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Furius Camillus Scribonianus, guerrier impie: un ultime exemple?

Dans sa biographie de l'empereur Claude (13, 4), Suetone parle des evenements de 42 apr. J.-C. : <<La guerre civile eut pour promoteur Furius Camillus Scribonianus, legat de Dalmatie, mais elle fut etouffee en moins de cinq jours : les legions infideles a leur serment furent, en effet, ramenees au repentir par une crainte religieuse, parce que, au moment ou elles recurent l'ordre de marcher vers leur nouveau general, par suite d'un hasard providentiel il fut impossible de parer l'une des aigles ni d'arracher et de mouvoir les enseignes>> (1). Si Dion Cassius, au livre LX de son Histoire Romaine (chap. 15, 1-4), parle de la tentative de sedition notamment du gouverneur de Dalmatie, il reste toutefois muet sur les <<bizarreries>> des evenements (2), et il faut attendre l'ecrivain chretien du debut du Ve siecle, Orose, pour lire une version a peu pres identique a celle de Suetone (3).

Les deux passages de Suetone et d'Orose evoquent des pages de Ciceron, de Tite-Live, de Florus et de Valere Maxime (4), qui concernent le consul de 217 av. J.-C., Caius Flaminius, ainsi qu'un autre passage des Faits et Dits Memorables (I, 6, 11) qui se rapporte au triumvir de 55 av. J.-C., Marcus Licinius Crassus (5). Car il arriva a l'un et a l'autre d'apprendre que leurs enseignes militaires ne pouvaient ni s'arracher du sol, ni meme bouger, le premier avant la bataille de Trasimene contre Hannibal, le second avant la bataille de Carrhes contre les Parthes en 53 av. J.-C. Or, Frederic Blaive a demontre que ces prodiges par lesquels des enseignes militaires restent figees dans le sol, ne concernaient, dans la pensee romaine, que des guerriers impies et qu'ils annoncaient non seulement leur defaite mais aussi leur mort (6); nous-memes avons ajoute d'autres exemples romains (7) a ceux decouverts par Blaive et en avons aussi trouve dans d'autres litteratures indo-europeennes (8). Nous serions donc en presence avec Scribonianus d'un guerrier impie; mais il semble lui manquer le presage type du guerrier impie, a savoir la chute (ou les pleurs) de son cheval. Par contre, Suetone et Orose ajoutent un presage qui n'apparait pas chez les autres guerriers impies repertories, a savoir l'impossibilite d'orner l'(es) aigle(s) romaine(s) du general (9). Il n'est plus a demontrer que depuis Marius l'aigle symbolise l'armee romaine et son chef (10).

Scribonianus (11) serait donc un guerrier impie (incomplet) ou un avatar de ce dernier, comme le sera Caesennius Paetus, un general neronien (et de Vespasien), si nous ajoutons foi a la narration de Tacite (12). Plusieurs questions se posent a propos de la tres breve esquisse qui decrit Scribonianus comme guerrier impie :

1.) son portrait est-il ou non volontairement incomplet? En d'autres termes, ce fauteur de guerre civile est-il depeint a l'origine avec toutes les caracteristiques du guerrier impie, dont Suetone et Orose (13) ne transmettent que l'un ou l'autre detail, ou l'est-il comme le font le biographe des XII Cesars et l'auteur du Contre les Paiens? Dans ce dernier cas, ce ne sont que des vestiges de la figure mythique du guerrier impie qui sont appliques au contestataire du pouvoir de Claude.

2.) le <<mytheme du guerrier impie>> a-t-il ete applique par Suetone lui-meme, ou le biographe l'a-t-il repris a un ecrit anterieur?

3.) le portrait du gouverneur rebelle est-il d'essence <<litteraire>>, c'est-a-dire emprunte, sans arriere-pensee politico-religieuse (14) ni souvenir conscient du scheme mythique concernant le guerrier impie, a la tradition litteraire evoquee plus haut, soit par le biographe imperial lui-meme, soit par sa ou ses source(s) de Suetone.

La reponse a la premiere question a ete envisagee par M. Swain et, nous semble-t-il par Annie Vigourt. M. Swain (15) y voit une explication personnelle des evenements par Suetone, et peut-etre un emprunt purement litteraire. L'explication suetonienne remplacerait la recherche des motifs de la desobeissance de l'armee de Scribonianus, tels que Dion Cassius les rapporte (LX, 15, 3); mais comme a l'epoque de son article (1970), l'on ignorait l'importance pour la mentalite romaine du <<mytheme du guerrier impie>> et sa presence dans certaines autobiographies imperiales, nous ne croyons pas a une initiative personnelle de Suetone.

Non, celui-ci n'a pas <<invente>> l'intervention divine comme mode d'explication sans se baser sur des sources; non, il n'a pas donne l'impression de prendre exagerement parti pour l'empereur (16). Il en presente en effet un portrait (assez) equilibre (et parfois contradictoire), tendant quelque peu au jugement negatif, comme l'ont montre E. Cizek (17) et J.Gascou; pour ce dernier, la mort abjecte de Claude peinte par Suetone, pour laquelle l'auteur des XII Cesars a choisi deliberement d'associer l'horrible et le repugnant, convient a un prince sans majeste (18). Cette contradiction entre portrait equilibre et eventuel esprit partisan, et son explication supposee originale et differente de celles des historiens du regne de Claude confirment notre sentiment que Suetone s'est retranche derriere ses sources qu'il a en fait selectionnees, donnant l'impression de sauvegarder une certaine neutralite (19).

De meme, Annie Vigourt (20), qui voit dans le passage que nous etudions (13, 4), la confirmation par le hasard de l'avenement fortuit de Claude au pouvoir (10, 1) et la transformation de ce hasard en providence, sous-entend, a notre avis, de la part de Suetone un jugement personnel; mais pour elle, <<Suetone n'etait pas favorable a Claude>>. Dans ce cas, pourquoi Suetone, dans son hostilite supposee a l'encontre de Claude, aurait-il ecrit les mots ac diuinitus? Ceux-ci prouvent, au contraire, l'adhesion de Suetone a la version qui narre l'etouffement dans l'reuf de la guerre civile, grace a l'intervention des dieux (21). Dans son analyse du syntagme casu quodam ac diuinitus, A. Vigourt semble non seulement oublier quelque peu un precedent livien (forte quadam diuinitus en I, 2, 4), mais aussi exagerer l'intertextualite (l'avenement de Claude qui est taxe par Suetone de casu mirabili (10, 1) se verrait confirme par l'evenement de 42 apr. J.-C.). D'ailleurs, elle souligne (p. 140 n. 63) que l'editeur Torrentius corrige le texte en casu quodam AN diuinitus; si nous adoptions cette correction, nous pourrions voir alors dans cette alternative, d'un cote, une restriction (l'opinion de Suetone?), de l'autre l'expression meme d'un sympathisant de Claude; qui plus est, les ecrivains latins semblent opposer casu, <<par hasard>>, a l'action divine, si nous suivons Cesar (B. G., I, 126) et Ciceron (De diuinatione, II, 39, 47, 67et 121) ainsi que l'anonyme De Viris Illustribus (2, 8). Signalons que l'expression casu an se retrouve dans Tacite, Annales, I, 13 (forte an dans IV, 54 et XV, 38 et 60), dans Pline le Jeune (II, 11, 24) et chez Ciceron (De diuinatione, I, 55) (22). Si donc, selon l'interpretation d'A. Vigourt, l'on estime dans le passage incrimine que Suetone emet une reserve a l'egard de Claude, il faudrait lire casu quodam an diuinitus; dans le cas contraire, comme la conjonction de coordination ac possede le sens <<et de plus>> (23), l'adverbe diuinitus prouverait l'adhesion de Suetone a une version pro-claudienne des evenements (24).

Ainsi, apres avoir rejete la these d'une explication totalement personnelle et purement litteraire de Suetone au sujet de la duree ephemere de la guerre civile, optons-nous pour un portrait deliberement incomplet, et ce pour plusieurs raisons :

1.) une plus grande fidelite de Suetone a ses sources que certains autres auteurs (25)

2.) son respect religieux des presages (26)

3.) le portrait par le biographe imperial de Jules Cesar et de Vitellius comme des guerriers impies (27).

Pour nous, un argument permet de comprendre pourquoi la caracterisation de Scribonianus garde un aspect lacunaire. Contrairement aux autres guerriers impies decouverts par Fr. Blaive et par nos enquetes, ce personnage n'est pas un dirigeant principal : ni consul (Caius Flaminius, C. Vibius Pansa Caetronius), ni triumvir (Crassus), ni dictateur (Sylla, Cesar), ni empereur (Vitellius, Pertinax, Julien l'Apostat) gouvernant Rome. Il n'est que gouverneur de province, hostile au pouvoir etabli; Scribonianus fait partie de ces impii bellatores, qui se mesurent avec des concitoyens--comme Cesar, Vibius Pansa, Vitellius, Pertinax--, et non avec des etrangers--comme Flaminius avec les Carthaginois, Crassus, L. Caesennius Paetus et Julien l'Apostat avec les Parthes. Aussi pouvons-nous envisager pour pareil homme une caracterisation en guerrier impie comme fort incomplete (28); en d'autres mots il ne <<meriterait>> pas toutes les caracteristiques du guerrier impie (29).

En outre, Scribonianus est caracterise comme un guerrier impie avorte, car la guerre civile de 42 apr. J.-C. fut avortee (30); il n'y eut vraisemblablement aucun presage ni d'ordre surnaturel (seisme en Italie ou en Dalmatie, ou la chute inexplicable de la monture du gouverneur rebelle p. ex.) (31), sauf les enseignes militaires restant figees et l'impossibilite d'orner les aigles romaines, ni de presage annonce par les haruspices (32); il n'y eut point de mort obscure (p. ex. celle de Caius Flaminius ou de Vibius Pansa, consul en 43 av. J.-C.) ou causee par une divinite (comme celle de Julien l'Apostat p. ex.) (33).

Pour nous, contrairement a Swain et a Vigourt, le mytheme (incomplet) du guerrier impie se trouve deja dans les sources de Suetone. Celles-ci sont probablement identiques a celles de Tacite (34): outre les archives officielles (acta diurna, acta urbis, acta senatus) (35) les historiographes de l'epoque Julio-claudienne, vivant au II(e) siecle apr. J.-C., pouvaient se baser sur les Historiae de Servilius Nonianus, de Pline l'Ancien et de Cluuius Rufus (36)--J. Mottershead ajoute a cette liste Fabius Rusticus et des historiens devenus anonymes en raison de la disparition de leurs oeuvres (37). Il y a plus d'un demi-siecle, Ronald Syme avait, avec beaucoup de sagesse, estime hasardeux d'etablir la Quellenforschung pour le regne de Claude (38). Il n'empeche; on pense generalement que les trente et un livres de l'reuvre historique de Pline l'Ancien emettent un avis positif sur Claude--car son Histoire Naturelle juge negativement Neron, le successeur de Claude (39). Toutefois il existe une controverse pour etablir si le celebre naturaliste, poursuivant l'reuvre de son predecesseur Aufidius Bassus, a commence son ouvrage historique au milieu du regne de Claude (40) ou deja avec la chute de Sejan en 31 apr. J.-C. sous Tibere (41); parallelement on ne sait quoi penser de l'ecrit de Cluuius Rufus, lequel fit partie de la cour de Neron et se targuait en meme temps de son objectivite (42). En raison de la perte de ces reuvres historiques, notamment de Servilius Nonianus, de Pline l'Ancien, de Fabius Rusticus et de Cluuius Rufus (43), nous ne pouvons emettre qu'une hypothese provisoire. Selon cette derniere--au cas ou Pline aurait egalement narre le regne de Caligula (et donc de Claude)--, le portrait (incomplet) de Scribonianus comme guerrier impie pourrait provenir de l'illustre encyclopediste, puisque ce dernier etait friand de presages (44). Dans le cas qui nous occupe, Pline connaissait ceux qui etaient arrives a Crassus et avant la bataille de Trasimene (45). De la sorte, nous voyons que dans deux biographies imperiales que nous avons quelque peu etudiees, celle de Claude et celle de Vitellius, Suetone aurait change de sources; pour la premiere il s'agirait donc de Pline l'Ancien, pour la seconde de Cluuius Rufus (46).

Une recente specialiste du regne de Claude, a savoir Barbara Levick, pense que les evenements de 42 apr. J.-C. ont pu etre rapportes soit par un ecrit datant d'avant la mort de Claude, car a l'avenement de Neron se manifesta une reaction <<republicaine >> (47), soit--avec plus de probabilite selon elle--par des hommes de l'epoque flavienne (48); cette historienne anglaise semble opter, a la suite de Ronald Syme (49), pour Servilius Nonianus (50). Il y a toutefois une source a laquelle l'on n'a guere songe (51), a savoir l'empereur Claude lui-meme qui redigea, comme Auguste, un De Vita sua, c'esta-dire une autobiographie (52). Tout en ne pouvant plus ressusciter ce memoire perdu (!), nous pensons cependant qu'il peut constituer une source possible de la biographie suetonienne, comme nous le verrons par la suite.

En faisant de Scribonianus un <<petit>> guerrier impie, la source de Suetone (Claude? Pline l'Ancien?) condamne les conjures de 42 apr. J.-C. <<On s'accorde a leur reconnaitre>>, ecrit Jean-Louis Voisin (53), <<des sentiments republicains, sans bien en mesurer l'intensite. Revolte baclee, mal preparee et mal conduite, elle ne pouvait qu'echouer. Du moins ses responsables quitterent-ils la scene selon la tradition romaine republicaine. L'exemple de Caton a Utique hantait les memoires. Ce fut d'abord L. Arruntius [Furius] Camillus Scribonianus, consul ordinaire en 32, legat de Dalmatie : le bras arme du complot. Son pere adoptif, L. Arruntius, s'etait ouvert les veines en 37 et sa famille liee aux Scribonii Libones qui comptaient un suicide. Par loyaute familiale et comme la necessite l'y poussait, il ne pouvait moins faire. Les textes divergent concernant son trepas. Les uns precisent qu'il aurait ete tue par un de ses soldats. Les autres rapportent un suicide. Tout incite a penser que cet ancien consul s'est donne la mort : ses antecedents, son education, sa fuite sans espoir dans l'ile d'Issa, le soldat Voluginus qui l'aide, vraisemblablement, a se tuer avant de s'approprier sa mort et d'etre recompense par Claude, la presence de son epouse qui l'assiste dans la mort, mais qui ne se tue pas, ce que lui reprochera Pline le Jeune. Puis ce fut le tour, a Rome, de L. Annius Vinicianus, la tete politique du complot, le rival possible de Valerius Asiaticus. Son nom fut prononce en 41 comme celui d'un successeur eventuel a Caligula. Enfin les heros du stoicisme d'opposition, tous deux affiles a la conspiration : Arria et son mari Caecina Paetus, consul suffect en 37, arrete en Dalmatie et transfere a Rome. C'est la scene, celebre, rapportee par Pline et par Martial, celle du non dolet, Paete...>>.

Le fait que ce soit Pline le Jeune qui ait narre le suicide conjugue de Caecina Paetus et de son epouse Arria, incite a penser que le celebre epistolier en avait ete peut-etre mieux informe par son oncle et que ce dernier racontait dans ses Historiae tant la conjuration de 42 que les divers suicides. D'ou nous pourrions deduire que Pline l'Ancien depeignait Scribonianus comme un guerrier impie. Par cette peinture, le celebre amiral de la flotte de Misene condamnait, nous semble-t-il, tant tout retour a un regime republicain (54), si grands que fussent les ancetres dont pouvaient se reclamer les protagonistes de la conjuration, comme Scribonianus qui descendait du fameux Camille, le sauveur de Rome face aux Gaulois (55), que toute atteinte au pouvoir des <<vrais>> Julio-Claudiens (56), s'il est vrai que le pere adoptif de Scribonianus, Lucius Arruntius, fut juge par Auguste comme capax imperii (57).

Faire de Scribonianus le moteur d'une guerre qualifiee de civile, c'est d'une certaine facon le condamner, puisque toute guerre (dite) civile passe pour impie (58); c'est pourquoi il etait naturel de la part des contemporains de Claude (ou d'une certaine partie d'entre eux), de juger Scribonianus comme un guerrier impie. Mais nous pouvons aussi penser que l'impiete dont est charge Scribonianus, peut apparaitre comme une reponse de l'empereur Claude lui-meme au Senat (c'est-a-dire au courant <<republicain >> (59) ou hostile aux Julio-Claudiens (60)), et/ou a ceux qui l'avaient accuse de peur et de lachete lors de la sedition de Scribonianus (61). Le Senat l'avait en effet declare, lui le successeur de Caligula, comme ennemi public (hostis) de Rome (62). Cette accusation d'impiete a charge de Scribonianus qui figure peut-etre dans son De Vita sua constitue une reponse imperiale au Senat (63), au meme titre que la prise du titre de <<pere de la patrie>>, que l'acceptation du premier consulat eponyme en 42 (64), que l'emission de monnaies ou figure la Libertas Augusta (65), et que la conquete de la (Grande-)Bretagne (66); cette derniere montre que le pouvoir imperial n'etait plus menace en 43 apr. J.-C. par les <<republicains>>, puisque l'empereur s'etait absente de Rome pendant pres d'une demi-annee (67).

Il y a peut-etre une autre raison qui expliquerait la qualification de <<guerrier impie>> de Furius Camillus Scribonianus par l'empereur Claude. Le pere (adoptif) du rebelle est, nous l'avons dit, L. Arruntius; ce consulaire <<tres en vue des la fin du principat d'Auguste et allie aux Aemilii, aux Furii Camilli (...), aux Pompei et Sullae>> (68), prefera abreger sa vie pour eviter d'etre l'esclave d'un roi qui serait Caligula, non qu'il craignit <<un regime, mais la faiblesse morale d'un jeune homme; du moins est-il cense s'exprimer en ce sens au moment ou il decide de se suicider. Il y a fort a parier que Tacite a mis dans son discours beaucoup de ses idees personnelles>> (69). Selon nous, aux yeux de Claude, Scribonianus, heritier de L. Arruntius, se trompe en l'assimilant a son predecesseur et en se revoltant; lui, Claude, n'est pas un <<Tarquin>> etrusque--considere par les Romains comme un <<guerrier pecheur>> (70)--, mais le successeur d'Auguste.

Ne soyons pas surpris de ce que l'empereur Claude recoure (si c'est lui qui est la source de Suetone et subsequemment d'Orose) aux phenomenes <<divins>> qui marquent un guerrier impie (en l'occurrence ici les enseignes restant inamovibles et l'aigle romaine se derobant aux ornements); en effet, la meme annee, en 42 donc, il montra sa croyance dans des songes pretendument premonitoires : son epouse Messaline et son affranchi Narcisse avaient reve qu'Appius Silanus attentait a sa vie; Claude en informa le Senat, ajoutant que le presume assassin avait ete execute des sa presence au palais (71).

Tacite parle aussi d'un songe <<ou (l'un des deux chevaliers romains de premier rang surnommes Petra) pretendait avoir vu Claude la tete ceinte d'une couronne d'epis renverses, image dont il avait, disait-on, tire le pronostic d'une disette de ble. Quelques-uns ont dit que la couronne vue par lui etait de pampres jaunis et qu'il en avait tire le presage de la mort du prince pour le declin de l'automne>>; et l'historien conclut : <<Un point n'est pas conteste, c'est que le songe, quel qu'il soit, causa sa perte et celle de son frere>> (72).Que Claude crut sincerement, comme ses contemporains (73), dans les avertissements des songes, ou qu'il mit sur pied toute cette mascarade ou qu'il laissa tacitement faire Messaline et Narcisse (74), nous pouvons, pensons-nous, en decider; car la croyance dans les reves et l'interpretation de certains signes extraordinaires, comme ceux dont parle Suetone, relevent, a nos yeux, d'un profond et sincere sentiment religieux base sur la tradition romaine (75).

Marta Sordi conforte notre opinion elle pense que le recit de Dion Cassius (LX, 19, 4) sur la conquete de la (Grande-)Bretagne, notamment le passage ou une lumiere se deplacant prodigieusement d'Est en Ouest traduirait l'acquiescement divin a l'expedition de Claude, pourrait provenir de l'autobiographie imperiale (76); car elle a remarque que l'historien grec de l'epoque severe aimait, dans le cas d'Auguste, confronter des sources <<republicaines>> (hostiles a Octave?) avec l'autobiographie imperiale, et conclut qu'il peut en etre de meme avec Claude. D'ailleurs la comparaison qu'etablit Dion Cassius entre Cesar et Claude pour l'expedition britannique, proviendrait, selon Sordi, de la propagande claudienne (77). Ainsi donc, du De Vita sua de Claude ne devait pas etre absent le <<surnaturel>> (presages, signes divins, reves, etc.) (78).

Qui plus est, le gout de Claude pour l'histoire et notamment pour Tite-Live qui l'encouragea dans sa jeunesse a ecrire une histoire (79), a peut-etre joue, lorsque l'empereur a caracterise son adversaire Scribonianus comme un guerrier impie, puisque Tite-Live avait depeint comme tels le consul plebeien Caius Flaminius (XXII, 1, 3) et peut-etre l'un des deux consuls de 43 av. J.-C., Caius Vibius Pansa (80).

Enfin, en redigeant un De Vita sua, Claude a vraisemblablement imite Auguste et Tibere. Le premier est l'auteur d'un Commentarii De Vita sua, dans lequel il appliquait, selon nous, le mytheme du guerrier impie a C. Vibius Pansa Caetronius, collegue au consulat d'Hirtius en 43 av. J.-C. (81); le second passe pour avoir redige une autobiographie sans pretention litteraire et d'une discrete brievete, qui fut publiee vers la fin de son regne, si nous en jugeons par son allure apologetique a propos de la chute de Sejan (82).

D'ailleurs, l'on considere Auguste, <<en tant que fondateur de la dynastie comme le principal modele de Claude>>, ecrit B. Levick (83) qui ajoute : <<Mais il serait surprenant que Claude ait eu pour Auguste un veritable respect, si on prend en compte l'opinion que le princeps avait eue de lui. Et la periode du Principat augusteen que Claude avait vecue, a partir de l'age de dix ans avait ete loin d'etre heureuse. C'est Tacite qui met au centre de son recit cette importance du modele augusteen pour Claude. Il a de bonnes raisons a cela. Cela servait son dessein, comme l'a remarque K. Seif, qui etait de juxtaposer ce modele aux echecs de Claude--l'assechement du lac Fucin, sa tentative pour mettre Meherdates sur le trone parthe. Mais l'usage que fait Tacite du modele augusteen pour mettre en lumiere les faiblesses de Claude montre quelle interpretation il faut donner a l'utilisation du nom d'Auguste par Claude. Cela servait a montrer sa bonne volonte et, comme l'avait fait Tibere, Claude s'en servait pour se justifier, comme un argument de poids tire du passe. La sincerite n'etait pas necessaire et on ne peut en tirer de conclusions. <<Faire comme Auguste>>, tout comme <<faire comme Lenine>> etait un programme sans risque, etant donne les changements qui s'etaient produits pendant la vie du fondateur>>. Et Levick de terminer: <<Pour ce qui est des veritables modeles de la pensee politique de Claude, il nous faut chercher plus loin>>.

Si donc Claude n'a pas tout a fait suivi le modele politique augusteen (84), du moins il a pu prendre pour exemple <<litteraire>> le premier empereur de Rome (85). Nous pourrions apporter une preuve a posteriori de la presence du <<mytheme du guerrier impie>> dans les deux autobiographies, celle d'Auguste et celle de Claude : ce mytheme figure egalement dans l'autobiographie de Septime Severe dont parle l'historien grec Herodien (et indirectement Dion Cassius) (86). La, le futur empereur de 193 apr. J.-C. reve qu'a son entree au Forum a Rome sur la Voie Sacree, le cheval orne des phaleres imperiales que montait Pertinax, l'empereur du moment, avait secoue son cavalier et l'avait jete bas, puis s'etait dirige vers lui, qui se trouvait plus loin, et apres s'etre glisse sous lui, l'avait charge sur son dos pour le conduire jusqu'en plein milieu du Forum. Mais nous avons montre dans un article anterieur que, si Septime Severe use du mytheme du guerrier impie, il ne considere nullement son predecesseur sur le trone imperial comme tel; la chute de Pertinax indiquait simplement sa mort et la passation du pouvoir (87). De ces quelques constatations, nous pourrions deduire que le mytheme du guerrier impie apparaissait (quelquefois) dans les autobiographies imperiales comme une sorte de theme oblige, quand il s'agissait d'adversaires politiques visant (apparemment) au pouvoir supreme (88).

En conclusion, que ce soit Claude en personne qui ait fabrique avec une sincere conviction religieuse le <<mythe de Furius Camillus Scribonianus guerrier impie>> (notre hypothese (89)) ou un ecrivain de l'epoque flavienne (comme Pline l'Ancien ou Servilius Nonianus), nous pensons que c'est par une volonte deliberee que le gouverneur rebelle de Dalmatie est sommairement caracterise comme un impius bellator. Le mytheme du guerrier impie a ete generalement employe, quand les contemporains ont eu l'impression, avons-nous constate (cf. n. 7 et 8), qu'un changement decisif etait apparu au cours des evenements : ainsi Flaminius, Crassus, Paetus Caesennius et Julien l'Apostat face aux dangers, pour le premier, carthaginois, pour les trois autres, parthe; Sylla et Cesar face aux defenseurs de la republique; Vibius Pansa, Vitellius et Pertinax face a l'instauration d'un nouvel ordre politique. Nous pensons qu'il en a ete de meme pour Scribonianus, meme si le mytheme n'a ete que partiellement employe a son encontre : il representait le retour a un ordre politique ancien (90). Signalons que deja Tite-Live et Virgile n'avaient pas a dessein dresse de portrait complet du guerrier impie qu'etait pour le premier, Quintus Pleminius, legat de Scipion le Premier Africain (cf. n. 28), et pour le second, Mezence dans l'Eneide (91).

Si nous soutenons que dans le passage de la biographie de Claude, que nous venons d'etudier, Suetone a sous les yeux, d'une facon ou d'une autre, le De Vita sua de l'empereur, notre hypothese montre que Suetone peut utiliser un document imperial qu'il juge cependant compose magis inepte quam ineleganter (92), et qu'il recherche des sources rares (93); son utilisation suggere qu'a ses yeux certaines pages sont plus valables que d'autres.

Notre hypothese dement done partiellement l'affirmation de L. De Coninck selon qui <<apres avoir parcouru le testament de Tibere, Suetone ne se refere plus a aucun document prive des princes posterieurs, aux brouillons de quelques poemes de Neron pres; ceux-ci, il les a vus, mais par hasard et sans avoir fait des recherches a leur sujet : venere in manus meas>>. <<Parfois>>, ajoute L. De Coninck, <<le biographe, sans faire mention explicite de ses sources, se trouve tres proche du libelle de certains documents par la facon dont il relate les faits>> (94); c'etait le cas pour Claude, 13, 4.

Marcel Meulder

Universite Libre de Bruxelles

meulderpleeck@hotmail.com

(1) Trad. H. Ailloud, C.U.F. legerement modifiee, car J. Gascou, Suetone, Rome, 1984, pp. 730 n. 89, suggere de remplacer <<crainte superstitieuse>> par <<crainte religieuse>>. Voir infra sur la lettre meme du texte.

(2) Le silence de Dion Cassius peut paraitre paradoxal, quand nous savons sa propension a rapporter les prodiges, comme l'a encore etabli tout recemment St. Danvoye <<La divination intuitive et deductive dans l'histoire Romaine de Dion Cassius>>, Folia Electronica Classica (Louvain-la-Neuve), 5, 2003, renvoyant en n. 9 a des ouvrages anterieurs. Nous pourrions conclure que l'historien grec n'a pas recouru (ici?) a Suetone; selon E. G. Huzar, <<Claudius-the Erudite Emperor>>, ANRW II, 32, 1 (1984), p. 618, l'ecrivain de Nicee aurait use de sources annalistiques imperiales.

(3) VII, 6, 6-7 : Siquidem Furius Camillus Scribonianus, Dalmatiae legatus, bellum ciuile molitus legiones multas fortissimasque ad sacramenti mutationem pettexerat Itaque die dato, ut in unum undique ad nouum imperatorem conueniretur, neque aquilae ornari neque conuelli quoquo modo signa moueriue potuerunt. Exercitus tanta et tam inusitata miraculi fide motus et conuersus in paenitentiam Scribonianum quinta statim die destitutum interfecit seseque sacramento prioris militiae continuit. (Nous soulignons le passage dont nous allons discuter).

(4) Respectivement De diuinatione, I, 35. 77; Histoire Romaine, XXII, 1, 3; Epitome, I, 22, 13-14; Faits et dits memorables, I, 6, 6 (). Voir aussi Plutarque, Crassus, 16, 6-8 et 19, 4-6.

(5) Les textes de Valere Maxime sont rapproches du texte de base de cet article par A. Vigourt, Les presages imperiaux dAuguste a Domitien, Paris, 2001, p. 459 n. 141.

(6) Impius Bellator. Le Mythe Indo-Europeen du Guerrier Impie, Arras, ed. Kom, 1996.

(7) Voir nos articles <<Julien l'Apostat contre les Parthes : un guerrier impie>>, Byzantion 61, 1991, 458-495; <<Le poete Claudien connaissait-il le mytheme du guerrier impie>>, OHodagos 2, 1991, 284-292; <<L. Caesennius Paetus, un avatar du guerrier impie chez Tacite, Annales, XV, 7-8>>, Latomus 52, 1993, 98-104; <<C. Vibius Pansa, un guerrier impie selon Auguste>>, DHA 21, 1995, 247-273; <<Crassus guerrier impie. Quelques approfondissements>>, OHodagos 8, 1995, 123-142; <<Vitellius, guerrier impie? (Suetone, IX, 3)>>, Melanges C. Deroux IV, Bruxelles, 2003, pp. 475-483.

(8) <<Le motif du <<guerrier impie>> dans la litterature europeenne>>, LEC 63, 1995, 39-54; <<Les trois peches du guerrier impie Vladimir Ier de Kiev>>, C&M 55, 2004, 285-297.

(9) Florus (I, 22, 14) parle d'essaims fixes sur les enseignes et d'aigles qui refusent d'avancer. L'on ornait l'aigle romaine de phaleres (voir A. von Domaszewski, Aufsatze zur romischen Heeresgeschichte, Darmstadt, 1972, pp. 53 n. 2 et J. HEGELAND, <<Roman Army Religion>>, ANRW II, 16, 2, pp. 1473-1478 sur l'importance de l'aigle romaine).Dans son commentaire a Suetonius. Diuus Claudius (Cambridge, 2001, p. 115) D. W. HURLEY envisage la graphie aquilae chez Suetone.

(10) Thesaurus Linguae Latinae, s. v. aquila. Voir notre article <<Les trois fonctions dans Phedre, Fable, III, 18>>, Studia Indo-Europea 2, 2006, 93-101 citant PLINE l'Ancien, X, 4. 16.

(11) Sur les liens familiaux de Scribonianus, voir B. LEVICK, Claude (trad. fr.), Paris, 2002, p. 84; E. WEINRIB, <<The Family Connections of M. Livius Drusus Libo>>, HSPh 72, 1968, 247-278 et J. SCHEID, <<Scribonia Caesaris et les Julio-Claudiens. Problemes de vocabulaire de parente>>, MEFRA 87, 1975, 349-375 et Les freres arvales: recrutement et origine sociale sous les empereurs julioclaudiens, Paris, 1975, pp. 178-182.

(12) Annales, XV, 7-8; voir n. 7. A. VIGOURT, op.cit, p. 114 n. 179 donne une autre explication, plus <<rationalisante>> a notre avis; selon elle, <<les soldats des legions de Dalmatie avaient sans nul doute ressenti quelque scrupule a suivre Camillus Scribonianus, au mepris de leur serment militaire, ce qui les a conduits a demeurer fideles au prince. Cela pouvait aisement etre exprime par le fait qu'ils ne reussirent pas a mouvoir les enseignes>>. Notre explication porte davantage sur l'histoire des mentalites et/ou de la transmission de schemes litteraires, comme dans notre article sur Caius Vibius Pansa (cf. n. 7; contra A. VIGOURT, op. cit, p. 193 n. 31 et p. 271, n. 80 pour qui le cheval symbolise le pouvoir, l'autorite. Pour nous, quand il bronche, il denonce l'impiete de son cavalier, quand celui-ci est consul ou empereur ou general--voir nos articles cites n. 7 et 8).

(13) Pour les sources d'Orose, voir M.-P. ARNAUD-LINDET, OROSE, Histoires (Contre les Pai'ens), Paris, 1990, t. I, pp. xxviii-xxix qui cite Eutrope, Eusebe/Jerome qui depend du premier, ainsi que Suetone (n. 65 : il est cite sept fois par l'historien chretien. M. SORDI, <<Il De Vita Sua di Claudio e le caratteristiche di Claudio come storico di se stesso e di Roma>>, RIL 127, 1993, 214-215 pense qu'Orose n'a pas lu seulement Suetone, mais aussi Tacite (voir egalement A. MEHL, <<Orosius uber die Amnestie des Kaisers Claudius. Ein Quellenproblem>>, RhM 121, 1978, 185-194)--et donc indirectement l'autobiographie de Claude--pour narrer la conquete de la Bretagne.

(14) Nous avons montre apres bien d'autres l'enchevetrement de la politique et de la religion dans notre article <<Une trifonctionnalite chez Valere-Maxime (I, 6, 7)>>, RIDA 46, 1999, 315-368

(15) <<Josephus, A. J., XIX, 251-252 : opposition to Gaius and Claudius>>, AJPh 91, 1970, p. 163 n. 52,

(16) On a decele qu'appartenant a la classe equestre, Suetone temoignerait parfois d'une certaine bienveillance a l'egard de Claude, qui, comme empereur, favorisa les chevaliers (E. CIZEK, Structures et ideologies dans les Vies des douze de Cesars de Suetone, Paris, 1977, pp. 167-168; cf. F. DELLA CORTE, Suetonio, eques Romanus, Florence, 1967, pp. 174, 193, 199-200, 216-217, 229, etc.); d'autre part, le biographe est un partisan de la monarchie (E. Cizek, op. cit, pp. 178-180; aussi J. Gascou, op. cit, pp. 84-87, 168-170, 241-242 et 335-339), et donc oppose a un retour a la vieille republique.

(17) E. Cizek, op.cit, pp. 101, 106, 109-110, 120, 137, 140, 149-150 et 171.

(18) Opp. cit., pp. 795-796 pour Suetone, Claude, 44, 6-7.

(19) J. Gascou, op. cit, pp. 800-803.

(20) <<Les presages imperiaux et le temps dans le De Vita Caesarum de Suetone>>, Ktema 18, 1993, 140-141

(21) Voir PLINE le Jeune, Lettres, I, 18 pour le credo de Suetone.

(22) Mais perinde... casu ac... chez Suetone, Caligula, 10 (nous soulignons).

(23) Le Nouveau Gaffiot, s. u. atque, ac I, 1 et 3. Aussi D. W. HURLEY, op. cit, p. 114 se referant a l'article ac/atque [section] 4 de YOxford Latin Dictionary.

(24) Dans son ouvrage cite n. 5 (pp. 89-90), A. Vigourt, abordant la distinction suetonienne entre <<fait du hasard>> et <<signe>>, ecrit : <<Selon Suetone, ce qui arrive par <<hasard>> ne peut etre un signe utilisable en divination, mais ne contredit en rien les <<vrais>> signes : le hasard joue dans le meme sens que le temps; il est un geste qui, quel que fut le contexte, aurait ete accompli (...) ou le simple constat par la divinite qu'un evenement predit est sur le point de se produire (...); il ne contrarie pas les signes divinatoires>>.

(25) Voir J. GASCOU, op. cit, pp. 337 et 541-567.

(26) Voir p. ex. notre article <<Vitellius.>> {n. 7}.

(27) Voir Fr. BLAIVE, op. cit, pp. 111-121 et notre article <<Vitellius.>> {n. 7}

(28) La presente recherche eclaire aussi l'aspect incomplet d'un autre guerrier impie que nous etudions et qui est Quintus Pleminius, un legat de Scipion le premier Africain a Locres (en voie de publication).

(29) Ceci vaudrait peut-etre aussi pour Caesennius Paetus (cf. n. 7) et pour Quintus Pleminius (voir supra).

(30) B. Levick, op. cit, p. 182. Signalons que la cite dalmate d'Asseria voua a Claude une reconnaissance particuliere (ibid., p. 238) : serait-ce un indice de la fidelite de cette ville a l'empereur conteste?

(31) La famine que connut Rome (et si elle a precede le debut de l'insurrection) ne semble pas avoir ete jugee comme un mauvais presage (voir Dion Cassius, LX, 11, 2-3, signale a notre attention par Z. YAVETZ, La plebe et le prince. Foule et vie politique sous le haut-empire romain (trad. fr.), Paris, 1984, pp. 164-165); d'ailleurs l'empereur Claude s'employa a remedier (definitivement) a cette famine (C. VIRLOUVET, Famines et emeutes a rome. Des origines de la Republique a la mort de Neron, Rome, 1985, p. 47 n. 32, 52 et n. 46, ainsi que 99-102).

(32) B. LEVICK, op.cit, p. 117 sur la reorganisation par Claude du college des haruspices sous le controle des pontifes (voir TACITE, Annales, XI, 15 et M.-L. HAACK, Les haruspices dans le monde romain, Paris-Bordeaux, 2003, pp. 92-98).

(33) Meme s'il y a plusieurs versions de la mort de Scribonianus : suicide selon DION CASSIUS (60, 15, 3), mise a mort par un soldat selon TACITE (Histoires, 2, 75; aussi SUETONE, Othon, 1, 2; PLINE LE JEUNE, Lettres, 3, 16, 7; Epitome de Caesaribus, 4, 4).

(34) D. W. HURLEY, op. cit, p. 9. G. TOWNEND, <<Claudius and the Digressions in Tacitus>>, RhM n. f. 105, 1962, 358-368.

(35) Voir cependant les reserves de L. DE CONINCK, Suetonius en de archivalia, Brussel, 1983, passim, et <<Les sources documentaires de Suetone, 'Les XII Cesars' : 1900-1990>>, ANRW II, 33, 5, 1991, 3675-3700.

(36) D. W. HURLEY, op. cit, pp. 14.

(37) SUETONIUS, Claudius, edited with introduction and commentary, Bristol, 1986, pp. xii-xiii.

(38) Tacitus, Oxford, 1958, t. I., p. 287.

(39) Voir p. ex. notre article <<Mythe et histoire dans la Vita Neronis de Suetone>>, Latomus 61, 2002, 362-387; aussi N. MEthy, <<Neron, mage ou monstre? Sur un passage de Pline l'Ancien (NH. 30, 14-17)>>, RhM 143, 2000, 381-399; Fr. Ripoll, <<Aspects et fonction de Neron dans la propagande imperiale flavienne>>, Neronia V, Bruxelles, 1999, pp. 137-151; M. SORDI, <<Nerone e la Roma neroniana nelle "Historiae" di Plinio il Vecchio>>, Neronia VI, Bruxelles, 2002, pp. 143-149.

(40) Voir p. ex. P. Jal, <<Pline et l'historiographie latine>>, Helmantica 38, 1987, 171-172.

(41) J. WILKES, <<Julio-Claudian Historians>>, CW 65, 1972, 197 et 200. Aussi E. G. HUZAR, art.cit., pp. 615-616 pour Pline historien d'un certain nombre d'annees (sans plus de precision) du regne de Claude. Voir aussi H. BARDON, La litterature latine inconnue, Paris, 1956, t. II, p. 165. G. ZECCHINI, <<Regime e opposizioni nel 20 d.C : dal S.C. 'de Cn. Pisone patre' a Tacito>>, Fazioni e congiure nel mondo antico (ed. M. Sordi), Milan, 1999, pp. 309-335, entrevoit la possibilite pour Pline de parler d'evenements du debut du principat de Claude et meme anterieurs.

(42) D. W. HURLEY, op.cit, pp. 15. D. WARDLE (<<Cluvius Rufus and Suetonius>>, Hermes 120, 1992, 466-482) soutient que Cluvius Rufus a ecrit non une chronique scandaleuse, mais une histoire de style annalistique sur les empereurs du Ier siecle.

(43) H. BARDON, op. cit, t. II, pp. 164-168 pour ces historiens; ainsi que R. SYME, op. cit, t. I, pp. 178-180, 275-277 et 287-294.

(44) Voir notre article <<Vitellius...>>, {n. 7} p. 483 et n. 39.

(45) II, 57. 147 (cf. XV, 21. 83) et 86. 200.

(46) M. MEULDER, <<Vitellius...>> [n. 7], pp. 481-482.

(47) Op. cit., pp. 238-239.

(48) Ibid., p. 242. Aussi M. P. CHARLESWORTH, <<Flaviana>>, JRS 27, 1937, 55-62 et Fr. RIPOLL, art. cit., pp. 149-151.

(49) Op. cit., t. I, pp. 274-277 et 287 sq.; Id., <<The Historian Servilius Nonianus>>, Hermes 92, 1964, p. 408 et suiv.

(50) B. LEVICK, op. cit, pp. 243.

(51) Deja chez M. SORDI (art. cit. [n. 12], p. 214), mais sans aucune demonstration, ainsi que E. G. HUZAR, art. cit., p. 617. Hypothese egalement envisagee par R. G. LEWIS, <<Imperial Autobiography. Augustus to Hadrian>>, ANRW II, 34, 1, 1993, p. 696.

(52) SUETONE, Claude, 2, 4 (?) et surtout 41, 5 (composuit et <<de uita sua>> octo uolumina...); au sujet de notre premiere reference, les avis concordent entre H. Bardon (op. cit, p. 171) et M. SORDI, art. cit. [n. 11], p. 213), pour rejeter la reference a l'autobiographie claudienne.

(53) Visages de la mort volontaire a l'epoque de Claude, dans Claude de Lyon. Empereur romain (ed. Y. BURNAND, Y. LE BOHEC, J.-P. MARTIN), Paris, 1998, p. 183 et n. 1. Son expose se base sur Suetone, Othon, 1,2; DION CASSIUS, LX, 15, 3; TACITE, Histoires, II, 75; PLINE le Jeune, Epitres, III, 16, 7; Epitome de Caesaribus, 4, 4.

(54) Pline l'Ancien ne parait guere porter dans son creur certains republicains de l'epoque de la guerre civile qui se prolongea de 49 av. J.-C. a 35 av. J.-C., quand nous lisons au livre XXXV de YHistoire naturelle (18. 200): <<Ainsi presentes sur l'estrade des marchands ont ete vus (...) Menas et Menecrate (qui appartinrent) a Sextus Pompee et ainsi de suite bien d'autres qu'it ny a pas lieu d'enumerer ici et qui se sont enrichis du sang des citoyens et de la licence des proscriptions>> (trad. J.-M. Croisille, C.U.F.; nous soulignons; aussi XVI, 7 signale par L. C. RAMOSINO, <<Guerra civile e guerra sociale in Plinio>>, dans Guerra e diritto nel mondo greco e romano (ed. M. SORDI, CISA 28), Milan, 2002, p. 246 n. 10). Il sen prend violemment a Sextus Pompee (VII, 53. 178-179) ainsi qu'a Marc Antoine, l'ivrogne qui etait aussi ivre du sang de ses concitoyens (VIII, 55; XIV, 28. 148; voir M. Courrent, <<Le gout de l'echec : Cleopatre, Antoine et la boisson (PLINE l'Ancien, Histoire Naturelle IX, 119-121 et xXi, IX>>, dans Saveurs, senteurs: le gout de la Mediterranee (ed. P. Carmignani...), Perpignan, 1998, pp. 91-109), et emet peut-etre une critique a l'egard du Grand Pompee (VIII, 7. 21). Selon Fr. DE OLIVEIRA, <<Das Bild des idealen Herrschers>>, Humanitas 47, 1995, 582-583, Pline l'Ancien pense que le Senat de l'ancienne republique est en pleine decadence (XV, 121; Fr. DE OLIVEIRA, Ideias morais e politicas em Plinio-o-Antigo, Coimbra, 1986, p. 106 et T. Adam, dementia Principis, Stuttgart, 1978, p. 127) et n'apprecie guere ni Caton le Jeune (VII, 113 et XXXIV, 92; cf. Fr. de Oliveira, op. cit, p. 106), ni Jules Cesar comme vainqueur des guerres civiles (VII, 92). Voir egalement F. DELLA CORTE, <<Plinio il Vecchio, repubblicano postumo>>, StudRom 26, 1978, 1-13.

(55) TACITE, Annales, II, 52, 9. La naissance de Claude a Lyon (SUETONE, 2, 1) et sa bienveillance (ulterieure) a accorder la citoyennete romaine aux Gaulois (TACITE, Annales, XI, 24; E. M. Smallwood, Documents Illustrating the Principates of Gaius, daudius and Nero, Cambridge, 1967, no 369) n'auraient-elles pas influence davantage Scribonianus a se vouloir une sorte de <<second Camille>> defenseur de la republique romaine contre cet empereur <<gaulois>> (SENEQUE, Apocolocyntose, 5, 2; 6, 1 et 7,2; cf. W. HUSS, <<Eine scherzhafte Bemerkung des Kaisers Claudius>>, Historia 29, 1980, pp. 250-255 renvoyant a CIL XIII, 1, 1, 1668, col. II, 20-36, c'est-a-dire la Tabula daudiana) qui avait aussi un penchant pour l'etruscologie, pour l'histoire des Etrusques que precisement Camille avait vaincu au siege de Veies en 395 av. J.-C.?

(56) Voir notre article cite n. 37.

(57) Tacite, Annales, I, 13; sur cette appellation, voir S. Demougin, Lordre equestre sous les Julioclaudiens, Rome, 1988.

(58) Voir CICERON, Catilinaires, I, 13 (cf. Pro Planco, 10. 26; LUCRECE, V, 381; TITE-LIVE, I, 23; VIRGILE, Eneide, I, 292-296 et VI, 612 sq.; HORACE, Odes, II, 1, 30-31 et III, 24, 25-26; CURTIUS RUFUS, VI, 9, 1; LUCAIN, I, 381 et 691, VI, 781 ainsi que VII, 171 et 196; Florus, I, 34, 9 (= II, 19, 5); AULU-GELLE, VI, 3, 40).

(59) R. SYME, op. cit, t. I, p. 382 et 385 et surtout t. II, p. 559 souligne que rien ne prouve que Scribonianus, lointain descendant de Sylla et de Pompee soit un republicain. De meme, Chr. WIRSZUBSKI, Libertas as a Political Idea at Rome during the Late Republic and Early Principate, Cambridge, 1950, p. 126 renvoyant a C.A.H., x, p. 667. Sur les diverses facettes de cette opposition republicaine, voir M. SWAIN, art. cit., pp. 149-164 et K. A. RAAFLAUB, <<Grundzuge, Ziele und Ideen der Opposition gegen der Kaiser im I Jh. N. Chr. : Versuch einer Standortbestimmung>>, dans Oppositions et resistances a VEmpire, dAuguste a Trajan (Fondat. Hardt. Entretiens sur l'Antiquite Classique XXIII, ed. O. Reverdin et D. Grange), Vandoeuvres-Geneve, 1987, pp. 18-33.

(60) Calpurnius Siculus, dans sa 1(e) Eclogue (vv. 42-72) ferait echo, du point de vue <<republicain>> et <<neronien>>, a cette guerre civile larvee, selon T. P. Wiseman, <<Calpurnius Siculus and the Claudian Civil War>>, JRS 72, 1982, pp. 59-63; le poete bucolique du 1er siecle apr. J.-C. considererait Claude comme un usurpateur, accusation dont son successeur Neron fera les frais selon notre article cite n. 35. I. Cogitore, La legitimite dynastique d'Auguste a Neron a l'epoque des conspirations, Rome, 2002, pp. 242-249 voit dans la conspiration de Scribonianus, d'Annius Vinicianus et de quelques autres la tentative d'une mise a l'ecart de la dynastie julio-claudienne au profit d'un representant eminent du Senat.

(61) SUETONE, 35, 2 et Di< N Cassius, LX, 15, 4 (Ce passage correspondrait a <<l'equilibre de la peur>> que B. KUHN-CHEN, Geschichtskonzeptionen griechischer Historiker im 2 und 3 Jahrhundert n. Chr.: Untersuchungen zu den Werken von Appian, Cassius Dio und Herodian, Frankfurt-New York, 2002, pp. 174-175, analyse dans YHistoria Romana).

(62) B. LEVICK, op. cit, pp. 54, 123 et p. 256 n. 17.

(63) En outre, Claude retournait contre le Senat une accusation que celui-ci aimait employer contre ses adversaires sous la Republique, comme l'a demontre Fr. BLAIVE (op. cit).

(64) B. LEVICK, op. cit, pp. 62. Aussi presence d'un Prefet du pretoire a ses cotes au Senat (pp. 74).

(65) B. LEVICK, op. cit, pp. 124, 135 et 268 n. 4 ainsi que pl. xiii fig. 10.

(66) Pour d'autres reponses de Claude dans d'autres matieres, voir M. SWAIN, art. cit., pp. 159-160.

(67) B. LEVICK, op. cit, pp. 184-188.

(68) J. SCHEID, art. cit. {n. 10}.

(69) A. VIGOURT, op. cit, p. 390.

(70) Voir G. DUMEZIL, Heur et malheur du guerrier, Paris, 1985, pp. 105-114.

(71) B. LEVICK, op. cit, pp. 83-84. Voir SUETONE, 37, 3-4 et DION CASSIUS, LX, 14, 3-4 (au sujet de ce dernier texte, voir M.-L. FREYBURGER-GALLAND, <<Les reves chez Dion Cassius>>, REA 101, 1999, p. 544 n. 10, qui omet, nous semble-t-il, de mettre le reve meurtrier de Narcisse en relation avec la recrudescence des reves lors des guerres civiles (ibid., pp. 539-545).

(72) Anuales, XI, 4, 1-5 (trad. H. Goelzer, C.U.F.).

(73) W. V. HARRIS, <<Roman Opinions about the Truthfulness of Dreams>>, JRS 93, 2003, 18-34 et plus particulierement p. 30 n. 81.

(74) B. LEVICK, op. cit, p. 84 opte pour les deux dernieres solutions.

(75) Notre position ainsi que celle adoptee dans notre article <<Les trois fonctions dans Phedre...>> {n. 9} different donc de celle de Levick qui nadhere pas a l'existence d'une politique religieuse coherente dans le chef de Claude. Suetone (22, 1) ecrit : quaedam circa caerimonias...exoleta reuocauit... et il ajoute (22, 2) : <<il ne manqua jamais, quand la terre avait tremble a Rome, de faire annoncer des fetes par le preteur a l'assemblee du peuple, et, lorsqu'un oiseau de mauvais augure avait ete vu au Capitole, de faire reciter des prieres propitiatoires, dont lui-meme, en sa qualite de grand pontife, dictait la formule au peuple, du haut des rostres...>> (trad. H. Ailloud, C.U.F.); voir aussi 25, 14 ou Claude <<conclut un traite avec des rois sur le forum apres avoir immole une truie et fait reciter l'ancienne formule des feciaux>> (trad. H. Ailloud, C.U.F.). Nous pourrions meme croire que Claude se souvient (in)consciemment de l'ideologie indo-europeenne des trois fonctions, peut-etre par l'intermediaire du stoi'cisme (ou du stoi'cisme platonisant) quand sur certaines de ses monnaies il y fait graver le theme de la constantia, monnaies au revers desquelles <<le soldat en armes symbolise la [TEXT NOT REPRODUCIBLE IN ASCII] grecque qui est la voluntas romaine; le bon juge symbolise [TEXT NOT REPRODUCIBLE IN ASCII] des Grecs qui est la cautio des sto'iciens romains, tandis que l'Abondance et la Joie symbolisent la [TEXT NOT REPRODUCIBLE IN ASCII], gaudium, cette joie sereine du sage trouvant par la sagesse abondance et richesse en lui-meme>> (J. Alexandropoulos, <<La propagande imperiale par les monnaies de Claude a Domitien : quelques aspects d'une evolution>>, Pallas 40, 1994, 83-84, renvoyant en n. 29 a l'analyse des Tres constantiae chez Seneque par P. Grimal, Seneque, Paris, 1991, pp. 40-41, 331 et 333. Juge, soldat et Joie/Abondance ne correspondent-ils pas aux trois fonctions mises en lumiere par G. Dumezil?

(76) Art. cit., p. 214.

(77) Elle renvoie pp. 214 n. 1 a G. Zecchini, <<I confini occidentali dell'impero romano : la Britannia da Cesare a Claudio>>, dans Il confine nel mondo classico, Milan, (CISA 13), 1987, pp. 266-268. Voir aussi A. BARRETT, <<The Laus Caesaris : its History and its Place in Latin Literature>>, Latomus 59, 2000, 596-606 et J. MELMOUX, <<L'empereur Claude et la finium imperii propagatio : l'exemple breton>>, dans Neronia IV, Bruxelles, 1990, pp. 163-182 ainsi que I. BORSZAK, <<Laus Caesaris : ein Epigrammenzyklus auf Claudius' britannischen Triumphzug>>, AAntHung 35, 1994, 117-152.

(78) Ainsi l'anecdote selon laquelle un aigle volant au-dessus de Claude se percha sur son epaule droite, quand lors de son premier consulat il entra pour la premiere fois au forum avec les faisceaux (SUETONE, Claude, 7, 2), pourrait provenir de cette autobiographie.

(79) B. LEVICK, op. cit, pp. 30 et 120. Voir SUETONE, 41, 1. AUSSI E. G. HUZAR, art.cit., pp. 621-626 ainsi que D. M. CAST et R. M. OGILVIE, <<Claudius and Livy>>, Latomus 17, 1958, 477-487.

(80) Voir notre article cite n. 7.

(81) Voir notre article cite n. 7.

(82) Nous reprenons l'opinion d'H. Bardon (op. cit, pp. 171). Voir Suetone, Tib., 61, 1.

(83) Op. cit., pp. 120-121, se basant sur K. P. SEIF, Die Ctaudiusbucher in den Annaten des Tacitus, Inaug. Diss. Mayence, 1973, pp. 259-263.

(84) Voir a ce propos S. Demougin, <<Claude et la societe de son temps>>, dans Die Regierungszeit des Kaisers Claudius (41-54 n. Chr.). Umbruch oder Episode? (hrsg. V. M. Strocka), Mayence, 1994, pp. 13, 15 et 18-21, et W. TKILLMICH, <<Aspekte der <<Augustus-Nachfolge>> des Kaisers Claudius>>, ibid., pp. 69-79 et 86, ainsi que E. Lyasse, Le Principat et son fondateur L'utilisation de la reference a Auguste, de Tibere a Trajan, Bruxelles, 2008, pp. 207-243.

(85) Recemment P. GRIMAL (<<Les vertus de l'empereur Claude>>), J. DION, (<<Les publications litteraires sous le principat de Claude : 41-54>>), J. P. MARTIN (<<Les themes monetaires claudiens>>), H. ZEHNACKER (<<Le monnayage de Claude a l'atelier de Lyon>>) et B. E. THOMASSON (<<Provinces et gouverneurs sous Claude>>) ont montre l'heritage augusteen dans les agissements de l'empereur (paru dans Claude de Lyon, ed. Y. Burnand, Y. Le Bohec et J. P. Martin, Paris, 1998, respectivement aux pages 11-19, 69-80, 201-212, 213-227 et 229-242); voir aussi G. Dareggi, <<L'Augusto da Otricoli e la manipolazione dei paradigmi eroici in eta giulio-claudia>>, Metanges C. Deroux, Bruxelles, 2004, t. IV, pp. 461-472; L. Rossi, <<Le geste <<fauete linguis>> dans la personnification de la <<Constantia>> sur des monnaies claudiennes : un essai de decodification allegorique>>, Caesarodunum 23, 1988, pp. 187-190; M. T. BOATWRIGHT, <<The Pomerial Extension of Augustus>>, Historia 35, 1986, pp. 13-27; J. Gascou, <<Tendances de la politique municipale de Claude en Mauretanie>>, Ktema 6, 1981, pp. 227-238. M. MOLIN, <<Le grand camee de France : les Iulii et les Claudii>>, dans Metanges Raymond Chevatlier (ed. R. Bedon et P. M. Martin), Tours, 1994, II, 1, pp. 107-112 soutient que c'est Claude et non Tibere qui figure sur cette reuvre et que l'empereur s'inscrit dans le sillage augusteen.

(86) Respectivement II, 9, 2-7 et LXXIV, 4, 1-4.

(87) <<De quelques presages qui concernent Septime Severe>>, RBPh 77, 1999, pp. 144-149.

(88) Toutefois nous ne pouvons assurer que le mytheme figurait dans le De Vita sua de Vespasien (voir notre article <<Vitellius...>>; n. 6).

(89) La comparaison entre Tacite et Suetone a propos de la rebellion de Scribonianus etaie notre hypothese, puisque le premier ne parle pas explicitement de guerre civile (Ann., XII, 52, 3 : Pater Scriboniani Camillus arma per Dalmatiam mouerat; aussi PLINE le Jeune, Lettres, III, 16, 7 : Scribonianus arma in Illyrico contra Claudium mouerat); ce qui signifie a nos yeux qu'il ne s'inspirerait pas ici de l'autobiographie claudienne.

(90) A. GALIMBERTI, <<La rivolta del 42 e l'opposizione senatoria sotto Claudio>>, dans Fazioni e congiure nel mondo antico (ed. M. Sordi; CISA 25), Milan, 1999, pp. 205-212 a bien montre les liens entre les rebelles de 42 et ceux qui voulaient retablir la republique en 41, apres l'assassinat de Caligula (Suetone, Caligula, 60, 2; FLAVIUS JOSEPHE, Antiquites Judaiques, XIX, 166 et suivants; AURELIUS VICTOR, Cesars, 3, 16; Epitome Caesarum, 4, 2). Pour les soldats de Scribonianus, la republique proposee par leur general equivaut au retour des guerres civiles, ce dont ils ne veulent absolument plus (DION CASSIUS, LX, 15, 3; pour le jugement negatif de l'historien sur les guerres civiles (et sur son approbation de la decision de l'armee de Scribonianus?), voir B. KUHN-CHEN, op. cit, pp. 206-208; sur l'ambition-de Scribonianus?, ibid., pp. 165-171; sur le refus d'un retablissement de l'ancien regime republicain, ibid., pp. 183-186 et du regime <<democratique>>, ibid., pp. 195-201; aussi M. Swan, art. cit., pp. 157-164).

(91) Voir notre article <<Mezence, un theonyme d'origine messapienne?>>, REA 105, 2003, pp. 5-15.

(92) Cl. 41; voir E. HUZAR, art. cit., p. 624.

(93) J. GASCOU, op. cit, pp. 458-466.

(94) Art. cit., pp. 3685.
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Title Annotation:III VARIA NOSCENDA
Author:Meulder, Marcel
Publication:Euphrosyne. Revista de Filologia Classica
Date:Jan 1, 2009
Words:8352
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