Printer Friendly

Les erratiques de dolomie sur le rivage des Escoumins, Cote Nord de l'estuaire maritime du Saint-Laurent, Quebec.

Le rivage entre Les Escoumins et Baie-des-Bacans, sur la Cote Nord du Saint-Laurent, est caracterise par une large batture (800 a 2000 m) argileuse et une falaise entaillant la terrasse de 30 m constituee de depots meubles quaternaires. Il est parseme de milliers de cailloux, de lithologies et de tailles variees, formant des dallages sur le bas estran et des amas divers sur le haut du rivage, au pied de la falaise.

La presque totalite des cailloux (plus de 90%) appartient aux diverses lithologies ignees et metamorphiques du socle precambrien proximite. Mais on trouve aussi de nombreux cailloux de dolamie, une lithologie rare dans le Bouclier Laurentidien. Sur une distance de 18 km, 3661 cailloux de dolamie ant observes et mesures. Il en existe plusieurs varietes; du paint de vue de la couleur, les dolomies grises et roses dominent, tatalisant respectivement 74% et 20%. Parmi les autres caracteristiques, il y a une trentaine de blocs de dolomie a stromatolites, plus de 28% des cailloux de dolomies observes sont stries et pres de la moitie sont subarrondis. Les cailloux de petite taille (1 a 10 kg) camptent paur environ 59%, ceux de 10 a 50 kg, paur 30%, ceux de 50 a 100 kg, 7%, alors que 4% pesent plus de 100 kg, le plus gras atteignant deux tonnes. Les deux plus gros blocs de dolomie a stromatolites pesent respectivement 175 et 280 kg.

Il existe quatre grandes aires de roches dolomitiques dans le Bouclier precambrien: le bassin sedimentaire de Mistassini, le secteur entre la Grande Ile et Inukjuak, sur la cote est de lamer d'Hudson, le fosse du Labrador, ainsi que dans le Grenville, entre Hull et le lac Bastong. La source la plus plausible des erratiques de dolomie des Escoumins demeure le bassin de Mistassini, ce qui implique un courant de glace impartant, au Wiscansinien, vers le SE a partir d'un dome au d'une ligne de partage des glaces situe au NO du lac Mistassini. Les erratiques de dolomie du rivage des Escoumins ont d'abord transportes par le glacier via la depression du Lac-Saint-Jean et du Saguenay avant d'etre relaches par les icebergs ou peut-etre meme, en partie, par une plate-fame de glace localisee en bordure de la Mer de Galdthwait. Les deplacements sant de l'ordre de 400 a 500 km. Par ailleurs, plusieurs blocs ont pu etre deplaces localement par les glaces flottantes au cours de l'Holocene.

The shoreline between Les Escoumins and Baie-des-Bacons, an the North Shore of the Lower St. Lawrence, is characterized by a wide clayey tidal flat (800 to 2 000 m) and a cliff cut into the 30-m terrace made of Quaternary unconsolidated deposits. The shore zone is covered by thousands of boulders of various lithologies and sizes, including mega-boulders scattered throughout the tidal flat, small boulders (25 to 40 cm) commonly forming pavements at the surface of the tidal flat, and boulders of various sizes on the beach at the base of the cliff.

Most erratics are Precambrian igneous and metamorphic rocks from the adjacent Shield area; however, dolostone erratics are also a significant component. In an area 18 km long, 3661 dolostone erratics were observed and measured. There are various types of dolostone including 30 stromatolitic dalostone erratics; most arc grey (74%) and pink (20%). Among other characteristics, 28% of the erratics are striated and about half are subrounded; small size erratics (1 to 10 kg) account for about 59%, those 10 to 50 kg, for 30%, those 50 to 100 kg, 7%, while 4% weigh over 100 kg, the largest boulder weighing two tons. The two largest stromatolitic dolostane erratics weigh respectively 280 and 175 kg.

There are four areas in the Precambrian Shield were dolostone formations occur: the sedimentary basin of Mistassini, the east coast of Hudson Bay, between Long Island and Inukjuak, the Labrador Trough, and a wide area in the Grenville between Hull and Lake Bastong. The most likely source of the dolostone erratics observed at Les Escoumins is the Mistassini sedimentary basin. This interpretation implies a major ice flow to the SE during the Wisconsinan from an ice dome or an ice devide located to the NW of Lake Mistassini. The erratics occurring in the area of Les Escoumins were likely first transported by a glacier via the Lake St. Jean-Saguenay corridor before being released in the Goldthwait Sea most probably by icebergs or possibly by a nearby ice shelf. Distances of displacement range from 400 to 500 km. Many erratics may also have been moved locally by shore ice during the Holocene.

INTRODUCTION

En raison des evenements geologiques survenus au Quatemaire, en particulier au Wisconsinien et a l'Holocene, les rivages du Saint-Laurent estuarien sont, a peu pres partout, couverts de cailloux de lithologies tres variees (Dianne 1972, 1979, 1987, 1991). Certaines lithologies relativement rares et geographiquement peu repandues peuvent donc serv d'indicateurs d'un transport par les glaciers, les icebergs ou encore les glaces flottantes.

Sur les rivages voisins de l'embouchure du Saguenay, par exemple, on trouve des cailloux de dolomie a stromatolites (Dionne 1986, 1994) qui proviennent du bassin sedimentaire de Mistassini, d'age proterozoique. Les etendues connues de roches dolomitiques avec ou sans stromatolites etant peu nombreuses dans le Bouclier Laurentidien (Avramtchev 1985), cette lithologie constitue alors un indicateur precieux de l'ecoulement des glaces (Veillette 1999).

Sur la rive nord de l'estuaire, l'aire de distribution des erratiques de dolomie n'est toutefois pas restreinte a l'embouchure du Saguenay. On en trouve aussi dans d'autres secteurs, notamment celui des Escoumins situe a plus de 40 km au NE de Tadoussac, ainsi qu' a Cap-Colombier, a plus de 140 km. Cette derniere localite est l'endroit le plus en aval du Saguenay, ou nous avons observe un grand nombre de cailloux de dolomie sur une batture argileuse bordee d'une falaise en materiel meuble (Dionne 2001).

Un inventaire des cailloux de dolomie sur le rivage compris entre Les Escoumins et Baie-des-Bacons a realise au cours des dernieres annees afin de mieux connaitre Ia repartition geographique de ce type de lithologie et d'obtenir des renseignements utiles pour reconstituer certains grands ecoulements glaciaires au Wisconsinien (Dionne et Bernatchez 2000).

CARACTERISTIQUES DU MILIEU

Le secteur cotier, entre Les Escoumins et Baie-des-Bacons (Fig. 1), est caracterise par de grandes terrasses constituees de depots meubles quaternaires. Ces terrasses, qui s'elevent jusqu' a 145-150 m d'altitude, correspondent a la zone submergee par la Mer de Goldthwait (Dionne 1977) et forment une plaine cotiere de quelques dizaines de kilometers de largeur.

Le littoral actuel comprend plusieurs secteurs composes de roches precambriennes, principalement des gneiss varies, de la pegmatite, des amphibolites et leptinites, ainsi que des quartzites (Rondot 1986). Le modele glaciaire est evident partout; le dernier ecoulement est a 60[degrees] NE. Cependant, 80% du trait de cote est compose de depots meubles fini-glaciaires et holocenes entailles en une falaise de 20 a 30 m de hauteur (Fig. 2a), au pied de laquelle s'etend une vaste batture argileuse, de 1 a 2 km de largeur. Au pied de la falaise, on trouve une etroite bande (10 a 25 m de largeur) de sable et gravier correspondant a un haut de plage, qui est caracterise par de tres nombreux blocs et de gros galets (Fig. 2b). En pente faible et quasi-horizontale, la batture adjacente est, elle aussi, parsemee de mega-blocs epars et de dallages de petits blocs (Fig. 2c-d). Il s'agit d'une plate-forme d'erosion taillee dans les depotsa de la terrasse de 20-30 m, au cours de I'Holocene.

En general, la terrasse de 20-30 m comprend quatre unites lithostratigraphiques (Dianne et Occhietti 1996, Fig. 5, p. 10). A la base de la falaise et sur la batture, on observe une argile marine brunatre non datee, contenant entre 15 et 20% de carbonates, qui est propre au secteur de la rive nord, a l'est de Tadoussac. L'analyse de la micro-faune d'un echantillon provenant du secteur 4 des Escoumins a revele la presence d'une quinzaine d'especes de foraminiferes et quelques ostracodes (Guilbault, 2000). La faune est toutefois dominee par quatre especes de foraminiferes: Cassidulina reniforme (61%), Elphidium excavatum farina clavata (17%), Islandiella helenae (13%) et Stainfortia feylingi (7%). Selon Guilbault, cette faune serait caracteristique de la phase I de la Mer de Goldthwait (Dionne 1977).

Au-dessus de ce depot, argileux, il y a un diamicton gris sableux et argileux, d'epaisseur variable mais en general de 3 a 4 m. Cette unite est surmontee par une sequence stratifiee de limon/argile gris, calcaire et fossilifere, de 6-7 m d'epaisseur, data a 10,7 ka, a Grandes-Bergeronnes. Au sommet, on observe une couche d'environ deux metres de sable et petit gravier, jaunatre a brunatre selon le degre d'oxydation, qui correspond a des plages.

A la sortie est du village des Escoumins, une coupe plus complexe montre trois unites argileuses, deux unites de diamicton et deux unites sableuses (Fig. 3). Par endroits, les rythmites limono-argileuses dans la partie superieure de la coupe contiennent de rares valves de Portlandia arctica et Macoma baithica. L'unite argileuse en dessus du premier diamicton a donne un age radiocarbone de 10,250 BP (UL-1921) sur Macoma calcarea. Cette coupe complexe n'est toutefois pas representatiave de l'ensemble du secteur etudie; elle indique plutot l'existence de variations laterales des unites lithostratigraphiques de la terrasse de 20-30 m.

OBSERVATIONS

Un inventaire des cailloux de dolomie, principalement des blocs, mais aussi des gros galets, a ete fait principalement sur le haut du rivage, soit une zone de 15 a 20 m de largeur au pied de la falaise. Tous les cailloux de dolomie dans le secteur etudie n'ont pas forcement ete observes.

Le littoral inventorie s'etend sur 18 km de longueur. Pour des raisons pratiques, nous l'avons subdivise en six sous-secteurs d'inegale longueur. Le secteur 1, juste a l'est du village des Escoumins, mesure environ 1,8 km de Iongueur; ceux des anses A Thibault et a Pelletier (secteurs 2 et 3), ainsi que celui a l'ouest de l'embouchure de la riviere des Petits-Escoumins (secteur 4) mesurent environ 2 km chacun; le cinquieme secteur, d'environ 6,2 km, est compris entre la riviere des Petits-Escoumins et la riviere Petite-Romaine, alors que le sixieme, de 4 km, s'etend entre la riviere Petite-Romaine et Baje-des-Bacons.

Les diverses caracteristiques des cailloux ont ete notees, notamment la couleur, la forme, le faconnement; on a aussi mesure les trois axes de maniere a pouvoir estimer le poids. Dans le calcul du poids, on a tenu compte de la forme des cailloux et, selon le cas, reduit la valeur obtenue de 10, 25 ou 40%. 11 s'agit bien entendu d'une estimation. En general, le poids obtenu est inferieur au poids reel. Cette information nous est apparue utile pour evaluer le transport de material grossier sur de longues distances (Prest and Nielsen 1987).

CARACTERISTIQUES DES CAILLOUX

A l'instar du secteur a l'embouchure du Saguenay (Dionne 1994), plusieurs varietes de dolomie ont ete observees dans la region des Escoumins. L'inventaire realise porte sur le nombre de cailloux par secteur, la couleur, le facies, la presence de stries et autres particularites, la taille, le degre de faconnement, ainsi que sur la presence de d'autres lithologies particulieres pouvant servir d' indicateurs.

Nombre de cailloux

Le Tableau 1 indique le nombre de cailloux de dolomie par secteur et pour I'ensemble de la zone etudiee. Au total, 3661 cailloux de dolomie ont ete observes, decrits et measures. Compte tenu de leur longueur (2 km environ), les secteurs 2 et 3 contiennent davantage (54%) d'erratiques de dolomie que les quatre autres. La repartition des cailloux de dolomie est donc inegale sur l'ensemble du secteur etudie, ce qui reflete sans doute des points de meilleure alimentation.

Couleur des cailloux

Une des caracteristiques principales est la couleur de la roche. Le Tableau 2 indique les pourcentages par secteurs et pour l'ensemble des differentes varietes. On constate facilement que les cailloux de dolomie grise (Fig. 4a) dominent largement avec pres de 74%. L'autre categorie la plus frequente (24% environ), comprend des dolomies rose pale a rose fonce (Fig. 4b), roses tachees de gris (Fig. 4c), gris rosatre ou rougeatre, roses et rouges ainsi que des dolos rouges. Le reste (2%) est compose de dolomies blanches, brunes ou noires. Il s'agit, bien entendu, de la couleur en coupe fraiche et non de la couleur de la surface des cailloux qui, dans 80 a 85% des cas, etait plus pale ou legerement differente en raison de l'alteration superficielle.

Autres carateristiques

D'autres caracteristiques (Tableau 3) ont permis de distinguer plusieurs varietes de dolomie. Ainsi, certains cailloux de dolomie grise et une rose contenaient des stromatolites (Fig. 4d). Au total, 30 cailloux de cette categorie ont ete observes. D'autres dolos, generalement de couleur grise etaient soit marbrees, soit rubanees ou laminees (Fig. 4e) avec parfois des micro-plis ou des deformations (Fig. 40. Environ 8% contenaient des inclusions de quartz ou de chert noir (Fig. 5a). Plus de 3% etaient brechiques ou conglomeratiques (Fig. 5b). Plus de 10% des cailloux de dolomie observes provenaient de formations stratifiees (Fig. 5c). D'autres caracteristiques comme des stylolites et des micro-failles (Fig. 5d) ont aussi observees. De plus, du point de vue de la texture, environ 5,5% etaient des dolomies greseuses ou granuleuses; plusieurs etaient argileuses, quelques-unes schisteuses, mais la grande majorite etaient des dolomies cristallines a texture fine (aphanitique) moyenne.

Enfin, plus de 28% des cailloux de dolomie etaient stries (Fig. 5e et Tableau 4), alors qu'une douzaine avaient des fractures de broutage et que plusieurs gros galets polis et stries avaient la forme typique [much less than] en fer a repasser [much greater than] des cailloux glaciaires.

Faconnement et taille des cailloux

Concemant le faconnement et l'usure, plus de 72% des cailloux de dolomie mesures tombent dans les categories subanguleux a subarrondis et subarrondis (Tableau 5). II y a tres peu (3%) de cailloux anguleux et arrondis.

La taille des cailloux est une caracteristique importante a connaitre dans le cas d'un transport glaciaire sur de longues distances et renseigne utilement sur l'etendue des affleurements. La plupart des auteurs reconnaissent que la quantite ou le volume des elements grossiers (blocs) chute rapidement au-dela de 30-35 km de la source. C'est pourquoi nous avons mesure les cailloux de dolomie du rivage des Escoumins.

Ont ete consideres ici uniquement les cailloux ayant un poids superieur a un kilo, soit un total de 3191 cailloux. Dans ce groupe, on constate une nette predominance des petits cailloux, ceux de 1 A 5 kg comptant pour plus de 40%. Les gros blocs ne representent que 11%, dont 4% de cailloux pesant plus de 100 kg (Tableau 6). Le Tableau 7 indique la taille et le poids des plus gros cailloux de dolomie observes. Il y en a deux d'environ une tonne et un de deux tonnes. Le Tableau B indique les dimensions des cailloux de dolomie a stromatolites, car il s'agit du meilleur indicateur observe sur le rivage des Escoumins. Les deux plus gros blocs pesaient respectivement 280 et 175 kilos.

Autres lithologies

Parmi les autres lithologies exotiques, d'origine lointaine, on a trouve plusieurs blocs d'anorthosite dont certains de taille metrique; quelques dizaines de cailloux de calcaire fossillifere de Trenton (Ordovicien); beaucoup de quartzites blancs ou roses, et quelques roches ferriferes; deux blocs de coglomerat A clastes calcaires apparemment appalachiens et quelques autres a galets de quartz ainsi que deux blocs de schistes appalachiens, l'un gris, l'autre rouge. Un seul bloc de tillite (Fig. 5f) a ete observe dans le secteur des Escoumins, alors que nous en avions trouve une dizaine a l'embouchure du Saguenay (Dionne 1994).

ORIGINE DES CAILLOUX DE DOLOMIE

L'absence de formations de dolomie dans la region des Escoumins (Rondot 1986) confere aux erratiques de cette lithologie une valeur comme indicateur a la fois d'un transport par les glaciers, les icebergs et les glaces flottantes.

Les formations de roches dolomitiques au Quebec

A -- Les dolomies stromatolites

Selon Hans J. Hoffmann (communication personnelle), specialiste des dolomies a stromatolites, on connait seulement cinq sites de formations dolomitiques a stromatolites au Quebec: trois d'age Proterozoique et deux d'age Ordovicien inferieur. Des deux derniers, l'un se trouve dans la formation de Beekmantown, dans la region de MontreaI (Clark 1972), et 1'autre, dans la formation de Romaine, dans la region de Mingan; a cet endroit, cependant, il s'agit surtout de calcaires dolomitiques et, d'apres Twenhofel (1938) et Waddington (1950), les structures stromatolitiques sont peu ou mal developpees.

Quant aux dolomies a stromatolites du Proterozoique, elles affleurent sur de grandes etendues sur la cote quebecoise de la mer d'Hudson, entre la Grande lle et lnukjuak. Il en existe aussi dans le bassin sedimentaire de Mistassini (Neilson 1953; Wahl 1953; Caty 1976) ainsi que dans le fosse du Labrador (Donaldson 1963, 1966; Baragar 1967; Dimroth 1978; Dresser 1979). Dans ces deux demiers endro its, on trouve aussi plusieurs varietes de dolomie, dont certaines sont roses, d'autres rouges, blanches, noires et verdatres.

Malheureusement, il existe peu d'etudes detaillees sur ces divers types de dolomie y compris les dolomies a stromatolites. Selon Hans J. Hoffmann (1969, 1973), les especes de cryptozoaires (blue-green algae) a 1'origine des structures stromatolitiques ne sont pas connues, seules la forme des edifices a etudiee. Quoi qu'il en soit, l'aspect des dolomies a stromatolites du Proterozoique differe suffisamment de celle de l'Ordovicien pour permettre de les distinguer assez facilement, lorsqu'on les connait.

Par rapport aux Escoumins, les trois aires de dolomies du Proterozoique sont situees respectivement entre 400 et 500 km pour le bassin sedimentaire de Mistassini, 750 a 900 km pour le fosse du Labrador, alors que la cote est de la mer d'Hudson est a plus de 1 000 km.

B -- Formations de dolomie sans stromatolites

Les cartes geologiques disponibles du Bouclier Laurentidien, au nord des Escoumins (Rondot 1986) renseignent peu sur I'existence de formations dolomitiques dans le Grenville. Seul Avramtchev (1985) signale I'existence de deux petits affleurements de dolomie au NO des Escoumins. Mais les cartes geologiques du Grenville (Franconi et al. 1975; Laurin et Sharma 1975) et la carte detaillee de Greig (1952) ne mentionnent pas ce site. Par ailleurs, la carte d'Avramtchev (1985) indique une aire relativement grande de marbre et de dolomie dans le Grenville entre Hull et le lac Bastong, dans le SO du Quebec, ainsi que trois petits affleurements au SO de la cuvette du Lac Saint-Jean (48[degrees]10' N, 73[degrees] O).

Les formations appalachiennes au sud du Saint-Laurent estuarien contiennent parfois des lits de dolomie. Toutefois, les mentions et les descriptions sont plutot laconiques; on connait donc mal I'importance de cette lithologie. La dolomie se rencontre principalement dans le Silurien et le Devonien et rarement dans les formations de la bande cotiere d'une vingtaine de ki1ometres de largeur, d'age Cambro-Ordovicien (Slivitsky et al. 1991). La carte geo-touristique du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspesie (Tremblay et Bourque 1991) par exemple, ne mentionne aucun site de dolomie. Bref, les connaissances sur les formations de dolomie au Quebec sont loin d'etre satisfaisantes, d'ou la difficulte de retracer la source des erratiques des Escoumins et des autres regions.

La source des cailloux de dolomie des Escoumins

D'ou proviennent les divers cailloux de dolomie du rivage entre Les Escoumins et Baie-des-Bacons? Il est difficile de repondre a cette question d'une maniere pleinement satisfaisante en raison d'une meconnaissance des formations dolomitiques dans le Bouclier Laurentidien. Toutefois, certains facies, notamment celui a stromatolites, portent a penser que les erratiques de dolomie du rivage des Escoumins ont une source commune, qui, dans l'etat actuel des connaissances, ne peut etre que le bassin sedimentaire d'age Protetozoique de Mistassini.

Pourquoi? Premierement parce qu'on y a signale des facies dolomitiques semblables a ceux observes aux Escoumins (Neilson 1953; Wahl 1953); deuxiemement, parce que I'existence d'un ecoulement glaciaire du NO vers le SE a partir d'un dome glaciaire situe au NO du lac Mistassini a ete etablie au cours des deux dernieres decennies (Boulton et al. 1985; Fisher et al. 1985; Veillette 1986; Dyke et Prest 1987a, 1987b; Parent et al. 1995, Veillette et al. 1999); troisiemement, parce que les trois autres aires ou il existe des formations de dolomie (cote est de la mer d'Hudson, fosse du Labrador et region au nord de Hull) sont situees trop loin et en dehors des axes d'ecoulement glaciaire, au Wisconsinien, qui ont atteint I'estuaire du Saint-Laurent (Veillette et al. 1999 Occhietti et al., 2001).

Par ailleurs, nous eliminons d'emblee la rive sud de I'estuaire (region des Appalaches) comme source possible des erratiques de dolomie du rivage des Escoumins sachant 1) que les deplacements de cailloux par les glaces flottantes de la rive sud a la rive nord sont exceptionnels en raison principalement des courants (Dionne 1972, 1994); 2) que la glace appalachienne, qui a atteint la rive sud lors de la deglaciation, n'a pas deborde tres loin sur le plateau continental de l'estuaire maritime; 3) que l'etendue des formations de dolomie dans les Appalaches semble tres restreinte (Dionne 1999; en preparation). Il en va de meme pour la dolomie grise de Beekmantown de la region de Montrea1, car jusqu'a maintenant on n'a pas trouve de trace de cet indicateur dans le secteur du moyen estuaire, entre Quebec et l'embouchure du Saguenay. 11 serait donc surprenant qu'il y ait des cailloux de cette lithologie aux Escoumins.

Les agents de transport et la voie empruntee

En admettant comme source la plus probable le bassin sedimentaire du Mistassini, le deplacement est de l'ordre de 400 a 500 km. Il s'agit d'un transport de longue distance relativement important (Prest et Nielsen 1987). Dans un premier temps, les cailloux ont indeniablement deplaces vers le SE par les glaciers. L'ecoulement vers la cuvette du Lac-Saint-Jean et le Saguenay, ou on trouve aussi des cailloux de dolomie, en particulier des dolos a stromatolites (Dionne 1994), est anterieur a I'ecoulement tardif vers le SO observe dans la region immediate du lac Mistassini et de Chibougamau (Bouchard et Martineau 1985; Prichonnet et al. 1984; Prichonnet et Beaudry 1990; Veillette et Pomares 1991). Contrairement A certains auteurs (Bouchard et al. 1984; Prichonnet et Beaudry 1990), nous croyons que l'ecoulement glaciaire vers le SE s'est poursuivi jusqu'a la deglaciation et qu'il a atteint la rive nord du Saint-Laurent estuarien dans la region de Tadoussac/Les Escoumins. En effet, les cailloux de dolomie caracterise nt des secteurs cotiers ou l'on trouve des diamictons intercales dans les depots marins postglaciaires. Comme beaucoup de cailloux sont dans I'argile et dans les couches de diamicton, ceci implique soit un delestage par des icebergs et/ou des glaces flottantes annuelles, soit un delestage, par une nappe de glace sise A proximite de la rive nord. Les diamictons a l'embouchure du Saguenay, par exemple, contiennent generalement un pourcentage eleve de cailloux de dolomie stries (Dionne 1994).

D'apres des releves recents effectues par Jean Veillette (1999 et communication personnelle, 2000), dans l'arriere pays des Escoumins, les erratiques carbonates et autres en provenance des formations du bassin sedimentaire de Mistassini et de la region au nord de Chibougamau abondent sur les rives des principaux lacs, en particulier celui du reservoir Pipmuacan situe a environ 160 km au NO des Escoumins (49[degrees] 35' N, 70[degrees] 20' 0).

Une question fondamentale a resoudre est celle de la route (on des routes) empruntee par la glace a partir d'un dome situe au NO du lac Mistassini. L'existence de blocs de dolomie, en particulier do dolomie a stromatolites, dans la region du Lac-Saint-Jean et du Saguenay, ainsi qu'a son embouchure (Dionne 1986, 1994), implique un courant do glace majeur de 120 a 130 km de largeur ayant emprunte cet axe en direction du SE (Fig. 6). Compte tenu de la topographie, en particulier du massif du mont Valin, le courant do glace ayant entraine los cailloux de dolomie du bassin sedimentaire de Mistassini devait avoir uno direction generale NNO-SSE (165[degrees]) entre le lac Mistassini ot la cuvette du Lac-Saint-Jean; de la, l'ecoulement gtaciaire anrait suivi a peu pres l'axe general du Saguenay, oriente plutot ONO-ESE (115[degrees]-120[degrees]), une direction confirmee par la cartographie des stries dans co secteur (Dionne 1973). Nous favorisons co trace pour le deplacement des erratiques de dolomie et antres lithol ogies en provenance de la region de Chibougamau - lac Mistassini.

Un deuxieme parcours possible serait un ecoulement en deux temps, soit d'abord du lac Mistassini vers le reservoir Pipmuacan en passant par le lac Peribonka, sur uno distance approximative 320-325 km selon une direction moyenne NO-SE a environ 135[degrees]; ce courant de glace pourrait avoir eu entre 140 a 150 km de largeur on moins; puis dans un deuxieme temps, un ecoulement NNO-SSE a environ 150[degrees], du reservoir Pipmuacan jusqu'au rivage des Escoumins. Dans ce cas, le courant de glace aurait contourne par le Nord le massif du mont Valin. L'abondance des cailloux do dolomie sur les rives du reservoir Pipmuacan (J.J. Veillette, communication personnelle, 2000) confirme au moins un ecoulement glaciaire jusqu'a cet endroit. It reste a demontrer que, du reservoir Pipmuacan aux Escoumins, les erratiques de dolomie ont deplaces par un courant de glace de direction SSE. Si c'est le cas, on s'explique mat alors l'absence d'erratiques de dolomie entre Baie-des-Bacons et le cap Colombier, site le plus oriental o u nous avons observe une cinquantaine de cailloux do dolomie (Dionne, 2001). Le cap Colombier (48[degrees] 49' 40" N, 68[degrees] 52' 45" 0) est a environ 135-140 km au SE du reservoir Pipmuacan et a environ 75 km au NE de Baie-des-Bacons. Au cap Colombier, les cailloux do dolomie reposent sur un ostran argileux (argile de la Mer do Goldthwait) et la direction principale des stries sur le rivage rocheux est NO-SE (130[degrees] 140[degrees]), alors quo la direction moyenne en ligne droite entre la partie nord du lac Mistassini, le reservoir Pipmuacan et le cap Colombier est de 130[degrees]. La concordance nous parait significative.

Les erratiques do dolomie an cap Cotombier semblet donc provenir d'un ecoulement glaciaire de direction NO-SE voisin de 130[degrees]-135[degrees], soit selon un trace passant au nord du mont Valin. L'absence de cailloux do dolomie entre Baie-des-Bacons et cap Colombier pourrait etre lie a la presence du mont Valin qui aurait devie l'ecoulement dos glaces do part et d'autre du massif montagnenx.

Quoi qu'il en soit, il convient do montionner qu'au cap Colombier, nous n'avons pas observe de diamicton dans la terrasse en bordure du rivage; les cailloux proviennent visiblement do l'argile. Il s'agirait donc de cailloux glaciels delestes par les icebergs on les glaces annuelles durant la submersion de la Mer de Goldthwait. Le petit nombre de cailloux observes est sans doute lie a l'eloignement de la source. Ajoutons, en passant qu'en aval du cap Cotombier, nous avons observe seulement quolques petits cailloux (10-20 cm) do dolomie sur le rivage de Ragueneau; il n'y en a pas entre ce point et Godbout et, a notre connaissance, personne n'en a signale plus A I'Est (Dredge 1983).

La grande abondance des cailloux de dolomie ainsi que les quelques cailloux de tillite observes a partir de l'embouchure du Saguenay jusqu'a Baie-des-Bacons, soit sur une cinquantaine de kilometres, en particulier la ou il existe des depots meubles en bordure du rivage, temoignent en faveur d'un courant de glace majeur ayant emprunte la depression du Lac-Saint-Joan et la vallee du Saguenay et peutetre aussi la vallee attenante de la Sainte-Marguerite. Descendue vers le SE au cours du Wisconsinien, cette masse de glace aurait forme, lors de la deglaciation, une vaste plate-forme a l'embouchure du Saguenay (Dionne et Occhietti 1996) et aurait alors produit une grande quantite d'icebergs qui auraient abandonne leur charge sedimentaire dans le secteur de Grandes-Bergeronnes - Les Escoumins au debut de la submersion post-gtaciaire, ce qui expliquerait la presence de lits et de poches de diamicton dans les rythmites limonoargileuses des terrasses cotieres. Il est vraisemblable aussi que la langue de glace qui a occ upe tardivement le Saguenay ait contenu une certaine quantite de cailloux erratiques provenant de la region du lac Mistassini, d'ou une dispersion tardive dans la Mer de Goldthwait.

Dans la region des Escoumins, le dernier ecoulement glaciaire est vers le NE a 60[degrees], ce qui implique la presence d'une glace active dans la vallee du Saint-Laurent au cours de la deglaciation. La dispersion des erratiques en provenance du bassin sedimentaire de Mistassini serait donc due a la fois a un courant glaciaire dirige d'abord vers la cuvette du Lac-Saint-Jean, puis ensuite vers le Saguenay, et a un delestage par des icebergs issus de cette masse de glace wisconsinienne qui a occupe le secteur aval du Saguenay jusque vers 10-10,5 ka (Dionne et Occhietti 1996).

Les cailloux de dolomie du rivage entre Les Escoumins et Baie-des-Bacons se rencontrent dans un secteur caracterise par un large estran argileux correspondant a une surface d'erosion qui aboutit a une falaise encore active entaillant des depots meubles mis en place lors de la deglaciation et l'episode de la Mer de Goldthwait; ces depots contiennent souvent des lits de diamicton d'epaisseur variable; certains contiennent des cailloux de dolomie, d'autres pas, alors qu'on en trouve dans l'argile; il y a donc eu des delestages contemporains de la mise en place des depots, ce qui suggere une activite relativement importante des icebergs. De nos jours, les cailloux du rivage dans la region des Escoumins subissent certains deplacements locaux par les glaces flottantes. Toutefois, les mega-blocs sont peu mobiles; il en est de meme des blocs constituant des dallages a la surface de la batture argileuse; les cailloux les plus mobiles sont les petits et les moyens (25-50 cm), en particulier ceux du rivage superieur ou de la plage au pied de la falaise. Quoi qu'il en soit, la majorite des cailloux du rivage des Escoumins proviennent de l'erosion des formations meubles quaternaires en bordure et ont ete peu deplaces. Il s'agit donc du residu grossier (lag) laisse par l'erosion littorale au cours de l'Holocene.

CONCLUSION

La presence d'elements carbonates dans un secteur compose essentiellement de roches ignees et metamorphiques a permis de mettre en evidence des apports lointains (plus de 400 km)et de confirmer l'existence d'un ecoulement glaciaire vers le SE a partir d'un dome et d'une ligne de partage situes au NO du lac Mistassini. De plus, la variete des types de dolomie rencontrees sur le rivage des Escoumins renseigne utilement sur la nature des formations carbonatees d'age proterozoique du bassin sedimentaire de Mistassini. Il s'avere donc avantageus de connaitre la lithologie des erratiques des rives du Saint-Laurent estuarien compte tenu de la difficulte d'effectuer des releves exhaustifs dans la foret boreale.
Tableau 1

Nombre de cailloux de do dolomie observes dans le secteur entre les
Escoumins et Baie-des-Bacons

Secteur Total Blocs Galets

1. Escoumins Village 151 120 31
2. Anse A Thibault 1166 909 257
3. Anse a Pelletier 822 693 129
4. Petits-Escoumins-Ouest 203 175 28
5. Petits-Escoumins-Est 662 662 -
6. Petite-Romaine-Est 657 632 25

 Total 3661 3191 470
Tableau 2

Couleur des cailoux de dolomie observes dans le secteur centre Les
Escoumins et Baie-des-Bacons

 N
Couleur 1 2 3
 (%) (N - 143) (N - 1088) (N - 849)

Rose 17 171 126
 (11, 9) (15, 7) (14, 8)
Rose et gris ou gris et rose 6 51 37
 (4, 2) (4, 7) (4, 4)
Rose veinee ou picotee rouge vin 3 15 16
 (2, 1) (1, 4) (1, 9)
Gris rosatre 5 15 13
 (3, 5) (1, 4) (1, 5)
Rose et rouge - 29 2
 - (2, 7) (0, 2)
Rouge (vin) et rougeatre 2 19 14
 (1, 4) (1, 7) (1, 6)
Blanc ou blanchatre - 6 12
 - (0, 5) (1, 4)
Noir - 12 13
 - (1, 1) (1, 5)
Brun ou brunatre 1 4 3
 (0, 7) (0, 4) (0, 4)
Gris pale 22 125 90
 (15, 4) (11, 5) (10, 6)
Gris moyen 66 363 257
 (46, 1) (33, 4) (30, 3)
Gris fonce 21 278 266
 (14, 7) (25, 5) (31, 3)

 Secteurs
Couleur 4 5 6
 (N - 203) (N - 662) (N - 655)

Rose 17 50 73
 (8, 4) (7, 6) (11, 1)
Rose et gris ou gris et rose 4 44 29
 (2, 0) (6, 6) (4, 4)
Rose veinee ou picotee rouge vin 2 19 9
 (1, 0) (2, 9) (1, 4)
Gris rosatre 8 29 13
 (3, 8) (4, 4) (2, 0)
Rose et rouge - - 25
 - - (3, 8)
Rouge (vin) et rougeatre 2 2 1
 (1, 0) (0, 3) (0, 2)
Blanc ou blanchatre 4 1 4
 (2, 0) (0, 2) (0, 6)
Noir - 7 -
 - (1, 1) -
Brun ou brunatre - 5 4
 - (0, 8) (0, 6)
Gris pale 34 73 124
 (16, 7) (11, 0) (18, 9)
Gris moyen 58 215 210
 (28, 6) (32, 5) (32, 1)
Gris fonce 80 221 163
 (39, 4) (33, 4) (24, 9)


Couleur Total
 (N - 3610)

Rose 454
 (12, 6)
Rose et gris ou gris et rose 171
 (4, 7)
Rose veinee ou picotee rouge vin 64
 (1, 8)
Gris rosatre 83
 (2, 3)
Rose et rouge 56
 (1, 6)
Rouge (vin) et rougeatre 40
 (1, !)
Blanc ou blanchatre 27
 (0, 7)
Noir 32
 (0, 9)
Brun ou brunatre 17
 (0, 5)
Gris pale 468
 -13
Gris moyen 1169
 (32, 4)
Gris fonce 1029
 (28, 5)
Tableau 3

Caracteristiques des cailloux de cailloux de dolomie observes dans le
secteur entre Les Escoumins et Bai-des-Bacons

 Nombre de dolo par secteurs
 1 2 3
Caracteristiques (151) (1166) (882)

A stromatolites - 8 13
Type rubane-lamine (generalement gris) 8 21 21
Type marbre 6 32 25
Type proterozoique gris fonce avec quartz 1 4 9
Avec quartz 11 53 61
Avec chert noir - 1 3
Type brechique ou conglomeratique 4 29 24
Type stratifie 18 86 98
Greseux/granuleux 12 49 47
Schisteuse 6 2 3
Formes de corrosion et/ou dissolution - - 10
Fractures de broutage - 1 5
Turbations ou lits ondules - - 1
Micro-failles - - 2

 Nombre de dolo par secteurs
 4 5 6
Caracteristiques (203) (662) (657)

A stromatolites - 2 7
Type rubane-lamine (generalement gris) 6 13 5
Type marbre 17 53 13
Type proterozoique gris fonce avec quartz 2 11 9
Avec quartz 35 78 65
Avec chert noir - 4 5
Type brechique ou conglomeratique 13 32 21
Type stratifie 24 88 82
Greseux/granuleux 4 46 45
Schisteuse - 1 -
Formes de corrosion et/ou dissolution - - -
Fractures de broutage 1 1 4
Turbations ou lits ondules - 6 1
Micro-failles 1 2 -


 Total
Caracteristiques (3661)

A stromatolites 30
Type rubane-lamine (generalement gris) 74
Type marbre 146
Type proterozoique gris fonce avec quartz 36
Avec quartz 303
Avec chert noir 13
Type brechique ou conglomeratique 123
Type stratifie 396
Greseux/granuleux 203
Schisteuse 12
Formes de corrosion et/ou dissolution 10
Fractures de broutage 12
Turbations ou lits ondules 8
Micro-failles 5
Tableau 4

Nombre de cailloux de dolomie stries observes dans le secteur entre Les
Escoumins et Baie-des-Bacons

Secteur Nombre total de N-stries % stries
 cailloux

 1 151 48 31,8
 2 1166 444 38,0
 3 822 227 27,6
 4 203 31 15,2
 5 662 211 31,9
 6 657 86 13,1

 Total 3661 1031 28,2
Tableau 5

Emousse visuel des cailloux de dolomie observes dans le secteur entre
Les Escoumins et Baie-des-Bacons

 N-3191 N-470 N-3661
Faconnement (emousse) Blocs % Galets % Cailloux %
 Total

Anguleux (AN) 1,4 0,5 1,1
Anguleux-subanguleux (AN-SAN) 1,85 0,1 1,15
Subanguleux (SAN) 15,2 12,2 14
Subanguleux-subarrondi (SAN-SAR) 23,7 20 22,5
Subarrondi (SAR) 46,0 55,6 49,8
Subarrondi-arrondi (SAR-AR) 10,3 8,5 9,5
Arrondi (AR) 1,5 3,2 1,8
AN/AN-SAN/SAN 18,45 12,8 15,6
SAN-SAR/SAR 69,7 75,6 72,65
SAR-AR/AR 11,8 11,7 11,75
Tableau 6

Poids des cailloux (1) de dolomie par categories (en pourcentage)

 Secteur
Categories 1 2 3 4 5 6

1 a 5 kg 47,4 46,2 48,7 37,4 30,4 33,5
5 a 10 kg 15,2 20,7 17,0 17,8 16,8 23,9
10 a 20 kg 13,6 17,0 13,0 12,6 20,2 20,3
20 a 50 kg 10,2 9,8 13,4 13,2 20,7 14,2
50 a 100 kg 10,2 4,3 4,5 9,8 7,2 5,3
> 100 kg 3,4 2,0 3,3 9,2 4,6 2,7

 Moyenne
Categories Total

1 a 5 kg 40,6
5 a 10 kg 18,6
10 a 20 kg 16,1
20 a 50 kg 13,6
50 a 100 kg 6,9
> 100 kg 4,2

(1)Cailloux de 1 kg et plus seulement; galets de < 1 kg non compris
Tableau 7

Les dix plus gros blocs de dolomie observes dans le secteur entre Les
Escoumins et Baie-des-Bacons

Dimensions (cm) Poids (kg) Secteur

1. 125 x 115 x 75 2000 2

2. 120 x 90 x 50 1000 3

3. 125 x 90 x >40 1000 3

4. 100 x 95 x 52 926 5

5. 105 x 65 x 65 832 4

6. 115 x 70 x 40 604 4
7. 92 x 72 x 48 596 6

8. 125 x 85 x 28 558 3
9. 80 x 75 x 40 540 3

10. 98 x 70 x 30 463 2


Dimensions (cm) Nature

1. 125 x 115 x 75 Dolo cristalline gris divers -
 rubanee
2. 120 x 90 x 50 Dolo rouge vin alteree beige -
 stratifiee
3. 125 x 90 x >40 Dolo cristalline gris moyen -
 corrodee
4. 100 x 95 x 52 Dolo gris moyen alteree beige -
 stratifiee et striee
5. 105 x 65 x 65 Dolo gris fonce alteree beige -
 striee
6. 115 x 70 x 40 Dolo cristalline rose alteree creme
7. 92 x 72 x 48 Dolo gris fonce avec quartz - type
 proterozoique
8. 125 x 85 x 28 Dolo gris divers - brechique
9. 80 x 75 x 40 Dolo gris divers rubanee - corrodee
 et striee
10. 98 x 70 x 30 Dolo gris divers conglomeratique
Tableau 8

Cailloux de dolomie a stromatolites observes dans le secteur entre Les
Escoumins et Baie-des-Bacons

 Dimensions Poids Emousse Type Secteur
 (cm) (kg)

30 x 25 x 17 24,0 SAR A 2
21 x 20 x 20 19,0 SAN A 2
21 x 19 x 15 11,5 SAN A 2
20 x 12 x 10 4,5 SAN A 2
17 x 14 x 9 4,0 SAR A 2
17 x 13 x 8 3,5 SAN-SAR A 2
16 x 13 x 9 3,5 SAN-SAR A 2
1 galet - 6 cm - SAN-SAR A 2

70 x 40 x 25 175,0 AN A 3
42 x 29 x 28 64,0 AN A 3
35 x 32 x 25 58,0 SAR A 3
35 x 28 x 27 50,0 SAN A 3
27 x 27 x 22 30,0 SAN B 3
36 x 24 x 18 29,2 SAR B 3
24 x 23 x 16 19,9 SAN B 3
20 x 15 x 13 7,3 SAR A 3
17 x 15 x 12 6,9 SAN A 3
16 x 15 x 10 5,4 AN A 3
11 x 9 x 6 1,1 SAR B 3
1 galet - 9 cm - SAN A 3
1 galet - 8 cm - SAN A 3

30 x 30 x 22 37,0 SAR-AR B 5
15 x 10 x 8 2,2 AR A 5

60 x 52 x 40 280,0 SAN-SAR A 6
45 x 35 x 32 113,0 SAR A 6
35 x 30 x 25 49,5 SAR A 6
35 x 32 x 16 34,0 SAR A 6
32 x 26 x 12 26,0 SAR A 6
22 x 18 x 14 10,4 SAR A 6
26 x 20 x 10 10,0 SAR C 6
1 galet - 8 cm - SAR A 6

Type A: Dolo gris fonce avec quartz - type proterozoique

Type B: Dolo gris pale a moyen - rubanee/laminee

Type C: Dolo rose


REMERCIEMENTS

La presente contribution fait partie d'un projet de recherche sur I'Evolution des rives du Saint-Laurent estuarien subventionne' par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en genie du Canada (CRSNG). Les figures dessinees ont ete realisees par Andree Gauthier, Laboratoire de cartographie, Department de Geographie, Universite Laval. Nous remercions Jean Veillette (Commission geologique du Canada) avec qui nous avons eu de fructueux echanges.

Recu: le 6 decembre, 2000

Accepte: le 7 mai, 2001

REFERENCES

AVRAMTCHEV, L. 1985. Carte geologique du Quebec. Ministere de I'Energie et des Ressources, Quebec, carte no 2000, DV-84-02.

BARAGAR, W.R.A. 1967. Wukuach Lake map-area, Quebec-Labrador. Geological Survey of Canada, Memoir 344, 174 p.

BOUCHARD, M.A., CADIEUX, B. & GOUTIER, F. 1984. L'origine et les caracteristiques des lithofacies du till dans le secteur nord du lac Albanel, Quebec: une etude de la dispersion clastique. Canadian Institute of Mining and Metallurgy, Special Volume 34, pp. 244-260.

BOUCHARD, M.A. & MARTINEAU, G. 1985. Southeastward ice flow in central Quebec and its paleogeography significance. Canadian Journal of Earth Sciences, 22, pp. 1536-1541.

BOULTON, G.S., SMITH, D.G., JONES, A.S. & NEWSOME, J. 1985. Glacial geology and glaciology of the last mid-latitude ice sheets. Journal of the Geological Society of London, 142, pp. 447-474.

CATY, J.L. 1976. Region du lac Mistassini: stratigraphie et sedimentologie de la formation de Papaskwasati. Ministere de I'Energie et des Ressources, Quebec, Rapport geologique 423, 270 p.

CLARK, T.H. 1972. Region de Montreal, Ministere des Richesses naturelles, Quebec, Rapport geologique 152, 244 p.

DIMROTH, E. 1978. Region de la fosse du Labrador - Labrador Trough area: 50[degrees] 30'- 56[degrees] 30'. Ministere des Richesses naturelles, Quebec, Rapport geologique 193, 396 p.

DIONNE, J.-C. 1972. Caracteristiques des blocs erratiques des rives de I'estuaire du Saint-Laurent. Revue de Georgraphie de Montreal, 26, pp. 125-152.

DIONNE, J.-C. 1973. La dispersion des cailloux ordoviciens dans les formations quaternaires au Saguenay / Lac-Saint-Jean, Quebec. Revue de Geographie de Montreal, 27, pp. 339-364.

DIONNE, J.-C. 1977. La Mer de Goldthwait au Quebec. Georgraphie physique et Quaternaire, 31, pp. 61-80.

DIONNE, J.-C. 1979. Les blocs d'estran a Saint-Fabien-sur-Mer, estuaire maritime du Saint-Laurent, Quebec. Maritime Sediments, 15, pp. 5-13.

DIONNE, J.-C. 1986. Blocs de dolomie a stromatolites sur les rives de I'estuaire du Saint-Laurent. Geographie physique et Quaternaire, 40, pp. 93-98.

DIONNE, J.-C. 1987. Lithologie des cailloux de la baie de Montmagny, cote sud du Saint-Laurent. Geographie physique et Quaternaire, 41, pp. 161-169.

DIONNE, J.-C. 1991. Nature lithologique et origine des cailloux dans l'anse Hamilton, Saint-Romuald, Quebec. Geographie physique et Quaternaire, 45, pp. 219-230.

DIONNE, J.-C. 1994. Les erratiques lointains de l'embouchure du Saguenay, Quebec. Geographic physique et Quaternaire, 48, pp. 179-194.

DIONNE, J.-C. 1999. Significance of Silurian coral dolostone erratics in the shore zone, Lower St. Lawrence estuary. CANQUA - CGRG Joint Conference (Calgary), Program and Abstracts, pp. 18-19.

DIONNE, J.-C. 2001. Erratiques de dolomie au cap Colombier, haute Cote Nord du Saint-Laurent estuarien. Geographie physique et Quaternaire. v. 55.

DIONNE, J.-C. & BERNATCHEZ, P. 2000. Un erratique peu banal: cailloux de dolomie sur le rivage des Escoumins, Cote Nord de l'estuaire du Saint-Laurent. 8e Colloque quadriannuel de I'AQQUA (Montreal), Resumes-Abstracts, pp. 27-28.

DIONNE, J.-C. & OCCHIETTI, S. 1996. Aperu du Quaternaire a l'embouchure du Saguenay. Geographie physique et Quaternaire, 50, pp. 5-34.

DONALDSON, J.A. 1963. Stromatolites in the Denault Formation, Marion Lake, coast of Labrador, Newfoundland. Geological Survey of Canada, Bulletin 102, 33 p.

DONALDSON, J.A. 1966. Marion Lake map-area, Quebec-Newfoundland. Geological Survey of Canada, Memoir 338, 85 p.

DREDGE, L.A. 1983. Surficial geology of the Sept-lles area, Quebec North Shore. Geological Survey of Canada, Memoir 408: 40 p.

DRESSER, B. 1979. Region de la fosse du Labrador (56[degrees] 30' - 57[degrees] 15'). Ministere des Richesses naturelles, Quebec, Rapport geologique 195, 117 p.

DYKE, A.S. & PREST, V.K. 1987a. Paleogeography of northern North America (18-5 ka). Geological Survey of Canada, Map 1703A, scale 1/12 500 000.

DYKE, A.S. & PREST, V.K. 1987b. Late Wisconsinan and Holocene retreat of the Laurentide Ice sheet. Geological Survey of Canada, Map 1702A, scale 1/5 000 000.

FISHER, D.A., REEH, N. & LANGLEY, K. 1985. Objective reconstruction of the Late Wisconsinan Laurentide Ice Sheet and the significance of deformable beds. Geographie physique et Quaternaire, 39, pp. 229-238.

FRANCONI, S., SHARMA, K.N.M. & LAURIN, A.F. 1975. Region des rivieres Betsiamites et Moisie (Grenville 1968-1969). Ministere des richesses naturelles, Quebec, Rapport geologique 162, 149 p.

GREIG, E.W. 1952. La region de Pontgrave-Bergeronnes, comte de Saguenay. Ministere des Mines, Quebec, Rapport geologique 32, 32 p.

GUILBAULT, P. 2000. Microfaune de six sediments Quaternaires marins de la region do Bas-du-Fleuve. BRAQ-Stratigraphie, Montreal, Rapport non publie, 13 p.

HOFMANN, H.J. 1969. Attributes of stromatolites. Geological Survey of Canada, Paper 69-39, 58 p.

HOFMANN, H.J. 1973. Stromatolites: characteristics and utility. Earth-Science Reviews, 9, pp. 339-373.

LAURIN, A.F. & SHARMA, K.N.M. 1975. Region des rivieres Mistassini -- Peribonca - Saguenay (Grenville, 1965-1967). Ministere des Richesses naturelles, Quebec, Rapport geologique 161, 89p.

NEILSON, J.M. 1953. Albanel Lake area, Mistassini territory. Ministere des Mines, Quebec, Rapport geologique 53, 35 p.

OCCHIETTI, S., PARENT, M., SHILTS, W.W., DIONNE, J.C., GOVARE, E. & HARMAND, D. 2001. Late Wisconsinan glacial dynamics, deglaciation and marine invasion in southern Quebec. In Deglacial history and relative sea level changes, northern New England and adjacent Canada. Edited by T.K. Weddle and M.J. Retelle, Special Paper 351, pp. 245-272..

PARENT, M., PARADIS, S.J. & BOISVERT, E. 1995. Ice-flow patterns and glacial transport in the eastern Hudson Bay region: implication for the Late Quaternary dynamics of the Laurentide Ice Sheet. Canadian Journal of Earth Sciences, 32, pp. 2057-2070.

PREST, V.K. & NIELSEN, E. 1987. The Laurentide Ice Sheet and long-distance transport. Geological Survey of Finland, Special Paper 3, pp. 91-101.

PRICHONNET, G. & BEAUDRY, L.M. 1990. evidence d'un ecoulement glaciaire sud, anterieur a l'ecoulement sud-ouest du Wisconsinien superieur, region de Chapais, Quebec. In Recherches en cours, Partie C, Commission geologique du Canada, Etude 90-1C, pp. 331-338.

PRICHONNET, G., MARTINEAU, G. & BRISSON, L. 1984. Les depots quaternaires de la region de Chibougamau, Quebec. Geographie physique et Quaternaire, 38, pp. 287-304.

RONDOT, J. 1986. Geologie de la region de Forestville -- Les Escoumins. Ministere de l'Energie et des Ressources, Quebec. Rapport geologique ET 85-05, 47 p.

SLIVITSKY, A., ST-JULIEN, P. & LACHAMBRE, G. 1991. Synthese geologique du Cambro-Ordovicien de la Gaspesie. Ministere de l'Energie et des Ressources, Quebec, ET 88-14, 61 p.

TREMBLAY, P. & BOURQUE, P.A. (eds.) 1991. Carte geotouristique du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspesie. Ministere de l'Energie et des Ressources, Quebec, carte GT 91-03, echelle 1/500,000.

TWENHOFEL, W.H. 1938. Geology and paleontology of the Mingan Islands, Quebec. Geological Society of America, Special Paper 11, l32 p.

VEILLETFE, J.J. 1986. Former southwesterly ice flows in the Abitibi-Temiscamingue region: implication for the configuration of the Late Wisconsinan ice sheet. Canadian Journal of Earth Sciences, 23, pp. 1724-1741.

VEILLETTE, J.J. 1999. Les erratiques proterozoiques du lac Mistassini: un traceur exceptionnel. Bulletin de 1'AQQUA, 25(2), pp. 22.

VEILLETTE, J.J., DYKE, A.S. & ROY, M. 1999. Ice-flow evolution of the Labrador sector of the Laurentide Ice Sheet: a review with new evidence from northern Quebec. Quaternary Science Reviews, 18, pp. 993-1019.

VEILLETTE, J.J. & POMARES, J.S. 1991. Older ice flows in the Matagami-Chapais area, Quebec. In Current Research, Part C, Geological Survey of Canada, Paper 91-1C, pp. 43-48.

WADDINGTON, G.W. 1950. Les depots de calcaire de la region de Mingan, comte de Saguenay. Ministere des Mines, Quebec, Rapport geologique 42, Partie 2, 13 p.

WAHL, W.G. 1953. Temiscamingue River area. Departement des Mines, Quebec, Rapport geologique 54, 32 p.
COPYRIGHT 2000 Atlantic Geoscience Society
No portion of this article can be reproduced without the express written permission from the copyright holder.
Copyright 2000 Gale, Cengage Learning. All rights reserved.

Article Details
Printer friendly Cite/link Email Feedback
Author:Bernatchez, Jean-Claude Dionne et Pascal
Publication:Atlantic Geology
Geographic Code:1CQUE
Date:Jul 1, 2000
Words:7938
Previous Article:Geochemistry of metavolcanic rocks of the Ross Island and Ingalls Head formations, Grand Manan Island, New Brunswick.
Next Article:Palaeophycus bolbitermilus isp. nov. from the Lower Silurian Upsalquitch Formation of New Brunswick, Eastern Canada.
Topics:


Related Articles
Harcelement sexuel en France. La levee d'un tabou 1985-1990.
Contrer la marginalisation des zones littorales: les communautes de peche du golfe du Saint-Laurent.
Les modeles d'insertion urbaine des groupes ethniques: discussion a partir du cas des quartiers multiethniques montrealais.
La memoire du paysage. Histoire de la forme urbaine d'un centre-ville: Saint-Roch, Quebec. (Book Reviews).
L'ecotourisme dans le Nord, une evolution naturelle. (Nouvelles de FedNor).
R.I.P.-H.M.R: a propos du concept de pole de developpement et des strategies de developpement economique des regions quebecoises *.
Grands projets urbains et requalification.
Eaux et territoires.
La fiscalite locale au Quebec: de la cohabitation au refuge fiscal.
Saint-Laurent: transformations urbaines d'une ville de banlieue Quels changements dans la relation centre/peripherie?

Terms of use | Privacy policy | Copyright © 2018 Farlex, Inc. | Feedback | For webmasters