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Le congres eucharistique de Montreal en 1910: une affirmation du catholicisme montrealais.

Abstract: This article describes the impact the XXI International Eucharistic Congress held in Montreal September 6 to 11, 1910, had on the society. It was the first congress of its kind to be held in America. The article examines the origin of these congresses and the different dimensions, political and religious, of the congress of Montreal. It also gives an outlook of the series of eucharistic congresses held in Quebec and Canada continuously till 1965.

Resume: Profitant de la tenue a Montreal du congres de la SCHEC en 2010, cet article veut marquer le centenaire du congres eucharistique international de 1910, le premier du genre tenu en Amerique. Il examine l'origine de ces congres, le deroulement de celui de Montreal, la portee des travaux, le contenu des seances publiques. Le congres de 1910 a inaugure au Quebec et au Canada toute une serie de congres eucharistiques qui se sont tenus sans discontinuer jusqu'en 1965.

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S'il est un evenement qui a contribue a affirmer le caractere catholique de Montreal au XXe siecle, c'est bien le congres eucharistique international de 1910. Septembre 2010 en marque le centenaire. Avec la mort du frere Andre en 1937 et la visite du pape Jean-Paul II en 1984, ce congres nous parait etre le plus important evenement religieux au Quebec au XXe siecle. Et pourtant, la vague historiographique qui deferle puissamment depuis quelques annees sur tout ce qui touche les commemorations et la memoire (2) semble avoir laisse cet evenement dans l'ombre (3). C'est ce qui nous a incite a en presenter ici les faits saillants, tout en reflechissant sur la transmission de cette tradition religieuse de meme que l'evolution du pluralisme a Montreal, ce qui nous permettra de mesurer la distance avec le catholicisme montrealais d'il y a cent ans.

Notre point de depart a ete le gros livre des actes du congres (4). Tranche doree, nombreuses illustrations, plus de onze cent pages: il rapporte les activites du congres du 6 au 11 septembre 1910 et la plupart des rapports qui y furent presentes.

Pour un recit vivant de l'evenement, rien de tel que le chapitre de Robert Rumilly dans le tome de son Histoire de la province de Quebec consacre a l'annee 1910, intitule de maniere tres appropriee Mgr Bruchesi (5). Ce congres a fait l'objet de deux excellents articles de Claire Latraverse, dans le cadre des travaux du Groupe de recherche sur les entrees solennelles (GRES) de l'universite Concordia. Le premier, sur internet, presente le deroulement du congres, de maniere tres perspicace, en se basant notamment sur le recit qu'en a laisse l'un de ses principaux participants, Mgr Stanislas Touchet, eveque d'Orleans. Le second, publie dans le dossier thematique du Bulletin d'histoire politique prepare par ce meme GRES, analyse le discours de l'archeveque de Westminster, Mgr Boume, et la replique d'Henri Bourassa, le samedi soir 10 septembre 1910 (6). Ce discours de Bourassa, sans doute son plus celebre, connu sous le nom de << discours de Notre-Dame >>, est a peu pres le seul element que la memoire collective des historiens a retenu de ce congres. J'ai recueilli d'autres elements aux Archives de l'archeveche de Montreal, oU j'ai depouille deux gros scrap books contenant une revue de presse de l'evenement (7), de meme que la douzaine de dossiers qui y sont consacres (8). Enfin, l'histoire des congres eucharistiques est resumee, jusqu'en 1981, dans un texte de dom Oury (9).

C'est d'ailleurs par cela que nous allons commencer. Nous verrons ensuite le deroulement du congres et ses travaux, avant de nous attarder aux seances publiques. En conclusion, nous reflechirons sur l'actualite de ce congres cent ans plus tard et nous verrons les pistes de reflexion qu'il nous ouvre.

1. L'origine : qu'est-ce qu'un congres eucharistique ?

Qu'est-ce qu'un congres eucharistique ? Un coup d'oeil sur leur origine permet d'eclairer la question. Le premier congres eucharistique international a eu lieu a Lille en 1881. Plusieurs personnes en sont a l'origine. Guy Oury insiste surtout sur le role d'Emilie Tamisier (1834-1910), une fervente du Saint-Sacrement et de l'adoration nocturne. Tout un courant en faveur de la devotion au Saint-Sacrement se developpe en France au milieu du XIXe siecle, avec notamment la fondation en 1856 par Pierre-Julien Eymard (1811-1868) des peres du Saint-Sacrement, qui seront tres actifs dans l'organisation des congres eucharistiques. Le mouvement de spiritualite alors en vogue est celui de l'adoration reparatrice, qui va de pair dans les annees 1870 avec les grands pelerinages (Lourdes, Paray-le-Monial). L'idee meme des congres eucharistiques viendra de Mgr Mermillod, eveque de Geneve : on veut proclamer par la la mission sociale de l'eucharistie. L'eucharistie n'est pas qu'une devotion personnelle; les ceremonies publiques montrent son cote social, et le congres est un moyen de temoigner de cette mission.

Les congres eucharistiques comprennent donc deux volets : d'une part, des prieres, des communions, des adorations, et surtout la grande procession finale, un acte public, eclatant, de reparation et d'amour, et d'autre part, des seances d'etude, oU l'on cherche les meilleurs moyens pour propager la devotion. Ils se tiendront dans differents pays : France, Belgique, Suisse, Allemagne; en 1893, il y en aura un a Jerusalem, avec le cardinal Langenieux, de Reims, comme legat papal. Le legat est le representant personnel du pape. A partir de 1898, le congres eucharistique international a lieu chaque annee (10). Progressivement, ces congres se tiendront sur tous les points du globe. Depuis 1952, ils ont lieu tous les quatre ans : on a vu celui de Quebec en 2008 et le suivant est prevu a Dublin en 2012.

2. Le deroulement du congres de Montreal : une semaine sans pareille

Dans le tome 15 de son Histoire de la province de Quebec, consacre a l'annee 1910, Robert Rumilly presente les principaux elements du contexte qui permettent de voir d'un coup d'oeil les questions qui preoccupaient alors l'opinion. Mentionnons rapidement: le culte de Dollard, inaugure lors du 250e anniversaire de la bataille, avec une manifestation le 29 mai oU Mgr Bruchesi lance l'idee d' un monument; 1' affaire Lemieux, en fevrier, qui voit des jeunes de I'ACJC percer le plafond de la salle oU se tiennent les seances de la loge L'Emancipation et le 8 avril, quatre etudiants du college Sainte-Matie derober au secretaire de la loge tous ses documents, dont la liste des membres, que Lemieux publiera en mai (11); la rivalite Laurier-Bourassa et la montee d'Henri Bourassa a la faveur de la campagne nationaliste de l'ete 1910; les debats autour de la nomination de l'archeveque d'Ottawa, deux Gauthier etant lice: Charles, archeveque irlandais de Kingston, et Georges, cure de la cathedrale a Montreal; la greve du Grand-Tronc, en juillet : il importe qu'elle se termine avant le congres eucharistique; enfin, un souvenir, celui du concile plenier de Quebec de 1909: l'evenement de Montreal doit surpasser celui de Quebec ...

a) Les preparatifs

A l'origine de la tenue du congres de Montreal, il y a la participation de l'archeveque de Montreal, Mgr Paul Bruchesi, a celui de Londres en 1908. L'archeveque de Westminster, Mgr Francis Bourne, suggera qu'un congres eucharistique soit tenu a Montreal, pour une premiere en Amerique (12).

On imagine la febrilite des preparatifs. Entre autres, le procureur fut charge de rassembler la somme de 100 000 $ et le chancelier s'occupa des invitations (et du logement de tous ces prelats...). Parmi les invites de marque, signalons Mgr Ireland, de Saint-Paul au Minnesota, le cardinal Logue, primat d'Irlande, et deux eveques francais--la recolte pouvait paraitre maigre ...--, Joseph Rumeau, d'Angers, et Stanislas Toucher, d'Orleans, celui-ci celebre pour sa promotion de Jeanne d'Arc, qu'il avait reussi a faire beatifier en 1909. Vinrent egalement d'autres invites francais, fort populaires, comme l'abbe Thellier de Poncheville et le jeune Pierre Gerlier, futur cardinal de Lyon, alors president de l'A.C.J.F., l'Association catholique de la jeunesse francaise.

Le secretariat general du congres fut confie aux peres du SaintSacrement, presents a Montreal depuis 1890, et cinq comites furent mis sur pied : le comite de reception, le comite des travaux, le comite executif, le comite de la procession et le comite des finances (13). Tous s'accorderent pour dire que le congres fut tres bien organise.

b) Le legat

Le personnage central du congres fut le legat pontifical, le cardinal Vincenzo Vannutelli, qui avait deja ete legat aux quatre congres precedents, depuis 1906. Comme c'est le representant du pape, on lui rend pratiquement les memes honneurs qu'a celui-ci. En particulier, on a delegue le chanoine Georges Gauthier, cure de la cathedrale, pour faire la traversee sur l'Empress of Ireland avec lui. De son cote, Bruchesi se rend a la Pointe-au-Pere pour l'accueillir et l'accompagner tout au long de la remontee du fleuve Saint-Laurent, avec des arrets a Quebec, Trois-Rivieres et Sorel, avant l'arrivee a Montreal le samedi 3 septembre, a la pluie battante, a temps cependant pour participer aux ceremonies du dimanche, qui reunissaient a l'eglise Notre-Dame, puis a Saint-Patrick, 15 000 ouvriers a l'occasion de la fete du travail.

c) Le programme

Le congres se deroula du mardi soir 6 septembre au dimanche 11. Le mercredi fut reserve aux receptions des gouvernements de Quebec et d'Ottawa a l'hotel Windsor. Les seances du congres se deroulaient le matin et l'apres-midi des jeudi et vendredi, seances generales et seances sacerdotales, francaises et anglaises. Il y eut en outre des seances pour les dames, en apres-midi, une seance pour les jeunes gens et une autre pour les hommes, simultanees, le samedi apres-midi.

Le programme comprend aussi des activites speciales : une messe de minuit le mercredi soir, la reception civique du legat a l'hotel de ville le jeudi soir, une grande messe en plein air le samedi matin au parc de la Montagne, deux seances generales les vendredi et samedi soir a l'eglise Notre-Dame, destinees au grand public, sans oublier le clou du congres, la procession du Saint-Sacrement, le dimanche 11 septembre.

Les journaux rendent compte en detail de ces seances et indiquent les foules qui s'y rendent : autour de 15 000 personnes a Notre-Dame (la capacite de l'eglise aujourd'hui est estimee a 3 000 places), 10 000 personnes a la reception du legat a l'hotel de ville, 30 000 enfants qui defilent devant le legat a la cathedrale le vendredi apres-midi, 200 000 personnes a la messe en plein air le samedi matin, 500 000 fideles au reposoir au terme de la procession du dimanche apres-midi. Le maire Guerin a proclame le samedi fete civique. Pour la procession du dimanche, 115 trains ont amene 400 000 personnes--ce qui donnerait une moyenne de 3 000 passagers par train !--sans compter les 100 000 etrangers deja dans la ville.

La procession va de l'eglise Notre-Dame a l'hotel de ville et remonte ensuite par les rues Saint-Hubert, Cherrier, Rachel, a travers treize arcs de triomphe, jusqu'au Mont-Royal. Elle se forme a midi et demi, le legat quitte Notre-Dame a 16h30 et parvient au reposoir a 19h, alors que le soleil va se coucher: la procession a dure sept heures. Ce sont les hommes seulement qui marchent dans les rues; plusieurs choeurs de dames et de demoiselles ont pris place sur les estrades. Il y la 1 200 enfants de choeur en soutanes rouges, les seminaristes en surplis, 2 000 pretres, dont 1 000 en habits sacerdotaux (14). L'ostensoir a ete offert par les dames catholiques de langue anglaise, a l'initiative de la mairesse, madame Guerin (15).

Finalement, on signale qu'aucune arrestation n'a ete effectuee pendant le congres, congres filme par Ernest Ouimet, qui a presente le film a l'archeveque.

d) Le volet anglophone

L'historiographie canadienne-francaise a prete peu d'attention au volet anglais du congres. Si les journaux francais de Montreal, La Presse, La Patrie, Le Canada, Le Devoir, ont presente une couverture complete de l'evenement, les quotidiens anglais, The Montreal Daily Star, The Montreal Daily Herald, The Gazette, The Montreal Daily Witness, de meme que l'hebdomadaire des catholiques anglais, The Montreal Tribune, n'ont pas ete en reste. En general, les protestants resterent calmes durant ces grandes manifestations, mais il y eut tout de meme des remous, sur la question des relations Eglise-Etat. Des lettres ouvertes sont envoyees au Montreal Daily Witness, protestant contre l'utilisation de fonds publics pour des fins confessionnelles. Ces depenses publiques constituent << an outrage against our free Canadian citizenship >>.

Mais ce qui fit le plus de bruit, ce sont les declarations d'un jesuite celebre de Londres, le pere Bernard Vaughan. Dans un sermon a l'eglise St. Patrick, le mardi 6 septembre, il declare que << le protestantisme est une religion sans ame>> et ajoute: << Catholics are growing in numbers, while Protestants are diminishing and must soon die anyway. >> (The Montreal Tribune). Le samedi 10 septembre, le Montreal Daily Herald, qui semble l'autorite en la matiere du cote protestant, publie un editorial pour appeler au calme, devant ces attaques considerees comme une provocation : << Now is the time for tolerance. >> Ce qui n'empeche pas plusieurs ministres protestants de repliquer en chaire le dimanche suivant, jour meme de la procession (16).

e) Les querelles

Ce n'est pas la seule querelle a laquelle le congres donna lieu. Il y avait a Montreal des anticlericaux qui n'allaient pas rester inactifs pendant de telles celebrations. Le Devoir du 8 septembre signale que << la petite clique anticlericale et antichretienne de cette ville >> a fait distribuer pendant la nuit << des circulaires oU l'on insulte au Sacrement de l'Eucharistie >> et conseille de les jeter au feu sans les lire. Le Soleil du lendemain evoque les memes faits.

La place des militaires lors du congres a aussi suscite controverse et malentendus (17). Le 65e Regiment etait absent lors de l'arrivee du legat au port de Montreal. Etait-ce une directive du ministre de la milice, F.W. Borden? Le responsable politique pour la region de Montreal, Louis-Philippe Brodeur, ministre de la marine, met les choses au point: <<J'ai vu le ministre de la milice et les militaires pourront sortir en corps dimanche et prendre part a la procession (18). >>

Autre querelle: quel habit doit-on porter lors de la reception civique a l'hotel de ville, le jeudi soir, devant le legat? L'echevin L.A. Laporte s'oppose a cet egard au maire Guerin, qui tient au protocole. Le Montreal Daily Star du vendredi 9 rapporte que plus de 12 000 personnes ont defile devant le legat. Le desir de voir le cardinal etait si grand que plusieurs personnes n'ont pas revetu l'habit de circonstance. Mais le legat s'est interesse surtout aux plus humbles : << Dress Regulations Shoved Aside at Civic Reception >>, titre le journal.

Enfin, la scene aurait ete incomplete sans une chicane de drapeaux. Une rumeur voulait que Mgr Touchet ait proteste contre la presence du drapeau tricolore, embleme de la revolution. A l'hotel de ville, on critique plutot le fait que le tricolore ait ete remplace par le drapeau irlandais (le maire James J. Guerin etait irlandais). La question est debattue <<avec chaleur>> lors de la reunion du conseil du 12 septembre (19).

Sous des dehors d'harmonie et d'unanimite, on voit donc que le congres eucharistique a suscite quelques debats et querelles.

3. Les travaux : la devotion eucharistique

Le but d'un congres eucharistique est de promouvoir la devotion en question. A cet egard, les deux decrets de Pie X sur la communion frequente en 1905 et sur la communion des enfants en 1910, alors que l'age de la premiere communion est ramene a l'age de discretion, soit environ 7 ans, sont deux faits majeurs, qui vont marquer tout le XXe siecle. L'archeveque Bruchesi est particulierement fier que le decret de 1910, rendu le 8 aout, ait ete mentionne officiellement pour la premiere fois au congres de Montreal (20).

a) Une enquete << eucharistique >>

Un des dossiers les plus interessants decouvert aux archives de l'archeveche est une << Enquete sur la piete et le cuite eucharistiques dans le diocese de Montreal >> (21). Un questionnaire de six grandes pages imprimees a ete envoye le 6 avril 1910 aux paroisses de la ville et on demandait aux cures d'y repondre avant le 15 mai. On essayait surtout d'y voir quels avaient ete les effets du decret de Pie X du 20 decembre 1905 sur la communion frequente. On dispose des reponses de 134 paroisses. L'analyse de ce dossier completerait de maniere interessante les recherches de Louis Rousseau et Frank W. Remiggi sur la pratique religieuse dans la grande region de Montreal (22).

Je n'ai pas depouille l'ensemble du dossier, mais j'ai jete ici et la des coups de sonde, pour donner une idee de son contenu. La premiere partie concerne les obstacles a la communion frequente. On recueille des renseignements sur le nombre de communions, leur frequence, le nombre d'hosties consommees en un an. Voici une reponse typique sur la question des obstacles rencontres, celle du cure de Saint-Henri: <<L'apathie chez quelques-uns, la crainte d'etre indignes chez quelques autres. >>

La question 10 interessera particulierement les historiens du nombre : <<Combien de paroissiens ne font pas leurs paques ?>> Les reponses, on s'en doute, sont bien variables, selon les temperaments des cures. Voici celle du cure de la cathedrale, Georges Gauthier : << Impossible de preciser. Je n'en ai pas la moindre idee. >> N.-A. Troie, cure (canadien) de NotreDame de 1895 a 1913, repond: <<???? Deus scit.>> (Dieu le sait). D'autres reponses sont plus utiles. Le cure de la paroisse italienne, Notre-Dame du Mont-Carmel, avoue: <<un tiers>>. A Saint-Henri: << 150 a 200>>; a Saint-Pierre: <<50 environ>>. Au Saint-Enfant-Jesus : <<difficile a constater, connaissons une vingtaine. >> Une trentaine a Saint-Jerome, une dizaine a Saint-Antoine de Longueuil. Ailleurs, le chiffre Se limite a quelques unites : << 4 ou 5 >> a Saint-Viateur, << 2 >> a Notre-Dame des Neiges. La deuxieme partie porte sur les points suivants : confrerie, messe, exposition, triduum, visite. Une question demande le nombre de personnes qui assistent a la messe les jours de semaine.

D'autres dossiers contiennent la correspondance relative au congres. A cote de tous les officiels, nous avons retenu le temoignage contenu dans un petit livret: <<Hommage de piete filiale respectueusement offert a Sa Grandeur Monseigneur l'Archeveque pour le Congres eucharistique de Montreal par les ouvrieres de la Invictus Shoe Factory, 23 avril 1910>>. Il s'agit d'un livret de quatre pages, avec 92 noms bien alignes et le montant que chacune a donne : 83 femmes ont donne 1 $ (23). Ce don a beaucoup emu Sa Grandeur, qui se dit bien touche de cette souscription, << la plus precieuse >> qu'il ait recue : << C'est sur vos besoins et peut-etre meme sur votre misere que vous avez preleve ces contributions >>, qui vous seront rendues au centuple, leur repond-il le 29 avril (24).

b) Les seances d'etude

La plus grande partie du gros livre de compte rendu du congres contient le texte des differents rapports present6s lors des seances d'etude. Nous avons denombre la un total de 114 rapports (25). Ceux des seances generales portent sur la devotion eucharistique dans tel ou tel diocese (Quebec, Chicoutimi, Manitoba), dans les maisons d'enseignement, sur les oeuvres eucharistiques (confreries, adoration nocturne), sur des aspects particuliers (presse eucharistique, musique, chant, architecture). Dans les seances de groupes, on s'occupe de la devotion par rapport a chacun de ces groupes : pretres, dames, jeunes gens, hommes.

Il y aurait certes interet a analyser ces rapports. Nous avons jete un coup d'oeil pour notre part sur une seance dite << pedagogique >>, oU l'on traita, par exemple, de << La communion dans les colleges classiques de la Province de Quebec >>, a partir d'un questionnaire envoye aux seminaires et colleges de langue francaise de la province, ou encore de << La confession, la communion et la liberte de conscience dans les pensionnats de freres >>.

Il y a ici veritablement une somme sur la devotion eucharistique au Quebec en 1910. Tous les noms qui comptent ont presente un rapport ou un discours : de l'abbe Amedee Gosselin, recteur de l'universite Laval, a l'abbe Elie-J. Auclair, secretaire de redaction a la Revue canadienne, en passant par les abbes Joseph-Arthur Papineau, Lionel Groulx, H. Baril, ou les religieux Charles Lecoq, Leonidas Hudon, Raymond Rouleau ou Ange-Matie Hira1 (26). Les seances publiques eurent naturellement une portee beaucoup plus grande.

4. Les seanees publiques

Le compte rendu du congres de Montreal s'ouvre par un premier chapitre intitule << Demonstrations religieuses et civiles >>. Il y a la le texte de dix discours et de cinq sermons prononces aux moments les plus solennels du congres, suivi d'une description de la procession finale (27). Vient ensuite un deuxieme chapitre sur << Les seances generales du soir>>, reproduisant les discours des deux seances du vendredi et du samedi soir, qui constituent, avec la messe en plein air et la procession finale, le sommet du congres. Deux points appellent une attention particuliere : les temoignages de l'union de l'Eglise et de l'Etat, par la participation des premiers ministres du Canada et du Quebec, et le discours d'Henri Bourassa en reponse a celui de Mgr Bourne, archeveque de Westminster.

a) L'union de l'Eglise et de l'Etat

Depuis plusieurs annees, Mgr Bruchesi s'etait fait le heraut de relations plus cordiales entre l'episcopat et les gouvernements liberaux qui avaient pris le pouvoir a Ottawa (1896) et a Quebec (1897), tres proches l'un de l'autre par ailleurs. Les deux premiers ministres, Wilfrid Laurier et Lomer Gouin, n'etaient pas connus pour etre des catholiques tres fervents. Certes, Laurier avait retrouve la foi de son enfance; quant a Gouin, Rumilly affirme qu' << a cette epoque, le premier ministre de la province de Quebec avait entierement perdu la foi (28) >>. C'est Gouin qui eut a parler le premier, le 7 septembre a l'hotel Windsor. Dans ce discours, oU il se dit croyant, il professe le plus grand attachement a la papaute et aux croyances catholiques, tout en proclamant l'autonomie de l'Etat dans les affaires temporelles (29). Le vendredi soir 9 septembre, c'est devant la foule reunie a l'eglise Notre-Dame que les deux premiers ministres allaient prendre la parole, avec cinq autres sommites religieuses, Heylen, Logue, Bailly, Ireland et Touchet.

Il n'avait pas ete facile de convaincre Laurier de participer au congres. Il revenait d'une tournee dans l'Ouest, son etoile palissait, mais justement, il s'imposait de ne pas laisser tout l'espace a Henri Bourassa, dont la campagne nationaliste battait son plein. Il accepta donc de prononcer un discours et de suivre la procession, ce qui, faut-il le dire, enchanta particulierement Mgr Bruchesi, pour qui c'etait la un grand succes personnel (30). Laurier representa le Canada comme un pays de grande liberte, << civile, politique et religieuse>>. <<Nous, d'origine francaise, nous avons conserve, simplement mais precieusement, la foi de nos ancetres>>, affirme-t-il plus loin, en soulignant par la suite l'importance du spirituel, allant meme jusqu'a citer... Louis Veuillot, sans oublier Bossuet : <<L'homme s'agite, Dieu le mene (31). >>

Apres un discours de Mgr Ireland, c'est au tour de Lomer Gouin de prendre la parole. D'entree de jeu, il reconnait que cette invitation a parler constitue << un precieux temoignage de la cordiale entente qui, dans notre province, existe entre l'Eglise Catholique et l'Etat>>. Dans cette Eglise, poursuit-il, <<l'accord est complet et l'union parfaite; quand l'Eglise enseigne, nous croyons, quand elle commande, nous obeissons, lorsqu'elle est attaquee, nous la defendons. >> Il ne s'arrete pas en si bonne voie : << L'Etat reconnait sans arriere-pensee les droits de l'Eglise et il la laisse se mouvoir librement dans sa sphere.>> Et de conclure: <<Puissent l'Eglise et l'Etat vivre toujours, chez nous, dans l'harmonie la plus parfaite et dans le respect sympathique l'un de l'autre (32) ! >>

Ces discours des deux premiers ministres et leur participation au premier rang de la procession du dimanche, a la suite du Saint-Sacrement, etaient sans doute ce qui importait le plus a Mgr Bruchesi. Ce n'est cependant pas ce qui retint le plus l'attention : la memoire commune a plutot enregistre le grand discours d'Henri Bourassa, le lendemain soir.

b) La langue, gardienne de la foi

La scene est bien connue, et nous ne nous y attarderons pas beaucoup, etant donne l'excellent article de Claire Latraverse qui a examine a fond les deux discours de Bourne et de Bourassa dans son article du Bulletin d'histoire politique (33). Rappelons l'essentiel des declarations. Bourne, qui, avant le congres, a visite tout le Canada, et l'Ouest en particulier, explique que si l'Eglise catholique veut gagner les immigrants, << cela ne s' accomplira qu'en faisant connaitre a une grande partie du peuple canadien, dans les generations qui vont suivre, les mysteres de notre foi par l'intermediaire de notre langue anglaise (34). >> La reponse de Bourassa est bien connue : << La meilleure sauvegarde de la conservation de la foi chez trois millions de catholiques d'Amerique, qui furent les premiers apotres de la chretiente en Amerique, la meilleure garantie de cette foi, c'est la conservation de l'idiome dans lequel, pendant trois cents ans, ils ont adore le Christ (35). >>

Claire Latraverse a releve la reaction de Groulx observant la foule: <<Des milliers de visages tendus vers un meme point, avec du feu dans le regard, des gestes identiques, des poings qui s'allongent ensemble, pour une adhesion, une protestation peremptoires (36). >> Le redacteur en chef du Devoir, Omer Heroux, ne dit pas autre chose dans son editorial du lundi, intitule << Apres le Congres >> : << C'etait bien plus qu'un orateur, plus ou moins sympathique qu'on acclamait, c'etait la voix meme de la race passant sur les levres d'un de ses fils, auquel quinze mille hommes faisaient echo, disant par leurs bravos et leurs applaudissements: Ce que vous pensez, nous le pensons, ce que vous sentez, nous le sentons (37)! >>

Dans le climat de vive opposition chez les catholiques canadiens entre Canadiens francais et Irlandais, ce discours de Notre-Dame fait figure de sommet nationaliste pour les Canadiens francais, encore aujourd'hui. On est alors porte a accentuer l'opposition entre les deux orateurs. Pourtant, dans le but d'amoindrir les facheux effets de son discours, Bourne souhaita rencontrer Bourassa, entrevue qui eut lieu le 13 septembre (38).

De leur cote, les journaux liberaux s'etaient empresses de limiter la portee du discours de Bourne. Ainsi, rendant compte du congres le 16 septembre, l'hebdomadaire liberal de Saint-Jerome, L'Avenir du Nord, presente ainsi les choses. Bourassa a servi une vigoureuse replique
      au discours de Mgr Bourne, dans lequel on a cru comprendre que
   l'archeveque de Westminster souhaitait que la langue anglaise
   devint la langue de la religion catholique au Canada.

      Depuis Mgr Bourne s'est explique a un journaliste de Montreal.
   Il a declare que ses paroles ont ete mal interpretees.

      Sa Grandeur affirme qu'elle n'a jamais songe a recommander que
   l'anglais soit de preference employe dans l'Eglise catholique au
   Canada. Elle a tout simplement dit que si on voulait amener dans le
   giron de l'Eglise les nombreux groupes qui viennent chaque annee
   grossir la population de l'Ouest, ce travail devrait etre fait par
   des pretres de langue anglaise (39).


Comme l'analyse Latraverse, cet evenement inattendu est venu bouleverser le rituel du congres eucharistique, oU tout etait bien prevu et organise d'avance. Le geste de Bourassa, derogeant du programme, pouvait etre vu << comme une action subversive >>. Et pourtant, ici, << le politique doit ceder le pas au religieux, la foi etant l'objet premier de ce rassemblement (40) >>. Des le lundi, l'editorial de La Patrie, un quotidien plus populaire, tirait << la lecon du congres >> et concluait: << Qu'on le veuille ou non, le francais sera a l'avenir, en ce pays, comme il l'a ete jusqu'ici, la sauvegarde par excellence du catholicisme. Nous sommes restes catholiques parce que nous sommes restes francais (41). >>

Ce discours de Notre-Dame d'Henri Bourassa a souvent ete presente comme le discours de << la langue, gardienne de la foi >>. Ce n'est cependant pas une nouveaute. Au Congres eucharistique meme, l'arc des Franco-Americains portait cette inscription (42). Et au milieu du congres, le vendredi 9 septembre, donc bien avant le discours d'Henri Bourassa, Orner Heroux avait publie un editorial dans Le Devoir intitule : << La fete de la race >>, dans lequel il affirmait sans detour : << [...] la langue francaise reste pour les notres le grand vehicule de la pensee catholique (43) >>. L'expression etait donc dans l'air, mais le discours de Notre-Dame lui a donne une portee sans precedent (44).

5. Les suites : une multitude de congres eucharistiques

a) Les suites immediates

Une manifestation aussi importante allait evidemment avoir des suites. Des le mardi 13 septembre, Le Soleil fait echo a des rumeurs voulant que trois archeveques, Bourue, Bruchesi et un Americain, soient nommes cardinaux. Rumilly en fait egalement mention, commentant : << Mgr Bruchesi souhaitait le chapeau, mais avec quelque hesitation, car il etait trop delicat pour supplanter Mgr Begin, son aine, son ami--et l'un des artisans de son elevation a l'episcopat (45). >> Finalement, Mgr Bourne sera nomme cardinal en 1911 et, pour le Canada, c'est Mgr Begin qui deviendra cardinal en 1914 (46).

Une des questions les plus en vue du point de vue politico-religieux etait celle de la nomination a l'archeveche d'Ottawa. On apprit, apres le congres, l'election de Mgr Charles-Hugues Gauthier, cet Irlandais au nom francais : les Canadiens francais furent bien decus (47).

Une occasion se presenta pourtant a Mgr Bruchesi de montrer sa fidelite au pape par une autre grande manifestation publique. Ernesto Nathan etait devenu maire de Rome en 1907 a la tete d'un Bloc laique democratique. Pour ajouter a son << palmares >>, aux yeux des catholiques, il etait d'origine juive (48) et avait ete grand-maitre du Grand-Orient d'Italie (1896-1904). Le 20 septembre 1910 marquait le 40e anniversaire de la prise de Rome par les Italiens, mettant ainsi un terme au pouvoir temporel du pape. Nathan souligna cet anniversaire par un discours s'en prenant au pape et a l'Eglise catholique. Bruchesi ne fut pas long a reagir et organisa une manifestation publique pour le dimanche 16 octobre. Elle devait avoir lieu au Monument national, mais la foule etait si nombreuse--20 000 personnes, estima La Presse--qu'elle se transporta au Champ de Mars. L'archeveque de Montreal y lut les declarations de Nathan et fit voter par l'assemblee des resolutions de fidelite et d'attachement au pape. La Semaine religieuse de Montreal en fit grand cas et publia les discours de Bruchesi, de Decarie, le secretaire provincial, du maire Guerin, du Dr Lachapelle, zouave, et enfin, comment pouvait-on y echapper, d'Henri Bourassa. L'assemblee vota des resolutions que Bruchesi envoya au secretaire d'etat, le cardinal Merry del Val, qui remercia par telegramme. La foule cria : << Vive le Pape !--A bas le juif Nathan ! (49)>> Cette manifestation de masse, a la defense du pape, etait une reprise, en petit format, des grandes manifestations du congres eucharistique.

b) Les congres eucharistiques regionaux

Lors de la derniere seance sacerdotale du congres eucharistique, le chanoine Lamerand, de Cambrai, avait presente un important rapport sur les congres eucharistiques regionaux, suivi du voeu suivant : << Que des Congres Eucharistiques diocesains ou regionaux soient organises de temps a autre, selon la volonte des eveques >> (50). Le moins qu'on puisse dire est que ce voeu a ete respecte. Un pere du Saint-Sacrement, Maurice Brouard, a publie, par dioceses, la liste de 155 congres eucharistiques tenus au Canada entre 1910 et 1965, dont plus des trois quarts au Quebec (51). Ils sont. naturellement d'ampleur differente: plusieurs sont paroissiaux (notamment a Montreal), d'autres sont regionaux ou diocesains (dans la plupart des dioceses, et notamment Quebec) ; il y en eut meme un provincial a Quebec en 1923 et un national, toujours a Quebec, en 1938. Habituellement, ces congres duraient cinq jours et donnaient lieu a de grandes manifestations. Plusieurs temoins en ont garde le souvenir.

Certains ont donne lieu a d'importantes publications, tel celui de Quebec (812 pages) ou celui de Trois-Rivieres, en 1941, qui a produit un memorial de 494 pages (52). D'autres meritent d'etre soulignes, comme le Congres national des pretres-adorateurs du Canada, qui s'est tenu a Montreal en 1915. On peut donc dire que la tradition des congres eucharistiques s'est veritablement enracinee au Quebec pendant le demi-siecle qui a suivi le congres international de 1910. Il y a assurement matiere a analyse de cette devotion.

c) Le congres eucharistique national de Quebec en 1938

Si je fais une mention speciale du congres eucharistique national de Quebec, en 1938, c'est qu'il fut l'heure de gloire du cardinal Rodrigue Villeneuve, qui avait ete designe legat papal. La rencontre fut precedee d'une serie de congres eucharistiques regionaux, dans les differentes provinces canadiennes : on fait notamment etat de ceux du Manitoba et de la Colombie << canadienne >> : le legat se promenait partout (53). Il excite tellement son entourage que l'annaliste du congres intitule son arrivee par le titre: << Le Pape est chez nous. >> Rassurons-nous : il s'agit du cardinal Villeneuve.

C'est a l'occasion de ce congres, au milieu de fastes indescriptibles, que le premier ministre Maurice Duplessis prononce une allocution dans laquelle il annonce qu'il va remettre au cardinal une bague qu'il lui passe au doigt. Ce dernier interprete aussitot l'anneau comme marquant << l'union de l'autorite religieuse et de l'autorite civile (54) >>.

On peut se demander pourquoi le congres eucharistique international de Montreal, en 1910, ne suscite plus guere d'interet aujourd'hui, ni a Montreal, ni chez les historiens du religieux (55). Comment expliquer ce peu d'interet ? La premiere cause me parait evidente : les responsables de l'Eglise catholique ne veulent pas commemorer les fastes passes de l'Eglise, plutot objet de critiques. On veut bien montrer la presence catholique aujourd'hui et affirmer sa foi en public, par exemple en organisant des processions du Saint-Sacrement dans les rues de la ville, mais on ne veut pas ramener le projecteur sur des manifestations de masse qui temoignaient d'une unanimite dans la croyance.

Chez les historiens, l'interet pour l'etude de la memoire et de la commemoration est omnipresent, mais se transpose moins dans le domaine religieux, en tout cas chez les francophones. Par contre, ce qui tient le haut du pave dans l'actualite, du point de vue religieux, ce sont les debats incessants sur la laicite. Le Quebec est un Etat laique, proclame-t-on--bien a tort d'ailleurs- -et on ne veut surtout pas rappeler cette histoire qui a si fortement marque l'union de l'Eglise et de l'Etat, proclamee au plus haut niveau : le Quebec etait un modele pratiquement inegale. On rejette cet heritage et ceux qui recherchent maintenant la separation de l'Eglise et de l'Etat, qu'ils proclament comme un ideal, prennent le contre-pied exact de leurs predecesseurs d'il y a cent ans. Il faut pourtant trouver le moyen d'assumer l'heritage.

Mais il n'y a pas en histoire que les elites et les gouvernements. Les historiens du religieux, en particulier, doivent s'attacher a analyser les devotions principales, les grands courants spirituels qui ont innerve le Quebec au fil des siecles. La devotion eucharistique a certainement connu un sommet au XXe siecle, qui n'a guere ete etudie. Quelle est la signification de l'eucharistie et de la presence reelle? Qu'en est-il de la pratique des saluts du Saint-Sacrement, des processions de la Fete-Dieu, des celebrations qu'on appelle precisement celebrations eucharistiques (56) ? La celebration du 50e anniversaire de l'Institut de pastorale amene a poser de telles questions.

Le congres de la SCHEC de 2010 a retenu comme theme la transmission du religieux et le pluralisme a Montreal. Le regard que nous venons de jeter sur le Montreal d'il y a cent ans, celui du congres eucharistique de 1910, nous permet de mesurer la distance qui nous separe de cette epoque. Il nous amene aussi a reflechir sur la transmission du religieux et sur le role de l'histoire dans la construction de la memoire. L'histoire et les historiens conservent la memoire, certes. Mais ils veulent aussi aller de l'avant, tout en etant conscients du passe collectif et en assumant son heritage.

(1.) Guy Laperriere est professeur au departement d'histoire de l'universite de Sherbrooke. Specialise en histoire religieuse du Quebec et de la France aux XIXe et XXe siecles, il s'interesse particulierement au role qu'a joue le catholicisme dans la societe quebecoise.

(2.) Le livre fondateur en ce domaine est celui de H.V. Nelles, L'histoire spectacle: le cas du tricentenaire de Quebec, Boreal, 2003, traduction de The Art of Nation- Building: Pageantry and Spectacle at Quebec's Tercentenray (University of Toronto Press, 1999). Du cote religieux et a la meme epoque, l'essai le plus representatif est celui de Ronald Rudin, L'histoire dans les rues de Quebec: la celebration de Champlain et de Mgr de Laval, 1878-1908, Les Presses de l'Universite Laval, 2005, traduction de Founding Fathers : The Celebration of Champlain and Laval in the Streets of Quebec, 1878-1908, University of Toronto Press, 2003.

(3.) En preparation du congres eucharistique de Quebec en 2008, Brigitte Caulier a publie un bref historique de ces congres au Quebec: <<Reconquerir le monde moderne par l'eucharistie: les congres eucharistiques au Quebec, 1910-1965>>, Liturgie, foi et culture, vol. 40, no 186, ete 2006, p. 13-20. Nous remercions l'auteure de nous avoir signale cet article.

(4.) XXIe Congres eucharistique international, Montreal, Montreal, Beauchemin, 1911, 1102 p.

(5.) Robert Rumilly, Histoire de la province de Quebec, tome XV, Mgr Bruchesi, Montreal, Bernard Valiquette, 1945, 211 p.; chap. V <<Le Congres eucharistique>>, p. 91-130.

(6.) Claire Latraverse, <<Congres eucharistique international de Montreal en 1910: foi et solennite >>, Cahier du Groupe de recherches sur les entrees solennelles, Montreal, Universite Concordia, 2003, p. 79-97; << Rituel religieux et mesure politique au Congres eucharistique de Montreal en 1910 >>, Bulletin d'histoire politique, vol. 14, no 1, automne 2005, p. 119-131. Le Cahier du GRES de 2003 contient egalement un article de Marie-France Wagner et Louise Frappier sur la visite du pape en 1984 : << Le spectacle du religieux ou la visite du pape a Montreal en septembre 1984 >>, p. 113-130. Ce Cahier est accessible a l'adresse http://GRES.concordia.ca.

(7.) Archives de l'Archeveche de Montreal (AAM), RCD 50 et RCD 51. Le RCD 51, d'une luxueuse reliure rouge, a ete prepare par les Soeurs de la Congregation de Notre-Dame de l'Ecole normale Jacques-Cartier. Il faut lui preferer le RCD 50, de couverture noire, moins attrayant mais beaucoup plus complet, prepare, nous avons tout lieu de le croire, par l'archeveche lui-meme.

(8.) XXIe Congres eucharistique international, Montreal (6-11 septembre 1911), AAM, dossiers 995.052 a 995.063. Nous remercions l'archiviste Alain Wahlin qui a beaucoup facilite nos recherches.

(9.) Dom Guy Oury, <<Histoire des congres>>, dans Dom Guy-Marie Oury et Dom Bernard Andry, Les congres eucharistiques, Lille 1881-Lourdes 1981, Solesmes, 1980, p. 7-110. Cet ouvrage contient une tres pratique <<Liste des Congres eucharistiques>>, p. 237-249.

(10.) Celui de 1906 a lieu a Tournai, en Belgique; celui de 1907 a Metz, en zone occupee par les Allemands, en 1908 a Londres, en 1909 a Cologne. Apres le congres de 1910 a Montreal, celui de 1911 aura lieu a Madrid, 1912 a Vienne, 1913 a Malte et 1914 a Lourdes.

(11.) L'affaire est traitee dans Roger Le Moine, Deux loges montrealaises du Grand Orient de France, Ottawa, Les Presses de l'Universite d'Ottawa, 1991, p. 50-57. Il y est question d'un complot qu'aurait ourdi la loge pour faire prendre des pretres dans des maisons mal famees pendant le congres eucharistique. D'apres un de ses membres, on aurait dit <<que si on faisait une descente dans les maisons louches pendant le congres eucharistique, on y pourrait prendre des tas de cures. >> Cite dans ibid., p. 50. Plusieurs des membres de la loge dont les noms ont ete publies perdront leur emploi. A la suite de cette publication, la loge L'Emancipation se mettra en sommeil.

(12.) La lecture des actes du congres de Londres permet de constater que la decision de tenir le congres de 1910 a Montreal etait deja prise avant le congres de Londres, car Bruchesi en parle publiquement dans son allocution du 10 septembre (p. 70, 159). Il s'adressa ce soir-la a la grande assemblee du Albert Hall et son allocution (en francais) est reproduite dans les actes" Report of the Nineteenth Eucharistie Congress, held at Westminster from 9th to 13th September 1908, London, Sands, 1909, p. 183-186.

(13.) Le comite de reception est celui dont il reste de loin le plus de traces aux archives de l'archeveche, dossier 995.060.

(14.) On a bien averti les pretres etrangers de prendre part a la procession : <<I1 serait en effet tres regrettable que des rangs de la procession on apercut des pretres aux fenetres ou sur les estrades. >> Le Devoir, 9 septembre 1910. Fait divers a signaler: pendant la procession, le maitre de chapelle de l'eglise Saint-Jacques, Denis Poliquin, un employe civil de 54 ans, est mort subitement alors qu'il venait de faire entonner le <<Pitie, mon Dieu >>.

(15.) Il a coute 1 200 $ et a ete expose dans la vitrine du magasin O'Gilvy jusqu'au vendredi a 17h.

(16.) Le Herald nomme plusieurs eglises ou cela s'est fait et titre : << Protestant Clergy Reply to Attack>> et <<Answer to Father Vaughan Is Made in Many Pulpits at Sunday Service>> (12 septembre 1910).

(17.) Voici en quels termes, quinze ans plus tard, l'album du congres eucharistique de Chicago rapporte l'incident : << An objection was voiced to the government against the marching of the military Guard of Honor to the Sacred Host and, after no little conferring, it was agreed that the Guard should march, not as a Guard of Honor to the Host, but rather to the Papal Legate!>>, XXVIII International Eucharistic Congress, June 20-24 1926, Chicago Ill., p. 29. Le congres de Chicago fut le premier tenu aux Etats-Unis.

(18.) Le Devoir, 9 septembre 1910. L'article etait coiffe du titre suivant: <<Nos militaires feront escorte a Jesus-Hostie >>. Les AAM revelent que le 85e Regiment a offert une garde de 200 soldats et 20 officiers pour le jour de la grande procession, ce qui represente une depense de 800 $. Presentee par Tancrede Pagnuelo, l'offre a ete acceptee. AAM, 995.054. C'est le chancelier Emile Roy qui s'occupe de toutes ces questions.

(19.) La Patrie, 13 septembre 1910. Le tricolore est alors considere comme le drapeau canadien-francais. Sur la querelle des drapeaux a cette epoque, voir la serie de cinq articles de Luc Bouvier dans L'Action nationale, << Du tricolore canadien au fieurdelise quebecois>>, vol. 86, mars-decembre 1996.

(20.) C'est a l'inauguration de la premiere seance sacerdotale, alors que 2 000 pretres etaient rassembles dans l'eglise du Saint-Sacrement, qu'il le dit en repondant au cardinallegat qui venait d'en parier: <<I1 me semble que c'est aujourd'hui que le monde entend pour la premiere fois cet officiel commentaire du decret de Pie X sur la communion des petits enfants. >> XXIe Congres ..., p. 600. Le Devoir du 8 septembre rapporte en ces termes l'accueil des pretres au legat lors de cette seance : <<C'est un vrai delire qui s'empare de cette troupe d'elite de l'armee du Christ. >>

(21.) AAM, 995.052.

(22.) Louis Rousseau et Frank W. Remiggi, dir., Atlas historique des pratiques religieuses : le Sud-Ouest du Quebec au XIXe siecle, Ottawa, Les Presses de l'Universite d'Ottawa, 1998, 235 p. La periode etudiee pour la pratique va de 1820 a 1881.

(23.) C'est la meme personne qui a inscrit tous les noms. La plupart sont des jeunes filles ; il y en a quatre dont le nom est precede de la mention Madame. La liste se termine par les noms de 9 hommes, qui ont tous donne egalement 1 $, sauf un qui a donne 2 $. AAM, 995.054 Correspondance generale, 1909-1911.

(24.) AAM, 995.059. Ce dossier de la correspondance de Bruchesi est le plus important. Il contient les invitations a Bourne (en francais) et plusieurs lettres a Vannutelli avant le congres, de meme que des remerciements apres le congres, entre autres a L.O. David, greffier de la ville, et au chef de police, a qui il envoie un cheque de 500 $ destine au fonds de secours des policiers.

(25.) Sont exclus de ce decompte les discours et allocutions. D'autres rapports ont etc presentes au congres, mais n'ont pas ete publies dans l'ouvrage. Nous avons pu le constater en depouillant le catalogue IRIS de la BAnQ, a partir des mots <<congres eucharistique>>, qui nous a montre qu'au moins dix de ces rapports ou discours ont ete publies en brochure. Voici celui qui ne figure pas dans le compte rendu du congres : E. Despois, L'OEuvre de Montligeon et la devotion des Canadiens a l'Eucharistie et aux ames du Purgatoire : rapport presente au Congres eucharistique international de Montreal, 7-11 septembre 1910, 14 p. Il n'est pas certain que la devotion aux ames du purgatoire plaisait beaucoup a Mgr Bruchesi...

(26.) L'abbe Papineau, futur eveque de Joliette (1928-1968), etait prefet des etudes au seminaire de Sainte-Therese, Lionel Groulx, professeur au college de Valleyfield, Mgr Baril, vicaire general et aumonier des ursulines de Trois-Rivieres, M. Lecoq, superieur de Saint-Sulpice, le jesuite Leonidas Hudon, directeur du Messager canadien du Sacre-Coeur, le dominicain Raymond-Marie Rouleau, futur cardinal-archeveque de Quebec, regent des etudes au couvent d'Ottawa, le franciscain Ange-Marie Hiral, futur vicaire apostolique du Canal de Suez (1929-1952), gardien du couvent de Montreal. Et la liste pourrait s'allonger indefiniment: Mgr Emard, le pere Pacifique, Mgr Lapointe, le pere Letellier, le pere Loiseau, l'abbe Perrier, le pere Dagnaud ...

(27.) La description de la procession couvre les pages 95 a100. Elle fournit notamment l'ordre dans lequel s'est fait le defile. Cette liste contient 121 mentions, dont une liste de 77 paroisses du diocese de Montreal et de 15 communautes religieuses masculines. Dans ses grandes lignes, l'ordre du defile etait le suivant : les associations, les paroisses, les delegations canadiennes, americaines, europeennes, les communautes religieuses, les enfants de choeur, les seminaristes, les pretres, les eveques, le legat portant le Saint-Sacrement, l'archeveque de Montreal en cappa magna, les dignitaires ecclesiastiques, les autorites civiles, les corps professionnels.

(28.) R. Rumilly, Histoire de la province de Quebec, t. XV, p. 106. Selon sa methode habituelle--l'histoire romancee--, Rumilly imagine alors (et presente comme des faits) ce qui a pu se produire dans la tete du premier ministre avant qu'il ne prononce son discours a l'hotel Windsor.

(29.) <<Nous reconnaissons l'etat libre et independant dans les choses temporelles; mais dans les choses spirituelles nous admettons que le Pape a le monde pour royaume [...] >>. XXIe Congres ..., p. 48. D'apres Rumilly, ce discours enthousiasma Mgr Bruchesi * qui estima que <<jamais sir Lomer Gouin n'[avait] ete aussi eloquent dans tout le cours de sa vie publique. >>

(30.) Agissant comme maitre de ceremonie, Bruchesi presentait tous les orateurs. Pour Laurier, il le fit en ces termes : <<Un archeveque dirigeant un congres a l'honneur et le plaisir de presenter a son peuple le premier ministre du gouvernement de son pays. >> XXIe Congres ..., p. 114.

(31.) Discours de Laurier, ibid., p. 114-118.

(32.) Discours de Gouin, ibid., p. 122-124. Rumilly commente: <<Laurier avait prononce un discours deiste. Gouin [...] prononca un discours de theologien. >> Histoire de la province de Quebec, t. XV, p. 109.

(33.) L'auteure s'est assuree en particulier de la fidelite des traductions du discours de Mgr Bourne, dont elle a pris le texte dans la 2e ed. de l'Hommage a Henri Bourassa publie par Le Devoir en 1952, avec citations a l'appui.

(34.) C. Latraverse, <<Rituel religieux... >>, p. 140.

(35.) XXIe Congres, p. 165.

(36.) Lionel Groulx, Mes memoires, t. II, p. 199. Il faut lire toute cette page, vraie piece d'anthologie.

(37.) Le Devoir, 12 septembre 1910. C'est aussi la conclusion de Rumilly : <<Comme son grand-pere [Louis-Joseph Papineau] a certaine heure de l'histoire, Henri Bourassa, le 10 septembre 1910, incarna l'ame de son peuple. >> Histoire de la province de Quebec, t. XV, p. 117.

(38.) L'Hommage rend compte de cette entrevue, p. 157-159, et reproduit ensuite l'Avertissement de Bourassa du 26 septembre 1910 ouvrant la brochure Religion, langue, nationalite, qui publie les deux discours.

(39.) L'Avenir du Nord, 16 septembre 1910. Dans la meme ligne, un autre organe liberal, Le Courrier de l'Ouest, d'Edmonton, rapporte un discours de Bourne, en francais, exprimant << l'espoir de voir les deux langues continuer d'etre mises, au Canada sur le meme pied d'egalite. Coupures se trouvant dans le Registre RCD 50, AAM (il est dommage que nous n'ayons pas la date de l'article du Courrier de l'Ouest). Evidemment, Bourassa replique vigoureusement a ces arguments dans son Avertissement.

(40.) C. Latraverse, <<Rituel religieux ... >>, p. 128.

(41.) La Patrie, 12 septembre 1910. Ce journal ne cite cependant pas Bourassa.

(42.) Voir XXIe Congres ..., illustration jouxtant la p. 456. Encadree des deux drapeaux americains et Carillon-Sacre-Coeur, l'inscription principale indique : <<A Jesus-Hostie, les Franco-Americains >>. Sur les deux colonnes, se lisent les inscriptions suivantes : a gauche : <<La langue gardienne de la foi; nos ecoles et nos societes>>, a droite: <<Affirmons nos droits; nous nous souvenons>>.

(43.) Le Devoir, 9 septembre 1910. La phrase citee commencait ainsi: <<Que ce soit dans les Provinces Maritimes ou dans l'Ouest, dans la Nouvelle-Angleterre ou dans l'Ontario, la langue francaise ... >>. L'editorial voulait montrer la place du francais dans l'evangelisation du continent americain. Parlant des Canadiens francais et de leur catholicisme, il affirmait : <<Les defections sont si rares que les deux termes de catholique et de francais sont presque toujours interchangeables. >>

(44.) Dans une analyse interessante, Robert Rumilly montre bien que << les eveques de la province, en majorite, trouvaient sage la politique des deux gouvernements, Laurier et Gouin. >> Ils n'approuvaient pas les revendications nationalistes vehementes (faisant reference ici a celles de Mgr Adelard Langevin, l'archeveque de Saint-Boniface), ni << les lecons assenees par le depute de Saint-Hyacinthe [Bourassa]--un laic, a l'archeveque de Westminster ou a l'eveque de London [Fallon]--leurs collegues ! >>. Par contre, << le simple clerge : professeurs de college, cures et vicaires, admirait Bourassa sans reserve, et donnait a pleines voiles dans le nationalisme. >> Histoire de la province de Quebec, t. XV, p. 175-176. La suite du texte presente des nuances interessantes.

(45.) Ibid., p. 127. La suite du texte montre bien les enjeux entourant cette promotion eventuelle. Il se poursuit par la nomination de Mgr Hugues Gauthier a l'archeveche d'Ottawa, p. 129-130.

(46.) Dix-huit cardinaux furent nommes au consistoire du 27 novembre 1911, portant leur nombre total a 64 (de 1586 a 1973, leur nombre maximum etait fixe a 70). Parmi eux se trouvaient John Farley, archeveque de New York, William O'Connell, archeveque de Boston, Mgr Bournc, Mgr Amette, archeveque de Paris, ainsi que le premier delegue apostolique au Canada (1899-1902), puis aux Etats-Unis (1902-1911), Diomede Falconio. Le consistoire auquel Mgr Begin fut eleve au cardinalat est le dernier de Pie X, le 25 mai 1914; treize cardinaux furent alors nommes.

(47.) Voir Robert Choquette, Langue et religion : histoire des conflits anglo- francais en Ontario, Ottawa, Ed. de l'Universite d'Ottawa, 1977, p. 116-122.

(48.) Nathan est un nom d'origine juive; c'est d'ailleurs le nom d'un prophete de la Bible. Pour bien faire ressortir ce fait, les journaux parlent toujours du maire Nathan, sans jamais mentionner son prenom Ernesto, qui aurait pu donner idee qu'il etait italien ...

(49.) << La protestation des catholiques de Montreal >>, La Presse, 18 octobre 1910. <<La demonstration contre Nathan >>, Semaine religieuse de Montreal, 24 octobre 1910, p. 286-311. Le texte se termine par les adhesions episcopales (dioceses suffragants de Montreal) et celles de quatorze societes catholiques.

(50.) XXIe Congres ..., p. 756. Le secretaire du comite des travaux, le pere Galtier, des peres du Saint-Sacrement, les presentait ensuite en ces termes: <<Une institution permanente est le seul moyen pratique de maintenir et de developper les fruits du Congres international, qui risquent fort sans cela, de s'en aller en fumee, au bout d'un certain temps. >> Ibid., p. 757.

(51.) Maurice Brouard, La dynamique des congres eucharistiques internationaux depuis Lille 1881 jusqu'a Lourdes 1981, Chicoutimi, Ed. Science Moderne, 1981, p. 181-184. Il recense 122 congres au Quebec et 33 dans le reste du Canada.

(52.) En consultant les catalogues des Bibliotheques nationales du Quebec et du Canada, nous avons repere pas moins de trente publications issues de ces congres, entre 1913 et 1962. Ils sont tous du Quebec, sauf celui de Hawkesbury, a deux pas du Quebec, sur l'Outaouais, pour lequel les Peres du Saint-Sacrement ont publie en 1944 un ouvrage de 448 pages intitule Splendeurs eucharistiques de Hawkesbury : congres de 1942. Au 19 juillet 2010, le catalogue IRIS de BAnQ donnait 358 notices a congres eucharistiques (toutes categories), tandis qu'au 4 aout 2010, le catalogue AMICUS de BAnC livrait 87 notices (categorie titre seulement).

(53.) Francis Goyer, s.s.s., Premier Congres eucharistique national du Canada : apercu historique, Sainte-Foy, Secretariat des oeuvres eucharistiques, 1940, p. 45-51. Le propagandiste parle des <<centaines de mille fideles>> a Montreal et n'en finit plus de decrire tous les congres qui se tinrent dans le diocese de Quebec, a Saint- Raymond de Portneuf et Levis notamment.

(54.) Congres eucharistique national de Quebec, 22-26 juin 1938, compte rendu officiel, Quebec, L'Action catholique, 1939, p. 69. Duplessis avait termine son allocution par ces mots : << Au nom du gouvernement et du peuple de la province de Quebec, je proclame notre croyance et je le fais avec tout mon coeur, toute mon ame: Credo! Je crois ! Je crois en Dieu et en la religion catholique ! >> Ibid., p. 68.

(55.) Dans le diocese de Montreal, on a simplement signale le 100e anniversaire de ce congres par l'organisation d'une semaine eucharistique diocesaine, du 30 mai au 6 juin 2010, autour de la Fete-Dieu. Le programme de la semaine ne fait etat d'aucune commemoration particuliere du congres de 1910.

(56.) Une etude de l'occurrence du prenom Euchariste a travers les decennies pourrait etre interessante.
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Author:Laperriere, Guy
Publication:Historical Studies
Article Type:Report
Geographic Code:1CANA
Date:Jan 1, 2011
Words:8775
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