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La synodalite dans l'Eglise locale.

Resumen: La sinodalidad de la Iglesia local puede pensarse solo a partir de una solida teologia de la Iglesia local. Aunque el Concilio Vaticano II no ofrecio una exposicion completa dedicada a la Iglesia local, sin embargo contiene Importantes materiales para elaborarla, En particular, presenta la accion liturgica como un modelo para pensarla desde ella. Esta accion se estructura en la Interdependencia entre quien preside y la participacion activa y consciente de todos. Esta misma estructura se encuentra en la vida sinodal que implica la conspiratio entre quien preside y los demas miembros de la Iglesia.

Palabras clave: Iglesia local, Sinodalidad, Vaticano II.

Abstract: The synodality of the local church could be considered only from the standpoint of a solid theology of the local church. Although the Second Vatican Council does not offer an exhaustive exposition of the local church, it does provide important materials for Its elaboration. The Council specifically presents the liturgical action as a model with which one can consider the local church. It is an action structured by the interdependence between the one who presides and the active and conscious participation of all. This very structure can be found In the synodal life that entails the conspiratio between the one who presides and the rest of the members of the Church.

Keywords: Local Church, Synodality, Vatican II.

Synodality In the Local Church

Le concile Vatican II a tourne les yeux du monde sur les eveques reunis dans Y aula conciliaire. De meme, les debats parfois acrimonieux sur la collegialite episcopale ont monopolise l'attention. Ainsi, autant l'evenement conciliaire que ses debats ont conduit a penser que le concile s'est beaucoup occupe de la collegialite episcopale et fort peu de la synodalite de l'Eglise locale, meme si son enseignement a remis en avant la realite primordiale du peuple de Dieu. En effet, meme si Vatican II n'a pas voulu etre la continuation et l'achevement de Vatican I, l'une des preoccupations dominantes des Peres fut de trouver un nouvel equilibre entre le pape et les autres membres du college, question dont le traitement avait ete laissee en suspens en raison de I'interruption du concile Vatican I qui avait du se satisfaire d'approuver la Constitution Pastor Aetemus, laissant de cote le reste de son programme ecclesiologique.

Certains ont regrette que Vatican II ait pense l'Eglise a partir d'une perspective universaliste, negligeant du coup l'importante affirmation de Lumen gentium qui veut que c'est a partir des Eglises particulieres et en elles que se realise l'Eglise catholique (in quibus et ex quibus una et unica Ecclesia catholica exsistit [LG 23]). On a parfois deplore que la theologie de l'Eglise locale n'ait ete qu'esquissee dans les documents conciliaires. (1)En fait, on etait assez peu prepare a affronter cette question puisque la theologie preconciliaire l'avait a peine traitee (2). Gonzalez de Cardedal remarque pertinemment que <<la distance temporelle existante entre ces synthese naissantes et la celebration du Concile fut trop courte pour que la theologie de l'Eglise locale puisse penetrer le Concile comme un principe integrateur et une cie de systematisation. L'idee que l'Eglise locale est la presence reelle de l'Eglise universelle est forgee en marge de la redaction generale de Lumen Gentium>> (3).

Neanmoins, le premier document de Vatican II, la constitution sur la liturgie, ouvrait la voie en presentant la celebration de l'eucharistie autour de l'autel unique et presidee par l'eveque comme la plus haute manifestation de l'Eglise (SC 41). II ne s'agit pas simplement d'un texte fondateur pour la theologie de l'Eglise locale, mais cet enseignement ouvre egalement, comme on l'explicitera plus loin, des perspectives sur la synodalite de l'Eglise locale, par le fait qu'il met en valeur la <<participation pleniere et active de tout le saint peuple de Dieu>> a Faction unique de toute l'Eglise, presidee par l'eveque, <<entoure de son presbyterium et de ses ministres>>. Est ici esquissee une figure de l'Eglise qui insiste sur la conspiration (conspirado) de tous a la mente action presidee par l'eveque.

La Constitution Lumen gentium n'offre pas quant a elle d'expose systematique sur l'Eglise locale et sur sa vie synodale. Plusieurs ont regrette que <<dans cette constitution conciliaire dont tout le theme est l'Eglise, l'Eglise locale ne trouve de place reelle que dans ce paragraphe>> et dans quelques autres mentions rapides alors <<que Fon se serait attendu legitimement a ce que la constitution sur l'Eglise le fasse ex professo>> (4). II a fallu attendre les amendements au schema De Ecclesia, entre la deuxieme et la troisieme session, pour que le theme de l'Eglise locale refasse surface, dans un ajout au numero 26 traitant de la fonction de sanctification des eveques. (5) Ici encore, c'est la prise en compte de Faction liturgique et la consideration de la celebration de Feucharistie qui conduit a mettre en valeur FEglise locale.

Malgre cette absence d'expose ex professo sur FEglise locale, la possibilite de comprendre l'Eglise a partir d'une Eglise locale concrete s'avere l'un des acquis majeurs de l'ecclesiologie de Vatican II, meme si cela est encore a l'etat germinal plus qu'a l'etat d'achevement. Avec d'autres, Karl Rahner croit que cette proposition constitue un des apports les plus neufs de Vatican II (6), alors que certains ont qualifie ce tournant de <<revolution copernicienne>> (7).

Le concile Vatican II offre done, meme s'il ne presente pas d'enseignement ex professo sur le sujet, des fondements theologiques solides et des materiaux abondants pour penser FEglise locale et sa vie synodale. En abordant la question de FEglise locale dans le contexte du munus sanctificandi de Feveque, il offre d'abord un modele heuristique concret, la celebration de Feucharistie, pour comprendre FEglise locale et penser Finterdependance entre les personnes dans FEglise et leur participation differenciee a une activite commune de cette Eglise. De plus, il pense l'interrelation entre les personnes dans FEglise en mettant en avant des attitudes, des pratiques et des figures institutionnelles.

1. L'EUCHARISTIE COMME MODELE HEURISTIQUE

L'affirmation de Vatican II suivant laquelle la principale manifestation de FEglise consiste dans la celebration eucharistique presidee par Feveque entorne de son presbyterium et de ses autres ministres et rassemblant autour de l'autel unique et dans une meme priere tout le saint peuple de Dieu qui y participe de maniere pleniere et active est a prendre au serieux (8). Cette vision des choses, solidement ancree dans la tradition, remise en avant par le mouvement liturgique et consacree par Paul VT (9) et Jean-Paul II qui la recoit et la developpe (10), represente une proposition methodologique determinante lorsqu'il s'agit de penser l'Eglise et sa vie synodale. Le passage par 1'exploration du processus liturgique, chemin trop rarement pratique, ne nous eloigne pas de notre but qui est de penser la synodalite de l'Eglise locale, puisque la liturgie, et eminemment la celebration eucharistique, qui engage la participation diversifiee de tous les baptises, membres actifs du Corps du Christ, met en oeuvre les dons de l'Esprit dans leur diversite et est finalisee par la glorification de Dieu. (11) Le passage du munus sanctificandi au munus regejidi, de la synaxis au synodos, ne peut done que s'averer feconde.

Le numero 11 de Lumen gentium, sur l'exercice du sacerdoce commun dans la liturgie, suivi de developpements similaires sur l'exercice de ce meme sacerdoce dans le cadre des fonctions prophetiques et royales (nn. 12 et 13), est aussi suggestif du rapport entre le munus sanctificandi et le munus regendi ou de l'importance du lieu liturgique pour penser l'Eglise.

Dans la liturgie, comme l'a montre Y. Congar, c'est YEcclesia qui est l'unique sujet de Faction (12). Cette action du peuple tout entier est structuree, chacun y jouant le role qui lui revient. La structure fondamentale de cette assemble est constituee par le ministere de presidence de Feveque, la collaboration du presbyterium et des autres ministres, mais avant tout, par la participation active de tous comme le presente le n. 41 de Saa'osanctum concilium qui insiste sur le fait qu'il s'agit d'une action unique, commune a tout le peuple: <<les memes celebrations>>, <<la meme eucharistie>>, <<une seule priere>>, <<l'autel unique>>. A cette action commune contribuent, dans une conspiration, des personnes exercant une diversite de fonctions: participation active de tous, presidence de l'eveque, collaboration du presbyterium et des autres ministres. La structure <<un, tous, quelques-uns>>, qui organise ce peuple et s'exprime a travers une activite commune, se degage clairement. La realisation de cette action commune commande cette participation differenciee. L'eveque, a lui seul, ne peut pas realiser Taction liturgique qui est la principale manifestation de l'Eglise locale. En effet, la celebration de la messe par un pretre seul a souvent ete reprouvee. Ainsi, par exemple, au VTIL siecle, Chrodegang de Metz declarait illegitime une telle celebration (13). Certes, par la suite, a l'encontre de ce genre d'arguments, on soutiendra une perspective plus spirituelle des rites (14) et bientot une conception universaliste de Feucharistie celebree par un seul in totius Ecclesiae persona, YEcclesia etant alors comprise comme la communaute entiere des fiddles du Christ de tous les pays (15). Cependant, la comprehension de la celebration qui engage l'interdependance entre celui qui preside a une Eglise et les membres de cette Eglise subsista jusqu'a tout recemment dans le Codex inris canonici. En effet, suivant le canon 813 [seccion] 1 du Codex de 1917, <<Le pretre ne celebrera pas la messe sans ministre qui le serve et lui reponde>>. Le rituel presentait ainsi cette relation typique entre celui qui preside et l'assemblee qui donne son assentiment, comme structurante de Fassemblee chretienne. II s'agit de ce que Fon peut appeler le fondement sacramentei du droit ecclesial.

Cette interdependance et cette conspiration se manifestait aussi lorsque, pour la deuxieme fois au cours de la celebration, le pretre se tournait vers 1'assemblee et, d'une voix plus elevee, disait: <<Orate, fratres, ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiat apud Deum Patrem omnipotentem>>. De plus, l'usage de la forme plurielle du verbe ojferre (ojferimus) pour designer Faction eucharistique, et qui n'etait pas un pluriel de majeste, montre clairement que cette action est celle de toute FEglise, ministre et circumstantes. Ainsi, encore au XII1 siecle, l'auteur du Liber Sententiarum et Pierre Lombard dans ses Sentences soutenaient qu'un pretre depose ou excommunie ne pouvait consacrer validement, car il ne pouvait plus dire ojferimus, mais seulement offero (16).

La question du sujet de Faction liturgique est reprise a Vatican II. II est interessant de reconstruire Viter redactionnel de Sacrosanctum concilium. Le premier schema se limitait a affirmer que les fideles <<offrent avec le pretre le sacrifice, en s'offrant eux-memes>>. Le textus emendatus s'appuyant sur Mediator Dei, precise que les fideles participem au sacrifice, <<non seulement parce qu'ils offrent le sacrifice par les mains du pretre, mais aussi en s'offrant eux-memes en union avec celui qui offre>>. Le relator renvoie a l'encyclique Mediator Dei et a ce que nous lisons dans le Canon de la Messe: <<nous t'offrons pour eux ou ils t'offrent pour eux-memes>> (AS II/V, p. 581). Toute cette tradition liturgique indique que la reponse des autres membres de FEglise ou leur conspiration a Faction de celui qui preside etait consideree conune necessaire.

Cette vision des choses suivant laquelle les actions communes dans FEglise engage une interdependance entre Fun et le tous, un consentement des autres fideles a l'egard de Faction de Fun, a ete obscurcie au cours des siecles. L'accent s'est deplace vers Faction solitaire de Fun, sans presence, reponse et participation correspondante de tous les fideles a son action propre. Ceci entraine, ou denote a tout le moins, un obscurcissement de Faspect ecclesial concret de la priere formulee et de l'offrande presentee au nom des circumadstantes et meme par ceux-ci.

Cette representation concrete de l'Eglise orante, tiree du munus sanctificandi, est utile pour imaginer, dans le champ du mimas docendi et du manas regendi les rapports typiques qui s'instaurent entre les personnes dans l'Eglise et la conspiratio fidei dans la vie synodale de PEglise locale.

2. LA VIE SYNODALE COMME PARTICIPATION DE TOUS A UNE ACTION UNIQUE ET EXPRESSION DE L'lNTERDEPENDANCE ENTRE LES PERSONNES DANS L'EGLISE

Le rituel qui gouverne Paction liturgique et qui definit les relations dynamiques entre les personnes dans le corps ecclesial est analogue a la procedure appelee a regir Passemblee synodale et a definir le rapport d'interdependance entre le caput et le corpus dans Passemblee synodale ou conciliaire. La vie synodale de PEglise locale obeit au meme droit fondamental qui a un fondement sacramentei et doit exprimer la nature de PEglise. Au plan juridique, ce rapport d'interdependance entre celui qui preside et Pensemble des fideles (un et tous) s'exprime de la maniere suivante: <<Dans le synode diocesain PEveque diocesain est Punique legislateur, les autres membres du synode ne possedant que voix consultative; lui-meme signe seul les declarations et les decrets du synode qui ne peuvent etre publies que par son autorite>> (CIC 1983: c. 466) La loi promulguee par Peveque est synodale. II ne peut s'agir d'un decret episcopal, qui n'aurait pas ete elabore synodalement. Par ailleurs, Passemblee a elle seule ne peut pas promulguer les decisions qu'elle a contribue a produire. En d'autres termes, la voix personnelle de Peveque assume le discernement communautaire et le sanctionne de son autorite apostolique; il Pinclut aussi dans la communion des Eglises. L'acte du discernement est commun et il est synodal. Chacun y prend part ety joue son role propre. Deja en 1953, Y. Congar affirmait que le regime concret de PEglise est determine par l'union du principe hierarchique et du principe communautaire (17).

Du reste, certains elements, par exemple les acclamations et les <<Amen", se retrouvent aussi bien dans le cadre liturgique que dans le cadre synodal. Dans le cadre liturgique, le <<Amen>> represente, suivant les termes d'Augustin, la souscription de l'ensemble des fideles a Faction de celui qui preside (18). Ce qui est engage dans cette souscription, ce n'est pas la validite de Faction posee par celui qui preside, mais cette souscription scelle en quelque sorte le caractere ecclesial de cette action. Dans ce dialogue, le ministre qui preside et les autres fideles manifestem leur cooperation et leur conspiration. Ils realisent visiblement Funite du sujet de Faction qui est commune.

3. DES FONDEMENTS THEOLOGIQUES A LA VIE SYNODALE D'UNE EGLISE LOCALE

Vatican II n'a pas fourni seulement les fondements theologiques de la synodalite de FEglise locale en developpant une theologie de FEglise locale ancree dans Faction liturgique. II a aussi, par touches successives, mis en avant les elements necessaires a une veritable pratique de la synodalite. Celle-ci comporte plusieurs aspects: elle engage d'abord des attitudes, ou ce que Fon pourrait appeler egalement des vertus. Elle s'actualise a travers des pratiques et des figures institutionnelles.

Le theologien Bernard Frank concluait que F"esprit synodal>> engage <<l'ecoute reciproque, l'echange et la communication, le partage et la solidarite, le desir d'aboutir a un consensus, a une conviction commune. II y faut la volonte de collaborer et de cooperer, d'accepter et d'accueillir, de dormer et de recevoir. Cela suppose des relations impregnees de respect et de charite, d'humilite et de pauvrete. Tel est Fesprit "synodal">> (19). Ceci dit, il ne faut pas se contenter d'en appeler a Fesprit synodal. Le <<principe constitutionnel>> doit egalement arriver a s'actualiser dans des pratiques qui, a leur tour, ont besoin d'etre portees par des figures institutionnelles et qui font appel a des procedures. On ne peut y echapper. La synodalite, qui est une dimension constitutive de l'Eglise et qui appartient a sa nature meme, appelle done des pratiques, des figures institutionnelles et des procedures qui en permettent la realisation. Autrement, elle est reduite a un vague sentiment. Animee par un esprit, elle connait des manifestations exterieures. J'irai done, de ses formes exterieures jusqu'a l'exploration de son interiorite, dans le developpement qui suit.

a) Des pratiques et desfigures institutionnelles

Vatican II a articule de maniere remarquablement coherente pratiques et figures institutionnelles. J'en fournis deux exemples, le premier tire du decret Presbyterorum ordinis:

<<Qu'ils [les eveques] sachent les [les pretres] ecouter (audiant) volontiers, les consulter (consultant) meme, et parler avec eux (cum eis colloquantur) de ce qui concerne les exigences du travail pastoral et le bien du diocese. Pour que cela devienne effectif, on etablira [...] une commission ou senat de pretres [...] representant le presbyterium--, le droit aura a determiner la structure et le fonctionnement de cet organisme qui devra etre en mesure d'aider efficacement 1'eveque de ses conseils pour le gouvernement du diocese>> (P07).

On trouve ici, d'une part, des pratiques, celle de 1'ecoute, de la consultation et du dialogue et, d'autre part, une figure institutionnelle apte a realiser la synodalite. Trois actions ou pratiques decrivent concretement ce qu'est le dialogue: exprimer son avis, ecouter, prendre conseil. Examinons de plus pres ces diverses actions qui construisent des rapports d'interdependance entre les pasteurs et les laics. Le devoir d'ecoute apparait pour la premiere fois au n. 27 de Lumen gentium, consacre a la fonction de gouvernement de l'eveque. Ce devoir des pasteurs connait un devoir reciproque des laics, celui de <<manifester leur sentiment en ce qui concerne le bien de l'Eglise>> (20).

De son cote, le decret Christas Dominas demande aux eveques d'ecouter leurs pretres afin de progresser vers une pastorale d'ensemble dans le diocese. Quant aux pretres, le decret Presbyterorum ordinis leur demande d'<<ecouter volontiers les laics, tenir compte fraternellement de leurs desirs, reconnaitre leur experience et leur competence dans les differents domaines de l'activite humaine pour pouvoir avec eux lire les signes des temps>> (PO 9) et les cures sont appeles a prendre conseil de leur <<vicaire>> (CD 30). Ainsi, aucun membre de TEglise locale n'est isole des autres dans l'exercice de sa fonction. Le gouvernement pastoral ne peut faire l'impasse sur la necessite d'ecouter les autres membres de l'Eglise et d'inclure leur sentiment et leur avis dans son acte de discernement. Le decision taking, qui revient a celui qui preside a une Eglise locale, s'accompagne d'un processus de decision making qui inclue la participation des autres membres de l'Eglise. Une Eglise locale connait done un regime de conseils ou la parole des pretres et des laics peut etre entendue reellement, non pas simplement <<par mode de rite>>, mais <<d'une facon reelle>>, la voix de l'ensemble des fideles (de tous et de quelques-uns) etant assumee et incluse dans la parole de celui qui preside (l'un) (21). En effet, dans les passages examines, l'ecoute de l'un et l'expression de tous dans la consultation et le dialogue construisent l'interrelation et l'interdependance entre le ministere de l'un et la participation de tous. A travers le dialogue, <<les nombreux>> deviennent presents a Taction ou a la parole de Tun qui conclue ce processus synodal. D'autre part, ils indiquent la finalite d'un tel dialogue, la fecondite de Taction pastorale en son coeur, Tannonce de TEvangile.

Ces pratiques, qui peuvent etre diffuses et informelles, s'inscrivent toutefois de maniere formelle dans des cadres juridiques ou des figures institutionnelles. A travers les siecles, elles se sont inscrites dans deux principales figures: les assemblees et les conseils. Ces figures representent en quelque sorte les formes elementaires de la vie synodale. Toutefois, Thistoire nous Tenseigne, ces deux formes fondamentales connaissent des realisations diversifies, a travers le temps et Tespace. Les assemblees du presbyterium ou les conciles provinciaux ont connu diverses realisations au cours des ages. Cette diversite des formes est manifeste lorsque Ton examine les differentes actualisations en Orient et en Occident, ce qui donne a penser que les cultures particulieres inspirem et determinent pour une part ces figures, ce qui est vrai, notamment pour les conciles oecumeniques. Malgre les tendances central i satrices a l'oeuvre dans TEglise catholique a travers Thistoire, celle-ci, a divers degres, a toujours amenage une place aux coutumes propres de certains lieux. L'un des principaux obstacles a la reviviscence de la vie synodale de TEglise locale est probablement la difficulte devant laquelle on se trouve aujourd'hui de donner un mode d'expression culturellement adequat a l'expression du corps ecclesial dans divers contextes cultureis. Ce qui est en jeu ici c'est l'emergence de figures institutionnelles plausibles dans une culture. Deux imperatifs commandent cette invention de nouvelles formes a partir des formes elementaires que sont l'assemblee et le conseil: (1) un profond enracinement dans le droit fondamental (sacramentei) de l'Eglise, de maniere a ne pas seculariser ou mondaniser sa figure et (2) une reelle prise en compte des diverses cultures, de maniere a ce que les formes institutionnelles n'apparaissent pas archai'ques et ne soient pas simplement inoperantes dans un nouvel univers culturel ou s'inscrit l'Evangile.

b) Des figures institutionnelles adaptees aux cultures

A ce chapitre, on peut dire que Vatican II renverse une tendance centralisatrice seculaire en reconnaissant le droit propre des Eglises orientales. Cependant, meme si Vatican II comporte quelques ouvertures en direction de l'adaptation des formes liturgiques et de la reconnaissance d'une diversite de formes de vie ecclesiale en fonction des cultures et du genie propre des diverses nations (22), il ne prend pas encore suffisamment en compte le fait que l'Eglise, qui s'inscrit desormais dans les diverses cultures du monde, pourra difficilement actualiser le principe synodal de maniere identique, a travers le monde. Les figures institutionnelles, non seulement dans les domaines du rminus sanctificandi et du munus docendi, ne sont pas universelles et, de ce fait, ne sont pas de tous les temps et de tous les lieux. Conscients de cette diversite, les Peres synodaux, au cours de la discussion sur la revision du Code de droit canonique lors de la premiere assemblee ordinaire du Synode des eveques en 1967, s'etaient poses les questions suivantes:

<<III. Un seul Code pour toute l'Eglise? Ou deux ou plus encore, un pour l'Eglise latine et les autres Eglises orientales? Des theses opposees, defendues avec une ardeur egale, on conclut que la these d'un code unique n'est pas mure. [...].

IV. Le principe de subsidiarite est favorablement accueilli par tous; [...]. Que le Code soit unique pour FEglise latine, mais qu'il permette, ou meme exige, des statuts particuliers, selon les situations multiples de temps et de lieu>> (23).

Dans la situation actuelle, Funique Codex de l'Eglise latine regit les Eglises d'Afrique, d'Asie, de l'Amerique du Nord, de l'Europe et de l'Amerique latine. Tous ces espaces humains ne sont pas homogenes du point de vue des coutumes de deliberation et de prise de decision. La question actuelle est done celle de la plausibilite d'une figure institutionnelle adequate pour la realisation concrete de la synodalite dans des espaces cultureis differencies. Le Codex actuel fait souvent usage de lois cadres, ce qui est le cas notamment au chapitre des synodes diocesains. Ceci dit, si Fon veut reellement revivifier la pratique synodale, on doit inviter les conferences episcopales a reflechir aux formes concretes et aux figures institutionnelles qui seraient en mesure de la favoriser dans un espace socio-culturel donne et de proposer explicitement Fusage de ces formes sur leur territoire. La responsabilite de dessiner, en reference aux deux formes historiques que sont les assemblees et les conseils, des figures institutionnelles plausibles dans un espace culture! donne devrait etre de la competence des conferences episcopales.

Il est interessant de relire, sous cet aspect le passage de Presbyterorum ordinis qui prescrit la constitution d'un conseil du presbyterium: <<on etablira, de la maniere la plus adaptee aux conditions et aux besoins actueis (24), une commission ou senat de pretres dont le droit devra determiner la structure et le fonctionnement>> (PO 7). L'exigence d'adaptation aux conditions et aux besoins actueis, reprise en note, est fermement enoncee. Elle ne l'est pas moins lorsque les textes conciliaires traitent des conseils pastoraux, enumerant <<les cooperateurs de Feveque dans le gouvernement du diocese": <<les pretres qui constituent son senat ou son conseil, [...], du groupe des consulteurs, ou d'autres conseils, selon les circonstances ou la diversite des lieux (secundum diversorum locorum circumstantias vel indolem). Ces institutions, les chapitres cathedraux surtout, devront, autant qu'il est necessaire, recevoir une nouvelle organisation, adaptee aux besoins d'aujourd'hui (necessitatibus hodiemis aptatae)>>. La meme injonction a Padaptation etait formulee au numero traitant de la reviviscence des synodes et des conciles particuliers (CD 37). Un travail en vue d'une telle adaptation a ete realise dans les annees qui ont suivi le concile (25). De plus, les statuts locaux et les lois diocesaines regissant la tenue des synodes diocesains ont permis d'introduire certaines adaptations. Toutefois, bien que le Codex ne presente en fait qu'une loi-cadre sur les conseils du presbyterium et les conseils pastoraux, on doit constater que nous ne sommes pas encore alles au bout de cette necessaire adaptation aux conditions et aux besoins actueis, cela dans toutes les aires culturelles dans lesquelles s'inscrit desormais PEglise catholique. Or, la reviviscence de la synodalite requiert des formes institutionnelles adaptees.

c) Des procedures adequates

Vatican II, on Pa vu, n'a pas neglige la dimension institutionnelle de PEglise, se contentant d'exposer des principes theologiques, comme on l'a dit parfois. Cependant, il ne va pas jusqu'a suggerer des procedures, meme si Pon sait que la simple proposition de cadres institutionnels ne garantit pas une pratique synodale effective. En effet, ces figures ne sont rien d'autres que des espaces d'echange, de confrontation des points de vue, de maturation des idees et de dialogue. II faut qu'elles soient habitees et qu'elles trouvent dans les procedures et reglements internes, leur complement naturel qu'elles appellent. Aussi, Pactualisation de la synodalite exige des procedures et le decision making s'inscrit dans un processus adequat de prise de decision. II appartient au droit, et souvent au droit particulier, d'elaborer des procedures appropriees qui regissent les pratiques et permettent un fonctionnement harmonieux des figures institutionnelles (conseils, assemblees, etc.). Ces procedures sont de divers ordres: dies doivent favoriser la diffusion la plus complete de l'information, permettre la consultation et l'expression sereine des divers points de vue, soutenir l'etude conduisant a la maturation des idees, encadrer l'echange et la deliberation conduisant a la prise de decision, encourager la retroaction permettant la comprehension des orientations prises, etc. Les procedures invitent a la rencontre, a l'echange et au dialogue, en etablissant des relations et des rapports typiques entre les personnes.

La aussi, il y a des coutumes propres aux divers espaces cultureis dans lesquels s'inscrit l'Eglise catholique. Des theologiens, des juristes, des specialistes des sciences des organisations et de la gestion et des anthropologues devraient, dans chaque grands espaces cultureis etre en mesure de travailler ensemble afin de proposer des procedures dont pourraient s'inspirer les Eglises locales et susceptibles de revivifier la synodalite sur le plan diocesain et infra diocesain (paroissial ou regional).

d) L'interiorite spirituelle et relationnelle de la synodalite: des attitudes fondees dans les sacrements

Ce processus de consultation et d'echanges ne doit pas simplement etre formei. En effet, la mise sur pied de conseils n'est pas suffisante si l'on veut garantir la vie synodale d'une Eglise locale. En effet, on peut se livrer au jeu de l'echange et du dialogue, sans jamais assumer, au terme, les preoccupations qui se sont exprimees au cours de l'echange. La vie synodale exige done un autre element, une disposition a entendre, c'est-a-dire a prendre au serieux et a accueillir avec sympathie, ce qui est dit. II s'agit-la d'une attitude. La synodalite ne se reduit done pas a une mecanique formelle, comme si la mise en place de figures institutionnelles et la mise en oeuvre de procedures et de pratiques consequentes suffisaient pour que Ton en vive. Au contraire, elle peut exister egalement la ou des processus formeis ne sont pas etablis. A ce niveau infrainstitutionnel, elle depend largement d'une capacite d'ecoute et d'une disposition a apprendre des autres. Elle repose, chez ceux qui exercent la fonction de presidence, sur la comprehension de leur ministere et sur la conscience que le role de presidence de l'Eglise de Dieu, qui est confiee au ministre ordonne, ne le separe pas (ne l'autonomise pas) des autres membres de PEcclesia Dei. Ainsi, la synodalite, qui fait appel a des attitudes et procede d'un esprit, depend largement des competences relationnelles de ceux qui exercent des charges et de leur capacite de se situer comme des freres, des amis, des collaborateurs et des cooperateurs.

Cette question relationnelle est frequemment affrontee dans l'enseignement de Vatican II. Je l'illustrerai en me limitant ici a un seul exemple. Avant d'aborder les pratiques et de mettre en avant une figure institutionnelle favorisant la vie synodale, le n. 7 de Presbyterorum ordinis aborde la question des relations entre les eveques et les pretres. Ce developpement commence par l'affirmation de la commune participation au sacrement de Pordre avant d'en venir a la question du dialogue entre pretres et eveques: <<Tous les pretres, en union avec les eveques, participent a Punique sacerdoce et a Punique ministere du Christ; c'est done Punite meme de consecration et de mission qui redame leur communion hierarchique avec l'Ordre des eveques. [...] II faut done que cette communion dans le meme sacerdoce et le meme ministere amene les eveques a considerer les pretres comme des freres et des amis [...]. Qu'ils sachent les ecouter volontiers, les consulter meme, et parler avec eux de ce qui concerne les exigences du travail pastoral et le bien du diocese>>. L'examen de Viter redactionnel de ce texte nous indique que ce n'est que dans le textus emendatus, distribue aux Peres en novembre 1964 (la quatrieme version du schema), qu'on approfondit cette reflexion. Le De Clericis faisait bien mention, au passage, d'un lien de subordination entre le pretre et son eveque et des relations fraternelles entre les pretres, mais ne parvenait pas encore a approfondir les liens typiquement chretiens qui naissent de la participation aux memes sacrements et a Pappartenance au meme corps. La conversion evangelique des relations entre les personnes est au fondement de la vie synodale dans tine Eglise locale. II s'agit de bien comprendre la fonction pastorale de PEglise et ne jamais sombrer dans le clericalisme souvent denonce par le pape Francois et qui conduit a isoler les pasteurs de Pensemble des fiddles. Dans sa lettre du 9 mars dernier au cardinal Ouellet, a titre de president de la Commission pour PAmerique latine, le pape Francois articule le lien qui doit unir pasteur et l'ensemble des fideles. <<Le pasteur est pasteur d'un peuple, et ce peuple, il doit le servir de l'interieur. Le plus souvent on avance en ouvrant le chemin, mais d'autres fois il nous faut revenir sur nos pas pour que personne ne reste en arriere, et il n'est pas rare de devoir rester au milieu pour bien entendre le cceur des gens>>.

On le constate, il ne s'agit pas simplement d'un lien de nature affective, entendu au premier niveau. Ce lien a un fondement sacramentei et renvoie a la communion. II s'agit d'arriver a considerer l'autre comme un <<frere>> et <<ami>>, comme un <<collaborateur>> ou un <<cooperateur>>. Ces termes reviennent frequemment pour decrire les relations entre Peveque et les pretres. On dira, par exemple, que les pretres sont les <<cooperateurs avises de Pordre episcopal" (LG 28); que <<Peveque ..., doit considerer les pretres, ses cooperateurs, comme des fils ...>> (LG 28) ou que les pretres sont <<les cooperateurs prudents de l'ordre episcopal>> (CD 15 et 28). Ce dernier document, au 27, les mentionne au premier rang <<parmi les cooperateurs de l'eveque dans le gouvernement du diocese>> ou souligne qu'ils sont <<parmi les plus proches cooperateurs de 1'eveque>> (CD 29) (26). A peu pres tous ces passages renvoient a l'ordination comme fondement de cette relation nouvelle. Enfin, le terme <<cooperation>> definit egalement les relations entre les pretres et les laics dans l'apostolat (cfr. LG 3 3). A partir du moment ou Fon se situe comme frere, ami, cooperateur, les rapports entre les personnes sont transformes. On sait que Fon peut compter sur Fautre, apprendre de lui, etre enrichi de son apport. L'enseignement de Vadean II ne renvoie done pas seulement au developpement de nouvelles pratiques, la mise en place de procedures ou Fetablissement de figures institutionnelles. II travaille le fondement de ce travail en commun, de cette conspiratio, qui est la conversion des relations, conversion qui est fondee dans la communion et dans le droit sacramentel.

CONCLUSION

La synodalite de l'Eglise locale repose d'abord sur une juste theologie du saint peuple de Dieu qui est corps du Christ et temple de FEsprit. Ce n'est que si on comprend que chaque membre de ce corps a son role propre a jouer et qu'aucun membre n'est meprisable que Fon peut faire appel a son apport et a sa contribution. On sait qu'aucun membre ne peut dire a l'autre <<je n'ai pas besoin de toi>>. Quant aux dons multiples et varies de FEsprit Saint, personne ne les monopolise. lis sont repartis dans Fensemble du Corps. La synodalite a un fondement sacramentei, et la celebration de Feucharistie permet de la penser, en mettant en valeur la presidence de Feveque, la collaboration des autres ministres et la participation active et consciente de tous.

Sa realisation engage des attitudes et des habiletes relationnelles, mais aussi des pratiques, des cadres institutionnels et des procedures. Si elle peut se realiser de maniere diffuse et informelle, son developpement et son actualisation ne peut pas faire l'economie de ces aspects qui relevent plus immediatement du droit. C'est dire que deux defis sont devant nous: assurer le developpement de competences relationnelles des ministres ordonnes et s'assurer qu'ils ont integre une juste comprehension de leur ministere, qui ne les autonomise pas du peuple de Dieu, inais les y insere dans un rapport d'interdependance. Deja Optatam totius soulignait l'importance de la formation au dialogue. Nous n'y sommes pas completement arrives, plus de 50 ans apres la cloture de concile. De meme, la disposition a ecouter, a prendre conseil, a apprendre de l'autre n'est pas toujours acquise et ne compte peut-etre pas suffisamment dans la formation des ministres ordonnes et le discernement des vocations. Le deuxieme defi est d'imaginer des figures institutionnelles et des procedures qui soient a la fois enracinees dans la tradition chretienne et plausible dans une culture donnee. Le developpement de la synodalite passe par la.

Enfin, on ne peut penser la synodalite de l'Eglise locale sans l'articuler a la collegialite des eveques et a la conciliarite de toute l'Eglise (27). Une Eglise locale ne vit pas en autarcie et penser sa synodalite conduit forcement a integrer ces autres dimensions.

DOI 10.15581/006.48.3.687-706

RECIBIDO: 15 DE SEPTIEMBRE DE 2016 / ACEPTADO: 11 DE OCTUBRE DE 2016

Gilles Routhier

Universite Laval. Faculte de Theologie et des Sciences Religieuses

Quebec. Canada

gilles.routhler@gtsr.ulaval.ca

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(1) Gonzalez de Cardedal, O., note que <<pour le theologien, le Concile n'offre pas beaucoup d'elements neufs par rapport a ce qui avait ete acquis avant sa convocation>> (cfr. <<Genesis de una teologia de la Iglesia local. Desde el Concilio Vaticano I al Concilio Vaticano II>>, in Legrand, H., Manzanares, J. y Garcia Y Garcia, A. [eds.], Iglesias locales y catolicidad, Salamanca: Universidad Pontificia de Salamanca, 1992, 77).

(2) Burkhard Neunheuser notera que dans la theologie catholique <<le sujet qui nous occupe ici n'est traite expressement que par K. Rahner dans Quaestio disputata, 11>> (Neunheuser, B., <<Eglise universelle et Eglise locale>>, in BARAUNA, G. [dir.], L'Eglise de Vatican II, Paris: Cerf, 1966, 610). II ajoute: <<Pour autant que nous puissions le voir, K. Rahner est seul a presenter le sujet avec une clarte parfaite ...>> (ibid., 626). Pour la theologie de l'Eglise locale de Rahner, voir IDEM, <<Zur Theologie der Pfarrei>>, dans Rahner, H. (Hrsg.), Die Pfarrei, Freiburg i.B.: Herder, 1956, 2934. On pourrait egalement consulter sa contribution dans <<Considerations sereines sur le principe paroissial>>, Ecrits theologiques, t. V, Bruges: DDB, 1966, 230-233 (original allemand Schriften zur Theologie, Bd. II, Einsiedeln: Benziger, 1962, 305-308) ou l'auteur pense l'Eglise a partir du rassemblement eucharistique. Le theme de l'Eglise locale affleurait egalement dans les recherches exegetiques sur l'Eglise comme <<peuple de Dieu>> et dans bon nombre de recherches sur la collegialite publiees avant Vatican II. On notera aussi que les journees cecumeniques de Chevetogne de 1960 avaient porte sur ce theme (cfr. ROUSSEAU, O., <<Les journees oecumeniques de Chevetogne [1942-1967]>>, in Au service de la Parole de Dieu. Melanges Andre Marie Chame, Gembloux: Duculot, 1969, 476-477). On trouvera un survol historique du theme dans la theologie catholique depuis saint Thomas jusqu'a Vatican II dans LANNE, E., "L'Eglise locale: sa catholicite et son apostolicite>>, Istina 14 (1969) 47-53. II faudrait ajouter la contribution d'Adrien Grea qui est un veritable precurseur dans ce domaine (cfr. GrEA, A., De l'Eglise et de sa divine constitution, Paris: Societe generale de librairie catholique, 1885). Jose R. VILLAR propose une minutieuse recherche sur le theme de l'Eglise particuliere/locale dans la litterature theologique de langue francaise in Teologia de la Iglesia particular. El tema en la literatura de lengua francesa hasta el Concilio Vaticano II, Pamplona: Eunsa, 1989. On verra enfin Beinert, W., << Dogmenhistorische Anmerkungen zum Begriff "Partikularkirche">>, Theologie und Philosophic 50 (1975) 51-53.55-58; et Doring, H., <<Die Wiederentdeckung der Ortskirche in der katholischen Ekklesiologie>>, Orthodoxes Forum 2/2 (1988) 245. Pour une synthese, on verra mon article <<"Eglise locale| ou "Eglise particuliere": querelle semantique ou option theologique?>>, Studia canonica 25 (1991) 277-334.

(3) Gonzalez de Cardedal, O., <<Genesis de una teologia de la Iglesia local. Desde el Concilio Vaticano I al Concilio Vaticano II>>, 76.

(4) Voir Philips, G., L'Eglise et son mystere au IIe concile du Vatican, t. I, Paris: Desclee, 1967, 338-339.

(5) Voir les synopses de Alberigo, G. y Magistretti, E, Constitutionis Dogmaticete Lumen Gentium. Synopsis Historica, Bologna: Istituto per le Scienze Religiose, 1975 (pour la relatio, 459); et de Gil Hellin, E, Constitutio dogmatia De Ecclesia Lumen gentium, Citta del Vaticano: Libreria Editrice Vaticana, 1995, 271-273.

(6) Voir Rahner, K., <<Das neue Bild der Kirche>>, in Schriften zur Theologie, t. VIII, Einsiedeln: Benziger, 1967, 333. Voir aussi son article <<Sur la presence du Ghrist dans la communaute de diaspora selon la doctrine du deuxietne concile du Vatican>>, dans Rahner, K., Le deuxi'eme concile du Vatican. Contributions au Concile et a son interpretation, in (Euvres, vol. 21, Paris: Cerf, 2015.

(7) Lanne, E., <<L'Eglise locale et l'Eglise universelle: Actualite et portee du theme>>, Irenikon 43 (1970) 490. Voir aussi Dejatve, G., <<L'Eglise particuliere dans le mystere de l'Eglise>>, in IDEM, Un tournant decisif de l'ecclesiologie de Vatican II, Paris: Beauchesne, 1978, 13-22.

(8) Sur le meme theme, voir aussi LG 3, 11 et 26; SC 26 et 42. Voir les etudes de Nocent, A., <<L'Elise locale realisation de l'Eglise du Christ et sujet de l'eucharistie>>, in Alberigo, G. y JosSUA, J.-P. (dirs.), La reception de Vatican II, 285-302; Rocha, P. R., <<La principale manifestation de l'Eglise (SC 41)>>, in Latourelle, R. (dir.), Vatican II. Bilan et perspectives, vingt-cinq ans apres (1962-1987), Montreal: Bellarmin, 1988, 13-32; Routhier, G., L'eucharistie manifestation de l'Eglise locale, <<Etudes canadiennes en liturgie>>, 2, Ottawa: CECC, 1992.

(9) Voir Eucharisticum Mysterium, n. 6.

(10) Saint Jean-Paul II, Vicessimus quintas annus. Lettre apostolique pour le 25e anniversaire de la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium (n. 9). Le pape affirme, sous le titre <<la manifestation de l'Eglise a elle-meme>>, que la liturgie est <<une epiphanie de l'Eglise, puisqu'en "celebrant le cuite divin, l'Eglise exprime ce qu'elle est">>; <<Elle se manifeste une>>, <<exprime sa catholicite>>, <<manifeste qu'elle est apostolique>>. <<Ainsi, c'est avant tout dans la liturgie que le mystere de l'Eglise est annonce, goute et vecu>>.

(11) Cfr. Canon apostolique 34. Lanne, E., developpe cette idee in <<L'origine des synodes>>, Theologische Zeitschrift 27 (1971) 218.

(12) Congar, Y., <<L'Ecclesia ou communaute chretienne, sujet integral de Faction liturgique>>, dans Jossua, J.-P. y CONGAR, Y. (dirs.), La liturgie apres Vatican II, Paris: Cerf (coll. <<Unam Sanctam>>, n. 66), 1967, 241-282.

(13) Voir Regula canonicorum, 7 7 [De illis qui soli missas contra canonicam auctoritatem canere praesumunt]: PL 89, 1089: <<Nam etsi interrogatus, aut contemptus, hujusmodi corporis et sanguinis Domini solitarius consecrator fuerit, quid respondere poterit? Quibus enim dicit: Dominus vobiscum, aut a quo illi respondetur: Et cum spiritu tuo, vel pro quibus supplicat Deum, dum dicit: Memento, Domine, famulorum famularumque tuarum, et omnium circumstantium, cum nullus circumstet? Quae consuetudo apostolicae et ecclesiasticae auctoritati contraria eradicanda, et funditus exstirpanda est a Domini sacerdotibus>>. On verra le dossier de Marliangeas, B.- D., Cie pour une theologie du ministere. In persona Christi--In persona Ecclesiae, Paris: Beauchesne (coll. <<Theologie historique>>, n. 51), 1978.

(14) Cfr. l'interpretation de Yomnes circumadstantes que fait Odon de Cambrai, au XP siecle: PL 160, 1057 et 1064.

(15) Voir, par exemple, Lothaire de Segni (le futur Innocent III), canoniste repute, qui affirmait: <<Licet autem unus tantum offerat sacrificium pluraliter tamen dicit offerimus, quia sacerdos non tantum in sua, sed in totius Ecclesiae persona sacrificat>> (PL 217, 844).

(16) <<Illi vero qui excommunicati sunt, vel de haeresi manifeste notad, non videntur hoc sacramentum posse conficere, licet sacerdotes sint, quia nemo dicit in ipsa consecratione: Offero, sed: Offerimus, quasi ex persona Ecclesiae>>. D'autres, au contraire, soutenait que cela lui etait possible, car il n'etait pas entierement separe de FEglise. (Voir CONGAR, Y., <<UEcclesia ou communaute chretienne, sujet integral de Faction liturgique>>, 279) Un siecle auparavant, Odon de Cambrai affirmait: <<Pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt. Non solum sacerdotes et clerus, (qui secundum diversos gradus divinis occupantur divitiis) offerunt, sed etiam audientes, qui voris et orationibus assistant cooperantes, et osculo pacis tanquam communicant, confirmantes quod actum est>> (Expositio in canonem missae, PL 160, 1057).

(17) Voir Congar, Y., Jalons spour une the'ologie du laicat, 2 ed. Paris: Cerf, 1954, 356-359.

(18) De tous ses passages sur le sujet (cfr. table analytique des oeuvres completes de l'edition francaise parue chez Louis Vives) on retiendra celui-ci: <<...le symbole de ce que vous etes se trouve depose sur la table du Seigneur; vous y recevez votre propre mystere. Vous repondez: Amen a ce que vous etes, et vous souscrivez par cette reponse a ce qui vous est presente. On vous dit: Le corps de Jesus-Christ, et vous repondez: Amen. Soyez done membres du corps de Jesus-Christ, pour que cet Amen soit veritable>> (Sermon 272, traduction empruntee a (Euvres completes de Saint-Augustin eveque d'Hippone, Paris: Librairie de Louis Vives, 1872, t. 18, 399). Voir aussi ses Sermons 334 et 362. Sur les Amen, on consultera SALMON, P., <<Les <<Amen>> du Canon de la messe", Ephemerides Liturgicae 42 (1928) 496ss. La presentation du missel romain (1984) dira qu'a travers les Amen, les fideles <<acquiescent>>, <<ratifient>>, <<font leur>> cette priere par leurs acclamations et leur Amen (nn. 32, 55h, 56k). Voir aussi les nn. 86, 88, 107, 117, 122, 124.

(19) Franck, B., <<Les experiences synodales apres Vatican II>>, Communio III/3 (1978) 77.

(20) LG 37. Ce droit et ce devoir de tous les fideles de dormer leur opinion est reprise au canon 212 [seccion] 2 du Codex de 1983.

(21) Sur le rapport structurant <<un--tous--quelques-uns>>, on verra Pexcellente these d'Alain FauBERT, <<Tous>>, <<Un>>, <<Quelques-uns>>. La presidence, expression de Vinterdependance entre pasteurs et Ecclesia, Quebec: Universite Laval, 2010.

(22) En plus des ouvertures contenues dans Sacrosanctum concilium, dont on a resserre la mise en ceuvre au cours de la periode postconciliaire, on doit lire le n. 19 du Decret Ad gentes: <<Dans ces jeunes Eglises, [...] la foi est enseignee au moyen d'une catechese adaptee, elle est celebree dans une liturgie conforme au genie du peuple, et par une legislation canonique convenable, elle passe dans les institutions honorables et dans les coutumes locales>>.

23 <<Le debat sur la revision du Code de droit canon. Conference de presse du cardinal Urbani>>, La Documentation catholique 64, 1505 (1967), col. 1971.

24 Dans l'etat actuel du droit, 1'eveque a comme <<senat et conseil>> le chapitre cathedral (can. 391) ou, a defaut, le groupe des consulteurs diocesains (cfr. cann. 423-428). Mais il est souhaitable de reviser ces institutions pour mieux repondre a la situation et aux besoins actueis.

(25) Voir en particulier Sacre Congregation Pour Le Clerge, <<Litterae circulares de consiliis presbyteralibus>>, AAS 62 (7-VI-1970) ou, pour la version francaise, La Documentation catholique, vol. 67, 1557 (1970), col. 527; et Sacre CONGREGATION POUR LE ClergE, <<Litterae circulares de consiliis pastoralibus>>, La Documentation Catholique, vol. 70, 1638 (1973), cois. 758-761.

(26) On verra aussi CD 30 et 34 et PO 2, 4 et 12; OT 9, etc.

(27) Sur le rapport entre ces differents elements, voir ROUTHIER, G., <<La synodalite de l'Eglise locale>>, Studia canonica 26 (1992) 111-161.
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Author:Routhier, Gilles
Publication:Scripta Theologica
Article Type:Ensayo
Date:Dec 1, 2016
Words:8513
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