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Marie-Pier Luneau, Jean-Dominique Mellot, Sophie Montreuil et Josee Vincent, dir. (en collaboration avec Fanie St-Laurent). Passeurs d'histoires(s). Figures des relations France-Quebec en histoire du livre.

Marie-Pier Luneau, Jean-Dominique Mellot, Sophie Montreuil et Josee Vincent, dir. (en collaboration avec Fanie St-Laurent). Passeurs d'histoires(s). Figures des relations France-Quebec en histoire du livre. Coll. Culture quebecoise. Sainte-Foy: Presses de l'Universite Laval, 2010. 482 p.; 39,95 $ ISBN : 978-2-7637-9155-5

Pierre Bourdieu, avec son article << Les conditions sociales de la circulation internationale des idees >>, paru en 1990 dans les Cahiers d'histoire des litteratures romanes, figure parmi les premiers chercheurs a avoir reconnu l'importance d'une approche internationale dans la recherche en sciences sociales. D'autres universitaires, comme Christophe Charle, ont depuis propose une methodologie renouvelee de l'histoire culturelle, qui mise sur l'analyse des << hommes doubles >>, ces mediateurs se situant au carrefour de deux aires culturelles distinctes, afin de delaisser l'historiographie classique, le plus souvent centree sur une nation ou un groupe social donnes. Depuis les annees 1990 et de facon encore plus probante avec l'arrivee du dernier millenaire, plusieurs travaux en histoire culturelle, dont des recherches novatrices en histoire du livre et de l'edition, ont adopte une telle perspective. Avec l'ouvrage fondateur Le livre dans le monde (1983) de Robert Estivals, puis, plus recemment, avec la publication du collectif Les mutations du livre et de l'edition dans le monde, du XVIIIe siecle a l'an 2000 (2001), qui regroupe les textes des communications du colloque international qui s'est tenu a l'Universite de Sherbrooke du 9 au 13 mai 2000, force est de constater que les chercheurs en histoire du livre ont tot cherche a degager cette discipline d'une optique etroitement locale et nationale.

Les relations entre la France et le Quebec, du point de vue de l'histoire du livre et de l'edition, ont egalement retenu l'attention des specialistes. Aux travaux fondateurs de Gerard Tougas, avec son article << Une epoque de synthese >>, qui aborde la question des rapports entre les institutions litteraires francophones--plus specifiquement celles de la Suisse romande et du Quebec--et leur relative autonomie par rapport a celle de la France, et de Claude Galarneau, ont succede une quantite non negligeable d'articles et de monographies centres sur des cas de passeurs--telles les contributions de Marie-Andree Beaudet sur les << decouvreurs >> de la poesie quebecoise que sont Alain Bosquet et Rene Lacote, ou encore sur le commentateur assidu de la litterature canadienne-francaise qu'est Charles ab der Halden--, mais aussi sur la reception de la litterature et, par extension, de la culture et des ideologies canadiennes-francaises en France--analyse a laquelle s'est astreint Sylvain Simard dans Mythe et reflet de la France: l'image du Canada en France, 1850-1914 (1987). Des etudes abordent explicitement la question des echanges France-Quebec dans le commerce du livre : mentionnons, a titre d'exemple--car il serait fastidieux d'allonger indument la liste de sources bibliographiques--Les tribulations du livre quebecois en France (1959-1985) de Josee Vincent, qui se penche sur les multiples tentatives d'exportation (souvent infructueuses) du livre quebecois vers l'Hexagone.

C'est dans cette perspective que s'inscrit le collectif Passeurs d'histoire(s). Figures des relations France-Quebec en histoire du livre, publie en 2010 sous la direction de Marie-Pier Luneau, de Jean-Dominique Mellot, de Sophie Montreuil et de Josee Vincent, avec la collaboration de Fanie St-Laurent, dans la collection << Cultures quebecoises >> des Presses de l'Universite Laval. Issus de communications presentees lors d'un colloque international organise conjointement par Bibliotheque et Archives nationales du Quebec (BAnQ), la Bibliotheque nationale de France (BnF) et le Groupe de recherches et d'etudes sur le livre au Quebec (GRELQ) de l'Universite de Sherbrooke--colloque qui s'est par ailleurs deroule au Centre d'archives de Montreal de BAnQ du IO au 13 juin 2008 a l'occasion des celebrations du 400c anniversaire de la ville de Quebec, cet ouvrage reunit 35 articles multipliant les objets et les approches theoriques (l'histoire litteraire, la reception critique, l'analyse des reseaux et des transferts culturels, etc.) dans un souci d'analyser les relations France-Quebec dans le monde de l'imprime, les modalites des echanges, qu'ils soient intellectuels ou strictement commerciaux, les figures de passeurs qui sont les instigateurs de tels echanges ainsi que les enjeux sous-jacents a la formation de reseaux autour de ces passeurs, individus ou organismes.

Precedees de trois articles de Frederic Barbier, de Rejean Robidoux et de Gilles Gallichan, qui sont autant d'hommages rendus a des pionniers en histoire du livre et de l'edition, a savoir Henri-Jean Martin--l'un des premiers a avoir revendique, avec L'apparition du livre, l'existence d'une histoire du livre a vocation totalisante--Romeo Arbour et Claude Galarneau, les contributions de ce collectif rendent compte de l'evolution diachronique des relations France-Quebec, qui peut etre ramenee a quatre grandes periodes, balisees par des bouleversements historiques et sociaux majeurs.

Bien que le mercantilisme et le commerce triangulaire soient a la base des relations entre la Nouvelle-France et la France jusqu'a la Conquete anglaise de 1760, il serait reducteur de croire que seuls des motifs purement economiques regissent les relations entre la colonie et la metropole. Les communautes religieuses, dont les Sulpiciens, comptent parmi les plus influents passeurs de livres en Nouvelle-France. Grace a l'etude des notes, des ratures, des ex-libris et des marginalia d'ouvrages que comportaient les bibliotheques sulpiciennes de cette periode, Eric Bouchard et Micheline Lefebvre ont mis en evidence les multiples roles qu'a assumes cet ordre dans la diffusion du livre en Nouvelle-France. Plus specifiquement, les auteurs insistent sur les usages qu'ont faits ces religieux de l'imprime en general. Que ce soit pour mieux administrer une seigneurie, eduquer la population locale ou evangeliser les Amerindiens, le don, l'echange et l'importation de livres chez les Sulpiciens n'est jamais fortuit. Mais il faudra attendre le travail acharne du bibliothecaire Aegidius Fauteux, dont la trajectoire est etudiee par Marcel Lajeunesse, afin que la collection de la Bibliotheque Saint-Sulpice acquiere ses lettres de noblesse. En verite, Fauteux met a profit son reseau de relations avec des editeurs, des libraires et des fonctionnaires parisiens dans le but d'enrichir la bibliotheque des plus recents ouvrages dans les domaines de l'histoire, de la litterature et de la theologie. Au XVIIIe siecle, les Jesuites participent aussi a ce mouvement de diffusion des connaissances dans le Nouveau Monde, a commencer par Joseph-Francois Lafitau, dont les travaux en ethnographie ont trouve echo chez un Pierre-Francois-Xavier de Charlevoix, entre autres.

En 1760 survient la Conquete de la Nouvelle-France par l'Angleterre. Jusqu'en 1860, toute relation avec la France semble rompue. Or, il n'en est rien : l'un des principaux merites--et ce n'est pas le seul--de Passeurs d'histoire(s) est de demontrer que ces liens, meme s'ils demeurent des initiatives isolees, des epiphenomenes, n'ayant que peu de retombees economiques, du moins pour la colonie, s'intensifient, et ce, de facon plus marquee dans les milieux de la culture et du livre. Gilles Gallichan et Bernard Andres passent en revue quelques cas de figures d'imprimeurs-editeurs, de libraires, de directeurs de periodiques et de bibliothecaires actifs durant cette periode, dont Fleury Mesplet et Valentin Jautard, diffuseurs de l'esprit des Lumieres et fondateurs de la Gazette litteraire (1778-1779). Evitant les ecueils de l'hagiographie complaisante, les articles proposent des analyses minutieuses des continuites, des contradictions ou encore des actions qui temoignent d'un << sens pratique >>, pour paraphraser Bourdieu, dans les trajectoires des passeurs invoques. Des chercheurs, grace a la methode prosopographique et a des sources inedites, vont jusqu'a revisiter l'histoire du livre officielle en suggerant de nouvelles interpretations de trajectoires << d'hommes doubles >> dans le milieu du livre. C'est le cas de Dominique Varry, qui procede a une relecture du parcours de Fleury Mesplet: ce dernier, malgre ce qu'en a pu dire son biographe Jean-Paul de Lagrave, n'est ni le fils ni le petit-fils d'imprimeurs.

Durant le XIXe et une bonne partie du XXe siecles, les relations France-Quebec laissent entrevoir l'existence d'enjeux socioideologiques majeurs: propagation des Lumieres, reforme de l'enseignement au Bas-Canada--par l'entremise de Joseph-Sabin Raymond, cas rapporte par Marc-Andre Bernier, survivance de la France d'avant la Revolution francaise au sein du territoire canadien-francais ... Claude La Charite, par l'etude d'une correspondance entre Joseph-Charles Tache et des membres de l'Institut litteraire de Rimouski, met en relief la fidelite politique et affective du correspondant a la France de l'Ancien Regime. Alors que l'Exposition universelle de Paris, parangon du progres de la civilisation francaise, attire des millions de visiteurs, Tache se tourne plutot vers la France monarchiste. De meme pour Theodore Botrel, originaire de Bretagne, qui edifie une veritable entreprise patriotique par le biais de ses chansons, publiees en recueils : en fait, il ravive, souligne Jean-Francois Botrel, le catholicisme et le sentiment d'affirmation nationale au Canada francais a une epoque ou la laicisation et la modernisation progressives menacent la France. Pour Theodore Botrel, l'enjeu consiste donc a attester de la perennite de la France catholique, berceau de la civilisation. Jusqu'aux congregations religieuses de tout acabit qui, apres l'adoption du decret Combes de 1904, affluent au Canada francais dans l'espoir d'y trouver asile. La correspondance de plusieurs de leurs membres, comme le montre Guy Laperriere, demontre leur volonte de controler l'imprime, ne serait-ce que pour eviter l'exemple de la France laique, voire athee, nourrie de mauvaises lectures : les Dominicains et leur Revue dominicaine (1915-1961), etudiee par Dominique Marquis, seront pour leur part plus sensibles aux reflexions sur l'avenir de la societe et a la modernite. En fait, au XIXe et au debut du XXe siecles, c'est la definition meme de la << nation >>, tant francaise que canadienne-francaise, qui semble au coeur des relations entre la France et son ancienne colonie. En temoignent les propos de Thomas Loue, qui affirme, au sujet de Ferdinand Brunetiere et de La Revue des Deux Mondes (1829-) : << En bref, il s'agit de maitriser la production des representations de soi, des normes nationales a l'etranger, de maitriser, en fait, un discours sur la "civilisation">> (p. 181).

De 1860 a 1960, periode delimitee d'une part par l'alliance franco-britannique conclue au moment de la guerre de Crimee et par l'adoption de la Confederation en 1867, d'autre part par les debuts de la Revolution tranquille, les relations France-Quebec s'institutionnalisent. Reseaux officiels, structures organisees, appareils codifies : tout concourt a l'accroissement des relations diplomatiques entre les deux territoires. Le Comite France-Amerique et l'Alliance francaise a Montreal contribuent ainsi au rayonnement de la France, de sa culture et de sa langue, sur son propre territoire et a l'etranger par l'entremise de soirees musicales et dramatiques, de conferences, sans oublier la revue France-Amerique, creee en 1925, et Le Journal des nations americaines, fonde en 1929, au sein desquels Bjorn-Olav Dozo percoit un affaiblissement du reseau franco-quebecois au lendemain de la Deuxieme Guerre mondiale au detriment d'un interet accru pour les Etats-Unis. Ceci dit, les echanges artistiques et litteraires ne sont pas en reste. Intellectuel anticlerical, adepte de l'ideologie francmaconne, Cornelius Deom, ainsi que le precise Stephanie Danaux, se situe au coeur d'un reseau culturel: sa librairie, lieu de diffusion des idees novatrices en provenance d'Europe, attire une partie de l'avant-garde d'alors, tandis que les livres illustres qu'il edite dans une presentation materielle soignee--songeons seulement aux editions limitees d'ouvrages d'Albert Ferland, de Jules Fournier et de Guy Delahaye--trouvent preneurs en France comme au Quebec. De tels echanges, meme s'ils manquent souvent de reciprocite, n'en sont pas moins determinants sur la structure du champ litteraire local et sur la constitution progressive d'une litterature nationale distincte. Ainsi, soucieux de la protection des ecrivains et de leurs oeuvres, Louvigny de Montigny, precise Marie-Pier Luneau, encourage les auteurs canadiens-francais a prendre le pas sur leurs homologues francais en matiere de protection des droits d'auteurs.

<< Tenter de resumer en quelques lignes les evenements survenus apres 1960 est certes un exercice impossible a realiser >> (p. 10), soutient Josee Vincent en introduction a Passeurs d'histoire(s). Consequemment, les contributions rassemblees dans les quelque cent dernieres pages sont davantage a considerer comme des pistes d'exploration des relations France-Quebec en histoire du livre, comme les premisses d'autres travaux a mener sur le sujet, plutot qu'une analyse exhaustive. De ces articles se degage neanmoins une idee directrice : les relations France-Quebec gagnent en reciprocite, en ce sens oU la France manifeste de plus en plus d'interet pour la litterature quebecoise, cette derniere cherchant a acquerir ses lettres de noblesse par une visibilite elargie dans la << Republique mondiale des lettres >>, au sens oU l'entend Pascale Casanova. Les premieres tentatives demeurent cependant plutot timides, comme en fait foi la chronique << Lettres canadiennes >> (1931-1939) qu'a tenue Pierre Dupuy dans le Mercure de France, chronique qui illustre, selon Michel Lacroix, de quelles facons la critique francaise a gomme les specificites de la litterature canadienne-francaise.

Des les lendemains de la Deuxieme Guerre mondiale, et encore davantage durant les decennies 1960 et 1970, d'autres passeurs sont a l'origine de liens litteraires et culturels durables entre la France et le Quebec: d'un cote, Robert Marteau, dont la trajectoire est evoquee par Gerard Fabre, commente la poesie quebecoise, qu'il envisage d'ailleurs comme un geste politique en soi, a l'interieur des pages d'Esprit; d'un autre cote, le Cercle Leon Bloy, d'apres Eric Walbecq, favorise la reception des oeuvres de l'ecrivain catholique francais dans le Quebec de l'apres-guerre. D'autres encore, tel Robert Laffont, optent pour des formules d'echanges renouvelees comme la coedition. Toutefois, ces initiatives ne se concretisent pas toujours sans difficulte, ainsi que le donne a lire Luc Pinhas : occupant une position dominee sur l'echiquier editorial, de par sa localisation geographique excentree par rapport a Paris, centre de l'edition, et de par la jeunesse de son entreprise, Laffont, malgre des ententes conclues avec Pierre Tisseyre, du Cercle du livre de France, et Jacques Hebert, des Editions du Jour, echoue plus ou moins dans sa tentative d'exportation de la litterature quebecoise en France. Par consequent, le << passage oblige de la reconnaissance en France >> n'aboutit pas a des resultats probants pour plusieurs editeurs quebecois, sauf peut-etre dans le cas de Lemeac et d'Actes Sud, dont l'entente de coedition a donne naissance a << Babel>>. Ceci dit, l'image de marque de cette collection, orientee vers l'international, s'est imposee au fil des ans, sacrifiant les specificites des oeuvres et des auteurs quebecois, parmi tant d'autres. Cet << effet-collection>>, precise Bertrand Legendre, porte a croire que la marque editoriale quebecoise, a une epoque oU la penetration d'une litterature francophone sur le marche hexagonal est loin d'etre acquise, represente une entrave a la diffusion dans le champ litteraire francais (p. 438).

Ainsi, si les relations culturelles entre la France et le Quebec sont relativement florissantes, les echanges commerciaux, pour leur part, demeurent modestes. Qui plus est, certaines entreprises editoriales francaises voient en la Belle Province un marche prometteur qu'ils peuvent exploiter a leur guise. Apres Martin Bossange, qui etablit, avec son fils Hector, un reseau mondial de librairies, entre autres en Amerique latine, a New York et a Montreal, au debut du XIXe siecle, les visees expansionnistes des editeurs et des libraires francais atteignent leur apogee au tournant des decennies 1960 et 1970, tandis que l'<< affaire Hachette >> bouleverse l'ensemble du milieu du livre quebecois. Grace a l'etendue de son reseau--aupres des spheres du pouvoir et des professionnels du livre autant francais que quebecois, Ithier de Roquemaurel, tel que le revele Philippe Roy, est un acteur primordial dans l'implantation d'Hachette au Quebec et dans sa volonte d'envahir le marche du livre local.

A plus d'un titre, Passeurs d'histoire(s) est une contribution majeure a l'histoire des relations France-Quebec dans le milieu du livre et, par extension, a l'histoire culturelle. Offrant une synthese des relations qui se sont nouees pendant plus de trois siecles des deux cotes de l'Atlantique, l'ouvrage impressionne par la variete--que d'aucuns peuvent envisager comme de l'eclectisme--des sujets qu'il aborde, ces derniers depassant parfois le strict objet qu'est l'imprime. Ainsi, ce ne sont pas seulement les livres qui voyagent d'un continent a l'autre, mais aussi les (petits) acteurs d'une troupe de theatre, que Lucie Robert estime incontournables dans la constitution d'un repertoire et d'une dramaturgie nationale, les postures (comme le decrit Anthony Glinoer dans son article sur la constitution d'une boheme litteraire montrealaise a partir de figures et de sources parisiennes) et les representations : songeons uniquement a la figuration du milieu litteraire et artistique parisien dans la premiere moitie du XXe siecle dans les Memoirs of Montparnasse de John Glassco, ouvrage que commente Patricia Godbout. Autant la litterature dite legitime que l'edition populaire et les ouvrages pratiques, comme en font foi les articles de Hans-Jiirgen Liisebrinck et d'Mine Francoeur, avec respectivement pour sujet l'adaptation du Larousse illustre de Sylva Clapin pour le marche quebecois et la presence du vocabulaire quebecois dans Le Robert, ont leur place dans le collectif. Bilan historique, Passeurs d'histoire(s) est egalement une somme theorique et methodologique. Non seulement des notions comme celles de transfert culturel et d'adaptation sont amplement discutees--au sujet de ces deux concepts, l'article de Martin Dore est fort eclairant--: les contributions exposent un cadre d'analyse rigoureux pour quiconque veut se pencher sur la question des relations internationales en histoire du livre. Evocation des contextes sociohistoriques et des acteurs en jeu; descriptions minutieuses de trajectoires des principaux individus concernes; examen des reseaux (tantot formels, tantot informels); analyse des objets (imprimes), des modalites de leur(s) transfert(s) et des enjeux: voici quelques elements de methode qui seront utiles tant aux chercheurs chevronnes que neophytes dans leurs travaux.

Accessible, Passeurs d'histoire(s) se lit comme le recit captivant de relations et d'entreprises qui ont ete a maints egards fructueuses, mais qui ont egalement parfois connu des rates, comme le signifient Michel Pierssens pour le cas d'Achille Steens et de la Revue des Deux Frances (1897-1899), ou encore Denis Saint-Jacques et Marie-Josee Des Rivieres, auteurs d'un article sur l'echec du panorama de Litterature francaise moderne (1931) de Robert de Rumilly. Il ne reste plus qu'a souhaiter que d'autres travaux aussi bien ficeles devoilent des pans encore meconnus a ce jour des relations France-Quebec.

NICHOLAS GIGUERE

Universite de Sherbrooke
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Author:Giguere, Nicholas
Publication:Papers of the Bibliographical Society of Canada
Article Type:Book review
Date:Mar 22, 2012
Words:2919
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