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Integration and prevention of conflicts in the western africain area. The ECOWAS and the social political crisis in Togo/Integration et prevention des conflits dans l'espace ouest-africain : la CEDEAO face a la crise sociopolitique au Togo.

Introduction

Les dirigeants ouest-africains ont pris conscience, apres les independances, que seul le regroupement de leurs micro-Etats en un espace politique plus elargi constitue la voie la plus indiquee pour un developpement harmonieux et soutenu. C'est dans cette perpective que la Communaute Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a ete creee en 1975. Vouee au depart a une integration economique, cette organisation s'est transformee, sous la pression des menaces securitaires, en une organisation chargee de trouver des solutions aux conflits armes et aux crises politiques.

Son intervention dans la crise togolaise s'explique donc par ce contexte securitaire dans la sous-region. On se rappelle que cette crise a connu, a un moment donne, un glissement xenophobe dont ont ete ou risquaient d'etre victimes les ressortissants de la sous-region immigres au Togo (1). Cette intervention a structure a des degres divers les mentalites des Togolais et chacun en retient quelques images propres.

Cette etude s'inscrit dans la perspective d'une analyse critique des strategies de la CEDEAO en matiere de prevention et de resolution des crises en l'occurrence celle du Togo. Pour mener cette recherche, nous avons procede a une analyse de contenu des ecrits et documents pertinents relatifs a la crise togolaise et a l'intervention de la CEDEAO dans les crises africaines. Aussi avons-nous organise des entretiens avec une trentaine de personnes ayant acces a l'espace public pour saisir les representations qu'elles ont de cette intervention. Il s'agit des responsables politiques, des journalistes et des activistes des droits humains. Les donnees de ces entretiens ont ete completees par des interviews que certains leaders politiques ont accorde a des organes de presse.

I. Position du probleme et cadre theorique de reference

Dans le cadre des processus d'integration, le Togo a signe et ratifie plusieurs traites et conventions internationaux dont le traite fondateur de la CEDEAO et d'autres documents juridico-politiques en decoulant. Depuis 1969, le Togo, a travers une diplomatie offensive, s'est impose dans le champ de resolution et de reglement de plusieurs crises politico-militaires interetatiques ou intra-etatiques (2).

Le Togo est lui-meme confronte depuis 1990 a une crise sociopolitique a rebondissement. Cette crise a mobilise des volontes tant nationales qu'internationales pour sa resolution dont la CEDEAO.

Face a la crise togolaise cette institution a entrepris des actions diplomatiques en depechant des missions d'information, d'observation electorale, et en nommant des representants speciaux et des mediateurs.

Quels sont les enjeux et les defis de cette intervention? Quels en sont les fondements juridico-politiques? Quelles sont les perceptions des Togolais vis-a-vis des initiatves de cette institution?

Nous analysons cette realite sociale dans l'espace ouest-africain sous le prisme de la theorie neofonctionnaliste de l'integration. La these est representee par Ernst Haas. Pour ce dernier, l'integration se definit comme un << processus par lequel des acteurs politiques de nationalite differente sont amenes a transferer leurs allegeances, attentes, et activites politiques vers un centre nouveau dont les institutions ont, ou cherchent a avoir, competence sur les Etats nationaux pre-existants>> (3).

Ce theoricien voit dans l'integration economique la premiere etape vers une integration politique. Le neofonctionnalisme se fonde sur trois traits distinctifs a savoir: 1) l'interet liberal partage par les acteurs ; 2) l'integration est conduite de maniere technicienne par des elites politiques, administratives, syndicales ou industrielles convaincues de sa necessite ; 3) l'integration est conduite fonction par fonction, de maniere pragmatique et elargie plus tard, au gre des opportunites, a des domaines nouveaux par un effet d'engrenage ou debordement (spill-over effect) (4). A terme, ce debordement pourrait conduire a une integration sectorielle, regionale ou globale (5). L'emergence et l'evolution de la CEDEAO s'apparente, a ce schema neofonctionnaliste.

En effet, des 1975, les Etats ouest-africains ont decide d'aller a l'integration sous-regionale par voie economique. Mais, chemin faisant, ils vont se rendre compte que le developpement economique ne peut se realiser sans une reelle stabilite sous-regionale. L'integration etant un processus dynamique, la CEDEAO a transcende depuis les annees 1980 sa mission economique en s'impliquant dans la prevention, la gestion et le reglement des crises et conflits. C'est ainsi que l'organisation sous regionale a procede a la revison de son traite en 1993 et s'est dotee d'instruments juridico-politiques additionnels (6). Ces instruments lui permettent d'influencer les developpements politiques et securitaires de ses Etats membres (7).

Son intervention dans la crise togolaise s'inscrit dans cette dynamique. Il est clair que cette crise a suscite des preoccupations regionales. Et la mobilisation de la communaute sous-regionale a son sujet sur la base d'une alliance autour des valeurs et normes communes mises en aeuvre dans le cadre des institutions techniques communes appelees a y faire face au nom des Etats, s'inscrit dans les conclusions de la these neofonctionnaliste.

II. La crise togolaise et sa dynamique regionale

Panorama de la crise togolaise

La vie politique du Togo depuis l'independance est emaillee de crises. La premiere crise post-independance est liee a l'assassinat le 13 janvier 1963 de Sylvanus Olympio, le premier president de la Republique. Ce coup de force militaire se justifierait par la gestion autocratique, clienteliste et clanique du pouvoir (8). On devrait alors s'attendre que la mort de Sylvanus Olympio constitue une felix culpa pour l'emergence d'un Etatnation viable et paisible. Cependant, on se rend compte que cet assassinat constitue un traumatisme historique qui << continue de peser sur la destinee du Togo >> (9).

En effet, le Gouvernement bicephale mis en place apres le putsch et dirige par Nicolas Grunitzky (sudiste) et Antoine Meatchi (nordiste) n'a pas reussi a retablir le << fil brise >>. Ce type de gouvernement repondrait a la necessite de reconcilier le Nord et le Sud en vue d'un << vivre collectif togolais >> plus assume. Le constat est que les deux hommes se sont plutot lances dans une guerre de leadership et d'usure. Cette gueguerre a conduit a l'eviction le 14 decembre 1966 de Meatchi de son poste de vice-president par le biais d'une revision constitutionnelle. Le motif serait que ce dernier a soutenu activement une tentative de prise de pouvoir a travers la rue par les partisans d'Olympio. L'armee ayant mate ce soulevement s'est vue des lors confirmee dans son role de rempart des institutions de la Republique. Elle decida alors de gerer par elle-meme le pouvoir (10).

C'est ainsi qu'apres la prise du pouvoir par les militaires en 1967, il a ete institue un systeme de parti unique autour duquel devrait s'edifier la nation togolaise. Mais ce systeme de parti unique n'a pas tenu ses promesses. Le Togo donnait certes l'apparence d'un pays paisible et stable mais en realite c'est un pays divise au sein duquel couvaient des frustrations et des ressentiments qui sont apparus au grand jour en octobre 1990.

La deuxieme periode referentielle de crise au Togo correspond donc au mouvement social de 1990. Face aux souffrances physiques, psychologiques, affectives et materielles qu'engendrait le systeme monolithique, un soulevement populaire s'est enclenche le 05 octobre 1990 dont l'objectif est la reouverture democratique. Depuis lors, le Togo est plonge dans une crise sociopolitique a rebondissement caracterisee par des violences politiques. Retenons que, depuis le declenchement de la crise, les protagonistes se sont inscrits dans un agir strategique a la hobbesienne avec, en toile de fond, la conservation ou la conquete du pouvoir.

L'opposition se prevalant de sa position dominante des premieres heures du processus de democratisation a tente de precipiter la mort politique du President Eyadema et de son parti, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Elle n'a pas hesite, a travers les actes de la Conference Nationale Souveraine (11), a depouiller ce dernier de la presque totalite de ses pouvoirs et a les confier au Premier Ministre de la transition. De plus, un decret du 26 septembre mettait en position de non activite le General d'armee Gnassingbe Eyadema. A cela s'ajoutent la tres faible representation du RPT dans les institutions de transition et la tentative de dissolution de ce parti.

Le president Eyadema et son parti, ayant frole la << descente aux enfers >>, ont developpe une strategie de survie politique, de reconquete du pouvoir et d'epuisement de l'adversaire politique. Cette strategie est caracterisee par des repressions militaires, la manipulation des institutions etatiques, des elections frauduleuses et la signatures des accords politiques sans lendemain. (12)

En analysant la vie politique du Togo, on peut retenir un troisieme grand moment dans le repertoire de la crise togolaise, celui lie a la mort du President Eyadema et la tentative militaro-dynastique de prise de pouvoir de Faure Gnassingbe suivies des violences electorales.

A l'annonce officielle de la disparition du President de la Republique le 05 fevrier 2005 et contre toute attente et en violation des dispositions constitutionnelles (13), le Chef d'Etat-major de l'armee, le General Zakari Nandja et certains officiers de l'armee togolaise confierent le pouvoir a Faure Gnassingbe, l'un des fils du defunt president. Une nouvelle crise, caracterisee par des tensions sociales et des violences politiques s'ouvre. Suite aux pressions nationales et internationales, Faure Gnassanigbe demissionna. L'election presidentielle fut alors organisee le 24 avril 2005. Elle fut la plus meurtriere de l'histoire politique du Togo. Le bilan des violences lors de cette election est tres lourd (14). C'est ainsi que le paysage politique se trouve durablement marque par l'insecurite et la banalisation de la violence.

La crise togolaise dans son evolution a connu des dimensions regionales qui meritent d'etre analysees.

II.2 Implications regionales de la crise togolaise

La crise qui secoue le Togo a de serieuses repercussions sur les pays de la sous-region au plan economique, social voire politique. Sur le plan economique, le port de Lome constitue un atout majeur au developpement economique des pays enclaves comme le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Ces pays saheliens trouvent au Togo l'acces maritime le moins long et le moins onereux (15). Il convient de rappeler ici qu'au nom de l'integration economique sous-regionale, le Togo a ouvert ses frontieres a tous les Etats du sahel avec lesquels il developpe une action baptisee << solidarite sur le sahel >>, dont ces pays tirent grandement profit. C'est donc, en toute logique, que l'instabilite politique au Togo provoque un manque a gagner pour l'economie de ces pays.

Par ailleurs, les coups d'Etat et les tentatives de coups d'Etat ainsi que la longue crise ont mis a rude epreuve les relations diplomatiques entre le Togo et ses voisins immediats. Le Benin a ete accuse d'avoir heberge les instigateurs des tentatives de coup d'Etat du 12 mai 1969 et du 10 aout 1970. Il lui a ete egalement reproche d'avoir accueilli les opposants au regime du General Eyadema et de les avoir laisse former un gouvernement togolais en exil suite au hold-up electoral de 1993. Le Ghana a ete, de son cote, indexe d'avoir servi de base d'attaque et des replis aux assaillants du 23 septembre 1986, du 25 mars 1993 et du 5 janvier 1994. Il faut rappeler que depuis 1958 le Togo et le Ghana ont servi tour a tour ou simultanement de lieu de refuge aux opposants des pouvoirs en place (16).

Un des phenomenes majeurs de la crise togolaise est le flux massif des refugies vers les pays de la sous-region. (17) L'accueil des refugies constitue generalement un defi pour le pays. Ainsi, meme si les refugies togolais ont ete bien accueillis au Ghana et au Benin, en raison des liens culturels existant entre ces peuples, la cohabitation a mis a rude epreuve les relations fraternelles qui les liaient. La presence quasi permanente de ces refugies a fini par lasser les populations hotes qui se trouvent obligees de supporter une surcharge demographique, facteur de desequilibre economique et de tensions sociales. Des incidents ont souvent marque les relations entre les refugies et leurs hotes et ont parfois degenere en conflit (18).

Une autre dimension de la crise togolaise qu'on ne doit pas occulter de l'analyse est celle liee aux velleites de xenophobie dans la ville de Lome. Meme si les Togolais sont reconnus pour leur hospitalite legendaire, il s'est avere que celle-ci aurait ete ecornee pendant la periode electorale de 2005 oU des derives xenophobes a l'endroit de certains ressortissants de l'Afrique de l'ouest ont ete constatees. Ces comportements se justifieraient par le soutien qu'auraient apporte les gouvernements d'origine de ces victimes aux autorites togolaises ; en temoignent les propos d'un Nigerien, rapportes par Hofnung :
   Les jeunes nous avaient prevenus qu'ils allaient nous tuer si
   Faure Gnassingbe l'emportait. Apres la proclamation des
   resultats, 200 personnes ont assiege notre domicile et jete des
   pierres. Avec des voisins etrangers, nous nous sommes
   regroupes dans une maison, avant de tenter une sortie vers la
   gendarmerie la plus proche. Nous nous sommes mis a courir,
   mais un de nos freres s'est trompe de chemin, la foule l'a
   attrape et acheve. (19)


La crise togolaise est, par ailleurs, caracterise par le developpement des reseaux illicites. On note une augmentation exponentielle des actes de banditisme et des trafics d'armes et de drogues vers le Togo mais aussi a partir du Togo vers les pays voisins. Le Togo constitue, de ce fait, un pole d'insecurite dont les ramifications pourraient s'etendre a la sous-region. D'ou la necessite d'une prise en compte, au plan regional, de la crise.

III. Interventions de la CEDEAO dans la crise togolaise

III.1 Analyse de l'appareillage juridico-politique d'intervention de la CEDEAO

Apres les independances, les Etats de l'espace ouest-africain sont << a la recherche d'un systeme de securite collective qui repondrait mieux a leurs realites sociopolitiques et geostrategiques>> (20). Apres s'etre rendus compte que la securite par la grande puissance (21) n'arrivait pas a asurer la stabilite politique et le developpement economique et social, les dirigeants ouest-africains ont opte pour une securite collective de proximite endossee a d'importants instruments juridico-politiques.

Dans la perspective de trouver des approches de solution aux crises securitaires dont fait l'objet la sous-region, Abidjan et Freetown ont accueilli, respectivement le 09 juin 1977 et le 29 mai 1981, deux grandes rencontres des chefs d'Etat et de gouvernement dont l'aboutissement fut la signature de l'ANAD (Accord de Non-agression et d'Assistance en matiere de Defense) et le PAM (Protocole d'Assistance Mutuelle en matiere de defense). La CEDEAO, tentait par les presents instruments, de reduire ou mieux d'anticiper les velleites conflictuelles entre ses Etats membres. Il est cependant a contater que ces deux instruments limitaient l'intervention de la CEDEAO a des menaces externes. Mais les conflits qui ont cours en Afrique de l'Ouest sont plutot d'ordre interne. Le conflit liberien a revele les insuffisances de ces instruments. La CEDEAO n'a pas reussi a definir les contours de ce conflit afin de lui apporter legalement son soutien (22). C'est pour combler ce vide que le Protocole relatif au Mecanisme de prevention, de gestion, de reglement des conflits et maintien de la paix et de la securite a ete initie et ratifie a Lome en 1999. Mais les objectifs de securite et de paix ne peuvent etre atteints que si les principes organisateurs de la vie democratique sont prescrits et defendus collectivement. Les representants de la CEDEAO vont reussir a faire le lien entre la stabilite transnationale et l'equilibre interne des Etats, lequel est souvent menace par un deficit democratique, une violation des droits humains et la non transparence des elections. Ils adopterent alors en 2001 le Protocole sur la Democratie et la Bonne gouvernance.

Aussi la democratie ne peut-elle se construire efficacement sans une paix minimum. S'inscrivant dans une dynamique d'anticipation, le Document Cadre de Prevention des Conflits de la CEDEAO (DCPC), signe en 2008 a Ouagadougou va servir de cadre operationnel a la prevention des conflits en mettant un accent tout particulier sur la consolidation de la paix. Dans la meme logique et s'inscrivant dans un courant ideologique selon lequel la forclusion de la violence passe par un desarmement general, la CEDEAO adopta auparavant la Convention sur les armes legeres et de petits calibres, leurs munitions et autres materiels connexes en 2006 a Abuja. Au regard de ce qui precede, on peut noter avec Yabi (23), une evolution de la culture de la securite dans l'espace communautaire ouest-africain. Ces textes juridico-politiques viennent ainsi elargir le champ d'action de la CEDEAO, comme pour s'inscrire dans la perspective neofonctionnaliste qui postule qu'<< une fois lance, le processus d'integration est elargi, au gre des opportunites, a des domaines nouveaux par un effet d'engrenage (spill-over effect) >> (24).

Retenons, pour le besoin de notre analyse, que la CEDEAO est amenee a intervenir et a se prononcer sur la qualite des processus electoraux dans un certain nombre de pays membres ainsi que sur les modes anticonstitutionnels d'accession au pouvoir a l'instar de la situation du Togo au lendemain du deces du president Gnassingbe Eyadema.

III.2 La CEDEAO et la crise togolaise

L'intervention de la CEDEAO dans la crise togolaise s'exprime aussi bien dans les textes normatifs de la communaute que dans la praxis. Cette intervention a ete plus visible lors de la crise sociopolitique consecutive au deces du president Eyadema le 05 fevrier 2005.

Apres la mort du president suivie de la prise militaro-dynastique du pouvoir, plusieurs inititaives ont ete entreprises par l'institution sous-regionale pour convaincre Faure Gnassingbe et les responsables militaires a respecter les dispositions constitutionnelles relatives a la vacance du pouvoir. Face aux reticences des nouvelles autorites a s'executer, la CEDEAO a mis en execution sa menace de sanction le 19 fevrier 2005. Les dirigeants togolais sont alors interdits de voyager dans l'espace ouest-africain, un embargo sur les armes a ete decrete, les ambassadeurs ouest-africains accredites a Lome ont ete rappeles et le Togo est suspendu de la CEDEAO. L'Union Africaine (UA) et l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) lui ont emboite le pas en suspendant le pays de leur organisation.

Ces sanctions de la CEDEAO et les pressions nationales et internationales ont contraint Faure Gnassingbe a operer un retrait strategique (25) du pouvoir le 25 fevrier 2005. C'est ainsi que le vice-president de l'Assemblee nationale, Abass Bonfo devient de fait le president de la Republique par interim, en lieu et place du president de l'Assemblee nationale, Fambare Ouattara Natchaba.

Suite a ce respect partiel de la constitution, la CEDEAO a leve le 26 fevrier 2005 ses sanctions. De plus, une delegation s'est rendue le 28 fevrier 2005 pour rencontrer les differents acteurs de la vie sociopolitique du pays. Cette rencontre a abouti a un accord entre le gouvernement et l'opposition sur l'organisation de l'election presidentielle. Il faut cependant admettre que c'est dans un climat de vive tension que les preparatifs du scrutin presidentiel ont commence avec la caution implicite de la CEDEAO. Cette election a ete la plus meurtriere jamais connue au Togo (supra).

Pour decrisper la vie sociopolitique, un dialogue inter-togolais a ete initie. Il a debute le 21 avril 2006 a Lome. Mais ce dialogue etant rentre dans l'impasse quelques jours apres, des contacts diplomatiques de la CEDEAO et de la communaute internationale ont abouti a la designation de Blaise Compaore, President du Burkina Faso, comme mediateur. Ce dialogue s'est deroule sous l'aeil vigilant de la CEDEAO qui a exerce beaucoup de pressions sur les parties prenantes (26). Cette mediation de Compaore a abouti le 20 aout 2006 a un accord politique dit Accord Politique Global (APG).

L'evolution de la vie politique montre que l'APG n'a pas resolu la crise mais l'a plutot gelee. Meme si les elections legislatives de 2007 et les presidentielles de 2010 se sont deroulees sans violences majeures, ce resultat ne saurait etre mis exclusivement a l'actif de l'APG. Une etude menee par Adjarba revele que s'il n'y a pas eu de manifestations violentes lors des legislatives 2007, cela est du au fait que les traumatismes des repressions de 2005 sont restes en cette periode encore vivaces dans les esprits des potentiels contestataires (27).

Fort de ce constat, la CEDEAO a continue a accompager le Togo apres l'APG. C'est ainsi que conformement aux articles 15, 16 et 17 du protocole sur la Democratie et la Bonne gouvernance, elle a deploye en 2007 et en 2010 des observateurs civils et militaires pour suivre les operations preelectorales et electorales et se prononcer sur son deroulement.

Une etude effectuee par Amengonu en 2011 indique cependant que la presence des observateurs lors des elections au Togo ne saurait garantir sa credibilite et sa fiabilite. Ceci s'expliquerait par l'insuffisance notoire des observateurs par rapport aux bureaux de vote et aussi le temps relativement court que ceux-ci passent sur le territoire. Il serait donc difficile dans telles conditions que des fraudes qui se font en amont et en aval soient decelees. Aussi les declarations et rapports contradictoires des missions d'observations auquels on assiste sont-ils la resultante le manque de coordination entre elles. (28)

En somme, l'intervention de la CEDEAO dans la crise togolaise s'inscrit dans la demarche proactive de prevention de conflit violent et generalise ainsi que son extention dans la sous-region. Mais cette intervention est diversement appreciee par les acteurs togolais.

IV. Perceptions de l'intervention de la CEDEAO dans la crise togolaise

Les opinions, attitudes et comportements des Togolais vis-a-vis de l'intervention de la CEDEAO sont connus ici sous le vocable de representations sociales que Jean-Marie Seca definit comme un systeme de savoirs pratiques generes en partie dans des contextes d'interactions individuelles ou/et intergroupe (29). Elles sont, selon Jodelet, nos manieres d'interpreter et de penser la realite et qui emanent de toutes sortes d'experiences et d'informations, recues et transmises par l'education et la communication sociale. (30)

Pour la clarte de l'analyse, retenons que la crise dont l'intervention de la CEDEAO a plus marque les esprits et structure les mentalites, est celle de 2005 (supra). Cette experience avec la CEDEAO demeure encore vivace dans l'esprit des interviewes. On peut des lors aisement comprendre que dans un contexte sociopolitique caracterise par des tensions sociales et des violences de tout genre, les attentes des acteurs politiques et des populations vis-a-vis de la CEDEAO se situent a des altitudes diverses.

C'est ainsi qu'un leader d'opinion, tout en louant les efforts que deploie la CEDEAO dans les tentatives de resolution des crises dans la sous-region en la comparant aux autres organisations sous-regionales africaines, denonce la nonchalance dont elle a fait preuve dans la resolution de la crise togolaise de 2005. Il s'est indigne en ces termes :

<< Compte tenu des accointances entre bon nombre de chefs d'Etat ouest-africains avec le regime Eyadema et surtout de l'importance geostrategique du Togo dans la sous-region, il etait pratiquement impossible d'imposer une alternance democratique au Togo. Certains Chefs d'Etat ont plutot souhaite la continuite du regime de Lome pour des raisons economiques.>>

L'analyse d'un politologue confirme les propos de cet enquete :

<< L'attitude de la CEDEAO dans la crise togolaise doit s'apprehender sous le prisme du realisme politique. La CEDEAO a choisi l'option la moins risquee a l'epoque, au regard du charisme et du poids politique du defunt President qui ne cessent de hanter les esprits de nombre de chefs d'Etat, du soutien de hierarchie militaire au parti au pouvoir, des incoherences des partis de l'opposition et des pressions occultes de certains pays occidentaux. >>

Ce << choix strategique >> de la CEDEAO a, en revanche, trouve un echo favorable aupres de la mouvance presidentielle.

Un membre tres influent du parti au pouvoir laisse entendre :

<< Je trouve les differentes interventions de la CEDEAO tres credibles et salutaires car elles nous ont permis de sauver le Togo de toutes les tentatives de destabilisation et de trouver des solutions idoines aux crises institutionnelles et constitutionnelles. >>

Un autre militant du meme parti rencherit :

<< Concernant l'action de la CEDEAO au Togo, il y a lieu de signaler que depuis 1990, elle a fourni des efforts louables dans l'assistance politique, meme si quelques defis minent encore ses mecanismes. Il faut tout de meme avoir a l'esprit que c'est grace a elle que le Togo a pu echapper a l'impasse de 2005 apres la mort du General Eyadema. >>

Toute proportion gardee, ces propos refletent la tendance generale des militants et sympatisants du parti au pouvoir.

Contrairement a la mouvance presidentielle, les responsables et les militants des partis de l'opposition ont une autre lecture des actions de la CEDEAO.

Dans un memorendum datant du 1er aout 2005, le deuxieme vice-president de l'Union des Force du Changement (UFC) fustigeait l'intervention de la CEDEAO en ces termes :

Notre defiance a l'egard de la CEDEAO et de ces institutions africaines est ancienne. Car, du vivant de Gnassingbe 1er, elles sont restees silencieuses, voire complices. [...] La mediation de la CEDEAO, apres le deces de Gnassingbe s'est imposee aux Togolais. Elle fut l'instrument d'un complot contre notre peuple >> (UFC, 2005:1).

Pour le President du Comite d'Action pour le Renouveau (CAR), la CEDEAO a fait preuve de partialite dans la crise togolaise. Dans une interview qu'il a accordee a la PANA le 1er juillet 2005, il declare ce qui suit :

<< [...] la responsabilite de la CEDEAO est totale et tres grande dans la situation au Togo. [...]. La situation ne depend pas uniquement des seuls responsables locaux qui essayent autant que possible de proposer des solutions de sortie de crise, mais les influences exterieures sont extremement determinantes dans la crise que connait le pays. >>

Au-dela de ces allegations de responsables politiques qu'on peut considerer a tort ou a raison de politiciennes, il est cependant a reconnaitre que << ce realisme politique >> de la CEDEAO dans la gestion de la crise de 2005 l'a davantage discreditee aux yeux de nombre d'enquetes. L'analyse d'un candidat malheureux aux elections presidentielles depuis les annees 1990 est ici convoquee :

<< Le bilan de l'implication de la CEDEAO dans la crise togolaise de 2005 comporte un aspect positif qui s'explique par le fait d'avoir obtenu de Faure et de l'armee le retour a l'ordre constitutionnel. Mais les echecs enregistres par l'institution dans ce dossier sont reels et l'emportent sur ses succes.>>

Ces echecs seraient lies, selon un journaliste de Tribune d'Afrique, a la partialite avec laquelle le dossier togolais a ete traite. Il se fait explicite :

<<La CEDEAO a montre ses limites quant a la promotion reelle de la democratie [...]. En tout etat de cause, l'intervention de la CEDEAO dans la crise togolaise en 2005 n'a d'autre but que de rendre un hommage au feu Eyadema, en imposant son fils Faure Gnassingbe au pouvoir. Sinon comment comprendre le zele peu ordinaire de Tandja qui dirigeait cette institution a soutenir par tous les moyens le nouveau pouvoir togolais dans son obstination a organiser l'election presidentielle malgre les irregularites constatees.>>

Allant dans le meme sens, un sociologue togolais postule:

<< La mission de la CEDEAO a plutot consiste a legitimer une succession monarchique au Togo. Toutes les actions entreprises par l'instance sous regionale relevent plus de la mise en scene et du dilatoire que d'une volonte reelle de faire triompher la democratie. >>

Un agent de l'administration a la retraite fustige le role trouble que les responsables de la CEDEAO ont eu a jouer dans la crise de succession au Togo :

<< Ces periodes de crise dans le pays de la sous-region sont des occasions pour ces dirigeants d'organisations internationales pour s'enrichir vu les innombrables valises diplomatiques que les dignitaires du regime de Lome ont du faire sortir en guise de pots de vin pour s'assurer de leur soutien.>>

Pour un directeur de publication, l'echec de la CEDEAO dans le dossier togolais serait d'autant plus evident que, conscient du caractere frauduleux de son election, Faure aurait cherche a legitimer son pouvoir en << recourant a des negociations avec son opposition pour aboutir a un accord politique dit global. >>

Au total, les perceptions des Togolais vis-a-vis de l'intervention de la CEDEAO sont diverses et contrastees. Mais il y a neanmoins une constante dans les discours: l'echec de l'institution a faire triompher les principes de la democratie. Malgre ces critiques a l'endroit de la CEDEAO, tous les enquetes sont unanimes a souhaiter l'implication de celle-ci dans les elections legislatives prochaines. Cela signifie que l'affirmissement de l'integration sous-regionale demeure une necessite.

Conclusion

Toute aeuvre d'integration s'inscrit generalement dans une perspective ireniste. Les peres fondateurs de la CEDEAO ont compris que la sous-region ouest-africaine ne peut faire face a ses problemes de developpement economique et social que dans un cadre communautaire integre. L'integration etant un projet toujours en construction, la CEDEAO, en epousant les contours du <<spill-over effect>> de la theorie neofonctionnaliste, s'adapte progressivement aux exigences nouvelles de la vie communautaire. Cette adaption se manifeste par la mise en place des mecanismes juridico-politiques de resolution et de gestion des conflits. C'est dans ce cadre qu'elle s'est investie dans la crise togolaise. En intervenant dans celle-ci, la CEDEAO a fait preuve de <<partialite positive >> (31) qui lui a permis, a l'analyse, de geler la crise et non de la resoudre. La crise n'etant pas videe de son contenu, on assiste aujourd'hui a des incivilites politiques qui fragilisent le processus d'affermissement de la democratie.

Toute reflexion faite, la CEDEAO pour forcer l'adhesion des populations ouest-africaines doit depasser sa strategie de << partialite positive >> en adoptant des strategies holistique et proactive d'edification de la paix.

Bibliographie:

[1.] Adjarba, Atchabana (2009), Les facteurs explicatifs des elections sans violence au Togo : Cas des legislatives d'octobre 2007, Memoire de maitrise de sociologie politique, Lome : Universite de Lome

[2.] Agbobli, Atsutse Kokouvi (2007), Sylvanus Olympio. Le Pere de l'independance togolaise, Lome: Graines de Pensees

[3.] Amengonu, Kwame Wolako (2011), Les Missions d'observation electorale face a la problematique des elections contestees en Afrique: Cas du Togo, Memoire de Maitrise de sociologie, Lome: Universite de Lome

[4.] Amnesty Internationale (2009), Rapport 2002, Editions francophones, 2002.

[5.] Battistella, Dario (2009), Theories des relations internationales, Paris : Presses de Sciences Po

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[7.] Danioue, Roger Tamasse (2010), Le General et le Diplomate. Essai de sociologie historique des relations exterieures du Togo sous Eyadema, Ouagadougou: Presses Universitaires de Ouagadougou

[8.] Degli, Jean Yaovi (1996), TOGO : La tragedie africaine, Ivry-sur-Seine : Editions Nouvelles du Sud

[9.] FIDH (2005), TOGO Retour sur la crise togolaise: l'exigence de justice demeure, Rapport N[degrees]433, novembre 2005

[10.] Hass, Ernst (1964), Beyond the Nation State, Stanford: University Press

[11.] Hetcheli, Kokou Folly Lolowou ; Gnenda, Solenko (2010), << Securite collective dans l'espace ouest-africain: de l'intergouvernementalisme statocentre a l'interaction des forces politiques et sociales >> in Annales de l'Universite de Lome, Tome XXX2, Decembre, 3-13

[12.] Hofnung, Thomas (2005), <<Les etrangers boucs emissaires de la crise togolaise>> in Liberation du 30 avril 2005, [http://www.liberation.fr/monde/0101527555- les-etrangers-boucsemissaires-de-la-crise-togolaise], 25.04.2012

[13.] Jodelet, Denise (1984), << Representations sociales: phenomenes, concepts et theories >>, in Moscovici, Serge (ed) Psychologie sociale, Paris: PUF, 357-378

[14.] Mahounon, Maurice (2009), La CEDEAO dans les crises et conflits ouest africains, Cornell University, Sans papier

[15.] ONU, Rapport de la Mission d'Etablissement des faits de chargee de faire la lumiere sur les violences et les allegations de violations des droits de l'homme survenues au Togo avant, pendant et apres l'election presidentielle du 24 avril 2005, 29 Aout 2005, [http//:www.letogolais.com/pdf/Rapport_ONU_Togo.pdf], 25.06.2011

[16.] PANA, Me Agboyibo accuse la CEDEAO dans la crise politique au Togo, 01juillet 2005, [http://www.panapress.com], 28.05.2012

[17.] Roche, Jean-Jacques, (2010), Theories des relations internationales, Paris, Montchrestien: Lextenso editions

[18.] Seca, Jean-Marie (2001), Les representations sociales, Paris: Armand Colin

[19.] Tete, Tete (1998), Democratie a la togolaise, Paris: L'Harmattan

[20.] UFC, Memorandum : CEDEAO et l'election presidentielle du 24 avril 2005 au Togo, 01 aout 2005, [http://www. ufctogo.com], 10. 06. 2012

[21.] Yabi, Gilles Olakounle (2010), Role de la CEDEAO dans la Gestion des Crises Politiques et des conflits : Cas de la Guinee et de la Guinee Bissau, Abuja : Friedrich-Ebert-Stiftung

Kokou Folly Lolowou Hetcheli *

* Maitre-Assistant de sociologie politique et Directeur du Cercle Panafricain de Recherche sur la Securite, la Paix et le Developpement (CPR-SPD). Universite de Lome.

Contact: donhetcheli@yahoo.fr

(1) ONU, Rapport de la Mission d'Etablissement des faits de chargee de faire la lumiere sur les violences et les allegations de violations des droits de l'homme survenues au Togo avant, pendant et apres l'election presidentielle du 24 avril 2005, 29 Aout 2005, [http// :www.letogolais.com/pdf/Rapport_ONU_Togo.pdf], 25.06.2011.

(2) Les crises du Biafra au Nigeria, du Liberia, de la Guinee-Bissau, du Tchad, de la Republique Democratique du Congo, de la Sierra Leone, de la Cote d'Ivoire etc.

(3) Haas, cite par Dario Battistella, Theories des relations internationales, Paris: Presses de Sciences Po, 2009, p. 409.

(4) Jean-Jacques Roche, Theories des relations internationales, Paris, Montchrestien: Lextenso editions, 2010.

(5) Ernst Hass, Beyond the Nation State, Stanford: University Press, 1964.

(6) Ces instruments sont entre autres le Protocole relatif au Mecanisme de prevention, de gestion, de reglement de conflits, de maintien de la paix et de la securite (1999), le Protocole sur la Democratie et la Bonne gouvernance additionnel au Protocole relatif au Mecanisme de prevention, de gestion, de reglement des conflits, de maintien de la paix et de la securite (2001), la Convention sur les armes legeres et de petits calibres, leur munition et autres materiels connexes (2006) et le Document Cadre de Prevention des Conflits (2008).

(7) Gilles Olakounle Yabi, Role de la CEDEAO dans la Gestion des Crises Politiques et des conflits : Cas de la Guinee et de la Guinee Bissau, Abuja : Friedrich-Ebert-Stiftung, 2010, p. 13.

(8) Tete Tete, Democratie a la togolaise, Paris: L'Harmattan, 1998, p. 126.

(9) Atsutse Kokouvi Agbobli, Sylvanus Olympio. Le Pere de l'independance togolaise, Lome : Graines de Pensees, 2007, p. 24.

(10) Roger Tamasse Danioue, Le General et le Diplomate. Essai de sociologie historique des relations exterieures du Togo sous Eyadema, Ouagadougou : Presses Universitaires de Ouagadougou, 2010, p. 68.

(11) La Conference nationale souveraine s'est tenue du 10 juillet au 28 aout 1991.

(12) Tete Tete, Democratie a la togolaise, Paris: L'Harmattan, 1998; Roger Tamasse Danioue, Le General et le Diplomate. Essai de sociologie historique des relations exterieures du Togo sous Eyadema, Ouagadougou : Presses Universitaires de Ouagadougou, 2010, p. 152; Amnesty Internationale, Rapport 2002, Editions francophones, 2002, pp. 402-403.

(13) Selon l'article 65 de la Constitution Togolaise, l'interim de la Presidence est assuree provisoirement par le president de l'Assemblee nationale en cas de vacance du pouvoir. L'election du nouveau president de la Republique est organisee dans les 60 jours qui suivent la vacance du pouvoir.

(14) Pour la Commission Nationale Speciale d'Enquete Independante (CNSEI), le bilan est de 154 morts et 654 blesses. La Mission d'Etablissement des faits de l'ONU parle de 400 a 500 morts, 10 000 blesses et 30 000 refugies.

(15) Maurice Mahounon, La CEDEAO dans les crises et conflits ouest africains, Cornell University, Sans papier, 2009, p. 35 ; Roger Tamasse Danioue, Le General et le Diplomate. Essai de sociologie historique des relations exterieures du Togo sous Eyadema, Ouagadougou : Presses Universitaires de Ouagadougou, 2010, p. 160

(16) Roger Tamasse Danioue, Le General et le Diplomate. Essai de sociologie historique des relations exterieures du Togo sous Eyadema, Ouagadougou : Presses Universitaires de Ouagadougou, 2010, p. 149.

(17) Selon les rapports de la FIDH et de l'ONU relatifs aux evenements de 2005, le nombre de refugies togolais est estime entre 15 000 et 16 000 au Ghana et entre 22 000 et 25 000 au Benin (FIDH, TOGO Retour sur la crise togolaise: l'exigence de justice demeure, Rapport No. 433, novembre 2005; ONU, Rapport de la Mission d'Etablissement des faits de chargee de faire la lumiere sur les violences et les allegations de violations des droits de l'homme survenues au Togo avant, pendant et apres l'election presidentielle du 24 avril 2005, 29 Aout 2005, [http//:www.letogolais.com/pdf/Rapport_ONU_Togo.pdf], 25 juin 2011.)

(18) ONU, Rapport de la Mission d'Etablissement des faits de chargee de faire la lumiere sur les violences et les allegations de violations des droits de l'homme survenues au Togo avant, pendant et apres l'election presidentielle du 24 avril 2005, 29 Aout 2005, p. 39 [http// :www.letogolais.com/pdf/Rapport_ONU_Togo.pdf], 25 juin 2011.

(19) Thomas Hofnung, <<Les etrangers boucs emissaires de la crise togolaise>>, in Liberation du 30 avril 2005, [http://www.liberation.fr/monde/0101527555-les-etrangers-boucs- emissairesde-la-crise-togolaise], 25 avril 2012.

(20) Kokou Folly Lolowou Hetcheli; Solenko Gnenda, << Securite collective dans l'espace ouest-africain: de l'intergouvernementalisme statocentre a l'interaction des forces politiques et sociales >> in Annales de l'Universite de Lome, Tome XXX-2, 2010, p. 3.

(21) La securite par la grande puissance fait reference a la securite des Etats africains basee sur les accords militaires que ces derniers ont signe avec leurs partenaires occidentaux et dont l'une des caracteristiques est l'instatllation des bases militaires dans certains Etats. Ce terme est employe pour la premiere fois par l'historien Owaye.

(22) Maurice Mahounon, La CEDEAO dans les crises et conflits ouest africains, Cornell University, Sans papier, 2009, p. 35.

(23) Gilles Olakounle Yabi, Role de la CEDEAO dans la Gestion des Crises Politiques et des conflits : Cas de la Guinee et de la Guinee Bissau, Abuja : Friedrich-Ebert-Stiftung, 2010.

(24) Jean-Jacques Roche, op. cit., p. 96.

(25) Ce retrait est intervenu apres qu'il ait eu les garanties qu'il sera le candidat du parti au pouvoir a l'election presidentielle a venir, laquelle il a remportee dans des conditions democratiquement peu enviables.

(26) Maurice Mahounon, op. cit., p. 78.

(27) Atchabana Adjarba, Les facteurs explicatifs des elections sans violence au Togo : Cas des legislatives d'octobre 2007, Memoire de maitrise de sociologie politique, Lome : Universite de Lome, 2009, p. 90.

(28) Kwame Wolako Amengonou, Les Missions d'observation electorale face a la problematique des elections contestees en Afrique: Cas du Togo, Memoire de Maitrise de sociologie, Lome: Universite de Lome, 2011.

(29) Seca, Jean-Marie, Les representations sociales, Paris: Armand Colin, 2001, p. 11.

(30) Denise Jodelet, << Representations sociales: phenomenes, concepts et theories >>, in Serge Moscovici, (ed.) Psychologie sociale, Paris, PUF, 1984, p. 357.

(31) La partialite positive se traduit, selon Alexandre Chouala (2005), par l'appui et/ou la protection des victoires fractionnaires.
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Author:Hetcheli, Kokou Folly Lolowou
Publication:Studia Europaea
Article Type:Report
Geographic Code:6TOGO
Date:Sep 1, 2012
Words:6267
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