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Impact du moment du devoilement d'une agression sexuelle perpetree par un tiers sur certains aspects affectifs et relationnels des victimes adultes.

L'objectif de cette etude consiste a evaluer si, pour la victime d'une agression sexuelle, le moment (precoce ou tardif) du devoilement d'une agression a un impact sur certains aspects affectifs et relationnels a deux moments distincts, soit au debut de l'evaluation et quatre mois plus tard. Toutes les victimes (N = 27) sont en relation de couple. L'agression sexuelle est survenue entre un mois et sept ans avant la premiere rencontre d'evaluation clinique, et 26 % des victimes presentent un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Toutes les participantes disent avoir recu davantage de soutien emotionnel lors du deuxieme moment d'evaluation de l'etude. De plus, les victimes dont le devoilement se fait precocement presentent, avec le temps, davantage de symptomes depressifs.

ABSTRACT

Impact of moment of disclosure of a sexual assault on certain affective and relational aspects of adult victims

This study examines if the timing of disclosure (early or late) of a sexual assault and if the romantic partner's participation in the study have an impact on relational and affective aspects of the victims at Time 1 (initial interview) and Time 2 (4 months later). The sexual assault occurred to victims (N = 27) between 1 month to 7 years prior to the first assessment interview. Twenty-six percent of victims were diagnosed with posttraumatic stress disorder (PTSD). Descriptive analyses indicate a difference between timing of disclosure and romantic partner's participation in the assessment process of the study. All victims indicate that they have received more emotional support at the second assessment in the study, whether they have disclosed the aggression early or lately. Victims have disclosed the assault early reported more depressive symptoms.

RESUMEN

Impacto del momento de la revelacion de una agresion sexual, perpetrada por un tercero, en ciertos aspectos afectivos y relacionales de las victimas adultas.

El objetivo de este estudio consiste en evaluar si, para la victima de una agresion sexual, el momento (temprano o tardio) de la revelacion de una agresion sexual tiene un impacto en ciertos aspectos afectivos y relacionales en dos momentos distintos; es decir, al principio de la evaluacion y cuatro meses mas tarde. Todas las victimas (N = 27) se encuentran en una relacion de pareja. La agresion sexual ocurrio entre un mes y siete anos antes de la primera cita de evaluacion clinica y 26% de las victimas presentan un trastorno de estres postraumatico (TSPT). Todas las participantes dicen haber recibido mas apoyo emocional durante el segundo momento de evaluacion del estudio. Ademas, las victimas cuya revelacion se realizo de manera temprana presentan mas sintomas depresivos con el tiempo.

RESUMO

Impacto do momento da revelacao de uma agressao sexual, realizada por um terceiro, sobre alguns aspectos afetivos e relacionais das vitimas adultas

O objetivo deste estudo e avaliar se, para a vitima de uma agressao sexual, o momento (precoce ou tardio) da revelacao de uma agressao tem impacto sobre alguns aspectos afetivos e relacionais, em dois momentos distintos, ou seja, no inicio da avaliacao e quatro meses mais tarde. Todas as vitimas (N = 27) estao em relacao de casal. A agressao sexual aconteceu entre um mes e sete anos antes do primeiro encontro de avaliacao clinica e 26% das vitimas apresentam um transtorno de estresse pos-traumatico (TSPT). Todas as participantes dizem ter recebido mais apoio emocional durante o segundo momento de avaliacao do estudo. Alem disto, as vitimas cuja revelacao e feita precocemente, apresentam, com o tempo, mais sintomas depressivos.

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Etre une femme adulte victime d'une agression sexuelle perpetree par un tiers connu ou inconnu et etre en relation de couple provoque des bouleversements importants tant au niveau personnel que relationnel. Il semble que l'agression sexuelle a l'age adulte place la victime qui vit en couple face a une situation d'ambivalence quant au devoilement de l'evenement. Selon Ullman (1996b), les victimes commencent a s'interroger sur la pertinence de devoiler l'evenement a leur entourage dans les heures qui suivent l'agression. La majorite des victimes qui ont un partenaire hesitent a lui parler de l'evenement parce qu'elles craignent de perturber l'equilibre de la relation, voire meme d'en provoquer la fin (Ahrens, 2002). La simple evocation de la possibilite de devoiler l'evenement au conjoint peut etre une source d'angoisse (Goodman et al., 1993). Bon nombre de victimes craignent d'etre tenues responsables et blamees pour l'agression. Il est donc clair que les anticipations liees aux consequences du devoilement ne sont pas toujours positives (Ahrens, 2002; McAuslan, 1998; Ullman, 1996b).

Certaines etudes indiquent que les reactions du conjoint a la suite du devoilement de l'agression sont parmi les facteurs qui peuvent influencer negativement l'etat psychologique de la victime en provoquant une recrudescence des symptomes psychologiques, la perception d'un pauvre soutien allant jusqu'a son absence, des interactions negatives, un retablissement plus lent et la deterioration de la satisfaction conjugale du couple (Miller et al., 1982; Moss et al., 1990). Paradoxalement, nous savons que la qualite et la stabilite de la relation affective, la frequence et la qualite d'un soutien adequat sont des facteurs favorisant un meilleur retablissement (Herman, 1992; Lakey et Cohen, 2000).

Devoilement, TSPT et symptomes depressifs

La nature intrusive de l'agression sexuelle semble causer un haut niveau de detresse psychologique (Ullman et Filipas, 2001) dont l'apparition d'une symptomatologie d'un trouble de stress post-traumatique (TSPT) (Ullman, 1996b; Ullman et Brecklin, 2003; Ullman et Filipas, 2001; Ullman et Siegel, 1993). En depit de la diminution generale des symptomes de TSPT dans les trois mois suivant l'agression, plus du tiers des victimes d'agression sexuelle repondent aux criteres d'un TSPT chronique, meme si elles presentent une legere amelioration de leur condition durant le premier mois (Valentiner et al., 1996). Lorsque le TSPT apparait, les reactions negatives du conjoint ont un impact sur le maintien du trouble ou la recrudescence des symptomes, et ce, peu importe le moment oo le devoilement est effectue (Ullman, 1996c; Ullman et Filipas, 2001).

En plus des nombreux symptomes lies au TSPT, une des manifestations les plus couramment observees chez les victimes d'agression sexuelle est la presence de symptomes depressifs (Valentiner et al., 1996). Rappelons que les individus depressifs ont tendance a attribuer des intentions negatives aux comportements des proches, et leurs symptomes depressifs peuvent causer des conflits interpersonnels qui risquent de provoquer la chronicite de leur etat (Guay et al., 2002). Chez certaines victimes d'agression sexuelle avec un TSPT, la severite des symptomes depressifs est en correlation positive avec le nombre d'interactions negatives qu'entretiennent les victimes avec divers personnes de leur entourage et avec les critiques negatives de leurs proches (Zoellner et al., 1999).

Devoilement, peur de l'intimite et satisfaction sexuelle

L'aspect sexuel de l'agression affecte non seulement l'integrite physique et psychologique de la victime, mais egalement son aptitude a vivre une relation d'intimite (Thelen et al., 1998) et a ressentir de la satisfaction sexuelle. Par exemple, l'etude menee par Thelen et al. (1998) sur la peur de l'intimite chez les victimes d'agression sexuelle qui ont, ou n'ont pas devoile l'evenement, indique que l'experience d'agression provoque chez ces femmes un inconfort en ce qui a trait a toute forme de relations d'intimite. Les victimes ont davantage de difficulte a faire confiance aux autres, ont peur de s'abandonner et vivent de l'inconfort a l'egard de toute tentative de rapprochement. De plus, elles craignent de communiquer a leur entourage leur experience d'agression. Il semble aussi que l'intimite soit associee positivement a la satisfaction sexuelle (Prager, 1995; Rubenstein et Shaver, 1982). L'etude de Feldman-Summers et al. (1979) sur l'impact de l'agression sexuelle sur la satisfaction sexuelle indique que cette derniere decline considerablement apres l'evenement. A notre connaissance, il n'existe pas d'etude ayant evalue la peur de l'intimite et la satisfaction sexuelle en lien avec le moment du devoilement.

Devoilement, reactions et soutien social

Pour les victimes, devoiler la nature d'une agression sexuelle est un moyen de mobiliser le soutien social espere (McAuslan, 1998). Cependant, certaines croyances negatives entourant les causes d'un tel evenement peuvent faire en sorte que son devoilement est susceptible d'entrainer des reactions negatives chez le conjoint (Davis et Brickman 1996; Ullman, 1996c). Inversement, d'autres perceptions peuvent favoriser des comportements de soutien positifs (Ahrens, 2002; Campbell et al., 2001; Ullman et Filipas, 2001). Les etudes de Miller et al. (1982), de Moss et al. (1990) et de Thornhill et Thomhill (1990) sur l'impact de l'agression sexuelle sur les proches, indiquent que les victimes qui vivent en couple ont des attentes elevees quant au soutien qu'elles aimeraient recevoir de la part de leur conjoint. En retour, ces attentes peuvent entrainer des difficultes relationnelles, des difficultes d'adaptation et meme une recrudescence de la detresse psychologique chez la victime (Holmtrom et Burgess, 1979; Brookings et al., 1994; Ullman, 1996c). Cela explique peut-etre que les conjoints seraient les derniers informes de l'agression (Davis et al., 1991; Davis et Brickman, 1996; Ullman, 1996c).

Toutefois, les resultats d'une etude de Campbell et al. (2001) indiquent que les victimes n'ont pas une vision uniforme de ce qui peut etre qualifie de reactions sociales positives versus negatives. La perception de l'impact du soutien semble varier selon l'attitude de la personne a qui la demande de soutien est adressee. De meme, l'interpretation des reactions d'autrui varie selon les attentes de la victime a l'egard du type de soutien qu'elle s'attend a recevoir de l'autre. Une meme reaction peut etre jugee aidante pour certaines et blessante pour d'autres (Campbell et al., 2001; Ullman, 1996c). Il semble donc important de bien evaluer les perceptions des victimes visa-vis des reactions a la fois positives et negatives de la part du conjoint puisqu'elles peuvent etre liees de facon independante aux symptomes de TSPT.

Devoilement et satisfaction conjugale

La satisfaction conjugale est surtout liee a la capacite de << s'autoreveler >> (self disclosure), aspect le plus important de la relation du couple qui fait reference a l'expression emotionnelle et a la communication verbale. Elle est aussi liee a la satisfaction sexuelle et a l'estime de soi (Norton, 1995; Salamon, 1993). De plus, la persistance des symptomes individuels, la constance dans les conflits et les interactions negatives peuvent conduire a l'erosion de la communication, a l'apparition de sentiments d'impuissance et de detresse, ce qui peut induire un sentiment d'etre a nouveau agressee et provoquer ainsi la recrudescence des symptomes de TSPT (Moss et al., 1990; Parrot, 1991; Symond, 1980; Ulman et Filipas, 2001). Selon Miller et al. (1982), sur l'ensemble des problemes identifies chez les couples ayant participe a l'une de ses etudes, l'interruption dans le processus de communication du couple est la consequence la plus dommageable de l'agression sexuelle.

Moment de devoilement

Le moment du devoilement d'une agression sexuelle a son conjoint, qu'il soit precoce ou tardif, peut avoir un impact sur sa disposition a offrir du soutien a la victime. D'autre part, la detresse qu'entraine generalement une agression sexuelle peut avoir un impact sur la decision de devoiler ou non l'evenement et, le cas echeant, sur le moment du devoilement (Ahrens, 2002). Celles qui evitent d'etre en contact avec les pensees et les emotions liees a l'evenement eprouveront plus de difficultes a devoiler l'evenement et, consequemment, le feront plus tardivement (Ullman, 1999b). Le temps que prend la victime pour devoiler l'evenement est un facteur predicteur de son retablissement (Ullman, 1996bc; McAuslan, 1998; Campbell et al., 2001). Celles qui devoilent l'agression immediatement apres ou dans les jours suivants (devoilement precoce) recoivent generalement un meilleur soutien que celles qui la devoilent plusieurs semaines ou plusieurs annees apres (devoilement tardif) (Ullman, 1996bc); McAuslan, 1998; Campbell et al., 2001). Selon le modele etiologique du TSPT de Joseph et al., (1997), moins une victime se confie a ses proches, moins elle assimile l'evenement et plus elle est susceptible de developper un TSPT.

Synthese

Il semble qu'un evenement non previsible tel qu'une agression sexuelle a des effets complexes sur la relation conjugale et la qualite du soutien. L'impact du moment de devoilement (precoce ou tardif), sur les variables individuelles telles la presence de symptomes depressifs et de TSPT et les variables relationnelles telles la peur de l'intimite, la satisfaction sexuelle, les reactions sociales, le soutien social et la satisfaction conjugale, n'a jamais ete evalue. Enfin, il n'existe pas d'etude qui ait evalue les effets a long terme du moment du devoilement sur les variables relationnelles.

Objectifs de l'etude

Cette etude tente d'evaluer l'impact du moment du devoilement de l'agression sexuelle sur le fonctionnement psychologique et conjugal de victimes d'une agression sexuelle. Une question de recherche est mise de l'avant: 1) Verifier s'il existe une difference entre le devoilement precoce ou tardif de l'agression sexuelle des victimes quant a un ensemble de facteurs soit : les symptomes depressifs et de TSPT, la peur de l'intimite, la connaissance d'un soutien adequat et le comportement de soutien, les reactions sociales, la satisfaction sexuelle et la satisfaction conjugale. Cette difference, si elle existe, persiste-t-elle dans le temps?

Methodologie

Recrutement des participantes

Les victimes d'une agression sexuelle ont ete recrutees dans trois milieux distincts : (1) a l'Urgence de l'Hopital Hotel-Dieu de Montreal, centre designe pour accueillir les victimes d'agression sexuelle francophones de File de Montreal (n = 16); (2) aupres de la population generale a l'aide d'annonces dans les media (n = 10); (3) aupres de l'organisme Fondation pleins pouvoirs, organisme de formation en prevention de la violence, confiance en soi et autodefense (n = 2). Lors du premier contact telephonique avec l'experimentatrice, une entrevue de preselection a ete effectuee afin de s'assurer que les participantes pressenties repondaient aux criteres d'inclusion. Les criteres sont les suivants: la victime est un adulte age d'au moins 18 ans qui vit une relation conjugale avec un conjoint depuis au moins trois mois. L'agression a ete subie a l'age adulte. Elle a ete perpetree par un tiers connu ou inconnu de la victime et du conjoint. L'agression s'est produite au moins un mois avant la premiere rencontre d'evaluation de la presente etude.

Vingt-huit femmes victimes d'agression par un tiers (n = 27), de milieux socio-economiques divers ont ete retenues. Les donnees d'une des participantes ont ete exclues de l'etude parce que son nombre d'annees de vie commune (26 ans) depassait largement celui des autres participantes et diminuait l'homogeneite de l'echantillon. Une explication breve de la procedure incluant le cadre et l'orientation du projet de recherche, ainsi que la confidentialite des informations recueillies dans l'etude, a ete fournie aux participantes selectionnees. Un rendez-vous a l'universite du Quebec a Montreal leur a alors ete fixe pour les rencontres. La duree de chaque rencontre a ete precisee, soit deux heures pour la premiere (evaluation clinique et passation des questionnaires) et de 30 a 40 minutes pour la seconde (quatre mois apres la premiere), et enfin l'offre monetaire relative a la participation au processus d'evaluation a ete presentee.

Echantillon cible

L'echantillon final etait compose de Quebecoises et caucasiennes. Afin de comparer l'equivalence des participantes relativement au statut civil et au revenu, des tests t pour echantillons independants et des tests non parametriques Khi-carre ont ete utilises. Les resultats indiquent que les deux conditions du moment de devoilement (precoce ou tardif) ne different pas de facon significative en ce qui concerne les cinq variables sociodemographiques. L'age moyen des victimes de l'etude etait de 29 ans : 70 % d'entre elles ayant entre 19 et 31 ans alors que 30 % avaient entre 36 et 44 ans. Trente-sept pour cent detenaient un diplome d'etudes secondaires et 63 % un diplome d'etudes superieures. Soixante-dix pour cent avaient un revenu personnel se situant entre 5 000$ et 30 000$. Soixante-cinq pour cent des victimes de l'etude etaient en relation recente (entre trois mois et trois ans) avec leur conjoint alors que 34 % etaient mariees ou en union de fait depuis trois a 7 ans.

Instruments

Le mode d'evaluation a ete realise de deux manieres distinctes: d'une part, a partir d'une entrevue clinique structuree afin d'evaluer la presence d'un TSPT present et passe chez les conjoints et, d'autre part, a partir de questionnaires auto-rapportes afin de mesurer les autres variables a l'etude. Tous les instruments de mesures de la presente etude possedent de bonnes qualites psychometriques et ont ete valides en francais.

L'Entrevue clinique structuree est la version francaise du Structured Clinical Interview for DSM-IV (SCID) (version DSM- IV) qui sert a evaluer les symptomes actuels et a etablir le diagnostic d'un TSPT.

L'Echelle Modifiee des Symptomes Traumatiques (EMST), traduction et adaptation quebecoise du Modified PTSD Symptoms Scale (Falsetti et al., 1993) par Stephenson et al. (1995), est un instrument de mesure auto-administre permettant d'evaluer la severite et la frequence des symptomes du TSPT, selon les criteres du DSM-IV. Cet instrument contient 34 items repartis egalement dans les sous-echelles Frequence et Severite. La severite du trouble est evaluee selon une echelle d'intensite de cinq points allant de << pas du tout perturbant >> a << extremement perturbant >>. Quant a la frequence, elle est evaluee sur une echelle d'intensite de quatre points allant de << pas du tout >> a << presque toujours >>.

L'Inventaire de depression de Beck (IDB) est la version francaise du Beck Depression Inventory (Beck et al., 1979). Ce questionnaire mesure la presence et l'intensite de 21 symptomes de depression.

Le Questionnaire sur la nature de l'agression elabore par Khouzam (1995) est inspire du Questionnaire des caracteristiques de l'agression de Brillon (1995), et des statistiques annuelles de la Table de concertation de Montreal en matiere de crimes a caractere sexuel. Ce questionnaire de 24 items a choix multiples evalue la nature de la violence interpersonnelle, les circonstances entourant le devoilement, le moment du devoilement, la presence de violence de la part du conjoint et enfin, sur la prise en charge et le suivi medical et psychologique.

Le Questionnaire de la peur de l'intimite (Fear of Intimacy Scale, FIS) (Descutner et Thelen, 1991) evalue la peur de l'intimite chez les hommes et les femmes. Cette echelle a ete traduite et adaptee par Khouzam et al. (1999). Ce questionnaire de 35 items evalue les sentiments vecus par une personne lors de relations intimes.

L'Evaluation de la Satisfaction Sexuelle est un questionnaire compose de 25 items et a ete developpe par Hudson et al., (1981). Le point de coupure de ce questionnaire a ete etabli a 33. Plus ce nombre est eleve, plus l'insatisfaction sexuelle est grande. Ce point de coupure sert de point de comparaison pour les moyennes obtenues dans la presente etude.

L'Echelle d'Ajustement Conjugal (Wright et Sabourin, 1985) est la version francaise du Marital Adjustment Test (Locke et Wallace, 1959) qui est l'un des instruments de mesure de la satisfaction conjugale les plus utilises. Il porte sur les principales sources d'accord et de desaccord a l'interieur du couple. Il contient 15 enonces et une structure factorielle unique.

Le questionnaire de la Connaissance d'un soutien adequat et du Comportement de Soutien Social (Social Support Knowledge and Social Support Behavior) a ete developpe par Johnson et al. (1993). Cet instrument a deux echelles a ete traduit et adapte par Khouzam et Ouimet (2000). La section consacree a la connaissance d'un soutien adequat comprend 17 items, dont neuf items positifs et huit items negatifs, qui mesurent la dichotomie entre la connaissance que peut avoir un individu des attitudes qui aident ou non une personne en detresse. La section sur le comportement de soutien comprend 14 items qui evaluent sur une echelle en cinq points, si le comportement de soutien offert correspond a la connaissance du soutien. Pour chaque questionnaire, une version a ete adaptee pour chacun des partenaires. Par exemple, une attitude negative dans la version pour la victime telle << Il vous passe le message de ne pas exagerer la situation plus qu'il ne le faut >> a sa contrepartie dans la version du conjoint : << Vous lui passez le message de ne pas exagerer la situation plus qu'il ne le faut >>.

Le Questionnaire des Reactions Sociales (Social Reactions Questionnaire) a ete developpe par Ullman (2000) et traduit en francais par Khouzam et al. (2000). Sur une echelle de cinq points, ce questionnaire est compose de 48 items qui evaluent aupres des victimes d'agression sexuelle une variete de reactions sociales positives et negatives exprimees a l'entourage a la suite du devoilement de leur agression. Sept types de reactions sociales ont ete identifies dont deux types de reactions positives : 1) l'aide tangible et l'information aidante; et 2) le soutien emotionnel; cinq types de reactions negatives: 1) prendre le controle des decisions de la victime; 2) la blamer; 3) la traiter differemment (stigmatiser ses reponses); 4) la distraire (par exemple : en lui disant de prendre sa vie en main); et 5) avoir un comportement egocentrique (la nature du soutien est orientee davantage vers ses propres besoins plutot que vers les besoins de la victime). Pour chaque membre du couple, une version du questionnaire a ete adaptee. Par exemple, un soutien emotionnel dans le questionnaire des victimes tel << Il vous a dit que ce n'etait pas de votre faute >> a sa contrepartie dans le questionnaire du conjoint << Vous lui avez dit que ce n'etait pas de sa faute >>.

Procedure d'evaluation

Lors de la premiere rencontre, la chercheure s'est presentee a la participante et lui a fourni des explications concernant les objectifs de l'etude, lui a lu le formulaire de consentement et s'est assuree de sa comprehension du contenu avant d'obtenir sa signature. En plus de l'evaluation clinique a l'aide du SCID, la chercheure a complete le questionnaire des donnees sociodemographiques ainsi que celui contenant des informations concernant la nature de l'agression. A la suite de cette premiere etape, les participantes ont eu a remplir sur place les questionnaires auto-administres.

A la fin des deux premieres etapes d'evaluation (temps 1), un rendez-vous a ete fixe pour la prochaine rencontre (temps 2), soit quatre mois plus tard afin d'evaluer a nouveau l'etat des victimes et de repondre aux memes questionnaires auto-administres. Au terme du processus d'evaluation, une breve rencontre a permis aux participantes de parler de l'impact de leur participation. Certaines victimes ont obtenu des references pour des therapies individuelles ou de couple. La chercheure leur a alors remis une retribution de 100 $ pour leur participation.

Devis de recherche

Le protocole utilise est un plan factoriel mixte combine 2 x 2 a deux groupes independants et a mesures repetees sur la derniere variable. Les deux variables independantes sont le moment du devoilement (precoce ou tardif) et le moment de mesure (lors de la premiere evaluation et quatre mois plus tard). Les moments de mesure ont ete determines en fonction des criteres du DSM-IV qui permettent de diagnostiquer la presence d'un TSPT aigu, soit d'un mois a trois mois apres l'evenement traumatique, et d'un TSPT chronique plus de trois mois apres l'evenement traumatique. Par consequent, un des criteres d'inclusion est que l'evenement traumatique se soit produit au moins un mois avant la premiere rencontre d'evaluation. Afin de tenir compte des etudes sur le temps de retablissement et de son lien avec l'attenuation des symptomes du TSPT, dans la presente etude, les victimes seront reevaluees quatre mois apres la premiere rencontre afin de mesurer l'impact a long terme des aspects negatifs et positifs des variables a l'etude.

Pour les fins de l'etude, les moments du devoilement ont ete determines en ne prenant pas en consideration le fait que le conjoint soit present ou non dans la vie de la victime lorsque l'agression sexuelle est survenue. Le devoilement precoce se definit comme etant (a) un devoilement qui survient moins d'une semaine apres l'evenement ou (b) un devoilement qui survient dans le contexte de la premiere semaine de frequentation d'un nouveau conjoint (n = 17). Le devoilement tardif se definit comme etant le devoilement de l'evenement survenant plus d'un mois apres sa survenue (n = 10).

Resultats

Analyses preliminaires

Le tableau 1 presente les informations sur la nature de l'agression sexuelle en fonction du moment du devoilement. Chez 35% des participantes, l'agression sexuelle est recente (un mois avant la premiere entrevue d'evaluation), alors que dans 65% des cas, l'agression sexuelle est survenue de six mois a sept ans avant l'entrevue d'evaluation. La majorite des victimes de notre echantillon ont vecu une agression sexuelle complete avec menaces verbales. Lors de l'entrevue clinique, 26% des victimes presentent des symptomes cliniques de TSPT, dont quatre presentent un TSPT aigu et trois un TSPT chronique. Soixante-quatorze pour cent des victimes ont porte plainte a la police. Quatrevingt-un pour cent des participantes recevaient ou avaient recu un traitement therapeutique au moment de la premiere rencontre d'evaluation clinique.

En lien avec le moment du devoilement, le tableau 1 indique que 59% des conjoints etaient dans la vie de la victime au moment de l'evenement traumatique. Que le conjoint ait ete ou non dans la vie de la victime au moment de l'evenement, le taux de devoilement precoce est de 63%, et il est de 37% pour le devoilement tardif. Lorsqu'on evalue le lien entre le moment du devoilement et la participation ou non du conjoint, on constate que 67% des victimes dont les conjoints ont participe au processus d'evaluation ont informe ce dernier dans les deux a trois jours suivant l'evenement; les autres le feront plus de six mois a sept ans apres. Parmi les conjoints qui etaient presents dans la vie de la victime au moment de l'evenement, 33% ont ete la premiere personne informee de l'agression. Afin de comparer l'equivalence des participantes, en ce qui a trait a chacune des deux conditions que sont le devoilement precoce et tardif, des tests statistiques ont ete utilises ainsi que des tests non parametriques dont le Chi-carre pour les cinq variables. Les resultats indiquent que les deux conditions ne different pas de facon significative en ce qui concerne quatre des variables identifiees dans le tableau 1. Il y a une difference (p = 0.048) pour l'item << premieres personnes informees >> ce qui signifie que pour le devoilement tardif, les victimes ont devoile l'evenement exclusivement a une personne de l'entourage plutot qu'au conjoint.

Analyse des resultats

Afin d'evaluer l'impact des moments de devoilement (precoce ou tardif) concernant les reponses des victimes mesurees par les variables dependantes, une ANOVA a mesures repetees (2 groupes [precoce ou tardif] X 2 temps de mesure) permet de verifier s'il y a des differences significatives entre les deux groupes et ce en fonction du passage du temps. Le seuil de signification a ete etabli a p < 0.05 (voir Tableau 2).

Les resultats obtenus ne permettent pas d'observer de difference significative entre les groupes sur les variables dependantes. Au temps 2, soit quatre mois plus tard, l'ANOVA a mesures repetees permet d'obtenir certains resultats significatifs, soit un effet temps pour la sous-echelle negative egocentrisme du conjoint et la sous-echelle positive (soutien emotionnel) du questionnaire des reactions sociales. Les victimes des deux groupes percoivent davantage de comportements d'egocentrisme de la part du conjoint avec le passage du temps F (1.25) = 6.52, p =.017. De plus, les victimes des deux groupes mentionnent recevoir plus de soutien emotionnel avec le passage du temps [F (1, 25) = 14.43, p = 0.0008]. Enfin, le passage du temps permet d'obtenir un effet d'interaction concernant les symptomes depressifs. Les victimes dont le devoilement est precoce presentent davantage de symptomes avec le temps, alors que les victimes dont le devoilement est tardif presentent moins de symptomes au temps 2 [F (1,25) = 4.26, p = 0.050].

De facon tout a fait exploratoire, nous analysons egalement s'il existe une difference d'impact entre les victimes dont le conjoint participe au processus d'evaluation, et les victimes dont le conjoint ne participe pas au processus d'evaluation en fonction des reponses liees aux victimes, Le cas echeant, cette difference persiste-t-elle dans le temps ?

Analyse des resultats

Une ANOVA a mesures repetees (2 groupes [avec la participation, sans la participation] X 2 temps de mesures) permet de verifier s'il y a une difference entre les deux groupes.

Les resultats indiquent un effet groupe tous temps confondus concernant la peur de l'intimite. Les victimes dont le conjoint ne participe pas au processus d'evaluation obtiennent, d'une part, des cotes plus elevees de peur de l'intimite que les victimes dont le conjoint participe au processus d'evaluation IF (1, 25) = 5.47, p = 0.03], et, d'autre part, moins d'aide tangible que celles dont les conjoints participent [F (1, 25) = 5.72, p = 0,03].

Au temps 2, soit quatre mois plus tard, l'ANOVA a mesures repetees revele un effet du temps pour la sous-echelle negative << egocentrisme >> et la sous-echelle positive << soutien emotionnel >> du questionnaire des reactions sociales. Les victimes des deux groupes notent un comportement egocentrique de la part du conjoint qui augmente au temps 2 [F (1, 25) = 7.50, p = 0.01]. De plus, les victimes des deux groupes disent recevoir plus de soutien emotionnel avec le temps [F (l, 25) = 16.12, p = 0.005].

Discussion

Dans la presente etude, les victimes dont le devoilement est precoce ou tardif vivent sensiblement les memes niveaux de reactions psychosociales positives et negatives. Par exemple, le passage du temps a permis de constater que les victimes constatent une augmentation de la perception d'egocentrisme du conjoint et du soutien emotionnel avec le temps. De plus, les victimes dont le devoilement est precoce presentent, avec le temps, davantage de symptomes depressifs que les victimes dont le devoilement est tardif. Les femmes victimes d'une agression sexuelle ont donc a gerer non seulement leurs propres reactions face a cette agression et ses consequences, mais elles doivent aussi subir les reactions emotives des conjoints et certaines d'entre elles doivent en plus composer avec l'attitude non soutenante de leur conjoint (Shimp, 2000).

En ce qui a trait a l'augmentation du soutien emotionnel avec le temps, nos resultats vont dans le meme sens que ceux obtenus par Sales et al. (1984) qui notent l'impact favorable du soutien emotionnel chez les victimes d'agression sexuelle avec le temps. Par contre, nos resultats n'appuient pas ceux de Miller et al. (1982) ni ceux de Golding et al. (2002) qui notent un soutien emotionnel faible de la part des conjoints. Toutefois, davantage que les moments de devoilement, comme le soulignent Ulman et Filipas (2001), le simple fait de parler abondamment de l'evenement avec plusieurs personnes semble lie a davantage de reactions sociales positives, et peut se reveler particulierement therapeutique pour les victimes.

Toutes les victimes rapportent une hausse significative de l'attitude << egocentrique >> de la part du conjoint. Ces donnees appuient les resultats de l'etude de Davis et al. (1991), mais pas ceux de Ulman (2000). Selon Ulman, ces comportements dits egocentriques de l'entourage, incluant les conjoints, sont rapportes plus frequemment par les victimes dites recentes. Ces comportements sont percus par les victimes comme etant, d'une part, orientes davantage vers leurs propres interets et, d'autre part, comme ne repondant pas a leurs besoins personnels a elles. Cette evaluation est le resultat d'une perception subjective de la part des victimes, et pourrait temoigner d'un manque de communication entre les membres du couple et/ou d'un manque d'empathie de la part de la victime face aux reactions emotives de son conjoint (Moss et al., 1990). Par exemple, lorsque les conjoints demandent davantage de details sur l'agression, ceci pourrait etre percu par les victimes comme un moyen de satisfaire leur curiosite, et etre vecu comme de l'insensibilite blessante et humiliante (Ulman, 2000). L'auteur reconnait toutefois la faiblesse de cette sous-echelle puisqu'elle peut comporter une large part de subjectivite de la part des repondantes.

D'un point de vue relationnel, il est important d'etre prudent dans nos conclusions quant aux effets nuisibles des interactions et leurs effets sur l'etat des victimes. Ces effets peuvent, selon Fannery (1990), se produire de facon tout a fait involontaire alors que les deux parties sont bien intentionnees. La perception individuelle de soi et de l'autre, l'etat emotionnel comme la presence de symptomes depressifs peuvent influencer l'interpretation des comportements emis et recus. De plus, les echanges peuvent aussi echouer si les deux membres du couple ne partagent les memes valeurs, ni les memes objectifs. Enfin, il se peut que le conjoint ne sache pas comment apaiser, soutenir sa partenaire ou il peut etre depasse par la situation.

Il n'existe pas d'etude ayant evalue les effets a long terme des reactions sociales negatives. Des evaluations effectuees de facon longitudinale permettraient d'observer de facon plus juste l'impact des moments du devoilement sur les differentes variables a l'etude, de meme que l'impact du passage du temps.

Il existe tres peu de ressources pour sensibiliser la victime et les personnes significatives de son entourage sur les consequences de l'evenement, et sur la facon d'agir pour l'aider a s'en sortir. Il est donc important d'intervenir aupres des victimes en leur demandant de bien identifier la ou les personnes qu'elles considerent les plus en mesure d'etre receptives au devoilement de l'evenement. De plus, face a l'evidence des reactions sociales negatives a la suite du devoilement, il serait important de prevenir les victimes de l'eventualite de reactions negatives de la part de l'entourage, et de leur suggerer d'eviter ces reactions lorsqu'elles tentent de recevoir du soutien (Campbell et al., 2001; McAuslan, 1998; Ulman, 1996b). Il serait egalement bon d'offrir a la victime de rencontrer le conjoint le plus rapidement possible pour lui permettre de verbaliser sur l'impact de l'agression, et de le sensibiliser sur les reactions liees aux reactions de stress aigu (Ahrens, 2002).

En plus d'offrir des ressources pour les victimes, il est fortement recommande de mettre sur pied des interventions therapeutiques de couple ou individuelles impliquant l'integration du conjoint dans le processus therapeutique a un moment specifique du traitement (Andrews et al., 2003; Guay et al., 2004). Puisque les rares etudes prenant en consideration les effets du passage du temps indiquent que plus le soutien social est present immediatement apres l'evenement, moins il y a de comportements d'evitement apres plusieurs mois (Joseph et al., 1993), il est extremement important de sensibiliser les victimes et leurs conjoints a l'egard des reactions et des symptomes a court et a long terme, de soutenir le couple dans sa demarche de recuperation et d'amelioration de la communication le plus rapidement possible.

Il est difficile de generaliser nos resultats compte tenu de notre faible taille echantillonnale et du fait que les participantes etaient toutes heterosexuelles, de sexe feminin et caucasienne. De plus, on note une grande variabilite dans la periode de victimisation qui passe de un mois a sept ans, ce qui, par consequent, ne permet pas de bien cerner l'impact reel du moment de devoilement sur les differentes variables. Le fait que certains conjoints etaient presents dans la vie de la victime au moment oo l'agression se produisait alors que d'autres le sont apres l'evenement, n'a certainement pas le meme impact sur certaines variables. Ces deux derniers facteurs devraient donc etre controles lors du moment du recrutement.

De plus, compte tenu que plusieurs resultats frolent le seuil de signification, la poursuite de l'etude incluant un plus grand nombre de participantes permettrait possiblement d'obtenir des differences statistiquement significatives et une meilleure validite externe.

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Christiane Khouzam, Candidate au Ph.D., Departement de psychologie, Universite du Quebec a Montreal.

Andre Marchand, Ph.D., professeur, Departement de psychologie, Universite du Quebec a Montreal.

Stephane Guay, Ph.D., chercheur, Centre de recherche Fernand-Seguin.

Remerciements

Les auteurs remercient France Gilbert pour la relecture attentive de cet article.

La remuneration des participantes a ete possible grace a un fonds de recherche de l'UQAM octroye au deuxieme auteur.
Tableau 1
Informations sur la nature de l'agression des victimes
en fonction du moment du devoilement

Nature de l'agression             Condition d'evaluation

                           Devoilement   Devoilement
                             precoce       tardif        p

Victimes                     N = 17        N = 10
Type d'agression
  Par connaissance             59%           70%       0.15
  Par stranger                 41%           30%
TSPT
  Presence                     24%           30%       0.80
Presence du conjoint
  Premiere relation            71%           40%       0.12
  Deuxieme relation            29%           60%
Declaration a la police        82%           60%       0.20
Premieres personnes
  informees
  Entourage (pere,             47%          100%
  mere, amie)
  Conjoints                                            0.005
                               53%           0%

Note: Temps de devoilement: precoce = immediatement a 1 semaine;
tardif = 1 mois a 7 ans

P = Test exact de Fisher.

Tableau 2
Scores moyens et ecarts types des victimes selon
le moment de devoilement an temps 1 et an temps 2

Variables                    Devoilement precoce

                          Temps 1               Temps 2

EMST               51.58     (19.35)     47.12     (20.11)
QPI                88.82     (20.25)     87.12     (21.91)
QCS                12.53      (1.91)     11.88      (2.67)
CS                  3.94      (7.60)      3.82      (7.83)
EAC                88.18     (27.53)     85.06     (31.04)
ESS                35.00     (20.47)     38.06     (24.88)
IDB                19.94     (11.40)     21.29     (11.70)

SRQ

blame               1.44      (0.74)      1.27      (0.95)
egocentrisme        0.95      (0.51)      1.26      (0.72)
distraction         1.25      (0.61)      1.39      (0.66)
controle            0.99      (0.61)      1.21      (0.75)
stigmatisation      0.74      (0.79)       .90      (1.00)
aide tangible       2.08      (1.00)      2.05      (1.04)
Soutien
emotionnel          0.99      (0.61)      2.38      (1.21)

Variables                      Devoilement tardif

                          Temps 1               Temps 2        p

EMST               51.10     (15.60)     47.20     (21.11)
QPI                94.60     (17.44)     92.10     (19.95)
QCS                12.60      (2.41)     13.50      (1.43)
CS                  .20      (10.41)      .30       (9.48)
EAC                78.90     (32.33)     71.20     (35.28)
ESS                44.90     (18.42)     39.90     (21.89)
IDB                23.80     (11.17)     15.60      (8.66)    ***

SRQ

blame               1.70      (0.81)      2.02      (1.56)
egocentrisme        .83       (0.58)      1.02      (0.55)     **
distraction         1.20      (0.89)      1.92      (0.96)
controle            .92       (0.97)      1.03      (0.91)
stigmatisation      1.00      (1.18)      1.11      (1.29)
aide tangible       1.25      (0.76)      1.54      (1.03)
Soutien
emotionnel          .92       (0.97)      1.93      (1.21)

Note: devoilement precoce N = 17 victimes; devoilement tardif N =
10 victimes

p < 0,05. * = effet groupe. ** = effet temps, *** = effet
d'interaction; EMST = Echelle modifiee des symptomes du trouble de
stress post traumatique; QPI = Peur de l'intimite PI; QCS =
Questionnaire sur la connaissance d'un soutien adequat CS =
Questionnaire sur le comportement de soutien; EAC = Satisfaction
conjugale : ESS = Satisfaction  sexuelle: SRQ = Questionnaires
des reactions sociales [sous-echelles negatives Reaction Sociale
blame;  egocentrisme; distraction; controle; stigmatisation:
sous-echelles positives Reaction sociale aide tangible;  soutien
emotionnel]  IDB = inventaire de depression de Beck = depression
legere = 10-18 depression moderee = 19-29
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Author:Khouzam, Christiane; Marchand, Andre; Guay, Stephane
Publication:Sante Mentale au Quebec
Date:Mar 22, 2007
Words:8672
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