Printer Friendly

La question de l'avortement requiert une approche globale.

Eecrit par M'Barek Tafsi

Le Pr Louardi a la rencontre nationale sur l'avortement

L e traitement de la question de l'avortement requiert une approche globale reposant notamment sur la prevention des grossesses non desirees, la reduction du recours a l'avortement comme objectif principal en plus de la facilitation de l'acces des femmes a la prise en charge des complications de l'avortement clandestin et la mise en place d'un cadre reglementaire adapte tenant compte de toutes les observations emises lors de la rencontre nationale sur l'avortement organisee mercredi 11 mars a Rabat, a affirme Pr El Houssaine Louardi, ministre de la Sante.

Intervenant au terme des travaux de cette journee, le ministre a d'emblee promis a tous les intervenants que leurs approches et idees seront prises en compte dans le cadre de la confection d'un nouveau cadre legislatif plus adapte au defi que soulevel'avortement, en particulier dans la clandestinite, qui constitue selon le ministere un probleme de sante publique et une tragedie pour les femmes qui ne sont pas pretes a supporter les consequences des grossesses non desirees, notamment en cas de viol ou d'inceste ou d'une mere celibataire.Selon le ministre, les debats ayant marque cette journee ont permis d'approfondir la reflexion autour des prescriptions religieuses, et chartes et conventions internationales relatives a la protection du droit a la vie ainsi que sur les differentes positions concernant le sort a reserver a l'embryon et a la sante de la mere.

Abstraction donc faite des positions divergentes exprimees, tous les participants ont souligne qu'il est temps de proceder a la revision du cadre legislatif existant dans le but de l'adapter a la nouvelle situation, a-t-il dit, ajoutant que le ministere tiendra compte de toutes ces observations et de l'appel de tous les interventions a developper des programmes de prevention des grossesses non desirees a travers la sensibilisation et l'education sexuelle, a realiser une etude sectorielle, quoique difficile (etant donne que les operations d'avortement sont faites dans la clandestinite), a promouvoir la planification familiale, et a renforcer la recherche scientifique et les etudes dans la perspective de disposer d'une banque de donnees fiables outre le developpement de la medecine predetective pour reduire le maximum possible les risques de malformations foetales, et partant le nombre des personnes naissant avec un handicap.

Pas moins de 7000 maladies hereditaires a l'origine de malformations entrainant un handicap permanent sont recensees au Maroc par la medecine predetective, selon un intervenant, qui a affirme que rien n'est fait pour les couples, qui se trouvent dans un etat desespere et n'ont de choix que d'interrompre les grossesses pour ne pas avoir trois, quatre ou plus d'enfants handicapes (physique et mental).

Dans ce cadre, nombre d'intervenants ont affirme que la planification familiale est la cle de ce probleme pour faire diminuer les avortements, et en particulier clandestins.

Plus la loi est restrictive, plus le nombre des avortements clandestins augmente, ont fait observer d'autres, qui ont soutenu la proposition d'assouplir les lois en vigueur au Maroc, qui obligent les femmes enceintes desirant interrompre leurs grossesses a recourir a des methodes a risques et a la clandestinite en particulier les femmes pauvres, car celles qui ont des moyens vont d'ailleurs subir un avortement medicalise dans d'autres pays a l'etranger.

Si la mere ne reussit pas a se debarrasser de son embryon, elle peut aussi abandonner le bebe apres sa naissance, a-t-on affirme, notant que les consequences sont dans tous les cas dramatiques pour les femmes concernees.

Il est donc necessaire pour remedier a la situation de reviser l'article 453 du code penal pour permettre aux femmes qui le desirent d'interrompre leurs grossesses en tenant compte de l'avis d'un comite d'ethique qui serait mis en place dans les hopitaux publics, a-t-on suggere.

Reagissant a ces propositions, d'autres participants a cette rencontre, dont des Oulema, des medecins et des representants de la societe civile ont soutenu que l'embryon est innocent et n'a rien fait pour le tuer et que sa protection s'apparente a celle du respect du droit a la vie comme il est souligne dans toutes les religions et la Constitution marocaine de 2011.

Pour ce qui le concerne, rappelle-t-on, le ministre de la Sante a pris l'engagement de parvenir a un cadre legal et reglementaire relatif a l'avortement medical au Maroc en perspective de sa revision repondant aux besoins actuels, et ce dans le respect total des valeurs religieuses, ethiques et culturelles propres au Maroc et conformement aux droits humains tels qu'ils sont universellement reconnus.

Copyright Casanet 2015. All rights reserved. Provided by SyndiGate Media Inc. ( Syndigate.info ).
COPYRIGHT 2015 SyndiGate Media Inc.
No portion of this article can be reproduced without the express written permission from the copyright holder.
Copyright 2015 Gale, Cengage Learning. All rights reserved.

 
Article Details
Printer friendly Cite/link Email Feedback
Publication:Al Bayane (Al Dar Al Bayda', Morocco)
Date:Mar 13, 2015
Words:756
Previous Article:Le Maroc celebre sa 1re journee nationale de la societe civile.
Next Article:Le RAMED compte deja 8,4 Millions de beneficiaires.

Terms of use | Privacy policy | Copyright © 2018 Farlex, Inc. | Feedback | For webmasters