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Les intellectuels s'insurgent !

Dans le repertoire des oeuvres cinematographiques egyptiennes, [beaucoup moins que] Al Ard [beaucoup plus grand que] (La Terre) demeure un film-culte. Petits et grands se souviennent d'une scene vachement emouvante, oE le grandissime comedien Mahmoud Al Miligui, est traEne des poings par des chevaux, sur le sol sec et crevasse a cause de la secheresse. Cette terre qui s'est fissuree par la secheresse dans les annees 30, parce qu'un feodal etranger a voulu devier le canal d'un pauvre village, qui irriguait les terres des paysans, pour que l'eau se jette dans son propre pre. Pour obtenir la sympathie des cultivateurs, le riche homme leur a fait vivre un leurre : amenager une route au milieu des champs, premiere etape d'un projet de renaissance ! Par Han Khachaba Le feodal a convaincu les villageois que son plan etait un veritable porte-bonheur. D'abord, un chemin de fer sera installe, permettant le passage de marchandises importees ! Ensuite, il a fixe un calendrier pour l'irrigation des terres des habitants du village, une fois par semaine, a tour de role. Au debut, les paysans s'en prenaient les uns aux autres. C'etait la grave bagarre a chaque tour d'irrigation. A la vue de leurs champs mourir, et leurs verdures se faner, ils se sont unis face a leur ennemi. Enrages, les villageois ont fait ecrouler le beau reve de l'avaricieux grand maEtre. Ils se sont empresses d'arracher les rails de leur place et deboucher tous les orifices d'eau...L'eau commenca a couler...ressuscitant la terre seche.

Defier le grand ! Redoutant d'essuyer de lourdes pertes apres avoir depense beaucoup d'argent sur son projet chimerique, le riche homme, puissant aussi, a jete derriere les barreaux les principales figures de l'opposition, soutenu par de faux temoignages de certains habitants ayant fait taire leur conscience.

Flagelles pour avoir ose defier [beaucoup moins que]le grand[beaucoup plus grand que], les opposants etaient severement reprimandes. Pour humilier leur dirigeant, on lui coupa la moustache, signe de virilite et de puissance dans ces milieux champetres.

Le village etait mis a quia. Ou bien tout perdre ou bien se plier aux ordres du feodal. Pour minimiser les degats, les villageois ont choisi d'attendre le moment opportun pour prendre la revanche. Amenes a accepter de negocier, les paysans choisirent le [beaucoup moins que]khawaga[beaucoup plus grand que], un quelqu'un d'instruit qui apprend a leurs enfants, pour parler en leur nom et deposer leurs plaintes aupres des responsables. Le khawaga n'a pas tenu le coup. Pour defendre son domaine, il presenta des pots de vin et trahit la confiance du village.

Mais que faire ? Impuissants, les pays se retournerent vers un certain cheikh, pensant que c'etait un homme pieux qui ne pourrait jamais leur etre infidele. Cependant, les apparences n'etaient qu'une desillusion. Le barbu s'est laisse manipuler par l'argent. Il a accepte d'anesthesier les paysans, en leur faisant croire que les negociations progressent et qu'ils devaient patienter pour obtenir le resultat souhaite. Credules ou impuissants, qu'importe ! Les habitants du village ont bel et bien attendu, jusqu'a ce que la catastrophe ait lieu ! Les gouvernants chercherent a tordre le cou aux gouvernes...et ca se passe toujours ainsi. Lancer un projet illusoire, mobiliser les flatteurs et les adeptes pour en faire la promotion jour et nuit, faire croire aux gens que c'est la seule planche du salut ! Et puis, quand les gens commencent a se plaindre..et les grognons haussent la voix, c'est l'heure de la chasse aux sorcieres.

Le grand maEtre croyait que quand la catastrophe serait un fait accompli, les paysans n'auront plus rien a faire que gober la realite amere et se taire. Il pensa, a tort, que les cultivateurs finirent par accepter les quelques miettes qui leur etaient fournies par le feodal. Mais, la terre assoiffee criant au secours a provoque les paysans. C'etait la resurrection! Hommes et femmes, le village s'insurgea. Le sang coula, barbouilla la terre assechee et irrigua les moissons foutues, sous une pluie de balles sans merci qui dissequa leurs corps chetifs.

Et voila que l'histoire ecrite en 1970 par le grand Abder Rahmane Ach-charqaoui, se repete...Apres 43 ans, les Egyptiens sont sur le point de vivre une reproduction moderne du film a cause du barrage de renaissance ethiopien. Dans les annales de l'Histoire Vous pouvez deviner qui est le cheikh [beaucoup moins que]Youssef[beaucoup plus grand que], le barbu traEtre. Quant au [beaucoup moins que]khawaga[beaucoup plus grand que], les index pointent le nouveau ministre de la Culture. Moult penseurs et intellectuels voient en lui ce [beaucoup moins que] khawaga [beaucoup plus grand que] qui est nomme pour l'execution de desseins non declares. Ce khawaga ou ce ministre de la Culture est nomme pour devier le cours de la culture egyptienne, la depouiller de son cachet, additionnant ainsi a la scene du tabassage de Mahmoud Al Meligui, la scene de l'ecroulement de l'Opera ! L'Histoire va quand meme enregistrer dans ses annales une scene glorieuse, oE les artistes, penseurs, passionnes de l'Opera, travailleurs dans ce batiment grandiose sont sortis defiler pour s'opposer a [beaucoup moins que]l'assassinat moral[beaucoup plus grand que] premedite de sa directrice, Inas Abdel Dayem. La frerisation pietine tout sur son passage. D'apres des observateurs de la situation en Egypte, la fratrie tend ses bras tentaculaires partout. Elle reve de [beaucoup moins que]dompter[beaucoup plus grand que] un peuple indomptable, en administrant, au compte-gouttes, des doses de leurs pensees, ideologies et comportements dans les differentes institutions de l'Etat. Pourquoi un ministre amateur, novice et surtout [beaucoup moins que]mene par le nez[beaucoup plus grand que] cherche-t-il a limoger une dame qui a fait de l'Opera du Caire, un edifice imposant, un vrai centre de rayonnement culturel et artistique, se demandent les defenseurs de l'art.

Des dizaines d'intellectuels et d'artistes ont alors defile, portant des tambours et criant a tue-tete, devant le ministere de la Culture, reclamant le limogeage du ministre et le retour de la presidente de l'Opera du Caire, Mme Inas Abdel Dayem. Une paralysie totale s'est emparee de la rue Chagaret Al Dorr oE siege le ministere, oE les protestataires se sont assis sur le sol, soulevant des pancartes hostiles au ministre fidele aux Freres. Ils sont prets a defendre a corps perdu leur profession a l'image de Mahmoud Al Meligui dont le sang coulait par amour de sa terre ! A scruter les visages des Egyptiens, un trait commun s'affiche : une colere encore sous-jacente mais prete a exploser au premier signe du mouvement [beaucoup moins que]Tamarrod[beaucoup plus grand que] !

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Publication:Le Progres Egyptien (Cairo, Egypt)
Date:Jun 4, 2013
Words:1095
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