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L'eunuque, un personnage neglige du roman grec.

Les AaAaAeA@tudes sur les eunuques dans les civilisations du Proche-Orie et du Bassin mAaAaAeA@diterranAaAaAeA@en se sont multipliAaAaAeA@es depuis quelques dAaAaAeA@ (1) Elles se fondent sur les textes, notamment ceux des historiens grecs de l'AaAaAeA@poque classique, au premier rang desquels HAaAaAeA@rodote et CtAaAa qui ont associAaAaAeA@ l'eunuque au monde barbare, en l'occurrence la Pers En revanche, AaAaAeA l'exception notable de P. Guyot, elles n'ont pas utilis le matAaAaAeA@riau fourni par les romans grecs qui fleurissent AaAaAeA l'AaAaAe impAaAaAeA@riale, et dont l'action, pour trois d'entre eux, CallirhoAaAaAeA@ de Char (1er siAaAaAeA?cle), les Babyloniaques de Jamblique (2AaAaAeA?me siAaAaAeA?cle) et les AaAaAeAeth d'HAaAaAeA@liodore (3AaAaAeA?me ou 4AaAaAeA?me siAaAaAeA?cle), se situe, partiellement ou essentie dans l'espace perse. (2) Peut-AaAaAeA tre est-ce dAaAaAeA} au fait que les spAaAaAeA@cia du roman ont eu tendance AaAaAeA nAaAaAeA@gliger un type de personnage jugAaAaAeA@ mar (3) D'autre part, le fait que les Babyloniaques ne nous soient connues que par le rAaAaAeA@sumAaAaAeA@ de Photius (codex 94) et quelques rares fragm n'a sans doute pas encouragAaAaAeA@ l'AaAaAeA@tude de l'oeuvre, et donc des eunu qui y apparaissent.

L'objet de ce travail sera, par consAaAaAeA@quent, de considAaAaAeA@rer l'eun comme un personnage littAaAaAeA@raire et comme un reprAaAaAeA@sentant singulier monde barbare, monde auquel appartiennent, par leur origine dAaAaAeA@clarAaAa deux de nos trois romanciers, ce qui peut induire un autre regard. En effet, Jamblique prAaAaAeA@tend AaAaAeA tre, selon Photius, un Babylonien acquiert la culture grecque, mais, selon une scholie, ce serait un Syrien vivant en dehors des frontiAaAaAeA?res de la province romaine de Syri amenAaAaAeA@, au cours de son existence, AaAaAeA apprendre le syrien, le babylo et le grec et AaAaAeA s'imprAaAaAeA@gner de la culture babylonienne. (4) Quan HAaAaAeA@liodore, il se dit 'PhAaAaAeA@nicien d'AaAaAeAemAaAaAeA?se' (10, 41, 4), et Cha proclame originaire d'Aphrodisias (cf. 1, 1, 1), ville d'Asie mineure, rAaAaAeA@gion en contact constant avec le monde perse. En d'autres terme notre objectif est de confronter les images de l'eunuque que propose un nouveau genre littAaAaAeA@raire, le roman, AaAaAeA celles vAaAaAeA@hiculAaAaAeA@es l'AaAaAeA@poque classique, principalement par l'historiographie, AaAaAeA tra HAaAaAeA@rodote, CtAaAaAeA@sias et XAaAaAeA@nophon : comment les romanciers exploite dans leur oeuvre un personnage dont la simple dAaAaAeA@nomination susci forcAaAaAeA@ment dans l'esprit du lecteur une reprAaAaAeA@sentation et une att que des siAaAaAeA?cles de littAaAaAeA@rature grecque ont orientAaAa

Nous aborderons d'abord l'onomastique, pour examiner ce que les noms d'eunuques peuvent AaAaAeA@voquer pour un lectorat grec, ou du moins hellAaAaAeA@noph avant d'analyser les discours que les narrateurs et les personnages tiennent sur les eunuques et qui tendent AaAaAeA les catAaAaAeA@goriser dan champ de la connaissance et d'une forme AaAaAeA@lAaAaAeA@mentaire d'anthropolo Passant du discours explicite au discours implicite, nous analyserons dans une troisiAaAaAeA?me partie comment les romanciers caractAaAaAeA@risent l'eun en tant que personnage. Enfin, nous essaierons de rAaAaAeA@pondre AaAaAeA la ques cruciale : les romanciers, notamment les deux qui ne sont pas, par naissance, de culture grecque, ont-ils crAaAaAeA@AaAaAeA@ de nouvelles images eunuques?

1. Noms d'eunuques

Les eunuques personnages portent un nom, et ce nom est signifiant. Il construit ces personnages, entre autres grAaAaAeAcce AaAaAeA l'intertextuali (5)

Le nom le plus AaAaAeA@videmment signifiant, et celui qui suscite une atten du lecteur, est sans aucun doute celui de Bagoas, dans les AaAaAeAethiopiqu (8, 2, 3), puisqu'il dAaAaAeA@signe, de faAaAaAeAoon gAaAaAeA@nAaAaAeA@rique, si l'on Pline l'Ancien, les eunuques perses tout-puissants. (6) Nombre d'eunuques ont AaAaAeA@tAaAaAeA@ nommAaAaAeA@s ainsi, notamment des personnages fictifs, sans qu origine perse soit avAaAaAeA@rAaAaAeA@e, mais dans le cas du personnage d'HAaAaAeA@li il est bien perse, eunuque du satrape OroondatAaAaAeA?s qui administre l'AaAaAeAeg au nom du Grand Roi. (7)

Cela dit, le nom de Bagoas AaAaAeA@voquait vraisemblablement pour le lecte deux personnages historiques, aux caractAaAaAeA?res quasiment antithAaAaAeA@tiq L'un, familier d'ArtaxerxAaAaAeA?s III, connut grAaAaAeAcce AaAaAeA lui une carriAaAaAeA?re br avant de devenir son assassin ; l'autre fut le mignon de Darius III, puis d'Alexandre. (8) Le premier citAaAaAeA@ AaAaAeA@tait, selon le tAaAaAeA@moignage d' (Histoire variAaAaAeA@e 6, 8) d'origine AaAaAeA@gyptienne, et selon Diodore de Si (16, 49, 4 ; 16, 50, 1-6), il avait fait campagne en AaAaAeAegypte. (

Par consAaAaAeA@quent, le seul nom de Bagoas ouvrait immAaAaAeA@diatement une vers l'imaginaire : il convoquait le monde barbare, celui de la Perse et de l'AaAaAeAegypte, celui du Grand Roi, et une coutume barbare, l'AaAaAeA@virat qui pouvait conduire AaAaAeA l'exercice de fonctions associAaAaAeA@es au pou ; il convoquait aussi bien le passAaAaAeA@ que le prAaAaAeA@sent, l'histoire la fiction. Dans ces conditions, il n'est pas AaAaAeA@tonnant qu'un romanci choisisse de nommer Bagoas un eunuque au service de la haute administration perse basAaAaAeA@e en AaAaAeAegypte, AaAaAeA Memphis, mAaAaAeA me si ce choix, nous le est dAaAaAeA@ceptif, et fait partie du jeu littAaAaAeA@ra

Un autre eunuque apparaAaAaAeA@t encore dans les AaAaAeAethiopiques (8, 3, 2) son nom dit AaAaAeA lui seul son origine perse, EuphratAaAaAeA?s. Aucun eun de ce nom ne nous est connu, mais le nom s'insAaAaAeA?re parfaitement da le rAaAaAeA@seau onomastique des noms perses du roman : OroondatAaAaAeA?s, Arsa MitranAaAaAeA?s (6, 13, 1), voire AchaimenAaAaAeA?s, pourtant censAaAaAeA@ AaAaAeA tre 14, 3), et Bagoas. Enfin, c'est peut-AaAaAeA tre une trace d'humour que d'install un EuphratAaAaAeA?s sur les bords du Nil.

L'eunuque ArtaxatAaAaAeA?s, chez Chariton, porte, lui aussi, un nom qui e unique. Les commentateurs modernes s'accordent pour l'interprAaAaAeA@ter com la dAaAaAeA@formation du nom ArtoxarAaAaAeA?s portAaAaAeA@ par un eunuque mentionn CtAaAaAeA@sias. (1

Si l'explication est convaincante, elle n'en exclut pas une autre. En effet, 'ArtaxatAaAaAeA?s' AaAaAeA@voque Artaxata, capitale de l'ArmAaAaAeA@nie, provenaient, au moins AaAaAeA l'AaAaAeA@poque tardive, des eunuques. (11) Le roman a-t-il voulu, par son choix, signifier l'origine armAaAaAeA@nienne de s personnage, AaAaAeA l'instar d'HAaAaAeA@liodore avec EuphratAaAaAeA?s? Rien ne per l'affirmer, mais cela paraAaAaAeA@t probable. D'autre part, auteur et lecteur s'ils avaient lu CtAaAaAeA@sias attentivement, savaient qu' ArtoxarAaAaAeA?s exilAaAaAeA@ en ArmAaAaAeA@nie (F 14 [section] 43 Lenfant). De plus, il faut remar qu'ArtaxatAaAaAeA?s apparaAaAaAeA@t dans le roman par sa rencontre avec le sat MithridatAaAaAeA?s, juste aprAaAaAeA?s que ce dernier a traversAaAaAeA@ l'ArmAaAaAeA@ni 1). Le romancier a donc pu procAaAaAeA@der par association d'idAaAaAeA@es et amuse : un personnage passant par l'ArmAaAaAeA@nie pour obtenir une audien auprAaAaAeA?s du Roi, audience qui s'obtient forcAaAaAeA@ment par l'intermAaAaAeA@ d'un eunuque, a suscitAaAaAeA@ un nom AaAaAeA@voquant AaAaAeA la fois une ville armAaAa et un eunuque qui fut exilAaAaAeA@ en ArmAaAaAeA@nie. Ajoutons que le choix d'Artaxa crAaAaAeA@e, en plus, une paronymie avec ArtaxerxAaAaAeA?s, le Grand Roi don est le confident. Un phAaAaAeA@nomAaAaAeA?ne d'AaAaAeA@cho unit donc les deux nom une relation binaire. C'est pour cette raison qu'il faut renoncer AaAa 'Artaxate', traduction habituelle en franAaAaAeAoais, au profit d' 'ArtaxatAaAaAe Les deux noms comportent, en outre, le mAaAaAeA me nombre de syllabes, qui renforce leur ressemblance.

C'est Jamblique qui introduit le plus d'eunuques dans un roman, quatre trAaAaAeA?s vraisemblablement, prAaAaAeA@sentAaAaAeA@s dans cet ordre dans le rAaAaAeA@ Photius : Damas, Sacas, Monasos et Zobaras. (12) Les deux derniers noms citAaAaAeA@s n'apparaissent pas ailleurs sous cette forme, mais ils so attestAaAaAeA@s dans l'histoire des Parthes sous des formes diverses, ma trAaAaAeA?s proches de celles de Jamblique. (13) Au contraire, les deux premie sont attestAaAaAeA@s, mAaAaAeA me s'ils ne dAaAaAeA@signent pas forcAaAaAeA@ment des e (14) Sacas est, dans la CyropAaAaAeA@die, un bel eunuque, AaAaAeA@chanson et huis du roi Astyage. (15) Ce nom sonne 'AaAaAeA@tranger et barbare', parce qu' signifie le 'Sace', ou le 'Scythe'. (16) 'Damas' sonne grec, et, pour les personnages mAaAaAeAcles, c'est le seul nom grec du roman, comme le soulig U. Schneider-Menzel. (17) Est-ce une maniAaAaAeA?re, pour le romancier, faire allusion AaAaAeA l'origine ethnique de ses deux personnages au servi du Roi, l'un grec, l'autre barbare, comme si la distinction structurante de l'imaginaire grec n'AaAaAeA@tait plus pertinente dans l'espace de la Per s'agissant de deux eunuques qui apparaissent d'une certaine faAaAaAeAoon com des doubles, non seulement par leur fonction dans l'intrigue, mais par la nomination ? Leur nom rappelle sans aucun doute leur rAaAaAeA@gi d'origine, comme c'AaAaAeA@tait la tradition pour les esclaves. (18) Qu qu'il en soit, l'eunuque au nom grec est citAaAaAeA@ en premier et, AaAaAeA Photius, semble avoir eu un rAaAaAeA le plus important que Saca

Remarquons qu'ils entrent dans le rAaAaAeA@cit par ordre alphabAaAaAeA@tique, Da puis Sacas ; remarquons aussi que les noms sont bisyllabiques, ne contiennent qu'une seule voyelle, alpha, et qu'ils sont homAaAaAeA@otAaAaAeA@leutes. Ceux sont nommAaAaAeA@s ensuite, Monasos et Zobaras, portent des noms trisyllabiqu et construits sur les voyelles alpha et omicron. Si l'on en croit le rAaAaAeA@sumAaAaAeA@ de Photius, leur rAaAaAeA le est moins important, surtout pour Mo Pour Zobaras, cependant, il est possible d'imaginer qu'il tenait un rAaAaAeA le non nAaAaAeA@gligeable, mais scandaleux ; nous y reviendr

Cette prAaAaAeA@sentation des eunuques de Jamblique obAaAaAeA@it donc AaAaAeA une structu trAaAaAeA?s forte, inscrite dans un chiasme : nous avons deux sAaAaAeA@ries d'eunuq celle des plus importants AaAaAeA@tant citAaAaAeA@e la premiAaAaAeA?re ; dans chaque s les eunuques forment une paire asymAaAaAeA@trique, mAaAaAeA me s'ils sont en que sorte les doubles l'un de l'autre, comme le souligne la matiAaAaAeA?re sono de leur nom, ce qui n'a rien d'AaAaAeA@tonnant chez un romancier qui ai les doublets et la rAaAaAeA@pAaAaAeA@tition ; (19) le plus fort de la premiAaAaAeA?re est prAaAaAeA@sentAaAaAeA@ en premier, le plus fort de la seconde sAaAaAeA@rie en de

Enfin, relevons que, dans le jeu de l'onomastique, le nom du roi Garmos joue en quelque sorte le rAaAaAeA le d'interface dans la sAaAaAeA@rie des noms d'eunu : bisyllabique, comme Damas et Sacas, il a sa premiAaAaAeA?re syllabe q est construite sur un alpha, et la seconde sur un omicron, voyelle qui, outre l'alpha, entre dans la composition des deux autres noms d'eunuques, Monasos et Zobaras. Le Roi et ses eunuques sont AaAaAeA@troiteme associAaAaAeA@s par la sonoritAaAaAeA@ des noms propres comme si, pour ainsi d ils ne constituaient qu'un corps, qu'une personne.

2. Discours sur les eunuques

L'eunuque est caractAaAaAeA@risAaAaAeA@ comme un AaAaAeA tre AaAaAeA part, singulier, a priori, n'a rien d'AaAaAeA@tonnant dans sa reprAaAaAeA@sentation grecque ou roma centrAaAaAeA@e sur la question de savoir s'il est mAaAaAeAcle ou femelle. (20) C 'nature' particuliAaAaAeA?re, cette physis, crAaAaAeA@e un type, que les circonstan ou le choix moral, pourront assouplir, crAaAaAeA@ant ainsi une individuatio (21)

C'est un AaAaAeA tre immAaAaAeA@diatement repAaAaAeA@rable par son aspect physique les AaAaAeAethiopiques (cf. 8, 17, 2 ; 9, 25, 5), Bagoas est identifiab comme eunuque tant par les soldats AaAaAeA@thiopiens que par le roi d'AaAaAeAethio alors mAaAaAeA me que l'AaAaAeAethiopie semble ignorer l'institution des eunuq Cette identification se fait-elle par l'absence de barbe et de pilositAaAa faciale, trait frAaAaAeA@quemment relevAaAaAeA@, ou par le port d'un vAaAaAeA tement partic (22) Le texte est muet sur ce point.

Le discours du narrateur et celui d'un personnage dAaAaAeA@finissent les eunuqu comme jaloux 'par nature' (8, 6, 2 : [phrase omitted] ; 9, 25, 5 : [phrase omitted]). Dans le premier passage, l'eunuque EuphratAaAaAeA?s AaAaAeA@pro selon le narrateur, de la haine contre le hAaAaAeA@ros ThAaAaAeA@agAaAaAeA?ne, AaAaAeA l'amour que lui porte la femme du satrape, ArsacAaAaAeA@ ; dans le seco passage, le roi AaAaAeA@thiopien Hydaspe confie la garde de l'hAaAaAeA@roAaAaAeA ne AaAaAe pour qu'il prAaAaAeA@serve la virginitAaAaAeA@ de celle-ci, arguant que 'les eunu sont naturellement jaloux. Les plaisirs dont ils sont privAaAaAeA@s, ils so chargAaAaAeA@s de les interdire aux autres' (trad. Maillon 1960). L'eunuq est donc dAaAaAeA@fini fondamenta-lement par son incapacitAaAaAeA@ AaAaAeA avoir une sexua ce qui l'incite AaAaAeA contrAaAaAeA ler la sexualitAaAaAeA@ d'a

Toutefois, si ni les AaAaAeAethiopiques ni CallirhoAaAaAeA@ n'exploitent le th de l'eunuque amoureux, ni mAaAaAeA me dAaAaAeA@sirant, ce n'est pas le cas des Babyloniaq qui prAaAaAeA@sentent avec Zobaras le cas d'un eunuque amoureux, d'un 'Zobar qui, aprAaAaAeA?s avoir bu AaAaAeA la fontaine d'amour et AaAaAeA tre la proie d'un pour MAaAaAeA@sopotamie, la sauve' (p. 64, 7-8). (23) On pourra mettre crAaAaAeA@dit de la fontaine d'amour, opAaAaAeA@rant comme un objet magique, AaAaAeA@tat AaAaAeA@tonnant qui crAaAaAeA@e un effet comique : l'eunuque amoureux une assertion, qui n'est pas rattachable AaAaAeA un passage prAaAaAeA@cis du r affirme :
'L'amour met tous les hommes hors d'eux-mAaAaAeA mes, et il incite tou
particuliAaAaAeA?-rement les eunuques au meurtre, comme le vin le fait pou
les Scythes ; le Scythe tue pour avoir bu, l'eunuque par amour' (p. 72,
2-4).


L'eunuque serait donc un AaAaAeA tre comme un autre, un AaAaAeA tre de dAaAaAeA@s effet, l'eunuque amoureux, voire l'eunuque ayant une activitAaAaAeA@ sexuell cela n'est pas surprenant; d'autres textes s'en font l'AaAaAeA@cho, aux et III siAaAaAeA?cles, c'est-AaAaAeA - dire chez des contemporains de Jambli ou chez un auteur qui lui est postAaAaAeA@rieur de peu, Philostrate. (2 Nous serions enclin AaAaAeA penser que le romancier a utilisAaAaAeA@ ce thAaAaAeA?me largement, ce qui lui a peut-AaAaAeA tre valu la critique initiale de Photi ('Il y fait un AaAaAeA@talage d'indAaAaAeA@cence moins complaisant qu'Achille Tat mais il tAaAaAeA@moigne de plus d'impudeur que le PhAaAaAeA@nicien HAaAaAeA@liodor 2, 2-4. Trad. Henry 1960). Celuici aurait donc minimisAaAaAeA@ le rAaAaAeA l Zobaras dans son rAaAaAeA@sumAaAaAeA@. La recommandation du mAaAaAeA@decin ThAaAaAeA@odore Pri qui invite AaAaAeA la lecture de Jamblique pour traiter l'impuissance (I 11, p. 133, l. 8-12 Rose) AaAaAeA@taie, AaAaAeA notre avis, cette hypothAaAaAeA? l'on suit la Souda (p. 3, 4), Zobaras joue, au sens littAaAaAeA@ral, le rAaAa du partenaire actif, celui de l' 'amant' ([phrase omitted]).

De plus, il paraAaAaAeA@t bien que Zobaras a rAaAaAeA@ellement AaAaAeA@pousAaAaAeA@ MAaAaAeA@ en terre barbare, il est vrai, en AaAaAeAegypte, brouillant ainsi l'identit traditionnellement assignAaAaAeA@e AaAaAeA l'eunuque, interdit, semble-t-il mariage. (25) Comme le remarque A. Cameron, il y aurait lAaAaAeA quelq ironie dramatique AaAaAeA faire cAaAaAeA@lAaAaAeA@brer par BAaAaAeA@rAaAaAeA@nice le mariage d qu'elle aime avec un eunuque. (26)

Au contraire, chez HAaAaAeA@liodore, c'est prAaAaAeA@cisAaAaAeA@ment l'absence de des eunuques et leur incapacitAaAaAeA@ AaAaAeA procrAaAaAeA@er et AaAaAeA fonder une qui, au dire du narrateur, dans une assertion AaAaAeA caractAaAaAeA?re anthropolog et ethnographique, leur donnent auprAaAaAeA?s du Roi, dont ils devienne 'les yeux et les oreilles' un si grand crAaAaAeA@di
'Dans les cours persanes, en effet, les eunuques sont l'oeil et
l'oreille des rois, car ils n'ont ni enfants ni femmes pour les
dAaAaAeA@tourner de leurs devoirs de fidAaAaAeA@litAaAaAeA@ au prince, et celui qui
accorde sa confiance peut compter qu'ils ne s'attacheront qu'AaAaAeA  lui'(8
17, 4).


Nous avons affaire lAaAaAeA AaAaAeA un lieu commun, qui remonte AaAaAeA HAaAaAeA@rod 8, 105) et AaAaAeA XAaAaAeA@nophon (cf. Cyr. 7, 5, 60-65) : parce qu'il ne pas fonder une famille et qu'il a besoin d'un protecteur, l'eunuque se consacre tout entier AaAaAeA son maAaAaAeA@tre, lui vouant une fidAaAaAeA@litAa faille. (27) Aussi le roi Hydaspe peut-il dire de Bagoas qu'il est le 'bien le plus prAaAaAeA@cieux d'OroondatAaAaAeA?s' (9, 25,

L'eunuque est donc dAaAaAeA@fini comme un AaAaAeA tre que sa mutilation dote AaAaAeA@tat physique, d'une psychologie et d'un statut social particulier les trois caractAaAaAeA@ristiques dAaAaAeA@coulant l'une de l'autre. En revan il n'est pas dAaAaAeA@notAaAaAeA@ comme barbare, mAaAaAeA me si son existence est explici rattachAaAaAeA@e aux 'cours persanes', sans doute parce que le monde des AaAaAeAethiopi est un monde mAaAaAeA@tissAaAaAeA@, comme l'auteur. Si l'eunuque n'est jamais quali de 'barbare', il se manifeste nAaAaAeA@anmoins comme tel par sa mauvaise maAaAaAeA@t du grec, comme cela apparaAaAaAeA@t en 8, 15, 3 : 'VoilAaAaAeA ce que disait Ba pour les amadouer, en AaAaAeA@corchant le grec et en ne prononAaAaAeAoant pas correcte la plupart des mots' (traduction personnelle). Pour signifier la barbarie, HAaAaAeA@liodore recourt AaAaAeA la connotat

A l'opposAaAaAeA@, dans le roman hellAaAaAeA@nocentrAaAaAeA@ de Chariton, le narrateur i sur une double spAaAaAeA@cificitAaAaAeA@, nAaAaAeA@gative, de l'eunuque : il est b et esclave (cf. 6, 5, 5 ; 6, 5, 10 ;7, 7, 12 ; 6, 5, 5), et en tant que tel, il est incapable, malgrAaAaAeA@ son intelligence, de comprendre qu'est un Grec, en l'occurrence ce qu'est une Grecque, CallirhoAaAaAeA@, fem libre de Syracuse, ville libre : 'Il raisonnait en eunuque, en esclave, en barbare. Il ne connaissait pas la fiertAaAaAeA@ des Grecs, leur nobless surtout celle de CallirhoAaAaAeA@' (6, 4, 10). En 6, 5, 8, ArtaxatAaAaAeA?s est rAaAa AaAaAeA l'AaAaAeA@tat de 'barbare, et comme tout barbare, il est plongAaAaAeA@ d AaAaAeA@tat de 'stupAaAaAeA@faction' face au Roi (7, 7, 12) ou 'hAaAaAeA@bAaAaAeA@tAaAaAeA@' rAaAaAeA@action de l'hAaAaAeA@roAaAaAeA ne qu'il n'a pas prAaAaAeA@vue (6, 5, 10). (28) L ne peut pas partager les valeurs grecques.

3. Les eunuques comme personnages de roman

Les eunuques sont exclusivement rattachAaAaAeA@s AaAaAeA la Perse, plus spAaAaAeA@cifiq AaAaAeA la cour perse (cf. HAaAaAeA@liodore, 8, 17, 4). Dans les trois romans, apparaissent comme les serviteurs de confiance des rois, ou des hauts dignitaires, jusqu'AaAaAeA en devenir, chez Jamblique, les AaAaAeAcmes damnAa exAaAaAeA@cuteurs des basses oeuvre

Nous laisserons de cAaAaAeA tAaAaAeA@ les eunuques de second rang, qui sont mention comme 'esclaves royaux' (HAaAaAeA@liodore 7, 11, 1) ou qui font partie la domesticitAaAaAeA@ des nobles, mais qui ne jouent pas de rAaAaAeA le dans l'act confondus dans la masse des serviteurs, et qu'il est donc difficile de considAaAaAeA@rer comme des personnages. (29) Nous nous intAaAaAeA@resserons exclusive AaAaAeA ceux qui ont un no

Parmi ceux-ci, il faut compter, au sommet de la hiAaAaAeA@rarchie, l'eunuq en chef, l' 'archieunuque' EuphratAaAaAeA?s AaAaAeA Memphis (cf. HAaAaAeA@liodore 2 ; 8, 6, 1). HAaAaAeA@liodore est le seul des romanciers AaAaAeA utiliser ce t technique, attestAaAaAeA@ uniquement dans la langue des Septante, associ AaAaAeA l'Assyrie. (30) Ailleurs, il recourt AaAaAeA une pAaAaAeA@riphrase, placAaAa la bouche de ThAaAaAeA@agAaAaAeA?ne, pour dire la puissance de Bagoas, 'un des prem fonctionnaires du satrape persan' (8, 17, 3). De la mAaAaAeA me maniAaAaAeA?re, Char recourt AaAaAeA des pAaAaAeA@riphrases semblables pour dire la primautAaAaAeA@ et la pui d'ArtaxatAaAaAeA?s (cf. 5, 2, 2 ; 6, 2, 2). (31) La reconnaissance de cet haute position se manifeste symboliquement par la remise de cadeaux de la part d'un satrape (cf. 6, 2, 2).

Cela dit, mAaAaAeA me tout puissant auprAaAaAeA?s du Roi, l'eunuque a un statut amb puisqu'il reste un esclave, comme le rappelle le personnage d'ArtaxatAaAaAe : 'Quel secret caches-tu, maAaAaAeA@tre, AaAaAeA ton esclave ?', le texte grec juxtapo les deux termes 'maAaAaAeA@tre' ([phrase omitted]) et 'esclave' ([phrase omitted] Mais c'est l'homme de confiance par excellence, comme les romans le soulignent (cf. HAaAaAeA@liodore 8, 2, 3 ; Chariton 6, 3, 1). L'eunuque e tout dAaAaAeA@vouAaAaAeA@ AaAaAeA son maAaAaAeA@tre (cf. Chariton 6, 3, 1 ; 6, 4, 8) il partage des moments d'intimitAaAaAeA@ en tAaAaAeA te AaAaAeA tAaAaAeA te (cf. Charit 7 ; HAaAaAeA@liodore 8, 2, 3). (32) Cette intimitAaAaAeA@ peut mAaAaAeA me aller ju des contacts physiques, comme embrasser ou toucher la main (cf. Chariton 6, 4, 8). ArtaxatAaAaAeA?s a en commun avec ArtaxerxAaAaAeA?s le secret de son a pour CallirhoAaAaAeA@ qui subsiste jusqu'AaAaAeA la fin du roman, malgrAaAaAeA@ les sou de la reine (cf. 6, 1, 6-8) : un AaAaAeA@change de regards entre eux sig leur complicitAaAaAeA@ (cf. 8, 5, 6

Mais l'eunuque n'est pas l'alter ego du Roi ; la limite hiAaAaAeA@rarchiq n'est pas abolie: il se prosterne et ne saurait s'opposer AaAaAeA la volont royale (cf. Chariton 6, 7, 3), mAaAaAeA me si, chez tous les romanciers, l puissants sont dAaAaAeA@pendants de leur/leurs eunuque(s) pour assouvir leu dAaAaAeA@sirs amoureux (cf. Chariton 6, 4, 8 ; 8, 5, 6 ; Jamblique p. 1 1-3 ; HAaAaAeA@liodore 8, 2, 3), et mAaAaAeA me si, par ailleurs, l'eunuque le rAaAaAeA le de 'garde du corps' (Chariton 6, 4, 8), chargAaAaAeA@ de dAaAaAeA@jou complots (Chariton 6, 3, 1). Dans ces conditions, l'assertion d'HAaAaAeA@liodo (8, 17, 3) selon laquelle Bagoas est 'le bien le plus prAaAaAeA@cieux du satrap se vAaAaAeA@rifie pleinement pour tous les roman

Ces considAaAaAeA@rations rejoignent largement ce que HAaAaAeA@rodote (8, 105) aff AaAaAeA propos des eunuques : 'Chez les Barbares, les eunuques sont pl prAaAaAeA@cieux que les autres esclaves, en raison de la confiance tota qu'ils mAaAaAeA@ritent'. (33) Parce qu'ils ont toute la confiance du Ro ou de son reprAaAaAeA@sentant le satrape, ils sont les vecteurs de la communicati entre ceux-ci et le monde extAaAaAeA@rieur, proche ou lointain ; ils son dans nos trois romans, AaAaAeA@metteurs et rAaAaAeA@cepteurs de messages et a les agents de la mobilitAaAaAeA@. (3

Dans les Babyloniaques, les eunuques sont AaAaAeA@loignAaAaAeA@s du roi Garmos ils dAaAaAeA@veloppent avec lui un AaAaAeA@change de messages sous forme de let ou d'envois d'objets ou d'hommes. Ainsi, lancAaAaAeA@ AaAaAeA la poursuite de Sino qui refuse l'amour du roi, Damas envoie AaAaAeA ce dernier la couronne verdure de celle-ci, puis ses tresses (cf. p. 10, 11-12 ; 14, 19-21) ; il envoie aussi Soraichos, qui a aidAaAaAeA@ les hAaAaAeA@ros (cf. p. 38, 1 Sacas, quant AaAaAeA lui, adresse des lettres au roi (cf. p. 40, 15-16 56, 14 ; 68, 1-2).

Damas correspond aussi avec d'autres personnes que le Roi (cf. p. 38, 2-3), et les eunuques envoient des hommes en mission de leur propre initiative (cf. p. 18, 9-10 ; 42, 10-11).

Telle qu'elle est rAaAaAeA@sumAaAaAeA@e par Photius, la trame des Babyloniaques agitAaAaAeA@e de mouvements qui, de prAaAaAeA?s ou de loin, ont constamment rap au Roi ; ce ne sont pas des mouvements browniens, mais des mouvements centrifuges (il s'agit de se lancer AaAaAeA la poursuite de Sinonis sur ord du Roi) et centripAaAaAeA?tes (il s'agit de la ramener au Roi), tous activAa par la figure royale, dont les eunuques sont l'AaAaAeA@manation, AaAaAeA l'excep peut-AaAaAeA tre de Zobaras, que son amour pour MAaAaAeA@sopotamie rend auton

Dans les AaAaAeAethiopiques aussi, le satrape envoie des lettres qu'il fa porter par Bagoas AaAaAeA EuphratAaAaAeA?s sur une longue distance, de SyAaAaAeA?ne AaAaAeA (cf. 8, 3, 2 ; 8, 12, 5). Bagoas a la mission de faire le chemin inverse en ramenant les deux hAaAaAeA@ro

Chez Chariton, l'aire d'intervention d'ArtaxatAaAaAeA?s est quasiment circonscri au palais, plus exactement AaAaAeA l'espace que constituent les appartemen du Roi et ceux de la reine et AaAaAeA celui qui les sAaAaAeA@pare. La fonctio l'eunuque est bien de transmettre AaAaAeA l'extAaAaAeA@rieur la voix du roi, ordres, aprAaAaAeA?s qu'il a AaAaAeA@tAaAaAeA@ convoquAaAaAeA@ (cf. 5, 3, 10 ; 6, 2, 2-3 1 ; 8, 5, 9). Parfois, il y a mouvement vers l'extAaAaAeA@rieur et reto prAaAaAeA@sumAaAaAeA@ immAaAaAeA@diat : 'Va me chercher CallirhoAaAaAeA@' (6, 4, 8 ; 8 comme si le lieu de l'eunuque se confondait avec celui du Roi.

La fonction de l'eunuque est aussi de punir au nom du Roi, d'AaAaAeA tre quelque sorte son bras armAaAaAeA@. Au service d'un roi mauvais, il devie alors le persAaAaAeA@cuteur des hAaAaAeA@ros, voire leur bourreau. C'est tout particuliAaAaAeA? le cas dans les Babyloniaques. Et, en cas d'AaAaAeA@chec, il subit, lui auss de la part du Roi, des chAaAaAeActiments terrible

En effet, Damas et Sacas crucifient le hAaAaAeA@ros RhodanAaAaAeA?s (cf. p. 8, ; AaAaAeA@chouant dans leur entreprise, ils sont mutilAaAaAeA@s, ayant nez et orei coupAaAaAeA@s (cf. p. 10, 1-2). (35) Damas sera d'ailleurs mis AaAaAeA mort ordre du Roi (cf. p. 56, 21-22), pAaAaAeA@rissant de la main du prAaAaAeA tre q avait lui-mAaAaAeA me transformAaAaAeA@ en bourreau (cf. p. 40, 8-9). Sacas sans doute supplicier les deux hAaAaAeA@ros, par la crucifixion ou le pa (36) L'eunuque Zobaras a pour mission de 'dAaAaAeA@capiter' MAaAaAeA@sopotamie 64, 4-5). Quand ils ne sont pas contraints AaAaAeA ces extrAaAaAeA@mitAaAaAeA@s, il chargAaAaAeA@s de traquer les hAaAaAeA@ros et de les arrAaAaAeA ter (cf. p. 10, 2-3 7 ; 58, 4). Damas n'hAaAaAeA@site pas AaAaAeA recourir AaAaAeA la torture sur des pour obtenir des informations (cf. p. 10, 6). Sa violence peut aussi AaAaAeA tre verbale : 'Damas se dAaAaAeA@chaAaAaAeA@ne en cris' (p. 14, 2)

De mAaAaAeA me, dans les AaAaAeAethiopiques, le rAaAaAeA le du bourreau est dAaAaAeA@volu AaAaAeA E Il torture ThAaAaAeA@agAaAaAeA?ne avec dAaAaAeA@lectation : 'Chaque jour il aggrav peine et il le torturait plus cruellement que ne le dAaAaAeA@sirait et l'avait commandAaAaAeA@ ArsacAaAaAeA@' (8, 6, 2). Le narrateur insiste sur le dAaAaAeA@chaAaAa de la violence et en propose une explication :
'Celui-ci, naturellement jaloux comme tous les eunuques, AaAaAeA@prouvait e
outre et depuis longtemps de la haine pour ThAaAaAeA@agAaAaAeA?ne, AaAaAeA  cause de c
se passait sous ses yeux et de ce qu'il soupAaAaAeAoonnait' (8, 6, 2


ChariclAaAaAeA@e est vouAaAaAeA@e, elle aussi, AaAaAeA AaAaAeA tre torturAaAaAeA@e par Euphr 8, 9, 1 ; 8, 9, 20).

Mais EuphratAaAaAeA?s, contre le narrateur, prAaAaAeA@tend avoir agi sous la contrai affirmant AaAaAeA propos de ses victimes : 'Ils ont endurAaAaAeA@ mille outr et tortures que j'ai dAaAaAeA} AaAaAeA contre-coeur leur infliger, sur ordre d'Arsa (8, 13, 2). En quoi il manifeste AaAaAeA la fois son hypocrisie et son stat d'esclave, bref son identitAaAaAeA@ de Barbare. Cependant, AaAaAeA@mu par la vaill et la noblesse des hAaAaAeA@ros, il se laisse aller aux larmes, comme Bago (cf. 8, 13, 5).

Bagoas, lui, semble incarner la bontAaAaAeA@. Il est immAaAaAeA@diatement bien disp AaAaAeA l'AaAaAeA@gard des jeunes gens ; il les rAaAaAeA@conforte et allAaAaAeA?ge leurs sou physiques et morales (cf. 8, 14, 1-4 ; 15, 1-3). Mais le lecteur est en droit de s'interroger : Bagoas est-il intrinsAaAaAeA?quement bon ? En effe il agit sur ordre du satrape, et en fonction de son intAaAaAeA@rAaAaAeA t bien comp qui est de ramener des captifs en bon AaAaAeA@tat physique. C'est un hom intAaAaAeA@ressAaAaAeA@ qui imagine que l'hAaAaAeA@roAaAaAeA ne pourra devenir la femme d'u remplaAaAaAeAoant immAaAaAeA@diatement l'AaAaAeA@pouse infidAaAaAeA?le qui vient de
'Il AaAaAeA@tait trop heureux de satisfaire la haine que lui inspirai
l'intempAaAaAeA@rance et les maniAaAaAeA?res tyranniques d'ArsacAaAaAeA@ et de prodigu
ces jeunes gens encouragements et consolations. Il espAaAaAeA@rait AaAaAeA  ju
titre une brillante rAaAaAeA@compense d'OroondatAaAaAeA?s, s'il lui amenait viva
un jeune homme dont le mAaAaAeA@rite effaAaAaAeAoait tous les autres serviteurs
satrape et une jeune fille que son incomparable beautAaAaAeA@ destinait Aa
prendre la place de son AaAaAeA@pouse disparue' (8, 15, 4


LAaAaAeA encore, une telle pensAaAaAeA@e, par sa vulgaritAaAaAeA@, signe l'identitAaAaAeA@ de l'eunuque. Et, comme EuphratAaAaAeA?s, il est imprAaAaAeA@gnAaAaAeA@ d'une moral lui faisant condamner la conduite de la femme du satrape (cf. 8, 6, 1), dAaAaAeA@veloppe, en retour, pour ThAaAaAeA@agAaAaAeA?ne une sympathie qui n'e gratuite.

Toutefois, le personnage n'est pas prAaAaAeA@sentAaAaAeA@ sous un jour fonciAaAaAeA? nAaAaAeA@gatif: il manifeste une certaine bravoure en tant que chef de trou ; il est d'ailleurs blessAaAaAeA@ (cf. 8, 16, 3-6). Et les hAaAaAeA@ros, peut-Aa parce qu'ils sont plus naAaAaAeA fs que le narrateur, le jugent bien dispos AaAaAeA leur AaAaAeA@ga
'Avec lui furent pris ThAaAaAeA@agAaAaAeA?ne et ChariclAaAaAeA@e qui n'auraient pas con
AaAaAeA  abandonner Bagoas, cet homme qui s'AaAaAeA@tait dAaAaAeA@jAaAaAeA  montrAaAaAeA@ bie
pour eux et dont ils espAaAaAeA@raient encore des preuves d'amitiAaAaAeA@' (8,16,


Chez Chariton, l'eunuque n'exerce aucune violence physique, mais c'est sur ordre exprAaAaAeA?s du Roi
'Va me chercher CallirhoAaAaAeA@. Je ne te donne que deux instructions : n
lui fais pas violence, sois discret ; je dAaAaAeA@sire qu'elle accept
librement et que personne ne soit au courant' (6, 4, 8, trad. MoliniAaAaAe
1979).


Toutefois, pour convaincre CallirhoAaAaAeA@ de cAaAaAeA@der AaAaAeA l'amour du R exerce sur elle une coercition, une violence psychologique dont la victime n'est pas dupe (cf. 6, 5, 5-6 ; 6, 6, 5), mAaAaAeA me si, finalemen le chantage exercAaAaAeA@ par l'eunuque n'est pas loin d'aboutir : 'La f de son entretien avait touchAaAaAeA@ CallirhoAaAaAeA@' (cf. 6, 7, 7 ;

ArtaxatAaAaAeA?s a, en effet, une stratAaAaAeA@gie pour convaincre : 'il guett moment favorable et l'aborda' (6, 5, 1) ; il s'arrange pour surprendre CallirhoAaAaAeA@ : 'Voyant CallirhoAaAaAeA@ laissAaAaAeA@e enfin seule, l'eunuque main dans la sienne, en signe de bontAaAaAeA@ particuliAaAaAeA?re envers les Gr [phrase omitted]' ( 6, 7, 5). Il utilise donc toutes les ressources de la sAaAaAeA@duction pour flAaAaAeA@chir l'hAaAaAeA@roAaAaAeA ne, simulant avec elle avait simulAaAaAeA@ avec le Roi (cf. 6, 3, 4). Mais CallirhoAaAaAeA@ utilise, aussi, l'arme de la simulation : 'Elle n'en faisait pas moins semblant de ne pas comprendre' ; et l'eunuque tombe dans le piAaAaAeA?ge : 'L'eunuq pensa qu'il n'avait pas expliquAaAaAeA@ assez clairement ce qu'il dAaAaAeA@si et que la jeune femme n'avait pas saisi sa pensAaAaAeA@e' (6, 5, 6

ArtaxatAaAaAeA?s agit donc pour le Roi, mais, AaAaAeA la diffAaAaAeA@rence des eu de Jamblique, qui ne nous sont connus, il est vrai, que par un rAaAaAeA@sumAa il ne se contente pas d'exAaAaAeA@cuter des ordres, il est aussi un confide et un conseiller dont les avis concernent exclusivement le domaine AaAaAeA@rotiqu

Il a une qualitAaAaAeA@, que CallirhoAaAaAeA@ lui accorde aussi, mAaAaAeA me avec : il est intelligent (cf. 6, 5, 10). Il sait interprAaAaAeA@ter les troubl AaAaAeA@motionnels
'La honte retenait toujours le souverain, mAaAaAeA me devant ArtaxatAaAaAeA?
celui-ci vit que son maAaAaAeA@tre, tout empourprAaAaAeA@, voulait parler [..
ArtaxatAaAaAeA?s comprenait l'origine de la blessure du Roi. Il n'avait pa
AaAaAeA@tAaAaAeA@ sans soupAaAaAeAoonner la vAaAaAeA@ritAaAaAeA@ depuis quelque temps dAaAaAeA@j
couvait, il le comprenait bien. Et d'ailleurs, tant que CallirhoAaAaAe
serait lAaAaAeA , il AaAaAeA@tait absolument incontestable et mAaAaAeA me AaAaAeA@vident que
n'aurait AaAaAeA@tAaAaAeA@ amoureux de personne d'autre' (6, 3, 2


Il sait aussi interprAaAaAeA@ter la rAaAaAeA@action de CallirhoAaAaAeA@ : 'Ce derni la trahit ; l'eunuque, avec toute sa finesse naturelle, comprit qu'elle AaAaAeA@tait amoureuse' (6, 7, 9). De mAaAaAeA me, un eunuque anonyme dAaAaAeA@cry trouble de la reine (cf. 5, 9, 2).

Le paradoxe, du moins en apparence, c'est que malgrAaAaAeA@ sa finesse, q lui donne du pouvoir sur le Roi, ArtaxatAaAaAeA?s est un personnage sans autonomi parce que c'est un esclave, toujours AaAaAeA la merci de son maAaAaAeA@tre 6, 5, 10), et un Barbare, toujours AaAaAeA la merci d'une hAaAaAeA@roAaAaAeA ne dAaAaAeA@ des valeurs grecques, comme nous l'avons dAaAaAeA@jAaAaAeA soulig

Ce qui le meut, en fait, c'est son intAaAaAeA@rAaAaAeA t. Il rAaAaAeA ve de toute-pui :
'ArtaxatAaAaAeA?s aussi se rAaAaAeA@jouissait, il pensait se charger d'une miss
importante qui devait lui donner dAaAaAeA@sormais le contrAaAaAeA le du char
l'AaAaAeAetat : il allait s'attirer la reconnaissance des deux personnages
surtout celle de CallirhoAaAaAeA@' (6, 4, 10


Sur ce point, il est comme certains eunuques que dAaAaAeA@peint le rAaAaAeA@cit histor grec : il veut asseoir son pouvoir sur le Roi pour asseoir son pouvoir sur l'AaAaAeAetat. (38) Comme tout esclave, et surtout tout esclave intelligen il n'a en vue que son 'avantage personnel' (6, 5, 5). (39)

Si ArtaxatAaAaAeA?s se voit investi du rAaAaAeA le de conseiller, c'est parce le Roi lui a demandAaAaAeA@ de trouver un 'remAaAaAeA?de' AaAaAeA la maladie d'amou il souffre (6, 3, 7), mais le conseiller est paralysAaAaAeA@ par la crain du chAaAaAeActiment, si bien que ses avis sont strictement opportuniste Ainsi, aprAaAaAeA?s avoir incitAaAaAeA@ le Roi AaAaAeA cAaAaAeA@der AaAaAeA l'amour, face a celui-ci, il opAaAaAeA?re un revirement et prAaAaAeA ne la maAaAaAeA@trise : 'Arta craignit d'avoir parlAaAaAeA@ trop prAaAaAeA@cipitamment et changea de maniAaAa il se mit AaAaAeA encenser son maAaAaAeA@tre' (6, 3, 8). (40) Un peu plus l on le voit, AaAaAeA nouveau, inviter le Roi AaAaAeA cAaAaAeA@der AaAaAeA un amour prAaAaAeA@se lAaAaAeA@gitime, CallirhoAaAaAeA@ AaAaAeA@tant prAaAaAeA@sumAaAaAeA@e veuve : 'Ces propos agrAa Roi' (6, 4, 7-8). Le texte parle explicitement de 'palinodie' (6, 6, 8), aprAaAaAeA?s que l'eunuque a 'cachAaAaAeA@ la vAaAaAeA@ritAaAaAeA@ sur ce qui s'AaAaAeA@ta (6, 6, 6) et qu'il essaie de dAaAaAeA@tourner le Roi de son amou

MalgrAaAaAeA@ ses efforts, 'l'eunuque ne pouvait arriver AaAaAeA rien', comm constate le narrateur (cf. 6, 7, 13). Son souci, dAaAaAeA?s lors, c'est d'AaAaAe dAaAaAeA@barrassAaAaAeA@ de cette mission impossible (cf. 6, 7, 8), et une gu qui AaAaAeA@clate lui semble providentielle
'Il n'allait pas, AaAaAeA@videmment, au moment oAaAaAeA  son maAaAaAeA@tre affrontai
risques, avoir le front de lui parler de galAaAaAeA@jade amoureuse--e
rAaAaAeA@alitAaAaAeA@, il AaAaAeA@tait ravi de se trouver dAaAaAeA@barrassAaAaAeA@ de cette p
comme c'eAaAaAeA}t AaAaAeA@tAaAaAeA@ d'une bAaAaAeA te sauvage ; on pouvait mAaAaAeA me le soupAa
bAaAaAeA@nir la guerre d'avoir anAaAaAeA@anti une passion que nourrissait la se
absence de soucis' (6, 9, 4).


L'eunuque trouve ici un sens de l'AaAaAeAetat et une dignitAaAaAeA@ qui AaAaAeA l le servent et signent l'ambiguAaAaAeA tAaAaAeA@ de son caractAaAaAeA?re. AprAaAaAeA?s cela, Ar sort pratiquement du rAaAaAeA@cit, le Roi l'AaAaAeA@cartant de ses projets concer CallirhoAaAaAeA@ (cf. 6, 9, 5). Mais, dans sa derniAaAaAeA?re apparition, il confirmAaAaAeA@ comme homme de confiance : il garde le secret du Roi, a privilAaAaAeA?ge d'assister, unique tAaAaAeA@moin, au rAaAaAeA@cit que la reine f Roi, et ArtaxerxAaAaAeA?s l'envoie chercher Dionysios, second mari de Callirho (cf. 8, 5, 5-9).

L'eunuque est donc un personnage important du roman de Chariton, mais sa fonction dans l'intrigue est exclusivement tributaire de l'amour du Roi. En ce sens, elle n'est pas diffAaAaAeA@rente de celle des Babyloniaque AaAaAeA une diffAaAaAeA@rence prAaAaAeA?s, de taille : ArtaxatAaAaAeA?s n'est pas qu'u exAaAaAeA@cutant, il donne AaAaAeA voir l'ascendant, mAaAaAeA me s'il est marquAaAa impuissance certaine, d'un esclave sur le Roi, un esclave qui l'incite AaAaAeA se muer en tyran pour satisfaire son amou

Dans les AaAaAeAethiopiques, les eunuques sont aussi des exAaAaAeA@cutants au st fragile, et ils sont chargAaAaAeA@s de faire respecter la morale s'agissa des femmes. Le satrape menace EuphratAaAaAeA?s de sanctions, en clair AaAaAe AaAaAeA@corchAaAaAeA@ vif, pour ne pas avoir surveillAaAaAeA@ sa femme (cf. 8, 3, 2 roi Hydaspe confie AaAaAeA Bagoas la mission de veiller sur la virginit de ChariclAaAaAeA@e (cf. 9, 25, 5). Cela dit, dans ce dernier cas, il ne s'ag pas d'une fonction officielle, et il ne semble pas que les eunuques soient prAaAaAeA@posAaAaAeA@s AaAaAeA la surveillance du gynAaAaAeA@cAaAaAeA@e, ce qui est c ce que disent les sources classiques. (41) En effet, ArsacAaAaAeA@ sort da l'espace public (cf. 7, 3, 2 ; 7, 8, 6), reAaAaAeAooit les dignitaires pers (cf. 7, 18, 3 ; 7, 8, 6) et choisit pour AaAaAeA@chansons de beaux jeun gens (7, 23, 4 ; 7, 27, 4). Les eunuques serviteurs favorisent mAaAaAeA les amours de leur maAaAaAeA@tresse (cf. 7, 18, 2). A travers le portra d'une femme scandaleusement libre, ArsacAaAaAeA@, qui, en tant que soeur Roi, AaAaAeA@chappe au contrAaAaAeA le de son mari et du chef des eunuques (cf 2, 5 ; 8, 6, 2), et AaAaAeA l'opposAaAaAeA@ de ce que Chariton nous dAaAaAeA@peint vie de la reine Statira, HAaAaAeA@liodore relAaAaAeA?gue au second plan la ch de surveiller les femmes confiAaAaAeA@e aux eunuques. D'ailleurs, chez Charito c'est la reine, plus que les eunuques, qui est chargAaAaAeA@e de surveill CallirhoAaAaAeA@ (cf. 5, 9, 1 ; 6, 7, 3

Enfin, les sources, notamment grecques, ont souvent signalAaAaAeA@ que d eunuques ont occupAaAaAeA@ des fonctions militaires, parfois AaAaAeA un niveau AaAaAeA@ (42) Les Babyloniaques prAaAaAeA@sentent effectivement Damas et Sacas com commandants d'une force armAaAaAeA@e ; ils ont sous leurs ordres des solda (cf. p. 16, 2 ; 18, 10). Damas a peut-AaAaAeA tre mAaAaAeA me une AaAaAeA@pAaAaAeA@e. (43) En r chez Chariton, aucune fonction militaire n'est rattachAaAaAeA@e AaAaAeA Artaxat De fait, quand la guerre AaAaAeA@clate, il n'y participe pas comme conseille Il disparaAaAaAeA@t du rAaAaAeA@cit au moment oAaAaAeA celui-ci met en avant des a militaires avant de reparaAaAaAeA@tre une fois la guerre terminAaAaAeA@e (cf 5, 7). Dans les AaAaAeAethiopiques, la situation est un peu moins nette. EuphratAa n'a aucune fonction militaire AaAaAeA Memphis. Quant AaAaAeA Bagoas, s'il es la tAaAaAeA te d'une troupe de cinquante cavaliers chargAaAaAeA@s de rAaAaAeA@cupAaAaAe hAaAaAeA@ros et de les conduire vers le satrape (cf. 8, 2, 3), il semble qu' ne soit pas armAaAaAeA@ puisque, quand il est interceptAaAaAeA@ par les AaAaAeAethio ceux-ci reconnaissent en lui un 'eunuque non combattant ([phrase omitted])', c'est-AaAaAeA -dire un civil, mais son escorte est sans doute armAaAaAeA@e (cf 12, 3). Il est possible que, sans AaAaAeA tre soldats, des eunuques aie AaAaAeA@tAaAaAeA@ armAaAaAeA@s pour assurer la garde de leur maAaAaAeA@t

Cependant, ce n'est pas parce qu'ils ne participent pas AaAaAeA la guer que les eunuques des romans sont prAaAaAeA@sentAaAaAeA@s comme effAaAaAeA@minAaAaAeA@s, et lAaAaAe rAaAaAeA@sider l'originalitAaAaAeA@ des romanci

4. La reprAaAaAeA@sentation romanesque des eunuqu

En effet, l'eunuque n'est jamais considAaAaAeA@rAaAaAeA@ comme 'un AaAaAeA tre com hybride et monstrueux, en dehors de la nature humaine' pour reprendre l'expression de DioclAaAaAeA?s dans l'Eunuque de Lucien, un AaAaAeA tre impu de 'mauvais augure' qu'il faut ostraciser (6). Son physique n'est pas du cAaAaAeA tAaAaAeA@ du fAaAaAeA@minin. En particulier, sa voix n'est pas, contrai AaAaAeA ce qui est souvent affirmAaAaAeA@ dans les textes concernant les eunuq connotAaAaAeA@e nAaAaAeA@gativement, elle n'est tout implement pas signalAaAaAeA@ plus que le physique de l'eunuque n'est rapprochAaAaAeA@ de celui d'une femm autre stigmatisation habituelle AaAaAeA l'AaAaAeA@poque impAaAaAeA@riale (45) Loin d'appar effAaAaAeA@minAaAaAeA@, Bagoas est mAaAaAeA me vu par l'hAaAaAeA@roAaAaAeA ne des AaAaAeAethiopiq homme, au sens de 'mAaAaAeAcle', [phrase omitted] (8, 16, 7). Et s'il fu devant les soldats AaAaAeA@thiopiens, ce n'est pas par lAaAaAeAcchetAaAaAeA@, c'est seu par tactique (cf. 8, 16, 3).

En fait, l'eunuque des romans n'est pas dAaAaAeA@crit, il n'a pas de corp il est neutre, rAaAaAeA@duit AaAaAeA une fonction dans le rAaAaAeA@cit : AaAaAeA tre l'auxiliaire du pouvoir mAaAaAeAcle qui s'exerce sur les femmes qu'il convoit Selon que ce pouvoir est dominAaAaAeA@ par une passion violente ou non, l'eunuq sera violent ou non. C'est l'opposition entre les eunuques, globalement violents, du tyran Garmos et celui du roi ArtaxerxAaAaAeA?s, plutAaAaAeA t bienveill De mAaAaAeA me, dans les AaAaAeAethiopiques, selon qu'ils sont au service d'un Aa moralement plutAaAaAeA t bon, AaAaAeA ce stade du rAaAaAeA@cit, OroondatAaAaAeA?s, ou non, les eunuques tendent vers le bien, Bagoas, ou vers le mal, EuphratAaAaAeA? (46) Il y a donc effectivement une plasticitAaAaAeA@ du typ

Quoi qu'il en soit, les eunuques apparaissent dans les trois romans comme exclusivement au service de leur maAaAaAeA@tre dans un contexte AaAaAeA@roti

L'eunuque est alors caractAaAaAeA@risAaAaAeA@ par l'AaAaAeA@nergie mise au service cause : c'est le cas de Bagoas, d'ArtaxatAaAaAeA?s, et surtout de Damas Sacas, qui sont de vAaAaAeA@ritables actants et adjuvants du roi Garmos da la quAaAaAeA te de Sinonis et l'AaAaAeA@limination du hAaAaAeA@ros. Dans l'AaAaAeA@tat de nos connai Zobaras est AaAaAeA part, semblant jouir d'une relative autonomie, puisqu' est mAaAaAeA} par son propre dAaAaAeA@sir qui le conduit jusqu'au mari

PrivAaAaAeA@s d'autonomie sur le plan de l'AaAaAeA@thique AaAaAeA cause de leur social d'esclave, les eunuques sont la projection de leur maAaAaAeA@tre ils rAaAaAeA@alisent souvent ce que la dignitAaAaAeA@ des Grands leur interdi rAaAaAeA@aliser, la contrainte, physique ou morale, pour gagner l'amour hAaAaAeA@ros rAaAaAeA@calcitrants. En ce sens, chez Chariton et chez Jamblique, l'onomast pose vAaAaAeA@ritablement l'eunuque comme un substitut de son maAaAaAeA@tre : joue sur la paronymie chez le premier, sur la structure bisyllabique chez le second. En effet, les deux eunuques les plus engagAaAaAeA@s au servi de Garmos sont bien Damas et Sacas ; or, ils sont tous trois porteurs de noms bisyllabiques, dont la premiAaAaAeA?re syllabe s'articule sur la mAaAa voyelle, alpha.

D'autre part, il apparaAaAaAeA@t que l'eunuque agit seul, sans le secou des dieux, qu'il semble ignorer. Il s'inscrit totalement dans un agir humain, avec la seule aide de son intelligence. Car l'eunuque est intelligent, et c'est ce qui le rapproche du type de l'esclave rusAaAaAeA@, du servus callid de la ComAaAaAeA@die. S'il AaAaAeA@choue, c'est AaAaAeA cause de sa double condition, b et servile, qui lui interdit, en raison des conventions romanesques, de triompher des hAaAaAeA@ros, bien nAaAaAeA@s et Grecs, dont aucun adversair pourra briser ni l'amour ni le mariage.

Cet AaAaAeA@chec est tout particuliAaAaAeA?rement patent dans les Babyloniaqu le pouvoir se dAaAaAeA@double en deux eunuques, l'un grec, l'autre barbar qui agissent trAaAaAeA?s vite sAaAaAeA@parAaAaAeA@ment, parallAaAaAeA?lement, puis success aprAaAaAeA?s la mort de l'un, face AaAaAeA la dAaAaAeA@termination des deux hAaAaAeA@ ne sont pas grecs, et qui ont la vocation AaAaAeA prAaAaAeA@server leur amou leur mariage. (47)

La dAaAaAeA@termination des hAaAaAeA@ros quand ils sont d'origine grecque trio tout aussi facilement des eunuques : ThAaAaAeA@agAaAaAeA?ne ne cAaAaAeA?de pas so tortures d'EuphratAaAaAeA?s, CallirhoAaAaAeA@ a raison d'ArtaxatAaAaAeA?s. Bien qu'il appar au type de l'esclave rusAaAaAeA@, comme la servante Plangon, celui-ci ne rAaAaAeA@u pas AaAaAeA imposer sa volontAaAaAeA@, AaAaAeA la diffAaAaAeA@rence de Plangon, signa la dAaAaAeA@faite de l'esclave face AaAaAeA la femme libre, du Barbare face AaAa Grecque. (48) Ces AaAaAeA@checs des eunuques ne tiennent pas aux individu mais au type, que les circonstances, c'est-AaAaAeA -dire les nAaAaAeA@cessitAaAa l'intrigue, peuvent modifier : Bagoas, qui n'a qu'une mission d'accompagnement, ne connaAaAaAeA@t pas l'AaAaAeA@chec face aux hAaAaAeA@ros, au contraire il les a devient, involontairement, l'instrument du dAaAaAeA@nouement heureu

Les romanciers ont donc rAaAaAeA@ussi AaAaAeA crAaAaAeA@er un type assez souple av fonction qui, elle, ne varie pas : dans le schAaAaAeA@ma romanesque, l'eunuq est l'instrument du despote amoureux, ou de la despote amoureuse. Et sur ce point, ils ont innovAaAaAe

Comment s'inscrivent-ils dans la tradition de la reprAaAaAeA@sentation l'eunuque ? M.-F. Baslez opte rAaAaAeA@solument, dans le cas de Charito pour l'influence du modAaAaAeA?le de CtAaAaAeA@s
'Son modAaAaAeA?le est AaAaAeA@videmment CtAaAaAeA@sias, plus qu'HAaAaAeA@rodote ou XAaAaAeA@n
mAaAaAeA@decin d'ArtaxerxAaAaAeA?s est en effet le seul auteur classique qui util
l'omniprAaAaAeA@sence et la toute-puissance des eunuques comme un
caractAaAaAeA@ristique du monde barbare [...]. Contrairement AaAaAeA  la tradit
historique, l'eunuque de Chariton n'est ni un guerrier, ni un acteur du
jeu politique ; il appartient au monde des femmes, ne sort pas et
n'agit qu'en paroles. C'est le point de vue des sophistes et des
rhAaAaAeA@teurs AaAaAeA  l'AaAaAeA@poque impAaAaAeA@rial


Certes, mais ArtaxatAaAaAeA?s vit avec le Roi, et s'il s'occupe du monde d femmes, c'est prAaAaAeA@cisAaAaAeA@ment parce que le Roi est amoureux. Il est envisage qu'ArtaxatAaAaAeA?s s'occupe de politique, et on le voit en charge du protocol en contact avec les satrapes, faisant une annonce officielle, et se rAaAaAeA vant comme maAaAaAeA@tre de l'AaAaAeAetat. P. Guyot, pour un autre motif, AaAaAe l'absence de prAaAaAeA@jugAaAaAeA@s, AaAaAeA la diffAaAaAeA@rence d'HAaAaAeA@liodore, rattache Chariton AaAaAeA CtAaAaAeA@sias. (50) LAaAaAeA encore, il faut nuancer : ArtaxatAa aussi jaloux qu'EuphratAaAaAeA?

Ce qui apparaAaAaAeA@t, en tout cas, chez les trois romanciers, c'est q les eunuques sont de vAaAaAeA@ritables eunuques, et non pas des dignitair pourvus de ce titre, et qu'ils ne sont pas dAaAaAeA@peints comme des barbar fAaAaAeA@minisAaAaAeA@s.

Le paradoxe est peut-AaAaAeA tre que l'image la plus nAaAaAeA@gative se trouve Jamblique, celui qui, par ses origines et sa formation, est censAaAaAeA@ AaAaAe le plus proche du monde des eunuques. (52) Pourquoi ? La cruautAaAaAeA@ d eunuques, ou leur anomalie, sont justifiAaAaAeA@es par la poAaAaAeA@tique d'une oe qui s'attache AaAaAeA montrer la violence d'un empire perse gouvernAaAaAeA@ un tyran. Mais on peut penser que l'auteur, barbare syrien, formAaAaAeA@ p un Babylonien, s'il est vrai qu'il a fait tous ses efforts pour apprendre le grec et 'devenir un bon rhAaAaAeA@teur' selon la scholie de Photius ( 2, 20-21), a voulu servir AaAaAeA un public grec, ou hellAaAaAeA@nophone, les clic qu'il attendait, y compris en jouant l'excAaAaAeA?s. (53) On trouve un parallAaAaAe AaAaAeA propos d'un autre type de personnage, chez HAaAaAeA@liodore, 'PhAaAaAeA@ d'AaAaAeAemAaAaAeA?se', qui prAaAaAeA@sente un marchand phAaAaAeA@nicien sous un doubl : il est d'abord un athlAaAaAeA?te qui triomphe aux jeux delphiques, dou de toutes les qualitAaAaAeA@s physiques et morales, avant de se transform en prAaAaAeA@dateur sexuel potentiel, convoitant l'hAaAaAeA@roAaAaAeA ne (cf. 4, 16 ; 5, 19, 1-20, 1). Cette mAaAaAeA@tamorphose replace dans la barbarie cel qui semblait partager et incarner les valeurs grecques, et le romancier offre AaAaAeA ses lecteurs grecs l'image du barbare qu'ils attendaient peut-AaAaAeA

En conclusion, l'eunuque a beau AaAaAeA tre un personnage relativement secondair il n'en est pas moins un personnage AaAaAeA part entiAaAaAeA?re, dotAaAaAeA@ d'un n le rattache AaAaAeA un monde symbolique, celui de l'Autre, du Barbare, l'inscrit dans le systAaAaAeA?me des personnages. Bien que les discours ethnographiqu et diffAaAaAeA@rents genres littAaAaAeA@-raires aient fait de lui un type, il dAaAaAeA@ve dans chacun des romans considAaAaAeA@rAaAaAeA@s, une individuation certaine. dit, celle-ci a une limite qui semble consubstan-tielle au personnage : l'esclave qu'il est d'abord le condamne AaAaAeA l'AaAaAeA@chec face au co des protagonistes, que ceux-ci soient Grecs ou Barbares. A cet AaAaAeA@gar il est significatif que Jamblique, le romancier trAaAaAeA?s vraisemblableme le plus proche par ses origines de la civilisation qui a connu les eunuques, soit AaAaAeA la fois celui qui leur accorde le plus de place da l'intrigue par leur nombre et leur rAaAaAeA le, et celui qui les prAaAaAeA@s de faAaAaAeAoon constamment nAaAaAeA@gative. Comme s'il s'agissait pour lui d'assim totalement l'imaginaire grec et les codes de ce genre littAaAaAeA@raire nouve et, paradoxalement, pourtant, tournAaAaAeA@ vers une AaAaAeA@poque depuis longt rAaAaAeA@volue, celle des siAaAaAeA?cles oAaAaAeA les Grecs dAaAaAeA@couvraient l'empire des Tributaires des historiens classiques pour construire leur univers fictionnel, au moins dans le cas de Chariton et d'HAaAaAeA@liodore, les romancie ne partagent pas avec leurs contemporains le mAaAaAeA@pris de l'eunuque, q est liAaAaAeA@ aux interrogations sur le genre. Leur vision anachronique authentif le genre romanesque comme le genre de la fiction.

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PATRICK ROBIANO

UniversitAaAaAeA@ Jean-JaurAaAaAeA?s, Toul

(1) Cf. par exemple Guyot 1980; Briant 1996, 279-288 ; Kuefler 2001 ; Llewellyn-Jones 2002 ; Tougher 2002 ; Tadmor 2002 ; Lenfant 2014.

(2) Cf. Guyot 1980, 72-77 : 'Eunuchen als Romanfiguren'. La chronologie des romans grecs n'est pas bien AaAaAeA@tablie ; nous suivons celle adoptAa par Rife 2010, 454. Nous excluons de notre AaAaAeA@tude Iolaos, qui prAaAaAeA@s un personnage de 'galle' (gallus), ou prAaAaAeA@tendu tel, le texte AaAaAeA@ trop lacunaire (cf. Stephens et Winkler 1995, 358-374), et l'AaAaAeA@masculati volontaire dans un but religieux crAaAaAeA@ant, a priori, un autre type personnage.

(3) LAaAaAeA@toublon 1993, 229-232, ne consacre aucune entrAaAaAeA@e aux eunu dans les noms propres. Billault 1991, 127 mentionne des 'personnages dont la puissance tient AaAaAeA la fonction', dont Bagoas, qui n'est p spAaAaAeA@cifiAaAaAeA@ comme eunuque, EuphratAaAaAeA?s, 'chef des eunuques AaAaAeA la Memphis', et 'l'eunuque favori du Grand Roi' ; p. 166 il cite EuphratAaAaAe et Bagoas parmi les 'acteurs de troisiAaAaAeA?me plan, dont le rAaAaAeA le plus ponc et parfois AaAaAeA@loignAaAaAeA@ de l'action principale n'en est pas moins nette marquAaAaAeA@ [...] Tous ont AaAaAeA un moment donnAaAaAeA@ une influence sur les AaAaAeA@vAaAa et leur prAaAaAeA@sence dans le rAaAaAeA@cit n'est pas indiffAaAaAeA@r

(4) Cf. Habrich 1960, p. 32, 15-17 ; p. 2, 7-20. Nous citons les Babyloniaques d'aprAaAaAeA?s cette AaAaAeA@dit

(5) Cf. De Temmerman 2014, 28 ; 33.

(6) Pline Nat., 13, 9, 41 ('C'est le nom qu'ils donnent aux eunuques ; il y en eut qui rAaAaAeA@gnAaAaAeA?rent chez eux'). Cf. aussi Souda s.v. [ph omitted].

(7) Par exemple, Ovide, Am. 2, 2, 1, et Lucien, Eun. 4 mentionnent chacun un Bagoas, sans spAaAaAeA@cifier son origine ethniqu

(8) Cf. Briant 1996, 280-281 ; Guyot 1980, 76 n. 50 sur le nom, et 280-281 pour la prosopographie des deux Bagoas en question.

(9) La Souda, s.v. [phrase omitted] le dAaAaAeA@signe aussi comme AaAaAeA@gypt

(10) Cf. Baslez 1992, 201 ; Goold 1995,11 ; Roncali 1996, 274 n. 9, qui rapproche la pAaAaAeA@riphrase de Chariton en 5, 2, 2 ('qui AaAaAeA@tait le important auprAaAaAeA?s du Roi') de celle de CtAaAaAeA@sias F 15 [section] 54 Len ('qui avait le plus de pouvoir auprAaAaAeA?s du Roi'

(11) Tougher 2002, 144, cite Dorat qui, dans son commentaire sur l'Eunuque de TAaAaAeA@rence, relAaAaAeA?ve que l'ArmAaAaAeA@nie fournissait des eun

(12) Guyot 1980,75 n. 39 AaAaAeA@met des doutes sur la qualitAaAaAeA@ d'eunuqu Monasos, sans raison, selon nous : puisque Monasos reprend la fonction de son frAaAaAeA?re Damas, il doit AaAaAeA tre, comme lui, un eunuque. Cela se l'avis de Schneider-Menzel 1948, 81. A propos de Zobaras, la graphie comporte un omicron chez Photius (cf. p. 64, 7), un omega dans la Souda (cf. p. 3, 4), sans incidence pour l'interprAaAaAeA@tatio

(13) Cf. Schneider-Menzel 1948, 81.

(14) Schneider-Menzel 1948, 81 n. 34 signale deux Sacas, AaAaAeA@chanso dans les cours assyrienne et achAaAaAeA@mAaAaAeA@n

(15) Cf. Cyr. 1, 3, 8-9 ; il goAaAaAeA}te notamment le vin pour AaAaAeA@vite empoisonnement (cf. 1, 3, 8-14). Le Sacas de Jamblique est-il un AaAaAeA@chans ? Le fragment p. 17, 1-3 prAaAaAeA@sente le roi Garmos buvant AaAaAeA la santAa Damas. On peut imaginer que Damas est prAaAaAeA@sent, en tant qu'AaAaAeA@chan et donc que Sacas AaAaAeA@tait aussi un AaAaAeA@chan

(16) Cf. Aristophane, Av. 31, et Photius, Lexicon, s.v. [phrase omitted] ('Le poAaAaAeA?te tragique Acestor AaAaAeA@tait surnommAaAaAeA@ Sacas parce qu'il AaAaAeA@tranger et barbare'). D'aprAaAaAeA?s Talbot 1879, Sacas serait un nom com et dAaAaAeA@signerait une fonction : 'On peut croire avec Weiske que le n de Sacas est plutAaAaAeA t celui d'une fonction que d'un homme, en le dAaAaAeA@ri du mot Sakkah, qui signifie boire dans les idiomes de l'Orient'.

(17) Schneider-Menzel 1948, 89. Cf. aussi Borgogno 1975, 110 n. 37.

(18) Cf. Schneider-Menzel 1948, 81.

(19) Cf. Stephens et Winkler 1995,184.

(20) Kuefler 2001, 32-36, insiste sur l'AaAaAeAcge de la castration : rAaAaAeA@ali avant la pubertAaAaAeA@, elle range l'eunuque dans la catAaAaAeA@gorie des fem aprAaAaAeA?s la pubertAaAaAeA@, dans celle des hommes. Cette distinction est ju peu pertinente par Cordier 2002, 61-62 : AaAaAeA l'AaAaAeA@poque romaine, du mo soutenue par les thAaAaAeA@ories mAaAaAeA@dicales, l'eunuque, par la molless l'humiditAaAaAeA@ de son corps, est du cAaAaAeA tAaAaAeA@ du fAaAa

(21) Cf. De Temmerman 2014, 8-12 ; 36 sur l'individuation dans le type.

(22) Le Bagoas de Lucien est ridiculisAaAaAeA@ parce qu'il est imberbe (c Eun. 9). AaAaAeAevoquant le sophiste Favorinus, considAaAaAeA@rAaAaAeA@ comme un eu Philostrate mentionne son visage glabre, mAaAaAeA me dans sa vieillesse (c VS 541 ; 489). Le mAaAaAeA me Philostrate, s'il est bien l'auteur des Lettre relAaAaAeA?ve que le visage glabre stigmatise l'eunuque adulte, parce qu' est le signe visible de son AaAaAeA@tat, signe d'une amputation cachAaAaAeA@e Ep. 15). Les spAaAaAeA@cialistes discutent beaucoup sur le fait de savo si les personnages sans barbe des bas-reliefs perses sont des eunuques ou non (cf. Guyot 1980, 89 ; Tadmor 2002, 605-606 ; Llewellyn-Jones 2002, 24). Quant au vAaAaAeA tement, il peut servir AaAaAeA distinguer un eunu comme cela apparaAaAaAeA@t constamment dans l'Eunuque de TAaAaAeA@rence (cf. ; 683-684 ; 906 ; 1015) oAaAaAeA il est question d'un vAaAaAeA tement bario

(23) Nous partageons l'avis de Schneider-Menzel 1948, 85 n. 6 qui, AaAaAeA la suite d'E. Rohde, pense que l'expression 'fontaine d'amour' n'e pas une fleur de rhAaAaAeA@toriqu

(24) Chez TAaAaAeA@rence, Eun. 665-666, un personnage affirme que 'les eunuqu sont des amateurs de femmes, mais impuissants'. Chez le romancier Achille Tatius, l'eunuque symbolise mAaAaAeA@taphoriquement l'absence de toute for de sexualitAaAaAeA@ (cf. 5, 22, 5 ; 25, 8 ; 6, 21, 3). Mais chez Lucien (Eu 13), il est question d'une activitAaAaAeA@ sexuelle de l'eunuque, qui a sexualitAaAaAeA@ d'un mAaAaAeAcle, 'faisant souvent l'amour' ([phrase omitte C'est le mAaAaAeA me verbe qui est utilisAaAaAeA@ chez Philostrate, VA 1, 37 AaAaAeA propos d'un eunuque surpris en flagrant dAaAaAeA@lit de 'faire l'amou une femme' ([phrase omitted]) dans le gynAaAaAeA@cAaAaAeA@e. Dans ces conditi l'eunuque peut AaAaAeA tre accusAaAaAeA@ d'adultAaAaAeA?re. Ce fut le cas de Favorinu VS 489 : 'bien qu'eunuque, AaAaAeA tre accusAaAaAeA@ d'adultAaAaAeA?re') et du Bag Lucien (10). De Favorinus, Philostrate VS 489 affirme qu'il 'avait une sexualitAaAaAeA@ trAaAaAeA?s ardente'. Mais Bagoas se dAaAaAeA@fend d'avoir des d (9), ce que veulent vAaAaAeA@rifier ceux qui le nommeront AaAaAeA la chaire de philoso (cf. 12 oAaAaAeA la capacitAaAaAeA@ AaAaAeA philosopher dAaAaAeA@pend de la capacitAaAaAe une activitAaAaAeA@ sexuelle de pAaAaAeA@nAaAaAeA@tra

(25) Le mariage des eunuques est un sujet discutAaAaAeA@. Tadmor 2002, 6 l'affirme, sans rAaAaAeA@fAaAaAeA@rence AaAaAeA l'appui ; Guyot 1980, 90, mentionne CtAaAaAeA@sias, le mariage de l'eunuque ArtoxarAaAaAeA?s, mais il se fonde su texte conjectural de Jacoby (F 15 [section] 54 Lenfant). Le mariage de MAaAaAeA@sopotamie et de Zobaras est acceptAaAaAeA@ par Guyot 1980, 75 n. Schneider-Menzel 1948, 67, et Cameron 1998,150-154. L'historiographie tardive reviendra sur le mariage de NAaAaAeA@ron avec l'eunuque Sporus sur le goAaAaAeA}t de Titus et Domitien pour les eunuques (cf. Kuefler 200 100-101).

(26) Cf. Cameron 1998,152 ; sur les amours lesbiennes de BAaAaAeA@rAaAaAeA@nice 58, 2-3) cf. 151 n. 45.

(27) Cf. Briant 1996, 282-284.

(28) De mAaAaAeA me, chez Philostrate, VA 1, 21, 2 l'eunuque perse est 'stupAaAaAeA@f des qualitAaAaAeA@s non pas morales, mais intellectuelles d'Apollonio

(29) Cf. Jamblique p. 65, 5-8 ; Chariton 6, 9, 6 ; 7, 6, 3; HAaAaAeA@liodor 7, 18, 1-2 ; 7, 19, 3. Notons cependant que Photius qualifie d' 'eunuques royaux' (p. 8, 3) Damas et Sacas, vAaAaAeA@ritables personnages. Est-ce terme de Jamblique, ou un emploi inappropriAaAaAeA@ du patriarche ? Bria 1996, 284, souligne la nAaAaAeA@cessitAaAaAeA@ de distinguer deux groupes d'eunuq ceux de l'entourage direct du Roi, et ceux qui constituent la domesticitAaAaAe En effet, dAaAaAeA?s HAaAaAeA@rodote (cf. 7, 187) sont mentionnAaAaAeA@s les innomb eunuques qui, avec les concubines, font partie de la domesticitAaAaAeA@ royal

(30) Cf. Daniel 1, 3 ; 1, 7 ; 1, 18. Tadmor 2002, 607 rappelle que les nAaAaAeA@o-Babyloniens ont repris les institutions des Assyriens, do le poste d'eunuque en chef, attestAaAaAeA@ AaAaAeA la fin du II millAaAaAeA@

(31) Ces pAaAaAeA@riphrases formulaires sont empruntAaAaAeA@es AaAaAeA CtAaAaAeA@sias (cf. 1996, 279, Lenfant, 2004, cxv).

(32) Roncali 1996, 37 rapproche l'eunuque dAaAaAeA@vouAaAaAeA@ de l'esclave fid de la comAaAaAeA@die et met en parallAaAaAeA?le chez Chariton, dans un contexte AaAaAeA@ro les rAaAaAeA les d'ArtaxatAaAaAeA?s vis-a-vis d'ArtaxerxAaAaAeA?s, et de l'intendant L vis-AaAaAeA - vis de son maAaAaAeA@tre Dionys

(33) Sur ce lieu commun de l'historiographie classique, cf. Lenfant 2014, 430-435.

(34) Sur l'eunuque comme 'homme de confiance', cf. Llewellyn-Jones 2002, 28-29 ; 37-38, qui insiste sur la fonction d'intermAaAaAeA@diaires d eunuques, entre l'espace privAaAaAeA@ et l'espace public. HAaAaAeA@rodote menti des 'eunuques introducteurs de messages' (3, 77).

(35) Ce supplice pratiquAaAaAeA@ dans l'espace perse est attestAaAaAeA@, entre aut par HAaAaAeA@rodote (9, 112) et Arrien (An. 4, 7, 3-4) et par une inscripti royale (cf. Lenfant 2004, cx)

(36) Borgogno 1975,110, AaAaAeA la suite de Di Gregorio 1963, propose d'introdui le fragment de la Souda IV, 260, 17-18, s. v. [phrase omitted] oubliAaAa par Schneider-Menzel 1948 et par Habrich 1960, mais reconnu par Hercher. Pour Di Gregorio 1963, 392, le verbe [phrase omitted] a le sens de 'crucifier' plutAaAaAeA t que d' 'empaler

(37) Philostrate, VA 1, 21,2-3 prAaAaAeA@sente lui aussi un eunuque menaAaAaAe de torturer le sage Apollonios, AaAaAeA peine celui-ci a-t-il franchi frontiAaAaAeA?re AaAaAeA CtAaAaAeA@siphon. C'est dire que le premier contact avec l' perse, en fait l'empire parthe, est marquAaAaAeA@ par la rencontre avec eunuque de haut rang, un satrape, qui incarne la violence 'barbare', comme le souligne Apollonios lui-mAaAaAeA m

(38) Cf. Briant 1996, 279 ; Llewellyn-Jones 2002, 38.

(39) Le mobile de l'intAaAaAeA@rAaAaAeA t personnel et du gain est encore rapp en 6, 5, 1 et 6, 5, 7.

(40) Sur la peur de l'eunuque, cf. aussi 6, 6, 1-2.

(41) Cf. Briant 1996, 284-285 ; Lenfant 2014, 439.

(42) Cf. Guyot 1989, 115-118 ; Briant 1996, 287.

(43) Le grec [phrase omitted] (p. 12, 5-6) est ambigu, pouvant dAaAaAeA@sign un singulier, comme l'entend Sandy 1989 ('Damas suddenly arrives, and the old woman is questioned and faints on seeing the drawn sword') et Schneider-Menzel 1948, 49, ou un pluriel, comme l'entendent Henry 1960 ('Les gens de Damas surviennent ; on questionne la vieille, qui, AaAaAeA la vue d'une AaAaAeA@pAaAaAeA@e nue, s'AaAaAeA@vanouit') et sans doute Borgogno 1 Stephens et Winkler 1995 traduisent 'At the sight of a naked sword'.

(44) L'adresse du Roi AaAaAeA ArtaxatAaAaAeA?s (6, 4, 8 : 'Tu veilles ([phrase omitt scrupuleusement sur moi') marque sans doute un usage mAaAaAeA@taphoriqu Certains eunuques d'ArsacAaAaAeA@ (cf. 7, 19, 3), en revanche, sont peut-AaAaAe armAaAaAeA@s s'ils sont bien les 'gardes du corps ([phrase omitted])' mentionnAa en 7, 19, 4.

(45) Sur la voix comme signe de l'effAaAaAeA@minement de l'eunuque, cf. Lucie Eun.7 ; Philostrate, VS 489. En invoquant le cas de femmes philosophes, l'eunuque Bagoas de Lucien se range du cAaAaAeA tAaAaAeA@ du fAaAaAeA@minin ; le r aussi du cAaAaAeA tAaAaAeA@ du fAaAaAeA@minin le 'sentiment de honte et la couardise ([ omitted])', donn
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Author:Robiano, Patrick
Publication:Ancient Narrative
Date:Jan 1, 2017
Words:10193
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