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Neurostimulation du cortex prefrontal dorsolateral: quels effets sur la symptomatologie, l'humeur et les emotions dans la depression et la schizophrenie?

RESUME La stimulation magnetique transcranienne repetee (rTMS) et la stimulation transcranienne par courant continu (tDCS) sont des techniques de stimulation cerebrale non invasive actuellement utilisees comme solutions therapeutiques dans plusieurs pathologies psychiatriques. Appliquees au niveau du cortex prefrontal dorsolateral (CPFDL), elles ont montre leur efficacite pour diminuer les symptomes pharmacoresistants chez les patients deprimes et chez les patients schizophrenes avec symptomes negatifs predominants (SN). Le CPFDL est une structure cerebrale impliquee dans l'expression de ces symptomes et dans d'autres processus dysfonctionnels de ces deux pathologies comme les processus emotionnels. Le but de cette revue est d'etablir s'il existe ou non un lien entre l'amelioration clinique et la modulation des processus emotionnels suite a la stimulation du CPFDL dans ces deux pathologies. Les donnees collectees montrent que l'amelioration des processus emotionnels n'est pas en lien avec l'amelioration clinique ni chez les patients deprimes ni chez les patients SN. Notre revue suggere que bien que partageant des structures cerebrales communes, les reseaux cerebraux impliques dans les processus emotionnels d'une part et les symptomes depressifs ou les SN d'autre part seraient distincts.

MOTS CLES cortex prefrontal dorsolateral, stimulation transcranienne, emotion, depression, schizophrenie

ABSTRACT Repetitive transcranial magnetic stimulation (rTMS) and transcranial direct current stimulation (tDCS) are noninvasive brain stimulation techniques currently used as therapeutic tools in various psychiatric conditions. Applied over the dorsolateral prefrontal cortex (DLPFC), they showed their efficacy in reducing drug-resistant symptoms in patients with major depression and in patients with schizophrenia with predominantly negative symptoms. The DLPFC is a brain structure involved in the expression of these symptoms as well as in other dysfunctional functions observed in theses conditions such as emotional processes. The goal of this review is to establish whether or not a link exists between clinical improvements and modulation of emotional processes following the stimulation of the DLPFC in both conditions. The data collected show that improved emotional processes is not linked to a clinical improvement neither in patients with depression nor in patients with negative schizophrenia. Our results suggests that although sharing common brain structures, the brain networks involved in both symptoms and in emotional processes would be separate.

KEYWORDS schizophrenia, depression, transcranial stimulation, emotion, dorsolateral prefrontal cortex

Does Prefrontal Noninvasive Brain Stimulation Alleviating Symptoms in Depression and Schizophrenia Impact Mood and Emotion Processing?

Introduction

Les techniques de stimulation transcranienne non invasive comme la stimulation magnetique transcranienne repetee (rTMS) et la stimulation transcranienne par courant continu (tDCS) permettent de moduler la connectivite et l'activite cerebrale entrainant des modifications comportementales et cognitives subsequentes. Des etudes de neurophysiologie ont montre que la rTMS haute frequence et la tDCS anodique appliquees au niveau de la region du cortex moteur primaire pouvaient augmenter l'excitabilite corticale de cette region (Lefaucheur et al., 2014; Brunoni et al., 2012). A l'inverse, il a ete montre que la rTMS appliquee a basse frequence ainsi que la tDCS cathodique pouvaient diminuer l'excitabilite du cortex moteur (Lefaucheur et al., 2014; Brunoni et al., 2012). Les etudes de neuroimagerie ont montre que les patients souffrant d'un episode depressif majeur et les patients schizophrenes avec symptomes negatifs predominants (SN) presentaient des anomalies structurales et fonctionnelles au niveau du cortex prefrontal dorsolateral (CPFDL) et notamment une hypoactivite du CPFDL gauche. Il a ainsi ete propose d'appliquer les techniques de neurostimulation << facilitatrices >> comme la rTMS haute frequence et la tDCS anodique sur les aires cerebrales dysfonctionnelles chez les patients presentant des symptomes pharmacoresistants afin de developper de nouvelles solutions therapeutiques pour ces patients (Brunelin et al., 2010; Tortella et al., 2015). Depuis la premiere etude menee en 1993 chez des patients deprimes (Hoflich et al., 1993), plusieurs etudes controlees randomisees et plusieurs meta-analyses ont confirme l'efficacite clinique de la rTMS appliquee au niveau du CPFDL pour diminuer les symptomes chez les sujets deprimes et chez les patients SN (Lefaucheur et al., 2014). Des resultats prometteurs montrant l'efficacite clinique de la tDCS appliquee au niveau du CPFDL ont egalement ete rapportes recemment chez les patients deprimes (Tortella et al., 2015) et chez les patients SN (Mondino et al., 2015 a).

Bien que l'efficacite clinique des techniques de neurostimulation soit solidement etablie dans ces deux indications, les mecanismes de l'effet therapeutique restent incertains. Si le CPFDL est implique dans les symptomes depressifs et dans les symptomes negatifs de la schizophrenie, il est egalement implique dans de nombreuses fonctions cognitives et notamment dans les processus emotionnels (Herrington et al., 2005). Les processus emotionnels sont connus comme etant dysfonctionnels chez les patients deprimes (Beevers, 2005), et chez les patients schizophrenes (O'Driscoll et al., 2014). Nous proposons ici de discuter les etudes qui ont mesure les effets des techniques de neurostimulation appliquees en regard du CPFDL sur les symptomes et sur les processus emotionnels chez les patients deprimes et chez les patients SN, afin d'etablir s'il existe un lien ou non entre l'amelioration clinique et la modulation des processus emotionnels dans ces deux pathologies. Les etudes ont ete selectionnees sur la base de donnees PubMed jusqu'en octobre 2015 avec les mots cles: emotion, DLPFC, rTMS, tDCS, depression, schizophrenia. Seuls les articles abordant les aspects cliniques et emotionnels chez les patients presentant un episode depressif majeur ou les patients schizophrenes recevant de la stimulation sur le CPFDL ont ete retenus (Tableau I).

1. Stimulation du CPFDL chez les patients deprimes

L'episode depressif majeur (EDM) est un trouble invalidant avec une forte prevalence dans le monde occidental. Malgre les avancees des approches pharmacologiques, environ 30 % des patients deprimes demeurent symptomatiques et sont consideres comme resistants aux traitements (Berlim & Turecki, 2007), justifiant le developpement de nouvelles approches therapeutiques. Plusieurs etudes ont rapporte l'efficacite des techniques de stimulation pour diminuer les symptomes depressifs resistants (De Raedt et al., 2015; Tortella et al., 2015). Dans cette indication, les zones cibles de traitement sont les CPFDL gauche et droit. La selection de ces cibles est basee sur les etudes de neuroimagerie qui ont montre une asymetrie prefrontale chez les patients deprimes avec une hypoactivite du CPFDL gauche et une hyperactivite du CPFDL droit (Grimm et al., 2008). Les protocoles de rTMS proposes utilisent soit une stimulation << facilitatrice >> a haute frequence sur le CPFDL gauche, soit une stimulation <<inhibitrice>> a basse frequence sur le CPFDL droit (Lefaucheur et al., 2014). La tDCS a montre son efficacite avec le montage positionnant l'anode << facilitatrice >> au niveau du CPFDL gauche et la cathode << inhibitrice >> sur le CPFDL droit, la region supra-orbitale droite ou dans une position extracephalique (Tortella et al., 2015).

Par ailleurs, des etudes ont montre qu'il existait un deficit des processus emotionnels chez les patients deprimes avec notamment un biais attentionnel vers les stimuli negatifs ou un deficit de reconnaissance des emotions faciales (Gotlib & Joormann, 2010; Dalili et al., 2015). Plusieurs etudes cliniques se sont ainsi interessees au lien entre l'amelioration clinique de la symptomatologie depressive dans sa globalite, evaluee par des echelles d'evaluations psychometriques standardisees (p. ex., [MADRS.sub.10], [HDRS.sub.17]) et les effets des techniques de neurostimulation sur l'<<humeur>> evaluee par des echelles visuelles analogiques (EVA), par des echelles d'evaluation psychometriques standardisees telle que la Profile of Mood States (POMS), la Positive and Negative Affect Schedule (PANAS) ou encore par des tests cognitifs comme le Go/No-go affectif.

1.1 Effet sur l'humeur

Dans une premiere etude controlee randomisee, Dang et al. (2007) ont montre que bien que la rTMS active diminuait significativement les symptomes de la depression (Avery et al., 2006), elle n'entrainait pas d'effet sur l'humeur des patients deprimes, comparee a la stimulation placebo. Dans cette etude, 68 patients (35 actifs, 33 placebos) devaient coter leur humeur sur une EVA a 5 items mesurant tristesse, anxiete, joie, fatigue et douleur. Les patients recevaient 15 sessions de rTMS a haute frequence (10 Hz) sur le CPFDL gauche. Dans une autre etude evaluant l'effet de 10 et 15 sessions de rTMS haute frequence (10 Hz) en regard du CPFDL droit, Anderson et al. (2009) ont montre que chez 20 patients non cliniquement repondeurs a la rTMS apres 3 semaines de stimulation sur le CPFDL gauche, la rTMS sur le CPFDL droit n'avait pas non plus d'effet sur l'humeur mesuree a l'aide d'une EVA a 15 items (joie, irritabilite, colere, excitation, confusion, calme, tristesse, anxieux, nerveux, ennuyeux, relaxe, fatigue, distrait, douleur et inconfort).

Ces resultats sont en contradiction avec l'etude controlee de Szuba et al. (2001) realisee chez 14 patients (9 actifs, 5 placebos) qui recevaient 10 seances de rTMS haute frequence (10 Hz) sur le CPFDL gauche. Cette etude incluant des patients deprimes sans traitement medicamenteux a montre une amelioration immediate des items depression, anxiete et colere mesures par la Profile of Mood States (POMS) suite a la rTMS active comparee a la stimulation placebo. Cette amelioration n'etait neanmoins pas significativement liee a une amelioration clinique. Finalement, dans une etude controlee en cross-over versus placebo utilisant l'echelle Positive and Negative Affect Schedule (PANAS) qui mesure l'humeur et les sensations, Palm et al. (2012) ont montre que 10 seances de tDCS (1 ou 2 mA, 20 min) avec l'anode appliquee sur le CPFDL gauche et couplee a la cathode sur l'aire supra-orbitale droite entrainaient une augmentation significative des emotions positives et une tendance a la diminution pour les emotions negatives chez 22 patients deprimes. Dans cette etude, la tDCS active appliquee au niveau du CPFDL n'entrainait cependant pas de modification des symptomes depressifs. Ces etudes suggerent qu'il n'y a pas de lien entre amelioration clinique et changement de l'humeur chez les patients deprimes.

1.2 Effets sur les processus attentionnels emotionnels

Bermpohl et al. (2006) ont mis en evidence que la reponse clinique a la rTMS et l'impact sur les emotions variaient selon le site de stimulation et la severite de la depression. Les auteurs ont stimule 18 patients deprimes a differents stades de la maladie, 10 en phase aigue et 8 en remission partielle ou totale selon leur score a l'[HDRS.sub.17]. Les stimulations etaient delivrees a basse frequence (1 Hz) sur trois zones cibles (CPFDL gauche, CPFDL droit ou cortex occipital). Chaque sujet recevait chacune des seances de stimulation de maniere randomisee et realisait une tache de Go/No-go affective (AGN). Dans cette tache, les sujets devaient repondre a des stimuli d'une valence emotionnelle specifique tout en inhibant la reponse aux stimuli de valences opposees. Le nombre d'erreurs (c.-a-d., la somme des fausses alarmes et des omissions) a ete mesure dans chacune des conditions de l'etude. La rTMS << inhibitrice >> appliquee sur le CPFDL droit ameliorait les performances pour les patients deprimes en phase aigue comparativement aux patients en remission partielle ou totale. La stimulation du CPFDL gauche entrainait une alteration des performances chez les patients en remission partielle ou totale, mais pas chez les patients en phase aigue. Ces resultats sont en adequation avec la theorie d'un mauvais equilibre entre le CPFDL gauche hypoactif et le CPFDL droit hyperactif observe dans la physiopathologie de la depression. A noter que dans cette etude, les effets de la rTMS ne sont pas differents pour les reponses aux stimuli positifs ou negatifs. Aucun effet clinique n'a ete recherche dans cette etude, mais plus les sujets etaient deprimes, plus l'effet de la rTMS sur les emotions etait important.

En utilisant la meme tache AGN, Boggio et al. (2007) ont montre que 10 seances de tDCS active (2 mA, 20 min) avec l'anode appliquee sur le CPFDL gauche et la cathode sur l'aire supra-orbitale droite amelioraient les performances (nombre de reponses correctes) pour les images avec un contenu emotionnel positif chez des patients non traites par traitements antidepresseurs pharmacologiques. Dans cette etude, aucune amelioration clinique n'a ete rapportee chez ces 12 patients recevant la tDCS active, suggerant qu'il n'y a pas de lien direct entre amelioration des processus emotionnels et amelioration des symptomes.

Dans une serie d'etudes, Leymann et al. (2011) ont observe une correlation entre l'amelioration clinique et l'amelioration de performances des sujets pour inhiber leur reponse aux stimuli tristes, mais pas d'effet sur l'humeur. Les processus inhibiteurs des informations emotionnelles etaient mesures grace a la tache Negative Affective Priming (NAP) avec des visages emotionnels neutres, des visages exprimant la joie ou la tristesse. La rTMS etait appliquee a haute frequence (10 Hz) en regard du CPFDL gauche chez 14 patients deprimes ne recevant pas de traitement antidepresseur pharmacologique. Les auteurs ont rapporte que 9 des 14 patients repondaient cliniquement a la stimulation (10 sessions) avec une diminution d'au moins 50 % de leur score de depression mesure par des echelles cliniques psychometriques standardisees (HDRS), tandis qu'aucun effet de la rTMS n'a ete observe sur l'humeur cotee avec une EVA a 5 items mesurant depression, colere, tension, fatigue et vigueur. Cette etude corrobore les donnees d'etudes precedentes du meme groupe d'auteurs montrant qu'il n'y a pas de lien entre amelioration des symptomes et amelioration de l'humeur (Vanderhasselt et al., 2009a, b) et suggere qu'il existe un lien entre amelioration des symptomes et amelioration des performances d'inhibition des processus attentionnels emotionnels dans une tache avec des emotions faciales.

2. Stimulation du CPFDL chez les patients schizophrenes

La schizophrenie est une pathologie psychiatrique severe et invalidante avec une expression clinique heterogene (Buckley et al., 2009). Les symptomes de la schizophrenie sont traites en premiere intention par des agents antipsychotiques, mais environ 30 % des symptomes sont resistants a la pharmacologie. Ces dernieres annees, les techniques de neurostimulation ont montre leur interet dans les traitements des symptomes resistants de la schizophrenie et notamment les symptomes negatifs (SN). Dans cette indication, des stimulations << facilitatrices >> par rTMS a haute frequence (Brunelin et al., 2010; Lefaucheur et al., 2014) ou par tDCS anodique sont appliquees en regard du CPFDL gauche (Mondino et al., 2015 a; Tortella et al., 2015).

A ce jour, bien que de nombreuses etudes incriminent un deficit de processus emotionnel comme la reconnaissance des emotions faciales chez les patients schizophrenes (p. ex., Kohler et al., 2010), peu d'etudes se sont interessees aux correlats entre amelioration clinique et modulation des processus emotionnels ou de l'humeur suite a des stimulations du CPFDL.

Dans une etude recente, Wolwer et al. (2014) ont montre que 10 sessions de rTMS << facilitatrice >> a haute frequence (10 Hz) appliquees en regard du CPFDL gauche chez 18 sujets atteints de schizophrenie amelioraient leurs performances dans une tache de reconnaissance des emotions faciales (joie, peur, colere, surprise, degout et tristesse) compares au groupe de 14 patients ayant recu la rTMS placebo. Le pourcentage de reponses correctes pour l'identification des emotions (joie, peur, colere, surprise, degout et tristesse) etait augmente par la rTMS active (+ 8,9%) comparativement a la rTMS placebo (+ 1,6%). Dans cet echantillon de patients, Cordes et al. (2010) n'ont pas montre d'amelioration clinique apres rTMS active comparee a la rTMS placebo. Cependant, une analyse en sous-groupe montrait une amelioration significative des scores Positive And Negative Syndrome Scale (PANSS) apres rTMS active dans le sous-groupe de patients presentant les symptomes negatifs les plus severes compare au placebo. Dans ce sous-groupe de patients, les auteurs ont egalement montre une amelioration significative des performances des patients dans une tache de reconnaissance des emotions faciales apres rTMS active comparee a placebo. Cependant, aucune correlation n'a ete trouvee entre ces deux ameliorations.

Dans une etude plus recente, Rassovsky et al. (2015) ont montre que la tDCS avec l'anode en regard du CPFDL gauche et la cathode en regard du CPFDL droit ameliorait l'identification des emotions faciales chez les patients atteints de schizophrenie. Dans cette etude, 36 patients atteints de schizophrenie completaient la tache de Facial Emotion Identification Test (FEIT). Les 24 patients qui recevaient la seance de tDCS active (20 minutes, 2 mA) amelioraient specifiquement leur performance de reconnaissance des emotions independamment d'autres processus cognitifs (perception sociale et interference sociale) comparativement aux 12 sujets qui recevaient la tDCS placebo. Aucun lien entre amelioration des symptomes et amelioration des processus emotionnels n'a ete recherche dans cette etude, l'amelioration clinique n'etait pas mesuree.

Discussion

Au travers de cette revue des travaux portant sur les effets des techniques de stimulation du CPFDL sur les processus emotionnels dans les pathologies depressives et schizophreniques, nous avons mis en exergue des impacts cliniques et emotionnels specifiques (humeur, processus attentionnel emotionnel et reconnaissance des emotions faciales).

Dans la depression, les etudes n'ont pas montre de modification de l'humeur chez les patients traites par des seances repetees de techniques de neurostimulation (Dang et al, 2007; Anderson et al., 2009; Leyman et al., 2011; Vanderhasselt et al., 2009a), alors meme que les symptomes depressifs etaient ameliores. Les etudes ayant mesure les capacites attentionnelles emotionnelles a l'aide du Go/No-go affectif n'ont pas montre de relation entre amelioration clinique et amelioration des processus emotionnels apres stimulation chez des patients conjointement traites par antidepresseurs pharmacologiques (Bermpohl et al., 2006). Au final, la stimulation du CPFDL pourrait modifier les processus emotionnels chez les patients deprimes non traites par antidepresseurs pharmacologiques en induisant une modification de l'humeur (mesuree par une EVA; Szuba et al., 2001) ou une modification des processus attentionnels emotionnels (Leyman et al., 2011; Boggio et al., 2009). Seuls Leyman et al. (2011) ont rapporte une correlation entre amelioration clinique et amelioration des processus emotionnels sans toutefois montrer un effet sur l'humeur. De nouvelles etudes permettraient d'identifier les liens entre symptomes depressifs, humeur et processus attentionnels emotionnels.

Concernant la schizophrenie, les resultats suggerent que les techniques de neurostimulation sont capables de modifier la reconnaissance des emotions faciales chez les patients (Rassovsky et al., 2015; Wolwer et al., 2014), mais aucun effet sur l'humeur n'a ete rapporte. Cependant, aucune correlation n'a ete retrouvee entre l'amelioration de la symptomatologie negative et l'amelioration des performances de reconnaissance des emotions faciales chez les patients atteints de schizophrenie apres stimulation du CPFDL (Wolwer et al., 2014).

Finalement, ces donnees montrent que l'amelioration de l'humeur n'est pas en lien avec l'amelioration clinique observee chez les patients deprimes. Il semble ne pas y avoir de lien entre l'amelioration des processus emotionnels et l'amelioration clinique ni chez les patients deprimes recevant un traitement pharmacologique ni chez les patients schizophrenes. Ces resultats suggerent que les reseaux neuronaux sous-tendant la symptomatologie des patients et les reseaux neuronaux impliques dans les processus emotionnels et l'humeur sont des reseaux partiellement distincts qui partagent au moins une structure commune: le CPFDL. Cependant, l'application des techniques de neurostimulation en regard du CPFDL ne suffirait pas a moduler simultanement les symptomes, l'humeur et les processus emotionnels (voir Figure 1). Il est par ailleurs interessant de noter que l'absence de lien entre humeur et processus emotionnels a egalement ete observee dans les etudes chez des volontaires recevant de la stimulation au niveau du CPFDL (Mondino et al., 2015 b).

Dans la depression, l'absence de lien entre symptomatologie et processus emotionnel est en accord avec certains resultats observes dans des etudes cognitives qui n'ont pas montre de correlation entre l'intensite des symptomes (mesures par la BDI) et la severite des deficits dans les processus emotionnels (Bylsma et al., 2008). Neanmoins, de nombreuses autres etudes ont montre des associations entre les deficits des processus emotionnels et la symptomatologie des patients atteints de depression (Dalili et al., 2015; Rottenberg et al., 2002). A cote de ces travaux sur la depression, chez les patients souffrant de schizophrenie, aucun consensus n'existe sur l'association entre les deficits des processus emotionnels et les symptomes. Certaines etudes ont montre qu'il existait un lien entre les deficits de processus emotionnels et la symptomatologie negative (Balogh et al., 2014), alors que d'autres ont montre qu'il existait un lien entre les deficits de processus emotionnels et la symptomatologie positive et les deficits cognitifs (Laroi et al., 2010). Ces travaux restent toutefois limites.

[FIGURE 1 OMITTED]

Il est important de noter qu'il est difficile de comparer les etudes entre elles de par la multiplication des echelles de mesure des symptomes (p. ex., [HDRS.sub.17], [MADRS.sub.10] dans la depression ou PANSS, SANS dans la schizophrenie) et des facons de mesurer les processus emotionnels (p. ex., EVA de l'humeur, PANAS, POMS, test cognitifs emotionnel, test de reconnaissance des emotions faciales). Il n'existe pas de consensus sur la methode optimale pour mesurer chacun des parametres (humeur, processus emotionnels et symptomes). Par ailleurs, dans la plupart des etudes, les patients inclus beneficiaient de traitements pharmacologiques (antidepresseurs et antipsychotiques). Or, les traitements pharmacologiques peuvent modifier les processus emotionnels. En effet, s'agissant des traitements antidepresseurs, des etudes realisees chez les sujets sains et les patients deprimes ont montre un effet benefique de ces traitements sur la capacite de reconnaissance des emotions (Harmer et al., 2013; Shiroma et al., 2014; Tranter et al., 2009). Il est interessant de noter que les seules etudes qui ont montre un effet des neurostimulations sur les processus emotionnels avaient inclus des sujets atteints de depression ne beneficiant pas de traitement antidepresseur pharmacologique (Szuba et al., 2001; Leyman et al., 2011; Boggio et al., 2007). Ces donnees suggerent qu'un traitement antidepresseur pharmacologique ou par neurostimulation peut ameliorer les processus emotionnels chez les sujets deprimes. Les resultats negatifs des etudes de neurostimulation ne montrant pas d'amelioration des processus emotionnels chez des sujets deprimes avec traitement pharmacologique pourraient s'expliquer par un effet plafond des traitements antidepresseurs sur les processus emotionnels. Cependant, cet effet plafond des traitements antidepresseurs pharmacologiques n'empeche pas l'effet antidepresseur des techniques de neurostimulation, mais uniquement son effet sur les processus emotionnels. Cette dissociation pose la question d'un mecanisme distinct des traitements antidepresseurs pharmacologiques, des techniques de neurostimulation et de l'association de ces deux approches sur les symptomes depressifs, l'humeur et les processus attentionnels emotionnels.

Dans la schizophrenie, les resultats concernant les effets des traitements antipsychotiques sur les processus emotionnels sont controverses. Bien que des etudes recentes rapportent un manque de preuve quant a l'efficacite des traitements antipsychotiques sur les processus emotionnels (pour revue voir Hempel et al., 2010; Bediou et al., 2012), certaines etudes comme notamment celle de Fakra et al. (2009) ont montre que les traitements antipsychotiques pouvaient ameliorer les processus de discrimination des expressions faciales emotionnelles. Nos resultats suggerent que les neurostimulations peuvent moduler les processus emotionnels chez les sujets schizophrenes qui recoivent des traitements pharmacologiques. Les relations entre techniques de neurostimulation et traitement pharmacologique restent a etre explorees dans des futures etudes chez les patients deprimes et schizophrenes.

L'effet des techniques de neurostimulation ne depend pas seulement des parametres de stimulation (p. ex., cible, frequence, intensite) et des traitements associes, mais egalement de l'etat d'activation des reseaux neuronaux pendant la stimulation (Silvanto & Pascual-Leone, 2008). En ce sens, Isserles et al. (2011) ont montre que la modulation de l'etat emotionnel des patients atteints de depression pendant les seances de rTMS permettait d'ameliorer l'efficacite clinique de la stimulation. Ainsi, appliquer la rTMS lorsque les patients deprimes ressentent des emotions positives est plus efficace que lorsqu'ils ressentent des emotions negatives. Cette etude suggere qu'il existe une interaction entre l'etat emotionnel des sujets, le traitement des processus emotionnels et l'effet therapeutique antidepresseur des techniques de neurostimulation.

Enfin, si le lien entre amelioration clinique et amelioration des deficits des processus emotionnels et de l'humeur est loin d'etre lineaire apres stimulation du CPFDL, l'effet sur les emotions pourrait cependant etre utilise comme marqueur predictif de la reponse chez les patients deprimes recevant de la stimulation sur d'autres zones cerebrales dysfonctionnelles ou a l'aide d'autres techniques de stimulation. En ce sens, Downar et al. (2014) ont montre que les sujets deprimes qui repondaient positivement a la stimulation par rTMS a haute frequence du cortex prefrontal dorsomedian (CPFDM), presentaient des scores d'anhedonie plus bas que les sujets non-repondeurs avant les seances de stimulation. Cette etude suggere que l'intensite de l'anhedonie (qui est liee aux processus emotionnels) pourrait etre un marqueur predictif de la reponse therapeutique a la rTMS. Dans une autre etude, Levkovitz et al. (2011) ont montre que moins les sujets etaient apathiques, plus ils avaient des chances de repondre de maniere benefique a des seances de deep TMS appliquee a haute frequence sur le CPFDL. La deep TMS est une forme de TMS particuliere qui utilise une forme de bobine de stimulation specifique qui permettrait de cibler des regions corticales plus profondes que les bobines en huit classiquement utilisees dans les autres etudes.

Conclusion

Au final, il semblerait qu'il n'y ait pas de lien direct entre l'amelioration des processus emotionnels (humeur, processus attentionnels emotionnels et reconnaissance des emotions faciales) et l'amelioration clinique chez les patients deprimes et schizophrenes recevant des stimulations en regard du CPFDL (Figure 1). L'effet des traitements pharmacologiques et notamment des antidepresseurs pourrait etre un facteur confondant dont l'impact reste a preciser. L'etude des processus emotionnels (anhedonie et apathie) pourrait s'averer interessante dans le but de degager des marqueurs predictifs de reponse aux techniques de neurostimulation.

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Marion Psomiades (a)

Clara Fonteneau (b)

Marie-Francoise Suaud-Chagny (c)

Frederic Haesebaert (d)

Jerome Brunelin (e)

(a.) M. Sc., Inserm U1028/CNRS UMR5292--Lyon Neuroscience Research Center PSYR2 Team--University Lyon 1, France.

(b.) M. Sc., Inserm U1028/CNRS UMR5292--Lyon Neuroscience Research Center PSYR2 Team--University Lyon 1, France.

(c.) Ph. D., chercheur, Inserm U1028/CNRS UMR5292--Lyon Neuroscience Research Center PSYR2 Team--University Lyon 1, France.

(d.) M.D., Ph. D., psychiatre, Inserm U1028/CNRS UMR5292--Lyon Neuroscience Research Center PSYR2 Team--University Lyon 1, France.

(e.) Ph. D., Inserm U1028/CNRS UMR5292--Lyon Neuroscience Research Center PSYR2 Team--University Lyon 1, France--Centre interdisciplinaire de recherche en readaptation et integration sociale, Quebec, Canada.
Tableau 1
Etudes evaluant l'effet de la stimulation magnetique (rTMS) ou
electrique (tDCS) transcranienne sur les symptomes, l'humeur et les
processus emotionnels chez les patients deprimes et schizophrenes

Etude,                  Population       Parametres de
annee                                    stimulation

Etudes dans la depression

Dang et al.,            68 : 35 A/33 P   15 sessions rTMS 10 Hz
2007                                     CPFDL gauche

Anderson et al.,        20 A             15 sessions rTMS 10 Hz
2009                                     CPFDL droit

Szuba et al.,           14 : 9 A/5 P     10 sessions rTMS 10 Hz
2001                                     CPFDL gauche

Palm et al.,            22 crossover     10 sessions tDCS
2012                                     Anode F3/cathode FP2

Bermpohl et al.,        18 crossover     1 session rTMS 1 Hz
2006                                     CPFDL gauche/droit

Boggio et al.,          19 : 12 A/7 P    10 sessions tDCS
2007                                     Anode F3

Leyman et al.,          14 A             10 sessions rTMS 10 Hz
2011                                     CPFDL gauche

Vanderhasselt et al.,   ISA              10 sessions rTMS 10 Hz
2009                                     CPFDL gauche

Etudes dans la schizophrenie

Wolwer et al.,          32 : 18 A/14 P   10 sessions rTMS 10 Hz
2014                                     CPFDL gauche

Rassovsky et al.,       32 : 24 A/12 P   1 session tDCS Anode
2015                                     F3 / cathode F4

Etude,                  Effets      Effets sur   Effets
annee                   sur les     l'humeur     sur les
                        symptomes                emotions
Etudes dans la depression

Dang et al.,            +           -
2007

Anderson et al.,        +/-         -
2009

Szuba et al.,           +           +
2001

Palm et al.,            -           +
2012

Bermpohl et al.,        -                        +
2006

Boggio et al.,          -                        +
2007

Leyman et al.,          +           -            +
2011

Vanderhasselt et al.,   +           -
2009

Etudes dans la schizophrenie

Wolwer et al.,          -                        +
2014

Rassovsky et al.,                                +
2015

A: actif; P: placebo; F3: CPFDL gauche; F4: CPFDL droit;
FP2: region supra-orbitale droite
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Article Details
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Author:Psomiades, Marion; Fonteneau, Clara; Suaud-Chagny, Marie-Francoise; Haesebaert, Frederic; Brunelin,
Publication:Sante Mentale au Quebec
Date:Mar 22, 2016
Words:6750
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