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La feminisation des titres et fonctions dans la francophonie: de la morphologie a l'ideologie.

Cet article examine les attitudes sociales envers les differentes methodes morpho-syntaxiques utilisees en francais pour creer les formes feminines des titres professionnels tels que professeur ou ministre, autant qu'envers l'usage du masculin pour designer la profession d'une femme. L'auteure resume brievement les debats et les controverses engendres par chacune des options possibles, incluant les suffixes (ex : une professeure), les epicenes (ex: une professeur) et les noms masculins employes de maniere generique (ex : un professeur). Une comparaison de l'usage des termes designant des professions de prestige en France, en Belgique, en Suisse et au Canada devoile des differences regionales significatives et suggere que la structure interne de la langue francaise permet aux locuteurs une grande latitude dans la creation des denominations au feminin des professions. La ou les choix des locuteurs sont brides, c'est plus souvent pour des considerations ideologiques que linguistiques.

This article examines social attitudes towards the various morphosyntactical methods used in the French language to create feminine forms of professional titles such as professor or minister as well as towards the use of the masculine to indicate a woman professional. The debates and controversies engendered by each of the available options including suffixed nouns (e.g. une professeure), epicenes (e.g. une professeur) and masculine nouns used generically (e.g. un professeur) are briefly summarized. A comparison of usage of terms denoting positions of prestige in France, Belgium, Switzerland and Canada uncovers significant regional differences and suggests that the internal structure of the French language allows speakers considerable latitude in creating denominations for women professionals. Where speakers' choices are constrained, it is often because of ideological rather than linguistic considerations.

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Les tentatives de feminisation des noms des titres et fonctions et de desexisation du discours qui se poursuivent dans la Francophonie sont toutes determinees par les possibilites morpho-syntaxiques qu'offre le systeme de la langue francaise. Au Canada, << face a la demande populaire, le ministere canadien de la Main-d'oeuvre et de l'Immigration avait opte pour le nivellement des genres en anglais (par exemple : police officer au lieu de policeman), c'est donc dire, la "neutralisation" et avait entrepris de depouiller tous les titres de professions de leur reference au sexe >> (Vachon-L'Heureux 1992 : 139). En francais, cette meme strategie de neutralisation s'avere incompatible avec le systeme de la langue qui veut que chaque nom ait un genre. Est-ce a dire que le francais est une langue sexiste ?

En fait, la langue francaise offre trois voies en ce qui concerne les designations professionnelles : le genre unique, la feminisation minimaliste par l'epicenie et la feminisation maximaliste par la suffixation. Dans cet article, il s'agira en premier lieu d'examiner les attitudes envers ces differentes possibilites ainsi que les debats et controverses dont elles ont fait l'objet. En second lieu, il s'agira de comparer les usages en France, en Belgique, au Canada et en Suisse en ce qui concerne la feminisation des metiers prestigieux et des hautes fonctions afin de decouvrir dans quelle mesure la structure interne de la langue francaise permet aux femmes de construire leur propre identite.

Si les metiers n'ont pas de sexe, comme le voulait le slogan mediatique francais des annees 1980, les noms qui les designent ont un genre. Pour les noms inanimes, celui-ci est largement herite du latin, quoique le neutre n'existe pas en francais. En effet, des trois genres latins, le francais n'en a conserve que deux : le masculin comme l'uterus ou l'ovaire et le feminin comme la prostate ou la testosterone.

Contrairement aux noms inanimes dont le genre s'avere tout a fait arbitraire, les noms animes suivent le modele des adjectifs et se laissent diviser en trois categories :

1) Mots a genre unique : certains adjectifs ne sont usites qu'au masculin (avant-coureur, hebreu, vainqueur) ou au feminin (bee, cochere, couveuse). De meme, certains noms animes sont de genre masculin (un individu, un etre humain) ou feminin (une personne, une victime, une vigie).

2) Mots epicenes (a genre double) : certains adjectifs s'emploient dans les deux genres sans changement de forme (large, sympa, zen) ; de meme, il existe des noms animes qui ne varient pas en forme selon le genre: un(e) artiste, un(e) journaliste.

3) Mots ou les deux genres se distinguent par le suffixe : les modeles de suffixation que connaissent les adjectifs se retrouvent parmi les noms animes.
 Adj.
Mots derives masc. Adj. fem. Noms masc.

Suffixe -e exterieur exterieure un superieur
 bon bonne un gardien
 discret discrete un boucher
 actif active un sportif
Suffixe -euse menteur menteuse un danseur
Suffixe -trice createur creatrice un redacteur
Suffixe -esse vengeur vengeresse un defendeur

Mots derives Noms fem.

Suffixe -e une superieure
 une gardienne
 une bouchere
 une sportive
Suffixe -euse une danseuse
Suffixe -trice une redactrice
Suffixe -esse une defenderesse


Au Moyen Age, les noms designant les fonctions (boucher, maire) etaient masculins, le feminin (bouchere, mairesse) s'employant pour designer l'epouse. Ainsi, jusqu'au XIXe siecle, de nombreux feminins (ambassadrice, colonelle, doctoresse, ministresse, notairesse, pharmacienne, presidente, senatrice) se referaient non pas aux femmes remplissant ces fonctions mais plutot aux epouses. Au XXe siecle, cet usage s'est perdu. Certains feminins sont donc tombes en desuetude (ministresse, notairesse) tandis que d'autres ont change de sens, designant actuellement une femme occupant la fonction (ambassadrice, doctoresse).

Lors de la Premiere Guerre mondiale, les noms des metiers que faisaient les femmes jusqu'au retour des hommes ont ete feminises (aiguilleuse, camelote, cantonniere, cheminotte, cochere, livreuse, matelote, obusiere, ouvriere, porteuse, ramoneuse), << mots et metiers au feminin qui, parait-il, font rire dans la France contemporaine >> (Moreau 1992 : 161). Ces creations du debut du XXe siecle nous semblent d'autant plus etonnantes que la feminisation reste controversee au debut du XXIe siecle, surtout en France ou la resistance aux titres feminins est profonde. En fait, c'est le Canada qui mene en matiere de feminisation, l'Office de la langue francaise (OLF) y ayant publie trois Avis de recommandation (1979, 1981, 1984) puis etabli une politique officielle, resumee en 1986 dans un premier guide de feminisation couvrant les titres et, en 1991, dans un second guide couvrant les textes (Conrick 2000: 90). La Suisse et la Belgique ont suivi avec leurs propres guides en 1991 et 1994 respectivement.

En France, la Commission de terminologie etablie par Yvette Roudy, ministre des droits de la femme, et presidee par Benoite Groult, a etudie la question de la feminisation de 1984 a 1986, mais l'Academie francaise a empeche l'adoption de ses recommandations. La controverse a refait surface en 1997, lorsque sept femmes occupant la fonction de ministre, appuyees par Lionel Jospin, premier ministre, et Jacques Chirac, president, ont revendique le titre de Madame la ministre plutot que Madame le ministre. Encore une fois, des academiciens sont intervenus pour refuser la feminisation tout en critiquant les initiatives des autres pays francophones.

Derriere tout grand homme se cache une femme !

Les academiciens, ainsi que les autres partisans du statu quo, distinguent deux categories de noms selon la hierarchie sociale. Le haut de gamme (maire, medecin, ministre, professeur, senateur) comprend des mots masculins a genre unique, tandis que le bas de gamme (boulanger, cuisinier, instituteur, serveur, travailleur) admet la feminisation. << On peut donc dire une dactylo, une secretaire mais pas une secretaire d'Etat >> (Houdebine-Gravaud 1998 : 19), << une institutrice mais pas une senatrice ! >> (Rey-Debove 1999: 60), une controleuse d'autobus mais pas une controleuse des finances (Adriaen et King 1991 : 29). Ainsi, contrairement aux metiers, les hautes fonctions auraient un genre neutre ou generique, independant du sexe.

Pour appuyer la these du genre generique des mots comme professeur ou ministre qui seraient masculins par simple hasard, on cite souvent le cas des emprunts feminins vigie (portugais) et sentinelle (italien). Dans le courrier des lecteurs du Figaro, on lit que << [le] soldat ou le marin, sentinelle ou vigie veillant a la securite de ses camarades, fier de sa noble mission, n'a jamais demande a etre appele LE sentinel ou LE vigie >> (Sabattier 1998). On oublie que la masculinisation des mots designant des metiers traditionnellement feminins est non seulement approuvee par l'Academie, mais parfois initiee par elle. N'a-t-elle pas cree maieuticien pour designer un homme sage-femme (Houdebine-Gravaud 1998: 19) ? Parfois, la masculinisation est tellement reussie que le feminin est reinvente, comme dans le cas de femme de chambre qui a donne prepose(e) aux chambres et de hotesse de l'air qui a donne agent(e) de bord (Parent 1994: 131-132). Le phenomene de la masculinisation prouve que le genre generique est une fiction.

[FIGURE 1 OMITTED]

Un deuxieme argument contre l'existence du genre generique est la difficulte que pose l'interpretation du masculin dans le discours lorsque le referent est une femme. Houdebine-Gravaud (1999: 33) cite l'histoire de la chirurgienne :
 Un enfant et son pere sont gravement blesses dans un accident. Le
 pere meurt. L'enfant est amene a l'hopital pour subir une delicate
 operation. Mais le chirurgien present refuse de l'operer en
 indiquant que cet enfant est son fils. Le temps mis a comprendre
 que l'enfant n'a pas deux peres et que le chirurgien est la mere
 (chirurgienne) manifeste l'imprecision du message que produit
 l'usage du masculin.


Comme cet exemple le montre bien, << le masculin ne nomme pas les femmes >> (32). Parler des femmes au masculin contribue a leur occultation : << ... dire d'une femme que c'est un directeur ou un architecte, c'est nier l'existence des femmes tout comme leur difference >> (ReyDebove 1999 : 59). Pour Niedzwiecki (1994 : 99-100), cette pratique ferait des femmes des << hommes honoris causa >>.

Si les designations au masculin menent a l'occultation des femmes, pourquoi les femmes persistent-elles a les employer ? Marguerite Yourcenar n'avait pas le choix. Devenue membre de l'Academie francaise en 1981, elle etait nommee << Mme l'academicien >> par ses collegues et lors de son deces, en 1987, leur << regrette confrere >> (Fleischman 1997 : 838). Lise Thibault, elle, avait le choix et a opte pour le masculin:

S'inspirant des recommandations de I'OLF quant a la feminisation des titres de fonctions, La Presse faisait hier de Mme Lise Thibault la premiere lieutenante-gouverneure du Quebec. S'appuyant, quant a elle, sur le precedent cree par Jeanne Sauve, qui se faisait appeler Madame le gouverneur general, Mme Thibault souhaite qu'on l'appelle Madame le lieutenant-gouverneur (Roux 1996).

[FIGURE 2 OMITTED]

[FIGURE 3 OMITTED]

Pour certaines femmes, le masculin s'impose pour les hautes fonctions parce qu'il s'agit d'un emploi d'homme :

France-Inter 30-1-98. [Une femme qu'on presente comme maire est interrogee]. Le journaliste : << Madame la Maire ou le Maire ? Elle : << Madame le Maire, Madame le Ministre. On a pris la place d'un homme on assume >> (Houdebine-Gravaud 1998 : 20).

Groult resume cette attitude en commentant ironiquement : << le feminin au lit, mais pas a la mairie >> (Fleischman 1997 : 837). Les femmes ressentiraient une certaine fierte a occuper un poste peu feminise, employant le masculin pour souligner leur rarete (Niedzwiecki 1994 : 96-97). Enfin, la Quebecoise Nicole Gagnon, professeur de sociologie a l'Universite Laval pretend << [qu'un] titre au feminin, ce n'est pas francais >> (Fleischman 1997 : 842). L'identification masculine aurait donc une connotation positive pour certaines femmes.

Uberte, egalite, sororite et fraternite

Choisir son propre titre, et par la sa propre identite, est une chose ; une autre est d'etre nommee au masculin par d'autres. On appelle invisibilisation le genre de sexisme langagier caracterise par une << absence d'elements faisant explicitement reference aux femmes dans des discours ou cependant il s'agit, ou il peut s'agir, d'elles >> (Armengaud 1999 : 3). Cette absence de references explicites fait naitre un sentiment d'alienation chez celles qui ne se reconnaissent pas dans le discours de leur societe : << [de] nos jours, si les femmes ne sont pas explicitement nommees, elles se sentent de moins en moins visees >> (Dumais 1992 : 173).

La creation par la suffixation de mots feminins afin de mettre fin a cette invisibilisation n'est pas restee sans critiques. En France, les propositions de feminisation ont souvent souleve des reactions hysteriques, si j'ose dire, dont la plus vulgaire est sans doute celle de Dumezil qui proposait de supprimer toutes les feminisations sauf << l'admirable conne dont on ne saurait se passer >> (Houdebine-Gravaud 1999 : 46). Certains Francais pretendaient que l'on finirait par feminiser tous les noms communs :

La premiere femme qui sera elue cheftaine de l'Etat aura ainsi devant elle une septennate pour tenir, avec la gouvememente, les engageaisons de sa programmature electorale et conduire la France sur les chemines de la progresserie dont elle a tant besoigne (Frappat, Le Monde, 28 avril 1984, cite par Conrick 2000 : 94).

D'autres s'imaginaient que l'on allait feminiser les noms de famille : << a quand madame Mitterrande, madame Fabia >> s'est exclame Dumezil (Le Nouvel Observateur, 7 septembre 1984 dans Houdebine-Gravaud 1999 : 45) en faisant allusion aux epouses respectives de Francois Mitterrand et de Laurent Fabius. D'autres encore proposaient des neologismes pour rire :

... on creait des feminins pour s'en moquer, qu'ils soient mal formes comme ingenieuse, successeuse ou bien formes mais inaccoutumes, comme pompiere (de pompier), ecrivaine (qui fait vilaine en depit de chatelaine), ou amatrice qui faisait matrice (<< uterus >>, mot hors d'usage), ou chefesse qui rimait avec fesse. L'esprit gaulois, peut-etre ? (ReyDebove 1999: 60).

Groult a riposte dans sa Reponse a quarante messieurs-dames :

On est consterne par l'ignorance ou la mauvaise foi de ceux (et celles) qui feignent de croire que cette << commission de precieuses ridicules >> creee par la << cheftaine Roudy >> (le Quotidien de Paris) pour << enjuponner le vocabulaire >> (le Figaro-Magazine) va faire assaut de << clitocratie >> (France-Soir) et susciter des mots absurdes tels que chefesse d'Etat, cleputrice ou majordame (Alain Gillot-Petre dans Liberation) (Groult 1984 dans Fleischman 1997 : 839).

Si le debat sur la feminisation engendre parfois l'hysterie, il conduit aussi a la reflexion sur des questions linguistiques telles que la polysemie et la pejoration. Ainsi, un premier argument contre la feminisation veut qu'elle engendre l'ambiguite. La feminisation de plombier en plombiere creerait une confusion genante avec une plombieres, << glace a la vanille garnie de fruits confits >> (NPR 1702b, plombieres), nommee d'apres la station thermale Plombieres-les-Bains ou elle aurait ete inventee. On oublie que de nombreux cas de polysemie existent deja au masculin. Un depanneur est un << professionnel (mecanicien, electricien, etc.) charge de depanner >> ou une << epicerie qui reste ouverte au-dela des heures d'ouverture des autres commerces >> (NPR 592b, depanneur). Les exemples se multiplient tant au masculin (distributeur, facteur, financier, finisseur, serveur) qu'au feminin (cuisiniere, jardiniere, souffleuse). Puisque toute ambiguite possible est resolue par le contexte, il s'avere illegitime de refuser la feminisation par crainte de confusion polysemique.

Un deuxieme argument contre la feminisation veut qu'elle mene a la devalorisation des femmes puisque les termes feminises seraient << minorants, minimisants ou pejoratifs >> (Armengaud 1999 : 3). En fait, on observe une hierarchie de preference chez les femmes en ce qui concerne les suffixes feminins (-esse, -euse, -trice, -e, par ordre croissant). Le suffixe -esse qui n'est plus productif est le plus mal vu : << ...pour certains sujets, en faveur de la feminisation pourtant, l'affixe -esse sonne aujourd'hui "bizarrement" >>(Houdebine-Gravaud 1998:34). Plusieurs mots en -esse ont donc ete remplaces par le masculin (une jugesse remplace par un juge ; une poetesse remplace par un poete). Selon Prevost, les feminins en -euse seraient consideres comme moins << credibles >> que les feminins en -eure surtout pour les professions intellectuelles :

On constate que les feminins en -eure : acquereure, compositeure, imprimeure et plus encore amateure, chercheure et entraineure sont plus frequents que leurs variantes en -euse proposees par l'Office (Prevost 1998 : 190).

Les locutrices prefereraient aussi << la derivation en -trice, imaginee plus "noble", valorisante, au detriment de la derivation en -euse, jugee plus "vulgaire" >> (Brunetiere 1992 : 82), << d'ou sculptrice prefere a sculpteuse >> (Houdebine-Gravaud 1998 : 34). Le suffixe -trice est quand meme moins valorisant que le masculin pour la Francaise Christine Ockrent (1984):

On devrait m'appeler redactrice, mais cette forme feminine ne correspond pas a mon travail ; on penserait que je redige un magazine feminin. Donc, je suis redacteur, il n'y a rien a faire (1984 dans Fleischman 1997: 837).

Sous la rubrique << Feminin de directeur et d'administrateur >> dans sa Foire aux questions linguistiques, I'OLF nous met en garde contre la substitution de -trice par -eure :
 Administrateur a donc pour seul feminin administratrice et
 directrice demeure le seul feminin de directeur, n'en deplaise a
 ceux et celles qui associent ce mot de maniere restrictive a
 directrice d'ecole, titre qui, soit dit en passant, n'est pas plus
 pejoratif que celui de directeur d'ecole.


Enfin, le suffixe -e peut aussi avoir une connotation pejorative : << ... interrogee sur la mention a porter sur sa carte de visite, consultant ou consultante, une collegue choisit la premiere option, au motif que "consultante, ca fait voyante" >> (Boivin 1998 : 46).

Un dernier probleme que souleve la feminisation est la connotation sexuelle qui vient du fait que << le genre feminin categorise les termes referant aux femmes comme "sexe" (femelle), tandis que le genre masculin categorise les termes referant aux hommes comme simplement "humain" >> (Michard 1999: 56). Le fait de representer les femmes comme << femelles >> conduirait a leur reification sinon a leur animalisation (Armengaud 1999 : 3). En France, pour designer un professeur adjoint, on utilise le terme maitre assistant, feminise en maitre assistante justement pour eviter la connotation sexuelle de maitresse : << Maitresse-assistante, moi, ca m'fait rever ! >> (observation de Bernard Pivot dans son emission Apostrophes, 3 octobre 1983, cite dans Niedzwiecki 1994 : 106). Au Canada, l'Alliance des moniteurs de ski du Canada a choisi entraineure comme feminin de entraineur pour eviter la connotation sexuelle de entraineuse qui est neanmoins la forme recommandee par I'OLF (Parent 1994 : 126-127), forme que Christiane Tetet n'a << jamais rencontre[e] sous la plume d'un journaliste >> (1997 : 211). Enfin, puisque la pejoration dissymetrique du feminin ne se limite pas a un suffixe en particulier, on comprend qu'elle est conditionnee non pas par la langue mais par l'ideologie.

Puisque les Canadiens sont << particulierement receptifs en matiere de feminisation des titres et d'adoption de neologismes >> (Villers 1998), l'emploi des titres au feminin s'est etabli dans les usages. Cela fait que le masculin et le feminin coexistent de plus en plus dans le discours : dans les noms des syndicats et organismes professionnels -- comme l'Ordre des infirmieres et infirmiers du Quebec ou l'Union des ouvriers et ouvrieres du vetement pour dames --; en politique -- par exemple le Mouvement des citoyens et citoyennes d'Outremont --; dans les medias -- << A vous tous, lecteurs et annonceurs amis, Quebecois et Quebecoises, je souhaite, de concert avec la grande equipe de La Presse, une bonne annee 1997 >> (Landry 1996) -- ; etc. Au Quebec, une tendance semblable s'observe au sein de la famille, la loi stipulant que les deux conjoints conservent leurs noms respectifs. Pour les enfants, le couple choisit librement le patronyme de la femme ou de l'homme ou un double nom.

Pour Lamothe et Labrosse (1992 : 146), la pratique discursive visant a faire coexister les deux genres serait << un fidele reflet de la position socio-politique feministe quebecoise visant a faire coexister juridiquement, socialement et politiquement les femmes et les hommes ". Cependant, pour d'autres, cette coexistence ne serait qu'une genante repetition qui alourdit le discours :

[...] les syndiques redoublent volontiers de bigoterie dans le redoublement des genres " EE ", " TT " pour travailleurs et travailleuses, pour techniciens et techniciennes, " PP " pour professionnels et professionnelles... (Foglia 1999).

Ce genre de repetition est particulierement mal commode a l'oral lorsque les deux formes sont homophones (professionnel, professionnelle).

Une personne avertie en vaut deux !

Uepicenie consiste a marquer le genre par l'article alors que le nom ne change pas de forme, par exemple un(e) ministre. Quoique ce procede semble plutot inoffensif, plusieurs mots epicenes ont fait l'objet de debats passionnes de part et d'autre de l'Atlantique.

Plaidant en faveur du titre Madame la ministre, cas d'epicenie tant debattu dans la presse francaise, Teyssier fait appel a des arguments historiques :
 Toute l'evolution seculaire du francais, ou, comme on dit, sa "
 derive ", l'a conduit a abandonner beaucoup des signes situes a la
 fin des mots (en aval), comme les desinences grammaticales ou les
 suffixes lexicaux, et a les remplacer par des signes places avant
 les memes mots (en amont), comme les determinants (articles,
 possessifs, demonstratifs, certains adjectifs, etc.) ou les
 prefixes (1998 : 23).


En effet, si le latin marquait le genre du nom par la desinence, le francais moderne le fait par l'article. Avoir recours a l'epicenie plutot qu'a la suffixation, c'est donc respecter l'evolution naturelle de la langue francaise.

Un autre argument en faveur de l'epicenie c'est qu'elle constitue la solution la plus efficace a la difficulte grammaticale qui survient lorsqu'il faut accorder un nom masculin avec un adjectif feminin tel que enceinte. Conrick cite l'exemple celebre du capitaine Prieur, rapatriee en France parce qu'elle etait enceinte. L'annonce provenant du bureau du premier ministre Jacques Chirac soutenait que " le capitaine Prieur est actuellement enceinte et l'accord prevoyait que dans ces circonstances, elle pouvait etre rapatriee a Paris (2000 : 94).

Pour les puristes francais, les mots ministre et capitaine ne sont pas des mots epicenes mais plutot des mots a genre unique qui sont masculins par simple hasard. Friang (1998) met le doigt sur le role que joue la hierarchie sociale dans ce debat:
 Sans tomber dans la psychanalyse de bazar, il est permis de se
 demander -- a supposer que le mot " ministre " signifie encore,
 comme a l'origine, " serviteur " ou " domestique " -- si nos
 pointilleux academiciens prendraient la mouche avec une telle
 frenesie contre son emploi au feminin ? Ont-ils denonce "/a
 journaliste " par exemple, alors que le Littre qualifie le terme de
 substantif masculin, ou " cette enfant ", egalement declare
 masculin par la meme autorite ?


Il va sans dire que le debat ne concerne que le haut de gamme.

Si les academiciens voient dans la feminisation de ministre une veritable trahison de la langue francaise, certaines feministes y voient plutot une trahison de la cause des femmes. A quoi bon distinguer le ministre et la ministre alors que la distinction entre les genres sera neutralisee au pluriel (les ministres) ? En fait, la regle veut que le masculin pluriel designe un ensemble entierement masculin ou un ensemble de personnes des deux sexes. Deja en 1887, des femmes ont essaye d'exploiter cette ambiguite. Moreau (1992: 162) cite le cas de l'article 4 de la constitution suisse (1848) qui soutient que " Tous les Suisses sont egaux devant la loi ". Quand les Suissesses ont revendique l'universalite du masculin pour obtenir le droit de vote, obtenu au niveau federal en 1971 et au niveau cantonal en 1990 (pour le dernier canton), le Tribunal a replique a plusieurs reprises entre 1887 et 1990, que la loi ne concernait que les citoyens suisses du sexe masculin (Moreau 1992: 162-163).

Au pluriel, les mots epicenes ont donc l'inconvenient de se confondre avec les mots masculins a genre unique alors que les mots suffixes entrainent des repetitions. Celine Labrosse propose de contourner ces difficultes a l'aide d'un neologisme epicene (professionnele) qui se distinguerait tant de l'ancien masculin (professionnel) que de l'ancien feminin (professionnelle).

En decembre 1998, la Federation des professionnelles et professionnels salarie-e-s et des cadres du Quebec (FPPSCQ), a la recherche d'une nouvelle denomination qui serait " plus representative de la composition variee de ses membres " et qui eviterait le terme professionnel, qu'un avis de I'OLF datant du 28 avril 1990 qualifiait d'anglicisme, a opte pour le nom epicene professionnele, cree " sur le modele de un, une fidele " (Labrosse 1999). Le president de cette Federation, Michel Tremblay (1998), souligne que ce choix " a le merite d'eviter la repetition a l'oral de deux mots identiques (les professionnels et les professionnelles) ". Labrosse, qui l'a recommande, se rejouit du fait que la Federation ait ose aller " a contre-courant de la "grammatocratie" ":
 ... leur audace, leur esprit d'innovation et leur regard
 visionnaire font de leur Federation le premier groupe a apporter
 une modification orthographique significative depuis 1835 ... Le
 dynamisme et le leadership du Quebec dans le domaine de la
 desexisation du langage se trouvent ici, et a nouveau, confirmes
 (1999).


Pour les critiques, il serait " frivole - et pas tres professionnele " (Breton 1999) de creer, a l'aide d'une " modification fantaisiste de l'orthographe ", une " designation saugrenue " (Villers 1998) qui ne serait qu'un " barbarisme double d'un anglicisme " (Roux 1998), un " neologisme en forme de convulsion unisexe, qu'on devrait appeler le "QQ" " (Foglia 1999). Les alternatives proposees par la linguiste MarieEva de Villers (" Federation des membres de profession intellectuelle du Quebec " ou " Federation des specialistes du Quebec ") ont ete rejetees par Michel Tremblay qui a commente :
 Bien sur, nous avons debattu de Federation du travail professionnel
 et de Federation du personnel professionnel et autres designations
 semblables... Cependant, celles-ci ont le defaut de presenter nos
 membres en qualifiant leur travail plutot qu'en les nommant comme,
 par exemple, le College des medecins et l'Association des
 psychologues (1998 : B3).


Conclusion

Comme nous venons de voir, la structure morpho-syntaxique de la langue francaise met a notre disposition trois possibilites en ce qui concerne les designations professionnelles : le genre unique, que ce soit masculin (un docteur) ou plus rarement feminin (une sage-femme), l'epicenie (un(e) docteur) et la suffixation (un docteur, une doctoresse). Chacune de ces trois strategies prete le flanc a la critique. Pour les feministes, le genre unique masculin (/e ministre) occulte les femmes alors que, pour l'Academie francaise, le genre unique feminin (sage. femme) exclut les hommes. La distinction de genre marquee par l'article (epicenie) s'efface au pluriel (le ministre, la ministre, les ministres). Enfin, les suffixes feminins sont taches de connotations pejoratives (poetesse) ou sexuelles (entraineuse) et leur emploi produit des repetitions genantes dans les cas d'homophonie (les professionnels et professionnelles).

De trois maux, il faut choisir le moindre ! Le tableau suivant permet de comparer les usages en France, en Belgique, au Canada et en Suisse.
France Belgique Canada Suisse

un medecin une medecin une medecin une medecin
un poete une poete une poete une poetesse
un maire une maire une maire une mairesse
un consul une consule une consule une consulesse
un chef une chef une chef une cheffe
un ecrivain une ecrivain une ecrivaine une ecrivaine
un professeur une professeur une professeure une professeure
un ingenieur une ingenieur une ingenieure une ingenieure
un auteur une auteur une auteure une autrice


La France se distingue des autres pays par sa resistance a la feminisation. La situation commence toutefois a changer, la feminisation entrant peu a peu dans les habitudes, malgre l'hostilite de l'Academie francaise. En fait, certains journaux, tels que Le Monde, se sont rallies a l'usage des titres Madame la ministre et Madame la deputee. Mais si on peut y relever des formes feminines tels que/a juge ou/a magistrate, l'usage de ces formes par les journalistes est loin d'etre systematique.

[FIGURE 4 OMITTED]

En realite, les Francaises ellesmemes sont loin de parler comme un seul homme, si j'ose dire. Ainsi, dans son etude des titres que les 353 candidates aux elections du 12 juin 1994 au Parlement europeen ont choisis pour se presenter, Charles Muller (1994 x 103) a observe que " la discorde regne dans le choix des appellations ", l'usage variant d'une liste a l'autre, a l'interieur d'une meme liste et meme chez une seule et meme candidate (104). Il signale que conseillere et presidente l'emportent sur conseiller et president tandis que depute est trois fois plus frequent que deputee (106). Reste que le feminin est carrement exclu dans certains cas :

Aucune de nos candidates ne s'est risquee a feminiser ministre, chef (d'entreprise), agent (technique), medecin, ecrivain, administrateur, professeur, maitre (de conferences), docteur (titre universitaire), chevalier (des ordres nationaux), ni meme a y accoler une epithete feminine... Mais, en face d'Eleonore (XI, 38) (1), " ingenieur ", trois audacieuses, Nicole, Monique et Janick, bravant la norme graphique, se sont inscrites comme " ingenieure " (VIII, 11, 14, 17) (2) (Muller 1994:106).

Ces " audacieuses " rejoignent ainsi leurs consoeurs canadiennes qui emploient couramment le feminin ingenieure comme dans la petite annonce ci-contre.

La feminisation maximaliste preconisee en Suisse exploite les suffixes feminins aussi bien dans les innovations telles que cheffe que dans les conservatismes tels que ecrivaine, autrice, mairesse, poetesse et consulesse. On prefere des feminins qui se distinguent non seulement a l'ecrit mais aussi a l'oral:

Nous avons donc, en Romandie, choisi la solution de la grammaticalite et d'une feminisation maximaliste de peur que le sexisme ordinaire ne laisse rapidement tomber ce E qu'on ne saurait entendre (Moreau 1992: 167).

On doit se demander si le suffixe -esse est vu d'un meilleur oeil en Suisse qu'ailleurs, a cause du nom Suissesse, quoique ce mot soit concurrence aujourd'hui par repicene un(e) Suisse en conformite avec l'adjectif epicene suisse.

Au Canada, il y a une forte tendance a preferer des feminins purement graphiques (chercheure plutot que chercheuse ; docteure plutot que doctoresse ; auteure plutot que autrice). Les formations en -eure qui s'imposent au Canada sont qualifiees de " barbarismes militants " par Rey-Debove (1998: 16), redactrice du Nouveau Petit Robert, bien que la langue francaise contienne deja le modele superieur(e). La Suisse est le seul pays a accepter ce modele de formation, l'Eglise Reformee de Neuchatel ayant adopte pasteure comme feminin de pasteur.

Au Canada, la preference pour les feminins purement graphiques s'explique peut-etre par l'influence de l'anglais qui a opte pour le nivellement des genres (par exemple firefighter plutot que fireman).

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La Belgique se distingue du Canada et de la Suisse par sa preference pour les epicenes dans le cas de mots terminant en -eut: un(e) professeur, un(e) auteur, un(e) ingenieur, un(e) docteur). Pour ReyDebove (1999: 60), les Belges sont donc plus proches de la sensibilite francaise que les Canadiens " pas de auteure avec un e, mais une auteur, en s'alignant sur les noms abstraits : la frayeur, la pesanteur, etc. ". Le conservatisme ecrivaine est egalement rejete en faveur de l'epicene un(e) ecrivain.

Le tableau ci-dessus permet d'observer qu'il y a parfois autant de formes attestees qu'il y a de communautes linguistiques (un auteur, une auteur, une auteure, une autrice). Plus souvent, le Canada s'allie soit avec la Suisse (professeure, ecrivaine), soit avec la Belgique (poete, maire, consule, chef). Il arrive aussi que ces trois pays soient unanimes (medecin).

En tant que systeme linguistique, la langue francaise est neutre, laissant aux usagers le soin de faire leurs propres choix. Les contraintes qui viennent entraver ces choix ne viennent pas de la langue elle-meme mais des locuteurs et locutrices qui imposent leur ideologie a la langue. La feminisation des titres n'est pas un probleme linguistique, c'est un probleme de societe. La preuve ? On peut dire une secretaire mais pas une secretaire d'Etat. On peut dire une maitresse d'ecole mais pas une maitresse de conferences. La feminisation n'est pas conditionnee par la forme morphologique des mots mais par le statut social de leur referent.

Dans les annees a venir, verra-t-on converger les recommandations des differents pays francophones en matiere de feminisation ? Plus important, verra-t-on converger les usages ? La langue, " support de notre identite individuelle et collective " (Dostie 1999), est faconnee par ses usagers. Entre docteur, docteure et doctoresse, ce sont les locuteurs et locutrices qui trancheront.

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Elizabeth Dawes

Universite de Winnipeg

(1.) Candidate 38, liste XI, Vrais Ecologistes.

(2.) Candidates 11, 14, et 17, liste VIII, Union des Ecologistes.
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Title Annotation:research on creating feminine forms of professional titles in the French language
Author:Dawes, Elizabeth
Publication:Ethnologies
Article Type:Critical essay
Date:Sep 22, 2003
Words:5822
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