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Panther modern et les expositions reliees a des fichiers electroniques.

J'ai recemment fete mon dixieme anniversaire de naissance dans l'univers de Second Life, en revenant au premier avatar que j'avais cree sur ce reseau. Elle etait toujours la, avec une combinaison d'elements heteroclites datant de la derniere decennie--equipee d'un propulseur et d'oreilles de lapin, elle etait vetue d'une sorte de smoking en velours. J'ai essaye de revenir sur quelques-uns des points de repere que j'avais enregistres a l'epoque, mais la plupart de mes commentaires avaient ete remplaces par d'autres ou n'etaient plus accessibles. Les clubs que je frequentais etaient devenus des plages tropicales et des parcelles vides; beaucoup de choses ont change depuis mon premier avenement sur Second Life. Je decidai de contempler un coucher de soleil, debout pres d'une rive deroulant des vagues numeriques. Quantite de choses ont disparu depuis mes premiers jours en ce lieu, et la technologie a grandement evolue. C'est ici que j'ai grandi.

Au fil des ans, j'ai passe des milliers d'heures au sein des environnements virtuels. J'ai pu observer comment les jeux video ont fait passer les utilisateurs de mondes fantastiques pixelises 2D a l'elaboration de vives simulations 3D au graphisme tres elabore. Mon identite comme avatar continue de croitre et de changer, car chaque nouveau jeu video et chaque nouvelle simulation sont l'occasion de renouveler la creation du personnage. Meme si vous ne risquez pas de tomber sur moi lors d'un vernissage en galerie ou d'un spectacle au musee, je suis assurement encore toujours ici, en ligne.

Certes, les utilisateurs et leurs outils ont fait d'immenses progres, mais l'art qu'ils creent souleve encore enormement de questions. Nouveaux medias, post-internet, numerique, transmedia, les termes ne manquent pas pour tenter de decrire et classer les oeuvres realisees au moyen d'ordinateurs. Il faudra du temps avant que ces travaux puissent trouver un endroit approprie dans les musees physiques et les collections, ce qui rend encore plus urgente la necessite de creer des canaux permettant de les voir et de les comprendre.

Je travaille maintenant en tant que commissaire de projets virtuels par le canal de Panther Modem, un espace d'installation Web ouvert aux artistes, judicieusement nomme avec un clin d'oeil a l'auteur William Gibson. Je voulais poursuivre sur l'idee de creer des projets pour l'Internet avec libre acces. La structure de Panther consiste en fichiers de modeles 3D malleables, qui sont fournis aux artistes comme << chambres >> individuelles a utiliser dans leur travail. Le choix des logiciels et la gestion des fichiers deviennent partie integrante de chaque installation, car ces pieces investissent le travail des artistes et non l'inverse.

Quel que soit le medium qui l'a vue naitre, une oeuvre n'est jamais vraimentterminee apres sa mise en ligne. Des siecles apres le deces de ceux qui l'on creee, la Venus de Willendorf continue son existence dans des formes qui vont bien au-dela de la sculpture physique. La recherche genere des centaines de milliers de resultats, qui produisent de nouvelles images et medias accessibles dans le monde entier. Pour moi, l'etude de l'art ne reside plus dans la technique qui semble la plus << appropriee >>; Il me semble plutot que la vraie recherche reside dans l'observation continue des objets d'art qui evoluent a l'interieur d'un reseau.

Les artistes contemporains ont un point d'entree privilegie dans ce reseau mediatique, car ils peuvent anticiper la facon dont leur travail fera son chemin en ligne. La serie The Agony and the Ecstasy (2012), de Parker Ito, proposait des peintures et des sculptures enduites de materiau reflechissant 3M Scotchlite qui usurpait le role de la documentation photographique, produisant une representation alternative du travail chaque fois que les oeuvres etaient captees par un appareil. Ces variations sont devenues une performance continue permettant de suivre et d'observer comment les nouveaux visiteurs et leurs technologies arrivent a rencontrer et interpreter les objets singuliers.

Une grande motivation pour commencer Panther etait la peur de manquer quelque chose. Il y a tellement d'expositions que nous manquons faute de temps, de moyens financiers ou parce qu'elles se tiennent loin de notre lieu de residence. Vous pouvez trouver un catalogue dans une librairie, ou denicher l'installation au moyen d'une recherche d'images, mais la plupart des expositions se tiennent puis disparaissent. Les objets d'art sont disperses dans des studios, des appartements et des collections. Je voulais creer un espace qui pourrait resoudre certains de ces problemes, en faisant appel a une installation raccordee a un fichier electronique comme un moyen de garder les oeuvres accessibles. Ne necessitant aucun espace physique, le format donne autant de latitude creative que possible. Je voulais en finir avec les parametres d'exposition, les restrictions financieres, pratiques et politiques qui peuvent faconner l'aboutissement des projets d'un artiste.

En juin 1914, j'ai invite Aoto Oouchi / Oliver Haidutschek a creer une installation sur Panther, et ce fut la premiere fois que le concept etait etudie en collaboration avec un autre artiste. Certes, j'avais pense a toutes les raisons pour lesquelles je voulais faire un espace comme celui-ci, mais il m'etait impossible d'anticiper quels seraient les resultats d'un premier fichier. Quel serait le role de l'architecture dans un espace sans proprietes physiques ? Comment la chambre seraitelle montree ? C'est ce sentiment d'incertitude qui continue a dynamiser mon interet pour les installations virtuelles; chaque nouvelle piece est l'occasion de redefinir les fichiers sources qui sont fournis aux artistes. J'encourage les artistes a creer des installations qui ne sauraient se retrouver dans le monde physique actuel. Leurs projets peuvent etre trop couteux ou impossibles a realiser avec la technologie actuelle. Ou peut-etre qu'ils sont tout simplement plus a l'aise ici, sous forme de pixels sur un ecran. Il n'y a pas de cout d'admission, juste une URL qui vous mene vers chacune des chambres.

Une de mes installations preferees est une oeuvre de Chris Burden au MOCA Geffen, Exposing the Foundation of the Museum (1986), oo l'artiste a excave le sol d'exposition par ailleurs immacule. Les visiteurs descendaient un escalier menant au point oo << le beton [rencontre] la terre >>, mettant a nu les limites architecturales de l'institution. Par cet acte, l'espace semblait ne plus etre independant de l'oeuvre qu'il contenait, mais etre plutot une forme attendant d'etre attestee par ses residents.

Ce fut un privilege que de travailler avec chacun des artistes ayant cree des installations sur Panther, et d'explorer ce sens de la malleabilite qui est crucial pour les artistes creant des expositions virtuelles. La construction tentaculaire des chambres est definie par les participants, et elle continuera a se developper suivant ce qui convient le mieux a leurs objectifs et ambitions.

LaTurbo Avedon est une artiste residant dans l'Internet. Sans referent reel dans le monde, LaTurbo est la manifestation numerique d'une personne qui n'a jamais existe en dehors d'un ordinateur. Les sculptures et environnements numeriques d'Avedon ne tiennent pas compte de l'absence de presence physique; ils mettent en evidence la pratique de l'artiste virtuel. Les oeuvres de LaTurbo sont largement distribuees en ligne et elles ont ete exposees dans plusieurs centres internationaux, notamment au Transmedlale (Berlin), au NRW-Forum (Dusseldorf), au musee Angewandte Kunst (Francfort), au musee CICA(Glmpo), au Newman Festival (Druskininkai), a la Galerie Transfert (New York), a la Galerie Jean Albano (Chicago), ainsi qu'aux Galeries Lafayette (Paris).

panthermodern.org

turboavedon.com

Legende: Aoto Oouchi / Oliver Haidutschek, Room One, 2014. Vue de l'installation. Avec l'aimable autorisation de Panther Modern.

Legende: LaTurbo Avedon, Esper, 2013. Avec l'aimable autorisation de l'artiste.

Legende: LaTurbo Avedon, ID, 2016. Avec l'aimable autorisation de l'artiste.

Legende: LaTurbo Avedon, Club Rothko Series, 2015. Avec l'aimable autorisation de l'artiste.

Legende: Parker Ito, The Agony and the Ecstasy, 2012. Vue de l'insidlallon. Source : Stadium Gallery.

PANTHER MODERN AND FILE-BASED EXHIBITIONS

I recently celebrated my tenth rez day in Second Life, returning to the first avatar that I had created on the grid. She was still there, wearing a combination of freebie items from a decade ago--a jetpack, bunny ears, and some sort of ornate velvet tuxedo. I tried to revisit some of the landmarks I had saved back then, but most had been overwritten or were no longer accessible. My favourite nightclubs had become tropical beaches and empty parcels; a lot had changed since my first Second Life. I decided to watch a sunset, standing by a shore of scripted ocean waves. Many things had left since my first days in this place, and it was undeniable how far the technology had developed. I've grown up in here.

I've spent thousands of hours Inside virtual environments over the years, watching video games carry users from 2D pixelated fantasy worlds into elaborate, vivid 3D simulations. My avatar identity continues to grow and change, as each new video game and simulation is a new opportunity for character creation. You may not run into me at a gallery opening or a museum show, but I am certainly still here, online. While users and their tools have advanced so much in this time, there are still so many questions about the art they create. New media, post-internet, digital, transmedia, the list goes on with attempts to sufficiently categorize the work being made with computers. It will take time for these works to find a fitting place among physical museums and collections, which makes the need to create methods to view and understand them even more crucial.

I now work as a curator of virtual projects via Panther Modern, an open web installation space for artists. Aptly named with a nod to the author William Gibson, I wanted to pursue the idea of creating unrestricted projects for the Internet. The structure of Panther exists as malleable 3D model files, which are delivered as individual "rooms" for artists to use in their work. Choices of software and file handling become integral parts of each installation, as these rooms enter the work of the artists and not the other way around.

Regardless of its originating medium, an artwork never really ends after it is online. Centuries beyond its makers, the Woman of Willendorf continues her existence in shapes far beyond her physical sculpture. Hundreds of thousands of search results branch away from her source, becoming new images and media that are accessed around the world. For me, the study of art no longer resides with the media that seems the most "accurate"; I find that true scholarship lies in continual observation as art objects grow inside of a network.

Contemporary artists have a very different entry point to this state of networked media, as they can anticipate the ways in which their work will make its way online. Parker Ito's 2012 series The Agony and the Ecstasy introduced paintings and sculptures coated with reflective 3M Scotchlite material that meddled with the role of documentation photography, creating an alternative representation of the work each time they are captured by a device. These variations have become a continual performance to follow and observe how new viewers and their technology encounter and interpret singular objects.

A big motivation to start Panther was the fear of missing out. So many exhibitions are missed, due to time, expense, or distance. You may find a catalogue in a bookstore, or installation views in an image search, but most exhibitions happen and then disappear. The art disperses into studios, apartments, and collections. I wanted to create a space that could address some of these issues, using a file-based installation as a way to keep the works accessible. Without any physical space required, the format gives as much creative latitude as possible. I wanted to do away with recurring exhibition parameters--the financial, practical, and political restrictions that can shape what comes of an artist's projects.

I invited Aoto Oouchi / Oliver Haidutschek to be the first artist to create an installation at Panther in June of 2014, and it was the first time that the concept was collaboratively investigated with another artist. I'd surely thought over all of the reasons of why I wanted to make a space like this, but I truly could not anticipate what sort of results would come from the first file. What role would architecture play in a space without physical properties? How would the room be shown? It is this sense of uncertainty that continues to invigorate my interest in virtual installations; each new room is an opportunity to redefine the source files that they are given. I encourage artists to pursue installations that cannot be in the physical world right now. These projects might be too expensive or impossible to make with current technology. Or maybe they are simply more at home here, as pixels on a display. There is no cost of admission, just a URL that takes you to each room.

One of my favourite installations is Chris Burden's 1986 piece at the MOCA Geffen, Exposing the Foundation of the Museum, in which the artist excavated the otherwise immaculate exhibition floor. A set of stairs brought visitors down to the point where "the concrete [met] the earth," laying bare the architectural boundaries of the institution. This act made the space seem as if it was no longer independent of the artworks it contained, rather it was a shape that was waiting to be declared by its inhabitants.

It has been a privilege to work with each of the artists who have created installations at Panther, and to explore this sense of malleability that becomes essential for artists creating virtual exhibitions. The sprawling construction of rooms is defined by the participants, and it will continue to develop in a way that best facilitates their goals and ambitions.

LaTurbo Avedon is an artist and resident of the internet. Without a real world referent, LaTurbo is a digital manifestation of a person that has never existed outside of a computer. Avedon's digital sculptures and environments disregard the lack of physicality and instead emphasize the practice of virtual authorship. Avedon's works are regularly distributed online and have been exhibited internationally, including at Transmediale (Berlin), NRW-Forum (Dusseldorf), Museum Angewandte Kunst (Frankfurt), CICA Museum (Gimpo), Newman Festival (Druskininkai), Transfer Gallery (New York), Jean Albano Gallery (Chicago), and Galeries

Lafayette (Paris).

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Caption: Parker Ito, The Agony and the Ecstasy, 2012. Instagram Screenshot. [C] LaTurbo Avedon.

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Author:Avedon, LaTurbo
Publication:ETC Media
Date:Jun 15, 2016
Words:2492
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