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Le Premier ministre pakistanais inculpe a une affaire de corruption presumee.

La Cour supreme a inculpe lundi le Premier ministre du Pakistan pour outrage parce qu'il refuse depuis deux ans de demander a la Suisse la reouverture de poursuites pour des detournements de fonds presumes par le president Asif Ali Zardari, resserrant ainsi l'etau sur un chef de l'Etat des plus impopulaires.

Le pouvoir civil et ses plus hauts representants sont regulierement accuses dans la presse et l'opinion publique de corruption et de mauvaise gouvernance et confrontes a l'hostilite croissante de la toute puissante armee, le tout sur fond de crise economique aiguE1/2.

Certes le Premier ministre Raza Yousuf Gilani n'est pas implique sur le fond de l'affaire dite "des comptes suisses" du president Zardari, remontant aux annees 1990, mais il pourrait en etre le premier fusible, estiment les observateurs. Une condamnation pour outrage l'exposerait a six mois de prison et le destituerait automatiquement de ses fonctions.

Un scenario qui affaiblirait encore davantage le pouvoir vacillant de M. Zardari et pourrait provoquer, sinon sa demission, au moins des elections legislatives anticipees.

Les soubresauts politiques du Pakistan sont suivis de pres par les puissances occidentales parce qu'il est la seule puissance militaire nucleaire du Monde musulman, en proie a une vague meurtriere d'attentats des islamistes radicaux, et ses zones tribales du nord-ouest sont le principal sanctuaire d'Al-Qaida dans le monde et la base arriere des talibans afghans.

Lundi, la Cour supreme a signifie formellement a M. Gilani les chefs d'une inculpation pour outrage qu'elle avait decidee le 2 fevrier. Le Premier ministre a plaide "non coupable" et la Cour a annonce qu'elle fixerait fin fevrier la date du proces.

Pour sa defense, M. Gilani a excipe de l'immunite judiciaire dont jouit le president en exercice, un argument que la Cour a rejete en premiere instance et en appel.

La haute juridiction avait annule en 2009 un decret d'amnistie generale de 2007 exonerant M. Zardari de poursuites notamment dans l'affaire des comptes suisses. Elle avait alors somme le gouvernement de demander a la justice helvetique de rouvrir l'enquete, ce qu'il n'a jamais fait. En 2010, le procureur de Geneve avait estime qu'il ne pourrait rouvrir le dossier tant que M. Zardari serait president, en raison de cette immunite. En 2003, un tribunal suisse avait reconnu coupables en premiere instance M. Zardari et son epouse l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto de blanchiment mais le couple avait fait appel.

L'affaire remonte a 2007, lorsque le president d'alors, le general Pervez Musharraf, au pouvoir depuis 1999 grace a un coup d'Etat et en grande difficulte, avait conclu une alliance secrete avec Benazir Bhutto, leader de l'opposition de retour d'exil, pour un futur partage du pouvoir a l'occasion des legislatives de 2008.

Pour cela, il avait decrete une amnistie generale exonerant plus de 8.000 personnes --dont Benazir Bhutto et son epoux Asif Ali Zardari-- de toutes poursuites pour corruption.

Le couple etait notamment sous le coup d'enquetes pour des detournements presumes de fonds publics du temps oE elle etait Premier ministre (1988-90 et 1993-96) et lui un de ses ministres.

Apres l'assassinat de Benazir Bhutto dans un attentat en decembre 2007, M. Zardari avait ete elu president par le Parlement.

M. Zardari, connu dans les annees 1990 sous le sobriquet de "M. 10%" pour les commissions qu'il etait accuse d'empocher sur les marches publics, a vu ce chiffre s'accroEtre considerablement dans la bouche de ses detracteurs depuis qu'il est president.

Recemment, les chefs de l'armee, qui ont dirige directement le pays plus de la moitie de son existence et cornaque tous les gouvernements civils le reste du temps, ont averti le chef de l'Etat qu'ils ne feraient rien pour le defendre.

Ils soutiennent ostensiblement une enquete ordonnee par la Cour supreme dans une affaire dite du "memogate": M. Zardari est accuse d'avoir sollicite en 2011 le soutien des Etats-Unis pour contrer l'armee. Dans un pays a l'opinion publique tres chatouilleuse sur la souverainete nationale et profondement anti-americaine, l'accusation, si elle est prouvee, releverait de la "haute trahison".

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Publication:Le Progres Egyptien (Cairo, Egypt)
Date:Feb 14, 2012
Words:673
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