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L'annonce faite au rvinant: Li Rvinant de Rheal Cenerini ou reinvestir/reinventer une mythologie du Metis.

<< Li boun Dju, i m'a enweyi icitte pour toue comme pour lis otes ... >> (Cenerini 129)

Dans sa plus recente aeuvre, publiee en 2011, Rheal Cenerini explore l'univers d'une petite communaute de pecheurs du Manitoba a la fin des annees 1960. Li Rvinant raconte l'histoire de James Coutu qui revient au bercail et, tel le Survenant, (1) trouble le calme apparent du village. Le resume au dos du livre nous apprend que le protagoniste revient pour << rdonni la vie a lis ceuse ki nont pas. En ce faisant, il se met a dos des puissances redoutables, celles-la memes qui lui ont impose l'exil. Sans en ignorer les consequences, James poursuit pourtant la destinee qu'il s'attribue, jusqu'a son terme incontournable. Alors seulement se permet-il de repartir, mais cette fois le caeur en paix ... >> (Cenerini 4e de couverture). Comment Cenerini choisit-il de reinvestir ce mythe familier, si cher a Louis Riel, que le peuple metis etait un peuple choisi? D'une part, la langue metisse est phonetiquement transcrite dans les dialogues, soulignant le desir que ressent l'auteur de saisir la specificite linguistique d'un peuple. Outre la dimension formelle du texte oU l'utilisation du francais mitchif fait valoir les enjeux identitaires qui lui sont tributaires, Cenerini propose, d'autre part, un recit symbolique, dont une analyse mythocritique permet de degager le theme du salut. Avec son palimpseste de l'Histoire, Cenerini exploite ce theme en utilisant une << rhetorique du metissage >> familiere (Toumson 28). Ce seront donc l'impact et la portee de ces deux elements, a savoir l'expression d'une identite par le biais d'une langue et ce discours ideologique legitimant le metissage, que nous analyserons dans cette piece.

La langue mitchif : les enjeux identitaires lies a l'expression d'une langue unique

Dans l'avant-propos de Li Rvinant, le linguiste Robert Papen decrit le mitchif comme une langue mixte, constituee d'un melange de francais et de cri, ce qu'il appelle << le dialecte des Plaines. >> Apres avoir tres brievement rappele les origines du peuple metis de l'Ouest canadien, ainsi que les variantes de sa langue parlee, nous soulignerons l'interet de la transcription de cette langue orale telle qu'effectuee par Cenerini. Nous nous pencherons sur quelques phenomenes linguistiques interessants retrouves dans Li Rvinant.

Les Metis sont les descendants d'unions entre Blancs et Autochtones; il s'agit dans la plupart des cas d'hommes venus souvent, mais pas exclusivement, du << Bas-Pays >> (le Quebec) et qui prenaient, a la facon du pays, une femme autochtone pour epouse. Les enfants nes de ces couples mixtes adoptaient ou adaptaient les coutumes et la culture de leurs ancetres, europeens et autochtones, tout en maintenant la langue du pere. A partir de la fin du XVIIIe siecle, les Metis se sont installes au sud du Manitoba, pour former leurs communautes distinctes de chasseurs et de pecheurs. Comme le precise Papen dans son article, << La question des langues des Mitchifs : un dedale sans issue? >>, il n'y a pas une seule langue parlee par ce peuple ou une seule forme de creolisation des langues en contact, mais une << famille de langues >> mixtes (Papen 260). En effet, les membres des differentes communautes etaient souvent polyglottes, parlant a la fois la langue de la tribu de la mere (le cri, le tchipewan, le saulteaux, etc.), ainsi que la langue vernaculaire paternelle. Avec le temps et les contacts inevitables, une diversite de dialectes a evolue. Dans l'avant-propos de Li Rvinant, Robert Papen nous donne l'exemple d'une phrase en mitchif cri, oU les mots en cri : << Kayaash maana le grain kii-manishow pis kii--koupitow en bwatchinn >>, seraient traduits par << Autrefois, on coupait et on liait le grain (ble, avoine, etc.) en bottes >> (Cenerini 10).

Pour sa piece, Cenerini opte pour le mitchif francais du sud du Manitoba, dont une grande partie du lexique est bien sur francaise. Toutefois, cette langue a evolue en vase clos. On y retrouve une prononciation particuliere : les = li, c'est = si, etc., ainsi que << des centaines de mots et d'expressions [...] typiques et uniques >> (Cenerini 6). De ce fait, en ce qui concerne la transcription de cette langue << resolument orale >> (Cenerini 6), Cenerini choisit une orthographe qui reflete les phonemes et une prononciation << metisses >>. Papen explique que s'il s'avere difficile d'ecrire correctement le phonetisme d'une variete orale du francais, << [o]n doit feliciter Rheal Cenerini d'avoir 'tente le diable' en essayant de rendre a l'ecrit toutes les specificites phonetiques du vernaculaire mitchif >> (Papen, cite dans l'avant-propos, Cenerini 11).

Mis a part cet exploit d'ecrire une piece en francais mitchif-une premiere comme le precise la 4e de couverture--, l'auteur revele la savoureuse specificite de ce langage. La richesse de cette parole est evidente lorsqu'on se penche sur le parler dialectal des francophones de la region du sud du Manitoba. Dans son article, << Le parler francais des Metis de l'Ouest canadien >>, Papen constate que le francais mitchif << a ses racines profondes dans le parler du Bas-Canada >> et qu' << on y retrouve des prononciations et des tournures qui semblent refleter des etats de langue plus anciens du francais du Canada >> (Papen, << La question >> 251-252). Le francais mitchif represente un dialecte du francais ayant de nombreuses caracteristiques d'origine quebecoise. De plus, << le francais que les enfants metis ont appris de leur pere n'etait [.] pas une variete << soignee >> de la langue, puisque la majorite de ces hommes etaient analphabetes >> (Papen, << Heritage >>). A l'exception du contact avec des pretres ou religieuses missionnaires, les voyageurs, trappeurs et traiteurs venant de la colonie laurentienne du Bas-Canada n'avaient pas acces au francais << standard >>. Etant donne que << les jeunes Metis ne recevaient aucune instruction formelle et etaient eux aussi illettres, la langue vernaculaire qu'ils parlaient, libre de toute contrainte regulatrice et normalisatrice de l'ecole, a tot fait d'evoluer de maniere independante >> (Papen, << Heritage >>). Au cours des annees, une variete de francais resolument orale a evolue, a savoir le francais mitchif.

La prononciation de certains mots du francais mitchif dans Li Rvinant reflete des traits anciens du francais vernaculaire avant la periode de la Revolution francaise. Avant cette epoque, le francais comportait de nombreuses diphtongues. Le francais quebecois a conserve certaines voyelles complexes connues du francais du XVIIe siecle parle par les premiers explorateurs venant de France. En ce qui concerne les diphtongues trouvees dans le texte Li Rvinant, nous voyons des mots comme waisou (oiseau), histwaire (histoire) et mimwaire (memoire). Ces derniers refletent l'ancienne forme dans la langue populaire de France, oU les terminaisons des mots en << -oir >> etaient prononcees comme << wair >>, avec un allongement du phoneme [a] et un changement de timbre en cours d'emission. On entend aussi cette diphtongue dans de nombreux parlers quebecois. La prononciation de mots comme moi, toi, quoi et pourquoi suit celle de la langue familiere de l'ancien francais. Ces mots gardent la diphtongue d'epoque [we] : moue, toue, koue et pourkoue. De plus, au lieu de l'usage des digrammes << qu >> dans les mots quoi et pourquoi, Cenerini opte pour le signe graphique << k >> pour exprimer le son [k]. Nous voyons un autre exemple de ce choix de signe dans le mot << kossi >> (qu'est-ce).

Allies a ce dialecte du francais parfois tres archaisant, d'autres phenomenes revelent un niveau de langue familier dans le texte. Par exemple, le fait d'avaler ou d'amalgamer, voire de mal prononcer des syllabes : ipi signifie et puis, stain(e) signifie c'est un(e), ci yenk ain pour dire c'est rien qu'un et keuk qui signifie quelque. Lorthographe de ces mots est un exemple de simplification de certains termes ou expressions. Une autre facon d'eliminer certaines syllabes dans le texte est la denasalisation de la voyelle nasale [a]. L'auteur utilise l'accent circonflexe au-dessus de la lettre << a >> et fait chuter la consonne qui suit normalement la voyelle nasale, comme dans les mots descane (descendre), rsame (ressemble), attane (attendre) et viane (viande). Cette particularite d'orthographe a pour effet d'allonger le /a/. On observe aussi une simplification des groupes consonantiques a la fin de ces mots.

Les termes moune (monde), loungtemps, garcoun et pwaissoun refletent l'ancienne prononciation du XVIe siecle qui conserve le son /ou/ en francais, c'est-a-dire le [o] ouvert. On observe une fermeture de certaines voyelles moyennes dans les mots ete, epreuves, aller et garder, qui deviennent iti, ipreuves, alli et gardi respectivement, ce qui accentue la prononciation du phoneme [e] et donc une fermeture de la voyelle << e >>. Papen explique ici l'influence de certains dialectes cris (surtout le cri des Plaines, le parler avec lequel les Metis etaient le plus en contact) : << [...] la distinction entre /e:/ et /i:/ est souvent neutralisee en faveur de /i:/ >> (Papen, << Le parler >> 152).

Un autre trait chez les locuteurs du francais mitchif est la palatisation des consonnes /d/ et /t/, semblable a l'affrication archaique de certaines consonnes trouvees en Picardie, ou au Quebec : << dz >> et << ts >>. Walter precise : << Une caracteristique bien connue de la prononciation du francais au Canada consiste en effet dans ce que les linguistes appellent, [...] l'assibilation des occlusives [...] Il s'agit de la prononciation ts pour t (dans (par) ti, tiens, tu, tuer) et de dz pour d (dans dis, dieu, du, duel) >> (Walter 205). Dans l'avant-propos de Li Rvinant, Papen constate que << [...] la majorite des Canadiens-francais produisent un ts et un dz devant i et u, comme dans tsu dzis 'tu dis', les Mitchifs realisent plutot ces deux consonnes en tch et dj, donc tchu djis>> (Cenerini 9). Dans Li Rvinant, le determinant << un, une >> est ecrit << ain, aine >>. Cenerini compose l'adverbe << bien >> de la meme maniere : << bain >> pour refleter sa prononciation. L'auteur choisit donc une orthographe qui represente les phonemes et une enonciation << metisse >>. Ainsi, a l'aide d'une orthographe specifique pour rendre a l'ecrit ce parler du francais, Cenerini a reussi a illustrer les particularites de ce dialecte oral.

En ce qui concerne la grammaire dans le texte, le francais mitchif suit la plupart des regles orales du francais, mais avec des exceptions, telles l'emploi du pronom ca pour remplacer le pronom de la troisieme personne. Bien qu'on remarque ce remplacement de pronom dans d'autres parlers francais, il est plus frequent en francais mitchif selon Papen (Papen, << Le parler >> 154). Une autre observation par rapport a l'utilisation des pronoms personnels dans Li Rvinant est l'absence de la premiere personne du pluriel comme sujet dans une phrase : << [...] ma mere, ca m'avait ameni la-bas avec mononck Tom ipi oun avait passi la journi dans l'parc >> (Cenerini 38). L'auteur utilise le pronom impersonnel oun (on) pour remplacer nous, ce qui peutetre une variante possible de << nous >> en francais populaire. Papen estime que cette tendance a evolue du francais populaire d'Amerique : << Comme dans toutes les varietes de francais d'Amerique, le pronom personnel sujet nous n'existe pas et est remplace par la forme on ; la forme emphatique est nous-aut'on. >> (Papen, << Le parler >> 154). Au niveau morpho-syntaxique, plusieurs structures de phrases specifiques au francais mitchif sont influencees par le francais canadien vernaculaire, comme le remplacement de l'auxiliaire etre dans l'exemple suivant : << Tas passi a maisoun avant di vnir citte ? >> (Cenerini 44). Papen explique cette tendance grammaticale : << Aux temps composes, le FM [francais mitchif] reduit presque toujours l'auxiliaire au seul verbe avoir [...]>> (Papen, << Le parler >> 155).

Dans Li Rvinant, l'emprunt a la langue autochtone est limite. En fait, l'auteur n'utilise que deux mots en cri, a savoir : << panatchane >> (oisillon, symbolique de la liberte et de la disponibilite) et << kaskayais >> (fou ou imbecile). Cenerni affirme qu'il a choisi d'inclure quelques termes cris pour rendre ses dialogues aussi authentiques que possible (Hrynyshyn). En outre, il precise qu'il voulait illustrer la tendance croissante de l'assimilation de l'anglais au francais mitchif : << [...] resti a maisoun a watchi l'TV >> (Cenerini 44), << a mangi toutte la grub >>(22), << a peddli son pwaissoun >> (76). Lors d'une recherche effectuee pour la piece, l'auteur a releve certaines expressions dont les suivantes : << rvnu back >> et << lis trucks >>. Il a observe que le francais mitchif, comme le parler des Franco-Manitobains d'ailleurs, comprend de nombreux emprunts a l'anglais. Tout le texte est redige dans un niveau de langue populaire. << Tchu devrais checki tis rets >> (47) est un anglicisme commun dans le registre populaire, ainsi que l'archaisme << asteure >> utilise a plusieurs reprises. Leur insertion dans la piece ajoute une saveur d'authenticite aux paroles des villageois et a celles de la communaute metisse. Le style innovateur de Cenerini cherche a souligner le fait que la langue vehicule une identite unique.

Pour le personnage de Ed, l'auteur a fait appel a un autre dialecte ou niveau de langue qui amalgame le francais canadien et le francais mitchif. Cenerini precise qu'il s'agit du canayen (un francais typiquement canadien-francais) qui est semblable au francais mitchif mais se distingue par plusieurs particularites au point de vue de la prononciation, du vocabulaire et de la structure. Par exemple, Ed dit dzit et ouaille tandis que les Mitchifs disent djit et ouin ; il dit aussi tsu au lieu de tchu : tsu comprends? Toutefois, Ed prononce certains mots de la meme facon que les villageois : ain(e,), ote et wair, par exemple. Ainsi, on observe plusieurs langues ou niveaux de langue distincts (le francais du cure, l'anglais) et deux dialectes du francais (celui des villageois metis et celui d'Ed) dans Li Rvinant et chacune de ces facons de parler joue un role specifique, illustrant, par le niveau de langue ou l'accent particulier, le statut des intervenants. Cette repartition des types de discours qui symbolise la hierarchie sociale, rappelle les jeux de pouvoir bases sur les rapports de force entre majorites et minorites et l'autorite imposee par ceux qui respectent la norme linguistique a ceux qui s'en ecartent (et qui historiquement ont ete juges, critiques, voire inferiorises).

Toutefois, dans ce drame, le francais mitchif represente egalement l'unique forme de communication populaire chez les villageois et la specificite linguistique des Metis. Leur prise de parole symbolise leur lutte pour preserver leur culture. Le seul personnage qui parle en francais << standard >> canadien est le pretre du village. Ses courts dialogues revelent une excellente maitrise de la langue de Moliere et refletent le statut hierarchique superieur qu'occupe le pretre au sein du village en tant que clerc lettre, mais sa connaissance du francais correct le relegue aussi a une minorite et indique son origine externe a la communaute. Quant aux passages dits en anglais vers la fin de la piece (onzieme et douzieme tableaux), ils s'inscrivent dans un registre courant, parfois meme tres familier. Les personnages anglophones representent l'autorite a laquelle Ed fait appel pour se debarrasser du protagoniste principal, James. Il y a donc, la encore, une representation linguistique de la hierarchie sociale dans la piece : au bas de l'echelle se retrouvent les Mitchifs, puis les Canadiens-francais que represente Ed Champagne. Il y a ensuite l'autorite religieuse incarnee par le pretre. Mais, au-dessus de lui, c'est l'empire angloamericain qui impose un certain ordre social. Ed sait transiger avec cette autorite pour imposer sa volonte aux habitants du village. En fin de compte, le spectateur comprend que l'anglais et le francais demeurent la langue de l'ennemi et que le mitchif est la langue de la majorite bafouee.

Bref, avec sa transcription novatrice d'une langue aux accents particuliers, avec son style vif et ses dialogues souvent empreints d'un humour truculent, Cenerini cherche a mettre en lumiere le fait que la langue vehicule une identite vivante et unique. Qui plus est, cette strategie dialogique a pour effet de valoriser le mitchif en le presentant comme une langue naturelle, normale, parlee et comprise par tous. Pendant longtemps, les Metis avaient honte de leur langue ; ils preferaient parler en anglais plutot que de se faire corriger ou, pire encore, de subir les moqueries des autres et le rejet. Comme Toumson le precise, la langue est une facette du sujet qui se prend en charge et s'exprime, et << chaque fois que le langage est remis en question, la langue devient l'objet d'une surenchere ideologique >> (41). En choisissant cette langue particuliere et en insistant pour lui donner un veritable souffle, Cenerini nous donne a voir une communaute metisse qui resiste a l'assimilation linguistique, en depit du fait que sa langue n'est parlee que par une petite minorite. Dans la piece, le mitchif est percu comme une langue de l'espace public et non plus comme un parler relegue strictement a l'espace prive. La transcription de cette langue atteint alors un double objectif. Non seulement elle donne corps et ame a une langue et a une identite meconnues, elle suscite chez les Metis une fierte identitaire qui pourrait se transmuer en une volonte de preserver et de valoriser une langue et une culture depuis longtemps menacees d'assimilation.

Le theme du salut : echo et palimpseste de l'h/Histoire?

Ce qui constitue indubitablement l'originalite de cette piece est le fait qu'elle soit principalement redigee dans cette langue vernaculaire des Metis francophones. Roland Mahe, qui en a assure la premiere mise en scene, parle d'une premiere mondiale (<< Carte blanche >>). Et, meme s'il y a un moment d'etonnement ou de desarroi face a cette prononciation au debit chantant et a ce vocabulaire inusites, nous nous y habituons assez rapidement. Pourtant, autant Cenerini innove du point du vue du style, autant il semble proposer une vision traditionnelle de la culture metisse. De plus, il devient vite apparent qu'il a inscrit ce drame dans le prolongement d'une autre vie tres connue, celle du premier chef des Metis du Nord-Ouest canadien, Louis David Riel. Non content d'ancrer ce drame dans un contexte socioculturel type (oU les Metis font la peche artisanale l'hiver, fabriquent toujours leur galette et des boulettes et prennent parfois un petit coup), Cenerini developpe un scenario aux echos familiers. De fait, l'auteur s'inspirera de deux tragedies pour servir de toile de fond a la sienne : l'histoire de Louis David Riel et celle de Jesus Christ. La trajectoire de la vie de James suivra la meme courbe que celle de ces deux grands icones : de la mission du visionnaire jusqu'au martyr et au sacrifice supreme, la mort.

Avec Li Rvinant, Cenerini ne cherche pas uniquement a raconter de facon inusitee l'histoire d'un Metis et de sa communaute, mais a jouer sur des cordes familieres afin de depasser le particulier pour rejoindre un collectif plus universel. En puisant a deux sources tres connues, le texte permet une approche mythocritique, selon Gilbert Durand, puisque Cenerini a sciemment mis en place tout un systeme dynamique de symboles en ayant recours a divers archetypes et en puisant a des schemes narratifs connus (Durand 64). Certes, pour Mircea Eliade, << le mythe raconte une histoire sacree; il relate un evenement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des "commencements" >> (Eliade 16), mais selon Toumson, le mythe offre aussi << une perspective coherente de l'homme avec l'ordre universel du monde des choses et des dieux >> (67). Dans cette optique, Li Rvinant se presente comme un recit symbolique oU les archetypes et l'action rituelle contribuent a rehabiliter et a idealiser le discours contemporain tres a la mode qui valorise le metissage. Mais, dans son etude, Toumson nous met en garde contre cette tendance a idealiser ce qui autrefois etait tres mal percu. L'effusion ideologique qui celebre le metissage sous toutes ses formes n'est qu'un leurre illusoire, affirme-t-il, puisqu'elle nie tous les rapports negatifs et contradictoires lies au concept du metissage, mot dont l'origine latine (mixticius ou mixtus) signifie melange, hybride ou impur. En effet, comment une idealisation romantique du principe du metissage peut-elle ne pas tenir compte du passe ? Surtout le passe, tragique a bien des egards, des Metis de l'Ouest ? Tout discours qui attenue ou nie les nombreux antagonismes historiques decoulant des rapports d'autorite bases sur la discrimination--pensons a l'esclavage, a la colonisation, au genocide par exemple (oU l'Autre est toujours different et a craindre)--, serait incomplet, puisque lacunaire.

Peut-etre est-ce justement avec cette rhetorique qui propose ces << illusions lyriques >> (Toumson 71) que Cenerini joue ? On peut le croire parce que le message de Li Rvinant n'est pas ambigu : le protagoniste desire resoudre les differends qui divisent sa communaute, d'une part ; d'autre part, il souhaiterait que les gens s'acceptent, qu'ils vivent en harmonie les uns avec les autres. Mais quand le heros meurt et qu'il n'y a aucune resolution aux problemes concrets decrits, on comprend que ce drame imaginaire s'inscrit dans le continuum des possibilites historiques. S'il est vrai que lyrisme et illusion abondent dans la piece, ils s'averent necessaires, contribuant a la construction d'un drame fictif, mais toujours si terriblement vrai.

La motivation principale de l'auteur est evidente : il veut nous faire decouvrir la minorite metisse de l'Ouest canadien. Et pour ce faire, il puise explicitement a une premiere source historique, assez recente, pour etablir quelques paralleles entre le passe des Metis du temps de Riel et le present. Ainsi, par exemple, a l'instar de Riel, a qui on refusa la main d'une Quebecoise parce qu'il etait metis, James Coutu se voit refuser la main de Louise Champagne, la fille de l'antagoniste Ed. D'autres paralleles sont etablis : Riel connaitra l'exil, tout comme Coutu sera menace et banni du village pour avoir ose aimer une femme blanche. Il se battra contre l'ennemi, mais ne reculera pas devant la mort a la fin de la piece. Coutu croit a la notion de peuple elu et sera convaincu, comme Riel, qu'il mene une lutte importante pour les siens, cette nouvelle nation choisie par Dieu.

Les Ecritures saintes constituent une deuxieme source a laquelle puise abondamment Cenerini. Plusieurs allusions bibliques emaillent le texte, comme le montre la premiere vision du heros. Solitaire, sans points de repere, un James malheureux decide de mettre fin a ses jours. Cependant, apres avoir gravi une montagne, (2) il recoit la visite inattendue de Jesus Christ, de Louis Riel et d'un oisillon, qui represente tres probablement la colombe. (3) Nous y voyons une forme d'incarnation de la Trinite divine : le Pere, le Fils et le Saint-Esprit. Pendant ces apparitions, il recoit la mission d'aller liberer son peuple condamne a une vie de pauvrete et de servitude, subjugue a l'autorite despotique d'Ed, surnomme l'Empereur dans la piece.

Apres une absence de huit ans, James Coutu revient et sa presence se fait rapidement remarquer. D'abord, on le croit responsable de la peche miraculeuse que connait son beau-frere. Puis, James sauve une fillette noyee qui ressuscite dans ses bras et, finalement, il guerit un jeune qui boitait. Les allusions bibliques ne s'arretent pas la. James demande l'aide de son beau-frere Pierre.

JAMES. Ensembe, oun put changi bain dis afferes icitte.

PIERRE. J'yenk ain pecheur [sic], moue.

JAMES. Ci ca ki mfaut--ain pecheur d'hommes. (Cenerini 48)

Avec ces hommes, James souhaite creer une cooperative. Plus tard, quand Pierre precise qu'il a reuni environ neuf pecheurs, James souhaite qu'il en trouve quelques autres, car il y avait douze apotres. La Coop que les Metis veulent creer symbolise peut-etre le nouveau mouvement religieux de Jesus, suivi par ses disciples qui menacent l'autorite des Pharisiens. Dans les Evangiles, on se souviendra que Jesus accuse les hommes de formalisme et d'hypocrisie; a son tour, James reproche aux siens une paresse dangereuse. L'ennemi au village, Ed Champagne, represente quant a lui les Pharisiens qui pratiquent une autre religion etablie depuis longtemps et qui ont voulu se debarrasser de Jesus. Ed reussira a se debarrasser de James.

Il n'est pas etonnant que l'Histoire se repete. En effet, calquee sur le Chemin de la croix du Christ, la structure de Li Rvinant nous permet de nous arreter a chacune des stations, en suivant le periple de James qui se deroule en 14 tableaux. (4) Avec la premiere scene (le prologue), nous assistons a la mort de James. La scene sera repetee integralement a la fin, mais ne clot pas la piece. A cause de ce debut qui efface toute possibilite de mystere ou de surprise, le denouement de l'action est deja connu du spectateur, qui a du coup l'impression tres nette de revivre une histoire deja archi connue. Implicitement, c'est sur ce phenomene d'identification premiere que Cenerini compte et c'est par le biais de l'analepse (ou flashback) que le dramaturge decide de revenir dans un passe rapproche (on parle des annees 1960 sur la 4e de couverture) pour reconstruire les evenements qui menent au sacrifice d'un jeune Metis qui pourrait etre notre contemporain.

Soulignons enfin que la presence feminine dans ce texte est tres importante : la saeur de James, Marthe, refuse d'accepter le nouveau role que son frere choisit : << (...) Tis pas ain prophete, James. Tis pas ain martchyr. Kissi ki t'as [sic] rempli la tete di touttes cis moudjites histwaires-la? Tis moun frere (...) >> (Cenerini 117). Nous la voyons inquiete, pas du tout encline a l'ecouter : elle craint pour sa vie et veut qu'il reparte. Au contraire, la jeune fille qui travaille pour elle, Maddy, sera prete a arreter son travail de servante pour boire la parole de James. Au debut Maddy rit, doute de la veracite de ses propos, mais bientot elle se rallie a sa cause. James lui rappelle le statut special du Christ : << Motchi Juif- motchi Dju. Ca fait ain Mitchif >> (95). Plus tard, au neuvieme tableau, le couple se retrouve et Maddy s'identifie explicitement a Marie Madeleine, cette importante disciple du Christ. Maddy aime James et lui offre son soutien << kansi klis grandes ipreuves, ca va vnir >> (103). A la fin de la tragedie, ce sera grace a elle, par ailleurs, que toute la verite du meurtre de James sera revelee au grand jour.

L'annonce faite au Rvinant : une idealisation du metissage

En creant une filiation spirituelle entre Jesus, Louis Riel et James, Cenerini reprend trois schemes narratifs : il surimpose certains episodes de la vie du Christ a la vision et au martyr messianique de Riel et les greffe aux aventures de Coutu. Il enrichit ce palimpseste de l'h/Histoire, qu'on pourrait qualifier de rielliste et de biblique, avec de nombreux intertextes qui emaillent les scenes, tires de poemes de Riel ainsi que d'extraits de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Les leitmotifs, qu'ils soient folkloriques ou plus contemporains, ainsi que les intertextes, tires des ecrits profanes de Riel ou de textes sacres, nous permettent de comprendre que Cenerini glisse consciemment du reel au mythe. Le reel contemporain est evoque par les references a la Coop, aux trucks et a la violence des gangsters embauches par Champagne. Mais certaines images modernes rappellent d'autres, plus anciennes : lors de la mise a mort de James, on le couronne en lui drapant la tete d'une toile, on le frappe, on plante un couteau dans ses cotes, on l'enroule non dans un linceul mais dans un drap en plastique. Ainsi les allusions et references sont nombreuses creant une supprimer surimposition/stratification de couches identitaires : James Coutu, Jesus-Christ, Louis Riel, prophete, fou, martyr. La codification du message ainsi mythifie n'est ni abstraite, ni complexe, ni cachee. Elle est au contraire evidente, pour ne pas dire troublante. La premiere impression de lecture en est une de deja vu et deja dit.

Pourtant, grace a ce processus d'identification archetypal, le spectateur comprend aisement la mission du protagoniste et le message prophetique qu'il cherche a vehiculer aupres de ses pairs. Lorsque James s'explique avec l'abbe Jude, qui incarnera le traitre Judas, on comprend mieux la nature inclusive de sa mission :

JAMES. Li boun Dju, i m'a enweyi icitte pour toue comme pour lis otes.

LABBE. Je ne suis pas metis.

JAMES. Tchu pux l'divnir.

LABBE. Qu'est-ce que ca veut dire?

JAMES. Ca veut djire awair li sang meli--li sang dis pauves criatchures ipi dju boun Dju toutte en meme temps. (Cenerini 129-130)

L'annonce faite a James n'est ni voilee, ni revee, ni illusoire, selon lui. De cela il est parfaitement convaincu. Par contre, pour autrui l'interpretation de cette annonce n'est pas evidente. La vision de James, tout comme le destin qu'il s'impose, sont assujettis a diverses interpretations. Pour certains dans la piece, James est un prophete, il fait des miracles; il vient sauver son peuple. Pour d'autres, comme Marthe, comme l'abbe Jude ou Ed, sa vision est due a une surconsommation de drogues, il n'est qu'un charlatan, ou pire, un fou dangereux.

Dans son ouvrage critique, The False Traitor, Louis Riel in Canadian Culture, Albert Braz fait etat d'une multiplicite de visages que les artistes concoivent en decrivant ce celebre Metis. Selon Braz, la polarisation de l'interet public se fait justement sur ces images contradictoires souvent juxtaposees : Riel, un fou ou un prophete, un mystique et martyr versus un homme d'etat rationnel. Cenerini nous offre a son tour un drame singulier oU l'interpretation du role et du statut de son heros n'est pas donnee de prime abord.

Certains doutent de la sante mentale du rvinant, alors que d'autres remettent en cause la portee de sa mission. James, quant a lui, demeure confiant : sa vision le guide et devient sa seule raison d'etre. Sa conviction de detenir la Verite reste inebranlable. Sa langue, ses arguments en simples mots mitchifs constituent sa seule arme, mais aussi toute sa force. Sa << parole >> (a l'instar de la Parole de Dieu) represente ici l'unique salut possible pour son peuple, puisque meme si l'homme meurt, sa pensee doit lui survivre afin d'inspirer les Metis. Dans son etude sur la minorite des Pieds noirs, Catherine Bellomia affirme que << le langage demeure le seul lieu de la reconstruction identitaire >>, mais elle precise egalement que cette reconstruction est en partie << basee sur la cristallisation et la mythification [...] d'une image figee [...] >> appartenant a une epoque revolue (Bellomia 54). Cenerini capte et transcrit une langue essentiellement orale, mais il s'inspire aussi de lieux communs pour etayer son drame. Pourquoi revenir encore a ce meme archetype christique, et par la meme occasion reinvestir du meme message ce mythe messianique bien connu et si cher a certains Metis?

Cenerini veut cadrer son drame sur une toile de fond paradigmatique tres connue chez les Chretiens, mais il revient sur une histoire aussi tres familiere chez les Metis. Ce recours au palimpseste a pour effet de d'amalgamer deux histoires, celle universellement connue du Christ et celle de Riel, a portee plus regionale. Cet enrichissement dans la trame du canevas n'est qu'un clin d'aeil, parmi d'autres, au metissage sous toutes ses formes. Le fait qu'on reconnaisse et anticipe la fin de l'histoire du protagoniste releve du principe que tout croyant venere : l'espoir qu'un jour la justice et la verite nous seront acquises. Cenerini se complait a recourir a des histoires d'un passe bien connu, celles du Christ et celles de Louis David Riel pour surligner certaines correspondances et ressemblances entre ces hommes et son heros revenu pour lutter pour les siens. Li rvinant, tout en s'engageant, declenche chez son peuple une conscientisation de son statut unique, il se montre fier de cette identite qu'il partage avec les siens et se dit pret a mourir pour proteger leurs droits inalienables. Tel un redempteur, il entraine les autres dans une lutte pour la liberte, c'est-a-dire qu'il les lance dans un effort collectif qui les entraine vers un avenir inconnu, mais prometteur. Ainsi, en depit de la mort du heros, l'objectif principal doit etre atteint : tous sont interpeles, motives par le geste sacrificiel du jeune homme. De ce fait, le spectateur comprend que la portee du message se cristallise en un ou deux mots : foi et esperance. Tous entendent et comprennent cette idee toute simple : aeuvrer pour un meilleur avenir doit toujours etre possible, surtout pour ceux qui se sentent bafoues et negliges par les grandes puissances, quelles qu'elles soient. Comme l'auteur luimeme l'affirme lors d'une entrevue, << le theme principal de ma piece, c'est justement ce parti pris radical en faveur des pauvres et des demunis. On s'oppose a l'autorite. Et on rend hommage a tout ce qui est beau et particulier dans la communaute metisse >> (<< Carte blanche >>).

Conclusion

Pour conclure, Li Rvinant exemplifie une richesse linguistique et culturelle meconnue, en ce qui concerne la realisation d'un dialecte oral, le francais mitchif, en texte ecrit. La piece nous montre certains elements de l'ancien francais avec la prononciation typique au francais mitchif. La syntaxe et le vocabulaire de l'aeuvre immergent le spectateur non Metis dans un village mitchif, oU sa propre langue devient alors un handicap. Au debut, il sera trouble par l'ecart prononce ressenti par rapport a cette nouvelle identite linguistique et culturelle normalement marginalisee. Toutefois, le spectateur non Metis comprendra par la meme occasion la menace ressentie devant une langue d'autorite et la possibilite d'etre assimile a la culture dominante puisqu'il est devenu l'Autre, le minoritaire du Metis dans ce jeu du miroir reflechissant. Ainsi, Cenerini propose une representation litteraire du francais mitchif et temoigne de son desir de legitimiser ce dialecte oral meconnu, ce qui a son tour sous-tend une valorisation de l'identite et de la culture d'une nation distincte.

Toumson nous rappelle que le danger de cette << rhetorique du metissage >>, oU on celebre l'idee que tout le monde est Metis, est d'effacer la specificite identitaire. Nous ne sommes pas tous pareils et Cenerini evite cet ecueil habilement. En entendant justement la langue exclusivement orale d'une minorite marginalisee depuis longtemps, la majorite des spectateurs se trouvera subitement confrontee a une realite liminaire, mal comprise, oubliee ou ignoree. Et pour palier le defi que represente un drame ecrit et dit dans un dialecte hors-norme, l'ecrivain choisit d'asseoir son drame sur des schemes narratifs familiers : l'histoire de Jesus Christ, universellement connue, et celle de Louis David Riel, mieux connue sans doute par les Canadiens de l'Ouest.

Il devient alors apparent que Li Rvinant est a la fois une aeuvre esthetique, spirituelle et politique qui peut etre percue comme faisant echo a une des theses principales avancees par John Ralston Saul dans Mon pays metis, a savoir que finalement les nouveaux Canadiens ont survecu aux rigueurs de la nature grace a l'aide des Premieres Nations. Le Canada a ete construit et a evolue grace aux echanges culturels pour devenir une civilisation fortement empreinte d'un esprit de partage et de metissage. Saul soutient que les Canadiens doivent renouer avec les notions << d'equite et de dialogue >> qui sont a la base de la fondation du Canada (Saul 4e de couverture). Cette valorisation du metissage, Cenerini l'illustre en celebrant la langue et la culture des Metis. James Coutu pousse les siens a s'unir pour revendiquer leurs droits; il luttera jusqu'a la mort pour retablir la fierte oubliee de son peuple, pour endiguer le sentiment d'impuissance et d'inferiorite d'une nation malmenee par l'Histoire, mais qui a peut-etre encore un avenir, celui d'un peuple, comme l'affirme Cenerini, qui doit << revenir et prendre sa place au soleil. >> (<< Carte blanche >>).

Ouvrages Cites

Bellomia, Catherine. << Lexpression et la reconstruction de l'identite par le langage : l'exemple pied-noir. >> L'identite et ses frontieres, approches croisees d'un malaise contemporain Ed. Marianne Beauviche, Avignon : Universite d'Avigon et des pays de Vaucluse, 2007. 45-55. Imprime.

Braz, Albert. The False Traitor. Louis Riel in Canadian Culture. Toronto /Buffalo/ London: University of Toronto Press. 2003. Imprime.

Cenerini, Rheal. Entrevue accordee a Mariyka Hrynyshyn, le 24 mars 2012.

--. Li Rvinant. Saint-Boniface : Editions du Ble, 2011. Imprime.

Cenerini, Rheal et Roland Mahe. Entrevue accordee a l'Emission << Carte blanche. >> mercredi 9 mars 2011 a 16h. Suzanne Kenelly s'entretient avec Rheal Cenerini et Roland Mahe a l'occasion de la premiere de Li Rvinant. CKSB, Radio-Canada, Saint-Boniface. Emission de radio.

Durand, Gilbert. Les structures anthropologiques de l'imaginaire: Introduction a une archetypologiegenerale. Paris : Dunod, 1992. Imprime.

Eliade, Mircea. Aspects du mythe. Paris : Gallimard, 1963. Imprime.

Hrynyshyn, Mariyka. Entrevue, 24 mars 2012.

Papen, Robert. << Avant-propos, >> Li Rvinant, Saint-Boniface : Editions du Ble, 2001. 5-11. Imprime.

--. << Heritage linguistique des Metis de l'Ouest Canadien. >> Encyclopedie du patrimoine culturel de l'Amerique francaise, Web. 24 mars 2012.

--. << La question des langues des Mitchifs : un dedale sans issue? >> Histoires et identites metisses : hommage a Gabriel Dumont/ Metis Histories and Identities : A Tribute to Gabriel Dumont. Ed. Denis Gagnon, Denis Combet et Lise Gaboury-Diallo. Winnipeg : Presses universitaires de Saint-Boniface, 2009. 253-276. Imprime.

--. << Le parler francais des Metis de l'Ouest canadien. >> Ed. Patrice Brasseur, Francais d'Amerique : variation, creolisation, normalisation. Avignon : CECAV, Universite dAvignon, 1998. 147-161. Imprime.

Saul, John Ralston. Mon pays metis. Quelques verites sur le Canada. Traduit de l'anglais par Rachel Martinez et Eve Renaud. Montreal : Editions Boreal, 2008. Imprime.

Toumson, Roger. Mythologie du metissage. Paris : Presses universitaires de France, 1998. Imprime.

Walter, Henriette. Le francais dans tous les sens, Paris : Editions Robert Laffont, 1998. Imprime.

Notes

(1) La Quebecoise Germaine Guevremont publie en 1945 Le Survenant. Elle y raconte l'histoire d'un etranger qui frappe a la porte des Beauchemin et s'y installe quelques mois. Il viendra perturber la vie tranquille des habitants du petit hameau du Chenal le Moine.

(2) Est-ce ici une allusion indirecte ou accidentelle a Moise qui gravit le mont Sinai pour recevoir les dix commandements?

(3) Il est a noter que le Roland Mahe opte pour le terme 'oiseau' pour sa mise en scene de la piece au Cercle Moliere (du 11 mars au 2 avril 2011).

(4) Les didascalies precisent oU chaque scene se deroule et ces lieux sont nombreux. Pour sa mise en scene, Roland Mahe a pris la sage decision de projeter sur un ecran une diapo indiquant le numero du tableau et le lieu de l'action. Il projetait ensuite sur l'ecran une enluminure ou un tableau religieux du Moyen Age.
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Author:Gaboury-Diallo, Lise; Hrynyshyn, Mariyka
Publication:Theatre Research in Canada
Date:Sep 22, 2012
Words:6138
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