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Growth and well-being: the case study of French UPR/Croissance et bien-etre : le cas des RUP Francaises.

Abstract

The aim of this paper is to see if positive economic growth is related to increase in the well-being of the populations by considering the case study of the four French Ultra Peripheral Regions (UPR): Guadeloupe, French Guiana, Martinique and Reunion. Economic growth is analyzed by observing the evolution of the Gross Domestic Product (GDP) per capita from 1997 to 2004. The GDP per capita is growing in the French UPR. It posted an increase of 37.1% in Guadeloupe, 16.8% in French Guiana, 31% in Martinique and 38.7% in Reunion during this period. The inadequacy of this indicator as measure of well-being is underlined, as is its use as a criterion of allocation of subsidies by the European Commission. The Human Development Indices (HDI) of the French UPR do not appear in the statistics of United Nations Development Program. The analyses show that the HDI of these regions are better than 0.80. The French UPR form part of the countries with high human development. An objective estimation of well-being is undertaken by constructing an Index of Economic Well-Being. It includes four components: the consumption dimension, the accumulation of stocks of productive wealth, economic inequality and poverty and economic security. The results show that economic growth is related to an increase in well-being. However, the economic security dimension does not always move in a favourable way. A subjective estimation is undertaken presenting the results of a survey of satisfaction of life in Martinique in 2008. It is noticed that the satisfaction of life in Martinique is equal to 2.80 (2.78 for women and 2.83 for men). It is lower than the national average for France which is equal to 3. Explanations of these results draw upon the effect of customs, social comparisons, relative income and adaptation.

Resume

Le present article a pour objectif de voir si la croissance economique positive est liee a l'accroissement du bien-etre des populations en considerant le cas des quatre Regions Ultraperipheriques Francaises (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Reunion). Nous analysons la croissance economique en observant l'evolution du PIB par habitant de 1997 a 2004. Nous soulignons les insuffisances de cet indicateur comme mesure du bien-etre et comme critere d'attribution d'aide de la Commission Europeenne. Nous realisons une evaluation objective du bien-etre en construisant un Indicateur de Bien-Etre Economique. Nous effectuons une evaluation subjective en presentant les resultats d'une enquete de satisfaction de vie que nous avons realisee. Les resultats montrent que la croissance economique est associee a une elevation du bien-etre. Cependant la dimension securite economique n'evolue pas toujours de facon favorable.

Introduction

Le bien-etre est suppose croitre avec le revenu ou avec la richesse, tant pour les individus que pour les regions et les nations. Cependant, la croissance economique constitue souvent une condition necessaire, mais non suffisante, de l'amelioration du bien-etre des populations. Elle peut-etre generatrice d'inegalites. Elle n'est pas neutre du point de vue redistributif.

Ainsi, la croissance se serait accompagnee d'un accroissement des inegalites au Chili, en Chine et en Pologne (Rodrick 2000). M. Ravallion (2001) montre que, lorsque le revenu ou la consommation moyenne par tete augmente, il existe une chance sur deux que les inegalites croissent et une chance sur deux qu'elles diminuent.

La croissance peut-etre << pro-poor >> (tres favorable aux pauvres) lorsque la baisse de l'indice de pauvrete se realise a un taux de croissance superieur a celui du Produit Interieur Brut (PIB). Elle est << trickle down >> (moderement favorable aux pauvres) quand l'indice de pauvrete baisse a un taux inferieur a celui du PIB. Deux cas de croissance appauvrissante sont distingues. Dans le premier cas, une amelioration de la capacite d'offre de certains produits, deja exportes, tend a faire baisser leurs prix sur les marches mondiaux (Bhagwati 1968). Dans le second cas, la croissance, positive ou plus generalement negative, provoque une augmentation de l'indice de pauvrete (Kakwani et al 2004).

L'insuffisance du PIB pour mesurer le bien-etre a conduit a developper des indicateurs d'evaluation du bien-etre. Parmi eux, on trouve l'Indicateur du BienEtre Economique (IBEE) elabore par Osberg (1985) et Obsberg et Sharpe (2002, 2006), ainsi que les indicateurs sociaux de l'Organisation de Cooperation et de Developpement Economiques (OCDE 2002).

L'objectif du present article est de voir si la croissance economique positive est liee a l'accroissement du bien-etre des populations en prenant le cas des Regions Ultraperipheriques (RUP) Francaises (Guadeloupe, Guyane, Martinique et Reunion).

La definition des RUP est donnee dans l'article 299 paragraphe 2 du Traite d'Amsterdam (1997) et precisee dans l'article IV-424, l'article IV-440 paragraphes 2 et 7 et l'article III-167.3a du Projet de Traite Constitutionnel. Les RUP sont considerees comme des regions oU la situation economique et sociale structurelle est aggravee par leur eloignement, l'insularite, leur faible superficie, le relief, le climat difficile et leur dependance economique vis-a-vis d'un petit nombre de produits.

Nous examinons la croissance economique mesuree par le PIB par habitant et les situations economiques dans les RUP pour la periode de 1997-2004. Nous realisons une evaluation objective du bien-etre en construisant un IBEE compte tenu des statistiques disponibles. Ensuite, nous procedons a une evaluation subjective du bien-etre a l'aide de notre enquete aupres d'un echantillon de population.

Les insuffisances du PIB par habitant comme mesure de la croissance economique

De 1997 a 2004, le PIB par habitant en euros est en constante progression dans les RUP francaises. Il augmente de 37,1% a la Guadeloupe, de 16,8 % en Guyane, de 31% a la Martinique et de 38,7 % a la Reunion. En 2003, le PIB par habitant s'eleve a 12 165 euros en Guyane. En 2004, il est de 15 910 euros a la Guadeloupe, 17 329 euros a la Martinique et 14 611 euros a la Reunion (chiffres de l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE)). (1) Le PIB se calcule de trois manieres: (2)

* Le PIB est egal a la somme des valeurs ajoutees brutes augmentees des impots grevant les produits (Taxe sur la Valeur Ajoutee, droits de douane, taxes specifiques) moins les subventions sur les produits.

* Le PIB est egal a la somme de la consommation effective finale, des investissements (Formation Brute de capital fixe), des exportations et des variations de stocks moins les importations.

* Le PIB est egal a la somme des emplois des comptes d'exploitation des secteurs institutionnels : remuneration des salaries, impots sur la production et les importations moins les subventions recues, excedent brut d'exploitation et revenu mixte.

Toutefois, le PIB par habitant, critere de croissance economique, fait l'objet de controverses. Il ne represente qu'une moyenne et n'est nullement representatif du niveau de revenu de la majorite des habitants. C'est un indicateur quantitatif centre sur la production marchande. Il ne mesure que les quantites produites et les services des administrations. Il ne mesure pas ou mesure mal l'economie informelle.

Le PIB n'a pas ete concu pour evaluer la qualite de la croissance. Les couts des degats sociaux et environnementaux qu'elle peut engendrer ne sont pas pris en compte. Les facteurs de bien-etre comme le travail domestique, le benevolat, la progression du temps libre choisi ne sont pas comptabilises (Cornilleau 2006; Gadrey 2006).

L'Indicateur de Developpement Humain (IDH) est un indicateur composite mesurant les resultats moyens obtenus au niveau des trois dimensions fondamentales du developpement humain : une vie longue et en bonne sante, la connaissance et un niveau de vie decent. Les RUP ne figurent pas dans les statistiques de I'IDH produites par le Programme des Nations Unies pour le Developpement (PNUD). Les calculs realises (3) (INSEE, 2006 ; Goujon, 2008) montrent que les RUP francaises font partie des pays a developpement humain eleve (IDH superieur a 0,8).

Les RUP beneficient depuis 1975, au titre de la politique regionale, d'aides europeennes, et depuis 1989 des fonds structurels europeens (FEDER, FEOGA, FSE et IFOP remplace par FEP depuis le 1er janvier 2007) (4). Pour la periode 2000-2006, les fonds structurels europeens sont repartis en fonction de la situation economique des RUP, soit en fonction du PIB par habitant. La methode retenue par la Commission Europeenne pour evaluer le niveau de developpement des RUP repose sur le seul critere du PIB. C'est a partir du PIB que les aides europeennes sont accordees. L'objectif 1 vise a soutenir les regions les moins favorisees. Il concerne les Etats membres et les regions dont le PIB par habitant est inferieur a 75 % de la moyenne communautaire. Le but de l'objectif 1 est de promouvoir les conditions pour la croissance et une reelle convergence. Les strategies envisagees prevoient le developpement de la competitivite et de l'emploi (Commission des Communautes Europeennes, 2000 ; Journal Officiel de l'Union Europeenne, 2006 ; INSEE, AFD, IEDOM, CEROM (5) 2007). Les RUP francaises sont proches du critere de l'eligibilite des 75 % de la moyenne communautaire. Elles le sont davantage encore apres l'elargissement et l'integration des pays de l'Est europeen pour le calcul de cette moyenne. En 2004, sur les sept RUP (Acores, Canaries, Guadeloupe, Guyane, Madere, Martinique et Reunion), deux (Canaries et Madere) ont un PIB par habitant superieur a 75 % du PIB communautaire (tableau 1).

En 2003, le PIB par habitant des 254 regions de l'Union Europeenne a 25 en standard de pouvoir d'achat varie entre 33 % de la moyenne de l'Union Europeenne et 278 % de cette moyenne. Parmi les soixante Etats membres et regions disposant d'un PIB par habitant inferieur a 75 % de la moyenne de l'Union Europeenne, on trouve l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, 16 regions en Pologne, 7 en Republique Tcheque, 6 en Hongrie, 5 en Grece, 5 en Italie, 4 en Allemagne, 4 en France (les 4 RUP francaises), 4 au Portugal, 3 en Slovaquie, 2 en Espagne (chiffres d'Eurostat, 2006). Pour 2007-2013, l'action communautaire se concentre sur trois objectifs : convergence, competitivite regionale et emploi, cooperation territoriale. Le nombre d'instruments financiers est reduit a trois : FEDER, FSE et Fonds de cohesion. Les RUP sont desormais eligibles a ces fonds du fait de leur statut, independamment du niveau de leur PIB. Le role important qu'elles jouent dans la diversification economique, dans l'extension de l'espace maritime de l'Union Europeenne, dans les relations de voisinage avec certains pays d'Afrique, de la Caraibe et du Pacifique (ACP) et de la rive sud de la Mediterranee, leur attractivite pour certaines activites de recherche et de haute technologie, est reconnu (Commission Europeenne 2006, 2007, 2008).

Toutefois, dans les RUP francaises, la hausse continue du PIB par habitant s'accompagne d'une stagnation du pourcentage de menages pauvres a la Guadeloupe, d'une hausse de ce pourcentage en Guyane et a la Martinique et de sa baisse a la Reunion (tableau 2).

Ainsi la croissance ne suffit pas. Il faudrait s'interesser davantage au developpement humain et social (Sert 2007).

Mesure du bien-etre dans les RUP Francaises

Le bien-etre est une notion complexe. Il peut etre defini comme la sensation procuree par la satisfaction de besoins. L'IBEE elabore par Osberg et Sharpe (1985, 2002, 2006) a permis d'etablir des statistiques pour des pays de l'OCDE (Canada, Etats-Unis ...). Pour la France, Jany-Catrice et Kampelmann (2007) ont realise une estimation de l'evolution du bien-etre economique francais de 1980 a 2003. Les resultats obtenus montrent que la croissance n'est pas un cadre satisfaisant pour conduire une reflexion pertinente sur l'evolution du bien-etre. L'IBEE francais fait preuve d'une croissance beaucoup moins marquee que ne l'indique celle du PIB.

Les quatre composantes de I'IBEE presentees par Osberg et Sharpe (1985, 2002, 2006) sont les suivantes :

* La dimension de la consommation : Elle est evaluee a partir des flux effectifs de consommation par tete (valeur monetaire a prix constants), affectee d'un indice de progression de l'esperance de vie, et ajustee pour tenir compte des variations du temps de travail annuel par personne. A cette consommation s'ajoutent les depenses gouvernementales par tete, hors service de la dette, ainsi que le travail domestique non remunere et les activites de benevolat.

* L'accumulation des stocks de richesse productive : Elle est estimee par le stock de capital national physique net par tete (valeur monetaire) auquel sont ajoutes les stocks de recherche-developpement par tete (valeur monetaire), les variations dans la valeur du patrimoine de ressources naturelles par tete (valeur monetaire), les variations de stocks de capital humain. De ces stocks sont deduits la dette exterieure nette par tete, ainsi que les couts des emissions polluantes.

* L'inegalite et la pauvrete economiques : Elles sont mesurees par un indicateur synthetique de pauvrete combinant le taux de pauvrete monetaire et une mesure de l'intensite de cette pauvrete. Un indicateur d'inegalite de la distribution des revenus compose egalement une partie de cette dimension.

* La securite economique : Elle tient compte des risques economiques lies au chomage, a la maladie, aux risques de rupture familiale et a la pauvrete des personnes agees.

Compte tenu des statistiques disponibles dans les RUP francaises, nous retenons les indicateurs suivants pour la periode 1997-2004 (Annexe 1) :

Pour la dimension de la consommation :

La depense de consommation finale des menages en millions d'euros (indicateur 1).

Pour l'accumulation des stocks de richesse productive :

La Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) en millions d'euros (indicateur 2).

Elle represente la valeur des acquisitions moins les cessions d'actifs fixes, corporels (machines...) ou incorporels (logiciels...) realisees par les producteurs residents et utilisees de facon repetee ou continue pendant au moins un an dans le processus de production. Pour le secteur des menages, la FBCF concerne les logements et l'investissement des entrepreneurs individuels. Le taux de reussite a l'ensemble des baccalaureats en pourcentage (indicateur 3).

Pour l'inegalite et la pauvrete economiques :

Le pourcentage de foyers fiscaux non imposes (indicateur 4). Dans les RUP fi'ancaises, l'ecart de revenus entre les foyers imposables et non imposables demeure important. Le revenu moyen declare chez ceux qui acquittent cet impot est plus de cinq fois superieur a celui des contribuables non imposes.

Pour la securite economique :

Le taux de divorces en pourcentage (indicateur 5)

Le taux de crimes et delits constates en pourcentage (indicateur 6).

Le taux de chomage en pourcentage (indicateur 7).

Le taux d'entrees en hospitalisation complete (activites du court sejour hospitalier) en pourcentage (indicateur 8).

Pour l'agregation des differentes composantes en un indice synthetique, deux methodes de ponderation sont possibles. La premiere affecte des poids egaux a l'ensemble des variables. La seconde attribue une importance plus ou moins grande aux variables. Nous utiliserons la premiere methode de ponderation comme l'ont fait Jany-Catrice et Kampelmann (2007) (6). Compte-tenu des disponibilites statistiques, les tableaux 3a, 3b, 3c et 3d presentent les resultats obtenus pour chaque RUP. L'IBEE prend la valeur 100 au debut de la periode d'observation (1997). Les resultats montrent que l'insecurite economique est le point faible a la Guadeloupe, a la Martinique et a la Reunion. Le chomage baisse mais on observe un accroissement des divorces, des crimes et delits et des problemes de sante. Les inegalites et la pauvrete persistent en Guyane. Pour les quatre RUP, I'IBEE augmente regulierement pendant la periode consideree. Il passe de 100 a 111 a la Guadeloupe, de 100 a 112 en Guyane, de 100 a 106 a la Martinique et de 100 a 124 a la Reunion. Ainsi la croissance economique s'accompagne d'une amelioration du bien-etre.

Les calculs de I'IBEE restent critiquables. Ils dependent des indicateurs retenus, des ponderations attribuees et de la formule de calcul utilisee pour etablir l'indice synthetique. Ils melent des variables analytiques differentes. Toutefois, ils se revelent utiles pour observer les situations des RUP. L'acceleration des innovations techniques, la montee de la marchandisation, la croissance demographique et urbaine se font souvent aux depens des ecosystemes (pollution, moindre qualite des eaux...). Les indicateurs concernant l'environnement font defaut. Ils n'apparaissent pas dans le calcul de I'IBEE. L'evaluation objective du bien-etre est completee par une evaluation subjective.

Evaluation subjective du bien-etre

Les enquetes de satisfaction de vie sont disponibles en longue periode pour plusieurs pays (Etats-Unis, Japon, pays europeens...) (tableau 4). Des enquetes ponctuelles sont realisees dans d'autres pays (enquetes d'Eurobarometre et de World Database of Happiness). La satisfaction de vie est une evaluation par la personne interrogee de la satisfaction globale que lui apporte la vie. En reponse a une question unique posee : << Etes-vous globalement satisfait de la vie que vous menez ? >>, un echantillon de population doit de situer sur une echelle de 1 a 4 : tres insatisfait (1), plutot insatisfait (2), plutot satisfait (3), tres satisfait (4). Les resultats des enquetes sont traduits en chiffres. Ils permettent de comparer la satisfaction de vie dans divers pays a une meme date. Ils informent sur la satisfaction de vie d'une meme population a travers le temps. Nous avons realise pour la premiere fois cette enquete a la Martinique en mai et juin 2008 (7). La Martinique compte 399002 habitants en 2006 (chiffre de I'INSEE). Les femmes sont majoritaires (53% environ). Nous avons effectue un sondage par grappes en posant la question precedente au hasard a des personnes residant a la Martinique au moment de l'enquete.

Notre echantillon regroupe 1500 personnes qui ont repondu a la question de l'enquete en precisant leur age et leur sexe. Il est compose de 52,7% de femmes et de 47,3 % d'hommes. Les plus jeunes ont 17 ans et les plus agees 92 ans. Parmi les personnes ayant repondu, 5,6 % sont tres insatisfaites, 20,8 % plutot insatisfaites, 60,9 % plutot satisfaites et 12,7 % tres satisfaites.

D'apres nos calculs, la satisfaction moyenne de vie est de 2,80 a la Martinique. Elle est inferieure a la moyenne nationale qui est de 3,00 pour la France en 2006. Elle est egale a celle du Chili et de la Colombie (2,80 en 2004). Le tableau 4 permet de comparer ce resultat avec ceux d'autres pays du monde. Dans la plupart des pays developpes, les moyennes se situent le plus frequemment a 3 environ. En depit de l'evolution des societes des Etats-Unis, d'Europe et du Japon, le niveau moyen de satisfaction de la vie dans ces pays reste stable dans le temps. Le PIB par tete peut augmenter tres fortement, alors que la satisfaction de la vie n'atteint pas le chiffre 4 (qu'elle ne peut pas depasser). La Martinique se situe parmi les pays europeens oU la satisfaction de vie varie de 2, 33 (Roumanie en 2006) a 3,38 (Luxembourg en 2006). Nos resultats revelent que le niveau moyen de satisfaction de la vie est de 2,78 pour les femmes et de 2,83 pour les hommes a la Martinique.

Les resultats obtenus a la Martinique peuvent s'expliquer par l'effet d'habitude, la comparaison sociale, le revenu relatif et l'adaptation. L'individu compare generalement sa richesse materielle actuelle a celle dont il disposait dans le passe. A court terme, son bien-etre augmente si sa richesse croit. Au fur et a mesure de l'enrichissement, les normes de revenu ou de consommation sur la base desquelles l'individu evalue son bien-etre augmentent aussi. La persistance d'un ecart entre les aspirations et le niveau de richesse effectif empeche l'augmentation a long terme du bien-etre.

La comparaison sociale implique que pour accroitre son bien-etre, l'individu doit ameliorer sa situation materielle relativement a celle de son groupe de reference. L'ecart entre les aspirations a la hausse des individus et leur situation effective empeche l'accroissement de leur bien-etre (Cassiers et Delain 2007).

Le niveau de satisfaction depend de l'ecart entre le niveau d'aspiration et le niveau de revenu actuel. Selon les theories de l'adaptation et du revenu relatif, le niveau d'aspiration de chacun varie en fonction de son niveau de vie et de celui des autres. Le niveau moyen de satisfaction ne progresse guere quand le niveau de vie moyen s'eleve. La croissance modifie le systeme de references, en l'orientant vers des aspirations post-materialistes (comme la defense des libertes, la participation politique, la protection de 1' environnement, la sociabilite, la culture ...) qu' elle ne peut satisfaire (Inglehart 2000 ; Bordes 2005).

L'adaptation hedonique ou << l'habituation >> est le processus qui attenue progressivement l'impact sur la satisfaction de la vie. En regle generale, l'individu reagit a un stimulus quelconque en fonction de son experience. L'impact a un moment donne d'un stimulus sur le niveau de satisfaction individuel est fonction de la difference entre le niveau d'intensite du stimulus et le niveau d'adaptation. Le niveau d'adaptation correspond a l'intensite du stimulus auquel l'individu est habitue. Il s'adapte a l'experience. Au fur et a mesure que le niveau d'adaptation integre l'experience nouvelle, l'impact d'un stimulus donne sur le niveau de satisfaction tend vers zero. Les evenements malheureux rendent moins malheureux qu'on ne l'aurait pense. Les evenements heureux rendent moins heureux qu'on ne l'aurait espere (Shane et Loewenstein 1999 ; Bordes 2005). Ces theories permettent de comprendre pourquoi le niveau moyen de satisfaction de la vie n'atteint pas le chiffre 4.

Le revenu relatif est un facteur important du bien-etre ressenti (Blanchflower et Oswald 2004). Les individus, plutot que de relier directement leur situation au niveau de leur revenu personnel, procedent a une comparaison avec les revenus de leurs voisins. Ils apprecient l'utilite de leur consommation en fonction de leur revenu relatif. Pour la plupart des personnes interrogees, la comparaison de leur situation a la Martinique avec celle d'individus plus defavorises dans le monde leur permet d'etre plutot satisfaites de la vie qu'elles menent. D'oU le pourcentage important de reponses 3 (60,9%).

Davoine (2007) fait remarquer que la satisfaction depend de traits de personnalite tels que l'extraversion, l'optimisme ou l'estime de soi (Bostic et Ptacek 2001). Les facteurs sociaux et economiques n'expliqueraient pas plus de 20 % de la variance de bien-etre subjectif entre personnes (Ng 2003), ou moins de 10 % (Schwartz et Strack 1999). Il n'existe pas de lien identique, pour chaque individu, entre la satisfaction et les conditions economiques et sociales (Boes et Winkelmann 2004). Pour Blanchflower et Oswald (2004), le bien-etre ressenti par les individus depend plus de leur sexe, de leur age, de leur situation matrimoniale, de leur appartenance ethnique, que de leurs revenus, meme si cette derniere variable joue un role important. Ces auteurs mettent en evidence le fait que l'age a un effet en U sur le bien-etre ressenti. Celui-ci decroit avec l'age jusqu'aux alentours de trente ans et remonte jusqu'a la fin de la vie.

Dans le cas de la Martinique, nos calculs revelent que le niveau moyen de satisfaction de la vie est de 2,86 pour la tranche d'age de 17 a 30 ans, de 2,74 pour celle de 31 a 40 ans, de 2,72 pour les personnes agees de 41 a 50 ans, de 2,74 pour celles de 51 a 60 ans, de 2,70 pour celles de 61 a 70 ans et de 2,87 pour les plus de 70 ans (de 71 a 92 ans). Selon les resultats de l'enquete, les pourcentages de tres satisfaits et de plutot satisfaits s'elevent a 77,1% pour les jeunes de 17 a 30 ans, de 68,6% pour les personnes de 31 a 40 ans, de 71,4% pour celles de 41 a 70 ans et de 75% pour les plus de 70 ans. On retrouve la courbe en U. Elle est decroissante jusqu'a 40 ans puis croissante jusqu'a 71 ans et plus. On observe les pourcentages les plus eleves de tres satisfaits chez les personnes de 61 a 70 ans (20,5%) et de plus de 70 ans (25%). Le pourcentage de tres insatisfaits le plus important est de 12,5% pour les personnes agees de plus de 70 ans (tableau 5).

Conclusion

La croissance economique des RUP francaises est associee a un accroissement de I'IBEE que nous avons construit. Le seul critere du PIB par habitant ne suffit pas a mesurer la qualite de la croissance dans les RUP. Des differences existent dans l'evolution des quatre dimensions de I'IBEE. Elles revelent la persistance des inegalites et la hausse de l'insecurite economique. Les evaluations objective et subjective du bien-etre devraient etre developpees dans les RUP afin d'effectuer des comparaisons dans le temps et de faire des recommandations de politiques regionales. Les RUP n'appartiennent plus au groupe des regions les plus pauvres de l'Union Europeenne elargie. Neanmoins, la permanence et le cumul des facteurs nuisant a leur potentiel de developpement subsistent. Aussi la politique regionale de l'Union Europeenne devrait maintenir les efforts d' adaptation et de financement en vue de creer les conditions permettant aux RUP d'ameliorer leur competitivite, leur capacite productive et de renforcer leur potentiel de croissance economique et d'emploi.

Annexe 1

Methodologie de calcul de I'IBEE

[D.sub.1] = dimension de la consommation

[I.sub.1] = depense de consommation finale des menages en millions d'euros (indicateur 1).

[D.sub.2] = accumulation des stocks de richesse productive

[I.sub.2] = Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) en millions d'euros (indicateur 2).

[I.sub.3] = taux de reussite a l'ensemble des baccalaureats en pourcentage (indicateur 3).

[D.sub.3] = inegalite et pauvrete economiques

[I.sub.4] = pourcentage de foyers fiscaux non imposes (indicateur 4).

[D.sub.4] = securite economique

[I.sub.5] = taux de divorces en pourcentage (indicateur 5)

[I.sub.6] = taux de crimes et delits constates en pourcentage (indicateur 6).

[I.sub.7] = taux de chomage en pourcentage (indicateur 7).

[I.sub.8] = taux d'entrees en hospitalisation complete (activites du court sejour hospitalier) en pourcentage (indicateur 8).

Annee de base [t.sub.0] = 1997; t =2004; (IBEE) [t.sub.0] = 100

[(IBEE).sub.t] = ([D.sub.1] + [D.sub.2] + [D.sub.3] + [D.sub.4]) / 4

[D.sub.1] = [([I.sub.1]).sub.t] x 100 / [([I.sub.1].sub.t0]

[D.sub.2] = 0,5 x [([([I.sub.2]).sub.t] x 100 / ([I.sub.2t0])) + ([([I.sub.3]).sub.t] x 100 / [([I.sub.3]).sub.t0])]

[D.sub.3] = [([I.sub.4]).sub.t] x 100 / [([I.sub.4]).sub.t0]

[D.sub.4] = 0,25 x [([([I.sub.5]).sub.t] x 100 / [([I.sub.5]).sub.t0]) + ([([I.sub.6]).sub.t] x 100 / [([I.sub.6]).sub.t0]) + ([([I.sub.7]).sub.t] x 100 / [([I.sub.7]).sub.t0]) + [( [I.sub.8]).sub.t] x 100 / [([I.sub.8]).sub.t0])]

Source : calculs de l'auteur

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Elina Marie Devoue

Universite des Antilles et de la Guyane

Faculte de Droit et d'Economie de Martinique

Campus de Schoelcher B.P. 7209

97275 Schoelcher Cedex

(1.) INSEE. Tableau Economique Regional (TER) Guadeloupe. 2000, 2003, 2005, 2007-2008; INSEE. Tableau Economique Regional (TER) Guyane. 2000, 2003, 2005, 2007-2008; INSEE. Tableau Economique Regional (TER) Martinique. 2000, 2003, 2005, 2007-2008; INSEE. Tableau Econornique Regional (TER) Reunion. 2000, 2000-2001,2001-2002, 2002-2003, 20032004, 2004- 2005, 2005-2006, 2006-2007, 2007-2008.

(2.) Ibid.

(3.) L'IDH est un indice statistique composite sans unite compris entre 0 (execrable) et 1 (excellent), evaluant le developpement humain des pays. Cree par le PNUD en 1990, il est calcule sur la moyenne de trois indices quantifiant respectivement la sante/longevite, le savoir ou niveau d'education et le niveau de vie. Le PNUD ne produit pas d'IDH pour les regions ou territoires non independants. Les pays sont classes en trois groupes : pays a developpement humain eleve (IDH [greater than or equal to] 0,8), pays a developpement humain moyen (0,5 [less than or equal to] IDH < 0,8), pays a faible developpement humain (0,5 < IDH). En 2000, I'IDH est egal a 0,858 pour la Guadeloupe, 0,850 pour la Guyane et 0, 880 pour la Martinique. En 2005, I'IDH de la Reunion est egal a 0,881.

(4.) FEDER : Fonds Europeen de Developpement Regional, FEOGA : Fonds Europeen d'Orientation et de Garantie Agricole, FSE : Fonds Social Europeen, IFOP : Instrument Financier d'Orientation de la Peche, FEP : Fonds Europeen pour la Peche.

(5.) AFD : Agence Francaise de Developpement. IEDOM : Institut d'Emission des Departements d'Outre Mer. CEROM : Comptes economiques rapides pour l'Outre Mer.

(6.) La premiere methode facilite les comparaisons entre les RUP. Si on tient compte du fait que la situation economique et sociale est differente dans chaque RUP, en adoptant la seconde methode, les ponderations ne seraient pas les memes pour chacune de ces regions.

(7.) Afin d'obtenir le maximum de reponses, l'enquete a ete realisee par entretiens individuels sur place a la Martinique. Des enquetes dans les autres RUP sont envisagees.
TABLEAU 1 PIB par habitant en standard de pouvoir d'achat (SPA) *
RUP et Union Europeenne. 2000. 2004.

                     Percentages    Percentages
Pays                     2000           2004

Acores                    52            65,9
Canaries                  78            92,8
Guadeloupe                58            66,9
Guyane                    54            54,4
Madere                    74            90,8
Martinique                67            74,3
Reunion                   50            60,5
Union Europeenne         100            100

Note: * Le standard de pouvoir d'achat est une monnaie
artificielle faisant apparaitre les ecarts entre les niveaux de
prix nationaux. Cette unite permet des comparaisons en volume
significatives des indicateurs economiques entre les pays. Les
agregats exprimes en SPA sont calcules en divisant les agregats a
prix courants et en monnaie nationale par les parites de pouvoir
d'achat respectives.

Source : chiffres de l'Office Statistique des Communautes
Europeennes (Eurostat). Site internet
http://epp.eurostat.ec.europa.eu.

TABLEAU 2 Pourcentages de menages pauvres. RUP francaises.

Annees
RUP                 1995         2001

Guadeloupe          12,8          12,5
Guyane              18,5          20,7
Martinique          11,5           12
Reunion       Entre 10 et 15%     9,8

Sources: Chiffres de l'INSEE. Enquetes budgets des familles
Guadeloupe, Guyane, Martinique, Reunion. 1994-1995 et 2001.

TABLEAU 3a Valeurs de l'IBEE a la Guadeloupe (1997, 2000, 2004).

                         Acc. et richesse     Ineg. et
Annees    Consommation       produite       pauvrete eco.

1997          100              100               100
2000          110              110               103
2004          131              116               102

Annees    Securite eco.   IBEE

1997           100        100
2000           95         104
2004           95         111

Sources: Calculs de l'auteur a partir des statistiques de l'INSEE, de
l'IEDOM et du Rectorat de l'Academie de Guadeloupe.

TABLEAU 3b Valeurs de l'IBEE en Guyane (1997, 2000, 2004)

                         Acc. et richesse     Ineg. et
Annees    Consommation       produite       pauvrete eco.

1997          100              100               100
2000          110              111               95
2004          137              117               93

Annees    Securite eco.   IBEE

1997           100        100
2000           108        106
2004           104        117

Sources: Calculs de l'auteur a partir des statistiques de l'INSEE, de
l'IEDOM et du Rectorat de l'Academie de Guyane.

TABLEAU 3c Valeurs de l'IBEE a la Martinique (1997, 2000, 2004)

                         Acc. et richesse     Ineg. et
Annees    Consommation       produite       pauvrete eco.

1997          100              100               100
2000          120              103               101
2004          129              118               103

Annees    Securite eco.   IBEE

1997           100        100
2000           79         100
2004           77         106

Sources: Calculs de l'auteur a partir des statistiques de l'INSEE, de
l'IEDOM et du Rectorat de l'Academie de Martinique.

TABLEAU 3d Valeurs de l'IBEE a la Reunion (1997 a 2004)

                         Acc. et richesse     Ineg. et
Annees    Consommation       produite       pauvrete eco.

1997          100              100               100
1998          105              108               102
1999          110              117               101
2000          119              124               100
2001          127              131               100
2002          136              132               100
2003          144              152               100
2004          154              148               111

Annees    Securite eco.   IBEE

1997           100        100
1998           96         102
1999           86         103
2000           83         106
2001           86         111
2002           87         113
2003           84         120
2004           84         124

Sources: Calculs de l'auteur a partir des statistiques de l'INSEE, de
l'IEDOM et du Rectorat de l'Academie de Reunion.

TABLEAU 4 Resultats des enquetes sur la satisfaction de la vie dans
les pays

Pays                           Moyenne

Argentine (2004)                 2,92
Armenie (2001)                   2,29
Belgique (2006)                  3,21
Bresil (2004)                    2,67
Bolivie (2004)                   2,40
Canada (2000)                    3,36
Chili (2004)                     2,80
Chine (2004)                     2,67
Colombie (2004)                  2,80
Costa Rica (2004)                3,29
Equateur (2004)                  2,48
Espagne(2006)                    3,10
Etats-Unis (2004)                3,47
France (2006)                    3,00
Grece (2006)                     2,70
Grande Bretagne (2006)           3,18
Guatemala (2004)                 3,03
Italie (2006)                    2,87
Japon (2006)                     2,62
Lituanie (2006)                  2,62
Luxembourg (2006)                3,38
Malte (2006)                     2,95
Mexique (2004)                   2,96
Nicaragua (2004)                 2,77
Panama (2004)                    2,84
Paraguay (2003)                  3,26
Perou (2004)                     2,49
Portugal (2006)                  2,47
Republique de Coree (2003)       3,64
Rep. Dominicaine (2004)          3,04
Roumanie (2006)                  2,33
Russie (2001)                    2,56
Salvador (2004)                  2,88
Slovenie (2006)                  3,06
Venezuela (2004)                 3,26

Source: Chiffres de Veenhoven R. World database of
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TABLEAU 5 Resultats de l'enquete sur la satisfaction de la vie par
tranches d'age. Martinique 2008

                             Pourcentages de reponses

Reponses                 17-30 ans    31-40 ans    41-50 ans

Tres insatisfait = 1        3,5          7,8          4,2
Plutot insatisfait = 2      19,4         23,6         24,3
Plutot satisfait = 3         64           55           66
Tres satisfait = 4          13,1         13,6         5,5
Total                       100          100          100

                             Pourcentages de reponses

Reponses                 51-60 ans    61-70 ans    + de 70 ans

Tres insatisfait = 1         7            51           12,5
Plutot insatisfait = 2      21,9         23,1          12,5
Plutot satisfait = 3        60,6         51,3           50
Tres satisfait = 4          10,5         20,5           25
Total                       100          100           100

Source: Enquete de l'auteur
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Author:Devoue, Elina Marie
Publication:Canadian Journal of Regional Science
Date:Sep 22, 2009
Words:6082
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