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Mali : 86 personnes reduites a l'etat d'esclavage chassees de leur domicile dans un village de la region de Kayes.

Au moins 86 personnes reduites a l'etat d'esclavage pendant plusieurs decennies ont ete chassees, la semaine derniere, de leurs domiciles par le chef de village de Kayenera, dans le cercle de Diema, dans la region de Kayes (ouest), parce qu'elles ont decide de protester contre leur situation, a-t-on appris mardi aupres de la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH).

Elles ont ete accueillies a Bamako par la CNDH, un organisme gouvernemental malien charge de contribuer a la promotion et au respect des droits de l'homme.

Ces victimes se trouvent dans les locaux du CNDH a l'ACI 2000 a Hamdallaye, quartier ouest de Bamako ou elles beneficient d'une prise en charge.

Le president du CNDH, Aguibou Bouare, a saisi l'occasion pour demander au gouvernement malien de sevir contre cette impunite. "Nous demandons que ces exactions soient sanctionnees avec la derniere rigueur. Rien ne saurait expliquer que des Maliens traitent leurs concitoyens comme des esclaves. La justice doit faire valoir les lois de la Republique", a-t-il soutenu.

Lundi, une delegation des ministeres charges des Affaires sociales, de la Solidarite et de la Lutte contre la pauvrete a rendu visite a ces deplaces victimes d'esclavage et a promis de les reloger dans un centre plus spacieux avant de trouver une solution definitive a ce probleme.

Interdit par l'article 2 de la Constitution malienne, l'esclavage demeure une pratique courante dans certaines regions du Mali. Dans les cercles de Diema et Yelimane, les cas de pratique d'esclavage continuent de parvenir a la CNDH, notamment dans les milieux soninkes, ethnie majoritaire dans cette partie du pays.

Il y a deux ans, rappelle-t-on, dans le meme village de Kayenera, des violences ont eclate entre les personnes appelees "esclaves" et la chefferie, lorsque les victimes ont decide de ne plus repondre a ce nom.

Face a cette contestation de leur situation d'esclaves, indique la CNDH, les familles autochtones en complicite avec le chef du village ont decide d'imposer un embargo total a tous ceux qui ne veulent plus etre appeles "esclaves".

Cet embargo a conduit a l'interdiction du centre de sante, le marche, les boutiques et les voies principales du village aux personnes victimes de l'esclavage sous peine de represailles et du paiement d'une amende qui s'eleve a 100.000 FCFA, revele la Commission.

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Publication:Infos Plus Gabon
Geographic Code:6MALI
Date:Jul 30, 2019
Words:461
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