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L'Egypte en quete d'un [beaucoup moins que]sursaut[beaucoup plus grand que] national de sauvetage !

Apres la pluie le beau temps, dit le proverbe. Deux semaines apres de violentes rixes sur la place Abbassiya, les habitants ont finalement ressenti une embellie.

Par Han Khachaba Cantonnee dans mon quartier qui ressemble plus maintenant a une caserne militaire qu'a un espace ouvert oE fourmillent les passants, j'ai reussi juste hier a retrouver mon mode de vie de tous les jours. Les craintes de voir le jeu politique se jouer sur le fil du rasoir nous hantent. Quartier strategique, Abbassiyya regroupe bon nombre d'installations vitales dont l'Universite d'Ain Chams, le ministere de la Defense, un tribunal, des ecoles et un hotel, etc. Tout a commence le vendredi 27 avril. Ce jour-la, la place Tahrir etait reinvestie une fois de plus par les tenants de la liberte, venus de toutes parts, pour se rassembler sous l'etendard de la [beaucoup moins que]protection de la Revolution[beaucoup plus grand que]. Ils n'etaient pas les seuls a occuper la place emblematique. Les supporters du cheikh salafiste Hazem Abou Ismail, ecarte de la course a la Presidentielle, etaient --chair et os- presents. Avec la tombee de la nuit, la foule immense a quitte le rond-point de la Liberation, laissant derriere elle, des centaines des pro-Hazem, qui deciderent par la suite d'aller emmenager dans les alentours du ministere de la Defense, droit en face de l'Universite d'Ain Chams.

Debut des deflagrations En Egypte post-revolutionnaire, quand on est [beaucoup moins que] manifestant [beaucoup plus grand que], on s'en fout des autres. Depuis la nuit de vendredi, une semi-paralysie s'est emparee du trafic routier sur la place qui se veut strategique. Les visiteurs evitent d'y passer. Les indigenes, eux, se renferment chez eux. On a commence a pressentir l'escalade venir... Chacun de mes voisins, et moi avec eux, redoutait une nuit sans lendemain. Et, nos craintes se cristalliserent... Vers l'aube, des deflagrations commencerent a retentir a larges intervalles. On s'empressait alors de repondre a nos enfants dont les yeux interrogatifs nous visent que ce ne sont ques les bruits secs des jeux d'artifice. [beaucoup moins que] Maman, nous voulons voir [beaucoup plus grand que], insistaient les gosses, curieux. Mais, impossible a ce temps delicat d'ouvrir les fenetres ni meme de jeter un regard furtif derriere les rideaux... Les denotations s'ensuivirent... des nuits entieres, les habitants d'Abbassiya, mes voisions et moi, envahis par les passions sans sommeil, priant Dieu d'epargner notre chere Egypte des violences. Nous sommes deja a quatre jours dans l'incertitude.

Le mardi 1er mai, les explosions etaient a leur comble. J'etais sure, ou j'avais les presentiments, que cette nuit finirait mal, tres mal. Le lendemain matin, les accrochages continuaient de plus belle. Les autorites ont enfin fait etat du premier mort de ces heurts qu'on a attribue aux partisans du candidat disqualifie, cheikh Hazem, et des hommes de main armes, venus les agresser et les evacuer par tout moyen possible.

Les accrochages ont perdure, enchaEnant matins et soirs, le mardi et mercredi, jusqu'au vendredi oE les heurts etaient effrayants.

Prisonniers chez soi Les medias ont rapporte des nouvelles selon lesquelles les stations du metro souterrain dans l'entourage du quartier Abbassiya etaient embusquees, dans le but de saisir par le cou quiconque songe a apporter de l'aide ou du renfort aux campeurs devant le ministere de la Defense. La, c'etait la paralysie totale. Les occupants des immeubles tres proches des incidents etaient forces a ne plus bouger de chez eux.

Ceux qui n'etaient pas encore rentres etaient obliges a mener leur vie ailleurs. A de vrais cantons s'est transformee la region. Notre seule issue, apres le blocage total de la route principale [beaucoup moins que]Khalifa Al Ma'moune[beaucoup plus grand que] par les sit-inneurs et les troupes positionnees en cloison entre les deux camps, etait la route posterieure, celle debouchant sur le metro. Celle-ci encore piegee, nous etions prisonniers de nos appartements.

Temoins oculaires Vers midi du vendredi dernier, une semaine apres le debut de l'anarchie, on pouvait du haut de nos balcons voir les tuyaux d'eau asperger les manifestants furieux. Comme on avait deja pris l'habitude d'entendre les denotations assourdissantes, c'etaient les tuyaux d'eau, les hurlements et les helicopteres qui sillonnaient le ciel qui captaient notre attention. Les occupants des immeubles dont je parle n'avaient plus besoin de suivre les JT. Temoins oculaires, nous suivions tout en direct, de nos propres yeux.

Un mentor discredite Mais, oE en etait le cheikh Hazem de tout ce qui se passait a Abbassiya? D'aucuns ont avance son depart incomprehensible et soudain aux Etats-Unis. D'autres pretendaient qu'il s'est enferme chez lui, a cause d'un malaise au pied, mais apres avoir quand meme appele les masses colereuses de rentrer. Malgre ses appels repetes, comme il l'affirmait, personne ne lui a prete oreille. Comme si le mentor salafiste, celui qui a su mobiliser des milliers de partisans pour sa candidature en une seule journee, a subitement perdu son effet magique sur ses ouailles. On peut cependant comprendre que quand on est frustre a l'extreme, persecute et quand on flaire le pourri d'un complot, on est pret a tout sacrifier, meme son ame, pour voir la justice se realiser. Il n'est donc pas etonnant ni difficile a comprendre les fortes emotions [beaucoup moins que]negatives[beaucoup plus grand que] qui controlaient les zelateurs du cheikh Hazem. Quoi qu'il en dise pour les apaiser ou les disperser, les evenements se passeraient telles qu'ils etaient notamment apres le coup de semonce lance par les militaires dans une conference de presse a la veille du vendredi des grands accrochages.

Calme dope de troupes Avec les dernieres heures du vendredi 4 mai, le calme commence a se faufiler... L'armee a decrete le couvre-feu depuis cette nuit de cauchemar jusqu'a aujourd'hui, de 23h00 a 06h00 du lendemain. Des flaques de sang couvraient la place et dans les routes adjacentes, des dizaines de jeunes a la fleur de l'age ont ete moissonnes par la Police militaire.

Sursaut national Celle-ci a talonne les manifestants depuis le siege du ministere de la Defense jusqu'a la rue Ramses pour arreter les [beaucoup moins que] irresponsables [beaucoup plus grand que] protestataires ayant voulu prendre d'assaut le batiment militaire. Depuis lors, les troupes se positionnent chez nous comme etant chez eux, dans leurs camps originaires plantes au beau milieu du desert.

Des blindes sur les deux cotes de la route principale... des soldats sur les guets-apens devisagent les passants... des fils barbeles tronconnent le passage des vehicules, donnant l'impression aux automobilistes de passer un test de conduite ! Bref, le calme est quand meme de retour apportant, helas, avec lui un renfort militaire sans precedent pour securiser la region..., mais de qui ? Des Egyptiens... La question en reatite n'est pas Hazem Abou Ismail, ni Aboul Fotouh ni Amr Moussa. LA question c'est quel avenir pour notre pays et quel choix pour nos enfants. Cette Egypte, dechiquetee, eprouve le besoin pressant d'un [beaucoup moins que] sursaut [beaucoup plus grand que] national !

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Publication:Le Progres Egyptien (Cairo, Egypt)
Date:May 9, 2012
Words:1161
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