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Est-ce que l'environnement a une influence sur la migration internationale au Canada? Note de recherche sur le cas de la diaspora Haitienne a Ottawa gatineau.

Introduction

Haiti est souvent mentionne comme un <<hotspot>> pour la migration environnementale (par ex., Diamond 2005) etant donne son histoire de deforestation continue, degradation des sols et pollution des eaux de surface, ponctuee par des ouragans frequents et plus recemment le tremblement de terre de 2010. Les chercheurs ont examine Haiti comme un avertissement de ce qui pourrait arriver a d'autres pays en voie de developpement dans les decennies a venir en raison du changement climatique (Myers 2002) et quelles politiques devraient etre mises en ceuvre pour proteger les refugies environnementaux (Doran 2011). Bien que des etudes empiriques ont ete realisees sur les deplacements internes en Haiti a la suite de catastrophes naturelles (Lu et coll. 2012), des modeles et des resultats de la migration internationale en provenance d'Haiti (Amuedo-Durantes et coll. 2010) et de la diaspora haitienne en general (Mooney 2009), il semblerait qu'aucune etude examine empiriquement comment les evenements et les conditions environnementales en Haiti influencent les comportements migratoires des Haitiens a l'echelle internationale. Il est important d'aborder ce manque de liens entre affirmations normatives sur les dangers que representent les soi-disant << refugies environnementaux >> dans des pays comme Haiti d'une part et les comportements et processus migratoires reels de l'autre dans le but de creer des politiques internationales eclairees sur les questions liees a l'environnement, le developpement et la migration.

Depuis longtemps, le Canada est une destination importante pour la migration haitienne et entre 2001 et 2006 a recu en moyenne 2 138 migrants haitiens par an (Statistique Canada, 2006). Bien que la migration Haiti-Canada ne soit pas aussi importante en volume que les flux migratoires internationaux d'Haiti vers la Republique Dominicaine ou les Etats-Unis, il est raisonnable de supposer que, si les facteurs environnementaux en Haiti ont effectivement une influence sur les migrations internationales, cette influence jouerait un role dans l'experience des Haitiens qui se sont installes au Canada. C'est avec cette hypothese en tete que nous avons entrepris un projet de recherche participative avec les membres de la communaute haitienne d'Ottawa-Gatineau pour entamer une discussion et documenter la maniere dont des evenements et des conditions environnementales en Haiti ont peut-etre influe, directement ou indirectement, sur leur decision d'immigrer au Canada.

Methodologie

Pour saisir la perception des facteurs environnementaux ainsi que l'experience d'immigration des Haitiens, nous choisissons la methodologie qualitative, puisqu'elle nous permettra de comprendre les motifs derriere l'acte de migration dans leur contexte economique, politique, social et culturel. En premier lieu, nous avons realise une douzaine d'entrevues individuelles de type semi-structure avec des informateurs cles a l'automne 2012, dont des intervenants aupres des nouveaux arrivants et des responsables de programmes pour les immigrants dans les organismes d'accueil et quatre leaders de la communaute haitienne a Ottawa-Gatineau. Ceci nous a permis de comprendre les tendances generales dans l'immigration de cette communaute et surtout de mieux orienter nos questions pour des groupes de discussion. De plus, les informateurs cles nous ont servi comme porte d'entree dans les reseaux de la communaute haitienne. Avec leur collaboration nous avons organise quatre groupes de discussion, egalement de type semi-structure, entre fevrier et avril 2013 avec 20 participants d'origine haitienne qui resident dans la region d'Ottawa-Gatineau et qui ont immigre au Canada entre 1999 et 2009. Cette periode d'immigration est un critere important dans notre projet, car nous voulons eviter de potentielles confusions entre les facteurs environnementaux et la catastrophe geotechnique du tremblement de terre qui a eu lieu en janvier 2010. Neanmoins, nous avons pris soin d'organiser des groupes mixtes en ce qui a trait le genre et les classes sociales, en incluant des Haitiens venus au Canada sous differentes categories (travailleurs qualifies, reunification familiale, refugies, etc.). Les differents statuts de migration ainsi que le sexe des participants permettent de souligner les differences potentielles des effets de l'environnement et des strategies d'immigration au Canada selon les individus. Nous avons aussi demande aux participants de remplir un court questionnaire visant a obtenir des informations demographiques dans un but statistique, comme l'age, l'etat matrimonial, le niveau de scolarite et la categorie d'immigration. Ces donnees ajouteront une profondeur a notre analyse en nous permettant de deceler les differences potentielles entre les classes sociales. Ce questionnaire nous permet egalement de savoir quels participants desirent prendre part a une entrevue individuelle semi-structuree. Cette derniere etape de notre collecte de donnees aura le but d'approfondir l'examen des motifs et histoires d'immigration personnels en mettant l'accent sur le contexte d'origine et le statut social des participants pour mieux comprendre le role des facteurs environnementaux et leurs strategies d'immigration. Dans le cadre de la presente note de recherche, nous presentons les resultats preliminaires des groupes de discussion avec des membres de la communaute haitienne a Ottawa-Gatineau.

Resultats preliminaires : Profile demographique des participants

Nos quatre groupes de discussion ont reuni un total de 20 participants haitiens etablis a Ottawa-Gatineau, dont 14 (70%) hommes et six (30%) femmes. Pour les groupes d'age, 12 (60%) participants sur 20 ont entre 35 et 54 ans, six (30%) entre 25 a 34 ans et deux (10%) entre 55 a 64 ans. Tel qu'illustre dans le tableau 1, presque la moitie des participants possede une formation de niveau collegial ou universitaire, ce qui explique la presence de six participants qui sont venus au Canada comme travailleurs qualifies. Nous notons egalement que six participants sont venus par la categorie de reunifi cation familiale, dont la majorite etait des conjointes de travailleurs qualifies deja installes au Canada. De plus, il y avait six participants dans la categorie de refugies et deux qui n'ont pas precise leur statut migratoire.

La majorite des participants justifie leur migration principalement par des facteurs d'ordre economique et sociopolitique, et aucun n'a mentionne avoir quitte Haiti a cause de raisons environnementales (par ex., tempetes tropicales, inondations, erosion, degradation des sols, etc.). Neanmoins, les quatre themes suivants ont surgi durant nos groupes de discussion et indiqueraient que l'environnement aurait une influence du moins indirecte sur les decisions migratoires des Haitiens a l'echelle nationale et/ou internationale.

Resultats preliminaires : La deforestation

Le premier theme central concernait la problematique de la deforestation extreme en Haiti. Les participants en ont parle comme etant le principal probleme environnemental dans leur pays d'origine tout en etablissant des liens complexes avec les conditions economiques et sociopolitiques. La coupe des arbres engendre la degradation des sols et l'erosion ce qui rend l'agriculture plus difficile et meme impraticable. A leur tour, ces problemes contribuent a des glissements de terrain et des inondations, surtout a la suite de fortes pluies torrentielles, ainsi qu'a l'insecurite alimentaire et l'appauvrissement de la population rurale, qui represente 60% de la population haitienne (IFAD 2008). Quant au justificatif principal de la deforestation en Haiti, les participants ont explique que la fabrication de charbon est essentielle, car elle est la premiere source d'energie pour des activites quotidiennes (cuisiner et s'eclairer) en Haiti. Les arbres sont donc vus comme une source de revenu garanti a court terme puisque la demande de charbon est elevee a travers tout le pays. Autrement dit, la deforestation est directement liee a des facteurs economiques. En effet, le bois coupe est un moyen rapide pour les populations rurales d'obtenir un revenu leur permettant de subvenir a leurs besoins immediats compare a l'agriculture qui represente une source de revenu imprevisible.

Plusieurs participants ont mentionne que les decisions politiques du gouvernement haitien ont egalement contribue a accentuer la deforestation. Selon certains de nos interlocuteurs, la deforestation est si extreme en raison des problemes politiques en Haiti depuis plusieurs decennies et l'absence de l'Etat central. D'autres ont parle d'un manque de politiques et d'infrastructures pour soutenir les agriculteurs d'une part et pour proceder au reboisement des zones de coupe de l'autre. En effet, il ne reste aujourd'hui que 2% des forets originales du pays (Dolisca et coll. 2007). Les participants ont aussi fait reference aux accords de libre-echange qui permettent l'importation de denrees alimentaires bon marche, notamment des Etats-Unis, avec lesquelles les producteurs alimentaires haitiens ne peuvent concurrencer. En consequence les agriculteurs ont vu leurs sources de revenu diminuer et parfois meme etre eliminees et se tournent donc vers d'autres sources, dont la coupe de bois, pour subvenir a leurs besoins.

Resultats preliminaires : Exode rural

En lien avec ces problemes environnementaux, le deuxieme theme aborde dans les groupes de discussion etait celui de l'exode rural, un enjeu qui perdure en Haiti. Selon les participants, les populations rurales se deplacent en grand nombre vers les villes autant du a des facteurs lies a l'environnement qu'aux conditions sociales et economiques. Ainsi, quitter les zones rurales pour les centres urbains represente une strategie d'adaptation, car d'apres les participants, les populations rurales fuient leur vulnerabilite aux problemes environnementaux mentionnes ci-haut. En l'absence de soutien de la part de l'Etat central, ces populations se trouvent souvent demunies de leurs biens. De plus, elles migrent vers les villes a la recherche d'emplois divers et de services sociaux comme l'education (principalement universitaire). Aussi, plusieurs participants ont argumente que les populations rurales recherchent une securite qui est autant environnementale que sociale et economique. Il semblerait donc que les facteurs environnementaux affectent le contexte social dans lequel s'exprime le mode de vie des populations rurales en Haiti et jouent un certain role dans la migration interne des campagnes vers les villes de meme que dans la migration regionale vers d'autres pays des Caraibes comme la Republique Dominicaine (voir Alscher 2011) et les Bahamas ainsi que la Floride.

Resultats preliminaires : Conditions urbaines

Nos participants ont aussi parle des problemes environnementaux dans les zones urbaines d'Haiti, principalement ceux lies a la surpopulation et dans une moindre mesure la pollution atmospherique. Le manque de planification urbaine adequate etait un argument recurant concernant la croissance demographique des villes notamment Portau-Prince, la capitale et centre urbain le plus important du pays. Selon nos participants, en l'absence de plans urbains, les bidonvilles croissant de maniere demesuree et causent une multitude de problemes environnementaux dans les villes. Entre autres, ils ont mentionne un degre eleve d'insalubrite (qui a son tour engendre et facilite la proliferation de maladies) de meme qu'un manque de biens de necessite (nourriture, eau potable, services et etablissements de soins, etc.) dans les villes.

En outre, plusieurs participants ont insiste sur la grande vulnerabilite des residents des bidonvilles a cause de leur localisation geographique, des zones qui sont souvent a risque d'inondations et de glissements de terrain. En consequence, le passage de tempetes tropicales engendre des pertes humaines et materielles elevees chez ces residents-un probleme lui-meme directement lie a la deforestation discutee ci-haut. Ainsi, un stresse supplementaire s'exerce sur le peu de ressources disponibles en ville et augmente la carence des necessites de base.

Nos participants ont reconnu de maniere implicite que la classe sociale joue un role dans l'experience des problemes environnementaux en zones urbaines. Ceci pourrait expliquer pourquoi les facteurs environnementaux d'ordre social (presence de bidonvilles, manque d'eau potable, mauvaises conditions sanitaires, etc.) agissent comme elements repulsifs (push factors) pour les citadins scolarises et nantis et les encourageraient a migrer a l'exterieur d'Haiti, majoritairement aux Etats-Unis et au Canada. Au dire des participants, les Haitiens urbains et aises migrent vers des destinations internationales principalement pour des raisons sociopolitiques et economiques et ne sont touches qu'indirectement par des facteurs environnementaux physiques.

Interconnectivite des facteurs

Finalement, nos participants ont souligne le caractere complexe des liens entre les facteurs environnementaux, politiques et socioeconomiques dans leur pays d'origine qui contribuent a creer un cercle vicieux au centre duquel la deforestation est a la fois le symptome et la source de problemes socioeconomiques, politiques et environnementaux (voir figure 1). Certains participants ont debattu sur la question a savoir si la cause principale de ces problemes est l'instabilite politique d'Haiti (dont aussi la corruption des dirigeants) ou plutot les problemes economiques auxquels fait face le pays. Neanmoins, tous se sont entendus sur le fait que ces facteurs sont inter-relies de facon extremement complexe de telle sorte qu'il est presque impossible de les dissocier les uns des autres.

Nos participants etaient aussi d'accord sur le fait que ces problemes influent sur les decisions migratoires des Haitiens de maniere directe ou indirecte selon leur statut social et region d'origine : des migrations internes (exode rural) et des migrations internationales de zones rurales vers les Caraibes et la Floride ou des centres urbains vers les E-U, la France ou le Canada. De par ce fait, les resultats de nos groupes de discussion sont conformes a trois idees avancees par un petit nombre d'etudes empiriques sur les liens entre environnement et migration internationale: (1) les populations rurales sont plus vulnerables et sont affectees de maniere plus directe par les changements environnementaux que les citadins (Gila et coll. 2011; Bogardi et Warner 2008) ; (2) les populations rurales ont tendance a migrer a l'echelle nationale et regionale faute de moyens (Gray 2009); et (3) les facteurs environnementaux semblent jouer un role tout au plus indirect dans les decisions des populations aisees et urbaines qui optent generalement pour des destinations internationales vu qu'elles ont les moyens et le capital social pour ce faire (Wrathall 2012; Gray 2009; Findley 1994).

[FIGURE 1 OMITTED]

De plus, les participants ont temoigne des conditions environnementales physiques difficiles (erosion et infertilite du sol, par exemple) qui affectent directement la population rurale d'Haiti et ses sources de subsistance et rendent ainsi leur migration vers les villes et la region des Caraibes une migration que l'on pourrait qualifier d' << environnementale >>. En outre, on peut conclure que la deforestation est un probleme majeur qui a des repercussions non seulement sur les populations rurales, mais egalement sur les populations citadines en contribuant a la croissance des bidonvilles ainsi qu'en exercant un stresse supplementaire sur l'environnement et les ressources disponibles dans les villes (eau potable, insecurite alimentaire).

Prochaines etapes

Notre prochaine etape consistera a entamer une dizaine d'entrevues individuelles avec des immigrants haitiens dans le but de mieux comprendre les differences relatives au role des facteurs de l'environnement en lien avec la classe sociale des individus et aussi leur region d'origine, notamment ceux qui vivent dans des zones rurales comparativement a ceux qui resident dans des centres urbains tels que Port-au-Prince, et les influences de ces differences dans leurs decisions et experiences d'immigration au Canada.

Notre etude empirique rajoute a la complexite des liens entre environnement et la migration internationale (voir Black et coll. 2011). Dans le cas de la diaspora haitienne etablie a Ottawa-Gatineau, l'environnement ne semble pas avoir joue un role direct dans la prise de decision d'immigration de nos participants. Bien que ce soient plutot les facteurs socioeconomiques et politiques qui les ont pousses a quitter leur pays, il semblerait que les facteurs environnementaux d'ordre social (la surpopulation, l'insalubrite et le manque d'eau potable dans les centres urbains) auraient joue un role indirect. En somme, les immigrants haitiens de la region d'Ottawa-Gatineau sont convaincus que le probleme environnemental, comme la deforestation, est profondement lie aux problemes politiques et economiques que connait Haiti, et semblerait contribuer du moins de maniere indirecte aux motifs de migration de la population. Il est donc difficile de dissocier les facteurs environnementaux des facteurs sociaux, economiques et politiques dans les decisions des migrants de quitter leur pays d'origine, ce qui souleve la question qu'est-ce vraiment une migration environnementale et comment l'etudier.

Remerciements

Ce projet a ete finance par une subvention de recherche ordinaire du Conseil de Recherches en Sciences Humaines (CRSH) du Canada et une bourse d'etudes superieures de l'Universite d'Ottawa. Nous tenons a remercier tous nos participants pour leur temps ainsi que nos partenaires communautaires sans qui cette recherche n'aurait pas pu avoir lieu. Nous aimerions egalement remercier Robert McLeman pour son soutien a differentes etapes du projet et ses commentaires sur une ebauche de cette note de recherche. Nous remercions enfin Lidia Vargas pour son assistance durant le projet.

Ouvrages cites

Alscher, Stefan. 2011. Environmental degradation and migration on Hispaniola Island. International Migration 49.1: 164-188.

Amuedo-Dorantes, Catalina, Annie Georges et Susan Pozo. 2010. Migration, remittances, and children's schooling in Haiti. The Annals of the American Academy of Political and Social Science 630: 224-244.

Black, Richard, W. Neil Adger, Nigel W. Arnell, Stefan Dercon, Andrew Geddes et David S. G. Thomas. 2011. The effect of environmental change on human migration. Global Environmental Change 21: 3-11.

Bogardi, Janos et Koko, Warner. 2008. Here comes the food. Nature Reports Climate. <http://www.nature.com/climate/2009/0901/full/climate.2008.138. html> Consulte le 6 fevrier 2013.

Diamond, Jared. 2005. Collapse: How societies choose to fail or succeed. New York: Viking.

Dolisca, Frito, McDaniel, Joshua M., Teeter, Lawrence D. et Jolly Curtis M. 2007. Land tenure, population pressure, and deforestation in Haiti: The case of Foret des Pins Reserve. Journal of Forest Economics 13.4: 277-289.

Doran, Amanda A. 2011. Where should Haitians go? Why environmental refugees are up the creek without a paddle. Villanova Environmental Law Journal 22.1: 117-140.

Findley, Sally E. 1994. Does drought increase migration? A study of migration from rural Mali during the 1983-1985 Drought. International Migration eview 28.3: 539-553.

Gila, Oscar Alvarez, Ugalde Zaratiegui, Ana et Lopez De Maturana Dieguez, Virginia. 2011. Western Sahara: Migration, exile and environment. International Migration 49.1: 146-163.

Gray, Clark L. 2009. Environment, land, and rural out-migration in the Southern Ecuadorian Andes. World Development 37.2: 457-468.

International Fund for Agricultural Development (IFAD). 2008. Enabling the rural poor to overcome poverty in Haiti. <http://www.ifad.org/operations/ projects/regions/pl/factsheet/haiti_e.pdf> Consulte le 15 janvier 2013.

Lu, Xin, Linus, Bengtsson et Petter, Holme. 2012. Predictability of population displacement after the 2010 Haiti earthquake. Proceedings of the National Academy of Sciences 109.29: 11576-11581.

Mooney, Margarita A. 2009. Faith makes us live: Surviving and thriving in the Haitian diaspora. Berkeley: University of California Press.

Myers, Norman. 2002. Environmental refugees: A growing phenomenon of the 21st century. Philosophical Transactions of the Royal Society London: Biological sciences: Series B 357: 609-613.

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Wrathall, David J. 2012. Migration amidst social-ecological regime shift: The search for stability in Garifuna Villages of Northern Honduras. Hum Ecol, Springer 40: 583-596.

AMINA MEZDOUR

Departement de Geographie, Universite d'Ottawa

LUISA VERONIS

Departement de Geographie, Universite d'Ottawa
Tableau 1

Niveau de scolarite des participants d'origine haitienne

                                        Nombre
Niveau d'education                     (sur 20)

Inferieur a la 8e annee                   0
Quelques annees de secondaire             5
Diplome secondaire                        2
Quelques annees de college/formation
  specialisee/postsecondaire/             3
  universite
College/ formation specialisee/
  postsecondaire/universite               2
Quelques annees d'etudes superieures      1
Etudes superieures                        3
Diplome professionnel                     4
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Title Annotation:NOTE DE RECHERCHE
Author:Mezdour, Amina; Veronis, Luisa
Publication:Canadian Journal of Latin American and Caribbean Studies
Article Type:Report
Geographic Code:1CANA
Date:Jul 1, 2012
Words:3203
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