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L'entente Villeneuve-Duplessis Constructions historiques et realites.

Resume : L'arrivee au pouvoir de Maurice Duplessis a ete percue par les contemporains comme un renouveau de l'alliance entre l'Eglise catholique et l'Etat quebecois, mettant fin a la guerre froide qui opposait ces deux pouvoirs sous la gouverne liberale de Louis-Alexandre Taschereau. Prives d'acces au riche contenu des archives religieuses, les historiens ont reproduit cette perception. En utilisant les archives inedites du cardinal Villeneuve, l'auteur propose un regard nouveau sur les relations entre l'Eglise et l'Etat, qui etaient en fait moins harmonieuses sous Duplessis qu'elles ne l'avaient ete sous Taschereau.

Abstract : Maurice Duplessis ' rise to power was perceived as a renewal of the alliance between the Catholic Church and the Quebec State, putting an end to the cold war opposing these two powers under Louis-Alexandre Taschereau's liberal govern. Being denied from access to religious archives, historians have reproduced this perception. Using archives of Cardinal Villeneuve, the author proposes a new perspective on the relationship between Church and Slate, which were actually less harmonious under Duplessis than they have been under Taschereau.

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L'arrivee au pouvoir de Maurice Duplessis en 1936 a marque, aux yeux des contemporains, un tournant dans les relations unissant l'Eglise catholique a l'Etat quebecois. C'est un point de vue partage par plusieurs historiens. Jacques Rouillard explique que le cardinal Villeneuve, archeveque de Quebec, retrouve en Duplessis, <<contrairement a Gouin et a Taschereau. l'homme devoue a l'Eglise qui sera a l'ecoute de son enseignement en matiere civile (2)>>. Yvan Lamonde voit egalement dans le gouvernement de Duplessis une restauration de la tradition puisqu'il scelle <<une entente d'appui reciproque du conservatisme politique et religieux (3)>>. Conrad Black va plus loin que tous les autres en presentant le cardinal Villeneuve comme le <<mecene>> de Duplessis, celui qui l'a appuye <<dans les bons et les mauvais moments4>>. Cette entente contraste nettement avec les conflits qui ont marque l'ere Taschereau, telle que decrite par Antonin Dupont et Bernard Vigod dans leurs ouvrages respectifs5. Cette nouvelle alliance s'est illustree par certains gestes symboliques tels que l'apposition d'un crucifix au-dessus du siege du president de l'Assemblee legislative et la remise par le premier ministre d'un anneau d'amethyste au cardinal lors du Congres eucharistique de 1938. Les contemporains, comme les historiens, ont beaucoup insiste sur le role attribue au cardinal dans l'elaboration de la Loi du Cadenas. Cette supposee entente cordiale entre le primat de l'Eglise canadienne et le chef de l'Union nationale a ete immortalisee, dans la culture populaire, grace a la serie Duplessis de Denys Arcand et de Jacques Lacoursiere.

Des sources inedites donnent pourtant une impression bien differente. Les recherches portant sur les relations entre l'Eglise et l'Etat ont longtemps ete limitees par l'inaccessibilite des archives religieuses. Alors que celles-ci s'ouvrent progressivement aux chercheurs et qu'une documentation particulierement riche devient utilisable, il devient possible de jeter un eclairage nouveau sur cette periode de notre histoire. Aux archives deja connues et utilisees de Louis-Alexandre Taschereau et de Maurice Duplessis, respectivement conservees a Bibliotheque et Archives nationales du Quebec (BAnQ) et au Seminaire Saint-Joseph de Trois-Rivieres, nous nous proposons d'ajouter les archives du cardinal Villeneuve, conservees a l'archeveche de Quebec et aux archives Deschatelets, a l'Universite Saint-Paul d'Ottawa. En plus des nombreuses lettres echangees entre les autorites civiles et religieuses, ces fonds d'archives nous donnent acces a des lettres personnelles qui permettent de demystifier certaines actions et positions du cardinal. Nous comptons demontrer que, loin de constituer une rupture avec les administrations precedentes, le gouvernement Duplessis s'inscrit en continuite avec le gouvernement Taschereau au chapitre des relations entre l'Eglise et l'Etat. En fait, nous constatons meme une relative deterioration de ces rapports sous l'Union nationale.

Sur le plan des relations entre l'Eglise et l'Etat, le XIXe siecle et le debut du XXe ont ete explores avec beaucoup d'attention. Paul Crunican6, Roberto Perin (7) ainsi que le collectif d'Yvan Lamonde (8), pour ne nommer que ceux-ci, se sont interesses a de nombreux aspects de l'implication du clerge catholique, notamment en ce qui concerne la participation aux elections, l'education et la lutte acharnee contre le liberalisme. Les annees 1930 semblent avoir ete plus negligees par les historiens des dernieres decennies. Si des textes tels que ceux de Jacques Rouillard (9) et de Leon Dion (10) se penchent sur la question, c'est en se basant sur les ouvrages deja maintes fois utilises de Robert Rumilly, de Conrad Black et de Pierre Laporte, c'est-a-dire des oeuvres bien peu objectives et dont la valeur scientifique est discutable. Le collectif recent de Lucia Ferretti et de Xavier Gelinas offrait precisement l'occasion de retourner aux sources, mais les relations entre l'Eglise et l'Etat ont malheureusement ete peu abordees par les nombreux auteurs". Notre article vise donc a remettre en question certaines idees preconcues grace a l'utilisation d'archives non exploitees jusqu'a maintenant.

I--Villeneuve et Taschereau

Nous ne saurions comprendre le rapport Villeneuve-Duplessis sans d'abord analyser le rapport Villeneuve-Taschereau. Lorsque le pere oblat Rodrigue Villeneuve entre dans ses fonctions d'archeveque de Quebec en 1932, le Parti liberal est deja au pouvoir depuis 35 ans et le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau est en poste depuis 12 ans. Certaines decisions du gouvernement liberal comblent de joie le clerge, tels que la Loi d'extension juridique des conventions collectives ainsi que le refus maintes fois repete d'accorder le droit de vote aux femmes et de creer un ministere de l'instruction publique (12). D'autres aspects du regime Taschereau seront beaucoup moins apprecies par l'Eglise, notamment l'industrialisation, rendue possible grace a l'arrivee au pays de capitaux britanniques et americains, la creation de la Commission des liqueurs ainsi que la mise en place de la Loi de l'assistance publique. Ces mesures du gouvernement Taschereau sont maintes fois denoncees par la presse catholique, ce qui a alimente l'idee que les relations entre l'Eglise et l'Etat ont ete, sous Louis-Alexandre Taschereau, particulierement houleuses. Antonin Dupont, auteur du premier ouvrage consacre a ces relations, a construit son analyse en se basant presque exclusivement sur des archives de presse et a ainsi contribue a cimenter cette vision (13). Taschereau s'est pourtant toujours garde de mettre en place des lois qui auraient menace le role du clerge, en particulier dans le domaine de l'education. Si les journaux liberaux et catholiques etaient constamment a couteaux tires, le chef du Parti liberal et le cardinal-archeveque de Quebec avaient une relation beaucoup plus harmonieuse.

Les archives de l'archeveche de Quebec contiennent de nombreuses lettres entre Taschereau et Villeneuve qui n'ont pas ete conservees par le premier ministre et ne sont donc pas contenues dans son propre fonds d'archives. Ces lettres nous donnent l'impression que l'entente entre Taschereau et Villeneuve etait beaucoup plus cordiale qu'il n'a pu y paraitre, du moins du point de vue de l'archeveque.

Nonobstant sa reputation d'anticlerical, le premier ministre liberal semble avoir une grande consideration pour l'opinion du haut clerge. En 1933, pour soulager les municipalites d'une part de leur fardeau financier, le gouvernement Taschereau envisage un projet de loi qui obligerait les paroisses a soumettre les projets relatifs aux constructions d'eglises, de presbyteres et de cimetieres a l'approbation du conseil municipal lorsque les finances de la ville sont touchees. Avant d'agir, le premier ministre soumet l'idee au cardinal, qui la rejette d'emblee, promettant que les eveques veilleront eux-memes a mieux encadrer cette question. Cela amene Taschereau a abandonner immediatement le projet de loi (14). Un autre projet de loi, visant cette fois a donner a la Cour d'appel du Quebec un role plus important dans la legislation du mariage civil, est abandonne pour les memes raisons (15). L'opinion du cardinal Villeneuve semble donc avoir eu un impact reel sur la legislation de la province.

L'entente entre Taschereau et Villeneuve est toutefois regulierement mise a l'epreuve par des elements exterieurs. Le premier ministre trouve souvent a se plaindre de certains articles ecrits contre lui dans le journal L'Action catholique ou encore des sorties intempestives de l'abbe Edouard-Valmore Lavergne, cure de la paroisse Notre-Dame-de-Grace et adversaire declare du regime liberal. Dans les deux cas, le cardinal se refuse a sanctionner les fautifs, expliquant que L'Action catholique n'est pas l'organe de l'archeveche et que le cure Lavergne est, de l'aveu meme du premier ministre, incontrolable. Les simples avertissements et les mises au point servis aux redacteurs du journal et au cure semblent satisfaire Taschereau, qui en remercie toujours le cardinal sans insister davantage (16). Ces incartades ne semblent pas avoir brouille outre mesure la relation entre Taschereau et Villeneuve.

Les elections de 1935 constituent une epreuve importante pour la bonne entente entre l'Eglise et l'Etat. Un certain nombre de pretres participent a la campagne aux cotes des candidats de l'Action liberale nationale et semblent avoir un impact considerable sur le resultat de l'election. Les pretres de l'archidiocese de Quebec sont particulierement actifs. Un sermon du cure Lavergne, qui fustige Taschereau et le Parti liberal, est imprime et circule dans toute la province. Dans les Cantons-de-l'Est, l'abbe Pierre Gravel, aumonier-directeur du Syndicat national catholique de l'Amiante, utilise son prestige aupres des ouvriers des mines pour contribuer a la victoire de trois candidats de l'Union nationale. L'abbe Maurice Laliberte, professeur de rhetorique au Seminaire de Quebec, organise et tient une assemblee politique en faveur du candidat de l'Action liberale nationale dans Lotbiniere. Nous poumons ajouter plusieurs noms a cette liste (17). Les pretres a avoir pris une part reellement active a la campagne sont, dans les faits, relativement peu nombreux, meme si le Parti liberal et ses partisans considerent que le clerge tout entier de la province de Quebec a mene campagne contre eux. Les journaux liberaux Le Soleil (18) et Le Canada (19) partagent d'ailleurs cette opinion. Ils affirment tous deux que <<l'influence indue (20) >> des pretres est responsable de la relative defaite du Parti liberal, reduit a une majorite de six sieges seulement. Le premier ministre lui-meme se plaint au cardinal qu' <<un grand nombre d'electeurs>> ont refuse leur vote au gouvernement en raison de ces interventions du clerge : <<Notre population est foncierement religieuse et catholique; elle ecoute ses pasteurs (21).>> Il soumet au cardinal un dossier contenant des accusations d'<<influence indue>> a l'endroit de 34 religieux et groupes de religieux. La plupart des accusations sont rejetees par le cardinal puisqu'elles ont ete portees par des personnes interessees, par des enfants et par des denonciateurs anonymes (22). Le premier ministre n'insistera pas davantage. Cependant, la polemique opposant les journaux catholiques aux journaux liberaux durera plusieurs mois, ce qui a pu contribuer a l'impression d'une mesentente entre l'Eglise et le gouvernement.

En realite, le cardinal minimise l'importance et la portee de la participation des pretres a la campagne electorale. Dans une lettre adressee a un de ses correspondants, il accuse le premier ministre de ne pas comprendre les <<raisons profondes de ses revers>> et de faire une maladie des <<quelques pretres>> qui ont <<fait des imprudences (23)>>. Le seul pretre a subir les consequences de ses actes est l'abbe Pierre Gravel, qui a poursuivi sa campagne contre le regime Taschereau apres la campagne electorale. Le premier ministre reclame des sanctions contre ce turbulent abbe, mais le cardinal avait deja pris la decision de le relever de ses fonctions de vicaire a Thetford Mines et d'aumonier du Syndicat de l'Amiante pour le nommer vicaire de la paroisse Saint-Roch de Quebec (24). Taschereau semble insatisfait de cette mesure dans le cas de Gravel et de l'absence de sanctions dans le cas des autres pretres. Bien que leurs echanges restent courtois, Taschereau parait en vouloir personnellement au cardinal, qui ne recevra pas de carte de souhaits de sa part a l'approche des fetes, ni l'habituelle visite du premier ministre au jour de l'An (25). Cela ne pousse tout de meme pas Taschereau a adopter une legislation anticlericale ni a deconsiderer l'opinion du cardinal. L'episode du projet de loi sur la Cour d'appel du Quebec avorte a la suite de l'intervention du cardinal se deroule au mois de mars 1936, soit apres les elections et le debat houleux qui s'en est suivi. Ainsi, en depit de certains accrochages et d'un froid dans les rapports personnels, Taschereau et Villeneuve restent en relation. Nous pourrions croire que la diplomatie du premier ministre et son empressement a adapter la legislation en fonction des vues du cardinal avaient comme objectif de se menager sa sympathie, voire son appui politique. L'echec de cet objectif, bien demontre par la passivite de Villeneuve pendant et apres les elections de 1935, ne semble pourtant pas avoir modifie l'attitude de Taschereau.

II--La <<douce revolution>> de l'Union nationale

Le public n'etant evidemment pas au courant des rapports unissant le primat de l'Eglise au chef du gouvernement, de nombreux observateurs croient a une veritable guerre entre l'Eglise et le Parti liberal. Les journaux catholiques, tels que L'Action Catholique, Le Franc-Parleur de Quebec et La Croix de Montreal, ou encore des politiciens tels que Philippe Hamel accusent le Parti liberal en entier de vouloir <<baillonner>> le clerge (26). Pour cette raison, plusieurs placent leurs espoirs dans le nouveau gouvernement de l'Union nationale. Le journal La Croix croit voir <<un vent nouveau qui souffle (27)>>. Mgr Duke, archeveque de Vancouver, y voit poindre une <<douce revolution (28)>>. Mgr Cassulo, delegue apostolique, se rejouit egalement de voir le bien que fait le nouveau gouvernement (29).

Entre autres nouveautes, on remarque le crucifix appose au-dessus du siege du president de l'assemblee legislative a l'ouverture de la session parlementaire. Il ne s'agit pas d'un geste de rupture, puisque le premier ministre Taschereau avait pris la decision d'en apposer dans toutes les salles d'audience judiciaire de la province (30). Ce geste de Duplessis a ete peu remarque et les journaux parlent du crucifix comme d'un simple element de decor. Le Devoir, par exemple, n'y consacre que cet <<article>> d'une seule phrase: <<Pour la premiere fois, on a place un crucifix dans la Chambre des deputes au-dessus du trone de l'orateur (31).>> L'Evenement, La Presse, Le Canada et Le Quotidien n'en font egalement qu'une breve mention (32). Le Soleil de Quebec ne le remarque meme pas. Louis-Philippe Roy de L'Action catholique semble etre le seul journaliste a y avoir prete une attention particuliere et a en avoir felicite Duplessis33. Meme Telesphore-Damien Bouchard, l'anticlerical chef de l'opposition liberale, ne formulera aucun commentaire. Personne ne semble voir dans ce crucifix le symbole d'une nouvelle alliance entre l'Eglise et l'Etat. Un autre symbole materiel tient ce role.

Les journaux de la province ont en effet ete moins frappes par le crucifix que par le fauteuil d'honneur installe pour le cardinal Villeneuve, venu assister a l'ouverture de la session a l'invitation du premier ministre. Ce geste symbolique donne lieu a quantite d'interpretations. Le journal La Patrie affirme que le cardinal a exige d'etre place sur un trone egal a celui du lieutenant-gouverneur <<afin de montrer plus efficacement la puissance de l'autorite spirituelle en cette province (34) >>. La Presse y voit un <<precedant [sic] historique qui scelle au Parlement de notre province l'entente parfaite entre l'autorite religieuse et l'autorite civile (35).>> Le Canada observe que le lord bishop anglican de Quebec occupait quant a lui un fauteuil ordinaire, ce qui laisse entendre une confirmation de la suprematie de la religion catholique (36). La confusion autour de ce geste est d'autant plus grande que Le Quotidien de Levis et Le Devoir affirment que le trone etait place a la droite de celui du lieutenant-gouverneur, bien que la photo de La Presse montre clairement que le cardinal est assis a la tribune avec les autres spectateurs (37). Le cardinal Villeneuve blame pour toute cette confusion un certain <<M. Benoit, gendre de Taschereau, ancien greffier de la salle au Conseil legislatif (38)>>, qui aurait declare aux correspondants de presse qu'il avait exige ce fauteuil. Le cardinal blame aussi les photographes qui ont photographie isolement le fauteuil pour suggerer qu'il etait juste a cote de celui du lieutenant-gouverneur. Ces fausses informations auraient circule dans des journaux du reste du Canada, bien que nous n'ayons pas ete en mesure de confirmer cette information. Cet incident protocolaire et la confusion qui l'a suivi ameneront le cardinal a etre plus prudent a l'avenir. Il refusera les invitations subsequentes de Maurice Duplessis a assister aux ouvertures de session parlementaire et y sera represente par le vicaire general. L'incident semble avoir laisse sa marque. Hector Laferte, alors leader de l'opposition liberale du Conseil legislatif, affirme dans ses memoires que le lieutenant-gouverneur a refuse l'annee suivante que le cardinal ail droit a un fauteuil semblable au sien. C'est pour cette raison que l'orgueilleux prelat aurait delegue son vicaire general (39).

Bien que cet incident semble avoir nui a la reputation du cardinal, celui-ci ne croit pas utile de faire de mise au point, convaincu que les journalistes deformeraient ses paroles. Il s'en plaint a son correspondant, le pere Antheme Desnoyers: <<Les journalistes me font dire toutes sortes d'enormites, mettant des guillemets a leur facon de resumer mes allocutions, omettant les nuances et instructions sur lesquelles j'ai insiste (40).>> Plutot que de revenir sur des incidents passes, le cardinal se contentera de se tenir a distance des <<flatteries>> de l'Union nationale a son endroit. C'est ainsi qu'il refusera l'offre que lui fait le gouvernement de faire peindre son portrait par l'artiste Alphonse Jongers (41). Les eveques, dans leur ensemble, paraissent egalement mefiants a l'egard du <<role>> que Duplessis souhaite les voir jouer dans son administration. Ils refuseront par exemple la proposition du gouvernement que l'un des leurs siege sur le Conseil consultatif que le ministere de la Colonisation envisageait alors de creer (42).

Le geste le plus eclatant de cette <<douce revolution>> est sans contredit la remise de l'anneau lors du Congres eucharistique. Le cardinal dit y voir la signification suivante : <<Je l'apprecie d'une facon particuliere parce qu'il vient de vous et du gouvernement, parce qu'il symbolise l'union chez nous de l'autorite civile et de l'autorite religieuse (43).>> En prive toutefois, il semble se contenter d'y voir un signe de la confiance et du respect que place en lui un gouvernement fidele a la foi catholique. Il assure d'ailleurs Duplessis de son <<devouement personnel aux autorites politiques de la Province (44)>>. Le cardinal ne se fait pas d'illusion. En depit des apparences, le premier ministre est toujours le seul maitre a bord. En effet, Villeneuve realise rapidement que le nouveau premier ministre est beaucoup moins facilement influencable que son predecesseur.

III--Villeneuve et Duplessis

Le cardinal Villeneuve se montre optimiste a l'arrivee de Maurice Duplessis a la tete de la province. C'est du moins ce qu'il laisse entendre dans la lettre qu'il lui adresse apres l'election : <<Votre passe et vos nettes affirmations pendant la campagne electorale nous sont une garantie du caractere chretien que vous voudrez garder au gouvernement de notre Province, et du respect que vous portez a l'Eglise (45).>> Remarquons ici que le cardinal ne parle pas de <<restaurer>> le caractere chretien du gouvernement, mais de le <<garder>>. Il n'affirme donc pas voir une rupture dans la nouvelle administration. Notons que cette lettre est envoyee plus de deux semaines apres les elections et semble avoir pour principal objet la nomination des membres de la Commission scolaire de Quebec. L'optimisme apparent du cardinal sera d'ailleurs de courte duree. Apotre du corporatisme, le cardinal a place beaucoup d'espoir dans le programme progressiste de l'Action liberale nationale, grace auquel l'Union nationale a ete elue (46). La vitesse avec laquelle le premier ministre abandonne le programme de l'ALN et chasse ses tenors de son cabinet n'a pas manque de reduire ses espoirs.

La relation entre le cardinal et Duplessis est plus complexe a analyser que celle l'unissant a Taschereau. Apres avoir compile les lettres contenues dans les differents fonds d'archives, nous constatons que la correspondance entre Villeneuve et Duplessis est beaucoup moins etoffee que celle entre Villeneuve et Taschereau. Sous le regne liberal, a l'exception d'une lettre adressee au secretaire provincial sur l'enjeu precis des commissions scolaires47, le cardinal semble s'etre toujours adresse directement au premier ministre lui-meme et inversement. Sous le gouvernement de l'Union nationale, les echanges directs entre les deux chefs sont moins frequents. Quand il s'agit de s'adresser au cardinal, Duplessis semble favoriser les communications orales. Les archives de l'archeveche contiennent bien peu de lettres signees par Duplessis, si ce n'est des telegrammes de voeux et de felicitations a diverses occasions. Quant au cardinal, il semble avoir perdu l'habitude prise sous Taschereau de s'adresser au premier ministre lui-meme et ecrit plutot a ses ministres (48). Du point de vue de la seule correspondance, les rapports du cardinal Villeneuve avec Duplessis paraissent moins intimes que ceux entretenus avec Taschereau.

Outre les lettres de politesse et de felicitations, le cardinal s'adresse generalement au premier ministre pour lui faire part de ses inquietudes. Un mois a peine apres l'election de l'Union nationale, le cardinal ecrit deja a Duplessis pour lui demander de dementir les rumeurs voulant que la Loi de l'assistance publique soit modifiee (49). Trois semaines plus tard, c'est le regime legal de la vente des liqueurs que le cardinal craint de voir modifie a la demande de l'Association des Hoteliers (50). La liste s'etire. L'inquietude la plus serieuse du cardinal survient certainement lorsque le premier ministre lui laisse entendre qu'un <<organisme d'Etat>> pourrait etre cree pour encadrer l'Universite de Montreal, alors aux prises avec de graves difficultes financieres (51). Nous ignorons toutefois comment ces doleances ont ete recues, Duplessis repondant rarement par ecrit aux lettres du cardinal. Ces lettres demontrent tout de meme que le cardinal est loin de placer une confiance aveugle dans le gouvernement de l'Union nationale.

Le gouvernement Duplessis semble quant a lui accorder beaucoup de consideration aux recommandations du cardinal. Apprenant que Gerard Tremblay, sous-ministre du travail, allait etre demis de ses fonctions, le cardinal intervient personnellement aupres de William Tremblay, ministre du travail. Le sous-ministre sera rappele et reconnaitra sa dette envers le cardinal (52). Toutefois, le desir du gouvernement Duplessis d'etre agreable au cardinal n'est pas sans limite. Lorsque vient le temps de nommer quelqu'un au poste de visiteur des ecoles regionales, le cardinal recommande la nomination de l'abbe Honorius Bois de Sainte-Anne-de-la-Pocatiere. Bien que le D1 Albiny Paquette, secretaire de la province, ait accepte et annonce publiquement la nomination de l'abbe Bois, le conseil des ministres s'est ensuite oppose a ce choix pour lui preferer l'abbe Albert Tessier de Trois-Rivieres. Le cardinal fait savoir au sous-ministre Jean Bruchesi qu' il se trouve decu de ce qu'il percoit comme un desaveu public (53). L'amitie personnelle qui unit l'abbe Bois et le chef liberal Adelard Godbout a possiblement influence cette decision du gouvernement Duplessis (54). Cet incident fait prendre conscience au cardinal des limites de son influence. Aux sollicitations du marquis Raoul de Roussy de Sales, ancien president du Bureau de la censure a la recherche d'une pension ou d'un nouvel emploi, le cardinal repond que le gouvernement ne se preoccupe guere de son sentiment <<pour changer personnes et choses (55) >>.

S'il defend parfois Duplessis en prive, le cardinal n'est pas particulierement elogieux a son egard. Au pere Desnoyers qui lui faisait part de ses inquietudes sur les lois ouvrieres de l'Union nationale, dans lesquelles il voit une victoire des patrons, le cardinal se contente de repondre que ces lois <<ne sont intrinsequement pas mauvaises (56) >>. En bon defenseur de la doctrine corporatiste et de la mise au pas de l'economie liberale, il entretient des reserves a l'egard de Duplessis et de sa legislation du travail : <<En pratique, les lois 19 et 20 peuvent etre mal ou bien appliquees. Au reste, ni Duplessis ni les autres n'aiment guere les syndicats, l'UCC etc. Ca ne sert pas assez la politique (57) >>. S'il est un domaine dans lequel le cardinal se montrera satisfait de Duplessis, c'est celui de la lutte contre le communisme.

IV--La lutte au communisme

Sur ce plan, la collaboration entre l'Eglise et l'Etat semble bien avoir atteint un nouveau sommet. Les archives de l'archeveche de Quebec contiennent des documents <<secrets>> concernant <<l'organisation communiste et autres organisations revolutionnaires a Quebec>> que le chef de la surete provincial, le lieutenant-colonel Leon Lambert, a fait parvenir au cardinal Villeneuve (58). Le premier envoi date du 2 novembre 1936. Il est possible que cette entente entre le chef de la surete et le cardinal ait ete favorisee par l'arrivee au pouvoir de Duplessis. Nous ne pouvons cependant pas en etre certains, ne sachant pas ce qui s'est deroule en coulisses. Ce n'est que le 19 janvier 1937, soit plus de deux mois apres avoir recu le premier rapport, que le cardinal demande au premier ministre de donner au chef Lambert l'autorisation de partager des renseignements avec son representant (59). Par ailleurs, le chef Lambert maintiendra ses envois sous le gouvernement Godbout (60). Il est donc permis de croire que l'entente entre le cardinal et le chef de la Surete provinciale ait ete une entente personnelle qui echappait aux differents chefs du gouvernement.

Si le cardinal semble se satisfaire des informations qui lui sont fournies, il parait vouloir limiter celles qui sont transmises aux autorites par le clerge. Alors que les pretres sont appeles de plus en plus souvent a temoigner devant les tribunaux dans des proces criminels, il juge necessaire de publier une lettre circulaire sur le secret professionnel du pretre et d'en transmettre un exemplaire au premier ministre. Celui-ci se contente d'en accuser reception sans la commenter (61).

Sur la question du communisme, le cardinal semble preferer de loin Duplessis aux liberaux, qui paraissent favoriser la lutte contre le fascisme plutot que celle contre le communisme. Ainsi s'en confie-t-il au pere Desnoyers apres avoir prononce un discours sur le peril rouge: <<Vous avez vu que Lapointe et ses hauts-parleurs, Godbout, Bouchard, etc., ont mal pris ce discours. Ils reviennent toutefois de leur hantise du fascisme. Mais que peu de doctrine chez ces messieurs (62)!>> Cela ne signifie pas que le cardinal soit sympathique aux fascistes ou ne nourrisse aucune inquietude a leur endroit. Au contraire, parmi les documents que lui transmet le chef Lambert se trouvent egalement des rapports sur les activites des <<fascistes>> de Quebec tels que l'equipe du journal La Nation (63). Il est tout de meme bien evident que le communisme est un danger plus grave que le fascisme aux yeux du cardinal. Les priorites de Duplessis sont donc plus pres de celles du cardinal que celles des liberaux.

Une idee de l'epoque, toujours presente dans l'historiographie, est que la Loi du Cadenas aurait ete inspiree a Duplessis par le cardinal Villeneuve. Cette idee semble aller de soi au point oo divers auteurs, tels que Yvan Lamonde au Quebec (64) et Lita-Rose Betcherman au Canada (65), l'affirment sans sentir le besoin de citer leurs sources. D'autres historiens, tels que Jacques Rouillard (66) et Michael Behiels (67), ne vont pas jusqu'a declarer que le cardinal a directement inspire la Loi du Cadenas, mais affirment que ce sont les pressions qu'il a exercees sur le premier ministre qui ont mene a son elaboration et a son adoption. La seule recherche sur le sujet semble avoir ete menee par Andree Levesque. La source utilisee est une lettre de Villeneuve a Duplessis lui annoncant la formation d'un comite d'etude <<secret>> sur les activites communistes dans la province. La lettre etant datee du 19 janvier 1937 et la Loi du Cadenas presentee a la Chambre le 17 mars, l'auteure juge que le comite secret a porte fruit (68). Il est difficile de porter un jugement sur la question puisque ni les archives de l'archeveche ni celles du cardinal ne permettent d'affirmer que le comite en question ait bien soumis un rapport au premier ministre, encore moins que celui-ci en ait tenu compte. La reaction de Duplessis a l'annonce de la formation du comite est egalement inconnue.

Lors des debats de l'Assemblee legislative sur la Loi du Cadenas, Duplessis fait l'eloge du cardinal et rappelle sa demande faite aux autorites federales et secondee par le gouvernement provincial d'interdire l'entree des communistes au Canada. Il affirme que la loi est une facon de seconder <<les efforts patriotiques de Son Eminence (69)>>. Cela a certainement contribue a donner l'impression que le cardinal etait derriere cette loi. Le premier contemporain a avoir affirme les origines <<cardinalices>> de la Loi du Cadenas semble avoir ete l'avocat Robert Louis Calder, avocat de Montreal et president de la Montreal Civil Liberties League. Lors d'une conference a Oshawa, celui-ci aurait fait la declaration suivante: <<A la suite d'une conference du cardinal Villeneuve et du premier ministre, M. Duplessis, et de quelques autres personnages, le gouvernement provincial a presente a la Chambre et fait adopter par elle la Loi du Cadenas (70).>> Au nom du cardinal, le pere Joseph-Papin Archambault refute cette affirmation : <<Son Eminence apprecie la loi, mais jamais de pres ou de loin elle ne l'a reclamee ou inspiree. Meme Son Eminence n'avait jamais entendu parler de cette loi avant d'apprendre qu'elle etait presentee a l'Assemblee legislative (71).>> La mise au point sera peut-etre entendue, mais ne suffira pas a faire taire l'idee que le cardinal ait ete a l'origine de cette loi controversee. Les contemporains perpetueront cette idee, qu'ils soient les amis de Duplessis, comme l'abbe Pierre Gravel (72), ou ses adversaires, comme le journaliste Jacques Hebert (73).

Cette idee a evidemment consolide celle voulant que le cardinal ait ete un allie de l'Union nationale. Le cure Lavergne lui mentionne l'opinion <<deja fortement accreditee que le matamore Duplessis est assure de trouver aupres de vous un defenseur envers et contre tous meme contre les syndicats catholiques (74).>> Toutefois, le cardinal a pris son parti des intentions qu'on lui prete et a renonce a les refuter. Sous le regime liberal, on l'accusait d'etre <<vendu a M. Taschereau (75) >>. Sous Duplessis, on l'accuse d'etre <<vendu a Duplessis et traitre aux nationaux (76) >>. Il s'en confie au pere Desnoyers: <<Qu'ai-je a faire, sinon a porter ma croix d'Eveque, a m'humilier devant Dieu, et prier, et a juger ensuite selon ma tete a moi, n'ayant pas le loisir de consulter d'abord le reste de l'humanite (77).>>

Lorsque Duplessis est defait en 1939, le cardinal lui adresse une lettre chaleureuse. Il se dit confiant que l'epreuve lui fera acquerir une sagesse qui lui sera utile si un jour il reprend le pouvoir :
   Ca ne change rien a ce que vous euez hier, un homme avec des
   defauts et de remarquables qualites d'esprit et de coeur, un fonds
   d'idees saines, des aptitudes au gouvernement, un homme d'etat.
   [...] En tout cas, je vous reitere l'assurance de mon souvenir
   devant Dieu et de mon amitie personnelle, n'oubliant point les
   egards que vous avez eus pour moi (78).


Cette lettre chaleureuse contraste etrangement avec les propos qu'il echangera quelques semaines plus tard avec le pere Desnoyers, qui lui est consterne par la <<victoire Godbout-Lapointe>>. Le cardinal parait beaucoup moins negatif a l'egard du changement de gouvernement :

Le nouveau regime Godbout ne parait pas aussi dangereux qu'on l'eut craint. [...] En tout cas le nouveau Premier Ministre jusqu'a date a agi bien prudemment. Il a, c'est vrai, a cote de lui, Bouchard, mais qui fait patte blanche. Et Duplessis a ete si sot, si desagreable et grise pendant son terme (79). Cette reaction n'est pas celle d'un homme qui perd un allie docile et fidele. Notons ici le mois qui separe la lettre adressee a Duplessis et celle adressee au pere Desnoyers. La chaleur de la lettre du cardinal a Duplessis s'explique possiblement par la volonte de conserver cet allie face a un premier ministre qu'il envisageait d'abord comme un adversaire potentiel, jugement qui semble avoir ete dementi rapidement.

Conclusion

Somme toute, cette <<amelioration>> des relations entre l'Eglise et l'Etat qu'on a cru percevoir sous le premier gouvernement de l'Union nationale a ete bien superficielle. Maurice Duplessis n'avait evidemment pas l'intention de partager la gouverne de la province avec le prince de l'Eglise. En public, il a eu des egards pour le cardinal Villeneuve que n'a jamais eus son predecesseur. L'incident du trone, la remise de l'anneau cardinalice et la Loi du Cadenas sont autant d'evenements dont les interpretations, erronees comme nous l'avons demontre, ont permis de croire a une entente renouvelee entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel. Par ailleurs, les attaques regulieres et parfois feroces de certains elements du clerge envers le gouvernement semblent choses du passe. Plus prudent depuis les elections de 1935, le cure Lavergne se contente de soutenir discretement le Parti national de Philippe Hamel80. Bien que les redacteurs de L'Action catholique n'aient pas ete duplessistes et aient subi de nombreuses deceptions a l'egard de l'Union nationale, Duplessis n'a pas trouve a se plaindre du journal aussi regulierement que Taschereau. Voila tant de raisons qui ont pu amener a croire a un renouveau de l'alliance entre l'Eglise et l'Etat.

En realite, le changement de regime n'a pas ete particulierement positif aux yeux du cardinal. Celui-ci n'avait pas que des reproches a adresser aux liberaux. Bien au contraire, il avait offert une approbation publique de la loi liberale de l'extension juridique des conventions collectives, une loi qu'il voyait, a l'instar de nombreux membres du clerge, comme le premier pas vers la mise en place d'une economie corporatiste81. Si le cardinal apprecie la lutte que mene l'Union nationale contre le communisme, il ne retrouve plus dans le nouveau regime le zele a contribuer a l'essor du syndicalisme catholique ou a ameliorer la condition ouvriere qu'il croyait trouver chez le ministre liberal du travail Charles-Joseph Arcand. Le principal porte-parole du syndicalisme catholique au gouvernement, le sous-ministre Gerard Tremblay, a plutot vu sa position menacee par la nouvelle administration. Par ailleurs, contrairement a Taschereau, Duplessis ne semble jamais avoir soumis de projet de loi a l'approbation du cardinal. Au contraire, Villeneuve doit constamment lui demander des precisions sur des projets de loi qui lui semblent menacer la morale ou la position du clerge et des institutions catholiques. Le gouvernement unioniste lui a meme fait <<l'affront>> de desavouer publiquement une de ses recommandations. Maurice Duplessis etait-il, comme l'affirme Jacques Rouillard, un homme devoue a l'Eglise et a l'ecoute de l'enseignement civil du cardinal ? En depit de ce qu'ont pu croire les contemporains et certains historiens, du point de vue du cardinal, cette description seyait probablement davantage a Louis-Alexandre Taschereau. L'epoque oo le ciel etait bleu et oo l'enfer etait rouge est revolue. Comme le fera remarquer un eveque a Duplessis : <<Le rouge est pourtant, ne vous en deplaise, la couleur liturgique de l'Esprit-Saint (82).>>

Alexandre Dumas (1)

(1.) L'auteur est etudiant au doctorat en histoire a l'Universite McGill sous la direction du professeur John E. Zucchi. Ses travaux, qui beneficient du soutien financier du Fonds de recherche du Quebec en societe et culture (FRQSC), portent sur l'implication politique du clerge quebecois avant la Revolution tranquille. Des resultats partiels de ses recherches ont deja ete publies dans le Bulletin d'histoire politique. Son memoire de maitrise, qui porte sur la droite nationaliste quebecoise des annees 1930 et 1940, doit etre publie a l'automne 2014 aux editions du Septentrion.

(2.) Jacques ROUILLARD, <<Duplessis: le Quebec vire a droite>>, dans Michel SARRA-BOURNET et Alain-G. GAGNON, Duplessis : entre la grande noirceur el la societe liberale, Montreal, Editions Quebec-Amerique, 1997, p. 197.

(3.) Yvan LAMONDE, La modernite au Quebec, vol. 1, Montreal, Fides, 2010, p. 208.

(4.) Conrad BLACK, Duplessis, vol. 1, Montreal, Editions de l'Homme, 1977, p. 307.

(5.) Antonin DUPONT, Taschereau, Montreal, Guerin, 1997, 366 p.; Bernard VIGOD, Taschereau, Sillery, Septentrion, 1996, 392 p.

(6.) Paul CRUNICAN, Priests and politicians : Manitoba schools and the election of 1896, Toronto, University of Toronto Press, 1974, 369 p.

(7.) Roberto PERIN, Rome et le Canada: la bureaucratie vaticane et la question nationale, 1870-1903, Montreal, Boreal, 1993, 343 p.

(8.) Yvan LAMONDE (dir.), Combats liberaux au tournant du XXe siecle, Montreal, Fides, 1995, 287 p.

(9.) Jacques ROUILLARD, <<Duplessis : le Quebec vire a droite>>.

(10.) Leon DION, Les intellectuels et le temps de Duplessis, Quebec, Presses de l'Universite Laval, 1993, 452 p.

(11.) Xavier GELINAS et Lucia FERRETTI, Duplessis, son milieu, son epoque. Septentrion, 2010, 513 p.

(12.) Bernard VIGOD, Taschereau', Antonin DUPONT, Taschereau.

(13.) Antonin DUPONT, Taschereau.

(14.) Archives de l'archeveche de Quebec, 60CP, Gouvernement du Quebec [desormais AAQ], vol. 4, Lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, 3 fevrier 1933; lettre de Rodrigue Villeneuve a Louis-Alexandre Taschereau, 4 fevrier 1933 ; lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, 7 fevrier 1933.

(15.) AAQ, vol. 4, Lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, 9 mars 1936 ; lettre de Rodrigue Villeneuve a Louis-Alexandre Taschereau, 19 mars 1936 ; lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, 20 mars 1936.

(16.) AAQ, vol. 4, Lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, 22 avril 1932; lettre de Rodrigue Villeneuve a Louis-Alexandre Taschereau, 22 avril 1932; lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, 30 avril 1932; lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, Il mai 1932; lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, 14 mars 1935; lettre de Rodrigue Villeneuve a Louis-Alexandre Taschereau, 16 mars 1935.

(17.) Pour davantage d'informations a ce sujet: Alexandre DUMAS, <<"Influence indue" : La participation du clerge catholique aux elections quebecoises de 1935>>, Bulletin d'histoire politique, 22, 2 (Janvier 2014), p. 139-150.

(18.) <<L'influence clericale>>, Le Soleil, 27 novembre 1935.

(19.) <<Le coup de poignard dans le dos des liberaux>>, Le Canada, 28 novembre 1935.

(20.) L'influence indue de membres du clerge lors des elections a ete le motif de plusieurs poursuites judiciaires a la fin du XIXe siecle. Voir: Walter ULLMANN, The <<Holy War>> in Quebec, 1860-1890, M. A., Universy of British Columbia, 1956.

(21.) Bibliotheque et archives nationales du Quebec, Centre de Quebec, Fonds Louis-Alexandre Taschereau [desormais B AnQ, Fonds Taschereau], Lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, 9 janvier 1936.

(22.) BAnQ, Fonds Taschereau Lettre de Rodrigue Villeneuve a Louis-Alexandre Taschereau, 24 janvier 1936.

(23.) Archives Deschatelets, Fonds Rodrigue Villeneuve (desormais AD, Fonds Villeneuve), Lettre de Rodrigue Villeneuve a un pere, 6 janvier 1936.

(24.) AAQ, vol. 4, Lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, 22 decembre 1935; <<Nominations ecclesiastiques>>, La Semaine religieuse de Quebec, 26 decembre 1935.

(25.) AD, Fonds Villeneuve, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Antheme Desnoyers, 8 janvier 1938.

(26.) Eugene L'HEUREUX, <<Les scandales electoraux que veut cacher le Soleil>>, L'Action catholique, 2 decembre 1935; <<Qui mange du pretre en meurt>>, Le Franc-Parleur, 5 decembre 1935; <<Merci au R. P. Archange et a M. le Cure Lavergne>>, La Croix, 7 decembre 1935; <<Allocution du Dr Philippe Hamel, depute de Quebec-Centre, a la radio le 12 decembre>>, Le Franc-Parleur, 19 decembre 1935.

(27.) <<L'Eglise et l'Etat se donnent la main>>, La Croix, 3 octobre 1936.

(28.) Seminaire Saint-Joseph, Fonds Maurice Duplessis (desormais SSJ. Fonds Duplessis), Lettre de William Mark Duke a Rodrigue Villeneuve, 9 septembre 1936. L'expression employee dans la lettre est <<mild revolution>>.

(29.) SSJ, Fonds Duplessis, Lettre de Andrea Cassulo a Rodrigue Villeneuve, 16 novembre 1936.

(30.) BAnQ, Fonds Taschereau, Lettre de Louis-Alexandre Taschereau a Rodrigue Villeneuve, 9 janvier 1936.

(31.) <<Un crucifix dans l'Assemblee legislative>>, Le Devoir, 8 octobre 1936.

(32.) <<Les leaders de la Chambre echangent leurs premiers mots>>, L'Evenement, 8 octobre 1936 ; <<L'adresse en reponse au discours du trone>>, Lu Presse, 8 octobre 1936 ; <<Petits faits de la session provinciale>>, Le Canada, 8 octobre 1936; <<La session s'ouvre a Quebec>>, Le Quotidien de Levis, 8 octobre 1936.

(33.) Louis-Philippe Roy, <<Deux bonnes actions au credit du gouvernement>>, L'Action catholique, 8 octobre 1936.

(34.) <<Le cardinal a exige un trone>>, La Patrie, 1 octobre 1936.

(35.) <<L'autorite religieuse et civile a l'ouverture de la session>>, La Presse, 8 octobre 1936.

(36.) <<Petits faits de la session provinciale>>, Le Canada, 8 octobre 1936.

(37.) <<Un trone pour Son Eminence>>, Le Devoir, 8 octobre 1936 ; <<La session s'ouvre a Quebec>>, Le Quotidien, 8 octobre 1936; <<L'autorite religieuse et civile a l'ouverture de la session>>, La Presse, 8 octobre 1936.

(38.) AD, Fonds Villeneuve, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Antheme Desnoyers, 11 aout 1937.

(39.) Hector LAFERTE, Derriere le trone : memoires d'un parlementaire quebecois, 1936-1958, Sillery, Septentrion, 1998, p. 56.

(40.) AD, Fonds Villeneuve, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Antheme Desnoyers, 11 aout 1937.

(41.) SSJ, Fonds Duplessis, Lettre de Georges Leveille a Paul Bernier, 12 mai 1938 ; lettre de Paul Bernier a Georges Leveille, 23 mai 1938.

(42.) AAQ, vol. 4, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Henri Lemaitre Auger, 9 fevrier 1937.

(43.) <<La reception du Cardinal Legat restera memorable>>, L'Action catholique, 23 juin 1938.

(44.) AAQ, vol. 4, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Maurice Duplessis, 8 aout 1938.

(45.) AAQ, vol. 4, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Maurice Duplessis, 3 septembre 1936.

(46.) AAQ, vol. 4, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Philippe Hamel, 26 novembre 1938.

(47.) AAQ, vol. 4, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Athanase David, 28 septembre 1932.

(48.) AAQ, vol. 4. Lettre de Francois Leduc a Rodrigue Villeneuve, 2 septembre 1936 ; lettre de Rodrigue Villeneuve a Henri Lemaitre Auger, 9 fevrier 1937 ; lettre de Rodrigue Villeneuve a Albiny Paquette, 30 juin 1937; lettre de Rodrigue Villeneuve a William Tremblay, 6 aout 1937; lettre de Rodrigue Villeneuve a Thomas Chapais, 10 mai 1938.

(49.) SSJ, Fonds Duplessis, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Maurice Duplessis, 23 septembre 1936.

(50.) SSJ, Fonds Duplessis, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Maurice Duplessis, 12 octobre 1936.

(51.) AAQ, vol. 4, Lettrede Rodrigue Villeneuve a Maurice Duplessis, 8 octobre 1938.

(52.) AAQ, vol. 4, Lettre de Rodrigue Villeneuve a William Tremblay, 6 aout 1937 ; lettre de Gerard Tremblay a Rodrigue Villeneuve, 23 septembre 1937.

(53.) AAQ, vol. 4, Lettre de Jean Bruchesi a Rodrigue Villeneuve, 19 aout 1937; lettre de Paul Bernier a Jean Bruchesi, 23 aout 1937.

(54.) Jean-Guy GENEST, Godbout, Sillery, Septentrion, 1996, p. 39.

(55.) AAQ, 26 C. P., Fonds archidiocese de Montreal, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Raoul de Roussy de Sales, 9 novembre 1937.

(56.) AD, Fonds Villeneuve, Lettre d'Antheme Desnoyers a Rodrigue Villeneuve, 23 avril 1938 ; lettfe de Rodrigue Villeneuve a Antheme Desnoyers, 12 mai 1938.

(57.) Ibid.

(58.) AAQ, vol. 4, Lettre de Leon Lambert a Rodrigue Villeneuve, 2 novembre 1936.

(59.) SSJ, Fonds Duplessis, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Maurice Duplessis, 19 janvier 1937.

(60.) AAQ, vol. 5, Lettre de Leon Lambert a Rodrigue Villeneuve, 26 septembre 1940.

(61.) SSJ, Fonds Duplessis, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Maurice Duplessis, 2 janvier 1939; Lettre de Maurice Duplessis a Rodrigue Villeneuve, 4 janvier 1939.

(62.) AD, Fonds Villeneuve, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Antheme Desnoyers, 8 janvier 1938.

(63.) AAQ, vol. 4, Lettre de Leon Lambert a Rodrigue Villeneuve, 2 novembre 1936.

(64.) Y. LAMONDE, Ui modernite au Quebec, p. 209.

(65.) Lita-Rose BETCHERMAN, Ernest Lapointe : Mackenzie King's great Quebec lieutenant, Toronto, University of Toronto Press, 2002, p. 228.

(66.) Jacques ROUILLARD, Histoire du syndicalisme quebecois, Montreal, Boreal, 2004, p. 67-68.

(67.) Michael BEHIELS, Prelude to Quebec's quiet revolution liberalism versus neo-nationalism, 1945-1960, Kingston, McGill-Queen's University Press, 1985, p. 228.

(68.) Andree LEVESQUE, Virage a gauche interdit : les communistes, les socialistes et leurs ennemis au Quebec 1929-1939, Montreal, Boreal Express, 1984, p. 138 ; 169-170.

(69.) <<Debats de l'Assemblee legislative du Quebec sur la loi du cadenas>>, Le Devoir, 18 mars 1937.

(70.) <<La Loi du Cadenas : Denegation de S. E. le cardinal Villeneuve>>, Le Devoir, 19 fevrier 1938.

(71.) Ibid.

(72.) Raymond PARADIS, Notts avons connu Duplessis, Montreal, Editions Marie-France, 1977, p. 85.

(73.) Jacques HEBERT, Duplessis, non merci!, Boreal, Monueal, 2000, p. 100.

(74.) Archives de l'Universite Laval, Fonds Philippe Hamel (desormais Fonds Hamel), Lettre de Edouard-Valmore Lavergne a Rodrigue Villeneuve, sans date.

(75.) AD, Fonds Villeneuve, Lettre de Rodrigue Villeneuve a un pere, 11 fevrier 1933.

(76.) AD, Fonds Villeneuve, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Antheme Desnoyers, Il aout 1937.

(77.) Ibid.

(78.) AD, Fonds Villeneuve, Lettre de Rodrigue Villeneuve a Maurice Duplessis, 2 novembre 1939.

(79.) AD, Fonds Villeneuve, Lettre d'Antheme Desnoyers a Rodrigue Villeneuve; 17 novembre 1939; lettre de Rodrigue Villeneuve a Antheme Desnoyers, 14 decembre 1939.

(80.) Archives de l'Universite Laval, Fonds Hamel, Lettre de Edouard-Valmore Lavergne a Philippe Hamel, 4 septembre 1939.

(81.) AAQ, vol. 4, Lettre de Gerard Tremblay a Rodrigue Villeneuve, 10 juin 1935.

(82.) SSJ, Fonds Duplessis, Lettre de Joseph-Aldee Desmarais a Maurice Duplessis, 2 janvier 1950.
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Author:Dumas, Alexandre
Publication:Etudes d'histoire religieuse
Geographic Code:1CQUE
Date:Mar 22, 2014
Words:7908
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