstmals herausgegeben und eingeleitet von Thomas HAVE, Koln - Weimar - Wien, Bohlau, 1995. Au v. 350 (ad. uires) dans le temoin G on peut lire: quia demones uultum hominis aspicientes mirabili stupore concuciuntur, dum Deum considerant incarnacionis sue misteria in humano uultu demonstrasse.

(87) Berthold, des Franciscaners, deutsche Predigten, theils vollstandig, theils in Auszugen. Ed. par Ch. Friedrich KLING, Berlin, 1824, pp. 305-306; BANTA, Frank G. (ed.), Predigten und Stucke aus dera Kreise Bertholds von Regensburg, Kummerle, Goppingen, 1995. Une photo numerique du ms. Heidelberg, Pal. Germ. 24, qui aux ff. 155v-163r contient le texte du sermon XXV (pour le passage concerne v. f. 162r), est visible sur le site internet http://www.ub.uni-heidelberg.de/helios/digi/codpalgerm.htm/. Sur Berthold de Ratisbonne (vers 1210-1272) v. en particulier STAMMLER, Wolfgang, Die deutsche Literatur des Mittelalters. Vetfasserlexikon, Berlin - New York, de Gruyter, 1, 1933, pp. 213-223; AA.VV., Bibliotheca Sanctorum, Romae, Istituto Giovanni XXIII, 1963, 3.112-114 s.v. Bertoldo di Ratisbona (BURCHI, Piero); Lexicon des Mittelalters, Munchen - Zurich, Artemis, 1, 1980, 2035 sq., s.v. Berthold von Regensburg (MERTENS, Volker); C.A.L.M.A. 11.3 (2006), s.v. Bertholdus Ratisponensis, pp. 389-391.

(88) Parmi les commentateurs de Dante, c'est Reinhold KOHLER (<<OMO im Menschenangesicht. Eine Parailele>>, Jahrbuch der deutschen Dante-Gesellschaft 2, Leipzig, Brockhaus, 1869, pp. 237-238) le premier qui, suivi par Giovanni Antonio SCARTAZZINI (Dante Alighieri La Divina Commedia riveduta nel testo e commentata da G. A. SCARTAZZINI, 2, Il Purgatorio, Leipzig, Brockhaus, 1875 [reimpr. Bologna, Forni, 1965], 443 ad Purg. 23, 32), a rappele l'image de Berthold de Ratisbonne avec un long extrait de son sermon; d'apres eux, sans noter cependant que Berthold parle de (h)omo Dei, v. Dante Alighieri Commedia con il commento di Anna Maria CHIAVACCI LEONARDI, Milano, Mondadori, 1994, ad Purg. 23, 32-33 (II, 677).

(89) ROSSI, Luca Carlo (ed.), Le Chiose Ambrosiane alia <<Commedia>>, Pisa, Scuola Normale Superiore, 1990, p. 160.32.

(90) Commento alia Divina Commedia d'Anonimo Fiorentino del secolo XIV ora per la prima volta stam pato a cura di Pietro FANFANI, Bologna, Romagnoli, 1868. Bibliographie dans BELLOMO, S., op. cit., pp. 97-101.

(91) TATWINE, Aenigmata, De litteris, 4, 1 (CCSL 133, 171 GLORIE).

(92) Ce n'est pas le but de cette contribution de traiter des facultes et des proprietes physiques qui distinguent l'homme des betes en constituant sa priorite, proprietes parmi lesquelles les theologiciens rappellent le status erectus et le visage. Le status erectus est un lieu commun des Stoiciens qui remonte a Anaxagore et qui est present chez Xenophon, Platon, Aristote et meme chez Philon et Clement d'Alexandrie. Ciceron connait ce theme (De legibus, 1, 9.26-27) qui, grace a lui, se retrouve chez Minucius Felix (Octauius, 17.2 et passim), Lactance (Diuinae instit. 2, 1-3; 18; 3, 10-12; 4, 17), Ambroise (Exameron, 6, 9.54) et qui est encore tres frequent dans la litterature medievale, v. infra, n. 97.

(93) Il faut se demander si l'observation sur la pretendue communaute d'elements physiques entre l'homme et les animaux peut deriver - par simplification - de l'idee de leur connaturalite, qui avait connu des interpretations differentes. D'une part, Lactance, qui affirme en citant Ciceron que seul l'homme a connaissance de Dieu dans le De ira Dei (7, 5; 18, 14), Gregoire de Nysse dans son De hominis opicifio, 7-9 (ouvrage traduit par Jean Scot Erigene dans le De imagine, v. CAPPUYNS, Maieul, <<Le De Imagine de Gregoire de Nysse traduit par Jean Scot Erigene>>, Recherches de theologie ancienne et medievale 32, 1965, 205-262) et leurs heritiers avaient accueilli le vaste repertoire stoicien et platonicien christianise concernant les proprietes psychiques et physiques - qui distinguent l'homme des animaux. D'autre part, Jean Scot Erigene dans le Periphyseon (4, 5: CCCM 64, 15.375-19.480 JEAUNEAU [PL 122, cc. 751C-753D]; 21.558-564 [c. 755B-C]: Ac per hoc tota humana natura, in quantum communicat animalibus, merito animal est.... in quantum uero diuinae caelestisque essentiae particeps est, non est animal, ratione autem et intellectu aeternorumque memoria caelestem participat essentiam. Ibi igitur omnino animalitatis expers est) avait illustre la <<vision de l'homme comme resume de la creation>>, presentant <<d'une certaine facon, le theme de l'homme-microcosme ... mais non point le mot>> (Edouard A. JEAUNEAU, ap. CCCM 64, XXIII-XXIV) et celui de l'homme creaturarum omnium officina (3, 37 [CCCM 63; PL 122, c. 733B]) qui allaient etre recus aussi par Honorius Augustodunensis dans sa Clauis Physicae.

(94) NOTH, W., op. cit.; ID., art. cit., 21-23.

(95) Pour l'image chez Hugues de saint Victor v. ZEMLER-CIZEWSKI, Wanda, <<Reading the World as Scripture: Hugh of St. Victor's De tribus diebus>>, Florilegium 9, 1987, 65-88; EAD., <<Beauty and the Beasts: allegorical Zoology in twelfth-century hexaemeral Literature>>, dans WESTRA, Haijo J. (ed.), From Athens to Chartres. Neoplatonism and Medieval Thought, Leiden, Brill, 1992, pp. 298-299; EAD., <<The Lord, the Giver of Life: a Reflection on the Theology of the Holy Spirit in the twelfh Century>>, Anglican Theological Review 7.1, 2001, 547-556.

(96) Et par HONOR. AVG. Hexaemeron (De neocosmo) 3 PL 172, c. 258C; Elucidarium, 1, 67 (LEFEVRE, Yves [ed.], L'Elucidarium et les lucidaires. Contribution, par l'histoire d'un texte, a l'histoire des croyances religieuses en France au moyen age, Paris, De Boccard, 1954, p. 372 [PL 172, c. 1117A]): Cum esset minor mundus, accepit nomen ex quatuor mundi climatibus, quae graece dicuntur anathole, disis, arctos, mesembria, quia genus suum quatuor partes mundi erat impleturum. In hoc etiam habuit similitudinem Dei, ut, sicut Deus praeest omnibus in caelo, sic omnibus homo praeesset in terra). Pour l'image chez Honorius v. notamment LEFEVRE, Y., L'Elucidarium cit., pp. 114-118; CROUSE, Robert D., <<Intentio Moysi: Bede, Augustine, Eriugena and Plato in the Hexaemeron of Honorius Augustodunensis>>, Dionysius 2, 1978, 137-157, et OTTEN, Willemien, <<Reading Creation: Early Medieval Views of Genesis and Plato's Timaeus>>, dans VAN KOOTEN, George H. (ed.), The Creation of Heaven and Earth. Re-interpretations of Genesis I in the Context of Judaism, Ancient Philosophy, Christianity, and Modern Physics, Leiden - Boston, Brill, 2005, pp. 225-243, avec la bibliographie qui s'y rapporte. Sur l'ecriture comme metaphore de la creation divine je me limite a signaler - la bibliographie a ce propos est immense - CURTIUS, E. R., op. cit., pp. 365-366 et CARDONA, G. R., op. cit., p. 142: <<buona parte delle nostre attivita conoscitive e mentali in genere ha come punto di partenza il riferimento al modello della scrittura. La memoria stessa viene assimilam al mezzo scrittorio per cui viene spontanea l'immagine dell'imprimersi, scriversi qualcosa nella memoria, e la metafora e certo antica. La stessa immagine troviamo negli scrittori antichi che trattano di mnemotecnica ... in Marziano Capella ("Perche, proprio come si fissa sulla cera sotto forma di lettere cio che si scrive, cosi cio che si affida alla memoria si imprime nei luoghi come su una tavoletta cerata, o sulla pagina: e li ricordo delle cose e conservato dalle immagini, proprio come se fossero lettere", De nuptiis, V, 539, p. 269 Dick)>>; recemment v. OTTEN, W., <<Nature and Scripture: Demise of a Medieval Analogy>>, HThR 88, 1995, 257-284.

(97) Ciceron le signale deja (De legibus, l, 9, 26; De natura deorum, 140; Hortensius); dans la tradition latine, parmi bien d'autres, saint Augustin fait reference au visage (e.g. De Genesi ad litteram, 6, 12, 21, 7, 28; Confessiones, 13, 23; De ciuitate Dei, 12, 24), ainsi que Lactance (e.g. De opificio Dei, 8, 3; De ira Dei, 7, 5). L'importance du visage n'est pas inconnue d'Apuleius ni de l'Ars de Bergame (in qua [scil. facie] praecipu? cognoscitur). D'ailleurs, ce topos est bien developpe au Moyen Age comme, par exemple, en temoignent BEDA (In principium Genesis, l, 2, 1403 CCSL 118A JONES): Bene autem in faciem inspirasse deus homini dicitur ut fieret in animam uiuentem, quia nimirum insitus ei spiritus ea quae foris sunt contemplatur, utpote qui pars cerebri anterior unde sensus omnes distribuuntur ad frontem conlocata est), REMIGIVS AVTlSS. (Expos. super Genesim, 2, 7 CCCM 136 EDWARDS): Inspirauit in fatiem eius spiraculum uitae, id est substantiam rationalis ac uitalis animae tradidit, et spirare eum fecit. Et bene in fatiem hominis inspirasse dicitur, quia nimirum omnes sensus corporis, qui spiritu uegetantur, maxime in faciem hominis uigent, Ibi enim uisus, gustus, auditus, olfactus, tactusque consistit; (Comm. in Genesim PL 131, c. 60C): In faciem autem hominis spirasse (dicitur), quia in capite maxime omnes sensus uigent, horum uno, id est tactus, per omne corpus diffuso, (c. 57A): Nec audiendi sunt qui dicunt hominem in corpore Dei imaginem habere. Hanc enim potius cum animalibus communem habemus, quia, quomodo ea quinque sensus corporis habent, ita et nos. In anima quippe imaginem Dei habere, et ANDREAS ST. VICTOR (ln Genesim, 797-807 CCCM 53 LOHRBERNDT [: 29]): Et inspirauit in faciem eius spiraculum uitae.... In fatiem dicitur inspirasse (id est, animam posuisse), non quin in toto corpore tota sit, sed quia haec pars dignior corporis est et ideo pro toto ponitur, siue quia in hac parte pro sensibus, qui in ea sunt, maior uis et effectus animae apparet, (Expos. in Ecclesiasten, 1261 CCCM 53B BERNDT): factus est homo simplex, innocens, pius, rectus, sed et in corpore erectus prona que cum spectent animalia cetera terram. Os homini sublime dedit Deus.

(98) NANNY, M., art. cit., p. 175.

(99) A partir des etudes de ROSIER-CATACH, Irene, <<Langage et signe dans la discussion eucharistique>>, dans AUROUX, Sylvain - DELESALLE, Simone - MESCHONNIC, Henri (edd.), Histoire et grammaire du sens. Hommage a Jean-Claude Chevalier, Paris, Armand Colin, 1996, pp. 42-58; EAD., La parole efficace. Signe, rituel, sacre, Paris, Vrin, 2004.

(100) MARMO, Costantino, <<Il 'simbolismo' altomedievale: tra controversie eucaristiche e conflitti di potere>>, dans Comunicare e significare nell'Alto Medioevo. Spoleto 15-20 aprile 2004, Spoleto, CISAM, 1, 2005, pp. 765-814 [: 771-772]; il se refere aux conclusions de Nikolaus M. HARING (<<Character, signum, signaculum. Die Entwicklung bis nach der karolingischen Renaissance>>, Scholastik: Vierteljahresschrift fur Theologie und Philosophie 30.4, 1955, 481-512), oo (MARMO, C., art. cit., 770) <<Character ... indica per Pascasio un segno esteriore, sensibile, e in particolare quello che oggi chiameremmo "grafema'" (o "graffo", come sua realizzazione concreta e individuale), rappresentazione scritta, e quindi visibile, del suono di una lingua (fonema)>>. V. aussi CHAZELLE, Celia, <<Figure, Character, and the glorified Body in the Carolingian eucharistic Controversy>>, Traditio 47, 1992, 15-17. L'auteur de l'Ars du manuscrit de Bergame appelle caracteres les signes graphiques (ms. MA 144, ff. 59v. 19-60r.5): Hereo quare diptongatur? uel quia deriuatur ab areo ut dictum est uel propter suam significationem. Nam herere est firmissimg uinctum esse aliqui. Qua propter ipsa significatio coniunctionis monstrata est in ipso exordio huius dictionis iccirco enim caracteres tres idest h a e iunguntur in unum sonum in exordio istius dictionis ut per hoc demonstratur ipsa significatio magne conglutinationis. Nam aliquando per litteras que sunt in dictione demonstratur planius ipsa significatio dictionis.

(101) Sur ces themes dans la tradition grammaticale latine v. MERELLO, Margherita, <<Il termine "littera" nella tradizione grammaticale>>, Studi e ricerche dell'Istituto di Latino (Genova, Facolta di Magistero) 4, 1981, 101-107; Ax, Wolfram, Laut, Stimme und Sprache, Gottingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1986, pp. 15-34, 45-51; ID., <<Zum de uoce-Kapitel der romischen Grammatik. Eine Antwort auf Dirk M. Schenkeveld und Wilfried Stroh>>, dans SWIGGERS, Pierre - WOUTERS, Alfons (edd.), Grammatical Theory and Philosophy of Language in Antiquity, Louvain - Paris - Sterling, Peeters, 2002, pp. 121-141; DESBOROES, F., <<Elementa. Remarques sur le role de l'ecriture dans la linguistique antique>>, dans JOLY, Henri (ed.) Philosophie du langage et grammaire dans l'Antiquite, Bruxelles - Grenoble, Ousia - Universite des Sciences Sociales, 1986, pp. 339-355; EAD., Idees cit., pp. 113-134; EAD., <<The Notion of Orthography. A Latin Inheritance>>, dans PONTECORVO, Clotilde (ed.), Writing Development. An interdisciplinary View, Amsterdam - Philadelphia, Benjamins, 1997, pp. 117-128); MAAS, Utz, <<'Die Schrift ist ein Zeichen fur das, was in dem Gesprochenen ist' - Zur Fruhgeschichte der sprachwissenschaftlichen Schriftauffassung: das aristotelische und nacharistotelische (phonographische) Schriftverstandnis>>, Kodicas/Code. Ars semeiotica 9, 1986, 245-291: MOLLFULLEDA, Santiago, <<Un aspecto poco estudiado de las ideas gramaticales de Ciceron: la fonologia>>, Faventia 9.2, 1987, 59-65; PUENTES ROMAY, Jose Antonio, <<Algunos aspectos de la doctrina acerca de las letras en los gramaticos latinos>>, Euphrosyne 19, 1991, 143-158; VOGT-SPIRA, Gregor, <<Vox und littera. Der Buchstabe zwischen Mundlichkeit und Schriftlichkeit in der grammatischen Tradition>>, Poetica 23.3-4, 1991, 295-327; BIVILLE, Frederique, <<Tradition grecque et actualite latine chez les grammairiens latins: l'approche phonique de la langue>>, dans DANGEL, Jacques (ed.), Grammaire et rhetorique: notion de romanite. Actes du colloque de Strasbourg (novembre 1990), Strasbourg, AECR, 1994, pp. 19-30; HERNANDEZ MIGUEL, Luis Alfonso, <<La descripcion distribucional del sistema fonologico del latin segnun la gramatica romana>>, Emerita 49, 1981, 149-178; LAW, V., The History cit., 3, 61; FILIPPONIO, Lorenzo, <<Problemi di descrizione articolatoria nella tradizione grammaticale latina>>, AIV 162, 2003-2004, 213-287; CECCARELLI, Lucio, <<Note sull'h iniziale in Venanzio Fortunato>>, dans ARIAS ABELLAN, Carmen (ed.), Latin Vulgaire-Latin Tardif. Actes du VIIeme Colloque international sur le latin vulgaire et tardif. Seville, 2-6 septembre 2003, Sevilla, Universidad de Sevilla, 2006, pp. 221-223.

(102) MARMO, C., art. cit., 775-776; 778: <<e proprio l'accezione grammaticale di figura che consente a Pascasio di sostenere che nel sacramento dell'altare c'e coincidenza di verita e figura. La verita delle figurae litterarum sarebbe analoga alla verita del sacramento eucaristico, ovvero alla presenza del vero corpo e del vero sangue di Cristo dietro le apparenze sensibili del pane e del vino>>.

(103) MARMO, C., art. cit., 812.

(104) V. aussi LO MONACO, F., art. cit., pp. 47-48: Sed qui mirum si liltere que sunt posite in principio dictionum concordent cum significationibus dictionum et sunt uelut tituli dictionum, quandoquidem que sunt posite in principiis librorum aliquando concordent cum significationibus librorum. Le magister ouvre ici une longue serie d'exemples qui montreraient une sorte de 'numerologie naturaliste' (plus que mystique) appliquee aux mots, qui en interprete la structure formelle, a partir de leurs elements minimaux, en recherchant une concordantia avec le signifie. La recherche de cette <<retro-motivation>> arrive pour ouum, oculus, manus, pes, ser, orbis, rursus, de meme pour Deus, caelum, os, murus, mille, caput, omnis. Par exemple (f. 68r.9-23): Ouum quare incipitur per o? quia o rotunde figure, est ouum similiter rotundum est. Ouum quare permanet ex quattuor litteris? Quia ouum constat ex quattuor rebus. Ex uello et albumine et ex cortice et quadam membranula iuncta cortice. Oculus quare incipitur per o? Quia et oculus et o trahunt ad rotunditatem. Oculus quare constat ex tribus sillabis? Quia oculus praecipue permanet ex tribus rebus idest, ex albo et pupilla et illo quod manet inter album et pupillam. Nam palpebra non pertinet ad singularem carnem oculorum. Est enim similis ceterg pelli. Oculus quare permanet ex sex litteris? Quia pauca animalia sunt quae habent<ur> nisi duos oculos. Et unde? permanet ex tribus rebus sicut dictum est tres et tres iuncti simul fiunt sex. Quapropter oculus recte constat ex sex litteris.

(105) Cf. l'image qui decrit la meretrix dans la Vulgate, Prou. 5, 4: Nouissima autem illius amara quasi absynthium, et acura quasi gladius biceps, et qui traduit [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] des LXX (et Apoc. 19, 15; cf. HIERONYMVS, In Aggaeum, 1. 11: Vocatur itaque uel inducitur uiuens sermo Dei, et efficax, et acutus super omnem gladium bicipitem; In Is. 27, 1: De ore saluatoris gladium bicipitem exire); pour la meme image cf. AVG. Specul. 7, 52, 24; BEDA, In prou. Salomonis, 1, 5, 23; ALCVINVS, De uirtutibus et uitiis, 626. Pour le signifie de biceps v. ThlL 2, c. 1970 s.v. biceps, et notarnment GL 2, 280, 15-16 (PRISC. Instit.): A capite ... composita ... ut anceps ... biceps (et 3, 416, 26); CGL 2, 29, 51 GOETZ; 5, 172, 30, 347, 59 etc.; GLOSSARIA LATINA, I, Ansil. BI 39 LINDSAY: Biceps: bicapitis; 40: Biceps: duo capita habens; 42: Bicipites: bis acutat&lt;i&gt; (Abstr.); 44: Bicipiti: duplici, bis acuto; 45: Bicipitis: bis acuti[s] etc.

(106) La comparaison du dessin de la lettre avec une arme se retrouvera aussi dans les vers de l'ABC de Huon le Roi de Cambrai (HVON LE ROI DE CAMBRAI, (Euvres, 1: ABC - Ave Maria - La descrissions des relegions. Ed. par Artur LANGFORS, Paris, Champion, 1913 [1925 2], 1, pp. 97-98): <<Apres vous conterai de l'H / Qui par desous d'un pie se lace>> et (1, 109-110 LANGFORS): <<Et hace miels arme resanle / Que nule letre, cou me sanle>>. L'image (ivi, VI ad loc.) <<se rapporte sans doute a la forme gothique de la lettre (h)>>; comme l'ecrit Michel Zink (Le Moyen Age a la lettre. Un abecedaire medieval, Paris, Tallandier, 2004, p. 48) <<Il vient de rappeler, dans les vers qui precedent, la mort violente du Christ, non sans trafiquer quelque peu l'evangile de Jean. Pour pouvoir placer son calembour et faire valoir que H est une arme, il eprouve le besoin, a titre de transition, de dire que par une arme le Christ a ete tue: A glaive morut en crois Dius - 'D'un coup de lance Dieu est mort en croix'>>; v. aussi (ivi, 49-50) et ZUMTHOR, P., art. cit., 327-328 (= op. cit., pp. 43-45).

(107) Apuleius ne semble pas s'interesser au symbolisme dont fait montre une certaine tradition grammati cale envers le dessin des litterae (sur cette conception dans la Latinite v. DESBORDES, F., op. cit., pp. 78-80; EAD., <<La pratique>> cit., 78 sq. avec la bibliographie qui s'y rapporte). Il ne fait pas recours aux interpretations symboliques des traits qui forment <h> attestes par les De litteris edites par H. HAGEN (GL 8, 303, 15-19): H muta et consonans interdum nota adspirationis creditur: ideo non adnumerant eam alii curo litteris, eo quod dicitur 'nota' ut homo. quomodo dicitur littera, ut hi mihi, quae duabus uirgulis significatur, quae duo testamenta significant, uetus et nouum, et una recta inter duas illas, quae typum significant inter duas leges, (GL 8, 306, 22-23): H. Adunationem duorum populorum ex diuerso uenientium esse in Christo nemo quis dubitat, ni aux remarques sur le <y> pythagoricien, qui depuis Isidore etait un theme tres connu au Moyen Age, par exemple de Roger Bacon (cf. GREWN, Benoit, <<Systemes d'ecriture, semiotique et langage chez Roger Bacon>>, HEL 24.2, 2002, 75-111) et Jean de Garlande (Compendium Gramatice, 308-314 HAYE). Il est attentif, au contraire, aux dimensions historique et paleographique de l'ecriture, et ce grace a ses sources grammaticales tardolatines, en particulier Priscien (Instit. GL 2, 35, 24-36, 2): H literato non esse ostendimus, sed notam aspirationis, quam Graecorum antiquissimi similiter ut Latini in uersu scribebant: nunc autem diuiserunt et dextram eius partem supra literam ponentes psiles notam habent, quam Remmius Palaemon exilem, Grillius uero ad Virgilium de ac<<entibus scribens leuem nominat, sinistram autem contrariae aspirationis, quam Grillius flatilem uocat. Pour cette image v. aussi SERGIVS, De littera in Don. (GL 4, 477, 20-26): H propter hoc non nulli excludendam putant, quod magis pro signo adspirationis quam pro littera poneretur, nam quem ad modum Graeci adspirationis notam hanc habent |-, quam [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] uocant ,ad huius similitudinem et [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII] -1, nos his sociatis adspirationis facimus notam H, cuius si medium separes, inuenies notas esse Graecorum, quae contra se positae |- -| notam nobis adspirationis, ut diximus, efficiunt; cf. Explan. in artem Don. (GL 4, 521, 18-20): quo modo et in adspiratione curo nos habemus h, illi aliud signum [significationis] habent, cuius figura talis est, ut est dimidium H.

(108) STEINTHAL, H,, op. cit., 1, 353, interprete ce passage a la lumiere de Varron (Ling. Lat. 5, 117 COLLART): Vallum uel quod ea uaricare nemo posset uel quod singula ibi extrema bacilla furcillata habent figuram litterae V; cf. les remarques de saint Augustin sur <v> dans les Principia dialecticae (PL 32, c. 1413).

(109) C'est seulement dans l'Ars d'Eutyches que l'on peut entrevoir des considerations semblables a celles d'Apuleius (GL 5, 477, 3-7): In lo desinentia a uel e uel i uocalibus antecedentibus primae sunt coniugationis, ut halo halas, exhalo exhalas, anhelo ... excepto alo alis, id est nutrio, intellectus causa, ut carens graui spiritu etiam coniugatione differat ab eo quod adspiratum primae est coniugationis, halo halas, significans spiro.

(110) Dans l'Ars du manuscrit de Bergame on peut lire (f. 74cv.22-24): Hiems cur debet aspirari?Vt H, quod est signum aspirationis, demonstret quod multae aspirationes, id est multae sufflationes uentorum, sint in illo tempore quod hiems.

(111) BONIOLI, M., op. cit., 56; STOTZ, P., op. cit.. 155 (Vil [seccion] 117), qui affirme (ibid., n. 1): <<Die Unterscheidung zwischen Aspiration und h-Schreibung ist grundlegend; die beiden Dinge haben in MA nur wenig miteinander zu tun. Daruber soll die Sprache der Theoretiker nicht hinwegtauschen: aspirare heisst oft (so in dem nachfolgenden Zeit) nicht: "mit einem Hauchlaut aussprechen", sondem: "mit dem Buchstaben h schreiben">>.

(112) Comme l'observe F. DESBOROES, dans la conscience des grammairiens latins (op. cit., 179), <<c'est le statut du phenomene sonore correspondant a H qui est en question. Le signe H correspond bien en effet a quelque chose qui s'entend dans la langue parlee, dont on peut constater l'absence ou la presence, qui peut donc etre identifie. La question est alors de savoir si ce phenomene, l'aspiration, est une unite autonome de la langue, ou s'il n'est qu'un mode d'expression des voyelles et de certaines consonnes. Dans le premier cas, on pourra parler de littera a propos de H; sinon, on preferera dire nota, une marque, une sorte de signal avertissant le lecteur que tel element linguistique a un mode d'expression particulier>>. Cette distinction (ibidem) <<entre littera et nota a du etre influencee par la comparaison avec le systeme graphique grec, qui marque l'aspiration et la non-aspiration par des signes particuliers, non integres a l'alphabet et places (eventuellement) au-dessus des lettres, qui sont, elles, censees constituer la partie essentielle de l'ecriture: H latin semble etre l'equivalent de l"esprit rude' grec, le petit signe cqui indique que l'on doit produire un son aspire. La theorie grecque de la prosodie a egalement joue un role, comme on le voit dans un passage de Sergius (GL 4, 528, 18) qui demarque un texte oo Varron, de son cote, adaptait un traite de Tyrannion>>, et ivi, pp. 179-183.

(113) Cf. aussi AVDAX, Excer. (GL 7, 326, 23-25): Quid de h respondebimus? Quod aspirationis nota, non littera existimatur, sed tamen in metro aliquotiens et littera deprehenditur et, parmi les auteurs medievaux, ABBO FLOR. (Quaest. 25 GUERREAU-JALABERT): H uero tantum metro utilis semper absque ullo sono uocalibus preponitur ubi ascribenda uidetur, et consonantibus quibus apponenda est postponitur, ut ah interiore spiritu pinguior proficiscatur. Sur l'interpretation fautive de ce vers virgilien (soutenue par Theodor Birt) v. en part. LINDSAY, Wallace M., Die lateinische Sprache. Ihre Laute, Stamme und Flexionen in sprachgeschichtlicher Darstellung, Leipzig, Hirzel, 1897, pp. 62-70 (reimpr. Hildesheim, Olms, 1984); ID., <<Terga fatigamus hasta>>, CQ 10, 1916, 97-99; SEELMAYN, Emil, Die Aussprache des Latein nach philologisch-historischen Grundsatzen, Heilbronn, Henninger, 1885, p. 262; BONIOLI, M., op. cit., p. 55; FILIPPONIO, L., <<Problemi>> cit., 203-218.

(114) Cf. egalement CORNVTVS, ex Cassiod. De orth. (GL 7, 152, 14-16 [= GRF 16]): Itaque et ante et post h littera cuicumque uocali adiungatur, [non] sonabit, haec enim natura uocalium est, ut ante se aut post se h litterae enuntiationem non impediant, et Velius Longus, qui dorme a <h> une valeur metrique. Mais pour F. DESBORDES (op. cit., pp. 181-182) <<li faut bien avouer ... que les auteurs qui presentent cet argument se fondent peut-etre sur une possibilite phonetique, mais nullement sur une realite du latin, comme d'autres l'ont remarque (Diomede, GL 1, 423, 20: 'H ne se place jamais apres les voyelles, sinon dans l'interjection ah manifestant le trouble ou la douleur')>>. Et ivi, pp. 182-183 pour le <<test sur une paire minimale>> de Velius Longus.

(115) Pour la valeur metalinguistique des adverbes intrinsecus et extrinsecus par rapport a des circonstances differentes de celles qui concernent <h>, cf. ThlL 5.2, c. 2084 s.v. extrinsecus; 7.2, c. 52 s.v. intrinsecus.

(116) Cf. GL 3, 111, 20-24: Dicimus praepositiua elementa tam in consonantibus quam in uocalibus ... et aspirationes uoealibus adiunetae in principio syllabarum inueniuntur, ut <<habeo, Hermus, hircus, homo, hora, humus, humanus>>. Bien plus tard, Pierre Helie reprendra le meme passage de Priscien (Summa super Priscianum, 1, 93, 53-59).

(117) A ce propos Pierre Helie distinguera entre aspiratio accidentalis et aspiratio substancialis (PETR. HEL. Summa super Priscianum. 1, 93, 64-94, 79): Vide ergo quod aspiratio preposita uoealibus tam leniter sonat ut accidentalis illis esse dicatur, quoniam, quamuis taceatur aspiratio, adeo parum sonat ut non dicatur mutari dictionis significatio. Si ergo sic proferas <<hauris>> ah <<haurio>> ut aspirationem taceas, quantum ad prolationem equiuocatio erit ad <<aurem>> et <<haurire>>, quamuis scriptura faciat differentiam. Consonantibus uero postposita aspiratio tam aspere sonat ut quasi substancialis esse dicatur; ita, scilicet, ut si taceatur et dictionis significatio mutetur. Si enim <<cremes>> sine aspiratione pronunciaueris a <<cremo>> uerbo intelligitur sumi; si aspiretur, proprium nomen erit. Quia ergo consonantibus substancialis erit aspiratio, ideo Greci pro singulis consonantibus aspiratis singulas repererunt figuras, pro th scribentes [theta] (theta), pro ph [fi], pro ch [jial quadro], excepto quod pro rh nullam inuenerunt figuram. Adeo namque accedit r ad naturam uocalium ut aspiratio substantialis ei esse non dicatur, propter quod etiam dixerunt quidam preponi debere aspirationem consonanti r sicut uocali. Vnde etiam in <<chetor>> et <<Rhodos>> preponebant aspirationem ante r.

(118) Cf. PS. SERGIVS, De littera in Don. GL 4, 476, 27-30: His etiam adspirari solis quosdam ideo existimare dixit, quod non solum tunc h praeponitur, quotiens uocalis sequitur, sed etiam aliqua consonans, ut Thraso, uocalibus uero praeponitur, ut hasta heros hircus homo humus; REMIGIVS AVTISS. In Don. artem mai. (GL 8, 224, 8-10): Sed uocalibus aspiratio anteponitur, consonantibus uero postponitur. Dans son commentaire a l'Ars maior de Donat, MURETACH ecrit (In Don. artem mai. 1, 14, 29-40 CCCM 40A HOLTZ): Arque his solis aspirari quidam existimant (367, 21). Cum autem dicit <<his solis>>, id est uocalibus, <<posse aspirari quidam existimant>>, ille non existimat hoc, quia et aspiratur c consonans apud Latinos ut pulcher et brachium et celera his similia. Sed hoc interest, quando uocalis recipit aspirationem et quando consonans c, quod uocali anteponitur aspiratio, consonanti uero postponitur, et abstracta a consonante aspiratione minuitur sensus, ut est bracium, a uocali uero ablata, minimi, ut omo. Et consonantibus postponitur aspiratio, ut plurimum sonet, uocalibus autem anteponitur, ut minimum (cf. 3, 200, 51-201.68).

(119) Cf. SIGVINVS, Ars, 1, 46 KNEEPKENS - REIJNDERS: Item sciendum quoniam h preposita uocalibus minimum sonat <<habeo, hereo, hilaris, homo, humus, Hilas>> ... Cum autem consonantibus postponitur, plurimum sonat, ut 'Chremes. Pheton, Rhenum, Lethes'. Nam his quattuor postponitur. Rappelons egalement le texte d'Abbon (v. supra n. 113) et celui de Jean de Garlande (Ars lectoria Ecclesie, vv. 728-730 MARGUIN-HAMON): H sensum mutat, si sit subtracta sonanti, / sed non uocali, sit testis Herennius istis. / Immo Chremes, aliud petit aspirata notare (cf. la glose ad vv. 724-728: Cum h conjungitur cum consubstante aliqua, si subtrahatur, mutat sensum, ut <<nothus>>. Subtrahatur h, remanet <<notus>>, et sic mutatur sensus. Sicut <<Chremes>> proprium nomen si subtrahatur h, remanet uerbum, sc. <<cremes>>).

(120) Asp. f. 90r.6-14: Media aspirationis nota post unam semittocalem dumtaxat que est r et post tres mutas locatur que sunt p c t. Post p igitur locatur in exordio seilicet omnium graecarum dictionum et in medio si r fiunt terminata ut rhet<h>or, rheda, rhesina, Pirhrus. Quando uero aspiratio locatur post c aut erit c capitalis sillabe ut chereas aut s praecedet eam ut pascha aut sequetur eam queuis uocalium ut charon chorus.

(121) Sur l'attention medievale aux themes de la description phonetique et au statut de la uox v. PERCIVAL, Keith W., <<On the Extent of Phonetic Knowledge in the Middle Ages>>, dans ASBACH-SCHNIKER, Brigitte-ROGGENHOFER, Johannes (edd.), Neuere Forschungen zur Worthildung und Historiographie der Linguistik. Festgabe fur Herbert E. Brekle zum 50. Geburstag, Tubingen, Narr, 1987, pp. 271-286; BURNETT, Charles, <<Sound and its Perception in the Middle Ages>>, dans BURNETT, Charles - FEND, Michael - GOUK, Penelope (edd.), The Second Sense. Studies in Hearing and Musical Judgement from Antiquity to the Seventh Century, London, The Warburg Institute - University of London, 1991, pp. 43-69; ROSIER, Irene, <<Le commentaire des Glosulae et des Glosae de Guillaume de Conches sur le chapitre De Vote des Institutiones Grammaticae de Priscien>>, CIMAGL 63, 1993, 115-144; WOLLOCK, Jeffrey, The Noblest Animate Motion. Speech. Phisiology. and Medicine in pre-Cartesian Linguistic Thought, Amsterdam - New York, Benjamins, 1997; PEREZ RODRIGUEZ, Estrella, <<Speculations about the potestas litterarum in Medieval Grammar (11th through 13th Centuries)>>, HistL 29.3, 2002, 293-327; EAD., <<La doctrina de Prisciano sobre la letra segun sus comentaristas del s. XII>>, dans PEREZ GONZALEZ (ed.), Actas del III Congreso Hispanico de Latin Medieval (Leon, 26-29 de septiembre de 2001). Leon, Universidad de Leon, 2, pp. 2002, pp. 661-670; GRONDEUX, A., <<Corpus dicitur quidquid uidetur et tangitur: origines et enjeux d'une definition>>, Voces 14, 2003, 49-50.

(122) MARASCHIO, Nicoletta, <<Grafia e ortografia: evoluzione e codiflcazione>>, dans SERIANNI, Luca - TRIFONE, Pietro (edd.), Storia della lingua italiana. 1. I luoghi della codificazione, Torino, Einaudi, 1993, p. 149, avec la bibliographie qui s'y rapporte.

(123) GRONDEUX, A., <<Le latin et les autres langues au Moyen Age: contacts avec des locuteurs etrangers, bilinguisme, interpretation et traduction (800-1200)>>, dans BURV, E., Tous vos gens cit., 53 et 54: <<Tout locuteur medieval du latin est en effet confronte a la coupure entre langue maternelle et langue seconde, et ce d'une facon differente selon qu'il appartient ou non a l'aire romane: c'est dire si la question des langues est centrale au Moyen Age, dans un monde eclate oo la communication ... n'apparait pas toujours facile>>. Dans cerre etude tres interessante et tres documentee, Arme Grondeux a observe les rapports entre latin et langues vernaculaires du debut du 800 au 1220, en se rattachant au travail magistral de Serge LUSIGNAN (Parler vulgairement. Les intellectuels et la langue francaise aux XIIIe et XIVe siecles. Paris - Montreal, 1986) et portant l'attention aux procedes de latinisation de l'onomastique germanique que, par exemple, temoigne le chapitre De patronimicis et possessiuis du Liber in partibus Donati de Smaragde-de-SaintMihiel (10, 237 sq. CCCM 68 LOFSTEDT - HOLTZ - KIBRE).

(124) BIONDI, L., <<Per uno studio>> cit.; le phenomene concerne aussi l'ecriture des diphtongues et il est l'objet d'une contribution specifique, en preparation. Avec l'autre motivation (Sunt tamen quiputant huiusmodi uocabula egregiorum uirorum honoris gratia aspirari ideo quod ipsum generale honoris uocabulum non sine aspiratione notatur), Apuleius renvoie encore une fois au principe d'ordre semantique, et 'sociolinguistique' aussi, de la significationis causa en observant que le recours a <h> dans l'ecriture des noms egregiorum uirorum serait legitime honoris gratia (avec <h> comine dans <honor>).

(125) Pour une analyse de ces cas v. BIONDI, L., <<Per uno studio>> cit. avec bibliographie, notamment THUROT, Ch., op. cit., p. 141. Dans ces memes conditions se conserve en francais la fricative laryngale germanique, qui n'existait pas dans le fonds latin du gallo-roman et qui avait ete introduite par les Francs <<attraverso parole come *hapja > fr. hache>> et etendue aussi <<nell'uso dei chierici anche ad h- latina>> (BONIOLI, M., op. cit., p. 58), v. NYROP, Kristoffer, Grammaire historique de la langue francaise 1. Histoire generale de la langue francaise. Phonetique historique, Copenhague, Gyldendalske Boghandel Nordisk Forlag, 19042, p. 11 [seccion] 8, 426-427 [seccion][seccion] 481-482; BOURClEZ, Edouard, Precis historique de phonetique francaise, Paris, Klincksieck, 1958 9, pp. 112-114; STOTZ, P., op. cit., p. 155. 158 (Vil [seccion] 118.6): <<Das in seinen Ursprungen deutlich artikulierte anlautende germ. h- mag zwar, etwa ira nordlichen Frankreich, der Aussprache von h- in lat. Wortern erneut Auftrieb gegeben haben, ist aber in germ.-lat. Lehnwortern dann doch oft auch gefallen - innerhalb Frankreichs im Suden weitergehend ais im Norden>>.

(126) THUROT, Ch., op. cit., p. 534; d'apres VINEIS, Edoardo - MAIERU, Alfonso, La linguistica medioevale, dans LEPSCHY, Giulio C. (ed.), Storia della linguistica, Bologna, 11 Mulino, 2, 1990, p. 98: <<si tratti della vera e propria aspirata |h|, del colpo di glottide o dell'aspirazione che accompagna la produzione delle occlusive sorde iniziali di parola>>.

(127) V. aussi PERCIVAL, K. W., art. cit., 277-278; BANNIARD, Michel, Viva voce. Communication ecrite et communication orale du IVe au IXe siecle en Occident latin, Paris, Etudes Augustiniennes, 1992; ID., <<Changements dans le degre de coherence graphie/langage: de la notation du phrase a la notation de la phonie (VIIIE-XIe siecle), dans ZACCARELLO, Michelangelo - MAIDEN, Martin (edd.), The Early Textualization of the Romance Languages: Recent Perspectives. Atti del Convegno di Oxford 23-24 marzo 2002 Trinity College e Pembroke College, Medioevo romanzo, 27.2, 2003, pp. 178-199 avec bibliographie; les contributions recueillies dans LUCKEN, Christopher - SEGUY, Mireille (edd.), Grammaire du vulgaire. Norme et variations de la languefrancaise, Medievales 45, 2003, et dans GARRISON, Mary - ORBAN, Arpad - MOSTERT, Marco (edd.), Spoken and Written Language: Relations between Latin and the Vernaculars in the Earlier Middle Ages. Papers from the Second Utrecht Symposium on Medieval Literacy, Turnhout, Brepols, a paraitre. V. aussi GRONDEUX, A., <<La question>> cit. et les contributions de Benoit GREVIN (<<L'historien face au probleme des contacts entre latin et langues vulgaires au bas Moyen Age (XIIe-XVe siecte): espace ouvert a la recherche. L'exemple de l'application de la notion de diglossie>>), Serge LUSIGNAN (<<La resistible ascension du vulgaire: persistance du latin et latinisation du francais dans les chancelleries de France et d'Angleterre a la fin du Moyen Age>>), Ruedi IMBACH et Irene ROSIER-CAXACH (<<De l'un au multiple, du multiple a l'un: une clef d'interpretaion pour le De vulgari eloquentia>>) parues dans MEFRM 117.2 <<it.

(128) BLOCH, H. R., op. cit., pp. 79-80.
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Title Annotation:texto en frances
Author:Biondi, Laura
Publication:Voces
Date:Jan 1, 2005
Words:28370
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