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Heracles chez Syleus ou le heros entre soumission et resistance.

Heracles and Syleus, the hero between submission and resistance

RESUMEN: Sileo, el drama satirico de Euripides, narra las desventuras de un rico viticultor que compro un esclavo, Heracles. Una vez mas, y sirviendose de la comicidad, el mito situa a los heroes en un entorno de esdavitud. Aunque esta obra no puede considerarse un reflejo de la realidad social, no cabe ninguna duda de que la historia ayuda a comprender los aspectos simbolicos de la esclavitud, da fe de la sumision y nos descubre peculiares formas de resistencia.

?Por que Heracles? Primero, porque el mismo encarno a latris y doulos; segando, porque desempeno un papel decisivo ligado a la integracion del mito; y tercero y fundamentalmente, porque los santuarios erigidos a su nombre resultaron claves para la manumision de los esclavos.

Palabras clave: mito, trabajo esclavo, sumision, resistencia y revueltas.

ABSTRACT: Syleus, Euripides' satirical drama, points at the misadventures of a rich vine-grower who has bought Heracles as a slave. Ina comic way, the myth once more brings heroes into the space of slavery. Indeed, we cannot look at it as reflecting social reality, but there is no doubt that the story helps us to understand the symbolic aspects of slavery, acknowledges submission and reveals peculiar looking forms of resistance.

Why Heracles? Because he himself incarnated both latris and doulos, because he played an instrumental role in the integration of the myth and, fundamentally because of the role played by his sanctuaries in slave manumission.

Key words: myth, slave labour, submission, resistance-revolt

L'un des huit drames satyriques ecrits par Euripide mettait en scene Heracles chez Syleus, un riche vigneron auquel il avait ete vendu comme esclave, a moins qu'il ne lui fut prete --nous y reviendrons- car l'episode figure parfois, avec celui des Cercopes, comme une sequence de l'esclavage chez Omphale.

Une fois de plus --et, ici, notons-le, sur le mode comique-- Heracles entre dans la sphere de l'esclavage. Une constante, en effet, d'Homere aux mythographes tardifs, athlos --le nom canonique pour dite les exploits ou les <<travaux>> du heros-- reste la tache imposee. Celui dont Homere chantait <<les gemissants travaux>>, celui qui dut affronter des taches non seulement demesurees, epuisantes, heroiques au sens noble du terme mais aussi des besognes grossieres, immondes ... bref serviles, est ici non plus seulement un habitue du ponos, un latris mais un doulos.

Les Grecs ne s'y sont pas trompes et, lorsque dans la parabase de la Paix (741 sq.), Aristophane se vante d'avoir ecarte de son theatre les effets faciles qu'entraine la presence des esclaves, ce sont <<les Heracles petrisseurs et affames d'antan>> qu'il pretend avoir proscrits. Le nom d'Heracles sert a dite ou a figurer l'esclave (1). C'est la la traduction, sur le registre de la comedie, d'une tradition bien etablie selon laquelle Heracles est --et cette fois ce sont les termes de Sophocle que je reprends-- <<toujours au service d'un autre>> (Trachiniennes, 35).

Je ne veux pas revenir ici sur le probleme du ponos du heros que j'ai deja etudie autrefois (2) et pas plus sur ce [TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.], ce <<salaire de serviteur>> que parfois il recoit (ou attend en vain d'ailleurs!). Mais si l'ensemble des actes d'Heracles se trouve engage dans un reseau de dependance (cette latreia du fils de Zeus a laquelle, parfois, semble se resumer sa vie) (3), c'est aujourd'hui la seule douleia qui m'interesse. Cette douleia, on la resume habituellement a la servitude chez Omphale et il est vrai qu'elle frappe d'autant plus que dans les rapports ainsi etablis entre Heracles et la reine de Lydie, s'inversent non seulement le traditionnel rapport homme/femme mais encore le rapport Grec/Barbare plus historiquement determine. J'ai etudie a Mytilene cet entrecroisement des themes du travail et du gender (4). Je voudrais ici envisager la sequence bien precise de l'esclavage chez Syleus, qui informe, non seulement sur le statut servile mais --et c'est bien ce qui interesse notre colloque-- sur le rapport maitre-esclave et, singulierement, sur le comportement de l'esclave.

En quelques mots il me faut encore regler un probleme de methode. Est-il bien serieux de <<faire de l'histoire>> avec ce qui pourrait n'apparaitre que comme une plaisante mesaventure?

Un premier element de reponse: l'esclavage d'Heracles ne concerne pas seulement le heros grotesque des comiques comme pouvait le penser naguere M.M.. Mactoux (5):

Le fils d'Alcmene lui-meme jadis fut vendu, dit-on, et dut se resigner a vivre du pain de l'esclave.

[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]

C'est Eschyle qui, le premier, l'atteste dans l'Agamemnon (1040-1041) et le theme se retrouve tout au long de l'Antiquite et jusqu'a Lucien qui fait d'Heracles ce gaillard <<taille pour les travaux>>, <<l'homme de peine>> et <<l'esclave>> d'Eurysthee (6).

Mais surtout, une longue frequentation de cet habitue du ponos qu'est Heracles, un ponos qui est a la fois labeur et souffrance ou, plus exactement souffrance parce que labeur, F. Mawet l'a bien montre (7), m'engage a prendre le risque d'utiliser son exemple, bien sur imaginaire, pour apprehender cette lourde realite humaine que fut la dependance dans l'Antiquite. Prisme deformant, certes, le mythe n'en est pas moins un horizon privilegie de la connaissance --privilegie parce que total et globalisant-- meme si, en les fondant en eternite, il se caracterise aussi par .la deperdition de la qualite historique des choses>> (R. Barthes). Je m'en tiendrai aujourd'hui a cette affirmation dans la mesure oo j'ai traite longuement, ailleurs, des rapports du Mythe a l'Histoire.

1. LA MESAVENTURE DE SYLEUS ET DE SON ESCLAVE

Pour Apollodore comine pour Diodore, nos informateurs les plus connus, 1es mesaventures de Syleus et de son esclave sont un simple episode de la douleia d'Heracles chez Omphale (8).

Une version assez coherente se degage de leurs recits, tres voisins en ce qui concerne Omphale, un peu moins lorsqu'on en vient a Syleus. L'origine de la servitude est la meme: le refus d'Eurytos, mi d'Oechalie d'accorder a Heracles la main de sa filie Iole et le meurtre d'Iphitos venu recuperer les cavales, volees en represailles par le heros (9). Atteint d'une maladie grave Heracles consulte l'oracle de Delphes et ce dernier lui impose d'etre <<vendu comine esclave>> afila de donner le prix de la vente en reparation du meurtre d'Iphitos, a son pere pour Apollodore, a ses enfants pour Diodore.

Apollodore precise que cette servitude doit durer trois annees entieres et, dans sa version, c'est Hermes qui est charge de la rente. Pour Diodore, c'est avec ses atais qu'Heracles se rend en Asie et c'est l'un d'entre eux qui le vend, publiquement comine l'avait voulu l'oracle (10).

Pour Diodore toujours, Herades, esclave d'Omphale, commence son travail en eliminant les brigands qui infestaient la region. Parmi ces brigands, les Cercopes et <<Syleus, qui forcait les etrangers a biner ses vignobles>>. La phrase est lapidaire <<il le tua d'un coup de sa propre houe>> (11). Le resume d'Apollodore est un peu plus complet:
   Heracles, esclave d'Omphale, captura et attacha les Cercopes de la
   region d'Ephese; il tua, avec sa fille Xenodoke, Syleus qui, a
   Aulis, obligeait les etrangers de passage a becher, et li brula ses
   piecls de vigne jusqu'a la racine (12).


Deux precisions donc: l'existence de la fille de Syleus (ici appelee Xenodoke, et tuee, comme son pere, par Heracles) et la destruction des biens de Syleus (ou, du moins, de ses vignes).

Toute differente est l'histoire, beaucoup plus longue, que raconte Conon, dans ses Narrations, une histoire qu'on peut lire dans la Bibliotbeque de Photius (Texte 5) (13). Elle met en scene deux freres, fils de Poseidon (detail important pour le mythe heracleen sinon pour notre propos): Dikaios et Syleus <<qui vivaient dans la region du Pelion, montagne de Thessalie>>. L'un d'eux, Dikaios, comme son nom l'indique etait juste; rautre, Syleus, etait un arrogant et fut tue par Heracles. Suit alors une veritable romance: Heracles, heberge par Dikaios s'eprend de la filie de Syleus qu'elevait son hote, il l'epouse mais, alors que le heros, occupe a ses <<travaux>> etait loin d'elle, l'heroine pleure son absence et se laisse mourir d'amour. Il s'en faut de peu qu'Heracles, revenu a la hate, ne se jette avec elle dans le bucher funeraire. Le mythe s'efface donc devant la bluette et la puissance de l'amour comme, d'ailleurs, se transforme aussi l'histoire d'Omphale puisque le theme des amours du fils de Zeus et de la reine lydienne finit par prendre en charge la necessaire servitude du heros. Certes Heracles est esclave mais, dans la lecture romaine du mythe, ce ne peuvent etre que les chaines de l'amour qui le retiennent aupres d'Omphale!

La version sentimentale que donne Conon ne nous retiendra guere (sinon pour remarquer que, comme chez Apollodore, la localisation de l'episode:le Pelion n'est pas asiatique mais grecque). Nous nous attarderons, en revanche, sur les mentions les plus anciermes:

Le premier temoignage litteraire concernant le mythe de Syleus est, en effet, le drame satyrique d'Euripide. Nous n'en possedons plus que les quelques fragments d'une hypothesis (14) mais Tzetzes a heureusement conserve le resume de rintrigue:
   Quand Heracles fut vendu a Sylee comme esclave agricole ([TEXTO
   IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]) il fut envoye aux champs pour travailler
   dans le vignoble. Mais il arracha, avec son hoyau tous les pieds de
   vigne avec leurs racines et les porta sur son dos jusqu'a la
   demeure. Il en fit un gros tas, sacrifia le plus fort des boeufs et
   s'en rassasia; il forca la porte du cellier, deboucha le plus beau
   pithos et, installant les portes en guise de table, <<il s'assit et
   but>> en chantant. Regardant le maitre des champs d'un oeil
   menacant, il commanda les fruits de la saison et des gateaux; et,
   pour terminer, cet esclave, expert en agriculture, deriva le fleuve
   entier en direction de l'etable et inonda le tout (15) (texte 2).


Aux cotes des personnages du drame: Silene, Hermes, Heracles, Syleus et Xenodike, le choeur --qui, dans le prologue, expose l'intrigue-- etait bien sur compose de satyres.

Les fragments permettent de completer et de preciser rargument. Du premier fragment (16) on retiendra:

--qu'il n'est pas, dans cette premiere version du Syleus, fait mention d'Omphale: Heracles est vendu pour un an, probablement directement a Syleus

--qu'il n'est pas question non plus de l'oracle de Delphes: Zeus impose luimeme le chatiment a Heracles pour sanctionner le meurtre d'Iphitos (la cause est donc la meme)

--Xenodike, filie de Syleus, est apparemment, dans la piece, poursuivie par les satyres et non pas tuee mais sauvee par Heracles.

Dans les fragments 2 a 6, Hermes, ici aussi charge de la rente, propose a Syleus de prendre Heracles a son service et il fait l'article, si j'ose dire: <<... pas ordinaire le moins du monde mais tout le contraire. Il est noble d'aspect, sans humilite et sans la lourdeur exageree caracteristique d'un esclave ...>> (17). Manifestement Syleus hesite (fragment. 3): <<Pas un homme ne veut acheter pour sa maison des gens qui seraient meilleurs marres que lui. Rien qu'a te voir (il s'adresse a Heracles) on te craint. Ton mil est plein de feu, comme un taureau qui guette la charge du lion>> ... et plus loin (fragment 4): <<Rien que ton aspect, meme si tu te tais, revele que tu ne serais pas docile mais que tu prefererais commander plutot qu'obeir>> (18). Interessante ambiguite de cet esclave qui, s'il doit en assumer la fonction, non seulement n'en est pas un mais est loin d'en avoir les apparences. Ce renversement du rapport maitre/esclave n'est evidemment pas anodin.

Hermes doit etre bon vendeur car, malgre ses hesitations et ses craintes, Syleus engage Heracles et l'envoie aux champs. C'est probablement apres son action devastatrice que, dans le fragment 5, Heracles invite Syleus et le defie: <<Couche-toi et buvons. Essaie voir si tu me surpasses en la matiere!>> (19). Apres un fragment 6 bien difficile a integrer dans le deroulement de la piece vient une sorte de <<morale>> qui pourrait donner le sens tres general de toute la carriere d'Heracles (fragment 7) et qu'on imagine volontiers prononcee au moment oo le heros tue Syleus: <<Pour les justes, je suis juste, mais pour les mechants, il n'y a pas d'ennemi plus implacable sur terre>> (20).

Quant au repas d'Heracles il parar decrit dans le fragmentl0:

<<Avec la viande de boeuf, il mangeait des figues vertes, hurlant des sons discordants au point que meme un barbare s'en rendrait compte>> (21) ... une description qui fait fortement penser au goinfre decrit par Epicharme, ce goinfre dont les canines grincent, les narines sifflent, les oreilles s'agitent et dont le fracas des machoires fait, lorsqu'il mange, mourir de peur son entourage (22).

Dans les fragments 8 et 9 on retrouve egalement le trousseur de filies qu'est habituellement Heracles. II faut sans doute donner une connotation sexuelle a la trique (xylon) du tres vert fragment 8 (23) et, dans le suivant, Heracles se propose tout simplement de consoler, sur l'oreiller, Xenodike qui vient de perdre son pere et ses biens.

<<Entrons, allons nous coucher, essuie tes larmes>> (24) et la piece satyrique se termine dans l'allegresse generale au milieu des danses des satyres. Tout est bien qui finit bien.

Voici donc ce qu'avec des variantes assez sensibles, la tradition conserve de la confrontation d'Heracles et de Syleus. Je ne m'interesserai ici a la sequence mythique qu'en ce qu'elle peut nous aider a <<penser>> les rapports maitre/esclave et singulierement le comportement de l'esclave. Pour ce faire, il faut evidemment situer dans le temps et dans l'espace l'enonciation du recit.

2. LE COMPORTEMENT DE L'ESCLAVE DANS LE SYLEUS

2.1. L'apparition de la sequence d'Heracles chez Syleus

Le recit du meurtre d'Iphitos et de ses consequences pour Heracles est connu depuis Pherecyde au moins, a en juger par les scholies 21 et 22 a l'Odyssee (25). Concerne-t-il Omphale ou Syleus? Le doute reste permis.

C'est aussi du debut du ve siecle que datent les premieres representations figurees de la douleia chez Syleus (26) bien avant, donc, les premieres mentions litteraires d'Euripide. La confrontation est parfois presentee comme une simple rencontre des deux protagonistes, parfois en presence de la fille de Syleus, parfois en presence d'Athena, comme sur le stamnos de Copenhague (figure no 2). Le vase qui date de 490 est inscrit:aucun doute donc sur l'identite d'Heracles et surtout de Syleus, plus banalement vetu du chitoniskos et de l'himation.

Les plus precises (figure 1, de 490 egalement) representent Heracles dans le feu de l'action, la pioche a la main. Deux pieds de vigne, racines a l'air, ne laissent aucun doute sur ce qui est en train de se passer. D'ailleurs Syleus, qui brandit une double hache se precipite, venant de la droite.

Enfin, sur une amphore du Louvre un peu plus tardive (vers 470), Syleus accourt (toujours de droite a gauche dans le champ iconographique) vers Heracles qui a fait tomber une colonne dorique et qui, a la double hache, s'attaque a son chapiteau (figure 4). La face B montre Xenodike qui, elle aussi, se precipite vers le lieu du desastre.

Un peu en marge, j'ai donne la representation de quelques intailles plus tardives qui, dans le LIMC figurent sous la rubrique Lycurgue. Si, sur la premiere d'entre elles, c'est incontestablement ce heros qui se debat au milieu des vignes de Dionysos, les deux autres sont moins evidentes dans leur interpretation et on avait d'abord vu en elles Heracles dans le vignoble de Syleus.

La premiere vague de representations n'a donc pas ete provoquee par le drame satyrique d'Euripide. L'episode etait connu avant. Probablement independant a l'origine, il viendra finalement se greffer sur la sequence de la douJeia chez Omphale, au point de n'etre plus qu'un des travaux imposes a Heracles par la reine de Lydie ... au point aussi de se transporter en Orient alors qu'il semble bien avoir ete d'abord localise en Grece (Apollodore qui s'inspire des plus anciennes sources grecques a, quant a lui, conserve <<Aulis>> et Conon, pour sa part, mentionne le Pelion)

De surcroit, dans un discours mythique qui s'elabore avec le temps et voit se cristalliser autour d'Heracles de nouveaux episodes heroiques, la sanction obligee de Delphes ne s'est pas encore inscrite et c'est Zeus qui dicte la sentence et fait de la servitude de ce fils qu'il aurait aime voir regner sur Argos, la punition, ou plus exactement la necessaire compensation (la poine) d'un crime.

Il est pourtant significatif qu'alors que la latreia du fils de Zeus court tout au long du mythe, les episodes comme ceux de Syleus ou d'Omphale ne soient veritablement attestes qu'au Ve siecle: Heracles a ete vendu, Eschyle le disait deja27 et Sophocle, dans les Trachiniennes, insiste: Heracles n'est pas libre, il a ete achete28:

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et, a peine plus loin, c'est, comme Eschyle, le verbe mTrpaaxo qu'il utilize (29), un verbe qui signifie, comme l'a montre Benveniste, "faire passer, transferer" et qui, en consequence, donne a l'exil et a la vente une expression commune (30).

C'est d'ailleurs dans les deux cas: celui de Syleus, celui d'Omphale, le terme doulos qui est utilise., le plus courant en Grece pour designer celui que les anglo-saxons appellent le chattel-slaue et que nous connaissons sous le nom d'esclave marchandise. Il est hautement revelateur que le terme apparaisse dans la geste heracleenne au debut du ve. siecle, au moment meme oo il devient --on se reportera a une etude deja ancienne de M.- M. Mactoux (31)-- un veritable "mot-temoin" pour dire le statut de l'esclave. Precisons d'ailleurs qu'une recherche consacree a la servitude des dieux montre que le terme ne s'applique qu'au seul Heracles, et ne fait pas partie du vocabulaire des dieux au travail (32).

Sans doute n'est-ce pas un hasard si c'est au Ve siecle, precisement, qu'Euripide donne au theme de l'esclavage chez Syleus toute son ampleur en lui consacrant un drame satyrique, qu'on peine a dater precisement d'ailleurs mais qu'on situe generalement aux alentours de 430.

2.2. Le face a face maitre/esclave

Les fragments 3 et 4 du Syleus (voir textes en annexe) mettent face a face Heracles et son futur maitre, sans doute apres l'offre faite par Hermes a Syleus.

Cet affrontement mythique (c'est un heros qui toise un homme!) fait eclater ici, naturellement si j'ose dire, l'une des contradictions de l'esclavage auxquelles font echo, en cette fin du VL' siecle, les scenes atheniennes: il est des esclaves qui valent bien leurs maitres; il est des serviteurs qui semblent faits pour commander plus que pour obeir. Euripide l'affirme plusieurs fois: "Beaucoup d'esclaves valent mieux que les hommes libres" (33). Dans cette cite oo, soutiendra-t-on, les esclaves ont une insolente liberte de parole (34), Aristophane, lui aussi, fait dire au personnage de Carion dans le Ploutos qu'il arrive qu'un esclave ait plus de bon sens que le maitre auquel l'a livre le destin.. On pourrait multiplier les exemples qui prouvent ainsi qu'on respirait, a Athenes, un air impregne des lecons des Sophistes et des theories, qui commencaient alors a se repandre, sur l'unite naturelle du genre humain (35). Ce n'est sans doute pas un hasard si la subversion comique va plus loin: un fragment des Betes de Crates (14 et 15 K) annonce par exemple, que l'esclavage va disparaitre parce que les objets vont se mouvoir eux-memes. Ce n'est sans doute pas un hasard non plus si les justifications theoriques de l'esclavage apparaissent alors, qui se fondent sur l'existence d'une fonction d'esclave ("Ah, si les navettes tissaient elles-memes!") et affirment l'idee d'un esclavage naturel: "l'etre qui, grace a son intelligence est capable de prevoir est gouvernant par nature; l'etre qui, grace a sa vigueLir corporelle est capable d'executer est gouverne et par nature esclave"36. L'exemple mythique semble fait pour la demonstration. Le probleme se joue autour de l'opposition commander/obeir et ce sont ici les yeux "pleins de feu" qui attirent l'attention sur la personnalite exceptionnelle de cet esclave d'occasion.

2.3. Le comportement de l'esclave

Mais l'auteur fait aussi parler le langage des corps dont on sait a quel point il Servira ... et pas seulement dans l'Antiquite! Et c'est, cette fois, la vigueur corporelle du heros qu'utilise Euripide pour peindre le comportement de l'esclave ... C'est ainsi a un vieux debat qu'il nous renvoie: je me souviens d'une lointaine conference de P. Vidal-Naquet a Besancon sur le sujet de la "conscience de classe" de l'esclave, des revoltes et de la resistance qui l'opposent ou non a sa condition. De nombreuses etudes ont montre depuis, que c'est avec leurs propres armes, dans l'espace qui est le leur et avec l'alienation qui est la leur, que s'expriment les esclaves. Il n'est qu'a voir le portrait qu'en donne Aristophane: l'esclave fait sa besogne de mauvaise grace, trainasse, voire sabote son travail ... de surcroit il chaparde, biberonne et se goinfre autant qu'il le peut ... Resistance passive, effectivement difficile a identifier puisqu'elle s'inscrit au coeur meme de la soumission.

Le Syleus d'Euripide offre l'immense interet d'aller jusqu'au bout de cette logique: c'est la soumission elle-meme qui se transforme, non seulement en resistance active mais en veritable revolte. Heracles en effet, devenu esclave de Syleus, se met aussitot au travail qu'une fois de plus il s'est vu imposer, mais cette vigueur corporelle, cette force qui precisement l'apparentent a l'esclave, il les pousse jusqvi'a leur terme ... et bien au-dela puisqu'il est un heros! La vigne qu'il devait biner est vite arrachee par ses bras trop puissants. Sur les ceps entasses et enflammes il sacrifie les plus beaux des boeufs qu'il aurait du garder, il festoie lui-meme avec les meilleurs vins de son maitre, et, quittant une demeure ruinee et d'ailleurs emportee par le cours d'un fleuve qu'une fois encore il a detourne, il emmene de surcroit la fille de la maison qu'il vient de ruiner.

Loin d'etre tuee, Xenodike se retrouve, en effet, dans le lit d'Heracles. Inutile d'epiloguer longLiement sur cet autre renversement: l'esclave, ici --c'est importantn'est plus objet de plaisir, ce qui conviendrait a sa condition; il est l'amant actif (sujet - agent actif et penetrant pour reprendre les termes de Michel Foucault37)... inversion significative, transgression capitale dont est bien eloignee la romance de Conon! Inversion et transgression qu'on retrouve dans le domaine du travail: l'activite productrice qui devait etre celle de l'esclave se voit ici subvertie dans un mouvement precipite et excessif qui tient a la fois de la revolte et de la violence sacrificielle.

Une soumission apparente, qu'une ardeur folle transforme en totale rebellion, une forme de resistance qui trouve son expression dans la fonction meme de l'esclave: son travail.

Cette lecture du mythe fait echo a deux ordres de faits:

Le premier, inscrit dans la vie quotidienne, est celui de ces fetes oo le fruit du travail --souvent d'ailleurs le fruit de la vigne- est consomme, lui aussi, sur un mode festif et precipite (on pense bien sur au concours de buveurs des Choes, au deuxieme jour des Anthesteries) oo, surtout, les esclaves pour un temps festoient, servis par les maitres. Des Pithoigia (le jour de l'ouverture des jarres lors des memes Anthesteries), Callimaque dans ses Aitia parle comme <<du jour beni des esclaves>>.

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C'est d'un renversement de meme nature que temoigne le Syleus, un de ces moments oo, comme dans nos carnavals qui en ont herite, l'ordre est un temps oublie --voire renverse-- pour mieux sevir ensuite, on le sait bien!

Le deuxieme ordre de faits, rarement exprime au contraire, pourrait etre le danger latent que font courir les esclaves, un danger dont Platon dans un passage qu'on ne cite pas assez souvent, nous donne incidemment la mesure lorsqu'il assigne a la cite mission d'assister le proprietaire a la merci de ses esclaves. Supposant un proprietaire et sa maison transpones loin de la cite, il ecrit:

<<... dans quelles craintes, dans quelles transes t'imagines-tu qu'il vivrait, tremblant toujours d'etre assassine par ses serviteurs, lui, ses enfants et sa femme si les hommes libres n'etaient la pour lui preter main forte (38).

3. POURQUOI HERACLES?

Une question pour conclure: Pourquoi Heracles?

--Un premier element de reponse: tout simplement parce que le role lui convient bien: heros a la faim devorante, specialiste de la "grande bouffe" si l'on peut traduire ainsi enocheito (Athenee, VI, 234; Plutarque, Themistocle, 1, 2); philogunes, amoureux insatiable de femmes qu'il possede les unes apres les Heracles chez Syleus ou le heros entre soumission et resistance, C. Jourdain-Annequin

1. Euripide, Syleus, t. VIII, Fragments, F. Jouan et H. Van Looy, CUF, 2002

<[SIGMA]Y[LAMBA]EY[SIGMA]

[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]

<Sylee>

(3) Pas un homme no vcut aeheter pour sa maison dos geris qui seraient meilleurs maitres que lui. Rien qu'a te voir on te craint. Toa oeil est plein de feu, cerume un taureau qui guette la charge d'un lion.

4 (690 Kn.) [919 M.]

[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]

<Sylee>

(4) Rien que ton aspect, meme si tu te taias, revele que tu na serais pas docile, mais que tu prefererais commander plutot qu'obeir.

2. Le Syleus d' Euripide resume par Tzetzes, Prolegomines a la Comedie, XIa2, 62-70, cf. F. Jouan et H. Van Looy, op. cit., p. 80-81

[TEXTO IRREPRODUCIBLE EN ASCII.]

Quand Heracles fut vendu a Sylee comme esclave agricole, il fut envoye aux champs pour travailler dans le vignoble. Mais il arracha avec son hoyau teus los pieds de vigne avec les racines et les porta sur son dos jusqu'a la demeure, il en fit de gros tas, sacrifia le plus fort des boceufs et s'en rassasia : it forca la porte da cellier, deboucha le plus beau pithos et installant les portes en guise de table "il s'assit et but" en chantant. Regardant le maitre des champs d'un oeil menacant, il commanda les fruits de la saison et des gateaux ; et pour terminer, cet esclave, expert en agriculture, deriva le fleuve entier en direction de l'etable et inonda le tout".

3. Conon, Narrations, XVII, dans Photius, Bibliotheque, 186

17. Lo dix-septiene dit que Dikaios et Syleus, deux freres, fils do Poseidon, vivaient dans la region du Pelion, montagne de Thessalie. Et l'un d'eux etait juste, ainsi que soa nem le disait. Syleus, qui etait un arrogant, fut [133 b] tue par Herakles. Herakles fut heberge par Dikaios et s'eprit de la fille do Syleus, qu'il avait vue chez Dikaios qui l'elevait, et il l'epousa. Celle-ci, pendant qu' Herakles etait, nu loin, mourat de l'amour et du regret qu'elle eprouvait pour lui. Et Herakles, revenu au moment meme das funerailles, allait, se bruler avec la morte sur le bucher sans l'intervention das assistants qui le retinrent a grand-peine avec des paroles consolantes. Quand Herakles fut parti, les voisins eleverent un monument autour du tombeau de la jeune fille et flrent d'un tombeau un temple a Herakles.

autres et quitte apres les avoir engrossees, "Heracles qui toujours passe et jamais ne s'arrete" disait Nicole Loraux au colloque de Grenoble ... (39)

--Autre element de reponse:Heracles, cet habitue du ponos, ce heros "toujours au service d'un autre" etait bien place pour etre doulos ... douleia temporaire d'ailleurs puis qu'Heracles allait etre reintegre, non seulement dans la societe des hommes libres mais, au terme d'une vie bien remplie, dans celle des Immortels.

--Sans doute faut-il insister encore sur ses fonctions integratrices qui, sur tous les plans, s'affirment d'une rive a l'autre de la Mediterranee: celui qui integrait les jeunes gens dans la communaute des citoyens (je ne reviendrai pas ici sur son role dans l'initiation) qui protegeait les etrangers (les femmes thraces d'Erythrees ou de Cos) et s'occupait des batards (au Cynosargues par exemple, les nothoi, demis ou nouveaux citoyens atheniens, pouvaient s'entrainer au gymnase et etre, en tant que parasites les commensaux du dieu).

--Mais surtout, celui qui, pour un temps, avait ete esclave lui-meme pouvait aussi se porter garant pour les esclaves et proteger leurs reves de liberte dans la realite comme dans le mythe. Ses sanctuaires ont manifestement servi de refuge aux esclaves. Herodote qui fait de l'Heracleion de la bouche canopique du Nil le symbole meme de la continuite des temps, rapporte que "l'esclave qui s'y refugie et se fait imprimer sur le corps certaines marques sacrees pour se mettre au service du dieu, ne peut, quelque soit son marre, y etre saisi" (II;113). Plus tard, lorsqu'a l'epoque hellenistique la pratique se developpe, il cautionne leur affranchissement. CeRes, il est loin d'etre le seul dieu a le faire et si l'on connait bien les 1300 inscriptions de Delphes, celles qui, a Dodone, sollicitent la protection de Zeus et de Dione ou celles d'Asklepios a BouthrotOS (40) ..., on evoque moins souvent les temoignages macedoniens longtemps restes inconnus jusqu'a la publication des inscriptions de Haute Macedoine (1985), de Beroia (1998) ou du sanctuaire de Leukopetra (2000).

Une lettre, adressee en 248 par le roi Demetrios II a l'epistate de Beroia, ordonne a la ville de restituer au sanctuaire d'Heracles Kynagidas les revenus qu'elle s'est indument appropries, une autre autorise le sanctuaire, submerge par la quantite de phiales qui lui ont ete offertes par les esclaves liberes, a recevoir desormais des skyphoi ou des kerata (EB 3, 9-13) et on sait, par d'autres documents, qu'il etait d'usage --ou plus exactement qu'il etait prescrit- de faire don d'un vase a Heracles au moment de son affranchissement: le skyphos d'Italia, affranchie de Nikanor valait ainsi 50 drachmes (EB 32); celui que, dans une dedicace collective, onze affranchis du meme maitre offraient a Heracles, avait coute 550 drachmes --la encore 50 par personne-- (EB 31) et dans la region d'Elinee, c'est aussi un phialiskos qu'offre un affranchi au sanctuaire d'Heracles (EAM, 30).

Or un document --qui ne concerne plus Heracles-- donne le montant du prix paye par les esclaves pour racheter leur liberte: 500 drachmes d'argent. C'est donc tres exactement d'une dime que s'acquittent les esclaves sur le point de conquerir leur liberte, aupres d'un dieu, en Macedoine evidemment tres lie au pouvoir royal (41).

Nous sommes passes du mythe a la realite. Comme tout mythe, celui que nous avons choisi d'etudier est systeme de references pour une experience historique donnee: celle de l'Athenes des Sophistes, a la fin du ve siecle a laquelle renvoie si manifestement le Syleus d'Euripide, bien sur, mais aussi celle --moins precisement datee-- de la cite esclavagiste, avec les necessaires exutoires que sont certaines fetes (42), certaines utopies, certains mythes ...

Certes, rautonomie du mythe rend illusoire de lire en lui le simple reflet du champ social et de l'histoire dont cependant il procede. Aussi est-ce plutot de Hmaginaire de l'esclavage qu'il nous parle. Parce qu'il a parcouru tout l'hinterland entre betes, dieux et hommes, parce qu'il a connu tous les degres qui situent l'homme <<entre l'esclavage et la liberte>>, Heracles, heros de la mediation, heros de la transgression, une fois de plus s'affirme comme un operateur logique pour aider a penser les rapports des hommes entre eux, la place de chacun dans la cite.

Et le mythe de Syleus est une facon peut etre, de dire le scandale du maitre et de l'esclave; il est plus surement encore, une facon d'avouer certaines contraintes dont on sait qu'elles sont tues, certaines revoltes desquelles on n'est pas a l'abri et, au-dela du rire --n'oublions pas que le Syleus est un drame satyrique!--pourquoi pas un aveu involontaire des peurs de la cite esclavagiste.

Fecha de recepcion: 09-05-07

Fecha de aceptacion definitiva: 17-07-07

(1.) Il est d'ailleurs amusant de lire qu'au XVIIIe siecle on donne encore a certains esclaves le nom d'Herculet cf. Ira BERLIN, <<De Creole a Africain. Les origines atlantiques de la societe africaineamericaine sur le continent nord-americain>> dans Esclavage et dependances serviles, M. Cottias, A. Stella et B. Vincent eds., Paris, 2006, pp. 217-234 (p. 219).

(2.) JOURDAIN-ANNEQUIN, C., Heracles aux portes du soir, Besancon, Paris, 1988 (Images du travail pp. 426-474).

(3.) JOURDAIN-ANNEQUIN, C., Servitude et liberte d'un heros, dans Religion et anthropologie de l'esclavage et desforrnes de dependance, XXe colloque du Girea (Besancon 1993), Besancon, 1994, pp. 61-90.

(4.) C. JOURDAIN-ANNEQUIN, <<Heros, femmes, travail, une mythopoiese des genres>> dans Esclavage antique et discriminations socio-culturelles, XXVIIIe colloque du Girea (Mytilene, 2003), Beme 2005, pp. 1-15. On voudra bien se reporter a la bibliographie donnee dans ces trois etudes.

(5.) MACTOUX, M.-M., <<Le systeme semantique des termes destgnant les esclaves chez Aristophane>>, Index, 8, 1978-79 pp. 7-47 (p. 13).

(6.) LUCIEN, Jupiter tragique, 21.

(7.) MAWET, F., Le vocabulaire homerique de la douleur, Memoires de la classe de Lettres, LXIII, 4. Bruxelles, 1979.

(8.) DIDORE de SICILE, W, 31, 1 a 8; APOLLODORE, II, 127-133 (= II, 6, 1-3).

(9.) Cf deja: Odyssee, XXI, 23.

(10.) Cf deja PHERECIDE, Schol. a Homere, Od. XXI, 23. Pour Pherecyde comme pour Diodore (et egalement Sophocle, Trachiniennes, 270) ce som des cavales (et non des boeufs) qui ont ete volees a Eurytos. L'episode etait egalement raconte par Herodore (Schol. a Euripide, Hippolyte, 545).

(11.) DIODORE, IV, 31, 7-8.

(12.) APOLLODORE, II, 132 (= II, 6, 2-3).

(13.) PHOTIUS, Bibliotbeque, 186. Dans les Narrations de Conon .ce petit travail, dedie au roi, Archelaos Philopator>> Photius a pu lire cinquante recits <<tires de nombreuses sources anciennes>>. Celui qui nous interesse forme la 17e de ces Narrations amoureuses.

(14.) EURIPIDE, t. VIII, Fragments, JOUAN, E et VAN LOOY, H., Les Belles Lettres, Paris, 2002, Syleus, p. 75-90.

(15.) TZETZES, Chiliades, II, 412-438 ou encore Prolegomena de comoedia, II, 62-70.

(16.) Papyrus de Strasbourg, 2676; P. OxY, 2455 frg. 8.

(17.) Frg. 2, 688 Nauck (=919 Mette), op. cit., p. 86.

(18.) Frg. 3:689 Nauck (=919 Mette), op. cit., p. 87 et frg 4:690 Nauck (=919 Mette), op. cit, p. 87.

(19.) Frg. 5:691 Nauck (=920 Mette), op. cit., p. 87

(20.) Frg. 6:687 Nauck (=918 Mette), op. cit., p. 88 et frg 7:692 Nauck (=922 Mette), op. cit., p. 88.

(21.) Frg. 10:907 Nauck (= 921 Mette), op. cit., p. 90.

(22.) EPICHARME, frg. 21 Kaibel (ATHNENEE, X, 411).

(23.) Frg. 8:693 Nauck (= 923 Mette) op. cit., p. 89.

(24.) Frg. 9: 694 Nauck (=924 Mette) op. cit. p. 89.

(25.) PHERECYDE, E 28 b Jacoby.

(26.) LIMC VII, s.v. Syleus, 1, 825-827 et 2, 581 (H. OAKLEY, 1994) et E BROMMER, Herakles und Syleus, JDAJ, 59/60,1944, pp. 69-78.

(27.) Eschyle, Agamemnori, 1040-1041.

(28.) Sophocle, Trachiniennes, 249-252.

(29.) Sophocle, Trachiniennes, 275-276.

(30.) Benveniste, E., Le vocabulaire des institutions indo-europeennes, Paris, 1969, I, p. 133.

(31.) Mactoux, M.- M., Esclavage et pratiques discursives, Besancon/Paris, 1980.

(32.) Jourdain-Annequin, C, Travail et discours mythique dans Le travail, recherches historiques (colloque Besancon, 1997), J. Annequin ed., Besancon, pp. 23-41.

(33.) Euripide, frg 511 --cf. aussi: <<beaucoup d'esclaves n'ont de deshonorant que le nom, mais leur ame est plus libre que celle des non esclaves>> (frg 831) ou bien encore Ion, 854-856 ou Helene, 728-731.

(34.) Pseudo-Xenophon, Republique des Atheniens, I, 12.

(35.) Par exemple: Antiphon le Sophiste, <<Par nature, nous sommes tous et en tout de nature identique, Grecs et Barbares...>> frg. 443.

(36.) Aristote, I, 2, 2.

(37.) Foucault, M., Histoire de la sexualite 2, L'usage des plaisirs, Paris, 1984.

(38.) Platon, Republique, IX, 578 e-579 a.

(39.) LORAUX, N., <<Et toujours Heracles passe>>, Heracles, lesfemmes et le feminin (Colloque de Grenoble 1992), C. JOURDAIN-ANNEQUlN et C. BONNET eds., Bruxelles/Rome, 1996, pp. 7-17 et dans ce meme colloque, SCARPI, P., Trop de mets, trop de femmes, pp. 133-143.

(40.) CABANES, P., Les inscriptions du theatre de Bouthrotos, Acres du colloque GIREA 1972, Besancon. Paris, pp. 105-209.

(41.) EB 45. Cf. YOUNI, Maria, Maitres et esclaves en Macedoine hellenistique et romaine, Esclavage antique et discriminations socio-culturelles, (Colloque de Mytilene, 2003), V. I. Anastasiadis et P. N. Doukellis, eds., Beme, 2006, p. 183-195.

(42.) On se reportera, ici meme, a la communication de M. Valdes.

Colette JOURDAIN ANNEQUIN

Universite P. Mendes France Grenoble II. ANNEQUIN3@wanadoo.fr
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Author:Jourdain Annequin, Colette
Publication:Studia Historica. Historia Antigua
Date:Jan 1, 2007
Words:6560
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