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Rois en priere et oracle sibyllin. Une relecture de certaines scenes du reliquaire de San Millan de la Cogolla (annees 1060-1070).

Kings at Prayer and Sibylline Oracle. A Re-reading of Some Scenes of San Millan de la Cogollas Reliquary (1060-1070)

SOMMAIRE: 0 Introduction. 1 Humiliations wisigothiques. 2 Rois prosternes en peninsule au Moyen Age central. Le reliquaire de San Millan. 3 Un oracle sibyllin pour les rois de Navarre. 4 Rex supplicans. 5 Un tournant navarrais et leonais. 6 Conclusion. 7 References bibliographiques.

0 INTRODUCTION

Les mecanismes permettant d'affirmer et de legitimer la souverainete sont complexes et multiples. Dans les societes chretiennes, l'humiliation du souverain est assurement l'un des plus repandus, l'un des plus efficaces aussi. Par un paradoxe dont l'origine est assurement evangelique, le fait de s'abaisser volontairement confere un surcroit de prestige au puissant, elle lui permet la constitution de ce que l'on peut considerer, en termes anthropologiques et sociologiques, comme un important <<capital symbolique>> (1). Dans un livre consacre au gouvernement dans les communautes religieuses medievales, Jacques Dalarun a recemment mis en valeur ce qu'il a appele <<la puissance de la faiblesse>> (2). Or ce concept vaut aussi pour les rois, car en regime chretien l'abaissement est d'autant plus meritoire qu'il est le fait d'un personnage important. Il y a donc la pour les souverains, tout au long du Moyen Age, une tres importante source de legitimation. Robert Deshman, dans un article classique, a illustre le fonctionnement de ce processus a partir du livre de prieres de Charles le Chauve (3). La piete du souverain est a l'evidence un moyen privilegie de manifester la soumission de celui qui gouverne a un principe superieur. Encore faut-il preciser clairement le perimetre de ce dernier. Prier en s'inclinant ou en se prosternant devant Dieu ou un saint permet de manifester aux yeux de tous la piete sans egale du roi (sans egale puisque, venant du plus puissant des hommes, elle implique un renoncement momentane a la souverainete plus prononce que chez toute autre creature), prier en s'abaissant devant d'autres hommes, en particulier devant des clercs, est en revanche le signe d'une subordination de la fonction royale a un groupe social concurrent. La penitence d'Henri IV a Canossa n'a que peu de rapports avec la proskynese du souverain devant le Christ en majeste, telle qu'elle est representee dans le livre de prieres d'Otton Ill autour de l'an Mil (4). Observer la piete du souverain constitue donc un bon angle d'attaque pour qui veut comprendre un peu mieux les mecanismes du pouvoir dans les societes medievales. Il va sans dire que ceux-ci doivent etre historicises, car si le schema d'ensemble repose sur des structures valables a toutes les epoques, les modalites et les etapes de son application doivent faire l'objet d'analyses historiques minutieuses. Les lignes qui suivent formuleront quelques propositions pour la peninsule Iberique du moyen Age central.

1 HUMILIATIONS WISIGOTHIQUES

Dans le monde byzantin, c'est des les [v-vi.sup.e] siecles que des souverains prosternes apparaissent dans l'iconographie (5). Pour ce qui est du monde latin, il s'agit surtout d'une affaire carolingienne et les premiers monarques representes en priere sont Charlemagne aux pieds de saint Pierre, puis Charles le Chauve et sans doute Louis le Germanique aux pieds du Christ en croix (6). Qu'en est-il du monde hispanique? Quand voit-on apparaitre pour la premiere fois un souverain pieux dans une attitude d'humiliation? Si l'on s'en tient aux images, c'est peut-etre dans les annees 1060 a San Millan de la Cogolla qu'un tel pas fut franchi. Nous verrons bientot ce qui permet d'avancer une telle affirmation. Mais il a aussi existe des descriptions ecrites de rois humilies: il serait donc errone de ne pas en tenir compte dans cette histoire. Remontons donc jusqu'aux premiers souverains hispaniques chretiens et jusqu'a l'epoque wisigothique. L'ordo de celebrando concilio, qui fixait le rituel a suivre lors des conciles, decrit la facon dont le roi s'agenouillait alors pour dire ses prieres. Ce n'est qu'apres s'etre releve qu'il se recommandait a celles des clercs (7). On sait que les conciles du viie siecle offraient une sorte d'instantane des rapports entre le souverain, la grande aristocratie lai'que et l'institution ecclesiale, ces deux dernieres n'etant d'ailleurs pas toujours parfaitement differenciees (8). Il arriva donc que le roi fut contraint de s'humilier publiquement devant d'autres que Dieu. Dans les actes de Tolede IV (633), Sisenand (631-636) est decrit <<prostre au sol devant les pretres de Dieu>>, demandant leur intercession <<dans les larmes et les gemissements>> (9). Dans ceux de Tolede XII (681), Ervige (680-687), <<rempli par la grace de l'humilite>>, demande en s'inclinant <<les prieres de tous les pretres>> (10). Lors du concile de Tolede XV (688), Egica (687-702), <<inclinant sa souverainete>>, se recommande <<prostre au sol aux prieres des pretres de Dieu>> (11). Enfin six ans plus tard, a Tolede XVII (694), il est decrit inclinant sagement la tete pour recevoir la benediction des eveques (12).

2 ROIS PROSTERNES EN PENINSULE AU MOYEN AGE CENTRAL. LE RELIQUAIRE DE SAN MILLAN

De cette possibilite pour le roi de se prosterner devant les clercs, il semble qu'il ne reste a peu pres rien dans la Peninsule de l'apres 71113. Les rois ne reunissent plus de conciles jusqu'au [xi.sup.e] siecle (une realite souvent minoree lorsqu'on chercher a marquer la totale continuite entre l'epoque wisigothique et l'epoque asturienne, puis leonaise), et le premier diplome connu apres 711, montre precisement des clercs baisant les pieds du roi Silo (14). Quant aux enluminures (essentiellement celles des codices Albeldensis et ^milianensis a la fin du xe siecle), elles nous montrent des souverains debout, dans une attitude qui ne doit rien a l'humiliation ou a la devotion (15). Les rois semblent alors tout puissants face a leurs eveques, et il n'est pas inutile de rappeler que dans le recit des evenements qui permirent le <<salut de l'Espagne>>, la Chronique d'Alphonse III (866-910) met en scene un eveque traitre a l'Eglise, Oppa, et un roi, Pelage, qui cite les psaumes en appelant a l'union des chretiens (16). Les rois affirment alors une souverainete absolue sur <<leur>> Eglise, et ils semblent tellement absorbes par leurs taches guerrieres qu'ils ne sont jamais representes en priere. Avant le regne de Ferdinand [I.sup.er] (1037-1065), on ne connait d'ailleurs pas de livres de priere royaux. Il semble donc impossible de ne pas considerer les premieres images de souverains devots et prosternes, aux [xi.sup.e] et [xii.sup.e] siecle donc, comme un veritable tournant. L'image d'Alphonse II (791-842) en priere devant un autel qui rappelle l' arca sancta d'Oviedo, dans le celebre Liber testamentorum de la cathedrale de cette ville, est celebre (17). Elle est sans doute legerement posterieure a cette fresque du <<pantheon>> de Saint-Isidore de Leon qui represente le roi Ferdinand [I.sup.er] et la reine Sancha agenouilles au pied de la croix (18). Mais ces images, regulierement reproduites et souvent commentees, ont ete precedees par celles du roi Sancho Garces IV, <<el de Penalen>> (1054-1076), et de son epouse Placencia, sur le reliquaire de San Millan de la Cogolla.

L' <<arca antigua>> de San Millan n'est pas seulement l'un des reliquaires les plus celebres du Moyen Age hispanique, c'est aussi l'un des plus riches de l'Europe latine au cours du Moyen Age central. S'il est bien connu et s'il a fait l'objet d'etudes approfondies, il reste cependant sous-utilise hors de la peninsule Iberique (19). La description qu'en a laisse le benedictin Prudencio de Sandoval ([cruz] 1620), eveque de Pampelune a partir de 1612, permet de denombrer au total plus de 115 figures, dont certaines ont il est vrai disparu (20). Beaucoup d'entre elles illustrent sur de grandes plaques d'ivoire la vie du saint telle qu'elle avait ete narree au viie siecle par Braulion de Saragosse. Il n'est pas certain qu'un autre reliquaire roman puisse pretendre a une telle richesse. La date de sa realisation ne va pas sans problemes. 1076, date de la mort de Sancho Garces IV, de la disparition momentanee du royaume de Navarre et du passage de la Rioja sous la domination d'Alphonse VI, offre un terminus ante quem puisque le reliquaire offrait une representation du roi qui aurait difficilement pu etre realisee apres sa mort. Son epouse Placencia etait quant a elle donnee comme decedee par une inscription. Or elle apparait encore en vie dans un document que l'on a parfois date de 1088, alors que le reliquaire ne peut theoriquement etre posterieur a 1076 (21). Il faut donc commencer par resoudre cette apparente contradiction avant d'examiner les figures qui nous interessent.

Fort maltraite par les troupes napoleoniennes, le reliquaire de San Millan se trouve aujourd'hui divise entre son monastere d'origine, le Metropolitan Museum of Art de New York, le Boston Museum of Fine Arts, le musee Dumbarton Oaks de Washington, le Museo Nazionale de Florence, le musee de l'Ermitage de Saint-Petersbourg et, avant sa destruction en 1944, le Berlin Staatliche Museum. Plusieurs figures ont disparu, dont celles du roi Sancho Garces et de la reine Placencia. Il s'agissait d'images d'or en trois dimensions dont on peut malheureusement penser qu'elles furent fondues, ce qui expliquerait leur disparition en meme que toutes les statuettes du meme type alors que la plupart des plaques d'ivoire ont ete conservee. La description du reliquaire effectuee par Sandoval en 1601 est accompagnee d'une retranscription des nombreuses inscriptions. Celle qui concerne le roi Sancho Garces IV est ainsi donnee:

<<(...) la otra del Rey don Sancho puesto de rodillas, con un letrero de marfil, y letras Goticas, que dize: SANCCIUS REX SUPRADICRUS>> (22).

La figure representant la reine etait selon Sandoval accompagnee de quatre mots:

<<La otra figura es de la Reyna dona Placencia muger deste Rey, con un letrero de marfil encima, que dize: DIUAE MEMORIAE PLACENTCAE REGINAE>> (23).

Le savant benedictin precise que l'inscription consacree a Sancho Garces etait en caracteres <<gothiques>>, par consequent caracteristiques de l'ancienne ecriture hispanique progressivement remplacee par la minuscule caroline a la fin du [xi.sup.e] siecle. Il ne le dit pas pour la reine, mais il precise en revanche que pour celle-ci l'inscription etait placee au-dessus de la figure (<<encima>>), ce qui n'etait sans doute pas le cas pour le roi et pourrait indiquer une retouche posterieure. L'inscription (en ivoire) consacree a la reine, peutetre tombee, fut sans doute remplacee apres sa mort. L'ecriture utilisee aurait alors ete differente de celle qui avait permis de caracteriser son epoux, le seul pour lequel il soit fait mention de caracteres <<gothiques>>. Dans cette hypothese, la precision divae memoriae ne doit pas etre retenue parmi les elements permettant de dater le reliquaire. Quelle que soit la date de la mort de Placencia, celui-ci peut donc selon nous continuer a etre considere comme anterieur a 1076 et a la disparition de Sancho Garces IV. L'interpretation qui en fait un objet de propagande pour la dynastie navarraise dans le contexte d'une lutte d'influence avec la Castille d'Alphonse VI doit etre conservee.

3 UN ORACLE SIBYLLIN POUR LES ROIS DE NAVARRE

Les deux souverains en priere n'apparaissaient pas sur le reliquaire en un endroit anodin. Ils se trouvaient sur l'un des petits cotes, dit <<frontispice D>>, domines par la figure en ivoire d'un grand Christ en majeste (conserve). Selon Sandoval, celui-ci etait entoure du tetramorphe et de quatre statues d'or representant le roi, la reine et deux anges. Au-dessus de l'ensemble se trouvait l'agneau de Dieu adore par les figures de deux moines: l'abbe Blaise, commanditaire de l'muvre, et Muno, scribe qualifie depolitor. Une inscription que Sandoval decrit comme <<noir sur or>> courait tout autour du frontispice. En voici la retranscription. Nous expliquerons dans les lignes qui suivent pourquoi nous la considerons incomplete, voire fautive, et nous en proposerons une lecture quelque peu differente.

PER SECLA FUTURUS SCILICET in CARNE PRAESENS UT IUDICET ORBEM UNDE DEUM CERNENTI CREDULUS ATQUE FIDELIS ET CORAM HIC DOMINO REYES SISTENTUR (24)

On s'est jusqu'a maintenant contente de citer ces hexametres sans en mentionner l'origine. Or comme l'avait deja remarque Robert Favreau dans une simple phrase malheureusement passee inapercue, ils sont tous les quatre tires du Chant de la Sibylle (25). Cette celebre piece, souvent appelee, d'apres les deux premiers mots, ludicii signum, est un oracle sibyllin d'origine antique, compose en grec et rapidement traduit en latin sous la forme d'un poeme acrostiche (comme son modele). Augustin retranscrit cette version latine dans la Cite de Dieu, mais c'est un sermon du Pseudo Augustin, desormais attribue a son ami Quodvultdeus, qui assura son succes (26). Les vers du Iudicii signum etaient bien connus au Moyen Age. Ils circulerent sous diverses formes et furent utilises a de nombreuses reprises, parfois dans un contexte politique (27). Ils apparaissent en peninsule Iberique, des le xe siecle, dans un homeliaire de Smaragde originaire du monastere castillan de Valeranica copie par le celebre Florentius (28). Des neumes aquitains furent ajoutes ulterieurement au texte. D'autres manuscrits, en Catalogne et au nord des Pyrenees, montrent qu'a l'epoque ou fut fabrique le reliquaire, le ludicii signum etait bien connu (29).

Le texte de l'inscription de San Millan a cependant ete copie dans une perspective propre au contexte local et a l'iconographie du frontispice D. Les trois premiers vers du poeme (vers 2-4 dans les manuscrits) decrivent l'avenement d'un roi qui viendra juger les hommes a la fin des temps. Le premier (no. 2 dans les manuscrits) est tronque de son debut dans la retranscription de Sandoval, alors que les deux derniers mots manquent au quatrieme. Or il est presque certain que les parties manquantes figuraient bien sur l'inscription mais qu'elles avaient deja disparu a l'epoque de Sandoval. Tel quel en effet, le premier vers (Per secla futurus) n'a guere de sens (30). D'autre part, le fait que les parties manquantes se trouvent au debut du premier vers et a la fin du dernier indique vraisemblablement une seule et meme lacune: Sandoval precise que l'inscription courait tout autour du frontispice (<<en el cerco de todo este frontispicio>>), le debut et la fin du poeme se touchaient donc et c'est ce qui explique leur disparition commune. Le quatrieme vers, qui fait allusion a la future comparution des rois devant Dieu, se trouvait beaucoup plus loin dans le poeme acrostiche (il etait le vingt-sixieme), mais sur le reliquaire, il a ete accole aux precedents. Le texte peut donc etre retabli de la facon suivante:
Retranscription de Sandoval    Proposition de reconstitution

[...] PER SECLA FUTURUS       [DE CELO ADUENIT REX (31)] PER
SCILICET IN CARNE             SECLA FUTURUS SCILICET IN CARNE
PRAESENS UT IUDICET ORBEM     PRAESENS UT IUDICET ORBEM UNDE
UNDE DEUM CERNENTI            DEUM CERNENT INCREDULUS (32)
CREDULUS ATQUE FIDELIS        ATQUE FIDELIS ET CORAM HIC
ET CORAM HIC DOMINO           DOMINO REGES (33) SISTENTUR
REYES SISTENTUR [...]         [AD UNUM (34)]


Soit:

[Du ciel viendra le roi] qui regnera dans les siecles Present dans sa chair pour juger la terre C'est pourquoi l'incredule et le fidele verront Dieu Et la devant le Seigneur les rois comparaitront [ensemble] (35)

Le fait que le second vers propose in carne et non carnem, comme dans le texte d'Augustin, indique que les promoteurs du reliquaire dependaient du sermon de Quodvultdeus et non du texte de la Cite de Dieu, ou bien encore, plus vraisemblablement, d'un modele intermediaire36. La juxtaposition du vers 26 du poeme acrostiche (ici 4) avec les vers 2-4 (ici 1-3) est passionnante. Elle est a l'evidence soigneusement pensee puisque ce vers consacre aux rois, accompagne la representation des deux souverains navarrais. Dans le poeme qui servit de modele a l'inscription, la mention que les rois seraient appeles a comparaitre etait un vers parmi vingt-sept. Elle suivait la description de la fin du monde, lorsque le feu consumerait les continents et la mer, lorsque l'eclat du soleil disparaitrait et lorsqu'enfin la terre brisee perirait. Il s'agissait de decrire une catastrophe de dimensions cosmiques, la mention des rois signifiant que les plus puissants devraient rendre des comptes aussi bien que les autres hommes. Sur le reliquaire, le vers consacre aux reges de la terre occupe un quart du texte. La description de l'ecroulement du monde a disparu et l'avertissement de la future comparution des souverains devant Dieu (qui a effectivement lieu sur le reliquaire lorsqu'ils apparaissant sous le Christ en majeste) suit le rappel que les incredules et les fideles seront presentes a Dieu lors du Jugement. Le poeme faisait allusion de facon generale aux rois, mais ceux-ci sont desormais actualises et personnifies par la representation de Sancho Garces et de son epouse. Le couple royal est en meme temps integre au groupe des fideles.

Representes en priere, ils deviennent meme les premiers d'entre eux. La decision de faire suivre les vers 2-4 du vers 26 permettait par ailleurs une sorte de telescopage riche de sens. Le quatrain recompose pour l'occasion commence en effet par la mention du roi appele a regner a la fin des temps, et il se termine par celle des rois de la terre, qui se voient signifier leur prochaine comparution devant Dieu. Bien mieux que l'oracle sibyllin, le montage de quatre vers qui en est extrait met cote a cote le roi des derniers temps et les rois du temps present, un contraste qui permettait de rappeler a ces derniers la precarite de leur condition.

4 REX SUPPLICANS

Revenons maintenant sur la description des deux souverains donnee par Sandoval. Nous avons vu que le roi Sancho Garces etait represente agenouille. Rien n'est dit de la position de la reine. Nous savons egalement que l'inscription relative a celle-ci fut peut-etre rajoutee ulterieurement. Celle qui concerne le roi est quant a elle assez mysterieuse: Rex supradictus, soit <<le roi susdit>>. Cette formule aurait un sens dans un texte, elle n'en a pas sur un reliquaire. Il est une explication tres simple a cette anomalie: Sandoval a sans doute mal developpe une abreviation qui, selon toute probabilite, etait un SPS surmonte d'une tilde. Cette solution fut proposee par le pere Placido Romero, archiviste de San Millan, a la fin du xvme siecle, et elle a depuis ete reprise par Joaquin Pena (37). Romero proposait de lire suppetiens a la place de supradictus, soit un participe present mal forme (suppetiens pour suppetians) du verbe suppetior (<<preter assistance, apporter son aide>>). Le sens reel de l'inscription aurait donc ete: <<Le roi pretant assistance>>. Cette proposition peine a convaincre. En effet, rien dans la description de Sandoval n'indique que le roi ou la reine aient ete representes en train de presenter une offrande. Ils n'apparaissaient d'ailleurs pas prosternes devant le saint ou l'abbe du monastere, mais devant le Christ en majeste. De toute evidence, ils ne lui portaient pas assistance. Une telle solution obligerait par ailleurs a imaginer un participe mal forme, ce qui sans etre impossible complique un peu plus la situation. Or il est une autre possibilite, beaucoup plus simple et selon nous beaucoup plus vraisemblable. Sur le meme frontispice etait en effet represente le scribe Muno (responsable des inscriptions du reliquaire?) et l'abbe Blaise, prosternes devant le Christ. Ces deux figures d'ivoire ont ete conservees (38). Celle de Muno est accompagnee de l'inscription munio scriba politor supplex, soit <<Muno, scribe soigneux, suppliant>>. Supplicare est un verbe repandu qui permet de designer sans ambigui'te l'attitude d'un personnage en priere, humble et soumis, desireux de se concilier les faveurs de Dieu et de ses saints. Le SPS de la legende consacree a Sancho Garces, represente lui aussi dans une attitude de devotion prononcee, devait donc etre l'abreviation de supplicans. Le roi suppliait Dieu.

Sandoval ne decrit pas l'attitude de la reine Placencia. Il y a cependant de grandes probabilites pour que celle-ci ait egalement ete representee dans une attitude de priere, sans doute agenouillee comme son epoux. Selon Sandoval, le frontispice D comportait quatre figures humaines. L'abbe Blaise et le scribe Muno, sculptes en ivoire, se trouvaient sous l'agneau de Dieu qui couronnait ce cote du reliquaire. Ils etaient prosternes. Sanche Garces et son epouse, sculptes dans le metal, se trouvaient sous le Christ en majeste. L'attitude de ces quatre personnages nous est connue dans trois cas sur quatre: c'est la prosternation pour les deux moines, l'agenouillement pour le roi. On ne voit pas pourquoi la reine aurait ete en reste. Le couple royal entretenant, jusqu'a un certain point au moins, un rapport de symetrie avec celui des moines, les hommes et les femmes etant par ailleurs, normalement, representes dans la meme position quand ils forment un couple, Placencia devait aussi etre agenouillee.

5 UN TOURNANT NAVARRAIS ET LEONAIS

Ainsi, plusieurs decennies avant la crucifixion du pantheon royal de Saint-Isidore et le Liber testamentorum d'Oviedo, les rois navarrais avaient ete representes dans une position de soumission et de priere, alors qu'un texte classique, celui de l'oracle sibyllin, situait leur attitude dans une perspective eschatologique. C'etait la une innovation de premiere importance pour les territoires iberiques, innovation qui allait contre la tradition de representer le roi debout, muni des attributs de sa souverainete. On doit voir la le signe d'une evolution profonde des rapports entre l'Eglise et le pouvoir royal qui ne peut etre dissociee des bouleversements culturels et religieux entraines par l'arrivee reguliere et parfois massive de clercs ultra-pyreneens. Cette histoire est relativement bien connue et n'a pas a etre retracee ici (39). Qu'il suffise de rappeler que Sanche III (1004-1035) et ses descendants, que ce soit dans le royaume de Leon, dans celui de Navarre ou dans celui d'Aragon, s'etaient tournes vers les structures ecclesiales et monastiques romaines, representees prioritairement par celles de l'Eglise ultra-pyreneenne, afin de reformer les eglises et les monasteres de leurs territoires. On sait comment cette histoire entraina plus tard, sous Alphonse VI, l'abandon de la liturgie hispanique et d'un certain nombre de traditions specifiques a la peninsule. Sancho Garces IV et son epouse jouerent assurement un role dans cette histoire. Il n'y a rien la de surprenant, tant la dynastie navarraise apparait intimement liee a l'ensemble du processus. Apres Sanche III, grand admirateur du monachisme clunisien, il faudrait reprendre le dossier du pere de Sancho Garces, Garcia, dont on sait qu'il fut en contact avec Odilon de Cluny (40). Il conviendrait aussi de reexaminer soigneusement l'acte de fondation de l'eglise de Santa Maria de Najera (1052), particulierement tel qu'il a ete transmis par un acte richement enlumine a propos duquel il n'existe pas d'etude approfondie recente (41). La mere de Sancho Garces IV, Stephanie, y est representee, de meme que son epoux, tournee vers la Vierge. Cette reine peu connue merite que l'on s'arrete un instant sur elle. Fille du comte Raymond Borrell de Barcelone et d'Ermessende de Carcassonne, Stephanie avait ete mariee en premieres noces au normand Roger de Tosny, tres actif dans la lutte contre les musulmans d'Espagne. Elle peut donc etre consideree comme un condense des courants d'echange alors si vifs entre le nord et le sud des Pyrenees, mais aussi entre l'Est et l'Ouest de la peninsule (42). Il est par ailleurs impossible de ne pas rapprocher ce qui se passait en Navarre de ce qui survenait a Leon a la meme epoque. Si Ferdinand [I.sup.er], oncle de Sancho Garces, et son epouse Sancha, n'ont pas, que l'on sache, ete representes en priere de leur vivant, ils ont fait copier deux livres de priere royaux qui en disent long sur leur volonte d'apparaitre eux aussi comme des souverains pieux (43). Or dans le Liber diurnus (1055), Sancha est representee de la meme facon que Stephanie, epouse de Garcia et mere de Sancho Garces, sur la charte de fondation de Najera. La ressemblance entre les deux figures est telle qu'on a emis l'hypothese d'un meme enlumineur, present d'abord a Leon puis en Navarre (44). D'autre part en 1063, l'arrivee des reliques d'Isidore de Seville dans la capitale leonaise permit a Ferdinand et a Sancha d'apparaitre en position d'humiliation raisonnee devant l'Eglise. L'hagiographe responsable du recit de la translation rapporte en effet que le jour de la dedicace de la nouvelle eglise, Ferdinand avait depose son habit royal et servait lui-meme, a la facon d'un domestique, les viri religiosi assembles pour le repas. Quant a la reine et a ses enfants, ils s'occupaient du reste de l'assistance more servulorum, leur dispensant humiliter tout ce dont ils avaient besoin (45). Ce sont la des scenes dont il est impossible de trouver l'equivalent dans les chroniques asturiennes ou leonaises des ixe et xe siecles.

6 Conclusion

D'un point de vue symbolique (car ces manifestations d'humilite n'empechaient pas les souverains de rester chefs de leur Eglise), les elements rassembles permettent d'observer ce que nous proposons d'appeler une <<clericalisation>> de la fonction royale: soit une volonte des souverains d'apparaitre comme extremement humbles, a l'image des clercs qui, se disant et se representant toujours comme les derniers, occupaient un role eminent et meme dominant dans la societe. Cette <<clericalisation>>, reperable des siecles plus tot dans le monde carolingien, est alors nouvelle en peninsule Iberique. Elle est liee a l'ouverture des royaumes peninsulaires au monde ultra-pyreneen et le reliquaire de San Millan, sur lequel sont d'ailleurs representes des artistes portant des noms germaniques, en est l'un des indices les plus precoces et les plus clairs (46). On voit donc ici tout ce que peut apporter a une reflexion generale l'etude minutieuse (et assurement, celle qui a ete presentee ici ne l'est pas encore assez) d'un objet ou d'un texte.

DOI: http://dx.doi.org/10.14201/shhme2015335167

Recibido: 2015-04-06

Revisado: 2015-09-21

Aceptado: 2015-09-28

Patrick HENRIET

Ecole Pratique des Hautes Etudes. 4-14 rue Ferrus. 75014 PARIS. C. e.: henriet111@orange.fr

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(1) Les soubassements evangeliques sont nombreux. Voir en particulier Mt 20, 16 (<<Les derniers seront les premiers>>), ainsi que Mc 10, 31, Lc 13, 30, ou encore Jean 13, 4-5 et 12-15 (Jesus lavant les pieds a ses disciples), cite par DALARUN, Jacques. Gouverner cestservir. Essai de democratie medievale. Paris: Alma editeur, 2012, p. 18.

(2) Ibid., p. 398.

(3) DESHMAN, Robert. <<The Exalted Servant: The Ruler Theology of the Prayerbook of Charles the Bald>>. Viator, 1980, vol. 11, pp. 385-432.

(4) Otton Ill: Pommersfelden, Graf von Schornborn'sche Schlossbibliothek, ms. 347, fols. 20v-21. La bibliographie sur ce manuscrit est abondante. Outre Deshman, <<The Exalted Servant>>, pp. 307 sq. et 415-416, voir dernierement Hauke, Hermann et Klemm, Elisabeth. Das Gebetbuch Ottos III. Kommentar zur Faksimile-Edition der Handschrift Clm 30111 der Bayerischen Staatsbibliothek Munchen. Luzern: Faksimile Verlag, 2008, et SAURMA-JELTSCH, Lieselotte E. <<Das Gebetbuch Ottos Ill. Dem Herrscher zur Ermahnung und VerheiBung bis in die Ewigkeit>>. Fruhmittelalterliche Studien, 2004, vol. 38, pp. 55-88.

(5) Voir deja GRABAR, Andre. L'empereur dans Cart byzantin. Recherches sur lart officiel de lEmpire dOrient. Paris: Les Belles Lettres, 1936, pp. 98 sq.

(6) Charlemagne aux pieds de saint Pierre: mosaique disparue du Triclinium du Latran, sur lequel la bibliographie est immense (voir par exemple Belting, Hans. <<Die beiden Palastaulen Leos III. im Lateran und die Entstehung einer papstlichen Programmkunst>>. Fruhmittelalterliche Studien, 1978, vol. 12, pp. 55-83). Charles le Chauve: Munich, Residenz, Schatzkammer 4 WL, fols. 38v-39. Louis le Germanique (?): Berlin, Staatsbibliothek, Ms. lat. theol. 58, fol. 120.

(7) Statim rexcum suis optimatibus ingreditur ad concilium et in primis corona sacerdotum post se dimissa, ad altare conversus ibi orationem dicit. Et humo prostratus atque inde se erigens et se ipsum commendat et alloquendo concilium ut iustissime agant, religiosa exhortatione ininuat, ed. Munier, Charles. <<L'ordo de celebrando concilio wisigothique>>. Revue des Sciences Religieuses, 1963, vol. 37, pp. 250-271, ici pp. 267-268.

(8) Voir la synthese de Suntrup, Aloys. Studien zur politischen Theologie im fruhmittelalterlichen Okzident. Die Aussage konziliarer Texte des gallischen und iberischen Raumes. Munster: Aschendorff, 2001 (Spanische Forschungen der Gorresgesellschaft, 36).

(9) Coram sacerdotibus Dei humo prostratus cum lacrymis et gemitibuspro se interveniendum Deo postulavit, VIVES, Jose (ed.). Concilios Visigoticos e Hispano-Romanos. Madrid: Instituto Enrique Florez, 1963, p. 186. L'expression humo prostratus est tiree de l'Ordo de celebrando, mais on comparera le coram sacerdotibus Dei au corona sacerdotum post se dimissa de l'Ordo.

(10) (...) clarissimusprinceps humilitatis gratiaplenus et claropietatis cultu conspicuus, qui nostro se coetui reclinem exhibens ac devotum in primis omnium sacerdotum se conmitit precibus adiuvanum, VIVES (ed.), Concilios Visigoticos, Tolede XII, p. 380.

(11) (...) Egica princeps placida devotionis arce sublimis et cernua culminis reclinatione laudabilis, quique in medio pontificum positus humoqueprostratus sacerdotum Dei se conmendat orationibus, VIVES (ed.), Concilios Visigoticos, p. 449. La encore, on comparera le in medio pontificum positus au corona sacerdotum post se dimissa de l' Ordo.

(12) (...) in medio nostri consistens, inclytum caput reclinans, sese a nobis benedicipoposcit, Vives (ed.), Concilios Visigoticos, p. 522.

(13) Je laisse volontairement de cote ce passage de la Vita sancti Ildefonsi (BHL 3919) qui montre le roi Receswinthe supplier Ildephonse car le texte est de datation difficile. Il serait ecrit au [xi.sup.e] siecle dans un milieu clunisien selon YARZA URQUIOLA, Valeriano. <<La Vita velgesta sancti Ildefonsi de Ps. Eladio. Estudio, edicion critica y traduccion>>. Veleia, 2006, vol. 23, pp. 279-325.

(14) Ad fratres et servos Dei Petri presbiteri (...) vel quem Deus ibi adduxerit, qui a nobis pedes osculaverit sunt (= osculaverunt) ipsi servi Dei, FLORIANO CUMBRENO, Antonio C. Diplomatica espanola del periodo astur. Estudio de las fuentes documentales del reino de Asturias (718-910). 3 vols. Oviedo: Instituto de Estudios Asturianos, 1949-1951, vol. I, no. 9, p. 67.

(15) Sur ces deux manuscrits, voir en particulier SILVA Y VERASTEGUI, Soledad de. Iconografia del siglo X en el reino de Pamplona-Najera. Pamplona: Diputacion Foral de Navarra, 1984, et le facsimile du Codex Albeldensis accompagne d'un volume d'etudes: Codex Conciliorum Albeldensis seu Vigilanus. 2 vols. (1: Facsimile. 2: El Codice Albeldense, 976). Madrid: Testimonio Compania Editorial, 2000.

(16) Voir sur ce point LINEHAN, Peter. History and the Historians of Medieval Spain. Oxford: Clarendon Press, 1993, pp. 95 sq.

(17) Sur les enluminures du Liber testamentorum, voir YARZA, Joaquin. <<Las miniaturas del Libro de los Testamentos>>, dans Liber Testamentorum Ecclesiae Ovetensis. Barcelona: Moleiro, 1995 (volume accompagnant le facsimile), pp. 147-230. Ont disparu les enluminures representant Ramire II au folio 39v, Ferdinand [I.sup.er] au folio 59v et Alphonse VI au folio 73v. On ne peut donc savoir si l'un d'eux etait represente en priere.

(18) Voir MARTIN, Therese. Queen as king. Politics and Architectural Propaganda in Twelfth-Century Spain. Leiden: Brill, 2006 (The Medieval and Early Modern World, 30).

(19) Le reliquaire de San Millan est frequemment repertorie dans les catalogues d'exposition espagnols, ainsi BANGO TORVISO, Isidro (ed.). Maravillas de la Espana medieval. Tesoro sagrado y monarquia. 2 vols. Valladolid: Junta de Castilla y Leon, 2001, vol. I, pp. 393-398 (Marta Poza Yague). On trouvera un etat de la question dans Moya Valganon, Jose Gabriel. <<Arca relicario de San Millan>>, dans GARCIA GUINEA, Miguel Angel et PEREZ GONZALEZ, Jose Maria. Enciclopedia del Romanico en la Rioja. Aguilar de Campoo: Fundacion Santa Maria la Real, 2008, vol. II, pp. 600-617. La seule monographie scientifique consacree a l'arca antigua est celle de Harris, Julie Ann. The Arca of San Millan de la Cogolla, and its ivories (Spain). University of Pittsburgh, 1989 (PHD), restee inedite a ce jour. L'auteur en a donne la teneur dans <<Culto y narrativa en los marfiles de San Millan de la Cogolla>>. Boletin del Museo Arqueologico Nacional, 1991, vol. LX/1 et 2, pp. 6985 et dans deux notices du catalogue The Art of Medieval Spain, a. D. 500-1200. New York, 1993. Voir aussi FRANCO MATA, Maria Angela. <<La eboraria de los reinos hispanicos durante los siglos xi y xii>>. Codex Aquilarensis, 1998, vol. 13, pp. 143-166 et BANGO TORVISO, Isidro G. <<San Millan. !Quien narrara su vida! !Quien abrazara su cuerpo!>>, dans BANGO TORVISO, Isidro (ed.). La edad de un reyno. Las encrucijadas de la Corona y la diocesis de Pamplona. Sancho el Mayor y sus herederos. El linaje que europeizo los reinos hispanos. Pamplona: Fundacion para la Conservacion del Patrimonio Historico de Navarra, 2006, pp. 297-351. On ne trouve en revanche aucune mention du reliquaire de San Millan dans des catalogues ou des livres pourtant importants tels que LEGNER, Anton (ed.). Ornamenta Ecclesiae. Kunst und Kunstler der Romanik. 3 vols. Koln: Schnutgen-Museum der Stadt Koln, 1985; Angenendt, Arnold. Heilige und Reliquien. Die Geschichte ihres Kultes vom fruhen Christentum bis zur Gegenwart. Munchen: C. H. Beck, 1994; LEGNER, Anton. Reliquien in Kunst undKult, zwischen Antike undAufklarung. Darmstadt: Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1995; Treasures of Heaven. Saints, Relics and Devotion in Medieval Europe. New Haven--Londres: Yale University Press, 2010; HAHN, Cynthia. Strange Neauty. Issues in the Making and Meaning of Reliquaries, 400-circa 1204. University Park: The Pennsylvania State University Press, 2012.

(20) Sandoval, Prudencio de. Primera parte de las fundaciones de los monesterios del glorioso Padre San Benito. En Madrid: por Luis Sanchez, 1601, partie <<Monasterio santo y real de San Millan de la Cogolla>>, fols. 23v-27v.

(21) Le document est date dans le <<Becerro Galicano>> de San Millan du 14 avril 1128, mais cette date n'est pas possible (en particulier en raison de la presence de Placencia, mais aussi de celle de l'abbe Blaise). LEDESMA RUBIO, Maria Luisa. Cartulario de San Millan de la Cogolla (1076-1200). Zaragoza: Anubar, 1989, no. 170, pp. 120-121, propose en l'argumentant la date de 1088. L'archiviste Placido Romero a la fin du xviiie siecle (coleccion Minguella, Archivo de San Millan, no. 258) et Serrano, Luciano. Cartulario de San Millan de la Cogolla. Madrid: Centro de Estudios Historicos, 1930, no. 234bis, p. 241, donnent la date de 1077. Celle de GARCIA ANDREVA, Fernando. El Becerro Galicano de San Millan de la Cogolla. Edicion y estudio. Logrono: Cilengua, 2011, p. 476, conserve celle de 1128, qui est impossible. On peut consulter l'edition en ligne, qui reprend la transcription de Garcia Andreva et penche pour la date de 1088: Becerro Galicano Digital [no. 231] (www.ehu.eus/galicano/idX; consultation le 16-03-2015).

(22) SANDOVAL, Primera parte, fol. 27, col. 1.

(23) Ibid.

(24) Ibid., fol. 27, col. 2.

(25) FAVREAU, Robert. <<Le corpus des inscriptions de la France medievale>>, dans KLOOS, Rudolf M. Fachtagung fur lateinische Epigraphik des Mittelalters und der Neuzeit. Kallmunz: Michael Lassleben, 1982, pp. 61-72, repris dans FAVREAU, Robert. Etudes d'epigraphie medievale. Limoges: Presses Universitaires de Limoges, 1995, ici pp. 120-121.

(26) AUGUSTIN. De civitate Dei, XVIII, 23, ed. B. Dombart et A. Kalb. Turnhout: Brepols, 1955 (CC SL, 48), pp. 613-614. QUODVULTDEUS. Contra Iudaeos, XVI, 3, pp. 248-249, ed. R. Braun, Opera Quodvultdeo Carthaginiensi episcopo tributa. Turnhout: Brepols, 1976 (CC SL60), pp. 248-249. Sur les traductions latines et la diffusion medievale des oracles sibyllins, voir BISCHOFF, Bernhard. <<Lateinische Ubersetzungen und Bearbeitungen aus den Oracula Sibyllina>>, dans Melanges Joseph De Ghellinck S. J. Gembloux: Editions J. Duculot, 1951, pp. 121-147, repris dans Id. Mittelalterliche Studien. Ausgewahlte Aufsatze zur Schriftkunde undLiteratufeschichte. Stuttgart: Hiersemann, 1966, vol. I, pp. 150-171. Sur le poeme d'Augustin et sa posterite jusqu'au Moyen Age, avant tout RossLl, Jean-Michel. <<Augustin, les sibylles et les oracles sibyllins>>, dans Fux, Pierre Yves; RossLl, Jean-Michel et WERMELINGER, Otto (eds.). Augustinus Afer. Fribourg: Academic Press, 2003 (Paradosis 45/1), pp. 263-286. Au Moyen Age le Iudicii signum a joue un role tres important a la fois dans la liturgie de Noel (il etait lu) et dans la naissance du theatre religieux. Il fut mis en scene jusqu'a une epoque avancee et beaucoup de manuscrits le presentent neume. On remontera le cours de la bibliographie grace a COLETTE, Marie-Noelle. <<Le chant de la Sibylle. Composition, transmission et interpretation>>, dans Bouquet, Monique et Morzadec, Francoise. La Sibylle. Parole et representation. Rennes: Presses Universitaires de Rennes, 2004, pp. 165-176. Voir aussi, pour une mise en perspective de travaux recents, RossLl, Jean-Michel. <<Vies et metamorphoses de la Sibylle. Notes critiques>>. Revue de lHistoire des Religions, 2007, vol. 224/2, pp. 253-271.

(27) Pour le monde capetien: BROWN, Elizabeth A. R. <<La notion de legitimite et de prophetie a la cour de Philippe Auguste>>, dans BAUTIER, Robert-Henri (ed.). La France de Philippe Auguste. Le temps des mutations. Paris: Editions du CNRS, 1982, pp. 79-110, ici p. 107; PYSIAK, Jerzy. <<Philippe Auguste. Un roi de la fin des temps?>>. Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2002, vol. 57, pp. 1165 a 1190, ici pp. 1183-1184; BOZOKY, Edina. La politique des reliques, de Constantin a saint Louis. Paris: Beauchesne Editeur, 2006, pp. 156-157.

(28) Cordoue, Archivo Capitular, ms. 1, fol. 69b. Voir la notice (et reproduction) de Maricarmen Gomez et Susana Zapke dans ZAPKE, Susana (dir.). Hispania vetus. Manuscritos liturgico-musicales de los origenes visigoticos a la transicion jrancorromana (siglos IX-XII). Bilbao: Fundacion BBVA, 2007, pp. 372-373.

(29) Parmi les autres manuscrits, citons Barcelone, Arxiu de la Corona d'Arago, Ripoll 106, fol. 92v (X s.); BNF, lat. 1154 (Saint-Martial de Limoges); BNF lat. 16819 (Compiegne); The Guild of Saint-George, Sheffield Galleries and Museum Trust, Sheffield, ms. 31 ([xi.sup.e] siecle, nord de la peninsule Iberique). Voir Gomez, Maricarmen. <<Del ludicii signum al Canto de la Sibila: primeros testimonios>>, dans Zapke, Hispania vetus, pp. 159-173.

(30) Sandoval donne d'ailleurs in secla futurus en justifiant le vers a droite, ce qui laisse clairement entendre qu'il etait conscient d'un manque.

(31) De celo ... rex] deest Sandoval. Il s'agit du debut de l'hexametre sibyllin.

(32) Sandoval a compris cernenti puis credulus. Le texte de la Sibylle donne cernent incredulus. Il faut donc vraisemblablement rattacher le i a credulus, avecpeut-etre une tilde que n'a pas notee Sandoval.

(33) Reyes] Sandoval.

(34) Ad unum] deest Sandoval. Ces mots figurent a la fin du vers 26 de l'hexametre sibyllin.

(35) Je m'inspire (en l'adaptant car le texte n'est pas exactement celui d'Augustin) de la traduction donnee par G. Combes dans la Bibliotheque augustinienne, vol. 36, Paris, I960, p. 555 et reprise par RossLi, <<Augustin, les sibylles et les oracles sibyllins>>, pp. 269-270.

(36) Texte d'Augustin: Scilicet ut carnem praesens, ut iudicet orbem (trad. Combes: <<pour en personne juger la chair et la terre>>).

(37) PENA, Joaquin. Los marfiles de San Millan de la Cogolla. Logrono: Ed. Ochoa, 1978, p. 38.

(38) Les figures de Blaise et de Munio sont aujourd'hui a San Millan. L'agneau de Dieu a disparu, le Christ en majeste est a Dumbarton Oaks.

(39) Voir la synthese de AYALA MARTINEZ, Carlos de. Sacerdocio y reino en la Espana alto-medieval. Iglesia y poder politico en el occidente penisular, siglos vii-xii. Madrid: Silex, 2008, ici pp. 259-293.

(40) PL 142, col. 942 B (lettre d'Odilon a Sanche pour lui demander une aide financiere).

(41) Le texte de la charte de fondation existe en deux versions, une longue et une breve. Le texte long est generalement tenu pour une version supplementee au xile siecle, ce qui disqualifie aussi le parchemin enlumine qui se donne comme legerement posterieur aux evenements (il inclut la confirmation de 1056). Cette construction nous semble susceptible d'etre au moins partiellement remise en cause, mais ce n'est pas ici le lieu de le faire. Derniere edition: CANTERA MONTENEGRO, Margarita. Coleccion documental de Santa Maria de Najera. Tomo 1 (siglos X-XIv). San Sebastian: Eusko Ikaskuntza, 1991 (Fuentes documentales medievales del Pais Vasco, 35), no. 10, pp. 17-22. La copie enluminee de la charte, dont il est ici question, se trouve aujourd'hui a la Real Academia de la Historia de Madrid, No. inv. 290. Les historiens de l'art considerent generalement le document de la Real Academia de la Historia comme caracteristique de l'enluminure romane au milieu du [xi.sup.e] siecle: cf. SILVA Y VERASTEGUI, Soledad de. <<La miniatura romanica>>, dans MOYA VALGANON, Jose Gabriel (ed.). Historia del arte en la Rioja. II. Alta Edad Media. Romanico y Gotico. Logrono: Fundacion Caja Rioja, 2006, pp. 215-231, ici p. 215-216; SAENZ RODRIGUEZ, Minerva. <<Monasterio de Santa Maria la Real>>, dans Enciclopedia del Romanico en la Rioja, vol. II, pp. 461-477, ici p. 476. Tout ce dossier merite une etude a nouveaux frais. Les reproductions de ce document sont rares et de mauvaise qualite: voir Almagro Gorbea, Martin (ed.). Tesoros de la Real Academia de la Historia. Madrid: Real Academia de la Historia, 2002, no. 243, p. 324.

(42) Stephanie est souvent presentee par erreur comme fille du comte de Foix. Pour retablir sa genealogie, voir AURELL, Martin. Les noces du comte. Mariage etpouvoir en Catalogue (785-1213). Paris: Publications de la Sorbonne, 1995, pp. 56-57.

(43) C'est dom FEROTIN, <<Deux manuscrits wisigothiques de la bibliotheque de Ferdinand [I.sup.er], roi de Castille et de Leon>>. Bibliotheque de lEcole des Chartes, 1901, vol. 62, pp. 374-387, qui a le premier attire l'attention sur ces deux manuscrits. Le Liber diurnus de Ferdinand est conserve a la Bibliotheque universitaire de l'universite de Santiago, ms. 609 (Ms. Res. 1). Il a fait l'objet d'un facsimile accompagne d'un volume d'etudes: Libro de Horas de Fernando I de Leon. Edicion facsimile do manuscrito 609 (Res. 1) da Biblioteca universitaria de Santiago de Compostela. Estudios de M. C. Diaz y Diaz e S. Moralejo. Santiago de Compostela: Xunta de Galicia, 1995 (Scriptorium, 8). Le Liber Canticorum et Horarum de Sancha (Salamanque, Biblioteca General Universitaria, ms. 2668) a recemment fait l'objet d'une etude detaillee de Pick, Lucy K. <<Liturgical Renewal in two Eleventh-Century Royal Spanish Prayerbooks>>. Traditio, 2011, vol. 66, pp. 27-66. Ne partageant pas toutes les conclusions de ce beau travail, je compte revenir bientot sur la dimension clunisienne des ajouts effectues au Liber, a mon sens du vivant Sancha.

(44) Perrier, Daniele. <<Die spanische Kleinkunst des 11. Jahrhunderts>>. Aachener Kunstblatter, 1984, vol. 52, pp. 30-150, ici pp. 73-79. La ressemblance est egalement notee par Silva y Verastegui, <<La miniatura romanica>>, et par Saenz Rodriguez, <<Monasterio de Santa Maria la Real>>.

(45) Tanta autem devotione in festivitate illa rex clarissimus cum omni domo sua ob reverentiam beati confessoris humilitati deditus fuisse perhibetur, ut, cum ventum fuisset ad convivium, religiosis quibusque viris delicatos cibos, deposito regni supercilio, contentus vice famulorum manibuspropriis apponeret. Regina queque cum filiis et filiabus suis reliquae multitudini more servulorum omne obsequium humiliter dependeret, PL 81, col. 42 D (en attendant une nouvelle edition par Jose Carlos Martin).

(46) Sur le <<frontispice C>>, un homme age et un apprenti sont representes en train de tailler de l'ivoire avec la legende: ENGELRA MAGISTRO ET REDOLFO FILIO. Par ailleurs le devant d'autel fabrique sous le roi Garcia et la reine Stephanie pour Santa Maria de Najera portait le nom d'un artiste nomme Almanio selon Joseph de Moret ([dagger] 1687), Anales del reino de Navarra. Tolosa: Establecimiento tipografico y Casa editorial de Eusebio Lopez, 1890, vol. II, p. 308.
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Author:Henriet, Patrick
Publication:Studia Historica. Historia Medieval
Date:Jan 1, 2015
Words:8989
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