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LA FORMULE << POESIE PURE >> DANS LE DEBAT DES ANNEES VINGT ET TRENTE: VARIANTES, CIRCULATION, SIGNIFICATIONS ET EQUIVOQUES.

Les termes de << poesie pure >> et d'<< art pur >> sont omnipresents dans le debat litteraire des annees 1920: on a a faire avec ce qui a pu etre defini comme une veritable << obsession de la purete (1) >>, qui tient non seulement du discours litteraire, mais aussi des arts plastiques (les cubistes se reclament par exemple d'une << pure peinture >>). Il s'agit de notions qui avaient bien entendu ete largement employees deja dans le debat sur la litterature de la seconde moitie du dix-neuvieme siecle--entre autres par exemple par Hugo (qui distinguait entre les << vers de la poesie pure >> et la << poesie melee aux evenements >>), par Sainte-Beuve et par Baudelaire (qui invoquait une << poesie pure limpide et profonde comme la nature (2) >>). Immediatement apres le premier conflit mondial, elles se trouvent cependant a nouveau et plus que jamais au coeur du debat litteraire, en constituant de veritables stimuli a la reflexion critique: apres l'avant-propos celebre de Valery a la Connaissance de la deesse de Fabre de 1920 en particulier, un vaste debat (la << querelle de la poesie pure >>) s'organise autour de ces notions et de certains problemes esthetiques qui leur sont strictement lies.

Pour aborder ce debat sous un jour nouveau, nous nous proposons d'explorer les significations et les usages (multiples et mouvants) de l'expression << poesie pure >>, que l'on peut definir, dans le sillage de certains travaux linguistiques recents, comme etant une << formule linguistique (3) >>. Nous essayerons de reperer les variantes les plus significatives de cette formule et d'en explorer la circulation: comment prend-elle forme, comment se transmet-elle d'un auteur a l'autre et se modifie-t-elle a travers les articles et essais ? Quels sont a chaque fois les synonymes et les contraires auxquels elle est associee, et quels textes et auteurs sont convoques pour la definir ? Nonobstant les etudes critiques nombreuses qui portent sur la querelle de la poesie pure (4), il nous parait en effet essentiel d'y revenir a partir de l'existence pour ainsi dire autonome de cette formule, et du role qu'elle acquiert dans le debat critique. Nous esperons parvenir ainsi a degager les malentendus et les sous-entendus dont est tributaire le debat, et a reperer les lieux et les moments specifiques de glissement du signifie qui sont a l'origine de ces malentendus, en saisissant donc par la les enjeux philosophiques et litteraires.

Le point de depart sera bien entendu Paul Valery, qui tout en n'etant pas le premier parmi les poetes de sa generation a employer l'expression de << poesie pure >> dans l'entre-deux-guerres (A. James Arnold rappelle par exemple un article de 1917 de Jean Royere, qui emploie d'ailleurs cette expression a propos de la Jeune Parque (5)), a le merite involontaire de relancer cette formule en la rendant cruciale pour le debat poetique. Voici dans quels termes il evoque sa part de responsabilite dans la diffusion de l'expression, dans le discours prononce a l'occasion de la disparition d'Henri Bremond: << Je rappellerai seulement a quels curieux exces d'interpretation ces deux mots de poesie pure que j'ai eu le malheur d'ecrire, un certain jour, ont conduit tant d'esprits excellents et subtils (6). >> Maints commentateurs ont souligne que dans le texte qui est aux origines de la querelle, l'avant-propos a la Connaissance de la deesse de Fabre, Valery parle precisement de << poesie a l'etat pur >>, pour renvoyer a une idee << limite >>, qui ne coincide pas avec une qualite de la poesie, mais qui en incarne plutot << l'idee de la perfection >>: << rien de si pur ne peut coexister avec les conditions de la vie (7) >>.

Une premiere antinomie se manifeste ici: le << pur >> valeryen s'oppose a la << vie >>, en tant qu'ideal qui est dans un rapport d'alterite avec le reel; la poesie (pure) a donc tres peu en commun avec l'existence reelle, dont elle ne s'occupe pas. La << purete >> valeryenne prend ainsi forme de facon privative par une suite d'oppositions. Parmi ses contraires, Valery contemple notamment << l'ordre didactique ou historique >>, les << attraits sentimentaux vulgaires >>, et les << grossiers effets de l'eloquence (8) >>. Comme il essayera meme de le signaler dans l'article ecrit en 1927 pour preciser son propre point de vue (9), sa notion de << poesie pure >> se constitue avant tout par opposition a la poesie didactique ou philosophique et oratoire: la premiere page de l'avantpropos a la Connaissance de la deesse contient en effet une critique a l'adresse de grands poetes tels que Lucrece, Virgile, Dante et meme Victor Hugo: << Le De natura rerum, les Georgiques, 1'Eneide, La Divine Comedie, La Legende des siecles... empruntent une partie de leur substance et de leur interet a des notions que la prose la plus indifferente aurait pu recevoir. [...] On voit enfin, vers le milieu du dix-neuvieme siecle, se prononcer dans notre litterature une volonte remarquable d'isoler definitivement la Poesie, de toute autre essence qu'elle-meme (10). >> Tout cela est assez connu; ce qui nous importe ici est de mettre en evidence comment le << pur >> s'obtient pour Valery essentiellement par soustraction, par elimination, par filtrage, par purification: dans l'avantpropos l'adverbe << purement >> est employe comme synonyme d'<< uniquement >> et d'<< exclusivement >> (<< tirer du langage presque les memes effets que les causes purement sonores produisaient sur nos etres nerveux (11) >>), et l'adjectif << pur >> se trouve associe non seulement a << poesie >>, mais, plus avant dans le texte, aussi a << beaute >>. En evoquant la ferveur, les disputes, les recherches de sa generation poetique << consacres au probleme de la beaute pure >>, Valery precise qu'il s'agissait surtout d'<< eliminer les descriptions, les sentences, les moralites >>, de << purger >> la poesie << de presque tous ces elements intellectuels que la poesie ne peut exprimer (12) >>.

Avant d'en venir a la question cruciale des origines de cette acception de purete chez Valery, il n'est pas sans importance de souligner qu'une telle acception n'est pas depourvue de contradictions et de facettes moins nettes. Si la << purete >> parait dans la premiere partie de l'avant-propos coincider avant tout avec un souci de preservation de la poesie par rapport a la vie, vers la conclusion Valery ouvre une autre piste de reflexion en choisissant pour synonyme de << pure >> le terme d'<< absolue >>: la poesie s'affirme ici comme etant une << verite, sans equivoque (13) >>; elle est en mesure de proposer une << verite >> non pas en << fix[ant] ou cre[ant] une notion,--c'est-a-dire un pouvoir et un instrument de pouvoir >>, mais en produisant << un etat >> et un monde nouveaux. Cette reevaluation de la signification globale de la poesie qui, bien plus que la philosophie, devient une << discipline >> d'existence, trouvait deja une place cruciale dans 1' Introduction a la methode de Leonard de Vinci, ou le peintre florentin etait presente comme un veritable philosophe du fait de ses desseins et de son oeuvre artistique, a l'oppose des metaphysiciens cantonnes aux querelles verbales. L'ecart subtil et paradoxal qui se creuse entre la purete comme refus de la materialite et du didactisme, et la purete comme caractere absolu et verite, est a l'origine d'une ambiguite constitutive de la poesie valeryenne, qui oscille sans cesse entre les deux poles de la litterature anti-referentielle d'un cote et de la litterature qui constitue la realite veritable d'un autre cote.

Cela se trouve confirme par un autre texte de Valery, moins celebre, qui revient sur la purete: l'article publie en anglais a la demande de Michael Cowley dans le New York Herald Tribune en avril 1928, et intitule << The Future of Literature. Will It Be a Sport (14) ? >>. En songeant a l'intrusion d'elements didactiques, sociologiques ou scientifiques dans la litterature, Valery revient sur la notion de purete en plaidant en faveur d'un << emploi pur >> de la litterature. Et il le fait en particulier en introduisant une comparaison: celle entre cette poesie sans autre finalite qu'elle-meme, et le sport en tant qu'exercice gratuit des muscles qui developpe par jeu ce qui auparavant etait du au travail obligatoire. << Parfois je me prends a songer qu'une litterature singulierement sportive aura place dans l'avenir >>: partage, non sans une certaine ambiguite, entre le desir et la crainte face a cette unique possibilite d'existence pour la litterature telle qu'il l'entend, Valery utilise ici << sportif >> en tant que synonyme ulterieur de << pur >>. Ici, est-ce que ne serait pas tout simplement reaffirmee l'opposition entte l'utile et l'inutile ? En realite, << sportif >> ne coincide pas exactement avec << non-utile >>: employe avec une pointe d'amertume, ce terme rajoute de la gratuite redoutable a l'inutile reclame par Valery face aux << romanciers [qui] se sont piques, tantot de sociologie, tantot de psychologie; tantot ils ont voulu utiliser les resultats des recherches scientifiques; tantot ils ont vise a une influence d'ordre religieux (15) >>. C'est dans cette marge encore une fois fort etroite entre le refus de l'utilite d'une part et le regret cause par l'inutilite d'une autre part, que certaines contradictions de Valery peuvent exister.

Apres cette digression et pour en revenir aux origines de la notion de << purete >> chez Valery, la plupart des commentateurs, contemporains de Valery ou plus tardifs (16), evoquent a juste titre la filiation litteraire Poe-Baudelaire-Mallarme, a partir aussi d'un passage de l'avant-propos valeryen: Valery ecrit explicitement qu'<< une telle preparation de la poesie a l'etat pur avait ete predite et recommandee avec la plus grande precision par Edgar Poe >> et qu'elle << commence >> ensuite veritablement avec Baudelaire (17). Et cependant, il faut, a notre avis, chercher la reference essentielle d'ou Valery tire sa notion de << pur >> ailleurs que dans le << Poetic principle >> de Poe (largement cite mais non traduit par Baudelaire, et qui defend une poesie sans autre but qu'ellememe). L'un des entretiens avec Frederic Lefevre, repris aussi dans les pages de la Revue universelle en aout 1924, est eloquent a cet egard (18). Valery essaie ici, apres les polemiques suscitees par son texte de 1920, de preciser l'acception originaire que le concept d'<< epuration >> avait sous sa plume (<< la poesie qui resulterait, par une sorte d'exhaustion, de la suppression progressive des elements prosaiques d'un poeme (19) >>), et il a recours a une comparaison avec la chimie: << En somme, j'ai employe le mot pure dans le sens fort simple que lui attachent les chimistes quand ils parlent d'un corps pur (20). >> Or, dans l'avantpropos a Fabre, Valery avait precisement eu recours a de multiples images tirees de la science. Le texte s'ouvre par une notation concernant le probleme geometrique de la quadrature du cercle, que Valery definit comme etant une << antique ambition >> devenue desormais un << reve >> grace aux demonstrations recentes: il introduit ainsi les difficultes poetiques sur lesquelles porte sa reflexion, et qui seraient aussi capitales que celles des scientifiques en raison de << l'impossibilite de quarrer toute pensee dans une forme poetique (21) >>. Mais surtout, il evoque, quelques pages plus loin, la metaphore du vide physique pour expliquer les difficultes, voire les souffrances, qui sont infligees au poete par la poesie pure telle qu'il la concoit: de meme que le vide physique parfait et le plus bas degre de la temperature ne peuvent pas de fait etre atteints, de meme << la purete derniere de notre art demande a ceux qui la concoivent de si longues et de si rudes contraintes qu'elles absorbent toute la joie naturelle d'etre poete (22) >>. L'insistance sur ces images scientifiques ne releve pas seulement de l'interet general que Valery porte tout au long de sa vie (et de ses Cahiers) aux decouvertes scientifiques contemporaines; au meme moment ou il ecrit l'avant-propos, il est aussi en train de traduire un article sur Einstein et sa theorie gravitationnelle (23). Voici que sa notion de purete prend forme sous la suggestion des sciences, et en particulier des processus de distillation, de decantation, d'epuration chimique, dont elle represente de fait un analogue dans le champ litteraire. Rien de plus eloigne de la conception defendue par l'abbe Bremond.
Sans insister sur la difference entre ces deux conceptions de la poesie
pure ou sur les etapes de la querelle qui eclate au lendemain du
discours de Bremond a l'Academie, sujets qui ont ete largement etudies
par la critique, nous nous attacherons ici a essayer de saisir comment
le dialogue, parfois equivoque, entre Valery et Bremond est possible,
et sur quelles bases et par quelles voies il s'installe.


La definition que Bremond donne de la poesie pure dans son discours du 24 octobre 1925 part, d'une maniere valeryenne, de la distinction entre poesie et prose, pour illustrer laquelle il mentionne d'ailleurs les memes exemples que Valery cite dans la preface a Fahre (Dante, Virgile, Lucrece). Le discours de Bremond parvient meme a reprendre l'allusion a la quadrature du cercle que l'on a vu ouvrir le texte de Valery: << Reduire la poesie aux demarches de la connaissance rationnelle, du discours, c'est aller contre la nature meme, c'est vouloir un cercle carre >>, ecrit-il, en mettant par la en realite l'image valeryenne au service d'un discours bien different de celui du poete de la Jeune Parque. Mais davantage que l'avant-propos a Fabre, c'est surtout l'entretien de Valery avec Lefevre portant sur la poesie pure qui inspire Bremond, et qui sert de point de depart a sa propre definition de << poesie pure >>. Bremond le declare d'ailleurs explicitement meme, au debut du volume publie avec de Souza en 1926, ou il avoue que le travail preparatoire a sa preface au volume des entretiens, a represente pour lui le moment crucial de l'elaboration de son discours aux cinq Academies (24).

Quels passages exactement de l'entretien de Valery d'octobre 1924, ont pu attirer l'attention de Bremond ? Si, en general, Valery ne fait que reprendre sa definition de la purete d'apres la matrice << chimique >>, il se livre aussi a une comparaison avec la musique, en evoquant le contraste qui se produit dans une salle de concert entre la melodie de l'orchestre et l'eclat d'un bruit qui resonne ou de voix qui parlent: << Nous avons alors le sentiment d'un contraste entre deux mondes ou entre deux ordres de lois de notre sensibilite (25). >> Cet exemple ne sert qu'a expliquer la gene procuree au lecteur exigeant par l'interpolation d'une donnee concrete dans un passage de poesie pure (<< c'est ainsi--ecrit-il--que, dans un poeme, l'intervention de donnees historiques, par exemple (une date, parfois) doit paraitre contraire a l'objet que se propose celui qui parle en vers >>). Mais c'est sans doute a partir de ce passage que Bremond pourra comprendre l'opposition entre prose (ou poesie ordinaire) et poesie pure comme une alterite aux implications metaphysiques memes, et qu'il pourra faire de l'expression << poesie pure >> un synonyme de << realite mysterieuse >> des les premieres lignes de son discours a l'Academie (<< Tout poeme doit son caractere proprement poetique a la presence, au rayonnement, a l'action transformante et unifiante d'une realite mysterieuse que nous appelons poesie pure (26) >>).

Pour mesurer toute la difference qui existe entre la purete valeryenne et celle de Bremond, il suffit de comparer le traitement reserve a une notion convoquee par les deux auteurs comme synonyme de << purete >>: celle de << precision >>. Bremond y insiste dans la preface aux entretiens de Valery, en expliquant que << L'art est toujours precis: la precision la plus savante et rigide, au service de l'imprecis (27) >>: il identifie ainsi la purete avec la precision, mais en tant que voie d'acces a un ordre different et superieur, le monde de l'indefini par excellence, de l'eternel, du divin, du mystere. Ainsi il peut assimiler << pur >>, << precis >> et << imprecis >>, en concluant: << Il [le langage poetique] a ceci de particulier, de divin que sa precision elle-meme a pour but unique d'ouvrir, aussi grandes que possible, les portes du mystere (28). >> C'est tout autrement que Valery concoit la relation entre purete et precision. Il l'explique dans l'entretien avec Lefevre consacre a Pascal. Valery associe a Pascal 1'<< impurete >>, qu'il semantise de la facon suivante: << [...] je trouve en lui, plus je le considere, ce que j'appelle son impurete et que j'oppose a ce que j'appelle la purete cartesienne. Je trouve chez Pascal la confusion-un desordre tout moderne-entre les divers ordres ou les divers moments de l'etre vivant, ordres et moments que la gloire de Descartes aura ete de distinguer comme l'ont toujours fait ou tente de faire tous les grands Europeens (29). >> Cette resurgence du terme << purete >> dans un contexte completement etranger a la querelle de la poesie pure, est significative dans la mesure ou elle nous met sur les traces du sens profond, originaire, que ce mot a pour Valery. Purete est un synonyme d' << ordre >>, de << distinction >> entre les plans et les niveaux, du discours autant que de la realite; 1'<< impur >> est confusion des ordres, melange, assimilation similaire a celle accomplie par Pascal lorsqu'il mele raison et sentiment, approche rationnelle et approche irrationnelle du divin. Rien de plus eloigne de Bremond, qui, dans ses Eclaircissements sur la poesie pure, recopie a l'appui de sa these quelques passages des Reflexions sur la poesie d'un jeune instituteur son correspondant, Raymond Christophlour, qui definit la difference entre la prose et la poesie comme celle entre << deux tendances rivales de l'esprit humain >>: l'intelligence d'un cote, qui revient a distinguer et separer des idees claires et distinctes, et la faculte de << se mettre au centre de l'experience >> de l'autre cote, de tout percevoir et saisir dans son unite constitutive.

De plus, Valery, comme on vient de le voir, emet des reserves envers l'approche philosophique et religieuse de Pascal, alors que Bremond, comme maints autres modernistes catholiques, fait de Pascal un point de repere essentiel, en appreciant moins sa conception du Christ (critiquee dans le tome de 1'Histoire du sentiment religieux consacre a Port-Royal (30)), que la primaute qu'il attribue au coeur sur la raison, et qui permettrait de le ranger parmi les mystiques, << ses vrais freres (31) >>. Dans la lecture de Pascal faite par Bremond, les suggestions bergsoniennes jouent un role crucial: a la fin de son discours sur l'ame de Pascal plus large que les definitions qu'on peut en donner, Bremond formule une remarque de saveur toute bergsonienne: << "Vivante", ces trois syllabes resument ce que j'aurais voulu dire dans ce long chapitre (32). >> D'ailleurs, meme le livre de Bremond sur la poesie pure est parseme de lexique bergsonien, puisque reviennent sans cesse des termes tels que << experience interieure >>, << instincts vitaux >>, << profondeur >>, << monde obscur de l'ame >>, << realite ineffable >>.

Cela nous conduit directement aux sources de l'acception de << pur >> de Bremond. Dans son livre, Bremond mentionne parmi ses references fondamentales les symbolistes Jean Royere, avec ses Clartes sur la poesie, et Tancrede de Visan, avec son Attitude du lyrisme contemporain de 1911, mais aussi Proust, Ruskin, Carlyle, jusqu'a Goethe, Schiller et Shelley; et cependant ces noms representent moins des references originaires que des appuis pour l'argumentation ex post. Deux reperes decisifs nous paraissent servir de modele a sa reflexion sur la purete, l'un contemporain et l'autre remontant au dix-septieme siecle.

En ecrivant en 1910 son Apologie pour Fenelon (33), Bremond attire l'attention sur la notion de << pur amour >> assumee par cet auteur et essentielle pour les mystiques du dix-septieme siecle, un amour << qui n'est d'ordinaire prevenu ni soutenu par aucun melange de motif interesse, ni de crainte, ni d'esperance (34) >>. Cet amour frappe Bremond non seulement pour la charite qui lui est associee, mais aussi et surtout pour l'elevation vers Dieu qu'il implique : la purete est pour lui avant tout un mouvement d'elevation.

L'autre suggestion provient, comme on l'a deja signale, de la << pure duree >> bergsonienne. Dans l'Essai sur les donnees immediates de la conscience, la pure duree est definie en ces termes:
Il y a en effet [...] deux conceptions possibles de la duree, l'une
pure de tout melange, l'autre ou intervient subrepticement l'idee
d'espace. La duree toute pure est la forme que prend la succession de
nos etats de conscience quand notre moi se laisse vivre, quand il
s'abstient d'etablir une separation entre l'etat present et les etats
anterieurs. [...] On peut donc concevoir la succession sans la
distinction, et comme une penetration mutuelle, une solidarite, une
organisation intime d'elements, dont chacun, representatif du tout, ne
s'en distingue et ne s'en isole que pour une pensee capable
d'abstraire. (35)


La duree pure se distingue donc de celle spatiale en raison de son heterogeneite constitutive: au lieu d'une succession d'etats, on assiste a un melange, a une superposition de changements << qui se penetrent, sans contours precis (36) >>. On a a faire ici a une << purete >> de tout autre ordre que celle de Valery pour qui le << pur >> s'obtenait, comme on l'a vu, par soustraction, par elimination, par epuration. Chez Bergson, il s'obtient par addition et par multiplication, et il coincide avec une heterogeneite et un melange indissociables. Bremond, dans sa semantisation de l'expression << poesie pure >>, non seulement reprend ce sens bergsonien en concevant la purete comme principe de communion et de communication entre des ordres differents (et par la d'acces au divin), mais il en recueille aussi un corollaire epistemologique decisif, a savoir la mise en garde contre les limites de la connaissance mathematique et plus generalement rationnelle-scientifique, a l'oppose de la definition valeryenne (37).

Dans le debat critique qui s'anime, ces deux acceptions fondamentales de << pur >> se superposent sans cesse, en produisant le vacarme d'une querelle ou se refletent des affrontements majeurs tels que l'appreciation du romantisme, ou l'opposition entre intellectualistes et irrationalistes. Mais pour saisir les affinites et les alterites les plus profondes dans la conception de la litterature, il est essentiel d'evaluer a quelle definition de << purete >> chaque auteur souscrit. A cet egard, d'un cote Gide se montre parfaitement en ligne avec la definition valeryenne. Dans le << Journal d'Edouard >>, il presente l'ideal du << roman pur >> en exprimant la necessite de << depouiller le roman de tous les elements qui n'appartiennent pas specifiquement au roman >> (38); dans le journal des Faux-Monnayeurs, a la date du 1er novembre 1922, il note d'une maniere analogue vouloir << purger le roman de tous les elements qui n'appartiennent pas specifiquement au roman. On n'obtient rien de bon par le melange (39) >> ; de plus, la notion de << nettoyage >> revient tout au long des Faux-Monnayeurs, question a la fois ideologique et esthetique liee aussi a la celebration gidienne du classicisme et a son combat contre le nationalisme barresien (40). D'un autre cote, Paul Claudel se rallie au contraire a la definition bergsonienne et bremondienne de la purete, lorsque par exemple il ecrit a Bremond dans une lettre ensuite publiee dans ses Positions et propositions:
J'entends par chose pure, la chose non pas en tant qu'elle sert a notre
usage quotidien, mais en tant que dans la plenitude de son sens elle
est de Dieu une image partielle, intelligible et delectable, et telle
que le mot complet, le mot par excellence, qui est racine et clef, en
donne a notre esprit la parfaite intelligence. (41)


<< Plenitude >> contre << nettoyage >>: voici les deux positions antithetiques qui s'affrontent en reussissant cependant parfois a dialoguer d'une facon apparemment harmonique.

De plus, l'objet auquel cette << purete >> est associee peut varier: a cote de la poesie pure et du roman pur, bientot on reclamera aussi une << peinture pure >> (les avant-gardes), et jusqu'a une << prose pure >> (c'est Martin du Gard qui lance d'une facon provocatrice: << Apres la poesie pure, je lance ma nouvelle bombe: la prose pure (42) >>). Mais l'association qui devient cruciale dans le debat des annees 1930 et 1940, et sur laquelle nous nous arreterons avant de conclure, est celle de << litterature pure >>, rendue celebre en particulier par La France byzantine ou le triomphe de la litterature pure de Julien Renda (43), et qui sera ensuite aussi reprise, toujours pour l'attaquer, par Sartre. Ou Benda puiset-il cette notion, et quel est exactement le rapport entre cette expression et celle de << poesie pure >> ? Pour le comprendre, il faut evoquer un autre protagoniste du debat sur la poesie pure des annees 1920, Albert Thibaudet, qui a de fait une part essentielle dans la creation et la divulgation de cette formule, comme lui-meme tient a le souligner (44). Thibaudet est en effet le premier a insister sur l'idee de << poesie pure >> a la fois dans son ouvrage sur Mallarme de 1912 (45) et dans celui sur Valery de 1923 (46); il a d'ailleurs aussi le merite d'introduire une perspective aigue et clarificatrice dans la querelle par les articles qu'il publie dans la NRF en 1926, ou il distingue notamment entre la poesie pure d'ascendance romantique et lamartinienne, et celle << de fabrication et non de genie, de difficulte et non de facilite >> de Mallarme et Valery (47).

Or c'est a partir de la lecture de Thibaudet que Benda elabore son idee de << litterature pure >>: il ne s'inspire de Valery et de Mallarme qu'indirectement, a travers la mediation de Thibaudet. Deja en exergue a La France byzantine figure en effet une citation de Thibaudet qui parait vouloir justifier le soustitre meme de l'ouvrage: << Il ne s'agit, sous ce signe de Mallarme, pas seulement de la poesie pure, mais surtout de la litterature pure >>, citation tiree de l'article de Thibaudet << Epilogue a la poesie de Stephane Mallarme >>, paru dans la NRF du 1er novembre 1926. Ensuite, la notion de << pur >> apparait pour la premiere fois dans le texte de Benda dans une citation de Valery, que Benda declare avoir tiree de l'ouvrage de Thibaudet sur Mallarme (<< [...] le chef-d'oeuvre de la litterature, c'est la litterature meme,-et je l'entends: l'extension-empiriquement, premierement, desormais systematique et pure, -de certaines proprietes du langage (48) >>). Les deux passages de Thibaudet qui attirent manifestement l'attention de Benda, mettent de fait en avant une definition ulterieure de << purete >>, qui vient s'ajouter aux deux precedentes: il s'agit d'une purete qui est avant tout auto-referentialite, l'incarnation successive et plus radicale de l'ideal de l'art pour l'art des poetes du dix-neuvieme siecle. Dans les deux passages cites par Benda, d'un cote Thibaudet presentait Mallarme comme le premier poete ayant mis au centre de la litterature la litterature elle-meme (<< Je veux dire la litterature, l'acte de mettre du noir sur du blanc et de publier, se prenant lui-meme comme matiere a approfondir et comme objet a reflechir (49) >>): il serait << le type du poete non seulement pour les litterateurs, mais, plus specialement, pour les critiques >>, et c'est en cela que sa poesie se fait << absolue >>, << pure >>. D'un autre cote, Thibaudet illustrait le << formalisme pur >> de Mallarme et de Valery: c'est autour de cette definition que les critiques de Benda prennent forme, davantage que par le biais d'une lecture directe de ces poetes. Voici donc comment une troisieme acception de purete, due a Thibaudet et definie comme auto-referentialite de la litterature, s'installe dans le debat litteraire, et focalise les controverses.

Mais ce n'est pas tout. Benda ne s'en prend pas seulement au formalisme et a l'isolement de cette litterature postsymboliste. Il impute a la litterature pure sa propension a << ruiner la distinction >>; il y repere une << soif de fusion des differents >>, qui vit son apogee en Mallarme, poete qui aurait porte << les moeurs de la mystique-disons de la poesie-dans le domaine de l'idee (50) >>. De maniere surprenante, Benda parait ici comprendre la poesie de Mallarme et de Valery comme le faisait Bremond, qui avait pu saisir un sens mystique en lien avec l'ideal de la poesie pure. Plus avant dans le texte, Benda conteste egalement la conception de 1'<< idee >> qui serait celle de Valery, a savoir << l'effet de l'acte par lequel la personne, se projetant au-dela de ses limites jusqu'a s'identifier avec l'univers, prend une conscience totale d'elle-meme (51) >>. Dans ces interpretations de Benda, reviennent certains des termes-cles qu'emploie Thibaudet dans ses livres sur Mallarme et Valery. Thibaudet soulignait, a cote de la dimension << technique >> et << mathematique >> de la poesie de Mallarme et de Valery, un autre aspect en contradiction presque avec celui-ci: << Mallarme et Valery ont pousse a leurs limites et reuni ces deux contradictoires apparents : l'etre le plus interieur et le plus intuitif de la poesie, l'exigence la plus technique et la plus imperieuse de la forme poetique (52). >> Thibaudet parvenait ainsi meme a etablir un lien, bien qu'indirect, entre Valery et Bergson:
Le lecteur a peut-etre remarque l'analogie entre ces vues et celles de
Matiere et Memoire. L'Introduction a Vinci a precede de trois ans ce
livre de M. Bergson, et fut d'ailleurs aussi peu comprise que lui [...]
Valery et M. Bergson, tout en s'ignorant reciproquement, paraissent
exprimer en deux langages une intuition analogue. (53)


Si Thibaudet peut donc parler de << nudite mystique >> et de << poesie nue, pardela tout decor et tout epanouissement exterieur >> a l'egard de Mallarme (54), Benda arrive a apparenter plus directement la litterature pure a l'ame mystique en tenant pour une << furie de mysticite >> la tendance de cette litterature a << ruiner la distinction (55) >>: il propose a nouveau et paradoxalement la lecture de Bremond, qui tracait un lien entre poesie pure et mystique. Il le fait bien entendu dans un esprit oppose, de critique severe et non pas de celebration : aux presupposes bergsoniens de Bremond se substitue le parti pris anti-bergsonien de Benda, et la << purete >> devient, sous la plume de Benda, d'ideal positif une epithete fortement depreciative. Il est par ailleurs non sans interet de signaler qu'avec Benda la purete change de referent: il ne s'agit plus de purete de la poesie-comme pour Valery et Bremond-, ni de la litterature-comme chez Thibaudet-, mais plus proprement du << litterateur >>, qui, victime de ses ambitions, promeut le reve d'une litterature depourvue de l'intellectualisme qui lui a toujours ete associe: << On peut dire qu'avec Mallarme, Proust, Gide, Valery, Giraudoux, Suares, les surrealistes et leurs descendants, nous possedons cette chose qui s'est adulteree des le debut de la litterature et dont seuls peut-etre les Alexandrins avaient donne l'exemple: le pur litterateur56. >>

Nonobstant ces differences, il est en tout cas essentiel que l'association entre poesie pure et mystique revienne et demeure cruciale pour l'appreciation de la poesie postsymboliste. C'est qu'elle temoigne d'une ambiguite veritable de la poesie de Valery en particulier, dont Thibaudet a pu mesurer et mettre en relief les composantes heterogenes sans en reduire la complexite, comme le font au contraire a la fois Bremond et Benda pour des raisons et avec des modalites differentes. Les Cahiers de Valery temoignent en effet de la reflexion que cet auteur a pu developper tout au long de son itineraire intellectuel autour de la mystique, en essayant de la redefinir sans cesse, depuis ses vingt ans, alors qu'il considerait la poesie << une mystique de developpement interne (57) >>, jusqu'aux derniers cahiers ou il se definissait comme un << mystique sans Dieu (58) >>.

Le << dualisme de l'esprit >> que Thibaudet indique comme un trait commun entre Valery et Mallarme (59), a savoir la tentative de faire dialoguer et coexister en quelque sorte intuition et intelligence, expose de fait leur poesie << pure >> a des jugements antithetiques de la part de ceux qui, dans le sillage d'une interpretation tranchante du bergsonisme, reperent un conflit insoluble entre ces deux facultes.

Universita di Roma Tre

(1).Cf. C. Moisan, Henri Bremond et la poesie pure, Paris, Les Lettres Modernes, 1967.

(2) Ch. Baudelaire, OEuvres completes, texte etabli, presente et annote par C. Pichois, Paris, Gallimard, 1975, t. II, p. 533.

(3) Cf. A. Krieg-Planque, Purification ethnique : une formule et son histoire, Paris, CNRS, 2003, et Id., La Notion de formule en analyse du discours : cadre theorique et methodologique, Besancon, Presses universitaires de Franche-Comte, 2009.

(4) Cf. entre autres H. W. Decker, Pure poetry, 1925-1930 : Theory and Debate in France, Berkeley, University of California Press, 1962; C. Moisan, Henri Bremond et la poesie pure cit.; A. James Arnold, << La querelle de la poesie pure : une mise au point >>, Revue d'histoire litteraire de la France, 1er mai 1970, p. 445-454; W. Marx, Naissance de la critique moderne. La Litterature selon Eliot et Valery, Arras, Artois Presses Universite, 2002.

(5) Cf. A. James Arnold, art. cit., qui evoque l'article de J. Royere, << Poesie >>, Les Solstices, 1er juin 1917, p. 14-16.

(6) P. Valery, << Discours sur Henri Bremond >> ( 1934), OEuvres, edition, presentation et notes de M. Jarrety, Paris, Librairie Generale Francaise, 2016, t. II, p. 852 [dorenavant OE].

(7) Id., << Avant-propos a la Connaissance de la deesse >> (1920), OE, I, p. 754-768, ici p. 763.

(8) Ibid.

(9) P. Valery, << Poesie pure, notes pour une conference >> (1927), OE, I, p. 1705-1713.

(10) Ibid., p. 756-757.

(11) Ibid., p. 759.

(12) Ibid.

(13) Ibid., p. 761.

(14) P. Valery, << The Future of Literature : Will It Be a Sport ? >>, The New York Herald Tribune, 22 avril 1928, republie (avec les trois autres articles de Valery parus dans le meme journal) par Jane Blevins, avec un essai de Michel Jarrety entre autres, dans Cahiers parisiens, Chicago University, n. 3, 2007, p. 506-511.

(15) Ibid.

(16) Cf. pour les contemporains de Valery en particulier J. Royere, << Reponse a l'enquete "L'influence reciproque de la litterature francaise et des litteratures etrangeres" >>, L'Europe nouvelle, 28 novembre 1920, et C. Du Bos, << On the symbolist movement in French poetry >>, I et II, et << Poe and the French Mind >>, I et II, The Athenaeum, respectivement 23 et 30 Juin 1920, et 7 et 14 janvier 1921.

(17) P. Valery, OE, I, p. 757.

(18) Id., << Poesie pure? >>, Entretien avec F. Lefevre du 18 octobre 1924, in F. Lefevre, Entretiens avec Paul Valery, Paris, Le Livre, 1926, p. 65-68.

(19) Ibid.

(20) Ibid.

(21) P. Valery, OE, I, p. 756.

(22) Ibid., p. 764.

(23) Cf. J. Le Bigot-Blevins, << Poetique ou Politique ? Les enjeux de la poesie pure >>, Bulletin des etudes valeryennes, Poetique et Politique, n. 90, 2001, p. 27-42.

(24) H. Bremond, La Poesie pure, avec un debat sur la poesie par Robert de Souza, Paris, Grasset, 1926, p. 31-32.

(25) P. Valery, Entretiens avec F. Lefevre cit., p. 67.

(26) H. Bremond, La Poesie pure cit., p. 16.

(27) P. Valery, Entretiens avec F. Lefevre cit., p. XXV

(28) Ibid.

(29) Ibid., p. 84.

(30) H. Bremond, Histoire litteraire du sentiment religieux en France, vol. 4, La Conquete mystique : l'Ecole de Port-Royal, Paris, Librairie Bloud et Gay [A. Colin], 1923 [1967], p. 404.

(31) Ibid., p. 412.

(32) Ibid., p. 415.

(33) H. Bremond, Apologie pour Fenelon, Paris, Perrin, 1910.

(34) Fenelon, Explication des Maximes des Saints sur la vie interieure, Paris, Pierre Aubouin, 1697.

(35) H. Bergson, Essai sur les donnees immediates de la conscience, Paris, PUF, 1991 [1888], p. 74-75.

(36) Ibid., p. 77.

(37) Cf. ibid., p. 176: << [...] la duree en tant que duree, le mouvement en tant que mouvement, echappent a la connaissance mathematique, laquelle ne retient du temps que la simultaneite, et du mouvement lui-meme que l'immobilite. >>

(38) A. Gide, Romans et recits, OEuvres lyriques et dramatiques, edition etablie sous la direction de P. Masson, vol. II, Paris, Gallimard, 2009, p. 227.

(39) Ibid., p. 543-544.

(40) Sur ces themes, cf. J.-M. Wittmann, Gide politique: essai sur Les Faux-Monnayeurs, Paris, Classiques Garnier, 2011, notamment le chapitre << De la litterature a la politique : le roman pur >>, p. 159-193

(41) P. Claudel, << Lettre a l'abbe Bremond sur l'inspiration poetique >>, Positions et propositions, Paris, Gallimard, 1928, p. 99-100.

(42) R. Martin du Gard, << Henri Bremond a Paris >>, in Id., Harmonies critiques, Paris, Editions du Sagittaire, 1936 [1934].

(43) J. Benda, La France byzantine ou le triomphe de la litterature pure: Mallarme, Gide, Proust, Valery, Alain, Giraudoux, Suares, les Surrealistes, Paris, Gallimard, 1945.

(44) A. Thibaudet, << Epilogue a la Poesie de Stephane Mallarme >>, NRF, 1er novembre 1926, aujourd'hui dans Id., Reflexions sur la litterature, ed. etablie et annotee par A. Compagnon et Ch. Pradeau, Paris, Gallimard, 2007, p. 1125-1132.

(45) Id., La Poesie de Stephane Mallarme, etude litteraire, Paris, Nouvelle Revue francaise, 1912.

(46) Id., Paul Valery, Paris, Grasset, 1923.

(47) Id., << Poesie >>, in Reflexions sur la litterature cit., p. 1055-1065, et << Epilogue a la Poesie de Stephane Mallarme >>, art. cit.

(48) J. Benda, La France byzantine cit., p. 116, et dans A. Thibaudet, La poesie de Stephane Mallarme cit., p. 461.

(49) A. Thibaudet, << Epilogue a la poesie de Stephane Mallarme >>, art. cit.

(50) J. Benda, La France byzantine cit., p. 64.

(51) Ibid., p. 78.

(52) A. Thibaudet, Paul Valery cit., p. 180.

(53) Ibid., p. 22-23. Thibaudet en conclusion de son livre observe: << (Avais-je tort de rappeler ici en sourdine le nom et l'effort philosophiques analogues de M. Bergson ?) >>, ibid., p. 180. Ces affirmations de Thibaudet susciteront un debat, sur lequel voir en particulier L. Fabre, << Au sujet du Valery de M. Thibaudet >>, NRF, 1er decembre 1923, p. 662-676, et P. Souday, << Les livres >>, Le Temps, 14 aout 1924.

(54) A. Thibaudet, << Epilogue a la Poesie de Stephane Mallarme >>, art. cit.

(55) J. Benda, La France byzantine cit., p. 78-88. Benda cite ici a son appui meme un passage du critique Marcel Raymond: << Voici se lever une nouvelle idee de litterature, le sens poetique devenant proche parent du sens mystique et prophetique, moyen non plus d'expression mais de decouverte. >>

(56) Ibid., p. 173.

(57) P. Valery, Cahiers, Paris, CNRS, 1957-1961, t. XXIV, p. 406.

(58) Cf. a ce propos J. Robinson-Valery, << To go to the last point. A la recherche d'une nouvelle definition du mysticisme >>, dans Paul Valery: musique, mystique, mathematique, ed. P. Gifford et B. Stimpson, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires de Lille, 1993, p. 15-36.

(59) A. Thibaudet, << Poesie >>, art. cit.
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Author:Cattani, Paola
Publication:The Romanic Review
Date:Jan 1, 2018
Words:6115
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