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Los esclavos, el ocio y la educacion en el imperio romano: slaves, leisure ad education in the Roman Empire.

RESUMEN: La relacion entre dominas y sewtis no comienza a suavizarse hasta el ultimo periodo de la epoca helenistica. Este cambio se debe tanto a la influencia del estoicismo en las elites ciudadanas como a las transformaciones sufridas en el contexto politico-social de ese periodo. Los esclavos empiezan a disfrutar de sus dias libres y de esta manera pueden participar, casi regularmente, en festivales y banquetes, asi como en el reparto de viveres y dinero. En cuanto a la educacion, se producen menos cambios. Solo algunas personas de condicion servil disfrutan de una educacion, gracias, generalmente, a la buena voluntad o el interes de su senor. En este sentido, Roma aparece mas <<generosa>>, impulsa la creacion de escuelas para esclavos. En el mundo griego, por el contrario, los nacidos no libres solian quedar excluidos de los gimnasios; asi el acceso solo se les permitia para la uncion y nunca para celebrar actividades deportivas o competiciones; las escasas excepciones confirman la regla.

Palabras clave: esclavos, ocio, educacion, imperio romano.

ABSTRACT: Dominus and semis relationship began to soften only in the last part of the Hellenistic age; this change was caused both by the influence of Stoicism on the civic elites and by the transformations in the political and social context which took place in this period. Slaves started to enjoy <<jours de conge>> and so were able to take part, almost regularly, in festivals and banquets, as well as in money and food distributions. As for education, there were fewer changes. Very few slaves were able to get an education, and this was generally due to their master's willingness or interests. In regard to this, Rome appears to be more <<generous>>, providing for the creation of slave schools. In the Greek world, on the contrary, non-freeborn individuals were usually debarred from the gymnasium, and when the latter opened its doors to slaves it was only for unction but never for athletic activities or contests; the rare exceptions to this rule confirm it.

Key words: slaves, leisure. education, Roman Empire.

Introduction

E. Ch. Welskopf, dans une communication presentee au premier colloque de Besancon SLir l'esclavage (1), partant principalement de la formule d'Aristote (Politique 1334 a, XV.2), <<[TEXTE NON REPRODUCTIBLE EN ASCII.]>> --qu'on peut traduire soit par <<les esclaves n'ont pas besoin de loisirs>> soit par <<les esclaves ne doivent pas avoir de loisirs>> -- affirmait que le manque de [TEXTE NON REPRODUCTIBLE EN ASCII.], c'est a dire de temps libre, expliquait le fait que les esclaves n'aient jamais pu se constituer en tant que classe dans le monde antique. L'esclave menait, selon lui, une vie de contrainte permanente sans la liberte de consommer les plaisirs artistiques, la cultLire, le sport, enfin l' activite politique; le loisir du maitre presupposait le non-loisir de l'esclave. Ces affirmations qui semblent, de prime abord, etre conformes a l'idee generale sur le monde esclavagiste demandent a etre nuancees aussi bien dans l'espace que dans le temps.

1. Les esclaves et la schole

Laissons de cote la question de savoir si les esclaves, prives de schole, pouvaient former la conscience d'une classe. Cette question est par sa nature tres compliquee sinon controversee, a cause de ses implications ideologiques. Je n'insisterai donc pas sur ce point; en revanche je tacherai d'analyser tres rapidement, tout d'abord, la valeur semantique du mot schole-ascholia pour examiner par la suite la qLiestion dLi rapport des esclaves avec le temps libre et les loisirs.

Le mot schole n'avait pas le sens qu'il prit par la suite, tant en grec moderne que dans la plupart des langues europeennes, c'est a dire celui d'ecole (scholeion, scuola, school, ecole, scuela); le mot avait le sens de loisir, c'est a dire le temps libre a disposer sans aucune contrainte; c'est donc un terme positif qui s'oppose a Yascholia, ideologiquement negatif puisque c'est l'equivalent du travail avec toutes les peines et les contraintes que celui-ci suppose. Precisons que cette forme de dependance creee par Yascholia, qui horrifie le citoyen a l' epoque classique, ne concerne theoriquement que les non-citoyens, particulierement les esclaves, d'oo l'evolution semantique en grec moderne du mot douleia designant a la fois le travail et l'esclavage (2).

Dans une societe esclavagiste le rapport des esclaves avec la schole est intimememt lie a la staicture et a l'organisation du temps pour le dominus et le servus. Aristote signalait (3) que l'organisation du travail non seulement echouait au maitre mais qu'elle devait se faire de telle sorte qu'il lui laisse beaucoup de temps libre afin qu'il puisse se consacrer a la vie politique, a la culture de son esprit et de son corps; cela etait possible --les anciens etaient tous d'accord sur ce point-- grace au statut d'anti-citoyen, d'etranger absolu, reserve a l'esclave. Celui-ci, a l'oppose du maitre, ne devait pas avoir de temps libre pour des activites creatrices puisqu' il devait assurer toutes les peines et les travaux auxquels il etait predestine par sa situation d'inferiorite naturelle, sociale ou intellectuelle (4). Platon pensait meme qu'une utilisation correcte du travail servile exigeait la pulverisation sociale des esclaves, c'est a dire <<qu'ils ne soient entre eux ni de la meme patrie ni de la meme langue>> (Lois 117a). Les penseurs romains ne s'eloignent pas de cette conception puisqu'ils pronent egalement une organisation severe du temps de travail des esclaves de sorte qu'ils ne restent jamais inoccupes. Caton (De Agr. II), par exemple, conseille au dominus et a son agent d'execution le vilicus <<a ne laisser en aucun cas l'esclave inactif, meme en temps pluvieux et les jours de fete>> et on trouve un conseil analogue chez Columelle (5) qui incite les proprietaires a avoir un nombre inferieur d'esclaves de celui necessaire aux grands travaux quite a les renforcer par des travailleurs salaries.

Ces conseils refletent, certes, les conceptions theoriques des elites intellectuelles, grecques et romaines, sur les rapports sociaux mais la realite quotidienne est plus nuancee voire differente a travers l'espace geographique mediterraneen et ce au long d'une periode qui depasse les mille ans (600 av. J.-C.-600 ap. J-C). Les eclaves ne constituent pas une population homogene et immuable et le meme mot doulos peut designer, en grec, des realites sociales profondement differentes: mise a part la grande distinction entre esclaves de type hilotique et esclaves marchandise on peut trouver des differences entre les esclaves dans chacun de ces groupes selon le genre d'occLipation, le regime politique, enfin selon l'environnement ideologique et social (6). On trouve ainsi dans la meme cite des esclaves urbains et des esclaves ruraux, des esclaves intellectuels mais aussi des travailleurs manuels, des esclaves publics ou sacres enfin des esclaves prives (7). On peut, me semble-t-il, en deduire que si le temps libre, les loisirs manquent totalement a certains groupes ils en existent d'autres pour qui il n'est pas exagere d'afficher, en paraphrasant avec P. Vidal-Naquet, la maxime du heros d'Animal farm de Georges Orwell: <<tous les esclaves sont egaux, mais certains esclaves sont plus egaux que d'autres>> (8).

Il faudra ajouter que les rapports des esclaves avec la schole n' echappent pas a l'evolution de la societe et des mentalites qui entrainent obligatoirement des changements aussi bien dans la forme que dans le contenu des relations entre dominas et servus et, comme disait deja P. Debord (9), au colloque de Besancon, si la documentation utilisee par E. Ch. Welskopf, fournie essentiellement par des auteurs grecs de la periode classique, permettait de tirer certaines conclusions, <<celles-ci doivent etre fortement nuancees si elles doivent etre appliquees a l'ensemble de la periode antique>> (10). Les premieres traces timides d'un changement des rapports entre le dominus et le servus sont perceptibles a Athenes, deja a l'epoque classique, particulierement a travers la peinture grossiere sinon exageree donnee par Le Vieil oligarque. Celui-ci deplore la liberte excessive des esclaves de son temps et la degradation des rapports avec les maitres; il inscrit cette evolution aux mefaits de la democratie athenienne (11). Meme si ces accusations font partie de l'arsenal de la propagande oligarchique et de la lutte politique acharnee entre conservateurs et democrates, au Ve siecle ar. J.-C., on doit admettre que les nouvelles conditions politiques et ideologiques ainsi que les besoins en hommes de l'empire maritime athenien multiplierent les occasions d'un allegement de la dependance puisqu'on accepta des esclaves dans la marine voire, exceptionneltement, clans l'armee de terre (12). C'est, probablement, a partir de cette periode qu'une categorie d'entre eux, les [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.] exercent des fonctions tres lucratives (e.g. banque, commerce) qui leur permettent de se constituer un pecule personnel; on peut supposer que dans cette categorie appartiennent les esclaves accuses pour le luxe et les richesses chez Pseudo-Xenophon (13). On sait que cette evolution se poursuit au IVe siecle puisqu' a partir de cette epoque on accorda davantage aux esclaves la possibilite de travailler a leur compte hors de la maison du maitre contre le versement d'une redevance forfaitaire (14).

Ces phenomenes isoles ne marquent pas un changement general dans les rapports entre dominus et servus. L'evolution, dans ce domaine, sera lente et c'est seulement plus tard, precisement pendant la derniere phase de la periode hellenistique, qu'on pourra observer quelques signes de changements des rapports sociaux, ceux-ci etant d'abord visibles au niveau de la conception meme de l'esclavage; celui-ci n'est plus considere comme un fait de la nature ([TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]) mais comme le produit du hasard, la consequence de la mauvaise fortune ([TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.] (15). Cette evolution s'inscrit sur le compte des Stoiciens; ceux-ci pensaient, a l'instar de Seneca (16), qu'on devait montrer une sympathie speciale envers les personnes qui etaient devenues recemment esclaves et leurs idees ont certainement une influence sur les elites romaines, des la fin de la Republique (17); cette situation explique en partie l'attitude des juristes romains pour lesquels il n'y a pas d'opposition entre <<esclavage naturel>> et <<esclavage legal>> ([TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]), pour eux l'esclavage n'est qu'une institution juridique.

L'attitude favorable envers les esclaves va egalement se renforcer grace au developpement de l'esprit d'universalite qui caracterise depuis longtemps les cultes a mysteres et les cultes d'associations; on constate alors une ouverture de la polis aux esclaves et aux exclus dans le domaine de la religion. Cette ouverture depasse l'horizon etroit de la cite et accueille dorenavant les fideles de toute provenance, de tout age, de toute condition (18). Une attitude similaite de faveur, envers les esclaves, est observee dans le domaine politico-social. A partir de la basse epoque hellenistique les personnes de condition servile ne s'opposent plus aux citoyens mais commencent a ce confondre, socialement parlant, avec eux (19). La devalorisation du statut des derniers est evidente dans le cadre des distributions publiques, offertes par les evergetes (20). Les citoyens, prives dorenavant de la relation privilegiee et d'egalite avec leurs concitoyens riches se trouvent, mutandis-mutandis, dans la meme panier avec les autres habitants pauvres de la cite voire les esclaves. Cela explique pourquoi les actions evergetiques des notables ne sont plus reservees qu'aux citoyens mais font profiter les habitants de la cite toute entiere. Les esclaves beneficient maintenant, comme d'ailleurs les ecoliers, de quelques <<jours de conge>> pendant lesquels ils sont liberes de toute occupation (21). Ils peuvent alors participer aux manifestations religieuses et prendre part aux distributions civiques de toute sorte (22). Mais l'ouverture sociale ne concerne pas seulement les cultes et les diverses distributions evergetiques; elle comprend egalement l'admission des esclaves dans les tombeaux familiaux ou la permission d' eriger leurs propres tombes ou des tombes pour leur famille, enfin l' elargissement de leur emploi comme intendants (oikonomos ou pragmateutes) dans les domaines de leurs marres>> (23).

Ce changement dans les moeurs et le comportement social des elites, qui correspond moins a une vanite de riche ou a une habilete demagogique qu' a un vrai sentiment de justice humaine, selon Laumonier (24), est perceptible dans les decrets honorifiques de la periode et l'evergete n'est pas loue seulement pour ses vertus civiques mais aussi pour ses qualites morales concernant les esclaves; ainsi la longue liste des adjectifs honorifiques d' un eloge funeraire pour Agrephon a Caunos de Caria (25) clot avec cette remarquable phrase [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.] formule qui n'est pas loin de celles mettant en valeur, plus tard, la charite et l'humilite chretienne (26).

Le bon usage du temps libre: 1' education des esclaves (27)

A 1' epoque d'Aristote (IVe s.) le loisir est devenu un probleme social, ce qu'il n'etait pas encore au temps d'Homere (28); le philosophe (Politique 1337b 3-1338b 9) medite aussi bien sur l'abus de loisir, c'est a dire sur son usage excessif sans aucune fin qui devait creer un sentiment incessant d'insatisfaction (Ethique a Nicomaque 1154a 26-29; 1154 b, 2-4) que sur l'abus de discipline sportive et militaire chez les Spartiates qui detruit l'esprit (Politique 1333 b, 15-21 et 1338b 1-7); il constate que le rapport des hommes libres et des esclaves avec le loisir est en train de changer et que, de plus en plus, un grand nombre de citoyens libres est employe par les plus fortunes en activites remunerees d'oo la contradiction evidente de son epoque: le nombre d'esclaves augmentait mais le temps de loisir diminuait pour un grand nombre de citoyens libres (29). L'organisation du temps de travail mais aussi de repos posait de grands problemes aux maitres, egalement a l'epoque romaine; en effet certains esclaves ruraux disposaient de plus de temps libre que d'autres et Columelle (De rustica I, 8) proposait aux proprietaires une certaine mtionalisation du temps de travail particulierement pour la categorie des specialistes techniques qu'il appelle les delicatae urbanaeque artes (30).

Ces conceptions du loisir et de sa meilleure exploitation expliquent le fait, qu'en general, les esclaves n'ont aucun rapport avec l'education. Le systeme educatif de la cite ne se preoccupait pas, comme il le faisait pour les citoyens libres, de leur education et, comme le precisait plus tard Seneque (Ben. 3.21, 2), un maitre avait seulement l'obligation de nourrir et de vetir son esclave; aller plus loin et lui permettre d'acquerir l'education d'un homme libre etait une faveur, non un droit (31); si un maitre accordait a ses esclaves un peu de loisir, de repos, de meilleure nourriture, un plaisir erotique,. une visite au theatre, une certaine liberte de commerce, tout cela n' emanait pas de ses droits et pouvait etre revoque a tout instant par le despotes (32).

L'exercice de diverses professions, confiees aux esclaves, exigeait soit un apprentissage prealable aupres d'autres, parfois esclaves plus experimentes, soit une formation intellectuelle aupres d'un maitre, precisement dans le cadre des grandes Maisons aristocratiques (33)>>. Tout ceia se faisait individuellement et n'avait aucun caractere institutionnel. La correspondance, toutefois, de Zenon et de Nestor avec un pedotribe montre qu'en Egypte ptolemaique il etait possible d'investir un capital pour l'education mais aussi pour l'entrainement athletique des garcons selectionnes, de condition libre mais aussi servile et cela, en dehors du cadre de la maisonnee aristocratique (34) Cette pratique semble plutot isole le monde grec n'ayant pas depasse ses limites traditionnelles quant a 1' education des esclaves; c'est Rome qui a concu, sous l'Empire, un autre plan educatif reserve aux esclaves en dehors de l'apprentissage; il s'agit des paedagogia (35) qui etaient la forme la plus systematique et la plus durable pour l' education des fils d'esclaves. Ces ecoles preparaient, de la meilleure facon, les esciaves a exercer divers metiers concernant l'enseignement, la technologie, l'artisanat, le commerce, l'art ou les spectacles (36), mais aussi a assumer, une fois affranchis, diverses autres responsabilites plus importantes dans l'administration imperiale (37). L'habilete et la preeminence de ces derniers montrent l'efficacite de l'education donnee au Paedagogium.

L' education donnee aux esclaves etait en general technique et, en realite, peu d'esclaves avaient la chance d'acquerir une formation intellectuelle et a l'instar d'Hermeros, un des invites de Trimalchio (38), qui, ayant signale qu'il frequenta 1' ecole, pouvait declarer plein de satisfaction: <<je remercie dieu pour 1' education; elle m'a fait ce que je suis>>. Les activites creatrices et la meditation philosophique etaient le monopole des hommes libres, peu d'esclaves ont pu se distinguer, dans ce domaine, et acquerir une certaine notoriete publique. C'est Hermippos de Beyrouth, lui-meme ex-esclave, qui a fait, sous Hadrien, leur inventaire dans un traite au titre evocatieur: [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.], cov. Ce traite a ete malheureusement perdu mais nous avons conserve, grace a Aule Gelle (Nuits attiques II, 18), les noms des esclaves distingues a la philosophie (Phaedon, Epictete) (39).

2. LES ESCLAVES ET L'ACCES AU GYMNASE

Le gymnase institution civique par excellence n'est reserve, a l'epoque classique et hellenistique du moins, qu'aux citoyens libres (40). Cette exclusion des non-citoyens semble generale malgre le fait que certaines cites cretoises se montrent, comme nous l'apprend Aristote (41), plus genereuses a l'egard de leurs esclaves deja des le debut du IIIe s. av. J.-C. La liberalite cretoise, confirmee par le code de Gortys et par le scholion d' Hybrias le Cretois (42), concerne simplement la concession de quelques droits a savoir la participation au sacrifice et au repas a la fin de la fete; en revanche, les lois cretoises precisent qu'il etait interdit aux esclaves de se frotter a l'huile pour pratiquer la gymnastique et de se livrer a la pederastie avec les jeunes gens (43): [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]. Cette interdiction est encore rappelee par Plutarque a deux autres reprises (44).

A 1' epoque hellenistique, comine nous l'avons deja vu, si les esclaves ont droit avec les ecoliers, a quelques jours de conge, et s'ils participent aux banquets publics et beneficient souvent des distributions de vivres, de boissons voire d'argent, le gymnase reste, selon l'expression de L. Moretti <<una rocca inespugnabile>> (45). Cette exclusion est rappelee dans certains documents de la Periode, a savoir les inscriptions de Milet, de Teos ou d'Athenes (46) mais de facon beaucoup plus explicite dans la loi gymnasiarchique de Beroia; selon cette loi, qui date du debut du second siecle, l'esclave est totalement exclu du gymnase avec l'affranchi, l'apalaestros, le prostitue etc: <<ne se mettront nus au gymnase ni l'esclave, ni l'affranchi, ni leurs fils, ni l'apalaistros, ni le prostitue etc.>> (47); l'interdiction de l'onction pour cette categorie sociale est prevue expressis verbis dans la loi sacree d'Andanie, en Messenie, un siecle plus tard (92 a. C.): [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.] ([Syll.sup.3], 736, 1. 104): <<qu'aucun esclave ne s'enduise d'huile>> et est sous-entendue dans une inscription de Priene, du debut du ler s., oo un homme, probablement un gymnasiarque, est honore d'avoir ouvert le gymnase, du moins pour des distributions de l'huile d'onction et le repas sacrificiel, <<meme a ceux qui, par mauvaise fortune, sont exclus du gymnase>> (IvPriene122) [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.] (48)

La generosite du gymnasiarque de Priene est un exemple precoce (100 av. J.-C.) mais cette ouverture timide du gymnase n' est qu'exceptionnelle, en revanche, a partir de l'Empire, les esclaves ont, de plus en plus, droit a la distribution de l'huile pour l'onction (49). Tiberius Claudius Diodotos, un notable local d'Argos se vante, dans une inscription datee du regne de Claude ou un peu plus tard, d'avoir ete le premier qui ouvrit la distribution de l'huile pour l'onction dans les gymnases et les thermes, aux hommes libres mais aussi aux esclaves (IG IV 606); plus tard, sous le regne de Trajan, Diodotos trouva un successeur en la personne d'Onesiphoros; celui-ci distribua sans distinction, aussi bien aux hommes libres qu'aux esclaves, de l'huile pour l'onction aux gymnases et aux thermes depuis l'aube jusqu'au coucher du soleil (50). Sous Hadrien, Asclepiades a Dorylaion de Phrygie servir comme gymnasiaque aussi bien pour les hommes libres que pour les esclaves (OGIS 479=IGRR IV, 522); a Parthicopolis, en Macedoine orientale une femme a fait une donation (en 211. ap. J.-C.) de 10.000 drachmes attiques pour l'achat de l'huile devant servir a l'onction des hommes libres, des etrangers et des esclaves, pendant un festival dont la duree est de trois jours (51); enfin a Gytheion en Laconie (52) Faenia Aromation, elle-meme affranchie, fait une donation, en 42 ap. J.-C. (IG V 1, 1208), au gymnase de la cite et prend un soin particulier pour que ses esclaves puissent beneficier, pour une periode determinee de six jours, de la distribution gratuite de l'huile pour l'onction (11. 38-41): <<je veux que les esclaves aussi participent a cette fourniture d'huile chaque annee pour six jours, les trois jours consacres aux Empereurs et les trois autres a la deesse, ni un magistrat, ni un membre du Conseil, ni un gymnasiarque ne pouvant les empecher de se frotter d'huile>>. Les precautions et les craintes de Faenia de Gytheion montrent clairement que l'ouverture du gymnase mais aussi des thermes a des personnes de condition servile (53) ne se faisait pas sans obstacles. Les personnes de condition libre et les autorites civiques gardent une attitude de mefiance envers les personnes de statut et de condition inferieurs. Si Faenia, comine d'autres membres des elites civiques de la periode, etaient fiers de voir les esclaves dans le gymnase et de les faire prendre part a la distribution de l'huile et eventuellement aux exercices physiques, la question est de savoir jusqu' a quel point pouvait aller cette acceptation des hommes de condition servile dans les institutions reservees jusqu'alors qu'aux personnes de condition libre.

La participation des esclaves aux exercices physiques, dans le cadre du gymnase, semble exceptionnelle. Le plus ancien exemple vient de 1' Egypte ptolemaique oo, semble-t-il, comme nous l'apprend la correspondance de Zenon (54), l'entrainement athletique des esclaves avec des hommes libres etait possible mais, en general, ce genre d'activites etait normalement interdite. La meme interdiction concerne la participation des esclaves aux competitions athletiques. Ulpien interpretant la Lex Aquilia concernant les accidents moreis pendant les competitions athletiques dit clairement: Hoc autem in serro non procedit; quoniam ingenui solent certare (Digest 9.2.7.4). Si, malgre cette interdiction, les esclaves sont admis parfois a un concours, cette participation est entouree des difficultes et des obligations qui marquent leur inferiorite: selon l'inscription d'une cite pisidienne le vainqueur esclave recevait un prix inferieur puisqu'il etait oblige, en cas de victoire, d'allouer le quart de la somme recue comme prix a ses competiteurs (55).

CONCLUSION

Deux mots pour conclure. Le concept des theoriciens anciens, resume par Aristote dans la formule fameuse [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.], n'a de valeur absolue ni dans l'ensemble de l'espace temporel et geographique du monde antique ni dans l'ensemble des categories d'esclaves. L'analyse minutieuse de la documentation litteraire mais surtout epigraphique et papyrologique, montre une grande disparite spatiale, temporelle et categorielle concernant le temps libre accorde aux esclaves. C'est dans la derniere phase de la periode hellenistique qu'on observe les premiers signes d'un changement progressif et durable tant dans la conception de l'esclavage que dans les rapports precis entre marre et esclaves; on constate alors la concession des <<jours de conge>> qui permet la participation, presque reguliere, des personnes de condition servile aux fetes et aux banquets, enfin aux distributions monetaires ou alimentaires. Le systeme educatif resiste le plus et reste generalement ferme aux non-libres; si certains esclaves entrent dans ce systeme citoyen cela est du a la volonte voire aux interets de leurs maitres. En general, dans l'ensemble presque des cites, la loi exclue la population servile de l'education et, naturellement, du lieu de sa materialisation qui est le gymnase. Lorsque ce dernier ouvre timidement ses portes, c'est seulement pour l'onction mais jamais pour la gymnastique ou les competitions et les quelques exceptions reperees confirment plutot la regle. Une derniere constatation s'impose afin d'enlever les doutes que pourraient creer ma communication: malgre l'heterogeneite croissante des formes et des degres de l'exploitation servile et malgre 1' evolution des rapports dus a des situations politiques et socio-economiques nouvelles on ne pourra pas condure a l'affaiblissement de la place du despotes dans le rapport avec l'esclave et donc a l'effacement de la hierarchie stamtaire qui etait le fondement de 1' edifice social (56).

APPENDIX

L'Antiquite tardive et les esclaves

On aurait cru volontiers que, pendant l'Antiquite tardive, le christianisme triomphant mit fin a l'esclavage puisque la nouvelle religion n'acceptait pas ni les differences naturelles ni les clivages sociaux etablis entre hommes libres et esclaves. Dans le nouveau monde qui emerge des ruines du monde antique on observe une rupture progressive, au niveau social, avec le modele civique du passe, base sur la dualite citoyens-non citoyens, le modele chretien etant maintenant caracterise par la division entre riches et pauvres (P. Brown, Poverty and leadership in the later Roman Empire, Hanover and London 2002; id, <<The study of elites in Late antiquity>>, Arethusa 33, 2000, 321-346.

Ce changement majeure de l'imagination sociale de son ancien forme a la forme medievale est bien explique dans trois travaux oxqueles je me contente de vous renvoyer, celui d Hendrick Bolkstein, Wohltatigkeit und Armenpflenge im vorchristlichen Altertum (1939), P. Veyne, Le pain et le cirque (Paris 1976) et finalement le plus recent livre d' Evelyne Patlagean, Pauvrete economique et pauvrete socale a Byzance : 4e-7e siecles (Brown 7 n. 19-20). On trouvera surout dans ce dernier livre des pages interessantes qui expliquent comment les elites civiques, attachees encore au IVe s. p. C. au modele civique, gare way=ont donne place a un nouveau modele social, frankly economic juxtaposant le riche et le pauvre tant en ville qu' en campagne (Brown 7 n. 20). Brown 111) (57).

Si l'esclave est plus valofise dans ce modele grace a l'influence chretienne, puisque sa situation de dependance, d'humilite et de souffrance sur terre lui donnent des points pour la conquete du royaume divin, le maitre est incite a traiter bien ses esclaves puisque le rapport entre dominus et servus est vu alors comine la reproduction du rapport de chacun avec dieu, tout homme, particulierement riche, devenant ainsi son servus. Ce changement ideologique et social n'a pas malheuresement apporte un renversement social en faveur de la situation des esclaves; les theoficiens de la nouvelle foi n'ont pas conteste le systeme esclavagiste et s'opposerent ouvertement a tout changement social. Et vu la nouvelle morale, les valeurs et le mode de vie chretienne la notion meme traditionnel de loisir perd tout son sens, le temps livre etant maintenant consacre a la priere et a la preparation de son ame.

Fecha de recepcion: 21-06-07

Fecha de aceptacion definitiva: 17-07-07

BIBLID [0213-2052(2007)25;245-260]

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(1.) Welskoit, E. Ch., <<Loisir et esclavage dans la Grece antique>>, Actes du Colloque 1973 sur l'esclavage, Besancon 1973, Paris 1976, 159-178.

(2.) Si le dur travail manuel est mal considere tant par les hommes libres que par les esclaves, certains types de travail lies a la creation et a la production, comme celui des artisans n'est pas meprise du moins par ces derniers; il suffit de lire le discours de Vagon de penia dans la piece <<Ploutos>> d'Aristophane.

(3.) Politique 1252, 31-34; 1333a, 30-36; Ethique a Mcomaque 1118a 23-24; 1118b, 1-16; 1154a, 17-18; 1160a 19-28; Politique 1339, 16-21).

(4.) Vidal-Naquet, Cf. P. Le chasseur noir. Formes de pensee et formes de societe dans le monde grec, Paris 1981, 218.

(5.) De rust. I, 8; cf. Martin, R. 'Familia rustica. Les esclaves chez les agronomes latin-, Actes du colloque 1972 sur l'esclavage, Besancon-Paris 1974, 267-298.

(6.) Certains tyrans s'appuient sur les esclaves pour des raisons politiques: Platon, Republique VIII, 569ac; cf. Mossft, C. <<Le role des esclaves dans les troubles politiques du monde grec a la fin de l'epoque classique>>, Cahiers d'histoire 6, 1961, 353-360.

(7.) C'est certain, par exemple, que la situation des esclaves domestiques etait meilleure par rapport a celle des esclaves occupes clans l'agriculture, les mines ou l'industrie. Aristophane presente un tableau vivant des premiers, tout en rejetant, en partie, l'image grotesque des esclaves vehiculee en general. L'integration de l'esclave dans Voikos n'est pas superficielle mais est consacree et codifiee par certaines lois religieuses (Hf.rvagault, Marie-Paule, Mactoux, Madeleine -Esclaves et societe d'apres Demosthene>>, Actes du Colloque 1972 sur l'esclavage, Besancon 1972, Paris 1974, 64-69). Les discours de Demosthene (contre Evergos et Mnesiboulos) nous apportent des details sur la vie quotidienne qui montrent le bon traitement des esclaves et, dans certains cas du moins, le developpement de liens affectifs avec leurs maitres. Tout cela explique l'acroissement des actes d'affranchissement en tant que recompense individuelle cedee par le maitre; cf. Marie-Paule Hf.rvagault, Madeleine Mactoux (supra n. 7), 73-74.

(8.) Vidal-Naquet P. (supra n. 4), 221.

(9.) Debord, P., inteivention in Actes du colloque 1973 sur l'esclavage, Besancon-Paris 1976, 175.

(10.) L'auteur observait alors que la familia urbana d'un riche romain comptait assurement un nombre d'esclaves disposant de loisirs assez etendus, meme s'il y avait des disparites sensibles, quant au temps libre, entre les esclaves ruraux. Les travailleurs qualifies (tonneliers, forgerons, voire medecins ou infirmiers) ne devaient pas etre occupes a plein temps; en plus il ne faut pas mesestimer le fait qu' il y avait dans le travail agricole des periodes creuses pendant lesquelles les esclaves etaient sous-exploites et disposaient certainement de temps libre. Enfin les bergers etaient, par definition, plus libres puisqu'ils organisaient leur emploi du temps; cf. Martin, R. (supra n. 5), 267-298.

(11.) Sur les differences de condition sociale dans le monde servile, voir Xenophon, Economique, XlII, 10; d'apres le Vieil Oligarque (Pseudo-Xenophon I, 10-12) le genre de vie des esclaves se confondait de plus en plus avec celle des citoyens; cf GARLAN, Y. Les esclaves en Grece ancienne, Paris 1982, 164-165.

(12.) Sur la participation des esclaves dans l'armee athenienne, precisement dans l'equipement de la flotte, voir B. JORDAN, Servants of the gods. A study in the religion, history and literature of fifth century Athens, Gottingen 1979, 195-197 et l'approche plus nuancee de GARLAN, Y. <<Les esclaves en temps de guerre>>, Actes du Colloque d'histoire sociale, Besancon 1970, Paris 1972, 39-40; id., <<Quelques travaux recents sur les esclaves grecs en temps de guerre>>, Acres du Colloque 1972 sur l'esclavage, Besancon 1972, Paris 1974, 24-28. Ainsi pour leurs services, Athenes va exceptionnellement accorder la liberte, a un grand nombre d'esclaves qui avaient combattu aux Arginuses (Aristophane, Pl., v. 33-34, 190-191; cf Ed. LEVY, <<Les esclaves chez Aristophane>>, Actes du Colloque 1972 sur l'esclavage, Besancon 1972, Paris 1974, 44). L'esclavage cesse d'apparaitre comme une condition definitive et on commence a se poser des questions sur sa legitimite (Euripide, Ram., 949-952). Cette evolution explique le plus grand role des esclaves dans les <<Grenouilles>> et ans le <<Ploutos>> d'Aristophane (Pl. 1-2, 3-5, 6-8; cf. Levy 1974, 44-45) oo celui-ci <<est defini positivement comme un element de la societe et non plus simplement de facon negative comme un non-citoyen>> (Ed. LEVY, op. cit., 46).

(13.) Rep.Atb. I, 10, 11; cf. PEROTTI, Elena, Esclaves [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.] ", Acres du Colloque 1972 sur l'esclavage, Besancon 1972, Paris 1974, 47-56.

(14.) GARLAN, Y. (supra n. 11), p. 83 et 165; Elena PEROTTI (supra n. 13), 47-56.

(15.) La naissance, source naturelle de l'esclavage, s'oppose chez Aristote, a la guerre, source <<legale>>: Politiques I, 4- 1, 7=1253 b-1255.

(16.) Dialogue 5:on Anger 3, 29; cf Th. Wiedemann, Greek and Roman slavery, London 1988, p. 112 no 109. On trouvera d'autres references tres revelatrices de cette attitude favorable envers les esclaves et les affranchi(e)s in PETRONE, O71, sqq.; Pline le Jeune II, 6; VIII. 16 (je remercie Ma> guerite GARRIDO pour m'avoir fourni ces references).

(17.) Le concept stoicien de la liberte naturelle --oppose au concept aristotelicien d'<<esclavage naturel>> sera ainsi adopte par les juristes romains sous l'Empire; voir MOODRZEJEWSKI, <<Aut nascuntur, aut fiunt: les schemas des sources de l'esclavage dans la theorie grecque et dans le droit romain., Acres du Colloque 1973 sur l'esclavage, Besancon 1973, Paris 1976, 360-362.

(18.) LAUMONIER, A. Les cultes indigenes en Carie, Paris 1958, p. 331 n. 1.

(19.) Cette temdance va se poursuivre sous l'Empire et s'accentuera davantage dans le monde chretien dans lequel on observe une mpture progressive, au niveau social, entrec le modele civique du passe, base sur la dualite citoyens-non citoyens, le modele chretien etant maintenant caracterise par la division entre riches et pauvres; voir BROWN, P., Poverty and leadership in the later Roman Empire, Hanover and London 2002; id., <<The study of elites in Late antiquity>>, Arethusa 33, 2000, 321-346.

(20.) GAUTHIER, Ph., Les cites grecques et leurs bienfaiteurs (IVe-Ier siecle ar. J.-C.), Paris 1985, 72-73.

(21.) Un decret de Chios, relatif a des fetes, publie jadis par Ch. Picard et A. Plassart (BCH 1913, 221), reedite et commente par L. Robert, <<Sur les inscriptions de Chios>>, in BCH 57, 1933, 529 (=OMS I, 1969, 497), ordonne (1.8) la <<liberation>> des esclaves pendant la duree de la fete: [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]; cette <<liberation>> va habituellement de pair avec la vacance des ecoliers, [[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.], comme le precise un document de Magnesie du Meandre (IvM 100 b, 11-13: [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.] Cf. aussi, ibid., 100 a, 29-31; voir d'autres exempies, qui proviennent de Lamsaque et de Pergame, in L. Robert, BCH 57, 1933, 521 (=OMS I, 1969, 489 et n. 3, 5 et 6).

(22.) Les esclaves prennent part aux banquets publics oo lis recoivent, comine les citoyens et les etrangers (metheques) des parts de viande et de vin au cours des distributions qui s'effecment a diverses occasions; voir SCHMITT-PANTEL, P., La cite au banquet, histoire des repas publics dans les cites grecques, Paris 1992, 399-400. Une illustration du caractere de ces distributions est donnee dans les decrets de Stratonicee, a l'occasion des fetes celebrees en l'honneur de Zeus Panamaros et de sa paredre Hera. Les esclaves beneficient aussi, mais beaucoup plus rarement, de distributions d'argent; c'est a l'occasion des Genethlia, jour de fete de la divinite qu'ils recoivent --par le pretre qui fait les distributions-- avec les femmes citoyennes et etrangeres une somme inferieure aux 5 drachmes qu'ils recoivent des hommes; voir LAUMONIER, A. (supra n. 18), 292-333; d'autres exemples in ROBERT, L., Hellenica VI, 1948, 126-132 et 396 et n. 1.

(23.) Etudes anatoliennes, Paris 1938, 388 n. 2 et 241, 283, 310.

(24.) Supra n. 18, p. 331.

(25.) HERMANN, P. M., <<Zwei Inschriften von Kaunos und Baba-Agas>>, Opuscula Atheniensia 10, 1971, 36-39.

(26.) Les Peres de l'eglise adherent a l'idee stoicienne d'une liberte et d'une egalite naturelle des hommes tout en respectant l'ordre etabli, a savoh" l'institution de l'esclavage sur laquelle repose l'economie antique; voir WESTERMAN, W. L., The slave systems of Greek and Roman antiquity, Philadelphie 1955, pp. 149-162; GAUDEMET, J., L'eglise dans l'Empire romain (IVe-Ve siecles), Paris 1958, p. 565; id., Institutions de l'Antiquite, Paris 1967, pp. 716-717.

(27.) La litterature, les papyrus et les inscriptions nous apprennent beaucoup de details sur la nature et les modes de 1' education reservee aux esclaves; ces details, longtemps negliges, ont ete largement debattu surtout apres la derniere grande guerre.; voir MOHLER, S. L., <<Slave education in the Roman Empire., TAPhA 71, 1940, 262-280;; H.-I. Marrou dans son oeuvre majeure sur l'Histoire de l' Education dans l'Antiquite (Paris 1948) 495 exprimait ses regrets. A. CLARENCE Formes, <<The education and training of slaves in Antiquity>>, TAPhA 86, 1955, 321-360.

(28.) ARISTOTE (Politique 1338a, 6), pensait qu'il fallait reserver le temps libre plutot <<a des nobles divertissements, apprendre des choses et recevoir une education>>, qui etait, on le sait bien, dans le monde grec un privilege des aristocrates. Il est vrai que la democratisation du regime, a l'epoque classique, a ouvert les portes de l'education a l'ensemble des hommes libres: [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.] (ARISTOTE, Polit. 8.3, 1, 1338A. 30-32: [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]; cf A. CLARENCE FORBES, supra n. 27, 323) mais, comme le soulignait Platon (Prot. 326c), 1' education superieure etait la chasse gardee des elites, seules capables de <<consentir les sacrifices qu'elle exige et mieux placees pour en apprecier les avantages>>. Cette education devient l'education-type de tou: enfant grec, fils de citoyen, avec l'apparition de 1' ecole. L'ideal de cette education aristocrtique est la kalokagathia le fait d'etre un homme beau et bon; voir MARROU Henri-Irenee (supra n. 27), 76-86.

(29.) Politique 1333 b, 5-26 et 1338 b, 11-14.

(30.) L'agronome latin conseille (De rustica I, 8) d'eviter, dans cette categorie, d'engager les regisseurs d'un domaine rural car ceux-ci sont, selon lui <<des esclaves accoutumes a la flanerie, passam leur temps a se promener, a courir les spectacles et a frequenter les tripots, gargotes et autres mauvais lieux>>; voir R. MARTIN (supra n.5), 267-298; id., intervention in Acres du colloque 1973 sur l'esclavage, Besancon-Paris 1976, 171-172.

(31.) WESTERMANN, W. L., <<Apprentice contracts and the apprentice system in Roman Egypt,, CPh 9, 1914,) 293-316; PREAUX, CI., <<Lettres privees grecques relatives a l'education>>, Revue Belge de Philologie et d'histoire 8, 1929, 757-800; ZAMBON, A., <<[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]>>, Aegyptus 15, 1935, 3-66; ead. <<Ancora sulle [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]>>, loc. cit. 19, 1939, 100-102; R. HERZOG, <<Urkunden zur Hochschulpolitik der romischen Kaiser>>, SBBerl. 32 (1935) 967-1019; S. L. MOHLER, <<Slave education in the Roman Empire>>, TAPhA 71 (1940) 262-280; FORBES, C. A., supra n. 27, 323).

(32.) E.-Ch. WESKOPFF 164-165 et 177 plus nuancee.

(33.) FORBES, supra n. 27, 327-334.

(34.) PCairoZenon 59060; et 59488; voir details in Forbes, supra n. 27, 355-359.

(35.) NAVARRE, O. et ESSLIN, W. respectivement dans DA s.v. et RE s.v; cf, FORBES, supra n. 27, 334-337.

(36.) La longue liste des professions rapportee par JUVENAL (3, 76-78) trouve, dans la majorite des cas une autre confirmation litteraire, epigraphique ou papyrologique (voir FORBES, supra n. 27, 326).

(37.) Voir MOHLER, S. K., <<Slave education in te Roman empire., TAPhA 71, 1940, 262-280.

(38.) 58.7-14; cf FORBES, supra n. 27, 327-328.

(39.) L'exercice du metier medical etait interdit aux esclaves par les Grecs alors qu'il nel' etait pas par les Romains (FORBES, supra n. 27, 343-353).

(40.) Sur les gymnases et les institutions educatives, voir J. DELORME, Gymnasion. Etude sur les monuments consacres a l' education en Grece, des origines a l'Empire romain, Paris 1960; ROBERT, L., Le gymnase grec et ses institutions, Paris 1962.

(41.) POL. II.5, 19=1264 a 21-22; cf MORETTI, L., <<Sulla legge ginnasiarchica di Berea>>, RFIC 110, 1982, pp. 45-63, particulierement p. 49-50; memes generosites mais ne concernant que les affranchis et les meteques a Koresia de Keos: Syll. (3) 958, 1. 9-11).

(42.) Sur la loi de Gortys, voir BUECHELER, G. und ZITELMANN, E., Das Recbt von Gortyn, Frankfurt a. M. 1885, 64; sur le scholion d' Hybrias le Cretois, voir in PLG III (4) 651 [T. BERGK]; cf. aussi ARISTOTE, Politique IV, 1297 avec les autres renvois cres a la n. 7 de l'edition de CUF, 1971.

(43.) Tim. 138 <<ceux-ci (i.e. Cretois), tout en donnant a leurs esclaves les memes droits qu'a eux-memes, ne leur ont interdit que les exercices du gymnase et la possession ales armes>>. Une loi similaire a Athenes, attribuee par Plutarque a Solon mais mpportee par Eschine; FORBES, supra n. 27, 324 n. 13.

(44.) Banquet des sept sages, 152d; Sur l'amour, 751b.

(45.) MORETTI, L. (supra n. 40).

(46.) [Syll..sup.3], 577 (Milet); [Syll..sup.3], 578 (Teos); IG II (2), 896 11. 59-61 (Athenes); SEG 27, 1977, 261 et Ph. GAUTHIER, M. HATZOPOULOS, B., La loi gymnasiarcbique de Beroia, Athenes 1993, col. B 27-28 avec commentaire, p. 78-81 (Beroea).

(47.) Comine disait ROBERT, L. (Hellenika VI, 1948, 129) <<le sens du mor apalaistros reste obscur>>. Si l'interdiction d'acces au gymnase concerne les persones de stamt juridique inferieur ou de moralite douteuse, les etrangers domicilies, metoikoi ou paroikoi, ne sont pas exclus puisqu'ils prennnent part a l'onction et participent aux exercices et aux concours du gynmase depuis l'epoque classique et a partir de 1' epoque hellenistique ils figurent a cote des jeunes gens ou des ephebes dans les steles ephebiques d'Athenes, de Pergame, de Sestos ou d'Aigiale d'Amorgos. Cf. HEPDING, H., <<Die Arbeiten zu Pergamon 1904-1905>>, MDAI(A) 32, 1907, 275, no 10, 1. 19 et 277 (Pergame); OGIS 339, 73-74 et 85 (Sestos); [Syll..sup.3], 866 (Aigiale a Amorgos); enfin pour EretrielG XlI 9, 234 ([Syll..sup.3], 714), 24-28, 11. 9-11; cf. PELEKIDIS, Chr., Histoire de l'ephebie attique des origines a 31 av. J.-C., Paris 1962, pp. 186-196 (specialement pour Athenes). Un passage d' Altemidore (La clef des songes, 1. 54) laisse entendre que les affranchis consideres comme libres, surtout a partir de l'epoque des Antonins, pouvaient acceder a l'ephebie.

(48.) Comme disait MORETTI, L. (supra, n. 40, 50-51) [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.] est ici le gymnase et ceux qui ne peuvent pas de [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.] 1' education offerte se sont les esclaves.

(49.) Releves par FORBES, C. A., supra n. 27, 354-359; MORETTI, L. (supra, n. 40, p. 50-51); un grand nombre d'exemples de la periode imperiale proviennent de Stratonice en Asie Mineure (ROBERT, L., supra n. 23, p. 388 n. 2), de Parthicopolis en Macedoine et d'ailleurs (voir references in IGBR IV, no 2265).

(50.) IG IV 597; la date est due a WESTEILMANN, RE Suppl. VI, 1935, col. 1051, s.v. Sklaverei.

(51.) IGBR 2265, Il. 10-17: [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]

(52.) IG V.1, 1208; cf. RIZAKIS, A. D., <<Les affranchi(e)s sous l'Empire: richesse, evergetisme et promotion sociale. Le caas d'une affranchie de Gytheion (Laconie>>, in V.I. ANASTASIADIS et P. DOUKELLIS (eds.), Esclavage antique et discrimination socio-culturelles, Acres du XXVIIIe Colloque GIREA, Mytilene, 5-7 decembre 2003, Bern-Bruxelles-Frankfurt am Main-New York-Oxford 2005, 233-241.

(53.) Par exemple a l'occasion des fetes de Panamareia a Statonicee de Carie: IvStaronikeia (IK 21) no 202 Il. 32-34, 242 Il. 15-17 et 256, Il. 7-8. Pour l'acces des esclaves, hommes ou femmes, dans les thermes des cres d'Occident, voir G.G. FAGAN, <<Interprefing the evidence: did slaves bathe at the baths?>>, in J. DELAINE-D.E. JOHNSTON (eds.), Roman baths and bathing. Proceedings of the First International Conference on Roman baths held at Bath, England, 30 Match-4 april, Part 1: Bathing and society, Portsmouth, Rhode Island 1999, 33.

(54.) PCairoZeno 59060 et 59488; cf. FORBES, supra n. 27, 355-359.

(55.) J. R. S. STERRETT, PASAth 3, 1888, 167 no 275, reeditee par E.N. Gardiner, <<Regulations for a Local Sports Meeting>>, CR 43, 1929, 210-212.

(56.) Yvon GARLAN (supra n. 11), 165.

(57.) Les evergetes montraient leur amour envers leur cite avec divers bienfaits qui renforcaient sa gloire et le confort de leurs concitoyens; ce qui motivait leur action etait la philotimia (=amour des honneurs) et la philopatria (=amour de la patrie); leur generosite s'adressait soit a la cite elle-meme soit au corps civique, demos, populus ou plebs (BROWN 5 n. 13); ils exprimaient ainsi leur solidarite civique envers leurs concitoyens qui ne se trouvaient pas en plus bas echelon de l'echelle sociale (BROWN 5 n. 14) mais ils etaient menaces par une difficute passagere (e.g. menace d'une famine). Exemple:ce sont les tesserae, les jetons qui prouvaient l'identite de citoyen qui permettaient a la plebs de Rome, de recevoir des aides alimentaires (BROWN 5 n. 17); a Rome et aux autres grandes cites les citoyens riches recevaient alors la meme quantite de grain que les pauvres.

Ce qui determinait la generosite des <<virtuosi of euergetism>>, a l' epoque classique et pour une grande partie de la periode hellenistique, c'etait la gloire de leur cite et d'eux-meme et aussi un certain reconfort de leurs concitoyens mis en difficulte a des moments de danger ou de crise grave (cette action n' etait pas totalement desinteressee la masse grise des pauvres des cites mais aussi des campagnes etait eclipsee et marginalisee: BROWN 11 n. 26!!); leur action n' etait point motive par <<l'amour du pauvre>>, c'est a dire l'ensemble des pauvres de la cite, non-citoyens, emigrants, membres classes inferieures.

Leur action were carefully itemized in stone avec des details relatifs a leur attitude patriotique mais une the silent majority of those more canny and less ostentations members of the upper class remembered their city only in their wills by giving only as much as was stricltly necessary to main tain the posthumous memory of their name and of that of their famile (BROWN 11 n. 27!!). Excelleme analyse du modele civique sous l'Empire appele <<a symbiotic mode of power>>, see also John Ma, Antiochus III and the cities of Asia Minor, p. 237: on <<the language of euergetism, a language where power is not spoken of>>. The elites established what has been called <<a cosy>> relationship with rhe imperial government>>. In the Greek east elites stressed the bonds of a shared culture, created by a traditional education, a paideia based upon study of the ancient classics. The emperor and his intimates are treated as members of the same intimate circle. It was assumed that, by virtue of their shared paideia, the rulers of the Romn world should be sensitive to the demands of their upper-class subjects etc. BROWN 84-87.

This symbiotic model was seriously eroded at the fourth and fifth centuries but never entirely abandonned in the late antique period. Government remained <<the art of the possible>> and the local elites continued to play an imprtant role. Imperial government always depended for its smooth running on the colaboration of the local aristocracies. The emperor's bureocracy continued to be recruited from among them, but, at the same time, the <<cosy>> model, associated with the classical empire gave away appreciably to the more frankly <<vertical>> image of society thet had been fostered in Christian circles. Les evergetes n' etaient pas des philoptochoi. God was to the believer as a rich man was to the poor. For the poor nowlooked up to the rich man as a mirror <<god>> on earth. By the sixth century, it is as a philoptochos, a <<lover of the poor>>, that a magistrate ora great landowner might be approached, not for alms but for justice and favors (see analyse p. 86-88). A process of <<Christianization of euergetism>> was under way in the post Constantinian church (BROWN 77n n. 9).

Les structures existantes de la cite et le modele civique colapsed beneath the sheer weight of a desolate human surplus, as the cries filled up with persons who were palpably <<poor>>. Entre le IV et le VIe s. la population des cites et des campagnes <<had been mobile as dunes of shifting sand>> (BROWN 10 n 24!!!) Les pauvres n' etaient pas traites comme des citoyens mais ils ne pouvaiem pas pour autant etre ignores comine dans l'ancien et rigide modele civique. Selon Patlagean le Bas Empire n' etait pas simplement une societe qui fut progressivement christianisee, c' etait une societe dans laquelle le gulf entre riches et pauvres had at last been starkly demystified (BROWN 8 n. 22).

A.D. RIZAKIS, Nancy/Athenes

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Author:Rizakis, A.D.
Publication:Studia Historica. Historia Antigua
Date:Jan 1, 2007
Words:8539
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