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Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu invite a poursuivre l'enquete sur le Burundi.

Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies devrait prolonger le mandat de la Commission d'enquete sur le Burundi pendant sa session en cours a Geneve, a declare lundi Human Rights Watch (HRW).

La Commission a publie son dernier rapport mercredi dernier.

HRW a indique dans un communique qu'un large soutien des Etats membres au mecanisme d'investigation enverrait un signal fort au parti au pouvoir au Burundi, le Conseil national pour la defense de la democratie-Forces de Defense de la democratie, (CNDD-FDD) et au gouvernement que le monde entier suivait de pres la situation avant les elections presidentielle et legislatives du pays en 2020.

"Le rapport de la Commission d'enquete confirme la persistance de violations graves et generalisees des droits de l'homme", a note Lewis Mudge, directeur de HRW pour l'Afrique centrale, ajoutant que "malgre ces constats, les autorites burundaises minimisent et nient la gravite de la situation et ont intensifie les pressions sur les refugies pour les obliger a rentrer".

HRW a declare dans son rapport que la Commission a conclu que "de graves violations des droits humains - y compris des crimes contre l'humanite - ont continue a se produire depuis mai 2018, en particulier des violations du droit a la vie, des arrestations et des detentions arbitraires, des actes de torture et autres formes de mauvais de traitement, de violence sexuelle et de violations des droits economiques et sociaux, le tout dans un climat general d'impunite''.

Selon le rapport, les cibles sont en particulier des partisans reels et presumes de l'opposition, ainsi que des Burundais rentres de l'etranger, notamment dans le cadre d'un programme de rapatriement librement consenti soutenu par les Nations unies, et des defenseurs des droits de l'homme.

La Commission a ete creee en septembre 2016 pour enqueter sur les violations des droits de l'homme et les violations perpetrees au Burundi depuis avril 2015 et pour determiner si et dans quelle mesure, elles pourraient constituer des crimes internationaux.

Le gouvernement burundais a refuse l'acces a la Commission et, malgre les preuves du contraire, il affirme que le pays est stable et pacifique.

Lors d'une conference de presse, tenue le 4 septembre, les commissaires ont decrit un environnement de "calme fonde sur la terreur''.

Leur rapport souligne que les membres de la ligue de la jeunesse du parti au pouvoir, les Imbonerakure, commettent des abus contre la population a travers le pays et cherchent a "les placer sous controle et a contraindre leur allegeance au CNDD-FDD".

La Commission a mene une enquete sur des cas de disparitions, de violence sexuelle, de torture et de mauvais traitements infliges a des Burundais recemment rentres d'exil ou rapatries, et a constate que de nombreux refugies rapatries ''se sont vu retirer par Imbonerakure et les autorites administratives locales des kits de nourriture et l'argent qui leur avait ete remis ".

Le Burundi a bascule dans une crise politique, humanitaire et des droits de l'homme generalisee lorsque le president Pierre Nkurunziza a annonce en 2015 sa decision de briguer un troisieme mandat controverse.

Les abus ont persiste et en juin, Human Rights Watch a publie un rapport d'enquete sur les tendances inquietantes en matiere d'abus, notamment des meurtres, des disparitions, des arrestations arbitraires et des passages a tabac, principalement commis par les Imbonerakure et des autorites locales, et visant les membres reels ou presumes du parti d'opposition recemment enregistre, le Congres national pour la liberte.

HRW a declare que la Commission des Nations unies etait le dernier mecanisme de surveillance permettant de rendre compte publiquement de la situation des droits de l'homme au Burundi.

Le gouvernement burundais a contraint le Bureau des droits de l'ONU a quitter le pays en fevrier, et la plupart des organisations non-gouvernementales locales independantes ainsi que des organes de presse ont ete fermes ou suspendus.

Le Burundi avait soutenu en septembre 2017, une resolution alternative proposee par les Etats africains au Conseil des droits de l'homme pour offrir un appui technique au gouvernement afin d'ameliorer son bilan en matiere de droits de l'homme.

Toutefois, le gouvernement avait revoque les visas des experts et les avait expulses en mai 2018.

Les autorites burundaises n'ont pas non plus signe d'accord de travail avec les observateurs des droits de l'homme mandates par l'Union africaine, ce qui a considerablement entrave leur travail.

"La prolongation du mandat de la Commission d'enquete permettra un examen approfondi de la grave situation des droits de l'homme dans le pays avant les elections de mai 2020", a declare HRW.
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Publication:Infos Plus Gabon
Geographic Code:6BURU
Date:Sep 10, 2019
Words:887
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