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Revue hebdomadaire des editos (OPED-H).

Rabat - Divers sujets retiennent, cette semaine, l'attention des editorialistes de la presse hebdomadaire, notamment la crise qui secoue la coalition gouvernementale, la lutte contre la triche lors des examens du Baccalaureat, le 7eme Congres mondial de l'education a l'Environnement (WEEC-2013) tenu a Marrakech et la lutte contre la sous-facturation.

Sous le titre "Schizophrenie", +L'Observateur du Maroc+ ecrit que "cela fait un mois que le parlement du parti de l'Istiqlal a choisi de quitter le gouvernement dont le Chef fait comme s'il ne s'etait rien passe, alors que Hamid Chabat attend, lui, un bien improbable arbitrage royal", soulignant que "ce qu'il faut retenir de cette crise, c'est que le recours a l'article 42 de la Constitution est une aberration".

"Dans la Constitution, dans l'esprit comme dans la lettre, l'Institution Monarchique est au-dessus du jeu partisan", soutient-il, precisant que La Loi fondamentale "prevoit l'intervention du Souverain quand il y a une crise entre les institutions et non pas en cas de divergence de points de vue a l'interieur d'une coalition gouvernementale".

L'editorialiste, qui indique que le PJD et l'Istiqlal en appellent a l'intervention du Roi dans un conflit partisan qui ne le concerne pas, affirme que "c'est une attitude schizophrene, parce que le Souverain ne peut regler ce conflit sans se substituer aux organes internes des partis", sachant que l'autonomie de decision des partis politiques est une autre revendication, longtemps portee par ceux qui revaient d'une recomposition du champ politique.

"Les deux chefs de parti n'assument pas leur responsabilite. Pourtant, celle-ci est politiquement claire. Ils doivent se rencontrer, dialoguer et choisir. Soit le maintien de la coalition est encore possible, malgre le torrent d'invectives deverse et alors ils annoncent leur nouvel accord, qui passe ou pas par un remaniement ministeriel. Soit les desaccords sont trop profonds et ils annoncent la separation en explicitant a l'opinion publique la nature des divergences. Abdelilah Benkirane devra alors chercher un nouvel allie pour remplacer l'Istiqlal", explique-t-il.

Et de poursuivre que "dans les democraties avancees, c'est une chose tres courante et ce n'est pas un signe grave d'instabilite", mais en revanche, fait-il remarquer, "la situation actuelle est fort couteuse en image: A l'etranger, le doute s'installe sur la stabilite du Maroc, et en interne, l'opinion publique n'est meme pas tenue en haleine par un feuilleton largement discredite par les outrances verbales des uns et des autres".

"Ce flou ne peut durer sans affaiblir l'Executif et les institutions elues, portant un grave coup a la credibilite de la construction democratique", previent-il, soulignant que "Benkirane et Chabat portent une grande responsabilite devant l'Histoire, qui depasse de loin leurs egos respectifs, voire le devenir electoral de leur parti et doivent donc assumer leurs responsabilites, mettre un terme d'une maniere ou d'une autre a une crise qu'ils ont fabriquee piece par piece depuis des mois". Et de conclure qu'"ils sont coresponsables de la situation actuelle et la Constitution les rend responsables de son issue". "Vouloir impliquer le Roi en sollicitant son arbitrage est une attitude immature", martele-t-il.

S'agissant de la lutte contre le phenomene de la triche lors des examens du Bac, +Le Reporter+ ecrit que "l'on peut brandir toutes les menaces que l'on veut, il se trouvera toujours des candidats qui tenteront leur chance du cote de la fraude, comme cela s'est verifie, encore une fois, lors de cette 1ere session 2013, alors que le ministere de l'education nationale avait prevenu que tous les moyens seraient mis en oeuvre pour traquer et sanctionner severement les fraudeurs et il a tenu parole".

Pour l'editorialiste, "si des bandes organisees cherchent a commercialiser la fraude en proposant leurs services a des candidats au Bac qui s'en trouvent encourages a tricher pour reussir, au lieu d'etudier, il est normal que les sanctions a leur encontre, notamment l'incarceration, soient des plus severes et qu'ils finissent meme derriere les barreaux, mais en revanche, se demande-t-il, "comment concevoir que de simples eleves qui auraient triche aux epreuves du Bac se retrouvent en prison? Comment peut-on songer un seul instant a jeter dans ces prisons que les citoyens appellent +les ecoles du crime+ de jeunes eleves, certes petits delinquants, puisqu'ils ont voulu tricher, mais des eleves au commencement de leur vie?!".

L'incarceration de ces eleves et une "aberration", martele-t-il, soulignant qu'"ejecter un jeune qui n'a pas 20 ans de son banc d'examen vers une cellule a partager avec des criminels, c'est le condamner a en devenir un et c'est donc tout simplement detruire sa vie".

Et l'editorialiste de constater que "personne n'avait encore reellement reagi a cette sanction d'incarceration, prevue par le ministere, parce que le projet de loi la preconisant n'avait pas encore ete debattu au parlement", considerant que c'est "une deuxieme aberration", puisque les fraudeurs de cette annee se voient deja appliquer ce qui n'est qu'un projet de loi, qui n'est donc pas une loi opposable a tous!: Ils sont en prison en vertu d'un texte qui n'est pas encore enterine".

Et de s'interroger en guise de conclusion que "ceux qui persistent a vouloir embastiller de jeunes eleves, pour +crime+ de triche a l'examen, sont-ils surs que leurs rejetons ne succomberont jamais a la tentation d'un +petit copiage+?".

+La Vie Eco+, qui titre "Genie destructeur", indique que "quand on voit le degre de sophistication des moyens utilises par certains candidats pour tricher aux examens du Bac, on ne peut qu'etre surpris, a defaut d'etre emerveille", se demandant ce que serait le Maroc si toute cette energie, tout ce genie etaient utilises dans le bon sens.

L'editorialiste, qui rappelle que "les pouvoirs publics ont sorti cette annee l'artillerie lourde pour combattre le phenomene", fait remarquer que malgre la multiplication des mises en garde et l'adoption de textes pour dissuader les tricheurs, "certains ont brave le danger et ont du developper davantage leurs techniques en inventant des dispositifs de haute voltige pour tricher".

"La sanction, aussi severe soit-elle, est necessaire, certes, mais pas suffisante. Car avec le laisser-aller qui a dure plusieurs annees, la triche est devenue tellement repandue et normalisee qu'il devient impossible de la combattre par la seule sanction", affirme-t-il, relevant que "la triche est devenue une valeur car elle s'est transmise de generation en generation".

Et de poursuivre que "c'est probablement cela qui explique en grande partie beaucoup d'autres fleaux dont souffre le Maroc aujourd'hui comme la corruption, l'inconscience sur nos routes, l'evasion fiscale, la triche dans les entreprises et le laisser-aller dans les administrations", estimant que "combattre le mal a la racine suppose d'abord la refonte de toute notre demarche pedagogique et notre philosophie de l'apprentissage en commencant surtout par l'enseignement de base, le primaire, la oE la personnalite de l'enfant est faconnee".

"Au lieu de pratiquer le bourrage avec des programmes dont la moitie ne sert plus a rien, de faire de l'examen un ecueil, notre systeme educatif doit servir plus a decouvrir, former et encourager les talents, a reconnaEtre et developper des vocations, a former des jeunes qui ont confiance en eux et ont de la visibilite sur leur avenir", insiste-t-il, indiquant que "si a cela on ajoute le genie et l'audace dont ils font deja preuve, on aura fait la revolution culturelle tant attendue".

Sous le titre "Bac, vrai-faux enjeu", +Le Temps+ ecrit que "Nombreux sont ceux qui s'etonnent de l'importance que l'on accorde aux examens du baccalaureat, alors que ce n'est qu'un examen normal qui peut se derouler dans une atmosphere tout aussi normale si les familles, les etablissements scolaires, les eleves et meme le ministere ne lui donnaient pas cette aura quasi-mystique", precisant que "dans un contexte oE l'education nationale est en crise et ne remplit plus sa mission premiere de rampe a l'emploi, decrocher le BAC devient superflu".

"En verite, le probleme fondamental reside dans un enseignement a sens unique. Dans nos ecoles, tout est fait pour remplir le crane des eleves d'informations aussi ennuyeuses qu'inutiles", soutient-il, soulignant qu'"aucune mesure d'accompagnement individuel n'est prise, aucun effort de detection de talents n'est consenti et aucune forme d'orientation ne vient aiguiller un eleve vers la filiere qui lui sied".

L'auteur de l'editorial, qui rappelle que "depuis l'accession du Royaume a son independance, toutes les politiques visant a soigner ce grand corps malade qu'est l'ecole ont lamentablement failli", fait noter que "des milliards ont ete engloutis dans une constellation de projets boiteux". "Il est peut-etre temps que cela change!", conclut-il.

Sur un autre registre, +Finances News Hebdo+ (FNH) ecrit que "Marrakech s'est mise au vert, a l'occasion du Congres mondial pour l'education a l'environnement (WEEC), delocalise pour la premiere fois dans un pays arabe", soulignant que "le choix du Maroc n'est pas, a ce titre, fortuit, puisque le Royaume a inscrit depuis quelques annees la protection de l'environnement parmi les priorites dans son agenda de developpement, comme en temoigne l'adhesion aux principes de la Declaration de Rio, a l'Agenda 21, ainsi qu'aux accords environnementaux multilateraux".

"Le meilleur symbole de cet engagement est la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement, presidee par SAR la princesse Lalla Hasn, qui a fait de l'education a l'environnement l'un de ses chevaux de bataille", soutient-il, affirmant que c'est "un pari reussi, dont la pertinence se mesure par la mise en place des eco-ecoles qui ont permis d'introduire l'education a l'environnement dans les ecoles primaires".

"Ce sont ainsi pas moins de 675 ecoles de 16 regions et 81 delegations qui se sont inscrites a ce programme entre 2010-2013. Et, d'ores et deja, la generalisation de ce programme a l'ensemble du pays a ete acte", explique-t-il.

L'auteur de l'editorial, qui indique que "ce sont a ces enfants d'aujourd'hui, qui portent les enjeux de la preservation de l'environnement en bandouliere, que seront confiees, demain, les cles du developpement economique du Royaume", precise que "les eduquer a l'environnement, c'est les eduquer a respecter Dame nature et a preserver toutes ces richesses qui les feront grandir dans un environnement sain et prospere".

Sous le titre: "Enfin des mesures contre le dumping!", +La Nouvelle Tribune+ s'interroge si le gouvernement s'est enfin resolu a reagir et a mettre en place des mesures destinees a "contrer une pratique aussi detestable que dolosive pour notre tissu productif, celle de la sous-facturation", faisant savoir que "le deficit du compte exterieur devient de plus en plus preoccupant et nos industriels se plaignent du dol et des prejudices subis du fait de ces comportements deliberes d'importateurs malhonnetes, qui, sciemment, inondent le marche de produits et de marchandises en provenance de l'exterieur pour etre vendus en deca de leur cout reel, mais egalement participent a l'aggravation du desequilibre de notre balance commerciale".

"La reunion, en milieu de semaine, du comite ad hoc donne a croire que la lutte contre la sous facturation redevient une priorite des pouvoirs publics, notamment pour deux secteurs d'activites fortement atteints par cette pratique frauduleuse: les operateurs du textile et ceux de la confiserie", affirme-t-il, estimant qu'"en reactivant le comite technique de la sous-facturation, compose des representants de departements concernes et de la CGEM, le ministre de l'Economie et des Finances, Nizar Baraka a sans aucun doute voulu donner un signal fort de soutien a ces operateurs, et leur affirmer que les pouvoirs publics entreprennent de soutenir la production nationale en des secteurs sensibles et pourvoyeurs d'emplois". Et de conclure que "face aux difficultes actuelles que vit l'economie marocaine, une +legere couche+ de protectionnisme ne sera que bienvenue".

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Publication:Agence Maghreb Arabe Presse (MAP)
Date:Jun 15, 2013
Words:1894
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