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POUR UNE METHODE DIALECTIQUE ET EXPLORATOIRE: DE LA SEMIOTIQUE GENERATIVE A LA SEMIOTIQUE QUANTIQUE.

Introduction

Pour elaborer son systeme theorique, la semiotique generative post-greimassienne, lorsqu'elle s'applique aux textes litteraires, se base principalement sur deux operations: la presupposition logique, ainsi que le point de vue ascendant ou descendant du texte (Fontanille, 1998). La methode utilisee est donc soit deductive, laquelle consiste a formuler une hypothese, des regles de production pour en deduire ensuite des applications dans la realite discursive (textes, discours, etc.), soit inductive, qui consiste a partir de l'observation, de l'experience, pour elaborer ensuite des concepts, des theories. Ces methodes scientifiques reposent toutes deux sur un axiome precis: l'existence de structures semionarratives sousjacentes au discours qui traduisent un phenomene majeur, la narrativite. En d'autres termes, soit on part des structures manifestes pour arriver a des exemples precis dans la manifestation textuelle, soit, a l'inverse, on part du discours pour remonter vers les structures determinees. Les modeles theoriques obtenus sont donc hierarchiquement logiques et s'appliquent alors de maniere tensive (Fontanille et Zilberberg, 1998), en partant de la structure elementaire et profonde vers les structures les plus complexes et superficielles. La semiotique fontanillienne s'inspirerait ici, sur le plan scientifique et epistemologique, des modeles biologiques qui expliquent la formation de la matiere du vivant a partir de minimas genetiques qui, organises premierement en structures simples, permettent apres-coup d'aboutir a des formes d'une grande complexite et d'une grande diversite. Mais, dans ces conditions, si la semiotique generative pose bien le probleme des conversions, d'un point de vue dynamique, d'un niveau a l'autre (Fontanille, 2001), la methode utilisee ne rend pas compte, en revanche, alors qu'elle s'inscrirait bien dans les sciences du vivant, de ce que l'on pourrait appeler la vivance du discours en acte mis en avant, comme une intuition du devenir de la semiotique, par Jacques Fontanille (Fontanille, 1998), discours qui se comporterait comme un objet modele, forme par plusieurs phenomenes participatifs, sensibles, voire physiques. La methode ne prend pas non plus en charge les elements dits hors systemes qui echappent aux structures et qui pourtant participent du phenomene global et majeur du mecanisme de la signification (Lotman, 1973). La methode qui permettrait de prendre en charge ces phenomenes devrait suivre deux axes interdependants. Preconisee par Platon en philosophie pour acceder a la veracite, elle se voudrait d'abord dialectique. Elle fait dialoguer ainsi, tout en confrontant les points de vue epistemologiques, la semiotique moderne avec les poles scientifiques qui la structurent et l'alimentent: les sciences de la nature--il sera question du courant cognitiviste--et les sciences de la culture--avec la semiotique bakhtinienne. Elle debouche alors sur une importation de concepts phares comme la complementarite--les phenomenes connexes sont non contradictoires (Bohr, 1961)--ou le dialogisme--les systemes sont interdependants et disposes de maniere heterarchique (Lotman, 1970 et Rastier, 1989). Ensuite, la methode se voudrait exploratoire et repose sur l'axiome suivant: pour que le sens se manifeste, on postule que des elements aleatoires, accidentels (Landowski, 2006) et non necessairement logiques et systemiques surviennent. En ce sens, la methode exploratoire, qui prolonge la methode dialectique, s'ouvre alors a une semiotique dite quantique (Rosensthiel et Fabbri, 1985) qui prend en charge les operations non algorithmiques et les phenomenes semiotiques de la marge. Cette methode, duale, interroge les fondamentaux deterministes (Thom, 1990) de la semiotique structurale classique et aboutit, dans le domaine de l'espace en litterature particulierement, a des modeles nouveaux, dynamiques et des configurations originales qui rendent compte de la complexite du proces semiotique, proteiforme, et des formes de la matiere signifiante, singuliere et hybride. L'article suit ainsi un plan en deux parties correspondant aux deux aspects de la methode proposee pour etudier le proces semiotique: le premier chapitre aborde les apports de la methode dialectique tandis que le second traite des consequences de la methode exploratoire.

1. La methode dialectique preconisee par Platon: vers un depassement des contradictions epistemologiques

1.1 Methode dialectique: definition et enjeux

Il s'agirait ici de penser dans la contradiction, d'evaluer deux courants scientifiques qui ont alimente la semiotique greimassienne dans le domaine de l'espace notamment: la semiotique dialogique bakhtinienne et les sciences cognitives, et plus exactement la linguistique cognitive chez Lakoff et Johnson, si l'on considere leurs travaux d'origine (Lakoff et Johnson, 1980). Pour ce faire, l'auteur se propose de penser ces etudes a travers l'epistemologie greimassienne, de maniere dialectique, afin d'acceder, comme le preconisait Platon, a certaines donnees relevant du domaine du vrai. La verite serait en effet accessible par une methode dite dialectique en ce sens qu'elle confronte, qu'elle fait dialoguer, tout en les evaluant--la dialectique est alors une forme de dialogisme--des disciplines, des faits, des phenomenes apparemment contradictoires pour determiner en substance la vraie nature des choses apres avoir depasse les points de vue vers une synthese dite integrative. La methode dialectique developpee ci-dessous permettrait alors d'aboutir a d'autres modeles de signification, ouverts et dynamiques.

1.2 Application a la semiotique dialogique bakhtinienne et a la semiotique greimassienne

L'auteur se propose d'appliquer la methode dialectique en analysant la theorie du chronotope, ce qui peut sembler legerement retrograde au regard des etudes modernes realisees dans le domaine de l'espace et du temps. Mais ce concept qui reunit les dimensions spatiale et temporelle, si on le confronte bien a l'epistemologie greimassienne, permet, apres avoir leve une aporie manifeste, d'aboutir a des modeles espace-temps operationnels et explicatifs de la production du sens au sein des textes litteraires. En effet, Bakhtine precise en amont que le temps est premier, dans la theorie generale de la signification, a partir duquel survient, apres-coup, l'espace puis les valeurs abstraites. Or, dans la theorie greimassienne, le temps et l'espace sont relegues majoritairement aux structures superficielles: ce qui est premier, ce sont les categories abstraites organisees au sein d'une structure elementaire traduite par le carre semiotique. Ainsi, en confrontant les deux theories, on aboutit a des contradictions manifestes, puisque les memes categories sont organisees differemment: en effet, d'un cote, les categories spatio-temporelles sont exclusivement fondamentales et les valeurs secondes, superficielles; de l'autre, les categories valeurs sont fondamentales et les categories spatio-temporelles, superficielles. Le premier reflexe theorique serait de declarer les theories incompatibles, l'un rejetant l'autre sur le plan epistemologique, et les contradictions etant trop importantes. Mais precisement, a partir de la dialectique ouverte entre les deux champs theoriques, ces contradictions peuvent etre levees en ouvrant les modeles pour en creer d'autres, plus globaux, plus generaux, qui sont presentes ci-dessous.

Le premier mouvement serait alors de distinguer deux dimensions de l'espace, du temps et des valeurs, en concevant par exemple un modele elabore d'apres le principe de l'anneau de Moebius, ou les parties s'entrelacent et se rejoignent aux extremites. Ici, en d'autres termes, il y aurait donc des versions abstraites du temps et de l'espace et des valeurs, a un niveau figural, et des versions concretes, superficielles, de ces categories, le tout reconcilie dans un modele qui accepte ainsi des equivalences du fond et de la surface, c'est-a-dire une dissociation des composants se trouvant apres-coup agreges dans un meme processus dynamique. Le second mouvement serait de concevoir un modele ressemblant plus exactement a un plan-dimension unilateral ou ces categories ne seraient pas hierarchiquement organisees, stratifiees, mais disposees de maniere heterarchique, c'est-a-dire sur un meme niveau ou les unites fondamentales sont dites participatives. Ici, les valeurs, l'espace et le temps seraient indissociables, formant un agregat signifiant premier ou les parties jadis autonomes s'autoalimentent. Le concept phare a utiliser ici est celui de complementarite introduit par Niels Bohr en physique quantique, lequel explique que des phenomenes apparemment contradictoires peuvent survenir en meme temps, de maniere participative, ou alternative. En semiotique, cela revient a dire que les differentes structures s'activent, se federent, sans primaute de l'une sur l'autre pour que le sens se manifeste a leur croisement comme le postule par exemple Lotman dans La structure du texte artistique (Lotman, 1970).

1.3 Application a la linguistique cognitive et a la semiotique generative

La deuxieme etude raisonnee qu'il est possible de realiser a partir de la methode dialectique reunit la linguistique cognitive et la semiotique post-greimassienne, dans le domaine strict de la spatialite. Pour la linguistique cognitive, lorsqu'elle s'interesse aux metaphores dites conceptuelles, l'espace est une instance semiotique qui genere, et structure, comme une matrice, la manifestation superficielle, c'est-a-dire les enonces metaphoriques. Elle permet ainsi, a partir d'un reservoir spatial systemique base sur des unites minimales de signification spatiale, la creation d'enonces coherents, structures sur le plan superficiel. En ce sens, l'espace est ici fondamental, premier; il est de nature eidetique et fonde les theories de type localiste pour lesquelles l'espace organise les unites semantiques et les cas grammaticaux. Mais dans la theorie greimassienne, l'espace est, sauf en semiotique de l'espace precisement, relegue aux structures les plus superficielles et se conforme aux programmes narratifs elementaires qui constituent les structures profondes. Une contradiction apparait ici si l'on compare les deux epistemologies, puisque soit l'espace est cantonne au niveau superficiel selon la semiotique classique, soit il est inscrit dans les niveaux fondamentaux en linguistique cognitive. L'auteur peut lever ladite contradiction a la suite de Denis Bertrand notamment, en montrant que l'espace peut etre, dans une semiotique post-greimassienne, generatif au sens fontanillien, et nommer ce proces de signification, ce phenomene semiotique, spaciose du sens, ou, de maniere plus classique, semiose spatiale, pour reprendre les termes de Jacques Fontanille. C'est precisement le detour par les sciences cognitives qui permet d'explorer toute la dimension generative de la spatialite en semiotique. Ainsi, la confrontation des deux disciplines amene a un repositionnement de l'espace parmi les structures les plus fondamentales. En d'autres termes, le localisme cognitiviste confronte a l'epistemologie greimassienne, permet de deplacer la problematique et d'ouvrir le modele classique de la theorie generale de la signification ou les valeurs abstraites erigees en structure elementaire predominaient. La encore, le modele classique etait inoperant en matiere de spatialite pour plusieurs raisons. D'une part, sur le plan syntagmatique, il est possible de montrer, au sein des textes artistiques, l'existence de structures spatiales simples, par exemple des << source-path-goal schemas >> pour rependre des termes cognitivistes, qui ne se conformeraient pas strictement a la logique du carre semiotique en matiere d'elaboration de la signification. Apparaissent ainsi non seulement des operations de transformation spatiale, mais aussi de translation spatiale qui preservent les espaces et les valeurs de signification, axiologiques, abstraites, qui lui sont rattachees. D'autre part, dans une perspective paradigmatique, il est possible de mettre a jour des phenomenes dynamiques qui s'enoncent en termes d'attraction et de projection: autrement dit, au sein des textes artistiques, les valeurs abstraites tendent a se projeter sur des espaces types qui les attirent en meme temps en fonction de leurs proprietes intrinseques. Ici, le proces de signification s'explique en termes de double mouvement du sens, avec adherence et inherence, et correspond a des phenomenes physicosensibles qui s'exerceraient de maniere anterieure a la manifestation superficielle.

1.4 Synthese

En synthese, on remarque bien que la confrontation des epistemologies, en adoptant une methode dialectique raisonnee, permet, grace aux concepts de participativite ou de complementarite, de lever les contradictions a priori insolubles dans le raisonnement semiotique classique et d'aboutir a de nouveaux modeles a partir des courants evalues sans pour autant parvenir a un syncretisme les denaturant. Cela tient au fait que l'on passe d'une conception hierarchisee, stratifiee, logicomathematique, a une conception physique du sens ou les structures entrent en interaction de maniere dynamique au sein d'un proces dit sensible et vivant, que l'on a appele vivance semiotique. Les modeles theoriques obtenus sont donc dynamiques--on parle de phenomenes participatifs--et ouverts, heteronomes--ils accueillent plusieurs realites semiotiques complexes--et non statiques et fermes, autonomes. Ainsi, la methode dialectique permet d'ouvrir les postulats de la theorie semiotique classique, methode relayee par une methode exploratoire allant dans le meme sens epistemologique, methode qui sera developpee en deuxieme partie. Autrement dit, la methode dialectique peut se coupler a la methode exploratoire qui interroge les fondements de la pensee semiotique classique et permet d'aboutir a la decouverte d'autres modeles et d'autres formes de signification.

2. La methode exploratoire: vers la semiotique quantique

Comme enonce en introduction, la semiotique structurale greimassienne puis post-greimassienne reposent sur l'axiome suivant: l'existence de structures sous-jacentes au discours et d'algorithmes premiers qui determinent la manifestation superficielle. Pour certains semioticiens, comme Denis Bertrand, tout univers semiotique se deploie sous la forme d'un carre logique ou apparaissent les relations d'opposition elementaire et qui organise les structures discursives les plus complexes (Bertrand, 2000). Pour rappel, les methodes pour s'y conformer ou y acceder sont alors ou inductives ou deductives: c'est-a-dire que l'on part soit des structures pour determiner le proces de signification du texte; soit du discours pour se conformer a la theorie existante. Mais, dans ces conditions, la methode tendrait a perdre en substance et semblerait vouloir tout totaliser, c'est-a-dire englober tous les elements semantiques dans un ensemble systemique au moyen de relations logiques heritees tout droit de la pensee medievale en mathematiques, ce que constate notamment Francois Rastier (Rastier, 1998, 2000) qui critique ouvertement la puissance totalisante du carre devenant, dans certaines realites discursives, inoperant. Le constat que l'auteur a fait est le suivant: toutes les unites semiotiques d'un texte ne font pas toujours systeme, des elements se situant en dehors par exemple, voire a la peripherie, en dehors des relations d'opposition elementaires qui constituent les bases de la semiotique classique. En effet, certains elements ne se configureraient pas dans cette theorie logicosemantique, se comportant autrement, de maniere aleatoire par exemple et non plus deterministe, echappant de fait aux structures puisque relevant d'autres phenomenes semiotiques qui seront detailles ci-apres a l'aide d'exemples.

2.1 La methode exploratoire: definition et enjeux

Dans ces conditions, comment expliquer que le sens se manifeste si les structures initiales ne sont plus totalisantes, voire englobantes ? Il faut alors adopter une methode nouvelle basee sur l'observation des textes, en conservant la demarche semantique preconisee par Francois Rastier, notamment, et reposant sur un axiome different: le sens peut se manifester en dehors des systemes, par l'intermediaire de phenomenes regis par l'aleatoire, c'est-a-dire de maniere non systematiquement logique et survenant de maniere accidentelle. Ici, le determinisme cher a la semiotique traditionnelle est interroge puisque les elements du tout peuvent survenir en dehors de structures determinees. Pour certains scientifiques comme Thom, adopter une position theorique admettant l'aleatoire en semiotique releverait du domaine ascientifique et serait peu valable (Thom, 1990). L'auteur prend ici un risque en postulant ouvertement et precisement que, a la maniere de Landowski, certaines formes de signification appartiendraient a des phenomenes semiotiques anterieurs accidentels et non plus determines (Landowski, 2006). La semiotique quantique se voudrait par consequent complementaire a la semiotique generative, en ce sens qu'elle prendrait en charge les rebuts du sens, les phenomenes semiotiques de la marge, les operations liees a des formes indeterminees, aleatoires, ou d'intensite semiophysique ou le sens d'une valeur se manifeste sans une relation contraire, ou encore par simple deploiement ou translation de la valeur a partir d'elle-meme dans un rapport d'homologie et non d'opposition.

2.2 De l'aleatoire dans la constitution des formes signifiantes

Introduire de l'aleatoire dans l'univers du sens, en procedant avec une methode exploratoire, interrogerait radicalement les fondamentaux de la semiotique generative traditionnelle. En effet, on le sait, la semiotique generative, lorsqu'elle s'applique au discours ou au texte litteraire, introduit au niveau profond des algorithmes semiotiques qui determinent, selon un jeu d'oppositions, les structures plus superficielles. Mais dans ces conditions, elle ne prend pas en charge les enonces absurdes, de tradition surrealiste, ou bien certaines poesies narratives breves, comme le haiku. Le modele greimassien est donc un modele essentiellement applicable aux textes complexes, construits, narratifs (avec des genres precis: roman, nouvelle, etc.) et sa logique inherente conforme a des sequences determinees ou la theorie, qui implique des relations de transformation et d'opposition, peut assez aisement et logiquement en decouler et s'elaborer. La question que l'auteur pose est la suivante: comment expliquer les phenomenes lies a une deconstruction de la signification classique, comme l'existence de la signification en dehors des jeux traditionnels d'opposition ? Il existerait ainsi des operations aleatoires, qui precederaient l'elaboration de la signification, et qui aboutiraient a des enonces de differentes natures, sans avoir necessairement de relation logique, ou de regles de transformation propres a la semiotique classique. Le sens ici, lorsqu'il se manifeste, releverait plutot d'un processus de connexions hasardeuses, de phenomenes accidentels survenant anterieurement dans les differents univers ou les differentes dimensions semantiques. C'est le cas de la signification des enonces surrealistes, ou domine le hasard objectif, pour lesquels le proces classique en semiotique se trouve destabilise puisqu'on ne peut a premiere vue deceler des organisations logiques, des transformations, des relations d'opposition. Tout se passe ici par enrichissement successif du sens, par deploiement ou connexions incongrues, sans operations deterministes, avec des structures souples accueillant l'informe, le flou, l'aleatoire.

Un exemple peut etre donne pour expliquer ce processus a partir du poeme d'Andre Breton, intitule Tout Paradis n'est pas perdu, qui apparait ci-dessous:
   Tout paradis n'est pas perdu

   A Man Ray

   Les coqs de roche passent dans le cristal
   Ils defendent la rosee a coups de crete
   Alors la devise charmante de l'eclair
   Descend sur la banniere des ruines
   Le sable n'est plus qu'une horloge phosphorescente
   Qui dit minuit
   Par les bras d'une femme oubliee
   Point de refuge tournant dans la campagne
   Dressee aux approches et aux reculs celestes
   C'est ici
   Les tempes bleues et dures de la villa baignent dans
   La nuit qui decalque mes images
   Chevelures chevelures
   Le mal prend des forces tout pres
   Seulement voudra-t-il de nous

   Andre Breton, Clair de terre, 1923


Apres un premier balayage exploratoire, plusieurs domaines semantiques a priori interconnectes peuvent etre releves: le domaine //celeste// ('coq de roche'; 'eclair'), le domaine //terrestre// ('sable'; 'ruine', 'campagne', 'villa'), le domaine //anime, humain// ('femme', 'chevelure'), le domaine //temporel// ('horloge'), le domaine //nocturne// ('nuit') et le domaine //axiologique// ('mal'). Cependant, le rapport entre ces domaines est flou, indetermine: s'il est possible de construire un systeme d'opposition dans les six premiers vers, avec la relation /terre/ vs /ciel/, le passage au domaine 'humain' puis 'axiologique' reste enigmatique, voire incoherent du point de vue semiotique classique. Ainsi, les rapports de transformation amorces au debut du poeme engendrent un saut semantique dans un domaine n'ayant pas de relation logique avec ce qui precede: le sable est associe a la temporalite puis a l'humain par une connexion syntaxique vide de sens et de logique au sens greimassien du terme. Cet a-coup, cette disjonction semantique amene a considerer que, dans ces conditions, les reseaux semantiques s'organiseraient de maniere alogique, voire de maniere anarchique: en effet, un reseau semantique en entraine un autre au gre de bifurcations, de connexions chaotiques, comme si differentes trajectoires semiques incontrolees s'interconnectaient, interagissaient. Le proces de signification serait plutot soumis a une succession d'embrayages rythmes par des flux incertains, et donc aleatoires. Ici, la seule structure relevee est celle de la suite phrastique, mais la signification du tout est morcelee, cantonnee dans des univers distincts, heterogenes sans progression logique apparente. Pour le dire autrement, il apparait une narrativite chaotique, enigmatique, qui releverait de phenomenes anterieurs aleatoires ou les champs semantiques interagiraient de maniere desordonnee et seraient apres-coup distribues au palier superficiel. Cette juxtaposition de domaines semantiques de maniere aleatoire n'est pas pour autant dechargee de signification que l'on pourrait tenter d'objectiver selon la methode semiotique classique, sans succes puisque l'ensemble ne forme pas un systeme logique. La signification est donc eclatee, comprehensible par fragments de sens, sans reference a un tout logique et harmonieux. Le postulat de l'existence de phenomenes aleatoires, flous, incertains, a l'origine de la signification apparait donc ici plus explicatif et plus rationnel.

2.3 Les elements hors systemes

Il est possible de degager ici, sur le plan spatial, tout ce qui se situerait en dehors du cercle semiotique greimassien, c'est-a-dire en dehors du processus deterministe de la signification et de la perfection, de la performance totalisante semiotique, tout ce qui echapperait aux structures et ne serait pas pris en charge par un proces fondamental: il s'agirait de zones spatiales sans reel contour semiotique et sans reelle orientation axiologique, des zones floues ou des zones d'ombre qui surviennent au-dela de l'algorithme initial, c'est-a-dire apres les programmes semiotiques qui regissent en profondeur les structures de surface. C'est ici que s'ouvre veritablement une semiotique de la marge qui s'inscrit dans le projet de semiotique quantique, qui entend etudier tout element qui releverait de l'indetermination, afin de comprendre qu'elles seraient les articulations connexes du sens. Un exemple peut etre donne et presente ci-dessous.

Le premier exemple releve de la categorisation complexe d'un element semantique d'ordre spatial: ainsi, dans Le Mont Damion d'Andre Dhotel, dans le domaine de l'espace, existe une categorie spatiale, la /maison de la grand-mere/, en dehors des categories superieures comme le /village/ ou l'/extra-village/. Cet espace est un des points de depart de la narration, mais se situe a la frontiere du village, comme un element gravitant autour de celui-ci. Pour le sujet Fabien, c'est un espace de tentative d'acquisition de la valeur norme, qui se solde par des echecs, et qui contraint la grand-mere a l'envoyer dans le village pour qu'il augmente ses chances d'acquerir ladite valeur norme. Ici, la maison est une categorie independante, que l'on pourrait rattacher au village, dans un rapport d'inclusion, mais cette classification echoue dans la mesure ou elle n'est pas non plus une sous-categorie dependant d'une categorie superieure, puisqu'elle se comporte de maniere autonome. Certes, il existe un rapport d'homologie, du fait que la categorie est une maison semblable a celles composant le village, mais les actions determinees dans cet espace ne se conforment pas aux modalites comme le /vouloir faire/ ou le /devoir faire/. Ici, le sujet se conduit de maniere aleatoire, antinormee, comme si son comportement etait regi par le /faire autrement/ et le /faire bizarrement/. Ainsi, la categorie /maison de la grand-mere/ se situe a la peripherie des categories entrant en opposition (/village/ vs /extra-village/) et constitue une zone connexe d'amorce narrative ne dependant pas du systeme de base.

2.4 De l'intensite physique des categories en semiotique

Comment introduire la notion d'intensite physique en semiotique ? Au sein d'un texte artistique, certains espaces sembleraient ne pas revetir de fonction structurale precise, au sens greimassien du terme, et occuperaient, non pas une place decorative, mais une place hypoactive ou hyperactive engendrant des non-lieux ou la signification atteindrait un degre minimal ou au contraire un degre de surcharge du sens. La semiotique quantique, a l'inverse de la semiotique generative, pense donc le sens en termes d'intensite physique et pose le probleme des espaces vides de sens, epuises, ou au contraire satures, trop pleins, surcharges de signification. Ces zones neutres ou au contraire trop pleines, sans investissement axiologique determine ou au contraire surchargees d'axiologie, seraient donc operantes, apparaitraient au-dela de la structure fondamentale au niveau superficiel et seraient regies par des phenomenes aleatoires qui permettraient de combler la saturation du sens, soit en repondant par une neutralite precisement, soit par une structure miroir absorbant le surplus de sens.

Le premier exemple donne se situe dans Le troisieme policier, de Flann O'Brien: la zone spatiale concernee est determinee a l'arriere du commissariat localise dans un territoire infernal, un au-dela fantasmagorique, ou l'actant-sujet principal sera condamne a mort, alors qu'il est deja mort. Ici se condense deux fois la valeur mort, incarnee par le sujet et l'echafaud qui doit le pendre. Dans cette zone precisement, apparait donc un surplus de sens, une charge intense, puisque se trouve au meme endroit deux fois la meme valeur de maniere contradictoire, c'est-a-dire actant-sujet mort et actant-objet qui destine a la mort: la resolution semiotique se definit precisement par la fuite du sujet, qui echappe a une seconde mort, ce qui apparaissait contradictoire sur le plan de la signification, comme une aberration, et par le passage sur le plan spatial a la categorie route qui lui permettra de rejoindre sa demeure. Le trop-plein de sens a donc pour effet l'apparition d'une categorie supplementaire, connective cette-fois, et qui assurera la transition entre les valeurs axiologiques determinees, valeurs qui se trouvaient en suspension dans la zone caracterisee par l'arriere du commissariat ou, on le suppose, celles-ci se sont vues transformees.

Deuxiemement, dans Le Mont Damion d'Andre Dhotel, le sujet enfant Fabien, avant son retour dans l'espace proximal positive, le village, a la sortie de l'espace distal negative, la foret, passe et penetre dans une zone constituee par une chaumiere en ruine ou poussent des fleurs: cette zone n'est ni un espace de performance du sujet, ou d'acquisition de valeurs, ni un espace qui assure le retour progressif du sujet dans l'espace norme, car la categorie route occupe deja cette fonction semiotique et mediatopique. Il s'agit d'une zone a priori neutre, non decorative, qui vient s'apposer comme un espace d'absorption des tensions semiotiques exercees dans la foret, une zone echappatoire ou le regard du sujet vient se poser. Dans ces conditions, le sens est mis en mouvement, pris au piege dans une zone qui l'oriente, l'attire pour etre diffuse ensuite vers la route, une zone par consequent vide de sens au sens greimassien du terme.

2.5 La translation semiotique

La semiotique quantique prend ses distances avec la semiotique generative en ce sens que, pour qu'il y ait signification, celle-ci admet des relations d'homologie, de translation de sens et non plus de contradiction ou de contrariete. En effet, la relation d'opposition, comme potentiel de l'elaboration du sens, fonde la semiotique traditionnelle. Cette relation est modelisee de maniere generale par le carre semiotique de l'Ecole de Paris ou chaque metaterme est presuppose par ses contraires. La translation, quant a elle, implique un prolongement d'une categorie A vers une categorie A', par deploiement lateral comme en mathematiques, c'est-a-dire par dedoublement et par relation d'homologie, le tout formant une structure atypique ou se manifeste la signification. Cette position epistemologique peutetre traduite dans l'exemple suivant, puise dans la litterature, ou les valeurs mises en jeu se deploient par translation.

Ainsi, chez Borges, dans Le Jardin aux sentiers qui bifurquent, le balayage isotopique du texte montre l'emergence de la valeur /mort/, precisement au debut et a la fin du texte. Elle ne subit aucune transformation et n'entre en relation avec aucun contraire. En effet, celle-ci est d'abord programmee au debut du texte et devient ineluctable a la fin, la derniere etant le prolongement de la premiere. Cette translation de signification equivaut a une structure logicosemantique, correlee au dispositif topographique de l'Luvre, en ce sens qu'elle fonde la cohesion du texte, ramenant a elle les systemes d'actions et les debrayages temporels. Dans ces conditions, les valeurs axiologiques, spatiales et temporelles se deploient a partir d'elles-memes, dans un mouvement semiotique continu, sans transformation structurale. Chez Borges, une structure symetrique, en miroir, apparait alors, puisque des elements appartenant a une premiere realite se trouvent projetes dans une seconde, moyennant des elements intermediaires qui ne sont autres que les categories spatiales declinees de la categorie dominante /chemin/.

Aussi, chez Dhotel, dans Le Mont Damion, les categories maisons appartenant aux /villages/, categories chargees des valeurs axiologiques /normes/, /absence de liberte/ et /bien/, sont maintenues dans le champ spatial par l'intermediaire de la categorie /route/ qui les met donc en relation. La structure translative dhotelienne preserve donc fondamentalement les valeurs initiales que le sujet principal, l'enfant Fabien, experimente et avec lesquelles il tente de s'harmoniser. Cette structure translative est reproduite tout au long du roman et se trouve apres coup doublee d'une structure transformative qui voit la transformation des memes valeurs en valeurs opposees dans une relation de contradiction dans un espace second, l'/extra-village/, lequel cumule les espaces /forets/ et /champs/. On voit bien ici la complementarite de la semiotique quantique et de la semiotique generative qui ne s'excluent pas l'une l'autre, mais plutot cohabitent. En effet, la semiotique quantique propose d'explorer les phenomenes d'homologie et de preservation des valeurs, lesquels phenomenes coexistent avec les phenomenes de differenciation et de transformation des memes valeurs.

2.6 Synthese

La methode exploratoire, qui repose sur des axiomes ouverts et interroge les fondamentaux de la semiotique generative, amene ainsi a la semiotique quantique, qui accepte des phenomenes complexes dans la formation du sens, de differentes natures: l'auteur fait reference aux phenomenes aleatoires, avec des flux semantiques indetermines, a l'intensite semiophysique, aux relations de translations, avec des rapports d'homologie. Dans ces conditions, le sens peut se manifester en dehors des structures, de maniere quantique, avec une predominance des formes floues, incertaines, indeterminees, aleatoires. La signification est donc plus le resultat de phenomenes vivants, sensibles, physiques, connexes qu'un proces strictement logicosemantique, organise hierarchiquement.

Conclusion

La methode duale proposee, et les theories scientifiques qui en decoulent, permettent d'aborder la signification differemment, en prenant en compte des phenomenes que n'explique pas en l'instant la semiotique generative. La semiotique quantique est donc complementaire a celle-ci et ne repose pas sur les memes paradigmes scientifiques. L'objectif scientifique majeur de la demarche de l'auteur est ainsi de tendre vers un modele theorique de semiotique quantique qu'il est possible d'observer a la lumiere du modele generatif greimassien. L'auteur peut commenter les modeles differencies: d'un cote, la semiotique generative classique elabore d'apres les methodes inductives ou deductives des modeles theoriques hierarchiques tensifs avec l'immanence comme principe fondamental. L'elaboration de la signification, malgre une tentative de depassement avec les phenomenes tensifs, reste statique en combinant les signes entre eux sur un plan fixe. L'ensemble forme est systemique et se base sur des principes d'opposition et de transformation, au fondement de l'elaboration de la signification. Elle porte alors son attention tout particulierement sur des discours d'ordre logique et narratif et rend compte assez legitimement du phenomene central qu'est la narrativite. De l'autre cote, la semiotique quantique propose, d'apres les methodes duales et exploratoires, des dispositifs heterarchiques avec des phenomenes semiophysiques aleatoires et/ou complementaires. Les signes sont alors soumis a des flux dynamiques et rentrent en interaction les uns avec les autres. Le concept phare est celui de la vivance de la signification pressentie par Fontanille dans Semiotique du discours lorsque celui-ci observe que le sens ne peut etre saisi que dans sa transformation, dans une dynamique globale entre ses premisses et sa manifestation. Par consequent, soit on constate une absence de totalite structurale, avec le deploiement de categories hors systeme dans des rapports de preservation et d'homologie, soit des categories intensifiees ou neutralisees comme s'il y avait surplus ou absence de sens. La semiotique quantique s'applique en ce sens aux discours absurdes, alogiques, voire non narratifs. Soit les modeles recapitulatifs suivants:

Ainsi, en semiotique quantique, la signification s'explique de maniere phenomenale, en accueillant des theories des flux aleatoires dans des univers abstraits qui leur correspondent. Elle se demarque de la semiotique generative en ce sens qu'elle pense la signification egalement en dehors de la structure et des systemes rassemblant les oppositions elementaires, en etudiant les phenomenes d'homologie, avec des translations ou des redondances, ou les unites semantiques se deploient, se demultiplient a partir d'elle-meme. Elle pense egalement le sens en termes semiophysiques d'intensite et explore la saturation du sens ou l'absence de charge semiotique. L'auteur a donc propose une position theorique dite de prolongement de la semiotique generative pour repondre a ses imperatifs modernes de signification, en ouvrant ici une semiotique dite quantique. La semiotique quantique prendrait ainsi en charge les elements de la marge et revisiterait les axiomes de la semiotique traditionnelle. Elle se veut un prolongement moderne, une evolution necessaire de la semiotique generative, deterministe, close, totalisante, mecaniste. L'analogie avec l'evolution des sciences physiques est bien entendu assumee, en ce sens que les realites scientifiques sont strictement les memes. La physique mecanique s'applique a des objets determine, mais est incapable de prendre en charge ce que la physique quantique percoit comme phenomenes complexes. La semiotique quantique interpelle enfin la semiotique generative qui s'est developpee ces dernieres annees: puisque deterministe, elle aurait tendance, et c'est la une critique ouverte qu'il est possible de lui adresser, a projeter ses grilles conceptuelles puissantes sur les textes, oublierait d'etre avant tout rationnelle mais deviendrait rationalisatrice, et est donc impuissante face a d'autres formes de realites signifiantes. Elle se fermerait et se replierait sur elle-meme--sans doute le faisait-elle deja au debut de son essor pour asseoir une certaine forme d'identite--echouerait ainsi dans ses objectifs memes d'universalisation du sens. Comme le souligne Edgard Morin, dans Les sept savoirs necessaires a l'education du futur:

La rationalite est le meilleur garde-fou contre l'erreur et l'illusion. D'une part, il y a la rationalite constructive, qui elabore des theories coherentes en verifiant le caractere logique de l'organisation theorique, la compatibilite entre les idees composant la theorie, l'accord entre ses assertions et les donnees empiriques auxquelles elle s'applique; une telle rationalite doit demeurer ouverte a ce qui la conteste, sinon elle se referme en doctrine et devient rationalisation; d'autre part, il y a la rationalite critique qui s'exerce particulierement sur les erreurs et illusions des croyances, doctrines et theories. Mais la rationalite porte aussi en son sein une possibilite d'erreur et d'illusion quand elle se pervertit, nous venons de l'indiquer en rationalisation. La rationalisation se croit rationnelle parce qu'elle constitue un systeme logique parfait, fonde sur deduction et induction, mais elle se fonde sur des bases mutilees ou fausses, et elle se ferme a contestation d'arguments et a la verification empirique. La rationalisation est close, la rationalite est ouverte. La rationalisation puise aux memes sources que la rationalite, mais elle constitue une des plus puissantes sources d'erreurs et d'illusions. Ainsi, une doctrine obeissant a un modele mecaniste et deterministe pour considerer le monde n'est pas rationnelle mais rationalisatrice. La vraie rationalite, ouverte par nature, dialogue avec un reel qui lui resiste. [...] La vraie rationalite connait les limites de la logique, du determinisme, du mecanisme [nous soulignons] >> (Morin, 2000: 24-25).

Notice biobibliographique

Docteur en sciences du langage de l'universite de Limoges, qualifie en section 7 a la session de fevrier 2014, Pierre-Antoine Navarette a publie trois articles en semiotique de l'espace dans les revues NAS (<< Espace et tensions de signification: scheme spatial et directionnel dans Le Mont Damion, d'Andre Dhotel >>), Texto! (<< Semantique et semiotique de l'espace dans un extrait de Nedjma, de Kateb Yacine >>) et dans les actes du congres mondial de linguistique francaise (<< Evolution du parcours generatif: vers un remaniement des structures spatiales dans La Route d'Altamont de Gabrielle Roy >>) auquel il a participe en 2014. Il a egalement presente des communications au colloque international d'Albi (<< Emergence et transmission des valeurs esthetiques et axiologiques dans Le Domaine d'Arnheim d'Edgar Poe >>) et au colloque pluridisciplinaire de Besancon (<< Les fonctions structurales de la fenetre dans Le Mont Damion d'Andre Dhotel: frontiere axiologique, ouverture cognitive et espace du devenir >>).

Ouvrages cites

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THOM, R. (1990), La querelle du determinisme, Paris, Gallimard.

Pierre-Antoine Navarette

Universite de Limoges

pa_navarette@yahoo.fr

Legende: Modeles recapitulatifs
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Author:Navarette, Pierre-Antoine
Publication:Applied Semiotics/Semiotique applique
Date:Feb 1, 2018
Words:5934
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