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L'Eglise catholique a travers Mes Tablettes, journal intime de Romuald Trudeau, 1820-1850.

Abstract: Mes tablettes, Romuald Trudeau's personal diary extends over more than thousand pages and turns out a very rich source for the study of the sensibilities. In this optics, this article approaches the perception of the diariste towards the Roman Catholic Church. Trudeau is a devout Catholic, interested in the ecclesiastical debates, but fascinated also by the politics. In the 1830s, he feels some difficulties harmonizing this double allegiance. However, after the defeat of the Patriots, he conjugates easily the religion and the politics and his businessman's own interests. His nationalism makes then a central place to the Roman Catholic Church. Trudeau noted what he read, saw or listened in his apothecary's shop in Montreal and his testimony enlightens the society of his time.

Resume : Intitule Mes Tablettes, le journal intime de Romuald Trudeau s'etend sur plus d'un millier de pages et s'avere une source fort riche pour l'etude des sensibilites. Dans cette optique, cet article aborde la perception du diariste vis-a-vis de l'Eglise catholique. Eduque chez les sulpiciens, Trudeau est un catholique fervent, interesse par les debats ecclesiastiques, mais passionne aussi par la politique. Dans les annees 1830, il eprouve quelques difficultes a harmoniser cette double allegeance. Cependant, apres l'echec des Patriotes, il conjugue aisement la religion et la politique et ses propres interets d'homme d'affaires. Son nationalisme fait alors une place centrale a l'Eglise catholique. Trudeau notait ce qu'il lisait, voyait ou entendait dans sa boutique d'apothicaire a Montreal et son temoignage eclaire la societe de son epoque.

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Romuald Trudeau est ne le 7 fevrier 1802. Apres des etudes classiques au seminaire de Montreal, il fait son apprentissage d'apothicaire chez le docteur Rene-Joseph Kimber. Il obtient sa commission de pharmacien en 1823. C'est au sortir du college qu'il commence a ecrire son joumal, Mes Tablettes, un manuscrit fort riche sur le Montreal du premier XIXe siecle. Les premiers cahiers comportent comme sous-titre << Memoire de ce que je croirai assez interessant pour en conserver le souvenir >>. Ce document n'est pas axe sur les details de la vie de l'auteur, qui s'attarde plutot aux evenements publics. Ecrit generalement a chaud, au jour le jour (ce qui n'exclut pas les interruptions), il s'agit bien d'un journal intime et non de Memoires qui commandent une plus grande distance entre l'evenement et sa consignation par ecrit (2). Les Tablettes comportent pele-mele des observations personnelles, des recits d'actualite, des faits divers, des rumeurs, des anecdotes et des extraits recopies de periodiques contemporains. Le manuscrit s'etend sur plus d'un millier de pages, reparties en treize cahiers.

Trudeau ecrit sur de multiples sujets, mais les deux themes privilegies s'averent, de maniere inegale dans le temps, l'Eglise catholique et la politique bas-canadienne. La periode couverte, trois decennies, de 1820 a 1850, est suffisamment longue pour saisir les variations d'interet. Sur le plan politique, cette periode correspond, bien sur, a la montee du Parti patriote, puis a son echec, tandis que l'Eglise catholique, l'Eglise montrealaise a tout le moins, passe d'une certaine desunion a un expansionnisme effervescent. L'examen de ce document prive permet d'apprehender les sentiments d'un individu vis-a-vis de l'Eglise. Catholique fervent, mais ardent nationaliste, indigne par la condamnation clericale des Patriotes en octobre 1837, il devient par la suite un partisan affiche et actif de l'eveque de Montreal. Comment ce bon bourgeois conjugue-t-il, au til des ans, la politique, la religion et ses propres interets d'homme d'affaires? Que nous apprend cette traversee individuelle sur la societe de son temps ? Voila les principales questions qui orientent cette recherche.

Trudeau commence a ecrire son journal a l'automne de 1820. Il a 18 ans. Apres l'inscription de quelques elements personnels, la premiere nouvelle concerne l'eveque Plessis, de retour d'un voyage en Europe. L'accueil reserve a Plessis est decrit avec beaucoup d'emotion. Presque tous les habitants de la ville et des faubourgs se rendent sur les quais de Quebec, nous dit-on. Plusieurs grimpent sur les mats des bateaux et sur les toits des maisons : << Tout le monde en un mot, catholiques et protestants, Canadiens et etrangers, s'empressoient a l'envi au devant de celui dont ils savoient si bien apprecier les merites et les vertus >>. A la cathedrale, on chante un Te Deum, les clochent sonnent, bref on n'en a jamais fait autant pour qui que ce soit, meme pas le gouverneur, << tant est grand sur l'esprit d'un peuple police l'ascendant de la vertu et de la religion >> (3). Deja Trudeau manifeste ses profondes convictions religieuses et son admiration eperdue pour le chef de l'Eglise catholique bas-canadienne.

A Rome, Plessis etait alle demander la division de son immense diocese et, notamment, chercher des bulles pour Lartigue (4), lequel sera sacre eveque en janvier 1821. Commence alors une bataille qui durera une quinzaine d'annees (5). Lartigue, en effet, n'est pas l'eveque de Montreal, mais vicaire general a Montreal, auxiliaire et suffragant, donc dependant de Plessis. Ses adversaires insisteront sur ce fait. A l'epoque, Londres ne veut pas d'un deuxieme eveque canadien-francais. Les sulpiciens non plus : ils craignent, en effet, que les deux eveques veuillent les depouiller de leurs prerogatives et, surtout, de leurs biens, lis entendent bien conserver leur controle sur l'unique paroisse de Montreal. Sauf pour les premieres semaines, ils n'acceptent meme pas que Lartigue (pourtant un sulpicien) reside au seminaire et, a toutes fins utiles, ils ne veulent pas de lui non plus dans l'eglise paroissiale. Pas question, enfin, de rendre a Lartigue les honneurs dus a un eveque, puisqu'il n'est pas eveque de Montreal. Le superieur Roux suggere que Lartigue aille s'installer dans une cure de la rive sud, en dehors du territoire des sulpiciens. Les cures du district de Montreal vont aussi se diviser en partisans de l'eveque ou en partisans, parfois farouches, des sulpiciens. Il faut dire que Lartigue n'etait pas connu pour la souplesse de son caractere.

Cette querelle, peu edifiante, se deroule devant les laics et il est interessant d'analyser comment Romuald Trudeau rend compte de ce conflit clerical sur la place publique. Quelques facteurs doivent etre pris en consideration. Tout d'abord, ce jeune homme a ete eduque chez les sulpiciens et il en garde un tres bon souvenir. Des la premiere page de ses cahiers, il affirme que le nom de son professeur en rhetorique, Monsieur Claude Riviere, lui restera cher. A un moment, un long passage reserve au college de Montreal et a son regime pedagogique montre bien que l'ex-etudiant a fort apprecie son sejour dans ces lieux (6). Sa fidelite envers les sulpiciens va perdurer. Deuxiemement, il faut se rappeler que c'est un Montrealais, fier de sa ville. On le voit a de nombreuses reprises, dans ses descriptions des paysages et du developpement urbain : de temps a autre, la montagne, le fleuve ou le canal Lachine lui inspirent des envolees poetiques (7). Sous cet angle, la question devient : est-ce que Montreal merite un eveque ? Enfin, je l'ai deja dit, il est nationaliste. Le docteur Kimber qu'il cotoiera plusieurs annees en tant qu'apprenti pharmacien et qui lui vendra son apothicairerie est bien connu pour ses convictions patriotes. La famille de Trudeau frequente par ailleurs celle de Papineau (8) et les liens des cousins Lartigue, Papineau, Viger vont jouer un role dans cette histoire.

Dans les Tablettes, la majorite des mentions de l'Eglise durant les annees 1820 concerne les turbulents debuts de l'episcopat de Lartigue. La nomination de l'eveque de Telmesse pique la surprise, l'amour-propre, la curiosite, voire la jalousie et elle donne lieu a toutes sortes de speculations que Trudeau s'empresse de rapporter dans son journal. Pour sa part, il est favorable a la venue d'un eveque, notamment pour l'honneur de Montreal, dit-il, dont le prestige serait rehausse par l'eclat et la pompe des ceremonies religieuses que cela ne manquerait pas de susciter. Peine par le fait que Lartigue doive se refugier chez les Dames de l'Hotel-Dieu, il ne s'autorise pas pour autant a critiquer les sulpiciens, meme dans son for interieur. Cependant, il rend hommage a ses concitoyens, Denis-Benjamin Viger en tete, qui se cotisent pour construire une eglise et une maison pour l'eveque. A la ceremonie qui inaugure les travaux de l'eglise Saint-Jacques, il note tristement qu' << il y avait sept a huit pretres de la campagne, mais pas un de la ville >>. Il parait tout de meme un peu scandalise, d'autant plus, ajoute-t-il, qu' << il s'y est meme trouve beaucoup de protestants >> (9).

A partir de juin 1823, il suit aussi le dossier de la construction de Notre-Dame, la nouvelle eglise paroissiale. C'est pourtant un secret de Polichinelle que ce projet vise a contrecarrer celui de l'eglise Saint-Jacques. Mais, cette fois, Trudeau se range carrement du cote des sulpiciens. A l'instar des marguilliers de la paroisse, il endosse une aventure grandiose, en tout cas, couteuse. D'abord pour << l'Etre supreme >> a qui il faut << preparer une demeure digne de sa majeste et de sa grandeur >>, mais aussi, encore une fois, pour Montreal, pour l'embellissement de la ville et pour l'honneur de ses habitants. Cette fierte citadine semble peser d'un grand poids dans l'adhesion de Trudeau. La construction d'une eglise plus spacieuse suscite neanmoins la controverse et le diariste enumere les diverses objections qu'il trouve toutes futiles : << les uns alleguent pour raison, dit-il, qu'il seroit plus expedient de diviser la paroisse et de batir d'autres eglises dans les faubourgs. Les autres disent qu'on entreprend cet edifice que dans la vue d'entraver et d'arreter s'il est possible l'etablissement de Monseigneur de Telmesse >> (10). D'autres soutiennent que la fabrique est endettee ou encore qu'il serait facheux de demolir l'eglise actuelle a cause de son caractere historique, etc., etc. On a l'impression de voir les Montrealais defiler dans la boutique de l'apothicaire pour discuter du projet et de ce qui se passe en ville.

Quelques semaines plus tard, les Tablettes font une nouvelle fois echo au bruissement de la rumeur : une delegation se rend a Quebec pour obtenir le consentement de l'eveque Plessis a l'erection d'une plus grande eglise paroissiale. Les Montrealais speculent alors sur l'accueil reserve a ces partisans des sulpiciens et sur le resultat. Encore une fois, Trudeau enumere et numerote jusqu'a 16 points de vue sur la question : ces ambassadeurs ont ete recus impoliment ou froidement, ils ont ete renvoyes << la pelle au cul >> ou encore ils ont ete bien accueillis, leur projet a ete accepte, mais soumis a l'approbation de l'eveque Lartigue, etc., etc. Et il conclut : << Tel est le tissu exact d'incoherences et de contradictions qui ont servi de conversation pendant quelques jours a la plupart des cercles de societes >> (11). Lorsqu'on pose la premiere pierre de la nouvelle Notre-Dame, Trudeau consacre quelques pages a decrire la ceremonie. Manifestement, il aime la pompe et l'eclat de ces fetes, les discours, les chants, les processions. Il note simplement que Lartigue a refuse d'y assister (12).

Le pharmacien parait raffoler des rumeurs. Durant les annees 1820, si l'on se fie a son journal, les dissensions ecclesiastiques divertissent beaucoup les Montrealais. Bien sur, l'affaire Chaboillez sera consignee dans les Tablettes. A l'ete de 1823, un pamphlet intitule Questions sur le gouvernement ecclesiastique du district de Montreal sort des presses et est largement commente dans les journaux. Son auteur, le cure Chaboillez de Longueuil, conteste la nomination de Lartigue comme injuste, illegale et contraire au droit canon. En consequence, il conseille aux pretres de refuser d'obeir a ce faux eveque. Trudeau, qui garde pourtant le souvenir des caricatures parues dans la presse a cette occasion, trouve que les dissidents vont trop loin: << Il est facheux qu'un tel ecrit ait ete mis au jour, et principalement dans des circonstances ou il existe deja beaucoup de divisions et d'animosites, et une grande somme d'esprit de parti >> (13). Il suit malgre tout l'affaire jusqu'au bout et, en novembre 1823, il rend compte de la replique a Chaboillez, replique signee par Pierre-Hospice Bedard, mais en fait ecrite par Lartigue, et dont il apprecie << les raisonnements tres forts et assaisonnes de beaucoup de sel >> (14). Le diariste prend egalement la peine de recopier une missive de l'eveque de Londres, Poynter, favorable a Lartigue, de meme qu'une lettre endossee par une cinquantaine de pretres et cures du district de Montreal exprimant leur soumission a leur eveque : il transcrit, donc conserve pieusement les 54 signatures. Lartigue finira par s'imposer et meme par obtenir une eglise avec une demeure episcopale attenante. L'inauguration de l'eglise Saint-Jacques, en septembre 1824 est decrite par Trudeau, qui, une semaine plus tot, avait aussi note que Monsieur Roux, superieur des sulpiciens, et Monsieur Le Saulnier, cure de la paroisse, etaient partis inopinement en vacances aux Etats-Unis et que la nouvelle avait vite couru qu'ils souhaitaient ainsi esquiver la ceremonie ...

Vers la fin de l'annee 1825, Trudeau reprend toute l'histoire a la fin d'un de ses cahiers : il a donc juge cette saga suffisamment importante pour la reecrire d'un seul tenant. Cependant, son analyse reste la meme. Ce fidele parait profondement perturbe par cette division. Il ecrit :
 On nous a dit au prone de notre paroisse dimanche dernier que nous
 sommes tenus d'assister a la messe paroissiale, au moins un
 dimanche sur trois ; et on annonce aujourd'hui chez Monseigneur,
 que toute personne qui assistera a la messe de St Jacques, sera
 dispense [sic] d'entendre celle de la paroisse. Il y a evidemment
 la quelque chose de louche et de contradictoire (15).


Je note que lui-meme semble frequenter les deux eglises. Ce bon catholique refuse de choisir : la paroisse ne peut etre blamee pour defendre ses droits, mais il en va de meme pour l'eveque de Telmesse, selon lui. Qui a tort et qui a raison ? Evitant de trancher cette delicate question, Trudeau s'est neanmoins forge une opinion tres nette sur un aspect de l'affaire. Avec une eloquence appuyee, dans une sorte de cri du coeur, il s'en prend plutot a ses concitoyens. Il leur reproche d'avoir debite des injures et des calomnies, de s'etre dechires sur la place publique,
 [...] surtout a une epoque comme celle ora nous sommes; dans un
 temps ou on nous menace de nous oter notre religion, notre langue,
 nos lois, et de saper les principales bases de notre constitution ;
 dans un temps surtout ou li semble qu'une legion infernale prend
 plaisir, et semble meme suscitee pour semer et attiser le feu de la
 discorde et de la desunion parmi les Canadiens; dans un temps ou
 l'on veut unir les deux provinces, et diviser tous les esprits ;
 dans un temps, enfin, ou tous les Canadiens ont le plus besoin de
 montrer d'energie et d'union que jamais, s'ils ne veulent passe
 laisser supplanter et meme aneantir, comme autrefois les Acadiens,
 par un vil essaim d'etrangers venus d'outremer (16).


En decembre 1825, le diariste rapporte longuement les obseques de l'eveque de Quebec, description qu'il a manifestement trouvee dans les journaux puisqu'il ne s'est pas rendu dans la capitale a cette occasion. Il est emu et tres elogieux : Plessis << etait cheri de Dieu et des hommes >> (17), selon lui. Cependant, il est conscient aussi que cette mort va relancer publiquement le debat sur les affaires episcopales. C'est bien ce qui arrivera, en effet.

Deux mois plus tard, Trudeau semble avoir choisi son camp. En fevrier 1826, Lartigue revient d'un voyage a Quebec et l'apothicaire croit comprendre que la paroisse de Montreal sera divisee et il s'en desole : << Quel coup terrible porte a l'importance des marguilliers, de la fabrique, et surtout a la puissance du seminaire. Ah que ces Messieurs vont etre a plaindre apres cette epoque-ci. Ils vont sans doute abandonner le Canada pour regagner en [sic] France >> (18). Mais encore une fois, il commente une rumeur.

En juin, il specule sur les raisons du depart precipite de Roux pour l'Europe et il en profite pour faire l'eloge de cet homme si remarquable et si digne de respect. Il n'arrive pas a croire ceux qui affirment que le superieur des sulpiciens est parti poursuivre son combat anti-episcopal: << on doit assurement lui supposer des sentiments plus nobles et plus genereux, et des motifs plus releves >> (19). En fevrier 1827, des bruits courent (encore !) voulant que le gouvernement britannique envisage de s'emparer de la seigneurie de Montreal. << Encore de la tyrannie, declare Trudeau. Caril semble que la mine et l'aneantissement des Canadiens et de leurs institutions soient devenus un besoin pour une certaine classe d'hommes >> (20). Et il defend longuement le droit de propriete clair et net des sulpiciens. Il ne sait pas alors que, a Londres, Roux est lui-meme en train de brader sa seigneurie contre une rente ... (21) Au retour du sulpicien en aout 1828, l'affaire est devenue publique et cree beaucoup de remous. Trudeau affirme que la perte serait irreparable pour le Canada, mais il refuse de blamer << ces Messieurs >> : seules << des raisons urgentes >> auront pu << les decider a faire un pareil abandon >> (22). En derniere analyse, d'apres lui, tout ca c'est la faute du gouvernement britannique qui s'efforce sans cesse de depouiller les Canadiens de leurs institutions. Les eveques vont toutefois bloquer la transaction, mais Trudeau nele sait pas.

De 1820 a 1827 ou 1828, le diariste a porte une attention quasi obsessive a l'eveque Lartigue et a ses ennemis. Puis, l'interet diminue sans doute parce que l'affaire est moins publique. Tout de meme, il se rendra jusqu'au bout. En septembre 1836, sous le titre << Epoque remarquable >>, il annonce que le district de Montreal a ete erige en diocese separe avec l'autorisation du pape, l'approbation du gouvernement britannique et, finalement, << le consentement unanime du clerge du Canada >>. << Toute la bourgeoisie de la ville >> s'est retrouvee a la << cathedrale >> de Saint-Jacques pour assister a l'installation de Lartigue << avec toute la pompe possible >> (23). Quelques jours plus tard, Lartigue, designe maintenant << Sa Grandeur >>, fait son entree solennelle a l'eglise paroissiale (Notre-Dame) ou il recoit les felicitations de Quiblier, le nouveau superieur des sulpiciens, et ou il peut enfin prendre possession de son trone ! Trudeau est enchante.

Si, dans les annees 1830, son attirance pour les debats ecclesiastiques diminue, c'est, bien sur, parce que plusieurs des tractations se deroulent alors plus ou moins en secret, mais c'est aussi a cause de l'attirance accrue de Trudeau pour les questions politiques. De 1828 a 1838, il suit passionnement la politique. Il est totalement partisan. Deja, il avait note avec beaucoup d'aigreur la tentative d'imposer l'Union en 1822 et l'heureuse defense des Canadiens par Papineau et Viger a Londres. De plus en plus, il execre le gouvernement imperial, les gouverneurs de la colonie, l'un apres l'autre, et leurs affides. En 1832, il est particulierement ebranle par le << massacre >> de trois Canadiens lors de l'election du quartier ouest a Montreal.

Cette meme annee, il decrit longuement les ravages du cholera et le devouement du clerge dans cette epreuve. Est-ce une punition de la Providence, se demande-t-il, avant de repondre : Dieu seul le sait et c'est lui qui decide ! La Providence a gentiment permis qu'aucun pretre ne decede a cette occasion, ce qui en dit long, selon lui, << en faveur de cette sublime religion a laquelle seule il est donne d'etre infaillible dans ses esperances comme dans sa doctrine !!! >> (24) On voit donc que, s'il rapporte moins les questions religieuses ou ecclesiastiques dans son journal, il est loin d'avoir perdu la foi.

Trudeau s'enflamme pour la politique, mais il y a peu de discussion des idees patriotes dans les Tablettes, sauf pour affirmer que le Parti patriote est le defenseur des Canadiens, de leurs droits, de leurs lois, de leur langue et de leur religion. Ce credo ne variera pas jusqu'a l'eclatement de la rebellion, de telle sorte que l'apothicaire eprouvera quelque difficulte avec son eveque a partir de l'ete de 1837 (25). En juillet, Lartigue avait commence a irriter les Patriotes en demandant a ses cures de precher la soumission a l'ordre etabli; selon l'eveque, il n'etait pas permis de se revolter contre l'autorite legitime ou de transgresser les lois du pays, et les cures devaient refuser l'absolution a ceux qui pretendaient le contraire (26). Trudeau avait note dans son journal que les partisans de l'oppression etaient ravis de cette intervention, mais que c'etait l'oppose pour << les amis de la justice, de l'equite et de la liberte >> ; en outre, cela pouvait << mettre le Clerge en collision avec la presque totalite des membres de son diocese >>. Pour le bien de la religion, le clerge devrait plutot s'eloigner de la << tourmente politique >> et demeurer dans << une stricte neutralite >> (27).

En octobre de la meme annee, Lartigue prononce son fameux mandement antipatriote, tant decrie. Le dimanche 29 octobre, << a la surprise et non a l'edification des fideles >>, souligne Trudeau, on a lu a la paroisse et dans toutes les eglises un mandement au sujet de la politique. Ce genre d'intervention ne peut qu'affaiblir la confiance du peuple en son clerge, de meme que son amour de la religion, a son avis. Il s'exclame :
 La chaire est si peu faite pour traiter des sujets politiques que
 chacun en pretant son attention pouvait a peine en croire ses
 oreilles, tant il est penible de voir le Clerge s'immiscer dans
 cette arene et faire raisonner les foudres de l'Eglise contre tout
 un peuple qui est en mouvement pour revendiquer ses droits les plus
 sacres, et lui precher une soumission servile a des authorites
 [sic] et a un gouvernement qui ne connaissent plus de frein (28).


Enfin, une troisieme annotation dans les Tablettes s'avere digne de mention. Au debut de novembre, la venue de deux recrues francaises chez les sulpiciens amene cette mordante remarque : << Sans deprecier le merite de ces Messieurs, on serait generalement plus flatte de voir les vacances du seminaire remplacees par des enfants du sol >> (29). Le nationalisme de Trudeau serait-il en train de l'emporter sur son loyalisme sulpicien ? Probablement pas, mais, jusque-la, il n'avait jamais fait de distinction entre les sulpiciens francais et les sulpiciens canadiens. Par ailleurs, malgre ses quelques critiques envers la presse antipatriote, il n'a jamais fait directement mention de l'influence contre-revolutionnaire des Messieurs du Seminaire de Montreal dont Colborne disait qu'ils avaient << plus contribue a abattre la rebellion que tous ses regiments >> (30).

Bien que patriote, Trudeau ne se range pas parmi les partisans de l'insurrection. Des la reception des nouvelles de Saint-Denis et de Saint-Charles, il deplore cette aventure mal avisee et mal preparee, qui ne peut que causer du tort a la nation, et plus le temps va passer, plus ses commentaires seront negatifs. Lui-meme n'a pas joue de role dans le mouvement, a ce qu'on sache, mais il aurait aide certains insurges (31), ce qui semble assez dans son caractere. S'il n'approuve pas la revolte, Trudeau est carrement horrifie par la repression de Colborne et de son armee a Saint-Eustache et a Saint-Benoit. Il manque de mots pour crier son indignation. Il n'accepte pas qu'on dise que les responsables sont les volontaires de Saint-Andre ayant echappe au controle de Colborne : des soldats britanniques vendent a Montreal des objets pilles et l'un d'entre eux est venu lui offrir des gravures religieuses derobees dans l'eglise de Saint-Benoit. Ce comportement indigne vaudra a Colborne une tache indelebile et laissera << dans l'esprit des habitans un germe de ressentiment et de vengeance >> (32).

Dans ce contexte, Trudeau n'apprecie pas du tout que son eveque en rajoute au prone du dimanche. Voici comment il rapporte le mandement lu a l'eglise le 14 janvier 1838 : Lartigue aurait traite les chefs patriotes de brigands, il aurait tonne contre leur programme et, notamment, << contre les doctrines du Gouvernement electif et les pretendues maximes du patriotisme >>, il aurait rappele a la population que si elle avait accorde plus de deference aux conseils de son clerge, elle ne serait pas aux prises avec les affres de la repression. Enfin, considerant << la paix a peu pres retablie >>, l'eveque aurait ordonne de chanter une messe solennelle. Trudeau semble fige d'etonnement, pour le moins, et il ajoute :
 On aurait aime dans le mandement en question un peu plus de
 moderation et de conciliation, et surtout un peu plus d'egard pour
 les sentiments d'une foule de familles presentes a la lecture de ce
 mandement foudroyant, et qui ont du necessairement se sentir
 blessees jusqu'au vil en entendant la condamnation fulminante
 lancee par Sa Grandeur contre un nombre de leurs membres qui
 gemissaient dans le moment au milieu des cachots (33).


Cette citation illustre particulierement bien, me semble-t-il, ce que peut apporter la lecture d'un document comme les Tablettes. Les interventions de Lartigue lors des evenements de 1837-1838 sont largement connues, la n'est pas l'interet. Le commentaire de Trudeau nous amene plus pres d'une histoire des sensibilites. Les historiens ont heureusement cesse de laisser de cote les documents personnels parce que << l'histoire a besoin d'etre parlante pour s'ecrire de chair >> (34), selon l'expression d'Arlette Farge. Le temoignage du diariste nous permet ici d'imaginer, de ressentir les emotions, voire la detresse des familles des patriotes. Comment supporter ces paroles hargneuses et rancunieres lorsque son fils, son mari ou son frere viennent d'etre emprisonnes? Trudeau aurait manifestement souhaite un peu plus de reconfort, ce a quoi lui-meme s'emploiera personnellement aupres des victimes des rebellions.

Toutefois, l'apothicaire ne restera pas sur cette deception vis-a-vis des dirigeants catholiques. Les annees 1840 marquent encore un tournant dans les interets de Trudeau : les affaires ecclesiastiques et religieuses dominent a nouveau ses Tablettes. Il s'approvisionne maintenant aux Melanges religieux plutot qu'a La Minerve. Ainsi, durant toute la decennie, il consignera pieusement les activites ou les entreprises de l'eveque Bourget : la venue ou la fondation de communautes religieuses ou d'oeuvres de bienfaisance, les ordinations et les sacres, les benedictions de statues, etc. Il se delecte toujours des belles ceremonies. Dans le genre, quoi de mieux que les mises en scene spectaculaires de l'eveque de Forbin-Janson ? En septembre 1840, a Quebec, le predicateur avait ete ecoute avec une impressionnante assiduite et les Montrealais attendaient son arrivee avec un sentiment de curiosite. Mais, en decembre, la curiosite fait place a l'edification, selon Trudeau. Et il decrit tout avec exaltation : l'autel richement orne, les cierges a profusion, la musique et les cloches, l'<< entree processionnelle >>, le renouvellement des vceux du bapteme, les communions en masse, la confirmation de centaines d'adultes, etc. etc. Jour apres jour, nous dit-il, c'est << la meme magnificence, la meme pompe et le meme enthousiasme religieux [...] >>. Cette retraite << va servir d'epoque dans les annales religieuses du Canada >>, decrete-t-i1 (35). La fete reprend en octobre 1841, lorsque, d'apres une idee originale de ForbinJanson, on erige un chemin de croix et un calvaire sur le mont Saint-Hilaire : << un monument religieux et national tout a la fois, un temoignage vivant et commemoratif de la religion et de la foi du peuple canadien >> (36). Cinq eveques et une cinquantaine de pretres ont pris part a la ceremonie, note Trudeau.

Par comparaison, meme si elle n'a pas entierement disparue, la politique ne semble plus passionner le diariste comme dans la decennie precedente. Il prend des pages et des pages pour decrire les celebrations religieuses, mais seulement de minces paragraphes pour les evenements politiques. Il se revele evidemment contre l'Union, mais ensuite il suit les reformistes de La Fontaine, tout en restant un admirateur de Papineau : la dispute entre les deux leaders n'a pas encore eclate. Toutefois, le coeur n'y est plus et Trudeau parait avoir trouve un autre moyen de participation et d'ascension sociales. En tant qu'apothicaire, il se rapproche du milieu religieux : ainsi, en 1843, il approvisionne gracieusement en medicaments les soeurs de la Providence; puis il etend son commerce aux objets de culte et aux ornements sacerdotaux (37). Ses interets d'homme d'affaires sont lies a ses accointances religieuses. Ses relations avec les sulpiciens en sont d'autant resserrees et on n'est pas etonne de le retrouver marguillier de 1848 a 1851.

D'autre part, son attachement pour la ville de Montreal, qui s'accroit encore dans les annees 1840, l'amenera a accepter une charge de conseiller en 1852, puis d'echevin de 1853 a 1856. Toujours nationaliste, il demeure concerne par le succes des siens. Ce succes ne sera plus politique, cependant, mais plutot economique. A plusieurs reprises, on le voit content de certaines reussites canadiennes-francaises, dans le commerce d'importation, notamment. Les nouvelles d'ordre scientifique et le developpement des transports le captivent. Il admire les chemins de fer, << en attendant que le genie humain toujours avide de la nouveaute, ait enfante quelque systeme etrange et nous ait decides a voiturer par l'air >> (38).

Trudeau applaudit a la fondation de l'Institut canadien en 1844. Non seulement, les jeunes pourront y trouver des delassements utiles et agreables, mais cette nouvelle institution s'elevera << a la gloire du nom Canadien >>, selon lui. En effet,

[ce] sera en meme temps un dementi vivant et solennel de ce reproche banal que des compatriotes d'une autre origine ne cessent de nous faire avec une certaine complaisance, de nous montrer indifferents a tout ce qui peut tendre a notre emancipation intellectuelle, et a repandre par la diffusion des lumieres, des lettres et de l'industrie les germes d'une competition avec les etrangers qui nous affluent de toutes parts [...] (39).

En 1848, il en apprecie toujours les soirees litteraires. Il faut remarquer que l'Institut canadien n'a pas encore attire les foudres de l'eveque de Montreal et que, par ailleurs, Trudeau approuve aussi l'OEuvre des bons livres, sous les auspices des sulpiciens et sous la presidence de Bourget.

En 1844, Trudeau decouvre une autre association bien de son gout, l'Association Saint-Jean-Baptiste, fondee cette annee-la, << afin de reunir tous les Canadiens comme dans une meme famille. [...] Cette oeuvre sera toute de bienveillance et en dehors de la politique >>, precise-t-il (40). Depuis quelques annees, il relatait dans son journal la fete du 24 juin : des fetes tout autant religieuses que nationales, ce qui semble aller de soi pour lui. Par exemple, l'annee precedente, en juin 1843, la Saint-Jean-Baptiste avait ete celebree par une messe solennelle, un triple pain benit de six etages, et une procession des membres de la Societe de temperance, avec leurs bannieres, leurs medailles et leurs fleurs d'erable. Ce nationalisme intimement lie a la religion convient maintenant parfaitement a Trudeau. En 1862, il devient d'ailleurs president de l'Association Saint-Jean-Baptiste.

Lors du typhus de 1847, l'apothicaire louange le clerge et les communautes religieuses pour leur devouement aupres des victimes. Sensible a la misere des Irlandais, il denonce vivement la cupidite des aristocrates britanniques et l'indifference coupable, voire << la barbarie du gouvernement anglais vis-a-vis d'une population qui a eu a ses yeux la faute impardonnable de demeurer attachee inviolablement a sa foi antique, a la religion de ses peres, au culte catholique >> (41).

Les Tablettes se terminent avec la mention d'une oeuvre ou Trudeau retrouve tous ses amis, c'est-a-dire la Societe de colonisation des Townships, lancee en 1848 par l'Institut canadien pour lutter contre le fleau de l'emigration canadienne-francaise : Papineau, Viger, l'eveque Bourget, les sulpiciens, ils y sont tous. Trudeau en est fort aise et, s'il est reste democrate, il semble avoir oublie le gouvernement responsable : en 1848, il n'en parle pas ...

Le recit s'arrete a 1850.

Conclusion

On a donc vu un jeune homme qui, au sortir du college, commence a ecrire son journal. Durablement marque par ses professeurs sulpiciens, il est egalement influence par son milieu d'origine, par son environnement, par ce qui se passe en ville et dans la colonie. Les Tablettes sont a la fois une caisse de resonance et une boite a rumeurs. Elles permettent de distinguer les valeurs du diariste et sa sensibilite vis-a-vis les evenements religieux et l'Eglise catholique. Certes, elles refletent une trajectoire individuelle, mais il s'agit d'une vie en societe. Consignant ce que l'apothicaire voit, lit ou entend, elles font ainsi echo a ses contemporains. D'abord aux prises avec un conflit de loyaute entre la paroisse sulpicienne et le nouvel eveque Lartigue, et passionne par cette lutte, Trudeau subordonne ensuite temporairement les querelles ecclesiastiques au combat politique et national, qu'il suit avec une grande ferveur. Mais apres l'echec des Patriotes, l'homme d'affaires finit par concilier ses propres interets avec un nationalisme canadien-francais qui accorde une place centrale a l'Eglise catholique. Selon lui, cette nouvelle voie n'empeche aucunement les Canadiens francais de s'interesser aux domaines economiques et scientifiques, au developpement urbain et a la culture en general. Ce document n'est pas narcissique et Trudeau s'y met rarement en vedette. Il nous permet plutot d'assister, sous un eclairage inhabituel, a un spectacle eminemment social.

Mais la fin est triste ...

Au milieu du siecle, Trudeau a decidement gagne en notabilite. Tout en conservant son commerce, il est devenu un proprietaire foncier qui s'occupe a faire fructifier son petit capital. Il jouit d'une certaine reconnaissance sociale : il est marguillier, puis echevin et president de l'Association nationale. De 1869 a 1875, il est president de la Banque Jacques-Cartier. Cependant, la crise economique de 1873 lui porte un dur coup. Il hypotheque sa maison pour supporter son fils Lactance, qui fait tout de meme faillite. Enfin, apres d'autres malheurs, il mourra miserable, quasi aveugle, le 14 janvier 1888.

Fernande Roy (1)

(1.) Fernande Roy est professeur au Departement d'histoire de l'Universite du Quebec a Montreal. Elle s'interesse a l'histoire culturelle du Quebec aux XIXe et XXe siecles. Elle a publie, notamment, Histoire de la librairie au Quebec, chez Lemeac, et Histoire des ideologies au Quebec au XIXe et XXe siecles, chez Boreal. Elle prepare une edition de Mes Tablettes de Romuald Trudeau.

(2.) Voir l'ouvrage classique de Beatrice Didier, Le journal intime, Paris, Presses universitaires de France, 1976, 205 p. Je ne partage pas l'avis de Francoise Van Roey-Roux qui range les Tablettes dans la sous-categorie << livre de raison >>, un journal intime ou le diariste rapporte les <<menus faits de sa vie quotidienne, de sa famille, de son petit milieu >>, dans La litterature intime du Quebec, Montreal, Boreal express, 1983, p. 29-30. Voir aussi Pierre Hebert, Le journal intime au Quebec, structure, evolution, reception, Montreal, Fides, 1988, 212 p. et Yvan Lamonde, Je me souviens. La litteraturepersonnelle au Quebec, 1860-1980, Quebec, Institut quebecois de recherche sur la culture, 1983, 275 p.

(3.) Romuald Trudeau, Mes Tablettes (a l'avenir: MT), septembre 1820, no 1, p. 6 et 7.

(4.) Sur le voyage de Plessis en Europe, voir Lucien Lemieux, L'etablissement de la premiere province ecclesiastique au Canada, 1783-1844, Montreal, Fides, 1968, p. 105-120.

(5.) Lucia Ferretti resume cette histoire en quelques paragraphes dans Breve histoire de l'eglise catholique au Quebec, Montreal, Boreal, 1999, p. 44-46. Lucien Lemieux, L'etablissement ..., y consacre des centaines de pages impressionnantes d'erudition.

(6.) MT, 1825, no 3, p. 35-44. Trudeau n'indique pas toujours la date precise de ses entrees dans son journal.

(7.) Voir Leo-Paul Desrosiers, << Mes Tablettes >>, Les Cahiers des Dix, 12, 1947, p. 84 et ss.

(8.) Voir la notice signee par Richard Chabot, dans le Dictionnaire biographique du Canada, Sainte-Foy, Presses de l'Universite Laval, 1990, vol. XI, p. 985-987.

(9.) MT, 22 mai 1823, no 1, p. 18.

(10.) MT, 19 juin 1823, no 1, p. 27 et p. 29.

(11.) MT, 16 juillet 1823, no 1, p. 35-38.

(12.) MT, 1er septembre 1824, no 2, p. 10-13.

(13.) MT, 1823, no 1, p. 48.

(14.) MT, 15 novembre 1823, no 1, p. 55.

(15.) MT, 1825, no 3, p. 49-50.

(16.) MT, 1825, no 3, p. 51.

(17.) MT, 7 decembre 1825, no 3, p. 26-29.

(18.) MT, 8 fevrier 1826, no 4, p. 15.

(19.) MT, 8 juin 1826, no 4, p. 44. Voir aussi MT, 16 juin 1826, no 5, p. 1-2 et MT, 1826, no 5, p. 9-12.

(20.) MT, fevrier 1827, no 6, p. 55.

(21.) Lucien Lemieux, L'etablissement...., p. 273.

(22.) MT, 1er aout 1828, no 8, p. 53-55.

(23.) MT, 8 septembre 1836, [12e cahier], p. 14-15, paragr. XXXI. Beaucoup plus volumineux que les autres, le 12e cahier n'est pas numerote et li s'intitule Tablettes chronologiques, etc. etc. Les paragraphes sont numerotes, d'abord en chiffres romains, puis en chiffres arabes.

(24.) MT, 1832, no 11, p. 6-16. La citation est a la page 13.

(25.) Sur les interventions de Lartigue a l'endroit des Patriotes, voir Lucien Lemieux, Histoire du catholicisme quebecois, tome 1 : Les annees difficiles (1760-1839), Montreal, Boreal, 1989, p. 384 et ss.

(26.) Trudeau a appris ces directives de Lartigue par l'intermediaire de L'Ami du peuple, un journal qu'il execre. Lui-meme est plutot un partisan de La Minerve, ou il insere des annonces; malgre son amitie pour Ludger Duvernay, ses propres commentaires s'eloignent en general de la vivacite de ton du journal' patriote.

(27.) MT, aout 1837, [12e cahier], p. 29, paragr. XLIX.

(28.) MT, octobre 1837, [12e cahier], p. 55-56, paragr. LXXIX.

(29.) MT, novembre 1837, [12e cahier], p. 61, paragr. LXXXII.

(30.) Cite par Lucien Lemieux, Histoire du catholicisme ..., p. 390.

(31.) Selon Richard Chabot, DBC.

(32.) MT, decembre 1837, [12e cahier], p. 92-93, paragr. CXIII.

(33.) MT, janvier 1838, [12e cahier], p. 103, paragr. CXXVII.

(34.) Philippe Artieres, Arlette Farge et Pierre Laborie, << Temoignage et recit historique >>, table ronde, Histoire et archives de soi, Societes et representations, no 13, 2002, p. 201.

(35.) MT, decembre 1840 et janvier 1841, [12e cahier], p. 193-200, paragr. CCXV. La premiere citation est a la page 197 et la deuxieme a la page 200.

(36.) MT, octobre 1841, [12e cahier], p. 215, paragr. CXXIX.

(37.) Selon certaines annonces publicitaires, il vendait aussi des pieces d'artisanat amerindien pour les touristes. Voir Richard Chabot, DBC.

(38.) MT, aout 1845, [13e cahier], p. 56, paragr. LXIV. Ce dernier cahier, qui reprend le titre de Mes Tablettes, n'est pas numerote, mais les paragraphes le sont, en chiffres romains.

(39.) MT, decembre 1844, [12e cahier], p. 293-294, paragr. 60.

(40.) MT, aout 1844, [12e cahier], p. 259-260, paragr. CCLXVIII.

(41.) MT, 1847, [13e cahier], p. 139-141, paragr. CLXII.
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Author:Roy, Fernande
Publication:Historical Studies
Article Type:Report
Geographic Code:1CANA
Date:Jan 1, 2010
Words:6238
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