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Les luttes patrimoniales a l'heure de la densification urbaine : le cas de la Basse-Ville Est d'Ottawa.

Abstract

Sustainable development is at the heart of planning policies of Canadian cities. Reconciling heritage preservation and urban intensification, yet both on the agenda of sustainable development, involves negotiation skills from the municipalities between, on the one hand, residents' associations and, on the other hand, real estate companies. Each project involving modification of historic buildings requires a set of concessions from the various actors, able to mobilize a different set of defensive resources. In this paper, we propose to study the case of the district of Lower Town East, in Ottawa, where a eight-story building project, requiring the destruction of old houses in the name of urban intensification, has generated a strong mobilization of the citizens and the press. The case of Lower Town East is a perfect illustration of the difficult association between heritage and intensification.

Keywords: urban intensification, heritage, Ottawa, community memory, media

Resume

Le developpement durable est aujourd'hui au coeur des politiques d'amenagement des villes canadiennes. Mais concilier preservation patrimoniale et densification urbaine, pourtant toutes deux a l'agenda du developpement durable, implique des qualites de negociation de la part des municipalites avec, d'une part, les associations de residents et, d'autre part, les entreprises immobilieres. Chaque projet impliquant la modification du bati ancien necessite un ensemble de concessions pour les differents acteurs, capables de mobiliser des ressources pour defendre leur cause. Dans cet article, nous nous proposons d'etudier le cas du quartier de la Basse-Ville Est, a Ottawa, ou un projet immobilier de huit etages, necessitant la destruction de quelques maisons anciennes au nom de la densification urbaine, a suscite une forte mobilisation citoyenne et mediatique. Le cas de la Basse-Ville Est illustre parfaitement la difficile association entre patrimoine et densification.

Mots cles : densification urbaine, patrimoine, Ottawa, memoire communautaire, medias

INTRODUCTION

Le developpement durable est aujourd'hui une notion placee au coeur des politiques d'amenagement des municipalites urbaines. L'une des mesures pronees par les villes dans ce cadre est celle de la densification des centres batis, qui permet de poursuivre des objectifs de limitation du gaspillage des terres, de diminution de la pollution en lien avec l'usage de l'automobile et d'augmentation de l'efficience des transports en commun (Burton, 2000; De Roo et Miller, 2000; Williams et al., 2000; Newman et Kenworthy, 1999). Bien que plus facilement associe a la notion de patrimoine naturel, le developpement durable partage plusieurs valeurs avec le discours sur la preservation du patrimoine immobilier urbain : necessite de leguer un heritage bati et culturel de qualite, volonte de preservation des identites des communautes locales, positionnement des generations actuelles comme les depositaires de biens qu'il convient de transmettre aux generations futures, affirmation d'une inquietude vis-a-vis de ressources non-renouvelables, etc. Pour Caviglia (2008), le patrimoine et le developpement durable s'inscrivent dans un meme contexte d'emergence, partageant ainsi des liens theoriques : les processus de protection sous-ten-dant chacune des deux notions sont en effet enclenches lorsqu'il y a menace de disparation et volonte de preservation d'un bien que l'on souhaite donner en heritage aux generations suivantes. Emelianoff (2004b) avance que la ville durable, a l'oppose de la ville fonctionnaliste, privilegie le maintien et la reutilisation des heritages urbains dans le processus de reconstruction de la ville sur elle-meme. Le patrimoine immobilier urbain est, pour elle, l'un des supports de la memoire et de l'identite et, en ce sens, assure la continuite et la durabilite des communautes. Bien que toutes deux defendues par les tenants du developpement durable, ces aspirations a une densification urbaine d'une part et a une preservation patrimoniale d'autre part sont parfois difficilement compatibles, voire contradictoires :

La notion de << ville durable >> ne renvoyant pas forcement a l'idee de << perennite des formes urbaines >> mais a celle de maintien des villes dans la duree, c'est bien le processus de reconstruction permanent, exprime a travers l'expression de << renouvellement urbain >>, qui est au coeur de la problematique de la durabilite. Et ce principe de << reconstruire la ville sur la ville >> peut entrer en contradiction avec le souci de conserver une gamme de plus en plus large d'heritages urbains (Garat et al., 2008:2-3).

Dans cet article, nous nous proposons d'aborder cette difficile conciliation entre densification urbaine et conservation du patrimoine a travers l'exemple d'une lutte urbaine dans la ville d'Ottawa, relayee par la presse ecrite. Apres une premiere section definissant les concepts en jeu et revenant sur la litterature deja produite sur le sujet, nous presenterons la position de la municipalite ottavienne dans la mise en place de politiques de densification urbaine et de preservation du patrimoine bati avant, enfin, de nous pencher plus specifiquement sur le conflit ne d'un projet de construction dans le quartier de la Basse-Ville Est d'Ottawa, a travers l'analyse des articles de presse s'etant souvent fait les porte-paroles des residents du quartier et des associations.

Nous chercherons ainsi a comparer le discours de la Ville et celui des associations de sauvegarde du patrimoine afin de reveler les contradictions portees par le terme de developpement durable et la definition problematique, car tres inclusive, du terme de patrimoine urbain.

Si nous avons choisi de nous pencher sur un conflit urbain ayant pris place dans la Basse-Ville Est, c'est parce que la reaction des associations communautaires n'y est pas reductible au phenomene << Pas dans ma cour >> (1), a des preoccupations autour de la congestion future du secteur ou a une inquietude quant a la perte de liens communautaires, arguments somme toute classiques dans l'opposition a un projet urbanistique : ces preoccupations se doublent dans ce cas d'un discours sur la valeur memorielle, vernaculaire et patrimoniale des edifices menaces par la demolition.

I. Densification, preservation patrimoniale et conflit urbain

* Concilier preservation patrimoniale et densification

Comment, en effet, faire le choix entre preserver d'anciens tissus et edifices urbains ou, si ces derniers s'averent inadaptes aux choix de densification de la Ville, augmenter l'offre de logements par des constructions neuves? Cette proximite des deux termes et des aspirations qu'ils impliquent pour la ville n'est donc qu'apparente ou, en tout cas, semble se deliter lorsqu'il s'agit de passer des discours aux actes. Dans certains cas, la densification urbaine peut, toutefois, s'appuyer sur des batiments herites d'une periode revolue, profitant des infrastructures qu'ils fournissent. Par leur revitalisation, les anciens entrepots ou commerces et les usines desaffectees permettent ainsi d'intensifier l'usage de l'espace en centre-ville, tout en respectant les formes heritees (Tomalty et Alexander, 2005). Vancouver, Toronto et Montreal sont parmi les villes canadiennes aux politiques exemplaires en ce sens. A Vancouver, un ancien site industriel de 33 hectares, Fraser Mill, a ete reconverti en un espace a usage mixte accueillant 3700 unites d'habitations ; a Toronto, les entrepots industriels et les anciens batiments commerciaux des quartiers de King-Spadina et du Parliament accueillent plus de 7000 unites residentielles ; enfin, a Montreal, les Ateliers Angus ont ete convertis en 2500 espaces d'habitation (De Sousa, 2006). Dans le plan de developpement durable de la collectivite montrealaise, la Ville de Montreal fait regulierement reference a la notion de patrimoine, associant sa sauvegarde et son partage a une meilleure qualite de vie et a une protection accrue de l'environnement (Montreal, 2010). Dans son discours, il est toutefois essentiellement question de patrimoine naturel--espaces verts et agriculture urbaine. A Vancouver, la densification urbaine et la preservation patrimoniale du bati sont cette fois directement associees, notamment dans un des projets de la Ville, a savoir celui de la revitalisation de Chinatown. La municipalite, dans le descriptif du projet, presente son programme d'encouragement a la preservation du patrimoine--incitations financieres pour que les proprietaires rehabilitent et conservent les batiments patrimoniaux et leurs facades--et affirme que l'arrivee de nouveaux residents dans les etages inoccupes des edifices historiques, en plus d'assurer la densification de la zone, permettra de valoriser leur preservation (Vancouver, 2010).

Ces operations s'inscrivent plus largement dans les mouvements de pensee entourant les notions de ville durable ou viable, celle-ci se definissant comme une communaute stable au plan economique, respectant ses limites ecologiques--n'utilisant pas plus d'espace ou de ressources que necessaire--et etant un modele de justice sociale (Kline, 1997). Ce concept de ville durable/viable est apparu tres rapidement apres celui de developpement durable. (2) Cette proximite temporelle entre la reflexion sur le caractere soutenable du developpement humain et celle sur les solutions a envisager en milieu urbain est revelatrice de l'enjeu central que representent aujourd'hui les villes, qui concentrent la majorite de la population mondiale. Pourtant, << la ville reste, a priori, une structure en contradiction profonde avec le concept de viabilite ou de durabilite >> (Duchemin, 2011) du fait de son association historique aux echanges marchands puis a l'industrialisation et a son design initialement pense par des techniciens a l'aune de la mobilite et de l'efficacite, aux detriments de la perennite de l'ancienne trame urbaine et de la typologie des quartiers. A l'inverse, la ville viable garantie une certaine qualite de vie centree sur la compacite, le respect de l'environnement aussi bien bati que naturel, la solidarite et la participation des citoyens aux decisions d'amenagement (Senecal et al., 2005 ; Emelianof, 1998). Pour Cyria Emelianoff (2002), la ville durable/viable doit ainsi repondre a trois attentes : tout d'abord, elle est capable de conserver une identite et un sens collectif dans la duree. Elle peut se projeter dans l'avenir en utilisant des supports patrimoniaux, memoriels et culturels qui lui sont intrinseques. Elle est capable de se renouveler. D'autre part, la ville durable/viable offre une certaine qualite de vie a tous ses habitants et s'efforce de reduire les inegalites entre les cadres de vie, s'appuyant sur la mixite sociale et fonctionnelle des quartiers et la creation de liens de proximite--physiques, democratiques, sociaux, generationnels, culturels, ludiques, commerciaux. Cette ville implique donc une certaine compacite afin de reduire les couts engendres par l'hypermobilite. Enfin, la ville durable/viable doit se reapproprier le projet de developpement durable et definir, a son echelle, les moyens politiques et collectifs de mettre en place un plan ecologique et social, permettant un developpement a la fois equitable--conjuguant les spheres sociale et economique--et vivable--conjuguant les spheres ecologique et economique.

Cette definition en trois temps met a jour deux elements inherents a la ville dont le developpement se voudrait durable : le respect du passe, via celui du patrimoine bati et naturel, et la volonte de le preserver pour les generations futures, via la mise en place de politiques de protection des ressources. La densification est l'un des moyens de preserver les terres sujettes au mitage residentiel tout en augmentant l'accessibilite des espaces, en offrant de nouvelles surfaces habitables en centre-ville. Mais cette meme densification peut necessiter la destruction d'anciens elements batis, pouvant constituer, au-dela d'un simple heritage du passe, un veritable patrimoine qu'il aurait convenu, d'apres les principes du developpement durable, de conserver. Cette contradiction entre les deux principes peut donner naissance a des conflits urbains.

* L'etude des conflits urbains et le role de la presse

Par definition, un conflit << evoque une lutte faisant appel a des actions pouvant aller du debat police a la confrontation violente, une lutte entre protagonistes conscients de l'incompatibilite de leurs positions respectives au sujet d'enjeux qui mettent en cause des interets et des valeurs >> (Villeneuve et al., 2009:d-2). S'il prend place en ville, on parle de << conflit urbain >>. Dans le cadre de notre etude, nous pouvons meme parler de << conflit dans la ville >> car il se deroule non seulement en ville mais est influence par cette situation, puisque constituant une reaction a la politique de densification menee au centre-ville. Enfin, ce conflit est << au sujet de la ville >>, caril a << comme enjeu des transformations de l'environnement urbain en tant que cadre bati >> (Villeneuve et al., 2009:d-2). En resume, ce conflit est donc defini de trois facons : par sa simple situation en ville, par le role du milieu urbain dans la generation du conflit et par le fait qu'il porte, nous le verrons, sur la modification d'un espace bati--il s'agit ainsi d'un conflit de localisation, ou l'argumentaire des groupes s'opposant repose sur des propos fortement spatialises (lanelle et Millward, 1976:102).

La ville a donc une influence sur la forme des conflits qui y prennent place. Mais quelles sont les forces a l'origine de ces derniers ? Les conflits naissent bien souvent de l'ecart entre, d'une part, l'investissement identitaire et l'attachement d'ordre affectif, fondes sur une valeur d'usage de l'espace pour les citoyens, et, d'autre part, l'investissement capitaliste, fonde sur une valeur d'echange pour les developpeurs (Logan et Molotch, 1987). L'etude des conflits urbains lies a la protection du patrimoine, en plus de nous eclairer sur les rapports entre les communautes et leur espace de vie (Villeneuve et al., 2009)--la ville comme lieu de vie que les individus peuvent s'approprier se construit notamment autour de conflits ou se joue l'identite culturelle d'une communaute (Ley et Mercier, 1980)--peut nous informer sur les negociations qui prennent place entre les differents acteurs, tentant tour a tour de deplacer le curseur du developpement durable vers plus ou moins de densification et vers plus ou moins de preservation patrimoniale. A l'enjeu strictement urbain vient s'ajouter une charge memorielle : le conflit lie a la protection du patrimoine est ainsi porteur a la fois d'une certaine conception de l'espace et d'un certain regard sur les heritages urbains. Si tout << conflit se deploie dans le temps et dans l'espace >> (Trudelle, 2003:232), le conflit en lien avec le patrimoine fait directement appel au passe, creant des liens directs avec une epoque revolue mais dont les traces, baties ou non, persistent.

Pour Mele (2003), les conflits urbains invitent plus largement a des moments privilegies d'argumentation, de justification, d'expressions de positions, de constructions d'alliance et de rapports de force, de debats sur les modalites et les impacts des actions publiques, ou chaque acteur construit, propose et remodele sa vision de la ville. Les enjeux de tels conflits peuvent etre de nature economique, sociale ou bien environnementale. D'apres la classification operee par Villeneuve et al. (2009:d-3), la lutte urbaine que nous nous proposons d'etudier dans cet article releve par exemple de quatre enjeux environnementaux : la qualite de vie, la protection de l'environnement, la protection du patrimoine et la destructuration locale.

Apres cette breve definition de la notion de conflit urbain, il s'agit de revenir sur les precedentes etudes s'etant proposees de les etudier via l'analyse de la presse ecrite. Ce choix methodologique nous a semble pertinent car, si << l'activite conflictuelle a, de tout temps, ete au coeur des transformations de l'environnement urbain >> (Villeneuve et al., 2009:d-4), ce n'est que recemment qu'elle dispose d'une couverture mediatique aussi large, qui contribue pour une large part a sa visibilite. Cette couverture mediatique rend immediatement publique et aisement accessible l'information sur les conflits urbains, amplifiant ainsi << le[ur] role local et regional [...] dans le processus de formation des valeurs, des ideologies et des representations, tout en conferant a la presse un important role d'acteur >> (Villeneuve et al., 2009:d-4.). Plusieurs geographes ont fait par le passe appel a la presse ecrite pour documenter les conflits urbains (Janelle et Millward, 1976 ; Janelle, 1977 ; Ley et Mercier, 1980 ; Villeneuve et Cote, 1994 ; Gilbert et Brosseau, 2002 ; Trudelle et al., 2006). Les biais de cette source de donnees sont donc bien connus : selection subjective de l'information, sensationnalisme, construction sociale de la realite--tout particulierement lorsqu'il s'agit de documenter des cas conflictuels (Mander, 1999), legitimateur du pouvoir en place, etc. Certains auteurs voient dans la presse << un appareil ideologique >> qui manipule la pensee des individus--en amplifiant, dramatisant les evenements (au nom du sensationnalisme rentable ou de l'activisme militant), en forcant la stereotypisation et en legitimant certaines opinions au detriment d'autres (Bourdieu, 1994, 1996)--d'autres considerent les medias comme un << miroir >> de la vie sociale, un mediateur qui expose l'opinion publique et transmet la marche du monde (Clauwert, 1999, Derville, 1999, Fiske, 1987 ; Gingras, 1999 ; Stuart, 1980). Pour les tenants de cette derniere approche, la presse ecrite est un moyen essentiel de reception et de diffusion des idees au sein de la societe. En ce sens, la presse constitue pour le chercheur une source precieuse et d'une grande richesse a travers laquelle se reflete l'ensemble de la vie sociale et politique. Elle peut renseigner judicieusement sur les faits et les evenements qu'elle relate et << fournit une documentation irremplacable pour l'etude de l'opinion publique et de ses mouvements >> (Loubet del Bayle, 1989, p. 104). D'autres, enfin, se positionnent a la croisee des deux visions, considerant les medias comme un lieu complexe de representations, a la fois reflet de l'opinion mais aussi instrument de formation de l'opinion, trace et moteur de la dynamique imaginaire (Cefai, 1996 ; Lochard, 1999 ; Rieffel, 2001).

Nous tenons a preciser que, dans cette etude, nous ne chercherons pas a degager la part de responsabilite des medias dans l'issue du conflit, ni a determiner le degre dbbjectivite des propos qui y sont tenus. Nous ne tenterons pas non plus de quantifier--si tant est que c'eut ete possible--leur influence dans les decisions politiques. Cet article vise avant tout a degager quel type de discours la presse ecrite porte sur la ville, en regard des principes d'amenagement mis en avant par les differents acteurs en jeu--municipalite, associations et promoteur immobilier. Pour nous, << malgre ses nombreux biais, la presse ecrite est une source de donnees precieuse en ce qui a trait a l'activite conflictuelle se deroulant en un lieu specifique, ne serait-ce que parce qu'elle cree un espace de debat public et qu'elle alimente ce debat. >> (Trudelle et al., 2006:33). Pour Roncayolo (1990), l'imaginaire urbain emanant des medias n'est d'ailleurs jamais en rupture avec le reel. En fait, meme interpretatif, ce discours n'en constitue pas moins un savoir precieux sur la ville, un savoir qui, comme le rappelle Lamizet (2002 :23), << ne se contente pas de la decrire >> mais << donne du sens aux evolutions que l'on peut y percevoir et aux dynamiques que l'on peut analyser >>.

La presse, comme nous le verrons, n'exposera pas seulement le discours des associations, exprimant une volonte de patrimonialisation, mais y participera par l'ajout de son propre argumentaire. Le choix de la presse est ainsi justifie par le fait qu'elle joue un role essentiel dans la visibilite et a la legitimation de la cause defendue par les associations, comine le souligne Robineau (2006) :

Pour que cette legitimation soit efficace, c'est-a-dire qu'un certain nombre de personnes soient persuadees du bien-fonde de la cause defendue, le recours aux medias semble une etape incontournable du processus de patrimonialisation. Martin Drouin parle, d'ailleurs, du double role des campagnes d'opinion publique. D'un cote, celles-ci sensibilisent la collectivite a la protection du patrimoine, et, d'un autre cote, par l'intermediaire des medias, elles introduisent une << rhetorique identitaire >> (Robineau, 2006:184).

Avant d'analyser, par l'utilisation de la presse, un exemple de conflit urbain portant sur les frictions pouvant naitre d'une tentative de conciliation entre la densification et la patrimonialisation, nous presenterons dans la deuxieme partie de cet article les politiques municipales ottaviennes relatives a chacun de ces deux aspects du developpement durable.

II. Entre patrimoine et densification, le discours de la municipalite d'Ottawa balance

La capitale canadienne, d'apres l'Ottawa Magazine du mois de septembre 2011, est le theatre d'un << boom >> de construction d'immeubles residentiels, qui aurait connu ses debuts avec la construction, en 2005, de l'immeuble au 700 de la rue Sussex par l'entreprise immobiliere Claridge Homes, la ou se dressait l'edifice Daly, premier grand magasin d'Ottawa, ouvert en 1905 et detruit en 1991 par la Commission de la Capitale Nationale (CCN). (4) Claridge Homes est egalement a l'origine de la realisation des immeubles residentiels des Plaines Lebreton. Expropries dans les annees 1960 par la CCN, les 65 hectares des Plaines, ou se trouvaient a l'epoque des industries et des logements ouvriers (Blackwell, 2005), accueilleront, une fois la derniere des trois phases de construction terminees, un total de 518 nouvelles unites d'habitation. En plus d'illustrer le type de constructions residentielles qui prennent place a Ottawa, en faisant un lieu pertinent d'etude quant a l'application des principes de la densification urbaine, ces realisations suggerent que la densification du centre-ville ottavien a parfois implique la destruction d'edifices anciens, si ce n'est patrimoniaux. Pourtant, tout en incitant les promoteurs immobiliers a densifier, la Ville d'Ottawa developpe un discours parallele sur la necessite de preserver son patrimoine bati qui, en dehors des monuments culturels ou historiques, illustrant son statut de capitale, consiste bien souvent en des edifices residentiels de faible hauteur. En effet, Ottawa n'a pas herite, contrairement a Montreal et Toronto, d'un important patrimoine industriel et commercial central: les usines, en lien avec l'exploitation du bois, etaient implantees sur les rives de la riviere des Outaouais, cote hullois, et ont ete presque entierement detruites dans les annees 1950 et 1960, avec l'application du Plan Greber, qui cherchait, entre autres, a epurer le panorama depuis la colline parlementaire.

Plusieurs etudes ont porte sur les politiques de densification des grandes villes canadiennes que sont Vancouver, Toronto et Montreal (Davison, 2011 ; Searle et Filion, 2011; Bunce, 2004; Tomalty, 1997) mais, a notre connaissance, aucune ne s'est penchee sur Ottawa, en dehors de tres ponctuelles etudes de projets de densification locaux effectuees par les services de la Societe Canadienne d'Hypotheques et de Logement (SCHL 1999, 2011). Pourtant, la Ville a developpe un important discours autour de la necessite de densifier, en meme temps que sur celle de preserver son patrimoine. Cette volonte de densifier est justifiee par une crise aigue de l'immediat centre-ville ottavien qui, entre le recensement de 2001 et de 2006, a perdu en moyenne 4% de sa population, tandis que sa banlieue, immediate et lointaine, gagnait pour sa part en population (Statistiques Canada, 2001, 2006). Entame bien avant la Seconde Guerre Mondiale, <<l'urban sprawl constitue aujourd'hui un defi de premier plan pour la ville-capitale>> (Harter, 2008:107). Pour repondre a ce defi, la Ville a mis en place, tout particulierement depuis 2006, une politique favorisant la densification de ses secteurs centraux et de ses quartiers de banlieue. Rares sont les projets qui ne se sont pas heurtes a l'acceptabilite sociale : tout projet urbanistique suscite en effet un debat, fut-il minime, s'apparentant parfois au syndrome bien connu du <<Pas dans ma cour>>. Mais, dans certains cas, les projets de densification peuvent etre rejetes parce qu'ils necessitent la destruction d'un heritage bati, et c'est alors que les contradictions entre densification et preservation patrimoniale font surface, donnant lieu a un veritable conflit urbain.

Sur le terrain, lorsqu'il s'agit de traduire en actes son discours, la Ville se trouve en effet confrontee aux deux autres grands groupes d'acteurs qui, avec elle, alimentent ce type de conflits, defini par Villeneuve et al. (2006, 2009), a savoir ceux qui opposent la societe civile--a l'origine des mouvements sociaux--et les diverses organisations constituant le secteur prive.

Afin d'analyser le discours de la Ville d'Ottawa sur la densification urbaine et le patrimoine, nous avons etudie les derniers plans d'amenagement mis en place par la Ville, ainsi que les differentes pages internet du site officiel de la municipalite consacrees a ce sujet. Les documents de travail de la Ville sont d'excellents revelateurs des contradictions pouvant se jouer entre volonte de densifier et volonte de preserver ou des eventuels ponts pouvant etre etablis entre les deux.

* Politique de densification urbaine

La Ville d'Ottawa revendique dans son plan de developpement et dans ses documents de communication une <<approche axee sur la densification>> (Ottawa, 2006), terme qu'elle definit assez simplement dans l'une de ses etudes statistiques, et en l'extrayant par ailleurs completement du contexte du developpement durable, comme <<le fait d'accroitre la densite d'un espace urbain>>. Cette etude est illustree d'une douzaine de photographies portant sur differems exemples de densification residentielle. Le recours a l'image et a des propos simples, tres accessibles, se retrouve dans une courte video realisee en 2008 par la direction de l'urbanisme de la Ville en faveur de la densification, intitulee <<La densification, un investissement solide>> (5). Dans les premieres images de ce film de quinze minutes, qui sont celles de banlieues residentielles s'etendant a perte de vue, de voies autoroutieres, de parcs de stationnement et de grandes surfaces, le discours se fait percutant : <<Nous sommes devenus une ville nord-americaine typique, axee sur l'automobile, tournee vers la banlieue et etalee>>. Les arguments a l'encontre de l'etalement jouent sur plusieurs niveaux, en faisant le responsable partiel des problemes de circulation, de l'augmentation de l'impot foncier, d'une empreinte ecologique nefaste, de la difficulte a payer les infrastructures et les services municipaux et, en dernier lieu, de la diminution de la vitalite des quartiers. Au moment de definir le terme de densification, le discours est different de celui, tres consensuel, des plans d'urbanisme ou des donnees statistiques de la Ville : <<Qu'est-ce que la densification? C'est un concept controverse dans plusieurs quartiers>>. Pourtant, cette affirmation n'est suivie d'aucun exemple de <<controverse>>. Apres avoir fourni une definition classique de la notion, sont enoncees deux regles de sa mise en place--ou, en tout cas, ce qui semble etre des regles : <<Chaque quartier recoit l'echelle qui lui est appropriee>> et <<la ville va se concentrer sur la qualite du design urbain, pour s'assurer que les nouveaux batiments mettent les quartiers en valeur>> (Ottawa, 2008). S'appuyant sur la Declaration de principes provinciale de 2005 qui recommande que <<les offices d'amenagement relevent et encouragent les possibilites de densification et de reamenagement la ou cela est possible en tenant compte des parcs d'immeubles et zones baties existants >>(6), la Ville, dans sa Strategie residentielle 2006-2031, affirme son intention de se fixer des objectifs et de cibler des quartiers de densification. Elle prevoit ainsi que 144 351 nouvelles habitations seront realisees d'ici 2031 et que 91% d'entre elles seront construites en milieu urbain. Ces cibles de densification comprennent le secteur central, les centres polyvalents importants ou emergents, les espaces a proximite des futures stations du Train Leger sur Rail, les rues et arteres principales et, enfin, les centres-villes de banlieues (Ottawa, 2006b). Les premieres mesures visant a encourager la densification remontent, en fait, aux annees 1990 : Ottawa a lance en 1994 un programme d'exoneration des droits d'amenagement au centre-ville, qui a ensuite pris de l'ampleur en 2000 et en 2002 et a ete documente par la SCHL (SCHL, 2002). Ce programme exonere de redevances de developpement et de droits d'amenagement les realisations residentielles au centre-ville (Ottawa, 2002). Ont ainsi ete dispenses de frais pres de 64 projets immobiliers pour 4300 nouveaux logements a l'epoque de l'etude de la SCHL.

Le plan fourni par la Ville--nous n'avons malheureusement pas pu acceder a sa version francophone--sur lequel nous avons fait figurer la Basse-Ville Ouest et la Basse-Ville Est, separees par l'avenue King Edward et limitees au sud par le rue Rideau, superpose a certains endroits les zones d'exoneration (limites noires et noires pointillees) avec des quartiers de conservation patrimoniale (fond gris fonce). L'est de la zone d'exoneration de niveau noir pointille couvre ainsi une partie du Marche By, appartenant a la Basse-Ville de l'Ouest. Cette zone, en plus d'etre exoneree des droits sur les permis de construction et sur les demandes d'amenagement, comme c'est le cas dans la zone delimitee de noir, les developpements residentiels de 50 logements ou moins s'y trouvant beneficient d'une exoneration des droits de 5% exiges pour l'amenagement de parcs. Le nord et l'est de la Basse-Ville sont concernes par la zone d'exoneration delimitee de noir, mais la Basse-Ville Est n'est toutefois pas classee comme quartier de conservation patrimoniale.

A la fin de l'annee 2008, la Ville a presente l'ebauche de son plan officiel d'urbanisme, approuve fin 2009, ou elle se fixait un objectif de densification de 40% d'ici cinq ans, sans quoi elle n'elargirait pas son perimetre d'urbanisation. Plusieurs consultations publiques ont eu lieu avant sa mise en place. Apres le plan de 2003, celui-ci est le deuxieme qui prone la densification : le concept apparait donc comme <<relativement nouveau>> (7) pour la municipalite. En 2011, la Ville a modifie certaines des orientations strategiques de son plan officiel ou en a ajoutees. Dans le point 2.2 du plan, il est ainsi precise que, lorsque le secteur cible par la densification est egalement un district de conservation du patrimoine, designe selon la Loi sur le patrimoine, la Ville doit fixer les limites de la densification en tenant compte des plans de district approuves par le Conseil et des dispositions du reglement de zonage portants sur les secteurs de protection du patrimoine :

Les batiments qui sont hors d'echelle, qui ne respectent pas les caracteristiques communes de leur emplacement ni le modele des amenagements environnants et dont la conception n'est pas faite de materiaux et de finis appropries seront reputes non conformes aux lignes directrices pertinentes et ne seront pas recommandes pour approbation aux termes de la Loi sur le patrimoine. L'interpretation des plans de district de conservation du patrimoine et des lignes directrices doit absolument tenir compte de l'importance de la densification pour la survie et la vitalite a long terme du district. Les lignes directrices et les dispositions concernant les secteurs de protection du patrimoine veilleront a ce que les projets de densification s'harmonisent au paysage des rues patrimoniales. (Ottawa, 2011a)

Cette derniere citation suggererait-elle que, au sein de la ville d'Ottawa, la densification prime sur le patrimoine ? Certes, il convient d'habiller les batiments densifiant l'espace urbain d'une coquille pouvant se fondre dans le paysage des districts patrimoniaux, mais il semble que ceux-ci doivent plier face a l'imperatif de la densification, <<pour la survie et la vitalite a long terme du district>>. Qu'entendre par <<survie>> et <<vitalite>>? Le quartier patrimonial n'est-il pas deja, par definition, un <<survivant>>? Et n'est-il pas connu pour etre, en general, parmi les espaces les plus vivants et vibrants du milieu urbain ? Mais, avant de supposer le primat de la densification sur la preservation patrimoniale, prenons le temps de nous pencher sur la politique de la municipalite d'Ottawa a l'egard de cette derniere.

* Politique de preservation du patrimoine bati

Pour definir les grandes lignes des politiques relatives au patrimoine de la Ville d'Ottawa, nous avons consulte les documents fournis en ligne par la municipalite. Sur son site internet, la Ville met a disposition le rapport quinquennal de la Ville, datant d'avril 2010, en lien avec l'application du Plan pour les arts et le patrimoine (Ottawa, 2010). Adopte par le Conseil municipal en 2003 et applicable jusqu'en 2020, le Plan pour les arts et le patrimoine a donc fait l'objet d'un rapport d'etapes, visant a evaluer l'etat d'avancement de sa mise en place. Dans ce rapport, dont la derniere partie est a proprement parler consacree au patrimoine, on apprend que le Conseil municipal est guide dans ses decisions par deux Comites : d'une part, le Comite consultatif sur le patrimoine bati d'Ottawa (anciennement appele Comite consultatif sur la conservation de l'architecture locale) se prononce sur les questions relatives a la Loi sur le patrimoine de l'Ontario et, d'autre part, le Comite consultatif sur les arts, le patrimoine et la culture de la Ville aiguille le Conseil municipal sur les autres questions et preoccupations relatives au patrimoine. Le rapport indique egalement que, en vertu de la Partie IV de la Loi sur le patrimoine de l'Ontario permettant aux municipalites de designer individuellement un bien immobilier <<si celui-ci satisfait aux criteres en matiere de valeur conceptuelle ou physique, de valeur historique ou associative ou de valeur contextuelle>> (Ottawa, 2010:41), la Ville a designe, entre 2003 et 2009, 18 biens comme porteurs d'une valeur ou d'un caractere sur le plan du patrimoine culturel. Habilitee par la partie V de la Loi sur le patrimoine de l'Ontario, la municipalite a egalement designe un district de conservation du patrimoine depuis 2003 (la partie inferieure de l'avenue Lorne). On affirme que <<les districts designes comme ayant une valeur patrimoniale beneficient parfois d'un regain de vitalite culturelle et economique du fait que leur designation met en valeur les caracteristiques distinctives du lieu et empeche son deperissement et l'amenagement de structures incompatibles>>. Nous retrouvons l'appel a la <<vitalite>>du quartier, deja developpe dans l'argumentaire en faveur de la densification. Le document, cette fois dans le chapitre consacre au tourisme patrimonial, signale d'autre part l'intention de la municipalite d'<<inciter les residents a participer a la conservation et a l'interpretation du patrimoine local>> et a <<fournir les ressources financieres, humaines et autres necessaires en vue de recueillir, de conserver et, apres des recherches, d'interpreter efficacement des documents et des artefacts qui temoignent de la richesse de l'histoire et du patrimoine d'Ottawa>> (Ottawa, 2010:30).

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D'autres documents officiels, indirectement relies au patrimoine et anterieurs au rapport quinquennal sur le Plan pour les Arts et le Patrimoine, se penchent sur la question de la preservation. Ainsi, en 2004, dans son etude statistique, la municipalite affirmait :

Nos maisons patrimoniales ont besoin d'aide. Parmi toutes les maisons construites avant 1945, une sur quatre a besoin de reparations majeures. Puisque les maisons plus anciennes sont plutot situees dans les quartiers pres du centre-ville, cela indique qu'il existe des occasions d'investir dans les secteurs plus anciens a l'interieur de la Ceinture de verdure (Ottawa, 2004a).

Difficile de comprendre sans plus de details ce que le texte entend par <<investir dans les secteurs les plus anciens>>. S'agit-il de restaurer ces maisons anciennes, ayant <<besoin de reparations majeures>>, ou de les detruire pour les remplacer par de nouveaux edifices ? Le groupe de travail du Plan pour le patrimoine, toujours en 2004, s'est attache par ai|leurs a definir ce qu'il entendait par <<patrimoine >>:

Le patrimoine est un heritage du passe apprecie dans le present qu'il contribue a interpreter, et protege pour l'avenir qu'il aide a faconner. I1 confere une identite collective et un sentiment du bien commun et definit les modes de vie, les valeurs et les croyances individuelles et communautaires (Ottawa, 2004a).

Les propos tenus melent regulierement discours revendicateur et appels a des preservations exemplaires autour de la notion de patrimoine, propos similaires sur certains points a ceux deja tenus par la Commission de la Capitale Nationale (CCN) en 1981, dans un guide touristique de la Basse-Ville d'Ottawa:

Certaines villes sont indifferentes a leur histoire, qui cherchent uniquement a se faconner un brillant avenir. La capitale du Canada, au contraire, s'est employee a conserver bon nombre des constructions et des sites qui temoignent de son histoire mouvementee. Si modestes qu'ils soient, ces vestiges du passe renseignent sur les difficultes et l'isolement des premiers habitants d'Ottawa. Ce patrimoine architectural est generalement simple et fonctionnel (CCN, 1981:4).

Les termes <<modestes>>, <<vestiges>>, <<isolement>>, <<simple>> et <<fonctionnel>> laissent penser que la CCN est consciente du caractere a la fois fragile et ordinaire--au sens d'issu d'un peuple de gens <<ordinaires>>--de son patrimoine. L'appel aux <<premiers habitants>>, associe a rensemble de ces termes, revelent une prise de conscience quant au caractere populaire d'une partie du patrimoine. Le discours recent de la municipalite d'Ottawa semble relever des memes notions, quoique de maniere moins affirmee :

Le patrimoine constitue un aspect crucial de l'amenagement et de l'infrastructure au sein de la Ville. Il peut nous amener a tirer de nos experiences quotidiennes les plus banales une profonde comprehension de nos origines et il ameliore notre qualite de vie en nous faisant apprecier davantage notre identite locale et la vie communautaire (Ottawa, 2004a).

Si l'origine et la nature du patrimoine ne sont ici pas identifiees, la reference aux <<experiences quotidiennes les plus banales>> et a l'<<identite locale>> suggere a nouveau un patrimoine vecu dans la plus simple quotidiennete. Le site internet de la Ville affirme, par ailleurs, que les proprietes designees selon la Loi sur le patrimoine de l'Ontario <<comprennent des batiments tres varies, allant de simples petites maisons de la Basse-Ville a des eglises rurales, en passant par des maisons de ferme en pierre>> (Ottawa, 2004b). Chaque designation implique toutefois un long processus d'etudes et d'evaluations, qui n'aboutit pas toujours. Les habitants de la Basse-Ville de l'Est d'Ottawa, pour s'opposer a un projet immobilier, ont pourtant tente de faire reconnaitre les batiments menaces comme biens patrimoniaux a preserver.

II- Le conflit autour de la densification urbaine dans la Basse-Ville Est

Le conflit commence en janvier 2011, lorsque les habitants de la rue Bruyere et de la rue St Andrew decouvrent, par l'intermediaire de pancartes plantees dans leurs parcelles, un eventuel changement de zonage, permettant a la societe immobiliere Claridge Homes de realiser un immeuble de huit etages qui ferait face au parc Bordeleau, a deux pas de la riviere Rideau. La localisation est ideale :la riviere et le parc offrent un cadre enchanteur, le quartier est tres tranquille et relativement proche, aux dires de la societe immobiliere, du Marche By. (8)

Le 10 juin 2011, Nancy Schepers, directrice municipale adjointe aux Services d'infrastructure et Viabilite des collectivites de la Ville d'Ottawa, soumet un rapport invitant le conseil a approuver une modification du reglement de zonage des 316, 318,324 rue Bruyere et des 317 et 321 rue St Andrew, 06 les immeubles etaient jusqu'alors limites a quatre etages et a 14,5 metres de hauteur, afin de permettre la realisation du projet de l'entreprise Claridge Homes, qui devait depasser ces limites. Ce projet consistait initialement en un immeuble residentiel de huit etages, modifie suite a une consultation avec la population et l'equipe municipale, reduisant la hauteur de l'4difice residentiel a cinq etages, pour un total de 101 unites d'habitations. Diminuant en hauteur, l'edifice gagnait cependant en surface, afin de conserver un nombre d'unites d'habitations equivalent a la premiere proposition. Le rapport fourni par la municipalite le 10 juin 2011, faisant directement appel aux principes du developpement durable, specifiait que <<the provincial interests that apply to this site include the appropriate location of growth and development and the promotion of development that is designed to be sustainable to support public transit and to be oriented to pedestrians>>. La localisation appropriee de la croissance fait implicitement reference a l'argument de la densification urbaine, classiquement combine a la durabilite du projet, favorisant l'acces aux transports en commun et aux transports actifs via des voies pietonnes et cyclables. Plus loin dans le rapport, on peut lire : <<the Oficial Plan supports infill development and intensification within the General Urban Area, provided it is developed in a manner that enhances and complements the desirable characteristics of the existing community and ensures its long term vitality>>. La consultation publique organisee pour discuter du projet a donne lieu a de nombreux commentaires, parmi lesquels une soumission signee par 50 membres de l'association Bruyere Street Rezoning Task Force. Chacune des remarques est resumee dans le rapport de la municipalite, assortie d'une reponse de l'equipe municipale.

Les contestations portaient, entres autres, sur la hauteur et l'incompatibilite du futur batiment avec le voisinage, l'augmentation du trafic routier, la question du stationnement automobile, l'ombrage cree par le batiment, le bouleversement de la composition sociale de la communaute et l'absence de plans repondant aux standards LEED. L'une des inquietudes ayant emerge au cours de la consultation se concentrait d'autre part sur le patrimoine, s'appuyant sur le document prepare par Marc Aubin en avril 2011, intitule Lowertown East, Our Disappearing Heritage. Les remarques insistaient tout particulierement sur le caractere patrimonial de la maison victorienne situee au 324-334 rue Bruyere, consistant en une maison en rangee de six unites, en briques rouges, construite en 1910.

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Le Comite consultatif (10) sur le patrimoine bati d'Ottawa, consulte dans le cadre du dossier, n'avait cependant identifie aucun batiment au patrimoine significatif meritant d'etre preserve. Chacun des edifices a demolir est decrit dans le rapport comine altere par rapport aux batiments originels, tant entermes esthetiques que structurels. (11) Des lors, pour les associations et les medias, il s'agissait de defendre un heritage bati par des arguments ne s'appuyant pas exclusivement sur la qualite physique ou architecturale des maisons, qui avait deja ete discreditee.

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* Associations et medias : plaidoyer en faveur d'un patrimoine vernaculaire mesestime et fragilise par 30 ans de renovation urbaine

L'etude du discours des associations s'est fondee essentiellement sur les differents documents de travail des associations King Edward Avenue Task Force et Bruyere Street Rezoning Task Force, fournis par leurs presidents respectifs, M. Marc Aubin et M. et Mme Murray, ainsi que sur les comptes-rendus des consultations municipales, accessibles au public en ligne, sur le site de la Ville. Nous avons par ailleurs choisi de combiner etroitement l'etude du discours des associations des residents du quartier avec celui des medias : ces derniers reprennent, en effet, nombre des arguments developpes par les premiers, faisant reference aux documents produits dans le cadre de la defense du patrimoine bati menace et aux propos tenus par les habitants lors des reunions municipales. Pour rassembler les articles de presse, nous avons procede a une recherche par mots-cles au travers des banques de journaux informatisees tels que le Canadian Periodical Index et le Canadian Newsstand Major Dailies--Proquest. Les 23 (12) articles rassembles ont ete publies entre le 12 juin 2011 et le 29 decembre 2011, dans Le Droit, le Ottawa Sun, le Ottawa Citizen et l'Express Ottawa.

Douze d'entre eux cherchent a singulariser l'heritage bati de la rue Bruyere et de la rue St Andrew, le peignant comme un patrimoine meconnu, francophone et d'une population modeste--ou, tout du moins, reprennent les propos d'acteurs associatifs allant dans ce sens. (13) Le bati de la Basse-Ville Est est ainsi celebre comme un patrimoine vernaculaire. Charge de sens et support des usages par le passe, il devient, dans le present, la trace modeste et le temoignage discret d'une vie communautaire et populaire. A plusieurs reprises, l'histoire de la capitale est convoquee, la Basse-Ville etant, entre autres, presentee comme << le berceau de Bytown, le noyau historique de la grande ville d'Ottawa >> (14) et les edifices a demolir comme constituant << a historical connection linking our present generation to those resilient individuals who settled on this swampy riverbank >>. (15) Ce patrimoine serait non seulement celui de la ville, mais aussi celui de la minorite francophone, qui avait historiquement peuple le quartier, accompagnee d'Irlandais et de Juifs. (16)

Les journalistes font parfois reference a la renovation urbaine des annees 1960 et 1970, a l'origine de la demolition de plusieurs maisons de la Basse-Ville Est, pour justifier la force de la reaction des habitants actuels et la sympathie qu'eprouverait naturellement tout un chacun a leur egard, sympathie qui se trouve :
 [...] d'autant amplifiee que la scene se deroule dans [le] bastion
 traditionnel des Canadiens francais qui s'anglicise a vue d'oeil
 depuis un demi-siecle apres avoir ete sectionne par la
 transformation de l'avenue King Edward en artere interprovinciale
 dans les annees 1960, puis devaste par la renovation urbaine et ses
 sequelles dans les decennies qui ont suivi. (17)


Il est important de replacer la renovation urbaine de la Basse-Ville dans son epoque : il s'agit en effet d'une operation urbanistique typique des annees 1960 et 1970, qui impliquait bien souvent une intervention a l'echelle de secteurs entiers de la ville, sans distinction interne. Inscrite dans une volonte de modernisation et d'embellissement du centre-ville, elle a toutefois eu des effets devastateurs dans plusieurs quartiers, comme celui de la Basse-Ville Est d'Ottawa, alors coeur francophone dynamique de la capitale. C'est donc en raison de cette renovation qui prit pres de dix ans, qu'on qualifie le bati subsistant d'heritage << fragilise >> (18), de << vestiges de l'ancien quartier francophone >> (19) ou encore de << last vestiges of Bytown >> (20).

A plusieurs occasions reprise dans les articles releves, l'inquietude principale de Marc Aubin, representant des associations de defense du patrimoine de la Basse-Ville, et de David Flemming, ancien president de Patrimoine Ottawa, porte sur le caractere ouvrier ou pauvre des quartiers sur lesquels prennent place les demolitions impliquees par les projets immobiliers. Marc Aubin considere ainsi que les standards de la designation patrimoniale sont aujourd'hui trop eleves, tout particulierement en ce qui concerne << the houses of poor people >>. (21) David Reevely, journaliste pour le Ottawa Citizen, reprend l'argumentaire que M. Aubin avait developpe dans l'une des lettres envoyees aux conseillers lors des echanges precedant la decision, prise le 15 aout, de donner le feu vert au projet de Claridge Homes. Pour le journaliste, la maison en rangee de briques rouges au 324-334 rue Bruyere n'est certes pas d'une << importance historique traditionnellement evidente >>, mais constitue un exemple precieux de << workman's houses >>. Pour lui, << there's no specific reason why only the former homes and offices of the rich and powerful can be designated >>. (22) Pour la redaction du Ottawa Citizen, ces maisons sont << the heritage of ordinary people, of immigrant labourers who lived in small houses. Not all heritage has to be grand >>. (23) La tentative, a la fois dans les articles et dans les rapports realises par les associations de defense du patrimoine, de presenter le patrimoine de la Basse-Ville comme unique, fortement lie a une communaute particuliere, a la fois francophone, pauvre et ouvriere, constitue certes une classique strategie de defense par l'emotion, par la subjectivite, mais egalement un avertissement et un constat de la logique d'effacement en marche : plus que des elements batis, c'est une memoire urbaine bien particuliere qui semble en danger, au point que les destructions peuvent etre percues comme le rejet, la negation symbolique de la minorite et de ses ressources memorielles.

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L'appel a la memoire du groupe--les associations de defense de la Basse-Ville--par les citations d'interventions des representants au cours des conseils municipaux et l'utilisation d'extraits de documents produits par les habitants pour defendre ce qu'ils considerent comme un patrimoine, tout autant que l'appel a la memoire individuelle, par la retranscription d'entretiens avec des habitants du quartier, souvent tres ages, sont courants dans les articles etudies. Cette tendance s'explique, selon Maurice Halbwachs (1997:7), par le fait que << l'individu se souvient en se placant au point de vue du groupe, et [...] la memoire du groupe se realise et se manifeste dans les memoires individuelles >>. En articulant les deux, memoire du groupe et memoires individuelles, les medias et les associations creent une rhetorique identitaire, parfois sentimentale, qui fait du patrimoine bati l'element capable de lier l'un et le tout, l'individu et la communaute. Plus que sa valeur architecturale ou d'anciennete, criteres les plus souvent evoques dans le cadre d'une reconnaissance officielle, c'est finalement la valeur de rarete de la maison Gauvreau qui est mise en avant. Un positionnement qui temoigne de cette << rememoration intentionnelle >> evoquee par Riegl (1903). La population de la Basse-Ville Est, par le refus de voir sombrer dans l'oubli son histoire, meme ouvriere et simple, affirme la valeur du patrimoine vernaculaire. Preserver la maison Gauvreau serait en cela un acte militant, traduisant une volonte de preserver les elements temoins d'un evenement traumatisant pour le quartier, a savoir celui de la renovation urbaine des annees 1960 et 1970. Affirmer le caractere patrimonial de la maison Gauvreau reviendrait ainsi a en faire une sorte de memorial et a reveler, en negatif, les cicatrices de la Basse-Ville Est.

Il est particulierement interessant de noter que, parallelement a cet argumentaire sur la valeur patrimonial du bati, les citoyens membres ales associations s'approprient et soutiennent dans leurs remarques la necessite d'une densification urbaine : << We support an incremental approach to infill[...]. We want to stress that we are not against intensification in the Lowertown area >>, tout en s'opposant a la modification de zonage et en considerant comme surdimensionnee la proposition de Claridge par rapport au reste du quartier, multipliant par cinq le nombre d'unites d'habitations pour une meme surface. (24) Lentreprise Claridge Homes elle-meme, en decembre 2010, avait produit un document de 19 pages justifiant les choix d'implantation et de densite de son projet, faisant egalement sienne la necessite de densification urbaine. Ainsi, pour la firme, << the proposed development is an infill project that is consistent with the City of Ottawa's vision for managing growth within the urban area and responds to the policies of the General Urban designation which support infill and intensification >> tout en contribuant << to the variety of housing available, the revitalization of Lowertown and the heritage character of the community >> (Claridge, 2010:23). Il semblerait ainsi que secteur prive, societe civile et municipalite developpent sur certains points un discours similaire : une densification necessaire en meme temps qu'une volonte de mise en valeur du patrimoine et de la communaute. Toutefois, cet argumentaire median, quand prone par le secteur prive ou la societe civile, peut etre sujet a caution : plus que de temoigner de sinceres convictions, ne s'agirait-il pas de repondre, en tout cas sur le papier, aux exigences de la municipalite pour s'attirer ses faveurs ?

* L'approbation finale du projet Claridge Homes par la Ville d'Ottawa

La mobilisation citoyenne autour des quatre maisons de la Basse-Ville Est devant etre detruites et la recherche d'un compromis se sont faits selon trois strategies : une recherche historique approfondie autour des edifices a ete realisee par Marc Aubin, revelant les parcours individuels des anciens occupants, le refus, porte par Leslie Maitland, presidente de Patrimoine Ottawa, de reconnaitre comme suffisant l'argument de l'alteration des batiments consideres pour justifier leur demolition, l'invitation a la mise en place d'un compromis creatif, ou l'entreprise Claridge Homes pourrait incorporer dans son design les elements de facade de la maison Gauvreau et, enfin, le rattachement des maisons menacees a l'histoire plus large des Canadiens-Francais installes dans la capitale nationale, en faisant parmi les derniers supports materiels de leur identite. (25) Lensemble de ces positions, apres avoir ete defendu dans le cadre d'une reunion du Comite consultatif sur le patrimoine bati d'Ottawa, a pousse ce dernier a revoir sa position et a recommander, dans son proces-verbal du 4 aout 2011, au Comite de l'urbanisme de la Ville de preserver ce qu'il pressentait desormais comme de veritables ressources patrimoniales de la Basse-Ville Est d'Ottawa.

Le 5 aout 2011, un rapport (26) est donc etabli a l'intention du Comite de l'urbanisme de la Ville d'Ottawa et du Conseil, se positionnant en faveur de la designation de la maison en rangee << Gauvreau >>, situee au 324-334 rue Bruyere, en vertu de la partie IV de la Loi sur le patrimoine de l'Ontario relative a la conservation des biens ayant une valeur ou un caractere sur le plan du patrimoine culturel. Le rapport retrace l'historique de la maison << Gauvreau >>, s'inspirant notamment du rapport Lowertown East, Our Disappearing Heritage.

Le 15 aout 2011, c'est au tour du Comite de l'urbanisme de la Ville d'Ottawa de se reunir pour repondre a deux demandes cruciales pour la validation du projet d'immeuble residentiel de Claridge Homes et la sauvegarde eventuelle des anciens edifices : d'une part, le Comite devait se prononcer, suite a la requete du Comite consultatif sur le patrimoine bati, sur la designation du 324-334 rue Bruyere selon la partie IV de la Loi sur le patrimoine de l'Ontario et, d'autre part, sur la modification de zonage de R4T a R5N du 316 au 324 rue Bruyere et du 321 rue St Andrew, qui devait permettre a l'entreprise Claridge Homes de realiser son projet. (27) Le Comite de l'urbanisme, apres avoir valide le changement de zonage, ne recommanda pas le classement patrimonial de la maison Gauvreau. Cependant, il invitera le Conseil municipal a << inclure une initiative visant a faire un examen et un inventaire exhaustifs du patrimoine restant de la Basse-Ville Est et d'en presenter les conclusions dans le plan provisoire de 2012 d'Urbanisme et Gestion de la croissance, quisera etudie par le Comite de l'urbanisme en janvier 2012 >>. (28)

Le 25 aout 2011, le Conseil municipal d'Ottawa approuvait definitivement la modification de zonage requise pour que puissent etre lances les travaux de Claridge Homes. (29) Les residents, les associations et leurs representants ne parvinrent pas a classer la maison de briques rouges en rangee du 324-334, rue Bruyere, qui n'avait obtenu que cinq points sur les six necessaires pour beneficier du statut patrimonial. (30) Les negociations aupres des differents comites avaient toutefois permis de faire diminuer la hauteur de l'immeuble de Claridge a cinq etages--soit 101 unites d'habitation--de negocier la creation d'un fond d'aide au relogement pour les habitants de longue date et d'assurer l'evaluation patrimoniale des autres batiments de la Basse-Ville Est.

* Associations et medias : devant l'inevitabilite riu projet Claridge Homes, appel au compromis et a une reconnaissance patrimoniale de la Basse-Ville Est

Pres de la moitie des articles recenses, apres avoir presente les arguments d'une partie de la communaute de la Basse-Ville a l'encontre de la destruction de ce qu'elle considere comme son patrimoine, se penchent sur le projet propose par Claridge pour en souligner les limites en meme temps que l'inevitabilite. On assiste alors a la mise en place d'un discours autour du caractere necessaire de la modification du quartier, souvent compare avec sa voisine, la Basse-Ville de l'Ouest, qui a beneficie d'une mise en valeur et d'un classement patrimonial precoces, d'une gentrification fulgurante et aujourd'hui formant l'un des plus grands poles touristiques de la capitale. (31) La perte de logements abordables, entrainee par une eventuelle gentrification, est d'ailleurs l'une des inquietudes des habitants de la Basse-Ville Est, reprise dans quatre des articles etudies. (32) On s'interroge ainsi sur les vingt logements locatifs qui vont laisser place a un peu plus d'une centaine d'appartements dont le prix d'achat s'echelonnera entre 195 000 et 600 000 dollars et la surface habitable entre 420 et 1195 [m.sup.2]. (33) La question du logement social ou subventionne fait partie du cadre de reflexion des principes du developpement durable. Les residents et la presse affichent dans leurs arguments l'idee que la rehabilitation ou la creation de logements sociaux repondant a des normes energetiques permet de concilier ecologie et quete de justice sociale. Lexistence de ce lien est une conviction partagee par certains chercheurs, qui associent etroitement << renjeu environnemental d'economie d'energie et de lutte contre l'effet de serre >> et celui << de justice sociale et de qualite de vie >> (Wallez, 2006:37). L'inquietude des associations, relayee par la presse, semble d'autant plus legitime que, comme toute grande metropole, Ottawa connait une crise du logement abordable. Plusieurs journalistes soulignent toutefois le fait que Claridge Homes devra contribuer financierement au relogement des familles dont le foyer sera detruit. Une loi municipale requiert en effet que le developpeur utilise 10% de la valeur des terrains a batir pour l'amelioration des espaces verts du voisinage. Dans lecas etudie ici, apres negociation avec la municipalite, il a ete decide que cette somme servirait au relogement de ceux occupant depuis plus de vingt ans les edifices devant etre detruits.

Mais la comparaison entre la Basse-Ville Ouest et la Basse-Ville Est ne s'arrete pas a l'offre de logements abordables. A plusieurs reprises, la Basse-Ville Est est comparee a sa soeur choyee, mettant en evidence les inegalites de developpement des deux quartiers. Ainsi, on remarque que << Lowertown east of King Edward Avenue [...] doesn't have the same heritage protection given to the west side of Lowertown >>. (34) Ken Gray, journaliste au Ottawa Citizen, reprend pour sa part les arguments du communique produit par l'une des associations de defense de la Basse-Ville Est, S.O.S. Lowertown East Heritage, insistant sur les consequences des differents choix d'amenagement operes :
 When the City of Ottawa designated Lowertown West and the Byward
 Market heritage conservation districts back in the 1990's, an
 arbitrary line was drawn down King Edward Avenue. Everything to the
 west was saved and everything to the east was ignored and has been
 severely neglected since. (35)


A l'est de King Edward, la renovation, impliquant destruction et realisation de logements neufs mais souvent de pietre qualite, a donc prevalue. Elle neut, cependant, pas le temps d'atteindre les quartiers de la Cote-de-Sable ou de la Basse-Ville de l'Ouest et de son marche By, ou la restauration et la rehabilitation douce avaient eu le temps de s'imposer. Le journaliste Pierre Allard avancait ainsi :
 A l'ouest de King Edward, autour du traditionnel marche By,
 s'est tissee une nouvelle dynamique de boutiques, restaurants,
 terrasses, maraichers et artisans, ceinturee de grands immeubles de
 condominiums qui attirent une population fort differente. Ce qui
 fut jadis un quartier pauvre et francophone est devenu un carre
 urbain cosmopolite des plus convoites. Il etait inevitable que la
 pression s'accentue sur les rues avoisinantes et finisse par
 deborder sur le secteur a l'est de King Edward. (36)


Inevitable, cette modification radicale de la Basse-Ville Est l'est aussi parce qu'elle n'a jamais beneficie d'une politique de preservation et de mise en valeur systematique, condamnant les batiments a la degradation. C'est justement l'argument principal de la municipalite, justifiant la non-preservation des edifices. Pour l'equlpe municipale, les modifications apportees aux edifices originels ont << compromis le caractere de leur conception ainsi que leur signification >> (37) et les << alterations deplaisantes >>, tout autant que l'evidente << detresse structurelle >> (38) des batiments ont joue en leur defaveur. Pour la redaction du Ottawa Citizen, le defi de la Ville est de trouver, a l'avenir, << ways to do a better job of ensuring that Ottawa's historic buildings are maintained properly, so that the choice doesn't come down so often to demolition versus major rehabilitation >>. (39)

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Si le projet de Claridge Homes a ete finalement valide par la municipalite et la future destruction des edifices enterinee, les articles de presse mettent souvent en avant les compromis operes entre la premiere proposition, refusee par le Conseil municipal, et la derniere, validee--les mots << compromis >>, << equilibre >> ou << balance >> reviennent d'ailleurs dans huit des 22 articles de presse etudies. Les associations de defense du patrimoine, de concert avec leurs representants municipaux, sont a l'origine des quelques concessions operees par Claridge Homes (diminution du nombre d'etages de huit a cinq, meilleure integration de la facade dans le voisinage, financement du relogement des residents de longue date). Tout au long des discussions sur le projet, les associations et leurs representants sont d'ailleurs intervenus comme de veritables professionnels de l'amenagement, proposant des solutions, bien souvent non retenues, mais qui trouvaient credit aupres du departement municipal charge du patrimoine ou des journalistes suivant l'evolution du projet.

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L'une d'entre elles, consistant en une integration de la facade du 324-334, rue Bruyere, au sein de celle du nouvel immeuble residentiel, suscita un certain engouement. Ainsi, << Claridge [aurait pu] utiliser des elements originaux de la facade de la vieille demeure de brique rouge ou s'en inspirer dans le design de son futur edifice >> (40), s'inspirant de la << Metropolitan Bible Church in Centretown, which became part of the new Central Condominiums development >>. (41) Meme s'il n'est aujourd'hui << pas question, pour Claridge, d'employer la facade de la maison Gauvreau comme element du nouvel edifice >>, le gestionnaire de l'urbanisme du secteur central de la ville se felicite que, a la demande du comite, << certains elements reprennent le langage architectural de la BasseVille. [...] Ca ne sera pas un paquebot avec une porte. On utilisera la brique rouge, plusieurs logis donneront directement sur la rue, les corniches rappelleront le quartier >>. (42)

Si les associations communautaires et les residents ont perdu la bataille quant a la preservation patrimoniale des edifices de la rue Bruyere et de la rue St Andrew, ils ont gagne, en revanche, une reconnaissance institutionnelle et une expertise grace a ce dossier. En effet, grace a leur dynamisme et a leur capacite a s'afficher comme de veritables acteurs institutionnels, les associations de defense du patrimoine de la Basse-Ville Est se sont vu attribuer des responsabilites initialement propres a la municipalite. Ainsi, lorsque la Ville fit du recensement des edifices patrimoniaux l'un des objectifs de son Plan pour le patrimoine de 2003, elle suggera de deleguer, dans le cas quartier de la Basse-Ville, la responsabilite de cet inventaire a l'association de sa communaute : << the Lowertown Community Association could be encouraged to update the Heritage Reference List for the neighbourhood to enable an accurate inventory of remaining older buildings in the area >>. (43)

* Epilogue

Le caractere peu exceptionnel, tant sur le plan esthetique qu'historique, des maisons qui seront demolies pour laisser place au complexe residentiel de Claridge Homes est representatif d'un milieu ouvrier franco-ontarien de debut de siecle. La facture populaire des edifices en font en meme temps un exemple pertinent pour etudier les conflits pouvant opposer tenants de la densification urbaine, representes ici par les entrepreneurs prives et une partie des politiques municipales, et tenants d'une preservation patrimoniale comme reference identitaire physique, representes cette fois par les associations de citoyens. Cette etude de cas illustre parfaitement la question de l'equilibre entre choix de densifier ou de preserver, comme le confirme d'ailleurs le conseiller Mathieu Fleury : << obtenir un certain equilibre entre la preservation du passe et l'intensification urbaine, c'est loin d'etre evident >>. (44) Le Ottawa Citizen voit pour sa part le projet comme une occasion d'attirer rattention du Conseil de la Ville sur << the difficult question of how to balance intensification with respect for an old neighbourhood's history and character >>.45 Le projet final, valide par la Ville, correspond certes a un compromis, impliquant necessairement des concessions de la part des associations et de l'entrepreneur prive, mais il a toutefois le merite de permettre une densification douce du secteur, tout en tentant de preserver certaines caracteristiques architecturales des edifices environnants (briques rouges, balcons, entrees multiples).

Le ressentiment des habitants est toutefois exacerbe par le traitement tres different recu par la Basse-Ville Ouest, dont le nora est bien souvent remplace dans les documents de la Ville par l'un desses elements centraux, le ByWard Market. (46) Beneficiant du statut de quartier patrimonial, et des restrictions qui l'accompagnent des qu'il s'agit de toucher au bati, la Basse-Ville Ouest a pu echapper a la renovation urbaine des annees 1960 et 1970 grace aux mobilisations citoyennes de sa voisine de l'Est, lorsque ses habitants ont realise que la renovation, tout en etant cense ameliorer les conditions de vie dans le quartier, impliquait aussi la destruction des liens communautaires et de l'urbanite populaire. Les deux Basse-Ville, separees initialement par la creation de deux paroisses catholiques a la fin du XIXeme siecle, se ressemblaient beaucoup avant ;a renovation, tant de par leur composition sociale que leur aspect physique.

Au coeur d'Ottawa, il suffit pourtant de traverser l'avenue King Edward, tout particulierement dans sa partie sud, pres de la rue York, pour realiser a quel point les choix urbanistiques peuvent influencer le visage et l'avenir d'un quartier : d'un cote de l'avenue, au Sud-Est, des rues desertes, terminant sur des culs-de-sac, de larges vides dans l'alignement des batisses, souvent peu entretenues, des ilots entiers de logements sociaux monotones traverses episodiquement par de grandes arteres routieres bordees par des parkings et, de l'autre, au Sud-Ouest, des rues vivantes, des maisons d'epoque colorees et consolidees, quelques rues pietonnes entourees de restaurants chics et de bars, le marche By, ses vendeurs de fruits et legumes et son animation. Mais le discours developpe par les associations de defense patrimoniale de la Basse-Ville Estne sombre pas dans le defaitisme. Les attaques, a l'encontre de l'heritage bati subsistant, leur apparaissent comme lbccasion de defendre leur vision pour le quartier. A plusieurs reprises, l'adhesion aux principes du developpement durable et, entre autres, a la densification urbaine, est affirmee dans les propos des acteurs sociaux. Leur discours temoigne d'une comprehension tine du projet de la Ville et de Claridge Homes et ils tentent meme de l'ameliorer par des propositions concretes, dignes d'amenageurs. La Ville se trouve donc face a des acteurs ayant parfaitement compris ses logiques de developpement, s'averant capables d'en jouer, de s'approprier ses valeurs. Les associations ont fait leur la portee actuelle de la notion de patrimoine et devoilent les contradictions des discours municipaux, qui avaient en apparence adhere a cet elargissement du champ patrimonial, consistant en une integration des elements relevant du vernaculaire, du quotidien et de lbrdinaire, au meme titre que le monumental et l'exceptionnel, dans les objectifs de preservation (Leniaud, 2002). Cet elargissement du champ patrimonial peut parfois creer de reelles difficultes pour la mise en place de projets de developpement urbain, se heurtant a des communautes revendiquant, selon des criteres identitaires et memoriels, leur propre patrimoine (Gravari-Barbas, Veschambre, 2003) et le maintien du caractere existant de leur milieu de vie (Jenks, 2000 ; Dovey et al., 2009). Pour ce faire, les associations et les habitants creent un discours, ici avec le soutien de la presse, qui erige les edifices consideres en patrimoine. Ce n'est plus l'element bati en tant que tel qui constitue, par sa presence uniquement, une justification a sa preservation, mais le discours dans lequel il est enrobe qui doit parvenir a << proposer un argumentaire de legitimation qui, en l'absence de realite objective du patrimoine, articulera son identification et sa sauvegarde >> (Drouin, 2005:21). Le patrimoine est alors considere non pas pour ses qualites architecturales ou sa valeur d'anciennete, mais pour sa capacite a materialiser la memoire : << il permet de la "voir" en lui offrant une presence physique et ainsi autorise a la collectivite des processus d'identification >> (Drouin, 2005:21). Il est d'autant plus difficile d'evaluer la valeur patrimoniale d'un edifice lorsque celui-ci, ne presentant aucun caractere exceptionnel, est par ailleurs fortement investi par une rhetorique identitaire. Pour les institutions, il s'agit alors de trouver un equilibre sense, mais rarement satisfaisant, entre preservation et developpement.

CONCLUSION

Difficile a mettre en place en milieu urbain, le developpement durable l'est d'autant plus de par les apparentes contradictions dont il est porteur : dans cet article, nous avons illustre la difficile conciliation de deux de ses fondements, a savoir la densification et la preservation du patrimoine. La municipalite d'Ottawa, bien que soucieuse d'articuler dans son discours les differents elements definissant le developpement urbain durable, se trouve confrontee, lorsqu'il s'agit de mettre en application cette politique, a des acteurs decides a faire valoir en priorite la necessite de preservation du bati ou celle de densification des espaces centraux. Les acteurs en question, associations de citoyens ou promoteurs immobiliers, placent pourtant tout deux leur argumentaire sous l'egide du developpement durable, n'hesitant pas a emprunter a la Ville les propos qu'elle emploie dans ses plans d'amenagement, afin de mener a bien leurdesir de protection patrimoniale ou leurs operations de developpement.

Nous sommes finalement face a un conflit d'appropriation de l'espace urbain, ou logiques identitaires et economiques se heurtent : le quartier etudie dans cet article est ainsi investi par des significations et des usages divergents et les differents acteurs tentent d'imposer leurs propres reperes normatifs. Si la municipalite voit dans la Basse-Ville un espace a densifier, le promoteur immobilier saisit sans doute pour sa part l'opportunite de faire du profit, tandis que l'habitant est la pour rappeler aux deux premiers acteurs que le bati est aussi le support d'une communaute et de sa memoire. Le conflit urbain sur lequel nous nous sommes penche ici, via l'analyse de la presse, est certes circonscrit dans l'espace et dans le temps mais, parce qu'il est lie a la defense d'un patrimoine, valorise pour ses qualites vernaculaires et son role de support d'une memoire populaire, a ete associe par ses defenseurs a un episode passe traumatisant, a savoir la renovation de la Basse-Ville et les nombreuses demolitions qu'elle a entraine. Les opposants au projet de Claridge se reapproprient ainsi le discours porte par les habitants du quartier des annees 1960 et 1970, lorsque la BasseVille etait menacee par la renovation urbaine. Les elements batis subsistant deviennent donc un patrimoine a preserver malgre leur qualite esthetique et leur role historique mineurs, du fait de leur rarete--qui en fait parmi les derniers representants du quartier canadien-francais qui existait avant les annees 1960--et du souvenir douloureux mais necessaire qu'ils incarnent. Defendre la maison Gauvreau et ses voisines, c'est donc defendre ce qu'etait l'ensemble du quartier avant les demolitions et entretenir la memoire par l'intermediaire d'un element materiel, ancre dans le paysage, a la maniere, justement, d'un memorial. Mais, au travers de cette lutte urbaine, nous assistons aussi a la reactualisation du mythe de la ville ancienne : les quelques batiments demeurants sont, pour ses defenseurs, la trace que la ville d'autrefois a bien existee. Ce n'est pas tant la qualite materielle des batiments qui importe, que la charge symbolique dont ils sont porteurs.

Si cette lutte a ete partiellement perdue--la Ville ayant rejete la proposition de preserver les batiments qui etaient menaces par le projet de la societe immobiliere Claridge Homes, tout en acceptant, face a rinsistance des associations d'habitants, d'evaluer ceux restants en vue d'une eventuelle patrimonialisation--elle ale merite de nous inviter a approfondir notre reflexion sur les modalites d'application du developpement durable en milieu urbain. Comme l'a note tres justement la redaction du Ottawa Citizen, il n'est pas normal que les edifices historiques, peu importe leur qualite esthetique initiale, soient laisses a l'abandon au point d'en faire un argument pour leur destruction. (47) Si la ville ancienne a parfois demontre sa capacite a perdurer dans le temps, c'est parce qu'elle a ete reinvestie, entretenue et sans doute readaptee aux usages du moment. Les villes censees etre durables que nous construisons aujourd'hui connaitront-elles la meme perennite ? Il s'agit finalement de se demander si la confrontation des deux volontes, densification urbaine et preservation patrimoniale, n'est pas en fait rendue problematique par le choix des outils dont se dotent les municipalites et les promoteurs. La contradiction apparait en effet la ou l'on s'est avere incapable de valoriser les deux approches, de trouver un equilibre entierement satisfaisant. Levaluation de la qualite patrimoniale des edifices est au cceur des enjeux : les criteres (48) sont-ils equitables ? La valeur physique--la beaute de la coquille--doit-elle primer ? Et, dans le cas d'une renovation urbaine ayant detruit la majeure partie d'un quartier sur decision municipale, comment la Ville peut-elle en toute serenite evaluer la qualite contextuelle, c'est-a-dire la presence d'un lien fonctionnel et visuel entre le batiment et son environnement, si cet environnement n'existe plus ? Comment rendre compte dans ce type d'evaluation de l'importance de la conservation des identites et de la necessite de maintenir des lieux referentiels, aussi modestes soient-ils, ou ce qu'il en reste apres des decennies de mutilation ?

Pres d'un demi-siecle apres l'expropriation des maisons des ouvriers de l'industrie forestiere logeant sur les Plaines Lebreton, la Ville d'Ottawa, dans son rapport quinquennal relatif au Plan pour les Arts et le Patrimoine, entend realiser conjointement avec la CCN << un sentier d'interpretation des Plaines Lebreton, afin d'assurer la commemoration de l'industrie forestiere des debuts d'Ottawa et du patrimoine industriel >> (Ottawa, 2010:27). N'est-ce pas la la trace d'une erreur dans la gestion du patrimoine urbain, erreur que l'on tente de corriger par l'edification de plaques commemoratives censees faire amende honorable ? La Basse-Ville de l'Est serait-elle destinee au meme traitement et son histoire reduite a une plaque si aucun des quelques batiments du debut du siecle encore debouts ne repond aux criteres de selection de la Ville ?

Remerciements

Nous tenons a faire part de notre gratitude a M. Michel Rossignol, representant du sous-comite sur le patrimoine de l'Association communautaire de la Basse-Ville, M. Marc Aubin, president du Groupe de Travail de l'Avenue King-Edward, M. Alain Miguelez, gestionnaire de programme et examinateur de projets d'amenagement au Service de l'Urbanisme et de la Gestion de la Croissance de la Ville d'Ottawa, Mine Salima Hachachena, coordinatrice en urbanisme a la Ville de Gatineau, ainsi qu'a nos relecteurs-trices anonymes, pour leurs precieux conseils de redaction et leur aide dans la comprehension des politiques locales autour du patrimoine bati et de la densification urbaine.

Cet article s'inscrit dans le cadre du projet Chantier Ottawa du CRCCF (Centre de Recherche en Civilisation Canadienne-Francaise), qui beneficie depuis 2011 d'un financement du CRSH (Centre de Recherche en Sciences Humaines).

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Reevely, David, << The heritage value of the working class >>, Ottawa Citizen Blog. http://blogs.ottawacitizen.com/2011/08/15/the-heritage-value-of-the-working-class/, 15 aout 2011.

Steele, Alistair, << Lowertown condo plan approved at committee >>, CBC News, 15 aout 2011.

Vachet, Benjamin, << Pertes et profits pour les Francophones >>, L'Express Ottawa, 29 decembre 2011.

Caroline Ramirez

Doctorante en Geographie

Universite d'Ottawa

Kenza Benali

Departement de Geographie

Universite d'Ottawa

Notes

(1) Phenomene mieux connu sous le nom de NIMBY : << Not In My BackYard >>.

(2) Si la notion de << developpement durable >> a ete definie par la Commission Bruntland en 1987 (ONU, 1987), c'est des le debut des annees 1990 que s'entame une reflexion poussee sur la ville durable, avec l'elaboration, en 1994, de la Charte d'Aalborg, constituant l'annonce d'une nouvelle ere (Emelianoff, 2004a), a savoir celle de l'urbanisme durable.

(3) Ottawa Magazine, << CONDO BOOM! A city in transition >>, septembre 2011.

(4) La CCN est une societe d'Etat du gouvernement du Canada, chargee de faire de la capitale du Canada un referentiel de l'identitaire national, par des amenagements, des festivais, des colloques, etc. Elle a ete creee en 1959 par le Parlement, a l'origine pour appliquer le plan de l'architecte Jacques Greber (Benali et Ramirez, a paraitre).

(5) http://www.ottawa.ca/residents/planning/intensvideo_fr.html

(6) http://www.mah.gov.on.ca/Page3723.aspx (1.1.3.3 de la Partie V).

(7) Hume, Peter, dans La Haye, Dominique, << La densification et le transport priorises >>, Le Droit. 28 novembre 2008.

(8) La << proximite >> au Marche By est d'ailleurs un des arguments principaux du marketing de Claridge Homes : << You don't have to go far to arrive at WaterStreet. Just take a few steps off the beaten path, between the bustling ByWard Market and the delightful New Edinburgh neighbourhood, and you'll discover one of the city's most charming condominiums. Nestled by Bordeleau Park and the Rideau River, it's a quiet haven amid the excitement and energy of the downtown core. >> De maniere troublante, la societe immobiliere reactualise l'ancien nom de la rue Bruyere qui, avant d'etre modifie en 1945 en l'honneur de la mere Elisabeth Bruyere, fondatrice de l'ordre des Soeurs Grises, portait celui de rue Water. Voir la brochure en ligne de Claridge Homes (http:// claridgecondos.com/teasers/waterstreet).

(9) Rapport au Comite de l'urbanisme et au Conseil, 10 juin 2011. (http://www. ottawa.ca/calendar/ottawa/citycouncil/pec/2011/06-28/07-ACS2011-ICSPGM-0085%20-%20Zoning%20St%20Andrew%20Street.htm).

(10) Le Comite consultatif sur le patrimoine bati d'Ottawa (CCPBO) se prononce sur des questions en lien avec le patrimoine d'Ottawa, aupres du Conseil municipal. Ce role comprend notamment la formulation d'opinions sur les demandes visant la patrimonialisation de biens.

(11) Compte-rendu de reunion du Comite de rurbanisme, 28 juin 2011 : http://www.ottawa.ca/calendar/ottawa/citycouncil/occ/2011/07-13/pec/06ACS2011-ICS-PGM-0085%20-%20Zoning%20St%20Andrew%20Street.htm.

(12) Ge nombre d'articles, documentant un seul projet, tres localise, ayant entraine un conflit urbain, est relativement eleve une fois compare au nombre moyen d'articles consacres a chaque conflit parmi les 2095 recenses dans le travail de Trudelle et al. (2006) : en moyenne, seuls 3.2 articles documentaient un conflit urbain.

(13) La distinction entre heritage et patrimoine est a noter, quoique nous ayons tendance dans ce texte a confondre les deux, l'heritage considere ici etant defendu comme patrimoine communautaire: il y a en effet << ce qu'on peut effectivement appeler heritage, a savoir tout ce qui subsiste des amenagements et productions de nos predecesseurs, et patrimoine, ce que nous decidons de conserver (ou du moins, ce que nous souhaitons conserver), sous une forme sociale ou une autre >> (Gauthiez, 2010).

(14) Prevost, Michel, dans Perron-Clow, Jonathan, << Michel Prevost est attriste par la decision >>, L'Express Ottawa, 18 aout 2011.

(15) Miller Chenier, Nancy, dans Cockburn, Neco, << 'Unique' plan for longtime Lowertown tenants >>, Ottawa Citizen, 16 aout 2011.

(16) Janelle, Robert, << Lowertown heritage battle comes to bitter end >>, Open File, 19 aout 2011.

(17) Allard, Pierre, << Dans un monde ideal >>, Le Droit, 11 juillet 2011.

(18) Allard, Pierre, << Dans un monde ideal >>, Le Droit, 11 juillet 2011.

(19) Orfali, Philippe, << Vingt familles de la Basse-Ville perdraient leur chez-soi >>, Le Droit, 9 juillet 2011.

(20) Ottawa Citizen, << Saving old Bytown >>, 5 juillet 2011.

(21) Janelle, Robert, << Lowertown heritage battle comes to bitter end >>, Open File, 19 aout 2011.

(22) Reevely, David << The heritage value of the working class >>, Ottawa Citizen Blog. Consulte le 14 decembre 2011 (http://blogs.ottawacitizen.com/2011/08/15/ the-heritage-value-of-the-working-class/), 15 aout 2011.

(23) Ottawa Citizen, << Saving old Bytown >>, 5 juillet 2011.

(24) Compte-rendu de reunion du Comite de l'urbanisme, 10 juin 2011 (http://www.ottawa.ca/calendar/ottawa/citycouncil/occ/2011/07-13/pec/06-ACS2011-ICS-PGM-0085%20%20Zoning%20St%20Andrew%20Street.htm).

(25) Comite consultatif sur le patrimoine bati d'Ottawa, 4 aout 2011, http://www. ottawa.ca/calendar/ottawa/citycouncil/a-lacac/2011/08-04/minutes9.txt.

(26) Rapport au Comite de l'urbanisme et au Conseil de la ville d'Ottawa, 5 aout 2011 : http://www.ottawa.ca/calendar/ottawa/citycouncil/pec/2011/08-15/3%20-%20ACS2011-CCV-OBH0002%20Designation%20of%20the%20 Gauvreau%20Rowhouse.htm.

(27) Ordre du jour du Comite de l'urbanisme, 15 aout 2011 (http://www.ottawa. ca/calendar/ottawa/citycouncil/pec/2011/08-15/agendaindex18.htm).

(28) Suite a donner aux elements approuves par les comites permanents, Conseil municipal d'Ottawa, 25 aout 2011 (http://ottawa.ca/calendar/ottawa/ citycouncil/occ/2011/08-25/frenchDocument%202%20-%20Delegated%20 Authority%20List% 20- %20agenda 18.htm).

(29) Proces-verbal de reunion du Conseil municipal d'Ottawa, 25 aout 2011 (http:// ottawa.ca/calendar/ottawa/citycouncil/occ/2011/08-25/frenchminutes18. htm).

(30) Deux points pour son design, deux points pour son contexte et un point pour son histoire, etant un exemple typique de maison d'ouvrier : Robert, Janelle, << Lowertown heritage battle comes to bitter end >>, Open File, 19 aout 2011.

(31) La Basse-Ville Ouest a ete classee district patrimonial au niveau du marche By en 1991.

(32) Cockburn, Neco << 'Unique' plan for longtime Lowertown tenants >>, Ottawa Citizen, 16 aout 2011 ; Langston, Patrick, << Shifting gears. Claridge switches from soaring tower to 'small gem' in latest condo project >>, Ottawa Citizen, 19 novembre 2011 ; Dufault, Francois Pierre, << Des batiments du siecle dernier demolis pour des condos >>, Le Droit, 16 aout 2011 ; Perron-Clow, Jonathan << Changements decevants sur la rue Bruyere >>, L'Express Ottawa, 15 aout 2011.

(33) Langston, Patrick, << Shifting gears. Claridge switches from soaring tower to 'small gem' in latest condo project >>, Ottawa Citizen, 19 novembre 2011.

(34) Janelle, Robert, << Lowertown heritage battle comes to bitter end >>, Open File, 19 aout 2011.

(35) Gray, Ken << Lowertown heritage in jeopardy >>, Ottawa Citizen Blog. Consulte le 14 decembre 2011 (http://blogs.ottawacitizen.com/2011/08/04/lowertown-heritage-in-jeopardy/), 4 aout 2011.

(36) Allard, Pierre, << Dans un monde ideal >>, Le Droit, 11 juillet 2011.

(37) Cockburn, Neco, << 'Unique' plan for longtime Lowertown tenants >>, Ottawa Citizen, 16 aout 2011.

(38) Ottawa Citizen, << Saving old Bytown >>, 5 juillet 2011.

(39) Ibid. Dans son Plan pour les Arts et le Patrimoine, la Ville d'Ottawa constatait deja la deficience d'entretiens de certains des batiments patrimoniaux en sa possession : << Certaines procedures municipales sont en place pour appuyer un entretien approprie; toutefois, la creation d'une politique generale a cet effet est recommandee. [...] Certains cas de negligence au chapitre de l'entretien ont entraine des dommages qui pourraient mener a la perte d'importantes structures patrimoniales. Il demeure urgent d'accroitre la sensibilisation a l'importance d'un entretien adequat, car celui-ci est directement lie a la preservation. Des travaux de restauration d'edifices patrimoniaux seront necessaires dans certains cas >> (Ottawa, 2010:25).

(40) Dufault, Francois Pierre, << Des batiments du siecle dernier demolis pour des condos >>, Le Droit, 16 aout 2011.

(41) Mueller, Laura, << Lowertown heritage building could become part of a new development >>, Ottawa This Week Central, 12 aout 2011.

(42) Alain Miguelez, dans Orfali, Philippe, << Vingt familles de la Basse-Ville perdraient leur chez-soi >>, Le Droit, 9 juillet 2011.

(43) Rapport au Comite de l'urbanisme et au Conseil, 10 juin 2011 (http://www.ottawa.ca/calendar/ottawa/citycouncil/pec/2011/06-28/07-ACS2011-ICS-PGM-0085%20%20Zoning%20St%20Andrew%20Street.htm).

(44) Mathieu Fleury, dans Orfali, Philippe, << Vingt familles de la Basse-Ville perdraient leur chez-soi >>, Le Droit, 9 juillet 2011.

(45) Ottawa Citizen, << Saving old Bytown >>, 5 juillet 2011.

(46) Jacques Faucher, habitant de la Basse-Ville, s'inquiete d'ailleurs dans un ouvrage autobiographique de cette tendance a remplacer le nom de << BasseVille >> par celui de << Marche By >> : << Il y a quelque temps, je sursautais en entendant un ami utiliser l'expression << le quartier du Marche By >> [...]. Cet interlocuteur ne semblait pas avoir connu l'appellation d'origine Basse-Ville designant tout ce secteur de la capitale. Il vient vraisemblablement illustrer une nouvelle tendance. J'insiste pour afirmer qu'il me parait important d'apprendre a bien nommer notre territoire. >> (Faucher, 2011:8).

(47) Ottawa Citizen, << Saving old Bytown >>, 5 juillet 2011.

(48) La valeur conceptuelle ou physique (le bien est un exemple rare, unique, representatif ou precoce d'un style, d'un type, d'un moyen d'expression, d'un materiau ou d'un materiau de construction; il presente un interet artistique ou artisanal exceptionnel et il reflete un degre eleve de realisation technique ou scientifique), la valeur historique ou associative (le bien possede une valeur historique ou associative caril a des liens directs avec un theme, un evenement, une croyance, une personne, une activite, une organisation ou une institution qui est important pour une communaute. Il presente ou a le potentiel de presenter des renseignements qui contribuent a comprendre une communaute ou une culture et illustre le travail ou les idees d'un architecte, d'un artiste, d'un constructeur, d'un concepteur ou d'un theoricien qui est important pour une communaute) et la valeur contextuelle (le bien est important pour definir, maintenir ou soutenir le caractere d'une region. I1 est lie fonctionnellement, visuellement ou historiquement a son environnement ou il est un haut-lieu (Ottawa, 2004b).
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Author:Ramirez, Caroline; Benali, Kenza
Publication:Canadian Journal of Urban Research
Article Type:Report
Geographic Code:1CANA
Date:Jun 22, 2012
Words:15524
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