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Revolutions europeennes et theatre a la Congregation de Notre-Dame, 1868-1871.

Abstract: At the turn of the 1870s, the daughters of the Congregation of Notre-Dame presented politically-themed theatrical plays within the walls of the convents. Depicting European revolutionaries portrayed as Satan, these plays raised funds to send Zouaves in Italy. Unintentionally, the girls also took part in Bishop Bourget's ambition to eradicate liberal ideas and spread ultramontanism within the French Canadian bourgeoisie.

Resume: Au tournant des annees 1870, les filies de la Congregation de Notre-Dame ont joue, entre les murs des couvents, des pieces theatrales a caractere politique. Depeignant les revolutionnaires europeens de l'epoque sous les traits de Satan, ces pieces ont permis de financer l'envoi des zouaves en Italie. Les filies ont aussi, sans necessairement le savoir, participe a la quete de Mgr Bourget d'eradiquer les idees liberales et de propager l'ultramontanisme dans la bourgeoisie canadienne-francaise.

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Aussi etrange que cela puisse paraitre, les mouvements revolutionnaires europeens de la deuxieme moitie du XIXe siecle ont trouve un echo dans le theatre scolaire feminin pratique a Montreal. Nous en avons decele des traces entre les murs des couvents de la Congregation de Notre-Dame, ou les jeunes filies y ont presente des spectacles (2) traitant du Risorgimento (3) et de l'instauration de la troisieme Republique francaise (4). Ainsi, en plein apogee du discours sur les spheres separees (5), associant les femmes a la sphere domestique et les hommes a la sphere publique, des filies ont discouru sur une scene de sujets politiques. Par le biais de dialogues deja ecrits pour elles, les filies ont aborde et memorise des propos d'actualite politique. Bien que les filies de la congregation puissent etre considerees comme des destinataires du message politique contenu dans les pieces, les mises en scene avaient des buts precis qui depassaient le cadre des couvents. L'effort des filies de la congregation devait permettre d'ameliorer la defense du pape en Italie grace a l'envoi de zouaves a Rome et de diffuser l'ideologie ultramontaine, et plus particulierement les idees politiques qu'elle sous-tend, dans l'ensemble de la bourgeoisie montrealaise. Une contribution qui, aussi petite soit-elle, etait souhaitee et orchestree par l'eveque de Montreal luimeme, Mgr Ignace Bourget (6). Dans cet article, nous nous interesserons aux liens qui unissent le theatre pratique dans les couvents de la Congregation de Notre-Dame aux mouvements revolutionnaires italien et francais ainsi qu'a l'eveque montrealais de l'epoque. Plus precisement, nous tenterons de comprendre comment le theatre pratique a la congregation a participe a la campagne des zouaves pontificaux et, par ricochet, a la critique des mouvements revolutionnaires et a la glorification de l'ultramontanisme.

La pratique theatrale a la Congregation de Notre-Dame

Avant d'aborder specifiquement le theatre lie aux mouvements revolutionnaires europeens au tournant des annees 1870, il convient de brosser un portrait sommaire de la pratique theatrale telle qu'elle s'est concretisee a la Congregation de Notre-Dame vers la fin du XIXe siecle (7). En effet, l'organisation meme d'activites theatrales, frequentes dans les couvents pour filies a cette epoque, peut paraitre invraisemblable a la lumiere des recherches historiographiques (8). Elle s'oppose a la morale stricte et a l'ambiance severe qui caracterisent la perception savante que nous avons de l'education des jeunes filies de l'epoque (9). La perception de la femme actrice (10) a la fin du XIXe siecle dans le discours bourgeois et dans celui des eveques (11) a laisse planer peu de doutes sur l'impossibilite de la pratique. A ce titre, Mgr Fabre, eveque de Montreal entre 1873 et 1896, ecrivait sur le theatre :
   deja a plusieurs reprises, j'ai eu l'occasion d'appeler votre
   attention sur les dangers qu'il y a dans ces divertissements [...]
   que les catholiques serieux doivent s'en abstenir et empecher leurs
   enfants d'y prendre part. [...] En general, il sera sage pour vous
   de ne pas encourager des seances (memes donnees pour des oeuvres de
   chante) ou des femmes et des filies devraient figurer sur la scene
   (12).


Seulement, la pratique du theatre dans les couvents de la Congregation de Notre-Dame a bien eu lieu. Nous avons recense pres 435 scenes et pieces de theatre entre 1850 et 1920 dans dix couvents de la Congregation de Notre-Dame de la region montrealaise (13). Ces episodes theatraux, le plus souvent inseres dans des spectacles contenant du chant et de la musique, semblent avoir ete associes a des episodes plutot festifs de la vie des couvents, tels que les celebrations de fin d'annee, les fetes du calendrier liturgique ou l'anniversaire d'un individu ayant des liens particuliers avec le couvent. Si le theatre est associe a des evenements festifs, ses dialogues ne le sont pas necessairement. Bien que la comedie soit presente, c'est le drame (14) qui est le genre dominant, a la congregation. Il permet de presenter des themes plus serieux et donne ainsi au theatre une vocation educative plus definie. Les sujets traites sont varies, mais ils se concentrent autour de la religion, de la morale et de l'histoire. Les spectacles relies a des sujets politiques, comme les mouvements revolutionnaires europeens au tournant des annees 1870, sont done minoritaires. Une dizaine de pieces sur l'ensemble de notre corpus peuvent etre identifiees clairement a un sujet politique (15).

Qui assiste aces pieces? L'auditoire differe selon l'epoque, la festivita celebree et le couvent ou elles sont presentees. Ce ne sont pas tous les couvents de la region montrealaise qui ouvrent leurs portes aux gens de l'exterieur. Plusieurs preferent donner de petites seances devant un public compose de religieux, de religieuses et de couventines. D'autres, principalement les couvents destines a la bourgeoisie de l'ile de Montreal, le font a l'occasion (16). A l'instar de la maison de Saint-Cyr au XVIIe siecle en France (17), la presence d'hommes ou de jeunes hommes dans l'assistance est problematique ; elle expose les jeunes filies a leurs regards alors que l'enceinte meme des etablissements doit servir a les isoler (18). Par ces regards portes sur elles, les jeunes filies risqueraient aussi de developper l'une des manifestations perverses de la confiance en soi : l'orgueil (19). Dans une brochure issue du couvent Villa-Maria, l'on mentionne que le theatre peut faire <<tourner la tete (20) >>, mais etant donne qu'il est pratique pieusement dans cette maison d'enseignement, le probleme n'est pas a craindre pour leurs jeunes filies (21). Plusieurs etablissements essaient ainsi de donner aux spectacles une aura de moralite afin d'attenuer les possibles travers de la pratique theatrale. Ils le font, d'abord, en choisissant de jouer des pieces comme le <<Martyr de Sainte-Hortense (22) >> ou <<La fee bienfaisante (23) >>, gages de bonnes mceurs. De plus, les sceurs depeignent l'auditoire comme moral et distingue, comme l'atteste cette description tiree des annales de l'Academie Saint-Denis : <<L'elite du quartier Saint-Jacques et ses environs la remplissaient litteralement et jamais les eleves ne pourront se vanter d'avoir paru devant un auditoire aussi flatteur et si bien compose de l'aristocratie du rang, de talent et de la beaute (24). >>

En depit d'un climat qui semblait peu fecond a son developpement, le theatre a la Congregation a bien existe. Les soeurs ont cru qu'une pratique theatrale encadree meritait une place dans leur programme pedagogique, malgre les desagrements qu'elle pouvait potentiellement susciter. Nous pouvons supposer que le theatre permettait aux jeunes filies de developper certaines aptitudes, comme le developpement des capacites de memorisation ou de diction. Il presentait certains avantages materiels, comme le financement des couvents et la satisfaction des parents, heureux de voir leurs enfants performer et progresser en diction ou en maintien, par exemple (25). Cependant, dans le cadre de cet article, nous nous concentrerons uniquement sur deux des motifs relies aux pieces traitant des mouvements revolutionnaires europeens au tournant des annees 1870 : la diffusion d'idees ultramontaines et le financement d'expeditions zouaves.

Le theatre des filies, un autre fer de lance de l'ultramontanisme

A l'instar des journaux et de la litterature, mais dans une moindre mesure, le theatre a contribue adiffuser et a expliquer les idees de l'ultramontanisme dans l'objectif de regenerer la societe canadienne-francaise et d'assurer la presence de l'Eglise dans toutes les spheres de la societe, tei que le souhaitait Mgr Bourget (26). Le theatre scolaire feminin, du moins tei qu'il etait pratique dans deux couvents destines a la bourgeoisie montrealaise (27), a ete, lui aussi, utilise a cette fin. En n'epargnant pas les sujets politiques, il aborde, entre autres, l'atrocite des revolutions et le potentiel dangereux des republiques. Ainsi, nous pouvons poser l'hypothese selon laquelle le theatre scolaire feminin a fait partie d'un ensemble de moyens utilises pour diffuser l'ideologie ultramontaine aupres de la bourgeoisie canadienne-francaise.

Au coeur de cette volonte de promouvoir les idees politiques de cette doctrine reside la volonte de combattre son antithese : le liberalisme (28). Mgr Bourget aspire a convaincre que les idees liberales de certains journaux et de l'Institut canadien peuvent, poussees a leur paroxysme, mener a des revolutions sanglantes. Pour lui, si les Romains se sont laisses convaincre par des idees liberales radicales qui ont mene au Risorgimento, les Canadiens francais n'en sont pas a l'abri (29). Il est habite par la peur que si revolution il y a, l'Eglise se verra privee de son pouvoir politique et social (30). Cette peur, tout aussi improbable qu'elle soit dans le contexte canadien-francais de l'epoque, est reelle et l'encourage dans l'organisation de la campagne pour les zouaves pontificaux.

Au cours de la decennie 1860, Mgr Bourget elabore done le projet d'envoyer des hommes canadiens-francais en Italie pour defendre le pape contre les revolutionnaires italiens. Comme il a ete demontre dans les etudes sur les zouaves (31), l'eveque voulait que les garcons et les hommes selectionnes pour etre les soldats du pape soient issus des colleges classiques et de la bourgeoisie canadienne-francaise. Selon ses desseins, les soldats, une fois revenus au pays, pourraient former une elite canadienne-francaise qui serait a meme de defendre la suprematie de l'Eglise sur les domaines civils comme l'education et de bloquer la progression d'idees liberales comme la liberte des peuples a s'autogouverner. A un moment ou l'opposition entre les groupes liberaux et les ultramontains se cristallise autour du pouvoir temporel du pape (32), la formation d'une elite laique ultramontaine revet une importance particuliere pour le prelat. Ainsi, l'envoi des zouaves fait partie d'une volonte plus large de Mgr Bourget de promouvoir l'ultramontanisme. Ce dernier pensait que les soldats, ayant combattu pour garantir au pape son pouvoir temporel et son independance, reviendraient convaincus de l'importance de la primaute de l'Eglise dans toutes les spheres de la societe canadienne-francaise.

Les filies de la congregation ne pourront pas, comme leurs confreres masculins, remplir une telle tache. Elles ne sont pas destinees a etre directement impliquees dans les orientations politiques de la province. Toutefois, le fait qu'elles soient appelees a mettre en ceuvre des spectacles demontre une volonte de renforcer, chez elles, certaines idees politiques, par exemple qu'il est necessaire de defendre le pape ou encore que la religion prime sur le siecle. En demontrant la violence et la radicalite des mouvements francais et italien a travers leurs performances, les filies sont mises en contact avec un liberalisme <<radical>> et une Eglise romaine depeinte en martyre.

Le theatre scolaire a la particularite d'impregner les jeunes filies qui sont appelees a repeter les pieces a plusieurs reprises (33). Elles integrent les propos--et les idees qu'elles vehiculent--plus durablement qu'elles ne le feraient avec, par exemple, une simple analyse de texte realisee en classe. En plus de vivre les personnages, les filies sont amenees a les incarner, comme le mentionnent les annales du Mont Sainte-Marie a l'occasion de la representation de La Vierge sauvera l'Eglise et la France : <<apres les avoir felicitees sur la maniere aisee et pleine de naturel dont elles s'etaient acquittees de leurs differents roles, Sa Grandeur les felicita de leur esprit de foi et de piete qui avait ete l'ame de toute la piece (34) >>.

Cette piece a ete presentee en l'honneur de l'anniversaire de Mgr Bourget, en 1871. Dans les archives, nous en avons trouve l'ensemble des dialogues (35). Leur analyse nous permet de brosser un portrait du discours ultramontain qui etait propose aux filies. Le scenario est assez simple et le sujet circonscrit. La piece traite de l'etat de l'Eglise en France et en Europe face a l'instauration de la troisieme Republique en France et du Risorgimento (36). L'intrigue se deroule autour de Marie, mere de Dieu. Les onze personnages mis en scene, qui incarnent des anges, des vierges romaines ou des patronnes, cherchent a trouver Marie au paradis. Ils veulent la convaincre d'intervenir pour sauver l'Eglise romaine des differents troubles qu'elle connait en Europe. La piece se termine quand ils reussissent a trouver Marie pour la convaincre d'intervenir aupres de son fils afin qu'il envoie des soldats defendre l'Eglise sur Terre.

Sur le fond, les dialogues sont incisifs et caricaturaux. Presentes de facon dichotomique, le bien et le mal sont circonscrits avec precision comme il est, par ailleurs, coutume de le faire dans la pastorale ultramontaine (37). Les mouvements revolutionnaires sont diabolises et associes directement a Satan, comme le demontre cet extrait : << Satan plane sur le monde. O Rome ! O France ! O Eglise du Christ. Depuis cinq mois le sang coule et le carnage n'a point de fin ! (38) >> D'apres les dialogues, l'Italie et la France n'ont connu que mort et souffrance depuis que l'ideal revolutionnaire a pris racine dans leur pays. L'ambiance de la piece et le vocabulaire utilise ne sont pas sans rappeler les poemes ecrits sur les zouaves (39) dont l'utilisation de l'opposition de Dieu et de Satan ainsi que l'emploi des mots << barbares >> ou << monstres >>, pour designer les chemises rouges de Garibaldi, sont frequents. La piece, tout comme ces poemes, construit un imaginaire ou le pape martyr et son Eglise affrontent les liberaux revolutionnaires et sanguinaires.

Dans la poesie liee aux zouaves, les hommes guerriere sont magnifies, associes a la figure du croise et du martyr. Dans la piece La Vierge sauvera l'Eglise et la France, ils ne sont presents qu'en arriere-plan; les combattants, bien que mentionnes, ne sont pas personnifies. C'est plutot le role des femmes qui occupe l'avant-plan. Elles doivent prier pour que Marie intervienne aupres de Jesus afin qu'il sauve l'Eglise et le pape. Le dialogue entre Agathe--une vierge romaine a qui on a coupe les seins--et Marie est evocateur : <<le serpent dont vous aviez ecrase la tete est de retour au monde pour persecuter la Sainte-Eglise et l'immortel pontife. O Marie! Ecoutez les prieres des vierges romaines profondement humiliees a vos pieds (40) . >>

Par les sujets abordes et les dialogues incisifs des pieces, les filies se voient proposer des dialogues dont le propos est domine par un refus de la Republique et des idees liberales qui lui sont associees. Cependant, elles ne sont pas les seules. Les spectateurs peuvent, eux aussi, etre consideres comme des destinataires de ce message ideologique. Selon les annales, les parents et les ecclesiastiques constituent, ici, la majorite de l'assistance. Nous savons aussi que plusieurs des couventines sont presentes lors des spectacles realises par leurs camarades de classe. Tous ces spectateurs sont potentiellement influences par les pieces qui leur sont presentees. Comme l'affirment Laflamme et Tourangeau, l'enseignement par le theatre est certes moins rigoureux que celui donne en chaire, mais par les images penetrantes qu'il presente et les emotions qu'il suscite, il s'avere un outil pedagogique efficace (41). Dans les archives, les annalistes evoquent a de nombreuses reprises a quel point les pieces parviennent a rejoindre profondement les spectateurs. Elles mentionnent, par exemple, que <<l'ame se raffermira (42) >> devant les pieces, ou encore qu'elles laissent dans les <<ame[s] je ne sais quoi de pieuse, de consolant (43) >>. Lors de la representation en l'honneur des zouaves au Mont Sainte-Marie, le commentaire est moins lyrique, mais denote tout de meme la volonte d'impressionner les spectateurs, voire de les influencer: <<ce qui parut faire le plus d'impressions fUt un tableau vivant representant l'Eglise triomphante et l'Eglise militante (44) >>. Ces dites <<impressions>> sont recherchees et souhaitees.

Par le theatre, les filies des couvents Mont Sainte-Marie et Academie Saint-Denis, tous deux destines a la bourgeoisie montrealaise, sont directement mises en contact avec les idees politiques ultramontaines, qui insistent sur le danger potentiel que representeraient la Republique et les idees liberales. A l'instar des journaux, le theatre scolaire est un fer de lance--a plus petite echelle, bien sur--de l'ultramontanisme. Il exerce un role pedagogique en incarnant des dialogues flamboyants et en suscitant des emotions. Les filies n'etaient done pas en reste dans l'organisation de l'expedition des zouaves. Comme leurs pendants masculins, elles ont peutetre ete destinees a former une sorte d'elite bourgeoise canadienne-francaise. Chose certaine, elles ont participe a amasser de l'argent pour aider les zouaves dans leur expedition vers l'Europe.

Les spectacles au service du financement des zouaves

La Congregation de Notre-Dame, par ses spectacles contenant des representations theatrales, a contribue financierement a l'envoi des zouaves a la fin de la decennie 1860 (45). En effet, elle a amasse des fonds pour une expedition dont le financement allait se reveler un enjeu incontournable. Comme l'a demontre Rene Hardy dans son ouvrage Les zouaves, l'argent etait un probleme de taille pour l'instigateur du projet, Mgr Bourget.

Si au debut de l'entreprise, l'eveque etait persuade d'etre en mesure d'amasser l'argent necessaire--soit plus de 10 000 $ (46) pour le premier envoi--par l'entremise de quetes ordinaires et extraordinaires, l'objectif etait loin d'etre atteint quelques semaines avant le depart du premier contingent d'hommes, en fevrier 1868 (47). C'est ainsi que, le 15 janvier 1868, soit peu de temps avant le depart prevu, les filies du couvent Mont Sainte-Marie de Montreal organiseront un spectacle et ramasseront, pour la cause, vingt-cinq dollars (48). Quelques mois plus tard, en novembre 1868, l'Academie SaintDenis en organisera un a son tour afin d'amasser des fonds en vue de l'envoi d'un prochain detachement (49). L'eveque de Montreal y sera d'ailleurs present.

Ces deux spectacles melent plusieurs arts de la scene. Lors de la << Soiree musicale et litteraire au profit des zouaves pontificaux (50) >>, presentee au couvent Mont Sainte-Marie, une performance musicale precede la portion theatrale. La piece, qui ne porte pas de titre, se decline en quatre scenes : <<La colombe>>, <<The vision>>, <<Les gloires>> et <<Le triomphe>> (51). Selon les annales, le pape Pie IX est represente dans trois des quatre scenes. A l'Academie Saint-Denis, la soiree <<Etrennes aux Zouaves Pontificaux. Petite soiree presidee par Sa grandeur Mgr de Montreal (52) >> presente le drame <<L'etude et la sagesse preparent d'heureux jours (53) >> et le melodrame <<Une scene en Orient (54) >>. Le programme de la soiree comprend aussi, selon les annales, de la <<musique / [un] prologue / [un] tableau (55) >>.

Devant l'echec des quetes ordinaires et extraordinaires, Mgr Bourget a voulu accroitre la capacite du << reseau >> catholique montrealais a amasser des fonds. Pour ce faire, il realisa, entre autres, un appel a plusieurs institutions scolaires de la metropole afin de lever des fonds extraordinaires (56). Tous les eleves, garcons comme filies, sont sollicites, semble-t-il, de la meme facon (57). Nous pensons ainsi que les spectacles de la Congregation de NotreDame sont une reponse a cet appel. Cependant, connaissant les relations qu'entretiennent le haut clerge montrealais et le theatre, specialement le theatre feminin, n'est-ce pas contradictoire de l'encourager? Les propos de Mgr Fabre mentionnes plus haut sont, a cet effet, evocateurs. Le theatre scolaire feminin, meme pour une cause aussi sainte que la defense du pape, ne peut etre encourage.

Dans les faits, les eveques de Montreal n'ont pas tous entretenu la meme relation a l'egard du theatre scolaire. Mgr Bourget semble avoir ete relativement ouvert sur la question du theatre feminin dans les couvents de son diocese. A cette epoque, le theatre n'etait pas encore tres developpe dans la metropole (58) et il n'est done pas, au niveau scolaire, entache par la mauvaise reputation du theatre commercial. Meme au tournant des annees 1870, le theatre scolaire semble avoir garde ses gages de moralite face au passage de troupes de theatre professionnelles venues de l'etranger. Mgr Bourget affirme meme que ces dernieres <<doifvent] nous inspirer les craintes plus serieuses que si l'on nous annoncait une nouvelle apparition du cholera ou du typhus ou de ces affreux tremblements de terre (59) >>. L'eveque de Montreal utilise d'ailleurs, a quelques occasions, les talents des filies de la Congregation pour servir certaines causes qui lui tiennent a coeur. La cause des zouaves est l'une d'entre elles, mais il n'hesite pas a encourager la tenue de spectacles pour aider les victimes de l'incendie de 1866 a Quebec et financer la construction de la cathedrale Reine-du-Monde (60). Par sa volonte infaillible de soutenir la campagne des zouaves en Italie, Mgr Bourget a clairement cautionne la pratique theatrale a la Congregation, sans qu'il en soit l'unique responsable. Cependant, nous ne pouvons, a partir des sources, cerner l'influence precise de Mgr Bourget sur le theatre : est-ce que la demande pour ['organisation de spectacles theatraux etait clairement formulee ou est-ce que la congregation pouvait organiser le type de collecte de fonds qu'elle desirait? Du moins, nous remarquons que la pratique theatrale est moins utilisee pour des causes charitables reliees a des interets exterieurs aux couvents apres le depart de Mgr Bourget.

Sans renier l'influence du prelat sur la pratique theatre, il est certain que l'adhesion de l'opinion publique (61) pour la cause des zouaves a permis aux filies de discourir, sur une scene, de sujets politiques. Cette approbation tacite des elites canadiennes-francaises a tres certainement permis d'ouvrir un espace d'expression politique pour les filies. En effet, les pieces jouees a la Congregation traitaient majoritairement de sujets moraux ou religieux, et non de sujets politiques. De la dizaine de pieces politiques recensees dans les archives, la piece La Vierge Sauvera l'Eglise et la France, qui traite des mouvements revolutionnaires europeens au tournant des annees 1870, se demarque par son engagement vif et sans equivoque dans le debat.

La relation de Mgr Fabre--successeur de Mgr Bourget a partir de 1873 --avec le theatre scolaire feminin sera, toutefois, assez differente. Il entre en poste en pleine periode de croissance du theatre francophone montrealais et ses positions sur le theatre scolaire feminin en seront teintees. Des son arrivee, il interdit les representations theatrales devant un public exterieur aux couvents (62). Lorsque les filies se retrouvent sous les yeux de la foule, il s'agit, selon lui, d'<<un grand danger pour elles, une occasion de faire naitre dans les cceurs une ambition et une vanite qui peuvent amener les plus deplorables consequences (63) >>. Selon le discours sexiste du prelat, l'exposition des filies sur scene eveillerait chez elles une fierte nefaste et contre nature. La representation negative de la figure de l'actrice qui, dans le discours bourgeois, est associee a la figure de la prostituee est frequente et sousjacente aux propos de l'eveque. L'actrice, au meme titre que la prostituee, est une femme publique alors que la place des femmes devrait etre, selon ce discours, au foyer (64). Cette representation de l'actrice, a la fois femme galante dans la vie privee (65) et objet de tentation sexuelle sur scene, nuit a l'image et done a la pratique du theatre scolaire feminin. Ainsi, sous le mandat de Mgr Fabre, les filies ne peuvent pas, en principe, se presenter sur scene devant un public exterieur, meme pour lever des fonds pour des causes pieuses. Ce qui n'a toutefois pas empeche la Congregation de Notre-Dame, apres une pause de quelques annees suivant les premieres interdictions de l'eveque, de continuer a faire du theatre devant public. Les raisons sont multiples, mais nous pensons que la volonte d'eduquer les filies afin qu'elles soient conformes a l'ideal du genre feminin bourgeois de l'epoque fait partie de la reponse.

Que ce soit avant ou apres les interdictions de Mgr Fabre, l'inscription du theatre scolaire feminin dans le cadre de campagnes pour des causes charitables permet, en quelque sorte, de rendre acceptable une pratique qui reste problematique aux yeux de certains. Des representations theatrales seront tout de meme organisees puisqu'elles participent a l'accomplissement de la charite, une valeur definie comme particulierement feminine. Le theatre est non seulement une occasion de faire une bonne action, mais aussi une occasion d'inculquer des valeurs fondamentalement chretiennes qui produiront des femmes laiques conformes a leurs roles sociaux. Il permet de dire et d'inculquer aux filies ce qui sera attendu d'elles en tant que futures femmes lai'ques, tei que le don de soi ou la charite et, en meme temps, de bien leur montrer que l'intervention publique des femmes doit etre centree sur les actions qui permettent l'exercice de ces vertus feminines. Ainsi, l'implication des filies dans la campagne des zouaves s'inscrit dans la formation genree et chretienne recue dans les couvents.

Cet article, nous l'esperons, pourra permettre de questionner le role et la place des femmes dans la campagne des zouaves menee par Mgr Bourget. L'implication des sceurs de la Congregation et de leurs eleves demontre bien que la mobilisation a ete globale et ne saurait etre confinee strictement au genre masculin. Les hommes ont ete de tous les fronts, de l'organisation generale a la prise des armes. Seulement, les femmes ont aussi joue un role, tant sur le plan de la construction du mythe zouave qu'au plan du financement. Les sceurs ont bien demontre la capacite de la Congregation, en tant que membre du reseau catholique montrealais, de participer a la realisation d'un projet venant du haut clerge montrealais. Les filies, elles, ont joue pour amasser des fonds et, on peut le croire, ont ete influencees, tout comme leur public, par les idees ultramontaines. Enfin, a l'instar des garcons des colleges classiques qui ont ete conduits a defendre le pape et a incarner, par le fait meme, le role de soldat qui leur etait socialement attribue (66), les filies des couvents ont personnifie, sur scene, une facette de la representation de la femme bourgeoise.

Julie Plourde (1)

(1.) Julie Plourde consacre ses recherches au theatre scolaire feminin a la Congregation de Notre-Dame, l'une des plus importantes congregations enseignantes de l'histoire du Quebec. Dans son memoire de maitrise (histoire, Universite de Montreal), elle a demontre l'etendue de la pratique theatrale dans la region montrealaise et a detaille son interet pedagogique et fonctionnel. Depuis la fin de son parcours universitaire, elle enseigne l'histoire au collegial. L'auteure tient a remercier Etienne Guertin-Tardif pour ses commentaires ainsi qu'Ollivier Hubert pour son aide lors de la redaction de son memoire de maitrise.

(2.) Dans les archives de la Congregation de Notre-Dame, nous avons denombre trois spectacles traitant de mouvements revolutionnaires europeens. Deux d'entre eux, intitules <<Soiree musicale et litteraire au profit des zouaves pontificaux>> (Archives de la Congregation de Notre-Dame (ACND), Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 15 janvier 1868) et <<La Vierge Sauvera l'Eglise et la France>> (ACND, Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 2 fevrier 1871), ont ete respectivement presentes en janvier 1868 et en fevrier 1871 au Couvent Mont Sainte-Marie. Un autre, intitule <<Etrennes aux Zouaves Pontificaux. Petite soiree presidee par Sa grandeur Mgr de Montreal>>, a ete presente a l'Academie Saint-Denis en novembre 1868.

(3.) Le terme Risorgimento signifie, dans l'Italie du XIXe siecle, une resurgence d'une unite nationale perdue. Plus concretement, il regroupe les victoires des nationalistes italiens entre 1859 et 1870rassemblesautourduroidePiedmont-Sardaigne. L'unification italienne est completee par l'annexion de Rome en 1870.

(4.) La troisieme Republique francaise est proclamee a la suite de la guerre francoallemande (1870-1871) et de la capture de Napoleon III a Sedan. Elle survivrajusqu'en 1940.

(5.) Denyse BAILLARGEON, Breve histoire des femmes au Quebec, Montreal, Boreal. 2012, p. 67-68.

(6.) Rene HARDY, Les zouaves. Une strategie du clerge quebecois au XIX' siecle, Montreal, Boreal-Express, 1980, 314 p.

(7.) Julie PLOURDE, <<Un genre en construction: le theatre a la Congregation de Notre-Dame, 1850-1920>>, memoire de maitrise (histoire), Universita de Montreal, 2014, 132 p.

(8.) La pratique theatrale dans les couvents pour filies est parfois decrite comme inexistante (Danielle NEPVEU, <<Les loisirs educatifs>>, dans Micheline Dumont et Nadia Fahmy-Eid, Les couventines : l'education des filies au Quebec dans les congregations religieuses enseignantes, 1840-1960, Montreal, Boreal, 1986, p. 74) ou tres peu courante (Jean-Marc LARRUE, Le theatre a Montreal a la fin du XIX" siecle, Montreal, Fides, 1981, p.78).

(9.) Micheline DUMONT et Nadia FAHMY EID, Les couventines : l'education des filies au Quebec dans les congregations religieuses enseignantes, 1840-1960, Montreal, Boreal, 1986, 320 p.

(10.) Anne-Martin FUGIER, Comedienne : les actrices en France au XIXe siecle, Paris, Complexe, 2008, p. 351.

(11.) Nommer ici toutes les injonctions prononcees contre le theatre public dans la deuxieme moitie du XIXe siecle serait trap long. Nous pouvons toutefois mentionner que la premiere reprimande severe durant la periode a lieu sous MgrBourget, en 1859, et porte sur les troupes etrangeres, la pratique etant encore peu institutionnalisee et popularisee a Montreal (MBrBourget a son diocese, 21 juillet 1859, Mandements, Lettres pastorales, Circulaires et autres Documents publies dans le diocese de Montreal, voi. 4, p. 14). Plusieurs autres directives conseillant d'eviter les arts dramatiques suivront. Elles sont denombrees et analysees brievement dans Jean LAFLAMME et Remi TOURANGEAU, L'Eglise et le theatre au Quebec, Montreal, Fides, 1979, p. 119-217.

(12.) Mandements, Lettres pastorales, Circulaires et autres Documents publies dans le diocese de Montreal, voi. 10, p. 526-528.

(13.) Nous avons consulte les archives des institutions suivantes durant les periodes definies : celles du Mont Sainte-Marie de Montreal (1853-1920), de l'Academie Saint-Denis de Montreal (1861-1873), du pensionnat Sainte-Catherine / Academie Sainte-Catherine de la meme ville (1881-1897 et le 30 mai 1925), du couvent Notre-Damedu-Vieux-Moulin a Pointe-Claire (1891-1929), du Couvent Sainte-Famille a Boucherville (1849-1877), du couvent de la Congregation de Notre-Dame a Saint-Denis-sur-Richelieu (1897-1908 et 1914-1923), du couvent de la Mission de Chambly (1855-1912), du couvent de la Congregation de Notre-Dame a Terrebonne (1826-1893), du couvent de la Congregation de Notre-Dame a Sainte-Therese-de-Blainville (1875-1887) et celle du couvent Villa-Maria (1873-1920).

(14.) Le drame ne correspond pas ici a la forme classique, regroupant la comedie et la tragedie. A la Congregation de Notre-Dame, les drames se caracterisent surtout par le traitement d'un sujet serieux.

(15.) Par ailleurs, sur l'ensemble des pieces et scenes presentees, une ecrasante majorite, 255, n'est pas identifiable pour le moment. Nos sources principales, les annales, ne mentionnent souvent que le titre d'une scene ou d'une piece presentee. Parfois, le sujet est done bien difficile a cerner. Il existe sans doute une distorsion dans les donnees parce que certains sujets, comme les sujets historiques ou politiques, sont plus faciles a reperer grace a leur titre evocateur.

(16.) Il nous est difficile de saisir, avec exactitude, la proportion de seances presentee devant public. Les annales ne mentionnent pas toujours la composition du public et lorsqu'elles le font, nous ne pouvons pas etre certains de l'exactitude de l'enumeration. La personnalite de l'annaliste peut aussi avoir joue sur la surrepresentation ou l'absence de notes sur les pieces de theatre.

(17.) Anne PIEJUS, Le theatre des demoiselles : tragedie et musique a Saint-Cyr a la fin du grand siecle, Paris, Societe francaise de musicologie, 2000, p. 578.

(18.) Marie-Eve HARBEC, <<L'education "ideale" dans un monde "ideal" : le Dunham Ladies' College / St. Helen's School et l'elite anglicane du diocese de Montreal (1870-1930)>>, memoire de maitrise (histoire), Universite McGill, 2001, p. 49.

(19.) A. PIEJUS, Le theatre des demoiselles, p. 578.

(20.) ACND, Depliant de la representation d'Esther, Couvent Villa-Maria, 1925.

(21.) ACND, Depliant de la representation d'Esther, Couvent Villa-Maria, 1925.

(22.) ACND, Annales, Academie Saint-Denis, 7 decembre 1865.

(23.) ACND, Annales, Couvent de la Congregation de Notre-Dame Saint-Denis sur Richelieu, 25 novembre 1902.

(24.) ACND, Annales, Academie Saint-Denis, 27 decembre 1865.

(25.) Nous avons precise la nature de ces objectifs pedagogiques et materiels dans J. PLOURDE, <<Un genre en construction>>.

(26.) Nive VOISINE et Jean HAMELIN, Les ultramontains canadiens-francais, Montreal, Boreal, 1985, p. 80.

(27.) La CND, eontrairement aux Ursulines de Quebec, est fondee en principe afin de fournir une scolarita aux milieux modestes (Guy LAPERRIERE, Histoire des communautes religieuses au Quebec, Montreal, VLB, 2013, 331 p.). Cependant, au debut de notre periode d'etude, elle commence a se diversifier et a offrir ses services aux elites montrealaises. Elle cree alors des institutions de prestige. Ces pensionnats montrealais, Villa-Maria, Mont Sainte-Marie et l'Academie Saint-Denis ouvrent leurs portes au cours de la decennie 1850 et au tout debut des annees 1860. Voir: Micheline DUMONT, Les religieuses sont-elles feministes ?, Montreal, Editions Bellarmin, 1995, p. 69 et <<Montreal, Croire et Vouloir>>, Congregation de Notre-Dame, [en ligne] http://www.archivesvirtuelles-cnd.org/albumdesecoles/provinceduquebec/montreal (consulte le 24 mai 2017).

(28.) Rene HARDY, <<Preface>>, dans Jean-Philippe Warren (dir.), Les soldats du pape, Quebec, Presses de l'Universite Lavai, 2014, p. XVI.

(29.) R. HARDY, Les Zouaves, p. 21.

(30.) R. HARDY, Les Zouaves, p. 22.

(31.) R. HARDY, Us Zouaves, et Jean-Philippe WARREN (dir.), Us soldats du pape, Quebec, Presses de l'Universite Laval, 2014, 164 p.

(32.) R. HARDY, Us Zouaves, p. 19.

(33.) Nos recherches sur les episodes durant l'annee scolaire qui ont ete les plus prolifiques en matiere de theatre scolaire, novembre et mars, ainsi que plusieurs mentions dans les annales faisant l'objet de repetitions, nous amenent a penser que le theatre a la Congregation faisait l'objet d'une preparation et d'une organisation prealable. Les pieces n'etaient done pas simplement lues sur scene dans une absence de mise en scene.

(34.) ACND, Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 2 fevrier 1871.

(35.) ACND, Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 2 fevrier 1871.

(36.) Au moment de la presentation de la piece, les Etats pontificaux et Rome ont ete conquis par les chemises rouges de Garibaldi et le gouvernement francais de Napoleon III est tombe a la suite de sa defaite a Sedan. En France, la troisieme Republique est installee depuis septembre 1870.

(37.) N. VOISINE et J. HAMELIN, Les ultramontains canadiens-francais, p. 74.

(38.) ACND, Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 2 fevrier 1871.

(39.) Danielle MILLER-BELAND et Jean-Philippe WARREN, << La poesie au service des zouaves pontificaux canadiens>>, dans Jean-Philippe Warren (dir.), Les soldats du pape, Quebec, Presses de l'Universite Laval, 2014, p. 118.

(40.) ACND, Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 2 fevrier 1871.

(41.) J. LAFLAMME et R. TOURANGEAU, L'Eglise et le theatre, p. 54.

(42.) ACND, Annales des enfants de Marie, Couvent de la Congregation de NotteDame de Sainte-Therese-de-Blainville, 8 fevrier 1876.

(43.) ACND, Annales des enfants de Marie, Couvent de la Congregation de NotreDame de Sainte-Therese-de-Blainville, 8 fevrier 1876.

(44.) ACND, Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 15 janvier 1868.

(45.) Nous nous rappellerons qu'en cette fin de XIXC siecle, 350 garcons se sont mobilises pour aller defendre le pape (Bruno DUMONS et Jean-Philippe WARREN, <<Une histoire transnationale du catholicisme>>, dans Jean-Philippe Warren (dir.), Les soldats du pape, Quebec, Presses de l'Universite Laval, 2014, p. 1). Rome etait, a la fin de la decennie 1860, entouree par les revolutionnaires italiens qui voulaient prendre la ville afin d'en faire la capitale de la nouvelle entite nationale, l'Italie.

(46.) R. HARDY, Les Zouaves, p. 203.

(47.) R. HARDY, Les Zouaves, p. 205.

(48.) ACND, Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 15 janvier 1868.

(49.) ACND, Annales, Academie Saint-Denis, novembre 1868.

(50.) ACND, Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 15 janvier 1868.

(51.) ACND, Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 15 janvier 1868.

(52.) ACND, Annales, Academie Saint-Denis, novembre 1868.

(53.) ACND, Annales, Academie Saint-Denis, novembre 1868.

(54.) ACND, Annales, Academie Saint-Denis, novembre 1868.

(55.) ACND, Annales, Academie Saint-Denis, novembre 1868.

(56.) R. HARDY, Les Zouaves, p. 206.

(57.) R. HARDY, Les Zouaves, p. 207.

(58.) Andre-Gilles BOURASSA et at.. Le theatre au Quebec, 1825-1980. Reperes et perspectives, Montreal, VLB editeur, 1988, p. 31.

(59.) <<Circulaire de Mgr l'eveque de Montreal contre le theatre>>, 29 aout 1868, Mandements, Lettres pastorales, Circulaires et autres Documents publies dans le diocese de Montreal, vol. 5, p. 369.

(60.) ACND, Annales, Aeademie Saint-Denis, 24 fevrier 1870 et 6 fevrier 1871 et ACND, Annales, Couvent Mont Sainte-Marie, 30 octobre 1866.

(61.) R. HARDY, Les Zouaves, p. 104-105.

(62.) <<Nous desapprouvons toutes ces fetes, ces solennites, ces demonstrations publiques, dans lesquelles vos jeunes eleves viennent etaler sous les yeux de la foule leur habilite et leurs talents. Nous y voyons un grand danger pour elles, une occasion de faire naitre dans les coeurs une ambition et une vanite qui peuvent amener les plus deplorables consequences. Pour eviter ce danger, nous defendons dans tous les Couvents toute seance publique, toute espece de drames, de tableaux vivants et autres moyens de mettre en scene les jeunes personnes.>>; <<Lettre pastorale de Monseigneur Edouard Charles Fabre, eveque de Montreal, sur l'education des jeunes filies>>, 12 mai 1877, Mandements, Lettres pastorales, Circulates et autres Documents publies dans le diocese de Montreal, voi. 9, p. 71.

(63.) << Lettre pastorale de Monseigneur Edouard Charles Fabre, eveque de Montreal, sur l'education des jeunes filies>>, 12 mai 1877, p. 71.

(64.) A.-M. FUGIER, Comedienne : les actrices en France, p. 351.

(65.) A.-M. FUGIER, Comedienne : les actrices en France, p. 323-324.

(66.) Ollivier HUBERT, <<Des jeunes gens bien comme il faut>>, dans Jean-Philippe Warren (dir.), Les soldats du pape, Quebec, Presses de l'Universite Lavai, 2014, p. 24.
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Title Annotation:Ignace Bourget
Author:Plourde, Julie
Publication:Historical Studies
Article Type:Essay
Date:Jan 1, 2019
Words:6102
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