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Revue quotidienne des editos (OPED-Q).

Rabat - La decision du parti de l'Istiqlal de se retirer du gouvernement Benkirane continue de faire tache d'huile dans les commentaires des editorialistes de la presse quotidienne paraissant ce mercredi, qui s'interessent aussi a l'eventuelle issue de ce bras de fer entre les deux principaux allies de la majorite, et a d'autres sujets d'actualite.

Sous le titre "calculs politiciens", +Aujourd'hui le Maroc+ ecrit que "la presse nationale et meme internationale a utilise tous les superlatifs pour parler du retrait de l'Istiqlal (PI) du gouvernement: Electrochoc, crise sans precedent, seisme politique", relevant que "le Chef de file de la majorite gouvernementale et premier concerne par cette demission, le PJD, continue pourtant d'ignorer son allie demissionnaire".

"Officiellement, le parti de la Lampe affirme que le PI n'a encore informe par +les canaux officiels+ ni ses allies ni le gouvernement de sa decision! Mais cette attitude du PJD peut preter a plusieurs interpretations", fait-il remarquer, precisant que "la premiere est que le parti ne prend pas toujours tres au serieux la decision de l'Istiqlal surtout apres la reference de ce dernier a l'article 42 de la Constitution".

"La deuxieme lecture concerne probablement un message que le PJD veut adresser a ses alles et ses opposants selon lequel le parti n'a pas peur de perdre sa majorite et d'aller vers des elections anticipees", poursuit-il, regrettant que "les calculs politico-politiciens semblent toujours l'emporter sur d'autres considerations beaucoup plus prioritaires dans un contexte de crise".

+Rissalat Al Oumma+ estime que ce qui se passe actuellement sur la scene politique nationale et les reactions et commentaires ainsi que l'echange des accusations et des critiques suscites par la decision du conseil national de l'Istiqlal de se retirer du gouvernement est un simple jeu de politique politicienne qui aura de lourdes consequences sur l'economie nationale au moment oE le gouvernement en place doit se pencher avec celerite a la mise en oeuvre des reformes economiques urgentes pour sauver la situation, engager un veritable dialogue avec les syndicats et traiter avec efficience les dossiers de corruption.

La situation actuelle demontre que le gouvernement rame a contre-courant de la realite socio-economique et politique du pays, en depit des repercussions de la conjoncture economique mondiale sur l'economie nationale, affirme l'editorialiste, qui s'interroge sur les couts economique, financier et social de cette crise politique montee pour satisfaire des interets de certaines parties qui ne font pas montre d'une veritable prise de conscience politique et d'un haut degre de responsabilite a l'egard des exigences du pays qui a besoin d'une veritable dynamique pour booster son economie et preserver la paix sociale et la stabilite politique.

Et de poursuivre que l'actuel gouvernement et les partis qui le composent continuent de mener leurs batailles etriquees aux depens des interets superieurs de la nation et des citoyens et de l'avenir des generations montantes, ajoutant que la composition heterogene de l'actuel Executif et la divergence des vues de ses composantes sur les choix et les priorites de chacune a donne lieu a une veritable crise de gouvernance dont chaque parti endossait a l'autre la responsabilite, dans une totale absence de tout traitement des dossiers que les Marocains attendaient avec impatience suite a la Declaration gouvernementale.

Ce qui se passe est un resultat logique et naturel de l'echec cuisant du gouvernement a assumer pleinement ses responsabilites constitutionnelles et politiques et de son incapacite a presenter un programme clair et chiffre avec des delais d'execution, martele-t-il, ajoutant que les composantes de la majorite ont, au lieu de s'ouvrir sur l'ensemble des acteurs strategiques et d'adopter une veritable approche participative, opte pour la diffusion de discours populistes, le reglement de comptes et les surencheres politiciennes.

De son cote, +Annahar Al Maghribia+ ecrit que la scene politique nationale est tres animee suite a la decision de Hamid Chabat et du parti de l'Istiqlal de se retirer du gouvernement et au mutisme assourdissant du SG du PJD, Abdelilah Benkirane, notant que face a cette dynamique, le mouvement Populaire (MP) garde toujours le silence bien que ce parti occupe une place importante au sein du gouvernement et constitue un allie essentiel au sein de l'actuelle majorite vu son poids politique, sa position et son avis vis-a-vis de ce qui se passe.

Le MP a opte pour le mutisme face a ce qui se passe comme s'il n'etait pas concerne ou s'il n'etait pas partie prenante dans ce bras de fer et cette bataille acharnee entre l'Istiqlal et le PJD, ajoutant que le MP doit jouer un role plus consistant etant donne qu'il a cumule une grande experience en matiere de gestion de la chose publique au cours de sa participation dans les precedents gouvernements.

Et l'editorialiste de s'interroger: "Le MP, est-il satisfait de voir Benkirane monopoliser la prise de decisions de maniere unilaterale, particulierement celles qui ont affecte le pouvoir d'achat des citoyens, les investissements publics et les PME?", indiquant que cette question trouve sa credibilite dans la maniere de traitement par le parti de la Lampe des grands dossiers soumis a la majorite.

Pour l'auteur de l'editorial, l'opinion publique et les militants de ce parti attendent que cette formation politique, consideree comme une composante essentielle de la majorite, livre son avis sur ce conflit autour du mode de gestion de l'action gouvernementale, ajoutant que si Chabat a eu l'audace de renverser la table sur Benkirane et Co, les citoyens attendent, eux, des autres composantes de la majorite d'avoir une position ferme et de ne pas opter pour le mutisme ou se cacher derriere des justificatifs a connotation politique.

+Akhbar Al Yaoum Al Maghribia+ indique, pour sa part, que la direction du PJD a choisi, a l'issue de sa reunion, de ne publier aucun communique pour reagir a la decision du parti de l'Istiqlal de se retirer du gouvernement, ce qui signifie que Benkirane ne prend pas au serieux les menaces du SG du parti de la balance, Hamid Chabat.

Certes, l'Istiqlal a le droit de se retirer de la coalition gouvernementale et de declarer son opposition avec sa direction, son programme et ses plans, mais il est inadmissible pour un parti ayant une longue histoire de jouer un double jeu avec un pied dans l'opposition et un autre dans le gouvernement, estime-t-il.

Pour l'auteur de l'editorial, le seul arbitrage pour regler cette crise politique doit etre celui du peuple a travers l'organisation d'elections anticipees qui mettraient fin a cette balkanisation du paysage politique national, avant de souligner que les leaders de la majorite gouvernementale doivent se reunir autour d'un seul programme gouvernemental, alors que sa mise en oeuvre releve de la competence du conseil du gouvernement ou du conseil des ministres.

L'Istiqlal, en tant qu'allie au sein de ce gouvernement, a certes son mot a dire sur les grands dossiers, mais cela ne signifie nullement que les reunions de la majorite deviennent une alternative a l'institution de la presidence du gouvernement pour leur traitement.

Et d'affirmer que la presidence du gouvernement est partenaire dans la crise actuelle que connaEt le pays parce qu'elle a devalorise et deprecie les menaces proferees par Hamid Chabat et n'a pas su comment regler ses problemes internes.

Sur un tout autre registre, +L'Economiste+ indique que le ministre de la Sante, El Houcine El Ouardi a remis le prix des medicaments sur l'agenda, soulignant que "personne n'a oublie ce rapport parlementaire de novembre 2009 qui denoncait, preuves a l'appui, le prix trop eleve des medicaments au Maroc, plus chers qu'en France, oE les habitants sont onze fois plus riches que les Marocains".

"Le rapport avait donc choque l'opinion publique, mais il n'y avait pas eu de suite bien significative: la ministre de l'epoque ayant ete violemment combattue dans une autre affaire, celle de cette poignee de cliniques qui ne respectaient pas les normes sanitaires. Une affaire qui a bien montre dans quel contexte la politique de la sante doit agir!", rappelle-t-il.

Et l'editorialiste de reconnaEtre que "dans le prix trop eleve de la plupart des medicaments, tout le monde a raison: les laboratoires, les officines, les hopitaux publics, les medecins et bien sur les citoyens et leurs elus, qui ne peuvent admettre que la situation actuelle perdure", soulignant que le ministre de tutelle a donc parfaitement raison de vouloir en sortir.

"Sans compter que c'est politiquement payant. Tout le monde a raison, personne n'est content: cette parade signale que c'est l'organisation qui n'est pas adaptee au monde actuel", explique l'auteur de l'editorial qui s'interroge: "Doit-on laisser le ministere et les medecins sous l'influence de l'industrie? Doit-on faire vivre un systeme de distribution tres cher mais qui ne joue plus son role?". "Ces questions sont centrales pour une vraie reforme, au service de tous", martele-t-il en conclusion.

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Publication:Agence Maghreb Arabe Presse (MAP)
Date:May 15, 2013
Words:1452
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