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Problematique de la compensation.

Cas des farines subventionnees

La problematique de la subvention des produits de base demeure aujourd'hui une des preoccupations majeure des acteurs politiques, de la societe civile et des citoyens, en particulier depuis qu'il a ete mis en exergue sa suppression et sa substitution par le ciblage ou ce qui est convenu d'appeler desormais [beaucoup moins que]le ciblage des populations beneficiaires ou l'octroi d'une subvention directe[beaucoup plus grand que], c'est-a-dire l'attribution d'une retribution mensuelle a une categorie de population pauvre selectionnee, comme il est avance, sur la base d'un certain nombre de criteres definis par les pouvoirs publics.

En realite la finalite de cette demarche, selon ses ardents defenseurs, n'est autre que la realisation des equilibres financiers et l'allegement des charges [beaucoup moins que]grevant[beaucoup plus grand que] le budget de l'Etat.

En fait, la prise de telles mesures porterait fatalement atteinte au pouvoir d'achat des populations economiquement defavorisees et nuirait a la cohesion sociale qui est d'ailleurs tres fragile.

Le traitement de ce dossier, vu sa sensibilite, requerrait sagesse et clairvoyance et necessiterait la mise en place, de maniere progressive, d'une reforme adequate et non l'option pour une solution precipitee et brutale a savoir la suppression de la compensation dont les consequences ne sont nullement previsibles.

Le cas de la farine s'apprete parfaitement a cette reforme progressive. Il y a lieu de relever, d'abord, que la subvention des farines ne represente que 6% de l'enveloppe globale de la subvention qui a atteint, independamment des arrieres, 51,8 milliards de dirhams en 2011 (Rapport du conseil de la concurrence 2012).

La demarche consisterait, en priorite a eradiquer l'economie de rente qui ronge ce systeme de compensation de la farine nationale de ble tendre, en veillant a pallier les dysfonctionnements decoulant de celui-ci, tout en preservant le pouvoir d'achat des citoyens.

En fait, notre intention n'est nullement de soulever, dans cet article, les differentes theses inherentes a la compensation ni d'evoquer les differentes approches mises en vogue pour le maintien de la cohesion sociale, mais surtout de contribuer au debat mis sur la place publique, a differentes occasions, au sujet de cette reforme, en soumettant aux decideurs quelques suggestions visant l'assainissement du systeme de compensation des farines pour soulager la charge budgetaire d'une part, et l' attribution desdites farines aux populations et aux centres necessiteux d'autre part. Ces mesures sont de quatre ordres.

Premierement, la reduction du contingent des farines subventionnees fixe initialement a 10 millions de quintaux (1988) est possible. Cette baisse pourrait intervenir immediatement et ne porterait, sans crainte, pas atteinte a l'equilibre de l'approvisionnement du pays en cette denree. D'ailleurs, le contingent de cette farine mis sur le marche est actuellement d'environ 9 millions de quintaux, soit une baisse d'un million de quintaux operee entre 2008 et 2010. Cette diminution effectuee, en douce, n'a nullement perturbe le marche des farines, elle n'a meme pas ete perceptible. Il est releve, aussi, que cette farine est peu consommee dans les centres urbains. Le processus qui a ete commande par le gouvernement sur la cohesion sociale et la stabilite des prix propose la reduction du contingent de la farine nationale de ble tendre subventionnee de 2,5 millions de quintaux sans pour autant toucher le contingent des farines subventionnees destinees aux provinces sahariennes.

Deuxiemement, le redeploiement des quantites non consommees au niveau des centres urbains vers les centres ruraux et les provinces veritablement necessiteuses pourrait contribuer, egalement, a la reparation des dysfonctionnements grevant ce systeme de compensation de la farine nationale de ble tendre et d'assurer plus d'equite dans la repartition de ce contingent.

En outre, et troisiemement, le lancement de la concurrence entre les moulins en activite (environ 140 unites) pour la fabrication desdites farines, par le biais d'appels d'offres, apporterait davantage de transparence a ce systeme et realiserait sans doute des economies notamment en matiere de transport des farines et dans la gestion de la subvention qui demeure aujourd'hui opaque et apparaEt complexe.

Enfin, la selection des commercants en farines charges de la distribution de cette farine aux centres beneficiaires designes par les autorites, selon un cahier de charges comportant des criteres preetablis transparents pour eviter toute connivence, eventuelle, entre les differents intervenants au lieu et place du systeme en vigueur confiant aux minotiers le choix de ces commercants, au nom de la liberte de commerce, est susceptible de faciliter le controle des circuits et des canaux de distribution de cette denree. Cette mesure limiterait, sans doute, cette atomicite de commercants en farines dont le nombre est chiffre par milliers approvisionnant plus de 1500 centres urbains et ruraux. Elle aiderait a combattre la pratique de speculation en la matiere.

En ce qui concerne les farines libres destinees a la panification, le systeme en vigueur, garantissant la vente de la farine de luxe a 350 dirhams le quintal afin de maintenir le prix de la baguette de 1,20 dirham, demeure a notre sens viable dans les conditions actuelles du marche et dans la mesure oE ces prix font l'objet d'accords de moderation signes conjointement et annuellement entre les pouvoirs publics et les professionnels du secteur.

Par ailleurs, la reforme du systeme de compensation ne doit nullement faire oublier aux pouvoirs publics, afin de se liberer de la dependance au marche international et ses fluctuations, en ce qui concerne l'approvisionnement du pays en cereales, de mettre en oeuvre une strategie visant la realisation de l'autosuffisance en ces denrees. Actuellement, le Maroc a importe, entre 2007 et 2012, en moyenne, et selon les chiffres de l'ONICL, 57 millions de quintaux en cereales (ble tendre, ble dur, orge et mais), toutes cereales confondues, pour repondre aux besoins interieurs.

En outre, il demeure imperatif pour le Gouvernement d'oeuvrer, parallelement a la reforme du systeme de compensation, a la mise en place d'une strategie de developpement economique et social du pays, la seule option valable s'il veut atteindre vraiment un deperissement programme dudit systeme.

En realite, la reforme du systeme de compensation ne doit pas etre l'oeuvre du gouvernement tout seul. Elle doit avoir l'adhesion de tous les acteurs, politiques et economiques, et faire l'objet d'un consensus national scelle par toutes les parties concernees a savoir le gouvernement, les partis politiques, les institutions publiques competentes et les professionnels.

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Publication:Al Bayane (Al Dar Al Bayda', Morocco)
Date:May 8, 2013
Words:1050
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