Printer Friendly

Le reemploi strategique du Roman noir apres la revolution de Juillet.

Au debut de la monarchie de Juillet, Balzac et les autres auteurs de sa generation negocient, chacun a sa facon, la mutation culturelle et socioeconomique qu'entrainent deux phenomenes interdependants dans le champ et sur le marche litteraires: d'une part, la crise de la librairie, qui culmine avec le plafonnement en 1837 de l'in-octavo, << symbole de l'edition litteraire >> (Vaillant 38); d'autre part, l'essor de la presse periodique, en vertu duquel << chaque romancier doit soupeser, a l'aune du prejudice litteraire, les avantages financiers de la parution de son oeuvre en tranches dans un support populaire >> (Therenty 13). Or, la publication dans les revues periodiques et, plus encore, dans les journaux a grand tirage ne laisse pas, dans cette conjoncture, de constituer un enjeu de taille pour cette generation d'ecrivains: replacee dans la polemique journalistique dont fait l'objet le feuilleton sous la monarchie de Juillet, elle radicalise, en effet, le clivage entre la valeur commerciale sur le marche et la devaluation institutionnelle dans le champ litteraire, telle que la sanctionne l'institution critique.

Devancant Sainte-Beuve, dont l'article << De la Litterature industrielle >> paraitra dans la Revue des Deux Mondes le ler septembre 1839, Desire Nisard lance six ans plus tot son << Manifeste contre la litterature facile >> (173-198), intitule a l'origine: << D'un commencement de reaction contre la litterature facile >> (Revue de Paris, 22 decembre 1833). Dans cet article, il definit la litterature facile selon deux paradigmes contraires: la difficulte, sur laquelle elle fait l'impasse, faute d' << etudes, >> d' << application, >> de << choix, >> de << veilles >>, de << critique >> et d' << art >> (176); et la banalite, a laquelle elle sacrifie plutot. Des lors, elle << [...] court au hasard, [...] s'en tient aux premieres choses venues, [...] tire a la page et au volume, [...] se contente de tout [...] >> (176), plutot que de correspondre a des << litteratures individuelles >> (177). Bref, elle est saturee de redites, selon Nisard, lequel en arrive a un bilan sanctionnant la quantite commerciale au detriment de la qualite artistique et polarisant des lors le critique et l'auteur dans leur << position naturelle >> et leur << role de choix >> respectifs: critiquer pour l'un; fabriquer pour l'autre (196), tel Jules Janin sacrifiant son talent et son style a la chronique journalistique dans la presse periodique (190-193). Pour Nisard, tout auteur quantifiable commercialement ne peut, en somme, prouver son individualite aupres de la critique, a moins de se vouer a une litterature qualifiable specifiquement. Si, malgre son acuite critique, le << Manifeste contre la litterature facile >> n'arrive pas, par contre, a freiner l'emergence du roman-feuilleton dans les journaux, il confronte, neanmoins, Balzac et ses contemporains avec le defi que leur lance la conjoncture meme: reussir a combler le hiatus entre la rentabilite de << la litterature facile >> et la legitimite des << litteratures individuelles >>, moyennant une situation en porte-a-faux sur le marche et dans le champ litteraires.

Envisage sous cette optique, le reemploi du roman noir constitue, a certains egards, l'une des postures determinantes prises par Balzac et ses contemporains. Sous la forme de traductions, d'imitations ou, encore, de transpositions melodramatiques a la scene, l'importation de romans gothiques anglais en France a partir de la fin du XVIIIe siecle atteste, au depart, la popularite d'une formule ou << les lieux, les personnages, les situations n'ont pas a etre originaux, mais, au contraire, doivent, pour le succes de l'oeuvre, suivre ces schemas que le lecteur attend >> (Didier 222). Pourtant, le roman noir ne correspond pas, a priori, a un modele generique fixe, selon lequel les romans partageant les memes << influences >> ou les memes topoi pourraient etre definis et classifies. En fait, aucun Gothic novel dans la litterature anglo-saxonne ne constitue un archetype generique reunissant tous les traits caracteristiques des romans gothiques ou noirs. En revanche, des romans gothiques en francais, tels The Mysteries of Udolpho d'Ann Radcliffe et The Monk de M. G. Lewis, servirent de prototypes a des imitations ou a des adaptations caracterisees par des topoi s'articulant autour d'un meme schema actantiel: soit une spoliation familiale mysterieuse qui, une fois mise au jour au terme de l'histoire, explique, a posteriori, la persecution par un traitre d'une jeune filie innocente ou de tout autre victime, sauvee, in extremis, par un protecteur occulte et omniscient (Bardeche 15-19).

Ce schema actantiel se caracterise, en outre, par le lieu ou se deroule la persecution: un chateau, un couvent ou tout autre endroit clos, dont la noirceur metaphorise celle de la spoliation et de la persecution, avant qu'elle ne soit eclaircie et vaincue. Cerre definition generique trouve, au demeurant, une caution historique dans le Dictionnaire des romans anciens et modernes (1819) de l'editeur A. Marc, ou l'appellation << roman noir >> recouvre des topoi se circonscrivant autour d'une correlation implicite entre catastrophes, au sens large du terme, et lieux cios: << Romans noirs, sinistres, Assassinats, Empoisonnements, Souterrains, Prisons, Cavernes, Vieux chateau, Enlevemens [sic], Vengeance et Crimes affreux ... >> (Prungnaud 88, note 19). A cet egard, le roman gothique devient, des son importation en France, la cible des parodistes, dont Alexandre Duval (1767-1842). Avant de devenir, sous la monarchie de Juillet, le rival malheureux des jeunes dramaturges romantiques, Duval composa Le vieux chateau ou La Rencontre: Comedie en un acte et en prose, melee de chants (1798) qui, dans ses CEuvres completes, accompagne Montoni, ou le Chateau d'Udolphe, drame en cinq actes et en prose, imite du roman les Mysteres d'Udolphe (1797).

Cependant, la parodie en France des romans gothiques anglais n'entache pas le rayonnement de Radcliffe, entre autres, dont Stendhal recommande en juillet 1804 la lecture a sa soeur Pauline (132). Le genre survit, d'ailleurs, au Premier Empire, grace a l'essor des cabinets de lecture sous la Restauration.

Comme le constate, en 1821, le libraire-editeur Pigoreau a propos du << genre noir, >> << on a berce notre enfance avec les contes de la mere Loie [sic]: arrives a la maturite de l'age, nous sommes de grands enfans [sic] que l'on berce avec des contes d'un genre a peu pres semblable >> (354), sans que Nodier, pourtant considere comme son initiateur en France (Jean Sbogar, 1818), ne puisse en contrer le succes persistant. Meme si ses attaques en 1822 contre << l'ecole frenetique >> visent a delester le romantisme du roman noir a des fins de legitimation institutionnelle (Glinoer 171-183), l'acclimatation du roman gothique en France se reflete dans la production litteraire, ainsi que dans les circuits de distribution. En temoigne, a cet egard, la Petite bibliographie biographico-romanciere ou Dictionnaire des romanciers par Pigoreau, incluant un << Tableau des romans noirs >> muni de renvois a un catalogue alphabetique numerote (353-354).

Neanmoins, le roman noir sous la Restauration est assujetti aux regles du marche litteraire. S'il marque le rejet de la mesure classique au profit de la demesure romantique, il n'en est pas moins borne par les limites intrinseques de sa topique qui, en declinant les memes invariants, se repete d'un volume a l'autre pour mieux fideliser l'horizon d'attente. A cet egard, il est prive d'une legitimite litteraire aupres des critiques, dont Nisard, qui en devalorise les topoi: << attirail moyen age >>, << anges >>, << tombeaux >>, << coups de poignard >>, << grands coups >>, << passions furieuses >>, << situations folies >>, << morts par le suicide, par les noyades >> (177, 180), et les cliches: << etres si beaux, au regard si profond, au front si pur >> (181, en italique dans le texte), banals par definition. Aussi, la distanciation a l'egard du roman noir s'avere-t-elle strategique, a priori, pour Balzac et les autres romanciers de sa generation.

Dans << Celle-ci et celle-la, ou La Jeune-France passionnee >> (Les Jeunes-France, 1833), par exemple, Gautier prend une posture de repli vis-a-vis de ce qu'il designera dans la preface a Mademoiselle de Maupin par << roman-charogne >> ((Euvres completes 13). Suivant un dispositif metanarratif et parodique, le narrateur/l'auteur, en panne de sujets et a la merci de son editeur, ironise sur les topo'i dont est privee l'histoire qu'il essaie de raconter a son narrataire/lecteur: << [...] ni meurtre, ni pendaison, ni ecartellement [sic], pas un pauvre petit cadavre pour egayer la narration et etouper les endroits vides.

Vous voyez combien je suis malheureux [...] >> (Les Jeunes-France 174).

Les relations entre l'ecriture balzacienne et le roman noir s'averent, toutefois, plus complexes que la poetique ludique des Jeunes-France. Selon la critique balzacienne, les premiers romans de Balzac, publies sous le couvert de pseudonymes (Lord R'Hoone, Horace de Saint-Aubin), marqueraient, a cet egard, les etapes d'un affranchissement generique, en vertu duquel l'ecriture balzacienne parodierait le roman noir des cabinets de lecture pour lui opposer, a des fins de legitimation generique et institutionnelle, un recit specifiquement balzacien, destine aux futurs narrataires-lecteurs de La Comedie humaine (Chollet 7-20; Gleize 77-87). Aussi probante qu'elle puisse paraitre a posteriori, cette lecture strategique des premiers romans de Balzac en regard de La Comedie humaine s'avere quelque peu tendancieuse, tant d'un point de vue litteraire que d'un point de vue sociologique. D'une part, elle circonscrit anachroniquement une tendance parodique qui, rappelons-le, remonte aux origines memes du roman gothique, importe en France vers la fin du XVIII<< siecle, et qui fait indissociablement partie de l'histoire poeticienne du genre. D'autre part, elle s'appuie theoriquement sur un cloisonnement normatif du lectorat (lecteurs des cabinets de lecture versus lecteurs de La Comedie humaine) qui ne correspond pas exactement a la realite du marche litteraire sous la Restauration et au debut de la monarchie de Juillet.

En fait, il n'existe pas de hiatus entre un lectorat soi-disant de seconde zone sous la Restauration et d'hypothetiques happy few recrutes en dehors des cabinets de lecture apres la publication de Wann-Chlore en 1825. Les << liseurs de romans >> sous la Restauration, pour reprendre l'appellation employee par un critique dans son compte rendu du Centenaire de Balzac, paru dans La Lorgnette le 11 juin 1824 (Vachon 150, en italique dans le texte), aussi bien que les lecteurs de La Comedie humaine au debut de la monarchie de Juillet, formaient majoritairement la bourgeoisie montante du XIXe siecle. Aussi, la designation: << roman pour femmes de chambre >>, employee sous la Restauration et extrapolee abusivement a la classe populaire, recouvre-t-elle les volumes que des domestiques sachant lire empruntaient dans les cabinets de lecture pour le compte de leurs maitres et pouvaient lire a la derobee (Parent-Lardeur 134-135), sans pour autant former une classe proletarienne lettree nivelant par le bas la majorite bourgeoise du lectorat. Qu'une portiere, Julienne Bayout, s'avise d'ecrire elle-meme un roman, Fidelia ou le voile noir (1822), et aussitot elle est sommee publiquement de retourner a ses taches domestiques (Parent-Lardeur 202-203).

Au point de vue commercial, l'histoire du roman noir recoupe, cependant, une democratisation socioeconomique et culturelle du marche litteraire qui, apres la fondation de La Presse par Emile de Girardin en 1836, beneficiera d'une nouvelle donne: la baisse du prix d'achat du journal. Des lors, la presse a grand tirage impose les diktats capitalistes, selon lesquels << le chiffre sature l'espace socio-economique et impose sa loi, loi du nombre[,] [...] reclame son depassement, son addition, sa multiplication [...] >> (Therenty, Vaillant, et al. 146). Cette economie de marche a, pour corollaire, la montee en puissance du roman-feuilleton parmi les modes de ciblage et de fidelisation a bon marche. Sous cet angle, les topoi" du roman noir et, par extension, de la litterature melodramatique deviennent plus populaires, partant plus lucratifs: jusqu'alors marqueurs generiques, destines principalement a standardiser la production de volumes et a en fideliser une reception exclusive de la part de la clientele bourgeoise des cabinets de lecture, ils donnent aux feuilletonistes populaires, dont Eugene Sue, les gages d'une rentabilite accrue dans l'espace commercial de la presse, mais les privent, ipso facto, d'une legitimite dans l'espace institutionnet de la litterature.

A ces facteurs de rendement s'ajoute la diminution du prix d'achat des livres. En 1838, l'editeur Gervais Charpentier reduit le cout moyen d'un livre et en augmente le tirage en remplacant l'in-8[degrees] par l'in-18 jesus, plus economique et plus rentable (Dumasy 37, note 20). Cette mesure contribue a democratiser le lectorat, par ailleurs plus alphabetise dans l'ensemble, en raison de la legislation en matiere d'instruction publique (loi Guizot, 1833).

Ainsi, 28% des Parisiens savent lire en 1836, compares a 8% seulement cinq ans plus tot (Allen 171). Au reste, la mutation que connait l'industrie du livre et de la presse entre la Restauration et la monarchie de Juillet influence l'opinion de Balzac sur les cabinets de lecture: s'il les tient d'abord responsables de la crise que connait la librairie, impuissante a adapter ses prix d'achat aux couts moindres d'un abonnement et d'une location, il les exhorte par la suite, mais en vain, a vendre des livres a la clientele ayant les moyens d'en acheter (Parent-Lardeur 91 et suiv.). Aussi, l'ecriture et la lecture de romans noirs ne peuvent etre considerees comme des pratiques populaires a part entiere qu'a la periode charniere ou la crise de la librairie entraine, d'un cote, l'ecoulement des volumes demodes ou invendus dans les circuits de colportage provinciaux (qu'evoque Balzac dans La Muse du departernent) et, de l'autre, la commercialisation du roman noir et de ses derives feuilletonesques dans la presse.

Au point de vue litteraire, l'oeuvre balzacienne dans son ensemble relativise, au demeurant, l'idee d'une Comedie humaine delestee du roman noir en usage dans les cabinets de lecture. En effet, elle ne fait pas l'economie d'un gente aussi conventionnel que le roman noir, mais tend, au contraire, a le reemployer a des fins proprement balzaciennes. Pre-publie en feuilletons dans La Presse entre le 26 novembre et le 6 decembre 1841, Memoires de deux jeunes mariees constitue, a cet egard, un exemple revelateur. Uoccurrence << couvent >> dans ce roman epistolaire refere a un possible romanesque correspondant a l'analepse externe liminaire: soit la vie de novice qu'evoquent retrospectivement deux correspondantes amies apres leur sortie du couvent.

Des l'incipit, qui, dans l'economie narrative, marque la frontiere de l'explicite et de l'implicite (le non-dit dans le recit analeptique de Louise), ce topos trace en pointille un champ semantique relie, non seulement au manque de dispositions pour le noviciat de Louise, mais aussi aux troubles psychosomatiques avant-coureurs, typiques du roman noir:

On parle toujours du premier amour, il y en a donc un second? "Tais-toi! Me diras-tu; dis-moi plutot, me demanderas-tu, comment tu es sortie de ce couvent ou tu devais falte ta profession?" Ma chere, quoi qu'il arrive aux Carmelites, le miracle de ma delivrance est la chose la plus naturelle. Les cris d'une conscience epouvantee ont tini par l'emporter sur les ordres d'une politique inflexible, voila tout. Ma tante, qui ne voulait pas me voir mourir de consomption, a vaincu ma mere, qui prescrivait toujours le noviciat comme seul remede a ma maladie. La noire melancolie ou je suis tombee apres ton depart a precipite cet heureux denouement. (Memoires de deux jeunes mariees 33)

Cet exemple de possible romanesque se circonscrivant autour d'une analepse externe s'avere d'autant plus evocateur que Balzac avait d'abord ebauche un roman intitule: Soeur Marie-des-Anges, avant de l'abandonner au profit des Memoires de deux jeunes mariees. L'edition Souverain (1842) des Memoires de deux jeunes mariees conserve, neanmoins, dans la correspondance de Louise le nom de religion qui sert de titre a l'ebauche (315 et suiv.). En fait, ce qui reste de l'avant-texte constitue en soi l'ebauche d'un roman noir: le portrait d'un abbe libertin, que Balzac n'annexera pas par la suite au personnel romanesque des Memoires de deux jeunes mariees (323-325). Sous cet angle, l'incipit du roman sur la << noire melancolie >>, ou Louise evoque avec le recul celle qu'elle n'est plus (soeur Marie-des-Anges), indexe la frontiere avant-texte/roman sur un rapport economie/depense, en vertu duquel le possible romanesque originel (Soeur Marie-des-Anges), representatif du roman noir, est reemploye dans la structure specifique, et definitive, des Memoires de deux jeunes mariees. Des lors, ce que le roman perd en exemplarite generique par rapport au roman noir, il le gagne en individualite dans le champ litteraire, d'autant plus que Balzac reemploie aussi un autre code litteraire ecule, demode de surcroit: le genre epistolaire, auquel il confere egalement une valeur litteraire proprement balzacienne.

Toutefois, le reemploi chez Balzac du roman noir ne se limite pas a une posture generique: il constitue aussi une strategie de positionnement face au contexte sociopolitique dans lequel s'inscrit le debat sur la litterature facile. Pour Balzac, comme pour d'autres auteurs de sa generation, l'ecrivain du XIXe siecle, en effet, doit gerer, non seulement son rapport socioeconomique et culturel au monde capitaliste moderne, mais aussi sa desillusion sociopolitique sous la Restauration et apres l'echec de la revolution de Juillet. En temoigne, a cet egard, la << Lettre XI >> des Lettres sur Paris (Le Voleur, 30 septembre 1830-31 mars 1831 ), ou Balzac met en vedette, sous la rubrique << l'Ecole du desenchantement >>, les oeuvres qu'il juge les plus symptomatiques de cette periode charniere: La Confession de Janin, Histoire du roi de Boheme et de ses sept chateaux de Nodier, sa propre Physiologie du mariage et Le Rouge et le Noir de Stendhal:

[C]e sont de ces tableaux que tout le monde accuse de faussete, par pudeur, par interet peut-etre. Il y a dans ces quatre conceptions litteraires le genie de l'epoque, la senteur cadavereuse d'une societe qui s'eteint. [...] [Cel sont les traductions de la pensee intime d'un vieux peuple qui attend une jeune organisation; ce sont de poignantes moqueries [...]. ((Euvres diverses 937).

De ce point de vue, ecrire pour les representants de l'Ecole du desenchantement revient, au depart, a resoudre le dilemme suivant: 1) se distancier du roman noir et de ses derives denonces par Nodier, Nisard et les autres critiques pour leur facilite lucrative sur le marche litteraire, mais se priver de topo'i susceptibles, mutatis mutandis, de problematiser << la senteur cadavereuse d'une societe qui s'eteint >>, selon Balzac ((Euvres diverses 937); 2) suivre, au contraire, un code generique standardise, mais au prix de la legitimite generique et institutionnelle dans le champ litteraire. Bref, comment faire du neuf avec du vieux?

A cet enjeu, la << moquerie >> balzacienne apporte une solution litteraire possible: d'entree de jeu, elle prolonge une tendance chez Balzac perceptible dans des romans de jeunesse, tel L'Heritiere de Birague (1822) ou un discours metanarratif parodie les topo'i de l'histoire racontee (Bordas 393-410). Du reste, certains critiques litteraires sous la Restauration reconnaissaient a Lord R'Hoone et a Saint-Aubin, alias Balzac, le talent de dejouer la mode des productions romantiques (synonymes alors de romanesques), prisees dans les cabinets de lecture, alors que d'autres le lui refusaient (Vachon 121-154). Neanmoins, ce dispositif parodique ne se reduit pas, rappelons-le, a une distanciation ponctuelle, en vertu de laquelle le futur auteur de La Comedie humaine, en quete d'un statut auctorial legitime, ferait tabula rasa du roman noir; il s'integre plutot dans une poetique specifiquement balzacienne qui, dans La Peau de chagrin en particulier, travaille a articuler le reemploi formel d'un genre et une problematisation semantique du reel.

Apres l'echec de la revolution de Juillet, Balzac prend, en effet, une posture auctoriale et textuelle vis-a-vis du contexte de reference. Dans la preface de la premiere edition de La Peau de chagrin (edition Gosselin et Canel, 1831), il deplace le debat sur ce que Nisard designera deux ans plus tard par << litterature facile >> pour le situer, ironiquement, en regard de la conjoncture sociopolitique, qu'il juge impropre a tout autre litterature.

De tous cotes s'elevent des doleances sur la couleur sanguinolente des ecrits modernes. Les cruautes, les supplices, les gens jetes a la mer, les pendus, les gibets, les condamnes, les atrocites chaudes et froides, les bourreaux, tout est devenu bouffon! [...] Le monde nous demande de belles peintures? ou en seraient les types? Vos habits mesquins, vos revolutions manquees, vos bourgeois discoureurs, votre religion morte, vos pouvoirs eteints, vos rois en demisolde, sont-ils donc si poetiques qu'il faille vous les transfigurer? ... Nous ne pouvons aujourd'hui que nous moquer. La raillerie est toute la litterature des societes expirantes ... (La Comedie humaine, X, 54-55)

En vertu du recul critique, Balzac met ici en cause, non seulement les << societes expirantes >> a peindre, faute de mieux, mais aussi leur representation meme en litterature. En contrepartie, le roman noir et ses topoi" << cadaveriques >> sont reemployes dans La Peau de chagrin selon un dispositif railleur, en vertu duquel le recit balzacien exprime le desenchantement d'une generation acculee a une impasse sociopolitique. A cet egard, le traitement de l'orgie par Balzac s'avere significatif. Figurant parmi les banalites stigmatisees par Nisard (178), l'orgie constitue, d'entree de jeu, un topos qui, chez Gautier, par exemple, se prete a la parodie. Dans Le Bol de punch, l'un des << romans goguenards >> des Jeunes-France, le detournement parodique de l'orgie se traduit par un canular metatextuel, soit quatre citations identiques mises en exergue (<< L'Orgie echevelee >>) et attribuees respectivement a Balzac, Janin, P.-L. Jacob (le Bibliophile Jacob, alias Paul Lacroix) et Sue (Les Jeunes-France 206) ... Dans La Peau de chagrin, le meme topos equivaut, non seulement a une posture generique (le roman noir reemploye), mais aussi a un pacte referentiel (les << societes expirantes >> a representer), double d'un dispositif stylistique, comme l'illustre le passage du recit ou les salons du banquier Taillefer sont assimiles a une vision premonitoire du Pandemonium (La Comedie humaine, X, 117). En regard de la forme << facile >> du roman noir, cet extrait constitue un exemple de reemploi, ou les metaphores et les amplifications, tels les corps etendus des buveurs associes a des mourants, et les lieux de l'orgie a un champ de bataille, travaillent a transmuer le contexte de reference represente en une vision individuelle du reel. << Les champs de bataille, jonches de morts et de mourants, avaient aussi leur image >> (1271, variante d.), lit-on dans l'edition Delloye et Lecou (1838). Dans l'edition Furne (1845), ce passage deviendra: << Jonches de morts et de mourants, le boudoir et un petit salon offraient l'image d'un champ de bataille >> (La Comedie humaine, X, 117).

A l'inverse, L'Ane mort et la Femme guillotinee (1829) exemplifie les tensions entre litterature individuelle et litterature facile, selon la distinction ulterieure de Nisard. Ecartele formellement et semantiquement entre les elements respectifs de son titre et de sa designation prefacielle (<< parodie serieuse >> [Preface de la premiere edition IX]), le roman de Janin s'avere, d'emblee, symptomatique de ce qui, confusement, le ronde (le serieux de la parodie) et le mine (la parodie du serieux) dans sa dialectique textuelle. La pulsion scopique du narrateur se deregle, en effet, jusqu'a inflechir le serieux referentiel de son recit vers un grotesque irreversible: << Pour moi, il m'etait devenu impossible de voir autre chose qu'une nature contrefaite >> (39). Des lors, le roman tend a se rabattre sur un monstrueux ou le serieux et sa parodie chevauchent au point de se confondre. D'ou le nivellement de chapitres plus ou moins interchangeables, dont les effets macabres participent, indistinctement, du monstrum et de sa parodie, tel le chapitre intitule: << La Morgue >>, ou un corps demembre est reanime. << Le cadavre se leva, les deux machoires s'entrechoquerent, la cuisse brisee retomba lourdement sur le parquet; a ce choc si rude le piano rendit un son plaintif, et tout fut dit! >> (67-68). Si le roman s'avere ici exemplaire d'une litterarite qu'Andre Breton assimilera a l'humour noir, a l'epoque de la consecration du roman noir par les surrealistes (Le Brun 41 et suiv.), cette plus-value litteraire n'en demeure pas moins un procede qui, au fil des chapitres, tend, de par sa recurrence, a se banaliser. A cet egard, le roman atteste, non seulement << [...] que rien n'est d'une fabrication facile comme la grosse terreur >> (Preface XI), mais que la frontiere entre la parodie du genre noir, ou [...] Anne [sic] Radcliffe, si meprisee, est un veritable chef de secte [...] >> (id.), et le genre parodie ne s'avere pas toujours etanche pour cette raison meme.

De ce point de vue, le pastiche parodique de Balzac intitule: << Le Couteau a papier >> (Le Voleur, 5 fevrier 1830), et presente comme le trentieme chapitre inedit de L'Ane mort et la Femme guillotinee ((Euvres diverses 647-653), prouve, par l'exemple, que le roman de Janin et, a fortiori, le genre du roman noir, pretent le flanc a la parodie, en definitive: en rencherissant sur << la grosse terreur >> que peut provoquer une << horrible scene >> d'autopsie ((Euvres diverses 651), << Le Couteau a papier >> pousse deliberement le roman noir et sa parodie serieuse chez Janin jusqu'a un grotesque mi-caricatural, mi-cynique, tel que le figure le tibia recupere, vendu et reutilise en couteau a papier apres l'autopsie (653).

Parue en librairie en 1835, Melmoth reconcilie s'avere aussi exemplaire du reemploi auquel l'ecriture balzacienne soumet le roman noir. Parodiant le fantastique mythique dans Melmotb de Maturin, cette etude philosophique de Balzac devoile les maillons caches de la chaine capitaliste (Amossy et Rosen 149-167) pour donner a lire un Prometbee enchaine des temps modernes, ou le monopole des finances devient le pacte diabolique hierarchisant les rapports socioeconomiques: d'ou une reactualisation des topoi, suivant laquelle une banque parisienne remplace le chateau gothique du roman noir; le banquier satanique, le traitre; un caissier exploite, la victime persecutee; et la baisse du cours d'une action cotee en Bourse, la persecution. A cet egard, le Melmoth reconcilie de Balzac marque moins l'epuisement du roman noir au XIXe siecle en France, comme l'avance Annie Le Brun (25-39), qu'il ne confirme, dans La Comedie humaine et chez d'autres ecrivains, l'inflechissement de la << machinerie noire >> (Le Brun) vers une dramatisation du reel. Au chateau gothique et aux revenants conventionnels du roman noir est substituee, des lors, la noirceur menacante de Paris et de ses spectres socioeconomiques, presentes dans Melmoth reconcilie comme les nouveaux sphinx a interroger et a dompter. Comine l'ecrit Marc Angenot a ce sujet, << la litterature vers 1830 ne produit tant de monstres fantastiques que parce que le Francais decouvre que la societe produit des monstres reels. On passe insensiblement du fantastique noir au realisme noir >> (42, en italique dans le texte). Aussi, le code generique du roman noir, s'articulant jusqu'alors autour d'un schema actantiel ou le Bien l'emporte sur le Mal dans l'unite sociofamiliale recouvree, fait-il, dans la litterature du desenchantement, l'epreuve romanesque du reel, ou aucun deus ex machina ne compense les forces destabilisantes et destructrices par le retour a un ordre prealablement etabli.

A la difference du roman noir ou du melodrame a la Pixerecourt, l'oeuvre de Balzac apres l'echec de la revolution de Juillet n'offre pas, par contre, de solutions aux problemes socioeconomiques qu'elle souleve. Sur ce point, l'application de l'anthropologie des societes primitives aux etudes litteraires apporte, a contrario, un eclairage revelateur. Comme l'a demontre Julia Przybos (93 et suiv.), les personnages representatifs du melodrame, auxquels ceux du roman noir peuvent etre joints, exemplifient les fonctions regulatrices theorisees par Rene Girard: soit un premier bouc emissaire (generalement une jeune filie innocente), victime d'un traitre qui, en vertu d'un reequilibrage, devient le bouc emissaire ultime figurant la menace stigmatisee et conjuree du dereglement. Des lors, l'autorite consacree du Pere, conforte dans l'amour filial du premier bouc emissaire, marque un retour ideal a l'ordre sociofamilial et moral etabli. Aussi, les invariants constitutifs du roman noir et du melodrame attestent-ils, en definitive, l'invariabilite du modele societal qui les fonde a des fins exemplaires.

A l'inverse, une nouvelle telle que Pierrette, pre-publiee en feuilletons dans Le Siecle entre le 14 et le 27 janvier 1840, illustre chez Balzac un reemploi ideologique du roman noir et du melodrame a seules fins de problematiser le contexte socioeconomique de reference. Dans le recit, dont l'histoire testamentaire se situe a la charniere de la Restauration et de la monarchie de Juillet, l'innocente Pierrette se substitue au Traitre qui, dans le roman noir et le melodrame, est ostracise, in fine, par une societe patriarcale temporairement ebranlee; elle represente, non seulement la victime de ses bourreaux immediats (ses parents d'adoption, les Rogron, qui convoitent son heritage et la reduisent a l'etat de servante martyre), mais aussi le bouc emissaire ultime d'un microcosme embourgeoise. Dans ce systeme societal, ni la jeunesse sacrifiee (Brigaut, l'ami d'enfance de Pierrette), ni les figures d'autorite archaiques (la grand-mere de Pierrette) ne peuvent retablir l'ordre sociofamilial, culturel et moral renverse, alors qu'au contraire, les monstres donnant a voir la societe de reference font triompher les interets capitalistes, au prix de vies humaines. Aussi, le martyr de Pierrette confirme-t-il, in fine, l'absence de modele societal dans la bourgeoisie montante representee.

Le recit, au demeurant, fait contraster cette histoire pathetique avec un dispositif referentiel qui estompe la distance entre la representation du reel et le reel represente. D'une part, il s'inspire d'une affaire judiciaire veridique suivie par Balzac (le proces Peytel), ce qui lui confere la vraisemblance propre au << roman d'actualite >> (Therenty 437-491). D'autre part, il meten abyme l'espace mediatique meme de la bourgeoisie capitaliste en presentant le journal liberal fonde par l'avocat Vinet comme un instrument de pouvoir socioeconomique et politique (La Comedie humaine, IV, 90 et suiv.), a l'origine du triomphe de la classe bourgeoise apres l'echec de la revolution de Juillet et, subsequemment, du martyr de Pierrette.

En definitive, l'ecriture balzacienne apres l'echec de la revolution de Juillet prend le contre-pied de l'eschatologie providentielle servant de fondement au roman noir et au melodrame sous la Restauration; elle problematise, au contraire, les clivages reels entre le Moi et la Societe. De la une marginalisation dans La Comedie humaine des personnages juges improductifs, partant inutiles et nuisibles au progres socioeconomique du systeme capitaliste represente. Deleste de son role regulateur dans le roman noir et le melodrame, le bouc emissaire chez Balzac devient, des lors, la victime ultime d'une societe proprement amorale. Aussi, seul le pathos emprunte au roman noir et au melodrame pallie, au sens moderne du terme, l'absence d'un ethos effectif dans Pierrette et d'autres oeuvres du desenchantement. En dramatisant le conflit represente (societe pervertie versus boucs emissaires), mais en ne lui opposant pas de modele societal de substitution, ce pathos exacerbe, sur le plan romanesque, l'enjeu ideologique auquel l'ecriture balzacienne se mesure dans son reemploi specifique du roman noir et du melodrame. D'ou la distorsion (en particulier, dans Pierrette) entre un pathos sans effet et l'absence d'ethos. De la aussi l'accusation d'immoralite lancee communement contre Balzac et les autres romanciers du desenchantement.

Le reemploi chez Balzac du roman noir (et du melodrame lui faisant pendant) revele, en somme, qu'un genre obsolete peut constituer un code litteraire renouvelable et, de surcroit, propice a un positionnement auctorial et textuel strategique. De ce point de vue, il sert de dispositif qui, par dela la parodie generique, travaille a problematiser et, du meme coup, a individualiser la representation du systeme capitaliste moderne, pose, des le depart, comme un monstrum a dechiffrer. Or, les oeuvres du desenchantement chez Balzac sont intrinsequement reliees a la mutation socioeconomique et culturelle que connaissent a cette epoque le marche et le champ litteraires, ou la reconnaissance de l'individualite litteraire passe, justement, par un reemploi de genres aussi standardises commercialement que le roman noir et le melodrame, et devalues, pour cette raison, par les instances de legitimation. Aussi, contribuent-elles, non seulement a consacrer dans la presse a grand tirage les litteratures individuelles pre-publiees en feuilletons, mais aussi a legitimer dans le champ litteraire une poetique litteraire et mediatique du reemploi. Bref, elles font du roman noir un feuilleton original, et donc legitime (1).

St. Paul's College, University of Manitoba

CEuvres citees

Allen, James Smith. Popular French Romanticism: Authors, Readers, and Books in the 19th Century. Syracuse: Syracuse University Press, 1981.

Amossy, Ruth, et Elisheva Rosen. << Melmoth reconcilie ou la parodie du conte fantastique. >> L'Annee balzacienne (1978): 149-167.

Angenot, Marc. Le Roman populaire. Recherches en paralitterature. Les Presses de l'Universite du Quebec, 1975.

Balzac, Honore de. La Comedie humaine. Pierre-Georges Castex, ed. Paris: Gallimard, 1976, 12 vols.

--. Memoires de deux jeunes mariees. Samuel S. de Sacy, ed. Paris: Gallimard, 1889 [1961].

--. (Euvres diverses. Pierre-Georges Castex, ed. Paris: Gallimard, t. II, 1996.

Bardeche, Maurice. Balzac romancier. Paris: Plon, 1940.

Bordas, Eric. << Ecriture frenetique, ecriture drolatique dans L'Heritiere de Birague. >> L'Annee balzacienne 18 (1997): 393-410.

Chollet, Roland. << Du premier Balzac a la mort de Saint-Aubin. Quelques remarques sur un lecteur introuvable. >> L'Annee balzacienne 8 (1987): 7-20.

Didier, Beatrice. Ecrire la Revolution (1789-1799). Paris: Presses Universitaires de France, 1989.

Dumasy, Lise, ed. La Querelle du roman-feuilleton. Litterature, presse et politique, un debat precurseur (1836-1848). Grenoble: ELLUG, 1999. Duval, Alexandre. (Euvres completes. Seconde edition. T. II-III. Paris: J. N. Barba, 1826.

Gautier, Theophile. Les Jeunes-France. Romans goguenards. Rene Jasinski, ed. Paris: Flammarion, 1974.

--. CEuvres completes. Geneve: Slatkine Reprints, t. V, 1978.

Girard, Rene. Le Bouc emissaire. Paris: Ed. Grasset & Fasquelle, 1982.

Gleize, Joelle. << Balzac pseudonyme, lecteur anonyme. >> Vachon, Stephane, ed. Balzac" une poetique du roman. Montreal: XYZ Ed. Saint-Denis: Presses Universitaires de Vincennes, 1996.77-87.

Glinoer, Anthony. << Charles Nodier "majordome des romantiques" et le roman frenetique. >> Beaudet, Marie-Andree, Bonenfant, Luc, et Isabelle Daunais, eds. Les Oublies du romantisme. Quebec: Nota bene, 2004. 171-183.

Janin, Jules. L'Ane mort et la Femme guillotinee. Geneve: Slatkine Reprints, 1973 [reimpression de l'edition de Paris, 2 t. en 1 vol., 1829].

Le Brun, Annie. Les ChAteaux de la subversion. Paris: Gallimard, 1986 [J.-J. Pauvert aux Ed. Garnier Freres, 1982].

Nisard, Desire. Essais sur l'ecole romantique. Paris: Calmann Levy, 1891.

Parent-Lardeur, Francoise. Lire a Paris au temps de Balzac. Les Cabinets de lecture a Paris (1815-1830). Paris: Ed. de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1981.

Pigoreau, Alexandre. Petite Bibliographie biographico-romanciere ou Dictionnaire des romanciers. Geneve: Slatkine Reprints, 1968 [reimpression de l'edition de Paris, 1821].

Prungnaud, Joelle. Gothique et Decadence. Recherches sur la continuite d'un mythe et d'un genre au XIXe siecle en Grande-Bretagne et en France. Paris: Honore Champion, 1997.

Przybos, Julia. L'Entreprise melodramatique. Paris: Jose Corti, 1987.

Stendhal. Correspondance (1800-1821). Henri Martineau et V. Dei Litto, eds. Paris, Gallimard. t. I, 1962.

Therenty, Marie-Eve. Mosai'ques. Etre ecrivain entre presse et roman (18291836). Paris: Honore Champion, 2003.

Therenty, Marie-Eve, Alain Vaillant, et al. 1836: L'An I de l'ere mediatique. Etude litteraire et historique du journal La Presse, d'Emile de Girardin. Paris: Nouveau Monde Ed., 2001.

Vachon, Stephane. << Du nouveau sur Balzac: l'echo des romans de jeunesse. >> L'Annee balzacienne 19 (1998): 121-154.

Vaillant, Alain. << Balzac et la crise de l'edition de romans sous la monarchie de Juillet. >> Duchet, Claude, et Isabelle Tournier, eds. Balzac, (Euvres completes: Le << Moment >> de La Comedie humaine. Saint-Denis: Presses Universitaires de Vincennes, 1993.21-41.

(1.) La recherche qui a mene a la redaction de cet article a ete rendue possible grace a une subvention de recherche accordee par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (2003-2006). Nous remercions cet organisme de son appui.
COPYRIGHT 2009 Columbia University
No portion of this article can be reproduced without the express written permission from the copyright holder.
Copyright 2009 Gale, Cengage Learning. All rights reserved.

Article Details
Printer friendly Cite/link Email Feedback
Author:Laporte, Dominique
Publication:The Romanic Review
Date:Nov 1, 2009
Words:5668
Previous Article:Medievalism and enlightenment, 1647-1750: Jean Chapelain to Jean-Jacques Rousseau.
Next Article:Fiction et histoire. La Sorciere de Jules Michelet.

Terms of use | Privacy policy | Copyright © 2018 Farlex, Inc. | Feedback | For webmasters