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Introduction generale.

Ce dossier coordonne par Dominique Glaymann, Yves Palau, Xavier Pons et David Smadja constitue une selection de communications prononcees lors du colloque fondateur du Laboratoire interdisciplinaire d'etude du politique-Hannah Arendt (LIPHA) organise les 4 et 5 juin 2015. Comme il se devait, son premier colloque portait sur l'interdisciplinarite dans l'etude du politique.

L'interdisciplinarite et la science politique constitue un objet de recherche deja bien balise. Pour se limiter au point de vue de la science politique francophone, plusieurs ouvrages abordent cette dimension, parmi lesquels La fabrique interdisciplinaire sous la direction de Michel Offerle et Henry Rousso (1), Science politique et interdisciplinarite sous la direction de Lucien Sfez (2) et Faire de la science politique, sous la direction d'Yves Deloye et Bernard Voutat (3).

Le premier ouvrage se concentre sur les relations entre science politique ou sociologie politique et histoire au travers de chapitres qui developpent de maniere croisee les points de vue d'historiens, de politistes et de sociologues sur les enjeux de cette interdisciplinarite et sur certains objets qu'elle permet de << revisiter >>. L'ouvrage se veut un << exercice d'epistemologie en pratique >> (4) et de maniere symptomatique l'introduction comme la conclusion font l'objet de textes distincts donnant a voir une sorte de dialectique intellectuelle dans laquelle l'echange entre disciplines implique l'affirmation disciplinaire bien illustree par l'oxymore assume de Marc Lazar qui fait etat des << convergences paralleles >> (5) de l'histoire et de la science politique malgre le << gout de l'indiscipline >> revendique par Michel Offerle dans son introduction. Un des principaux aspects qui ressort de cet ouvrage est l'importance des questions et des objets comme autant de points de depart qui obligent a << decupler les angles d'attaque >> (6) et donc conduisent a adopter une demarche interdisciplinaire. C'est donc moins le choix prealable de cette demarche qui faconne l'objet etudie que celui-ci qui conditionne en quelque sorte une approche interdisciplinaire. Position tres clairement affirmee par Jean-Claude Caron pour qui << L'interdisciplinarite ne se decrete pas: elle opere comme un besoin ou une necessite, a partir d'objet partages autour desquels les regards different, voire divergent >>, en ce sens elle n'est pas << synthese >> mais << analyse de ce qui fait difference >> (7) et refus de toute hybridation.

Ce refus n'est pas unanimement partage. Le second ouvrage, dirige par Lucien Sfez, veut traiter de l'interdisciplinarite de maniere plus large que le precedent et surtout plus mouvante puisque pour Lucien Sfez la science politique est << une science-carrefour, mi-autonome, mi-liee a d'autres disciplines qui selon les problemes ou les sous-disciplines ne sont jamais les memes >> et d'evoquer les tensions que provoque << l'interdisciplinarite pratiquee par tous, mais de facon differente selon les sous-disciplines ou meme selon les cas >> (8). Cette tension est avivee a la lecture des chapitres de cet ouvrage qui passent en revue les rapports de plusieurs disciplines parmi lesquelles, l'anthropologie, le droit, la communication politique, l'histoire, la sociologie avec la science politique et qui conduit Bernard Voutat a constater pour la science politique << une discipline ... sans objet >> (9) ou plutot << sans objet propre epistemologiquement >> qui autorise << la diversification de ses points de vue, l'elargissement de ses objets et la transgression des frontieres academiques >> (10).

C'est cette meme position qui prevaut dans un troisieme ouvrage dirige par Yves Deloye et Bernard Voutat, Faire de la science politique, dont le premier chapitre redige par ses directeurs est consacre a l'interdisciplinarite et precisement intitule << Entre histoire et sociologie: l'hybridation de la science politique >>. Pour ces auteurs pour lesquels la science politique est << a bien des egards >> une << discipline eclatee, aux contours et aux contenus flous, malleables, peu consensuels (...)>> (11) il convient de << jouer la carte de la transdisciplinarite en nouant de nouvelles alliances avec l'histoire et l'anthropologie, mais aussi, peut-etre la philosophie >> (12). A l'oppose de la position de Jean-Claude Caron hostile a tout processus d'unification entre disciplines des sciences sociales et a tout << processus d'hybridation >> (13), ces deux auteurs plaident pour une hybridation assumee par laquelle la science politique << engagera durablement sa mutation historique et depassera un stade de son developpement dont la logique (...) pouvait avoir une certaine pertinence institutionnelle, mais dont les limites epistemologiques doivent etre aujourd'hui levees >> (14).

On le voit, les divergences entre les theses principales developpees au sein de ces ouvrages peuvent etre profondes et montrent l'intensite de ce debat intellectuel. Elles ont neanmoins pour point commun de developper leurs reflexions sur l'interdisciplinarite a partir d'un point de vue disciplinaire que ce soit la science politique, la sociologie ou l'histoire, meme si ces differents ouvrages sont riches de << travaux pratiques >> qui a partir d'etudes de cas revisitent les objets de la science politique ou des disciplines avec lesquelles celle-ci est en relation.

L'objet de ce numero est different car pour l'essentiel, il s'agit de retours d'experience de recherche. Il apparait alors que ce sont les objets qui constituent le point de depart d'une approche interdisciplinaire sans laquelle la recherche s'en trouverait appauvrie. Nous nous interessons la a des recherches dont l'objet et la demarche--<< le chantier >>--ont conduit leurs auteurs a adopter une approche interdisciplinaire pour mieux construire leur travail. Si aucun sujet ne dicte spontanement la facon la plus efficace de l'approcher, il n'en demeure pas moins que certains objets resistent plus que d'autres aux lectures monodisciplinaires et que, par ailleurs, l'interdisciplinarite offre des solutions tres attractives lorsqu'un chercheur se retrouve limite dans sa discipline habituelle pour observer, comprendre et analyser un phenomene, un mecanisme ou des interactions complexes.

Pour des raisons differentes, contingentes pour les uns, epistemiques pour les autres, les auteurs des neuf contributions qui suivent ont choisi une demarche interdisciplinaire qui leur a permis de << deplacer leur regard >>, de pratiquer << echange et cooperation >> entre disciplines et de depasser leur specialisation d'origine vecue comme << un facteur de vulnerabilite >>. Ainsi, ces neuf articles montrent tout a la fois l'enrichissement conceptuel et methodologique du recours a l'interdisciplinarite pour traiter un sujet donne et ceux qui suivent sont eminemment varies--, et la progression theorique et epistemologique que permet la pratique raisonnee de l'interdisciplinarite et le retour reflexif sur cette posture mise en oeuvre, les difficultes rencontrees comme les attraits verifies.

Pour Paolo Stupia, c'est bien l'objet de recherche, en l'occurrence les tracts anti CPE de 2006, qui determinent une approche interdisciplinaire qui seule peut, selon lui, rendre compte de tous les aspects de son objet souvent reduit a une simple illustration un peu anecdotique des luttes politiques, considerees comme seules dignes d'etude, et rendre toute sa richesse a cette veritable << technologie militante >>.

Avec l'article de Catherine Beduwe, Catherine Soldano et Sandrine Croity-Belz, c'est une pratique de recherche, en l'occurrence la constitution d'un reseau de recherche interdisciplinaire, qui devient un objet de recherche a travers son evaluation. Cette sorte de mise en abyme permet tout a la fois de dessiner ce que pourrait etre un protocole de recherche interdisciplinaire et de rendre compte de sa valeur ajoutee scientifique dans l'etude de la decision politique.

Thibault Jendemange s'interesse dans son article a la place de la musique dans les modes d'organisation et de fabrication des campagnes electorales et a son bousculement par l'introduction du marketing politique. Cet objet de recherche lui parait delaisse par la science politique qui ne prendrait pas au serieux la musique en tant que telle. A rebours, il entend montrer l'interet du point de vue meme de l'etude du politique de s'ouvrir a la grammaire musicale et aux elements musicaux.

Xavier Pons cherchant a saisir au travers d'une enquete tres documentee les usages politiques dans le debat public en France (et au-dela en Europe) des resultats des enquetes PISA dans le contexte d'evolution des politiques educatives montre comment une approche interdisciplinaire lui a permis d'elargir son approche conceptuelle, de deplacer sa focale d'observation et d'enrichir ses hypotheses, et au-dela son analyse.

Differente a ete la facon d'entrer en interdisciplinarite de Marion Demonteil. S'interrogeant sur certains effets du new public management dans le cadre de l'inspection generale des Affaires culturelles, elle se retrouve empechee de mener une recherche disciplinaire << traditionnelle >> suite au refus d'acces au terrain et aux acteurs qu'elle essuie. Elle va donc recourir, sous cette contrainte, a la prosopographie, demarche interdisciplinaire << par nature >>, et en decouvrir les avantages que sont a ses yeux une attention imposee au temps long et a la diversite des echelles d'observation.

Placant leur demarche sous l'autorite d'Edgar Morin, Thomas Meszaros et Clement Morier etudient a nouveaux frais la crise politique internationale declenchee par les attentats du 11 septembre 2001 en mettant en oeuvre des concepts et methodes issues de la sociologie, de la psychologie, des theories des relations internationales et des mathematiques. Ils proposent ainsi une construction originale qu'il vaut la peine de lire meme si elle peut paraitre--et est effectivement--assez ardue a suivre. Leur contribution confirme l'interet de construire des outils inedits et innovants pour comprendre la complexite d'une crise, distinguer les continuites et discontinuites de son deroulement, et analyser ses effets en evitant la simplification abusive auxquelles conduisent parfois (souvent?) les lectures monodisciplinaires.

Restant dans l'univers d'une interdisciplinarite melant sciences << dures >> et sciences sociales, Maud Deves et Thomas Ribemont nous entrainent vers le decryptage d'autres types de crise, liees celles-la aux risques telluriques. Ils etudient plusieurs crises politiques et psychodrames mediatiques provoques par des seismes (eruptions volcaniques en Guadeloupe dans les annees 1970, sur l'ile de Montserrat sans les annees 1990 et de l'imprononcable volcan islandais l'Eyjafjallajokull en 2010) et leur gestion. Ils montrent la richesse et les limites du travail de << communautes epistemiques >> (composees de chercheurs de specialites differentes) pour analyser et gerer les aleas telluriques et leurs effets. Leur combinaison interdisciplinaire melant science politique et sciences de la Terre offre des ressources tres precieuses pour saisir la dynamique des interactions entre experts (de differentes specialites), acteurs politiques et opinion publique.

Les deux derniers articles se completent utilement pour presenter le potentiel de l'interdisciplinarite quand il s'agit d'analyser des discours politiques. Ioana Cristina Rus et Sergiu Miccoiu presentent la genese interdisciplinaire de la theorie du discours en exposant les postulats sur lesquels elle repose et en montrant comment cette << dialectique interdisciplinaire >> qui puise a la sociologie, a l'anthropologie, a la philosophie, a la science politique, a la linguistique et a la psychanalyse parvient a remplacer la (ou les) matrice(s) disciplinaire(s) pour etudier la parole politique et ses multiples significations et impacts. De son cote, Aude DontenwilleGerbaud recourt a l'analyse du discours pour decrypter le sens et la portee d'un certain nombre de discours fondateurs prononces par quelques-uns des principaux leaders republicains de la fin du XIXe siecle francais. Tout en notant les limites et difficultes du travail interdisciplinaire, l'historienne qu'elle ne renonce nullement a etre montre ce que lui apporte le concours des sciences du langage et de la science politique combinees a l'histoire pour enrichir son analyse des discours fondateurs de la Ille Republique.

Au bout du compte, ces << chantiers de recherche >> illustrent a partir de cas et de constructions disciplinaires tres varies la fecondite heuristique de l'interdisciplinarite concue comme un depassement de limites lorsque les objets et situations etudies conduisent a exploser les frontieres disciplinaires. Dans un monde de plus en plus global dans son fonctionnement, de plus en plus rapide dans ses evolutions, et pour tout dire de plus en plus complexe, rares sont et plus rares seront sans doute les phenomenes apprehendables par des chercheurs et des equipes se limitant a l'usage de lunettes monodisciplinaires. Loin d'etre une facilite pragmatique, l'interdisciplinarite se revele a travers ces differents textes comme un moyen supplementaire, aussi exigeant dans sa mise en oeuvre qu'interessant dans ses resultats.

Il nous a semble tres artificiel de tenter une conclusion sous forme de synthese ou de reflexions pour le lecteur presse et preferable de laisser a chacun le soin d'en tirer quelques enseignements sur ce << bricolage >> scientifique que revet toute approche interdisciplinaire. En revanche, il nous a semble fecond de terminer ce dossier par un article, << decapant >> au sens strict puisqu'il pointe les difficultes, les limites voire les dangers de l'interdisciplinarite mais surtout nous enjoint de donner a cette pratique une ambition theorique. Philippe Le Prestre analyse et evalue de maniere tres precise plusieurs approches interdisciplinaires et milite pour en faire une strategie de recherche parmi d'autres, ni un objectif, ni une fin en soi.

Bibliographie

[1.] Caron, Jean-Claude (2008), <<Mauvais genre? Reflexion sur l'interdisciplinarite ou point de vue d'un historien >> in Offerle, Michel et Rousso, Henry (ed.), La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes: Presses universitaires de Rennes, 243-251

[2.] Deloye, Yves et Voutat, Bernard (2002), Faire de la science politique. Pour une analyse socio-historique du politique, Paris: Belin

[3.] Deloye, Yves et Voutat, Bernard (2002), << Entre histoire et sociologie: l'hybridation de la science politique >>, in Deloye, Yves et Voutat, Bernard, Faire de la science politique, Paris: Belin, 7-24.

[4.] Di Jorio, Irene (2008), << La propagande de l'Etat francais entre theorie, technique et action normative >> in Offerle, Michel et Rousso, Henry (ed), La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes: Presses universitaires de Rennes, 205-216.

[5.] Lazar, Marc (2008), << L'histoire et la science politique. Des convergences paralleles >>, in Offerle, Michel et Rousso, Henry (ed.), La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes: Presses universitaires de Rennes, 253-263.

[6.] Offerle, Michel et Rousso, Henry (ed.) (2008), La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes: Presses universitaires de Rennes.

[7.] Offerle, Michel (2008) << Introduction: le gout de l'indiscipline et de la curiosite >>, in Offerle, Michel et Rousso, Henry (ed.), La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes: Presses universitaires de Rennes, 11-21.

[8.] Sfez, Lucien (ed.) (2002), Science politique et interdisciplinarite. Conferences (1998-2000), Paris, Publications de la Sorbonne, 2002,174 p.

[9.] Voutat, Bernard (2002), << Les objets de la science politique. Reflexions sur une discipline ... sans objet >> in Sfez, Lucien (ed.), Science politique et interdisciplinarite. Conferences (1998-2000), Paris: Publications de la Sorbonne, 55-76.

Dominique Glaymann, Yves Palau *

* Dominique Glaymann est professeur de sociologie a l'universite d'Evry, Universite ParisSaclay et directeur du Centre Pierre Naville (EA2543) de l'Universite Paris Saclay. Ses dernieres publications et communications portent sur la situation de l'emploi et les relations entre la formation et l'emploi. Contact: dominique.glaymann@univ-evry.fr Yves Palau est maitre de conferences, habilite a diriger des recherches, en science politique a l'universite Paris-Est Creteil et directeur du Laboratoire interdisciplinaire d'etude du politique Hannah Arendt (EA 7373) d'universite Paris-Est. Il mene des recherches en histoire des idees politiques qui portent sur les courants catholiques francais de la premiere moitie du XXemc siecle et sur l'historicite de concepts ou de categories politiques telles que la gouvernance et la souverainete. Contact: palau@u-pec.fr

DOI: 10.24193/subbeuropaea.2018.2.01

Published Online: 2018-12-31

Published Print: 2018-12-31

(1) Michel Offerle et Henry Rousso (ed.), La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2008.

(2) Lucien Sfez (ed.), Science politique et interdisciplinarite. Conferences (1998-2000), Paris: Publications de la Sorbonne, 2002.

(3) Yves Deloye et Bernard Voutat (cd), Faire de la science politique, Paris: Belin, 2002.

(4) Michel Offerle, << Introduction: le gout de l'indiscipline et de la curiosite >>, in Michel Offerle et Henry Rousso (ed.), La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 11.

(5) Marc Lazar, << L'histoire et la science politique. Des convergences paralleles >>, in Michel Offerle et Henry Rousso (ed.), La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2008, pp 253-263.

(6) Irene di Jorio << La propagande de l'Etat francais entre theorie, technique et action normative >> in Michel Offerle et Henry Rousso, La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 206.

(7) Jean-Claude Caron << Mauvais genre? Reflexion sur l'interdisciplinarite ou point de vue d'un historien >> in Michel Offerle et Henry Rousso (ed.), La fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique, Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 243.

(8) Lucien Sfez (ed.), Science politique et interdisciplinarite. Conferences 0998-2000), Paris: Publications de la Sorbonne, 2002, p. 8.

(9) Bernard Voutat, << Les objets de la science politique. Reflexions sur une discipline ... sans objet>> in Lucien Sfez (ed.), Science politique et interdisciplinarite. Conferences (1998-2000), Paris: Publications de la Sorbonne, 2002,, pp 55-76.

(10) Ibidem p. 76.

(11) Yves Deloye et Bernard Voutat, << Entre histoire et sociologie: l'hybridation de la science politique >>, in Yves Deloye et Bernard Voutat, Faire de la science politique, Paris: Belin, 2002, p. 7.

(12) Ibidem p. 23.

(13) Jean-Claude Caron, op.cit., p. 251.

(14) Yves Deloye et Bernard Voutat, op.cit., p. 23.
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Author:Glaymann, Dominique; Palau, Yves
Publication:Studia Europaea
Geographic Code:4EUFR
Date:Dec 1, 2018
Words:2710
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