Printer Friendly

La voix des jeunes a l'ecole et au-dela: envisager de nouvelles possibilites.

Introduction: La voix des jeunes a l'ecole et au-dela

Au tournant du 21 siecle, la signature de la Convention relative aux droits de l'enfant impose l'idee de donner une voix aux enfants et aux jeunes dans les decisions qui les concernent (Blanchet-Cohen & Rainbow, 2006; Bragg, 2007). Bien que la recherche aupres des enfants et des jeunes connaisse une evolution, certains chercheurs critiquent les approches theoriques et les methodes utilisees encore trop adulto-centrees (Delalande, 2007). Meme les reformes scolaires actuelles, qui placent les eleves au centre de leur apprentissage, n'ont pas reussi a ebranler le statu quo de la recherche menee du point de vue de l'adulte. Ainsi, les eleves constituent encore un groupe vulnerable, en position desavantageuse (Pires, 1997), tant a l'ecole que dans les recherches portant sur eux (Delgado, 2006).

La Convention relative aux droits de l'enfant s'inscrit dans une sociologie de l'enfance qui reconnait un nouveau statut a l'enfant dans la societe, statut distinct de celui de l'adulte. De ce fait, l'enfance a sa culture propre et les personnes qui en sont les <<expertes>> sont bien les enfants. Ils ont leur monde, leurs valeurs, leurs codes, leurs preoccupations. De meme, plutot que de douter de leur capacite a rendre compte de leur monde, on fait l'hypothese qu'ils sont, comme toute personne, des acteurs sociaux competents. Pourtant, encore peu de recherches en education, particulierement en contexte francophone, prennent en compte la voix des jeunes en contexte scolaire. Rappelons-nous toutefois que ce n'est qu'au tournant des annees 1990 qu'on reconnait de facon plus importante l'expertise des enseignants a etre des producteurs de savoir et des partenaires legitimes de la formation et de la recherche a propos de leurs pratiques. Ainsi, qu'en est-il aujourd'hui des jeunes et de leur place dans l'ecole et dans la recherche qui les concerne? Les chercheurs reconnaissent-ils qu'ils sont producteurs de savoirs et qu'ils sont des partenaires legitimes dans les recherches a propos de leurs pratiques? Sur le plan pedagogique, on retrouve bien certaines initiatives dans les ecoles, telles que le conseil de cooperation dans les classes ou le conseil des eleves dans l'ecole, des demarches pedagogique du type <<recherche-action pour une action communautaire>> (Dansereau, 2010; Poudrier, 2012), ou les jeunes participent aux prises de decision et a la gestion de la vie de classe (LeVasseur et Duval, 2012). Mais du cote de la recherche, la voix des eleves demeure relativement silencieuse, nonobstant l'apport de l'ethnographie scolaire, de la sociologie de l'education, comme le souligne egalement un recent ouvrage paru en France (Lani-Bayle et Passeggi, 2014). La situation nous semble un peu differente dans le contexte anglophone, comme le presente l'introduction en anglais de ce numero.

Qu'entend-on par <<la voix des jeunes>>, puisqu'on retrouve de nombreuses recherches qui recueillent pourtant des donnees aupres des eleves en contexte scolaire? S'interesser a la voix des jeunes implique de chercher a comprendre le monde de leur point de vue et non a partir de categories deja definies par des adultes et sur lesquelles on leur demande de se prononcer a titre d'informateurs. Il s'agit plutot d'acceder a leurs propres categories de voir le monde, qui different donc de celles des adultes. C'est a titre de <<consultants>> (Kirshner, O'Donoghue, & McLaughlin, 2005), c'est-a-dire d'experts, qu'ils sont sollicites a participer a la recherche a propos de leurs facons de voir le monde. Un pas de plus est de reconnaitre que la demarche meme de la recherche participe a construire ce monde et ces categories. Les jeunes sont alors consideres soit comme des <<partenaires>>, avec le chercheur, ou alors les responsables de la demarche, en assumant les decisions a toutes les etapes de la recherche (Kellett, 2010). Ainsi, la recherche ne participe pas seulement a rendre compte du monde des jeunes, tel qu'ils l'investissent et le construisent, mais a faire en sorte qu'elle ait des retombees concretes et benefiques pour eux, participant a construire un monde plus democratique. Considerer les jeunes comme producteurs de savoirs et partenaires legitimes, c'est aussi reconnaitre leurs contributions pour aider les adultes a mieux aider les jeunes comme eux (Tobin, 2006). Pour investiguer ce monde d'une facon qui ne releve plus de la culture des adultes ni du chercheur, mais qui est davantage familiere a la culture des jeunes, la question des methodes et outils de recherche est soulevee (Danic, Delalande, Rayou, 2006). Ainsi, ecouter, comprendre et rendre compte de la voix des jeunes a pour but de faire en sorte que le processus de recherche et ses retombees contribuent a augmenter le pouvoir d'agir (empowerment) des jeunes et a emanciper ces derniers, en tant que groupe social vulnerable, ainsi qu'a enrichir notre comprehension de leur monde.

Envisager de nouvelles possibilites: un apercu des articles de ce numero

Les treize articles qui constituent ce numero thematique sur la voix des jeunes a l'ecole et au-dela offrent un riche panorama de la diversite des recherches realisees aupres des jeunes, interpeles parfois comme informateurs, plus generalement comme consultants, quelques fois comme partenaires de la recherche dans des domaines varies comme l'apprentissage de la lecture, le choix de l'etablissement scolaire, l'activite en classe d'education physique et sportive, les emotions positives dans des activites de sciences ou la culture d'une microentreprise scolaire, pour n'en nommer que quelques-uns. La voix des eleves, dont les auteurs se font ici les porte-voix, est celle de jeunes de niveau primaire ou secondaire, en contextes scolaire ou parascolaire, de jeunes marginalises--comme des decrocheurs ou des eleves qui perturbent l'activite de la classe--, et de jeunes d'origines ethniques diverses--provenant du Quebec, du Nunavik, d'autres provinces du Canada, des Etats-Unis et de la France. Chaque article contribue a la reflexion sur les facons de faire de la recherche avec les jeunes de facon a ecouter et a entendre leur voix, a savoir les questions de l'entree sur le terrain et du rapport de pouvoir entre le chercheur et les participants, ainsi que les astuces et le bricolage methodologiques necessaires tout au long du processus de facon a garder le cap sur la mise en valeur de la voix des jeunes. Les preoccupations ethiques traversent l'ensemble du numero, pointant de nombreux defis qu'ont rencontres les chercheurs, novices comme aguerris. Chaque article fait l'objet d'une presentation plus detaillee dans ce qui suit.

L'article de Malo s'inscrit dans le champ de la recherche sur la formation a l'enseignement. Il met en evidence que le point de vue des eleves est quasi absent de recherches dans ce domaine, comparativement au point de vue des stagiaires et des enseignants. Les points de vue des jeunes du secondaire de Montreal et de la banlieue, apprehendes de l'interieur a partir d'entretiens collectifs, sont varies. Il ne s'agit pas d'un point de vue homogene, en ce qui concerne les facons qu'ils ont d'interpreter la presence d'un stagiaire dans leur classe. Toutefois, les jeunes expriment des enjeux qui leur sont propres, que ce soit en lien avec leur apprentissage et leur reussite, mais aussi avec leur confort et leur bien-etre en classe. Pour eux, la presence d'un stagiaire produit un <<desequilibre>>, une rupture, dans le cours du temps de l'annee scolaire. L'article rend compte que les eleves ont peu voix au chapitre en ce qui concerne les stages et souligne a quel point ceux-ci leur beneficient en somme bien peu. Il appelle a un dialogue entre tous les partenaires concernes, y compris les eleves, afin de faire en sorte que les stages puissent ainsi deboucher sur l'apprentissage de chacun.

L'article de Downey rend compte de la perspective de 50 enfants etasuniens de 8 a 12 ans qui rencontrent des difficultes dans leur vie personnelle et leur reussite scolaire. L'auteure constate que le champ de la reussite scolaire est documente de la perspective des adultes et qu'une place plus grande a la perspective des enfants est necessaire. En effet, les perspectives des adultes et des enfants sont differentes, et des strategies qui ne s'appuient que sur le point de vue des adultes presentent des limites. Ainsi, la chercheuse appelle a reconsiderer la facon de solliciter la perspective des enfants et a utiliser des methodes qui leur correspondent davantage. A cet egard, elle a utilise un type d'entretien portant sur une situation hypothetique qui permet a l'eleve de s'exprimer sans avoir a reveler des informations sur sa vie personnelle. Une pre-experimentation a permis d'adapter cet outil au groupe de participants vise. L'auteure souligne que les experiences vecues exprimees par les enfants relativement aux facteurs et mecanismes de protection en lien avec la reussite scolaire contribuent a notre comprehension. Les enfants sont donc des partenaires legitimes dans l'amelioration de leurs conditions d'apprentissage de leur performance scolaire.

Les auteures Turcotte et Cloutier explorent aussi un outil de collecte de donnees particulier, cette fois au Quebec dans le champ de la recherche en lecture. Les difficultes methodologiques relevees dans le domaine sont dues au fait que l'activite de lire n'offre pas de traces observables. Pour relever ce defi, les auteures ont utilise la methode du rappel stimule qui consiste, pour l'eleve, a visionner son activite de lire prealablement filmee et a interrompre la video la ou il veut commenter son action. Une pre-experimentation a permis d'apporter des ajustements au protocole d'entretien, notamment en ce qui concerne l'initiative d'interrompre la video, peu effectuee par les enfants. Les extraits presentes montrent en quoi le rappel stimule a permis d'enrichir la comprehension des strategies utilisees par les trois eleves ayant un portrait de lecteur different. Pour les auteures, les eleves se sont averes des informateurs pertinents de leur activite de lire, a l'aide du rappel stimule qui represente egalement, selon elles, un outil d'intervention permettant de prendre conscience de ses propres strategies de lecture.

A l'instar des auteures precedentes, Moussay et Flavier presentent une recherche dans le cadre de laquelle des traces audiovisuelles sont utilisees, cette fois, avec un eleve et son enseignante en sciences dans une ecole secondaire de milieu defavorise de la banlieue de Lyon en France. La clinique de l'activite developpee par les ergonomes francais et les theories neovygotskiennes de l'activite amenent les auteurs a s'interesser aux contradictions entre l'activite de l'eleve et celle de l'enseignante. Les extraits presentes permettent au lecteur d'apprecier les significations diverses que l'eleve et l'enseignante attribuent aux memes situations de classe. Pendant l'entretien, la posture de parole entre la chercheuse et l'eleve se distingue de la conversation <<ordinaire>>, ce qui permet, selon les auteurs, d'offrir une ressource au developpement de l'activite du jeune. Ainsi, l'entretien d'autoconfrontation offre un potentiel de comprehension des situations de classe a partir des points de vue de l'eleve et de l'enseignante, ainsi qu'un potentiel de transformation des significations pour ces acteurs et de reconstruction du sens du travail en classe.

Dans l'article suivant, Guerin et Meard presentent une recherche dans laquelle l'entretien d'autoconfrontation a egalement ete utilise afin d'inciter des eleves a verbaliser leur activite en classe d'education physique et sportive dans deux etablissements scolaires en France. L'approche theorique dite <<orientee--activite>> accorde une place centrale a l'intentionnalite et a la signification de l'experience des sujets, de telle sorte que leur parole est centrale a la demarche de recherche. Les auteurs s'interessent aux caracteristiques de l'institution scolaire qui peuvent constituer un frein a l'expression de la parole des jeunes. Les attentes de conformation des actions et des discours, ou les reponses des eleves prennent valeur de validation de l'acquisition--ou non--du savoir que l'enseignant cherche a leur transmettre, peuvent entrainer une prise de risque moindre face a l'adulte en entretien de recherche. Decrire son activite au chercheur, trouver les mots justes represente un defi pour les jeunes, comme le soulignent egalement Turcotte et Cloutier. En outre, comme le documente plus en detail Cotnam-Kappel dans l'article suivant, la relation etablie avec le chercheur, ainsi que la negociation du contenu des echanges, font partie des conditions d'une collecte de donnees avec les jeunes qui permettent de comprendre, de rendre compte, mais aussi de tenir compte de leur voix.

Dans son article, Cotnam-Kappel decrit une recherche ethnographique reflexive d'une duree de huit semaines menee avec les eleves d'une ecole secondaire francophone en contexte minoritaire de l'Ontario, a propos du choix de la langue d'instruction. La demarche de recherche a implique les jeunes qui ont collabore en tant qu'experts du sujet etudie, leur choix scolaire, mais pas en tant qu'experts du processus de la recherche, n'ayant pas participe a l'elaboration des objectifs de la recherche, ni a la presentation et la diffusion des resultats. Ils ont toutefois ete appeles a contribuer a la collecte et a l'analyse des donnees, en suggerant d'aborder d'autres themes de discussion, en plus de ceux prevus par la chercheuse, ou en commentant des extraits de verbatim. Au fil de sa recherche centree sur les jeunes du Quebec, plusieurs dilemmes ont ete vecus par la chercheuse en ce qui concerne l'equilibre a maintenir entre son pouvoir et celui des jeunes, la volonte de les faire participer et de respecter leur choix de refuser.

Le lecteur pourra poursuivre sa reflexion sur l'approche ethnographique dans l'article suivant redige par Pepin. Cette fois, il s'agit plus particulierement de recourir a des donnees visuelles pour mieux acceder au point de vue des jeunes et en rendre compte, en les impliquant directement dans un processus de captation video. L'ethnographie visuelle est une approche peu documentee dans le champ de la recherche francophone en education. Un survol historique est trace pour mieux en saisir les specificites et les differents postulats epistemologiques qui en ont marque l'evolution. Produire des films avec les jeunes plutot que sur eux a, selon l'auteur, deux implications methodologiques importantes qui concernent le partage de responsabilites lors de la collecte de donnees et du choix de la presentation des donnees. L'auteur documente une pre-experimentation de deux mois recourant a l'ethnographie visuelle avec les jeunes du Quebec, qui s'avere riche d'enseignements et de reflexions, notamment sur les plans technique, analytique et ethique, considerant la maniere dont les jeunes s'emparent de cet outil et en interpretent le sens pour leur propre compte. Comme pour Cotnam-Kappel, Pepin souligne l'inexperience comme facteur expliquant les difficultes rencontrees, mais on pourrait soutenir a contrario que c'est la presence d'une sensibilite essentielle au terrain d'enquete qui leur permet de rester a l'ecoute de la voix des jeunes au fil de la recherche.

Gonsalves documente egalement la participation des jeunes a une recherche a travers la production d'images video dans le cadre d'un club parascolaire de la banlieue de Montreal. L'auteure documente en quoi la production video influence l'evolution de l'interet et l'engagement des jeunes filles envers les sciences. Pour ce faire, elle convoque le cadre d'analyse des rituels d'interaction associes a la presence d'emotions positives et a l'emergence de symboles partages par un groupe. Les resultats montrent, entre autres, comment les participantes ont questionne la vision classique, voire scolaire, des sciences et ont explore une facon plus personnelle et informelle de les aborder. Cependant, la chercheuse questionne l'impact des rituels d'interaction sur l'interet des participantes envers les sciences a long terme et hors des rencontres du club qui les ont suscites. Comment alors mieux soutenir la legitimite de la voix des eleves dans la conversation avec la <<vraie>> science, telle qu'elles persistent a la distinguer de la <<science de tous les jours>> abordee dans le cadre du club?

La question de la legitimite de la voix des jeunes amene le lecteur a s'interroger sur son imbrication avec la question de l'identite, angle aborde par Rahm, Lachaine et Mathura. Une recherche ethnographique a ete realisee dans un club de sciences parascolaire dedie aux filles du primaire et du secondaire d'un quartier defavorise de Montreal. L'approche socioculturelle permet d'eclairer dans quelle mesure le fait d'etre agentes de leurs propres actions dans le club permet de donner sens a qui elles sont, qui elles veulent devenir et qui elles peuvent etre, et ce, a travers les activites qu'elles y vivent. La presentation de l'histoire contrastee des trajectoires d'apprentissage des deux adolescentes permet de documenter leurs changements de participation dans les activites du club et leurs differents repositionnements envers les sciences, ainsi que d'illustrer en quoi la voix des jeunes est diverse, ce que souligne egalement Malo dans son article. En echo a la question laissee en suspens a la fin de l'article de Gonsalves, leurs trajectoires indiquent qu'un engagement prolonge dans un club parascolaire centre sur la voix des jeunes permet a certaines d'entre elles de developper une identite percue suffisamment legitime pour envisager une carriere scientifique. L'ecriture de l'article est le fruit de la collaboration entre la chercheuse, une doctorante et une des deux jeunes dont la trajectoire est documentee.

La question de la legitimite de la voix des jeunes en recherche est abordee par Garakani dans son article portant sur une recherche-action participative de trois ans avec une trentaine de jeunes Inuits du Nunavik sur la resilience et la perseverance scolaires au secondaire. Dans la suite de critiques concernant l'approche deficitaire des pratiques de recherches eurocentrees et considerant l'apport des methodologies autochtones critiques, l'auteure traite plus particulierement des defis ethiques et methodologiques relatifs a une recherche avec les jeunes Inuits. A cet egard, la participation des Inuits a la demarche de la recherche est incontournable afin qu'elle soit adaptee a une diversite de points de vue et d'experiences, sensible et flexible au contexte social dans lequel elle s'inscrit. Par consequent, une variete d'outils de collecte de donnees a ete utilisee, considerant leurs forces et leurs limites a engager les participants a exprimer leur voix. De meme, les regles ethiques ont fait l'objet d'ajustements, notamment en ce qui concerne la regle du consentement parental qui s'est averee peu appropriee en pratique, compte tenu du fait que plusieurs jeunes assument deja des responsabilites d'<<adultes>> au sein de la communaute. Le principe de protection des mineurs entre ainsi en contradiction avec la reconnaissance de leur legitimite sociale. En somme, les choix methodologiques et les decisions ethiques en recherche ne sont pas regles avant d'entrer sur le terrain, mais se negocient et s'ajustent en cours de processus. En conclusion, l'auteure rappelle l'importance de la relation a etablir dans une recherche avec les jeunes ou ce sont les chercheurs qui occupent la position de l'Autre.

La question de l'alterite est approfondie dans l'article de Thesee et Carr qui attirent l'attention sur la voix de jeunes particulierement marginalises en contexte scolaire, soit les jeunes Noirs. Ils s'appuient sur la theorie critique, la pedagogie critique et les theories postcoloniales pour reflechir globalement a un cadre de recherche et d'action plus sensible a la voix des groupes marginalises, en vue de contribuer a transformer leurs realites defavorables, a savoir des experiences de discrimination, de marginalisation, d'exclusion et de racisme vecues par les jeunes en contexte scolaire. Pour ce faire, Thesee et Carr enoncent certains defis a relever par les chercheurs en education qui souhaitent contribuer a transformer les realites des jeunes Noirs marginalises. Un premier defi consiste a questionner globalement l'epistemologie occidentale dominante et les impacts sociaux de disciplines reconnues, telles que l'anthropologie ou l'education, par exemple, qui participent a fabriquer l'Autre, dont la voix demeure absente de la <<chorale des savoirs>>. Les auteurs invitent a considerer l'Autre comme producteur de savoirs sur luimeme a partir de sa propre perspective et comme agent de transformation de ses propres realites educatives, defis que s'attelent a relever, chacune a leur facon, les recherches de Lafortune et de Livingstone, Celemencki et Calixte presentees ci-apres.

L'article de Lafortune fait directement echo aux constats formules par Thesee et Carr a partir d'un cadre theorique sociopedagogique. Sa recherche concerne les trajectoires socioscolaires des jeunes Noirs montrealais d'origine haitienne, de 1re ou de 2e generation d'immigrants. Comme la plupart des auteurs de ce numero, Lafortune mentionne que la voix des jeunes est peu presente du champ de recherche qu'elle investit, ici celui sur la reussite scolaire. Toutefois, il ne suffit pas de solliciter la parole des jeunes pour en faire un usage comprehensif. D'une part, le cadre theorique et le concept de rapport au(x) savoir(s) convoques conduisent l'auteure a considerer les jeunes en tant qu'acteurs de leur propre histoire et, partant, a ecouter leur parole lors de la collecte des donnees. D'autre part, l'auteure se demande si cette parole, incluant ses silences, ses non-dits et ses contradictions, a ete effectivement entendue par elle. En revisitant le deroulement des entretiens avec l'un des jeunes qui l'a confrontee a plusieurs reprises, Lafortune retrace differents enjeux qui se sont joues entre eux au cours de la demarche et qu'elle eclaire grace a ce retour reflexif. Ce sont tout autant les categories de la chercheuse que la propre histoire de l'auteure, qui appartient comme le jeune a la communaute haitienne, qui sont interpelees au moment d'entendre et de comprendre la parole du jeune. En outre, la richesse, mais aussi les ecueils d'une <<biographie a plusieurs voix>>, ou celle du jeune est tissee a celles d'adultes significatifs pour lui, sont explores.

L'article coecrit par Livingstone, Celemencki et Calixte concerne egalement les jeunes Noirs de quatre ecoles secondaires de Montreal, groupe considere par les auteures comme heterogene sur les plans de la langue, de la culture et du pays d'origine. Les jeunes ont participe a une recherche-action participative visant a identifier les facteurs qui soutiennent ou empechent leur reussite scolaire et les solutions permettant d'attenuer le taux de decrochage scolaire. Les chercheuses retracent la mise en oeuvre de la recherche, en soulignant les difficultes rencontrees et les ajustements apportes afin de garder le cap sur le but de faire de la recherche avec les jeunes. Dans les faits, leur collaboration a pris des formes variables dans les quatre milieux. L'engagement des participants a ete variable: cinq des seize jeunes ont collabore a l'analyse des donnees et trois d'entre eux ont collabore a la redaction du rapport et a des conferences. Les retombees concretes et locales presentent un interet pour les jeunes, comme le souligne l'une d'entre eux, 3 auteure de l'article: la recherche leur a fourni un espace leur permettant d'exprimer leurs preoccupations et leurs tentatives quotidiennes pour contrer, par exemple, le racisme qu'ils vivent a l'ecole. Participer a la recherche leur a egalement permis de developper leur esprit critique a ce sujet, ainsi que des habiletes relatives au travail d'equipe, a l'organisation et a la communication en public. Les chercheuses soulignent avoir beneficie des retombees de la recherche, en ayant appris des jeunes a penser hors du cadre habituel. Comme pour plusieurs recherches-action participatives, la recherche n'a toutefois pas produit de retombees concretes sur les politiques des ecoles concernees. C'est un defi qui reste a relever.

L'ensemble des articles souligne a quel point faire de la recherche avec les jeunes necessite une attitude reflexive de la part des chercheurs sur leur propre demarche (Spyrou, 2011) et offre ainsi plusieurs pistes de discussion pour les chercheurs qui oeuvrent aupres des jeunes, ainsi que pour les chercheurs en education en general.

References

Blanchet-Cohen, N., & Rainbow, B. (2006) Partnership between children and adults? The experience of the International Children's Conference on the Environment. Childhood, 13(1), 113-126.

Bragg, S. (2007). Consulting young people: A review of the literature. Londres, Royaume-Uni: Arts Council England, Creative Partnerships.

Danic, I., Delalande, J., & Rayou, P. (2006). Enqueter aupres d'enfants et de jeunes: objets, methodes et terrains de recherche en sciences sociales. Rennes, France: Presses universitaires de Rennes.

Dansereau, F. (2010). Les porteurs d'espoir [film documentaire]. Quebec, Quebec: Office national du film.

Delalande, J. (2007). Des recherches sur l'enfance au profit d'une anthropologie de l'ecole. Ethnologie francaise, 37(4), 671-679.

Delgado, M. (2006). Designs and methods for youth-led research. Thousand Oaks, CA: Sage Publications.

Kellett, M. (2010). Rethinking children and research: Attitudes in contemporary society. Londres, Royaume-Uni: Continuum.

Kincheloe, J. L. & hayes, k. (Eds). (2007). Teaching city kids: Understanding and appreciating them. New York, NY: Peter Lang.

Kirshner, B., O'Donoghue, J., & McLaughlin, M. W. (2005). Youth-adult research collaborations: bridging youth voice to the research process. Dans J. L. Mahoney, R. W. Larson, & J. S. Eccles (Eds), Organized activities as contexts of development: Extracurricular activities, after-school and community programs (pp. 131-156). Mahwah, NJ: Erlbaum.

Lani-Bayle, M. & Passeggi, M. (Eds). (2014). Raconter l'ecole: a l'ecoute de vecus scolaires en Europe et au Bresil. Paris, France: L'Harmattan.

LeVasseur, L. et Duval, S. (2012). Vers une <<socialisation democratique>> des eleves du primaire? Formation et profession, 20(1), 29-40.

Pires, A. (1997). De quelques enjeux epistemologiques d'une methodologie generale pour les sciences sociales. Dans J. Poupart, J.-P. Deslauriers, L. H. Groulx, A. Laperriere, R. Mayer, & A. Pires (Eds), La recherche qualitative: enjeux epistemologiques et methodologiques (pp. 3-54). Montreal, Quebec: Gaetan Morin.

Poudrier, C. (2012). Recherche-action pour la resolution de probleme. Communication presentee au colloque <<La voix du jeune a l'ecole: fondements et methodes de la prise en compte du point de vue de l'eleve dans les recherches en contexte scolaire>> au 80e colloque de l'Association francophone pour le savoir, ACFAS. Montreal, Quebec: Holiday Inn Hotel.

Spyrou, S. (2011). The limits of children's voices: From authenticity to critical, reflexive representation. Childhood, 18(2), 151-165.

Tobin, K. (2006). Learning to teach through coteaching and cogenerative dialogue. Teaching Education, 17, 133-142.

Introduction to Youth Voice In and Outside of School

At the turn of the 21st century, with the signing of the Convention on the Rights of the Child by UNESCO, it has become imperative to give children and youth a voice in decisions that concern them (Blanchet-Cohen & Rainbow, 2006; Bragg, 2007). Yet, in the field of education, a move toward research that seriously engages with child and youth voice has been slow in coming. Much research still adheres to its adult-centric focus and methods. That privileged, narrow vision of scholarship has led to large-scale quantifiable research without offering a deeper understanding of the needs of learners within a democratic society (Kincheloe & hayes, 2007). Power and adult authority and the "studying down" without any kind of sustained rigorous reflection by engaged researchers has led to a representation of children and youth that does not reflect their world and is out of step with their reality (Best, 2007). Yet, critical race scholarship, feminist methodology, and critical youth studies that position children and youth as reflexive agents have helped to bring the field and its research ethics to another level. This shift has led to a counterstory among scholars seriously concerned with child and youth voice and its implications for practice, transformation, and change grounded in a strong social justice orientation (James, 2007). It has also led to a new methodological agenda, such as "a sustained concern for and consideration of the complexities of power and exploitation in the research encounter," "an acknowledgement of the connection between knowledge and power," a serious concern for ethics in research, and a move toward "radical reflexivity" (Best, 2007, p. 9). The counterstory is driven by a serious commitment not only to listening to children and youth, but also to action and transformation with children and youth. It has led to the development of an international multidisciplinary, refereed journal, entitled Youth Voice Journal, which is currently celebrating its third year of publication. That counterstory is also apparent in many publications that focus on youth voice in education and other special journal issues, e.g., "Analyzing Voice in Educational Discourses" in Anthropology and Education (2013), "Immigration, Youth and Education" in the Harvard Educational Review (2011), and "Youth in Participatory Action Research" in New Directions for Youth Development (2009), to give just three examples.

Yet, as noted by James (2007), while this counterstory has both theoretically and conceptually opened up a space for children and youth to speak up and participate in research, the field has yet "to engage more directly with the core issues of social theory to unleash the political and intellectual promise of positioning children as social actors" (p. 262). Much work remains to be done in transforming policy issues and practice with children and youth. The articles in this issue speak to that challenge in different ways. James (2007) also calls for more research that tells the stories of the actual pitfalls and struggles of transformation that youth voice-driven research is engaged in, stories that would help us identify some of the implied power struggles that stop youth voice research from making a difference. There also needs to be a more thorough discussion of the ethical dilemmas such research implies--a discussion which in itself may counter the systems that are currently in place. These systems need to be adapted and transformed if we are to create together an educational arena in which youth voice is not just listened to but acted upon. Youth voice research has to move beyond consultation and toward genuine collaboration--an ambitious yet imperative battle worth waging. The articles in this special issue pick up on some of these topics in their own ways and contexts of research. What unifies the articles is their focus on youth voice in educational contexts in and outside of school and the authors' shared interest in listening to and building upon youth voice and treating children and youth as agentive, reflexive agents of change. We close with a quote from Kincheloe & hayes (2007) that underlines well just how much work still remains to be done to create the kinds of educational and research environments in which youth feel safe to speak up and engage in transformation and action, work toward justice and fairness, and become change agents (Rodriguez & Brown, 2009)--a task we can only accomplish together:
   A central aspect of a critical urban education that promotes
   personal and social transformation involves creating this sense of
   belongingness to the classroom, the school, the community and
   larger social commitments such as justice and fairness for everyone
   despite their racial, class, gender or national origins. (p. 6)


We invite you to take up the challenge with us of working toward a research ethics and a practice that is respectful of youth voice as we attempt to move toward equity-driven educational practices. We invite you to read on and see for yourself how a group of researchers struggled to create "a sense of belongingness to the classroom, the school, the community" in their research with youth.

A Journey from Listening in on Talk to Exploring Voice and Agency and Embracing Change: A Brief Summary of the Articles in the Issue

The article by Malo is situated within a larger body of research that attempts to work toward educational reform and change by listening to youth. What makes her study unique is its focus on youths' perceptions of student teachers in their classrooms. Rarely are students consulted about how they experience intruders in their classroom space. In this case, it is particularly interesting to hear in youths' own voices how such intrusions destabilize everyday routines and render the positions of students and student teachers unclear. Interestingly, the students' concerns focus on the kind of learning that they may experience and how it might put them at a disadvantage in terms of their eventual performance on tests. The exchange with students clearly underlines the affectively charged nature of such intrusions in everyday routines. At the same time, the dialogue among youth suggests a certain level of disempowerment on the part of students. The data makes evident the need to rework uneven power relations among students and teachers in order to engage in true dialogue that can then become a basis for positive development and agency for all.

Downey explores children's perspectives on the factors and mechanisms that promote educational resilience. She developed a Constructed Situation Interview Protocol (CSIP), consisting of three realistic scenarios, each entailing a set of six-frame, colour line drawings, of which a composite was developed after pilot testing. That scenario was used as a means to engage the 40 children, ages 8 through 12, in a dialogue about academic success and failure. Personal interviews were also conducted, entailing talk about the students' experiences at school, helping to balance the data collection between a hypothetical and a personal scenario of academic success. The study not only revealed the children's perspective on educational resilience as a complex web of factors, pointing in important ways to the role of care in education, but also offered important insights into the dialogic nature--still too often ignored--of research with children.

Along a similar line of inquiry, Turcotte and Cloutier describe a stimulated recall method, through video, that offered them a means to understand the student mind at work during reading. They asked students to first read a text and then watch the videotaped reading session together; the video was stopped at specific moments, and students were asked to describe their thinking and the kinds of strategies they put to use. Like Meard and Guerin, Turcotte and Cloutier had students explain their actions at different moments in the video. This feedback provided rich insights into students' use of complex strategies during reading and led to the refinement of a methodology that gives voice to students.

Moussay and Flavier situate their use of video elicitation in sociocultural theory and consider video-stimulated recall as a means to engage in a dialogue among students, teachers, and researchers. They show how the teacher's interpretation of an event in the classroom differs from and contradicts at many levels the way in which it was experienced and talked about by the students. What unifies the students and the teacher is their shared commitment to opt out of education, albeit for different reasons. It certainly puts a unique lens on the overall study. The authors suggest that video elicitation is a means for all actors involved to see the same situation in new ways, which then helps reposition the students and teacher more positively toward school work.

Building further on issues tied to the relationship between the researcher and the researched, the article by Meard and Guerin explores student voice through video elicitation or video-based reflections about physical education activities to reveal the often invisible phenomena behind student interactions. They lay out carefully some of the concerns and issues video-based-reflections involve and the manner in which they may enhance the breakdown of the asymmetry between researchers and students. At the beginning, students' reflections in reaction to seeing themselves on video were emotionally heavily charged. Yet, through engagement in a sort of meta-analysis of their actions, the students were able to rethink their sports activities and thereby improve their athletic performance. The researchers also renegotiated with students the sharing of some of the video-based reflections with their teachers. Once agreed upon, such sharing helped mobilize student voice in ways not anticipated but certainly empowering to youth.

What unifies this set of articles is their treatment of student voice and listening to students as a means to understanding student thinking. Hence, student voice is treated as an "analytical heuristic" in that it offers a means to explore alternative ways of understanding students' learning and identity work as successful and engaged students. This set of articles also helps us revise interviews beyond the "neutral face-to-face conversation with a purpose" by treating them as a blending of facts and fiction and hence, as subjective. Interviews are thus understood as a dialogue that is grounded in a shared discourse of empowerment and that offers respondents opportunities to own the story being told (Gubrium & Holstein, 2003). As such, all articles offer ideas on subject positions and whose voice is being heard.

The next set of articles unpacks student voice further, focusing on youth voice and creativity, resistance and counter-hegemonic practice. Cotnam-Kappel explores youth voice in the context of school choice as it applies to French-language schools in Ontario. Cotnam-Kappel questions the term "cultural dropout," which is often used in reference to francophone students who opt to switch to an English school in Ontario. Its pejorative nature is questioned as well as the kind of research associated with it, typically entailing research by adults about and not with youth and hence ignoring youth voice. She makes the case theoretically for why youth voice and action matter, by repositioning youth as agents. Next, she examines what a youth-centered critical ethnography entails, situating it in the current literature and undertaking a critical exploration of the complex power dynamics at work that call for a repositioning of the researcher and youth. A reflexive analysis by the author of her own work as a participant observer in a classroom, and subsequent interpretation of the data, offer important insights into how the relationship between researcher and youth was negotiated and re-imagined in ways that ensured youth voice. Her article explores multiple dimensions tied to a reflexive account of ethnographic research that not only represents youth voice but also serves youth and as such embodies youth voice.

In contrast, Pepin explores children's voices through a serious unpacking of visual ethnographic research methods and visual research in the school context. Tracing the history and use of visual methods back to the early stages of ethnography, he describes the ways in which it used to be seen as an objective measure to document occurrences in the field, and alludes to changes in the form and function of video in research over time. Despite its popularity, video research raises many ethical dilemmas, which Pepin's article addresses. For instance, the point of view being targeted, emphasized, and highlighted through video is rather complex (see also Moussay & Flavier, Turcotte & Cloutier, Meard & Guyerin). Such research not only calls for a clear structure to guide video data collection by youth, but also implies shared meaning making of the data, which in itself may take many forms. It calls for important reflections about the changing positions it implies of all participants in a study, as discussed by Pepin in reference to a pilot video project with students in an elementary school. The project was aimed at documenting their ways of seeing and experiencing the management of a school store as part of their entrepreneurship program. As Pepin suggests in closing, the ethical, analytical, and technical challenges of visual research are substantial and need to be carefully explored in order for it to remain an effective tool to promote youth voice, empowerment, and action--which might too often be taken for granted.

Gonsalves tackles youth voice through the introduction of digital media activities into an out-of-school-time program in attempts to create emotionally positively charged engagement with science in a group activity usually tied to girls' issues. She begins with an exploration of the way a group of girls talks about and represents science in a video they created together, thereby hinting at issues tied to participatory video making in which youth are positioned as co-producers (Luttrell, Restler, & Fonatine, 2012). Gonsalves also makes a link between the expression of youth voice and positive emotional engagement in science and shows the ways in which interaction rituals that begin with students' funds of knowledge and interests--and as such become spaces demarcated from others where science gets done--can lead to the construction of sacred practices, objects, and representations of science. This led to empowerment and solidarity among youth locally, while engagement with science became authentic, given its grounding in youth voice. Her paper makes the case that youth voice-driven learning environments would make for relevant education in the eyes of youth, while their legitimacy, however, remains questioned in science education at large.

Through a video ethnography over time, Rahm and colleagues report on two girls' engagement with science in a girls-only afterschool program. Like Gonsalves, the authors explore how youth voice is embodied in a complex interrelationship among the two girls' self-perceptions, their dispositions toward science, and the forms of participation they sought out or ignored over time, all of which led to two distinct learning trajectories, each attesting to youth agency in a different manner. The research draws on many data sources to offer a holistic picture of each girl's educational trajectory. Yet, the two case studies are also grounded in, and emerge from, a complex dialogue among the authors of the paper, with the third author co-authoring her own story and the story of her peer. The writing of the paper thus became a shared endeavour with the goal of also bringing youth voice to the analysis and reporting of the data. Hence, while we learn about the kinds of conditions in place at ScienceGirls that support the enactment and expression of youth voice, we are also confronted with ethical issues tied to collective data analysis and reporting.

Building further on the ethical issues that youth voice participatory research raises, Garakani explores the co-production of data through various means--poster, story, film, etc.--in the context of a participatory action research project with Inuit youth and community in Nunavik. Grounded in decolonizing methodologies in research with Indigenous and Aboriginal communities, Garakani describes a collaborative research project, driven by dialogue among researcher and researched but also by the goal to support policy change and action in ways relevant and beneficial to those involved. In line with such a grounding of the study, it also implies a repositioning of the literature on Inuit resilience as both a positive force behind school engagement and survival over time and a counterstory to narratives that still circulate and slow down progress on many fronts. Garakani describes some of the many challenges that creating the conditions for such a participatory approach entails, and calls for the need to unpack and be open to varied levels of engagement among the participants at different stages of the research process, grounded in and guided by flexibility and sensitivity to the research context. Garakani also describes the ethics procedures that had to be transformed and made culturally relevant and the meaning that the term "informed consent" took for the students involved. Next, she describes the implementation of diverse research tools, such as observations, screen shots, focus groups, and the writing of a collective story, to name some, and how they offered a means to represent and foreground youth voice. The use of multiple research tools was seen as essential to reaching youth and to gaining a glimpse of the issues at stake.

The next set of articles addresses issues of race and ethnicity grounded theoretically and conceptually in youth voice, and participatory research methods driven by social justice. Thesee and Carr offer a succinct overview of critical pedagogy and postcolonial theory and the manner in which those lenses help bring to the foreground black youths' experiences in "racialized" educational contexts--lenses that have been marginalized within the larger discourse in education in the francophonie. Like Garakani, the authors subscribe to a dialogue of action and transformation and distance themselves from the literature that offers an unfavourable picture of black youths' educational achievements, far removed from research questions that would make their voices heard and that could lead to emancipation and empowerment. They lay out what a positioning of critical race research implies by mobilizing critical pedagogy and critical epistemology and calling for an understanding of black youth's educational experiences with them, as grounded in their everyday practices and perspectives.

Building on a sociological grounding of youth voice research with a hidden link to critical race theory, Lafortune explores Haitian students' autobiographical accounts of their school experiences. Her paper tells the complex story of one student they interviewed numerous times in order to document his presenting himself as a student who does well in school. The voice and picture they gathered by listening to him, however, was strongly contradicted by the accounts the research team obtained from his mother, teacher, and community worker. The paper makes the case for careful examination of youth voice in the larger context. Given the paper's focus on one youth and that youth's positioning of self as a successful student, the research team arrived at a story that was at odds and quite different from the one they later gathered from the others involved in the educational journey. The author calls for a more critical study of youth voice and discusses just how complex it might be to truly represent youth and their educational trajectories--how they figure it and how others figure it with them, an issue Thesee and Carr also hint at.

Livingstone, Celemencki, and Calixte report on the results of a youth participatory action research project (YPAR) with black high school students who had an opportunity to speak up on issues that matter and make educational success a possibility. One of the actors was also involved in the write-up of the paper and listed as co-author--which attests to a form of participatory research that made the inclusion of the actors in all steps of the research mandatory, beginning with research question formulation, collaborative data gathering, analysis, and reporting. However, the authors also offer a detailed picture of the challenges such research implies, especially in terms of transformation at a policy level. In conclusion, the story illustrates well the ways in which methodology can transform lives and offers us a glimpse into the kind of research that needs to become more mainstream in education.

Together, the articles raise many questions and issues that need to be taken more seriously as we move toward an era of research and education driven by, and inclusive of, youth voice and respectful of the rights of children and youth.

References

Best, A. L. (2007). Introduction. In A. L. Best (Ed.), Representing youth: Methodological issues in critical youth studies. New York, NY: New York University Press.

Blanchet-Cohen, N., & Rainbow, B. (2006) Partnership between children and adults? The experience of the International Children's Conference on the Environment. Childhood, 13(1), 113-126.

Bragg, S. (2007). Consulting young people: A review of the literature. Arts Council, London, England: Creative Partnerships.

Gubrium, J. F., & Holstein, J. A. (2003). Postmodern interviewing. Thousand Oaks, CA: Sage.

James, A. (2007). Giving voice to children's voices: Practices and problems, pitfalls and potentials. American Anthropologist, 109(2), 261-272.

Kincheloe, J. L., & hayes, k. (2007). Teaching city kids: Understanding and appreciating them. New York, NY: Peter Lang.

Rodriguez, L. F., & Brown, T. M. (2009). From voice to agency: Guiding principles for participatory action research with youth. New Directions for Youth Development, 123, 19-34.

Luttrell, W., Restler, V., & Fontaine, C. (2012). Youth video-making: Selves and identities in dialogue. In E. J. Milne, C. Mitchell, & N. de Lange (Eds.), Participatory Video Handbook (pp. 164-176). Latham, MD: AltaMira Press.

Annie Malo & Jrene Rahm

Universite de Montreal
COPYRIGHT 2014 Canadian Society for the Study of Education
No portion of this article can be reproduced without the express written permission from the copyright holder.
Copyright 2014 Gale, Cengage Learning. All rights reserved.

Article Details
Printer friendly Cite/link Email Feedback
Author:Malo, Annie; Rahm, Jrene
Publication:Canadian Journal of Education
Geographic Code:1CANA
Date:Jul 1, 2014
Words:7677
Previous Article:The Method of SharedConcern: A Positive Approach to Bullying in Schools.
Next Article:<>: apports d'une perspective interactionniste strategique pour comprendre le point de vue d'eleves au secondaire sur...
Topics:

Terms of use | Privacy policy | Copyright © 2019 Farlex, Inc. | Feedback | For webmasters