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Du confinement a l'<< ici et maintenant>>, ou quand l'espoir devient chair et desespoir.

RESUME : La modification du rapport a la spatialite et a la temporalite qui accompagne l'avenement des nouvelles technologies de telecommunication fait en sorte que, desormais, le corps occupe de plus en plus d'espace, tandis que l'existence d'une ame immaterielle est mise en doute. S'ensuit la necessite de vivre au present, a la fois source de plaisir et d'angoisse. En partant de l'origine du dualisme corpsesprit dans la philosophie occidentale et en passant par le paradigme monotheiste judeo-chretien pour arriver au paradigme evolutionniste, nous verrons comment le bouleversement de notre comprehension du rapport entre corps et esprit peut avoir des incidences sur la clinique. Nous insisterons plus particulierement sur le vacillement de la notion d'espoir. Sur cette base, et en evitant la terminologie habituelle (nevrotique, etat-limite, pervers, etc.), nous decrirons diverses dispositions envers la psychotherapie qui amenent a reconsiderer le role du clinicien. En effet, ce dernier, plutot que de chercher a favoriser la levee du refoulement, pourrait parfois au contraire permettre celui-ci. Nous terminerons cette reflexion en discutant du cout psychique associe a I'<<incarnation au present>>, a l'absence d'un ailleurs metaphysique ou se projeter, s'imaginer. En ce debut du xxr" siecle, comment poursuivre la quete de sens dans un monde vecu comme essentiellement matiere? Mots cles : Dualisme, materialisme, clinique, espoir

Introduction: l'imaginaire de la matiere

Dans un article precedent (L'Archeveque et Bourgeois-Guerin, 2016), nous avons presente des caracteristiques saillantes de la vision nordamericaine de l'etre humain en ce debut du xxic siecle. Plus precisement, il a ete question de l'influence du reductionnisme biologique et du materialisme sur l'intervention en sante mentale, dominee par l'approche biomedicale, laquelle favorise le contournement de la parole au prix de la reification du sujet souffrant. Selon nous, l'accent sur le corps est tel, de nos jours, qu'il serait juste d'affirmer que nous vivons a 1'<< epoque de l'espritmatiere >>.

Nous proposons de prolonger la discussion en montrant que ce ne sont pas seulement les approches dominantes dans le monde de la sante qui sont concernees par la perspective selon laquelle le sujet ne serait que matiere perissable, mais bien la societe dans son ensemble. En fait, l'omnipresence de la matiere ou, plutot, l'absence d'esprit est au cLur des preoccupations existentielles dans notre societe, au point oo la notion d'espoir, telle qu'elle a ete vehiculee traditionnellement dans la culture, s'en trouve bouleversee. Nous verrons, au cours de la presente reflexion, que ce bouleversement n'est pas sans repercussion sur le travail clinique.

Mais le probleme corps-esprit, et les implications qui en decoulent, estil effectivement un sujet d'actualite? Il suffit d'un tour d'horizon des contenus en vogue dans les medias pour constater jusqu'a quel point la matiere corporelle hante l'imaginaire collectif. En guise d'exemple, mentionnons que, depuis le tournant des annees 2000, la culture populaire nord-americaine est marquee, tant au cinema qu'a la television, par le phenomene des morts-vivants, plus communement appeles <<zombies (1)>>. Jadis objets d'un culte aupres des fanatiques de films d'horreur (nous pensons surtout a ceux realises par George A. Romero des la fin des annees 1960), essentiellement, les zombies sont depuis peu au centre de scenarii post-apocalyptiques de films tels que 28 Days Later et World War Z, destines a un large public. A la television, difficile de passer sous silence la serie The Walking Dead, dont le succes retentissant ne fait que confirmer l'importance du phenomene. Et n'oublions pas Game of Thrones, suite de romans dont l'adaptation televisuelle fracasse des records de cotes d'ecoute, qui exploite a sa facon la thematique des morts-vivants par le biais des <<White Walkers>>, personnages terrifiants dont les corps momifies rappellent ceux des zombies. Que ces creatures soient depeintes comme des revenants, des abominations diaboliques ou des victimes d'un virus cree par l'humain, elles representent immanquablement une menace d'aneantissement.

Mis a part cette fascination pour les morts-vivants, notons la tendance mondiale, dans les services funeraires, au recours a l'incineration plutot qu'a l'inhumation (Gall, 2012). Si des arguments economiques sont souvent evoques pour justifier le choix de cette methode, il n'est pas anodin de souligner que, pour certains, l'incineration est percue comme moins << morbide >> que la perspective de subir le processus de decomposition'. Certes, a partir du moment oo l'esprit est reduit a un epiphenomene corporel, l'idee du pourrissement, de la putrefaction, prend un tout autre sens que la simple transformation de la matiere inanimee (Des Aulniers, 2009). En amont de la decomposition, c'est le corps vieillissant, amoindri par l'age ou la maladie, qui est source d'angoisse.

Mais comment la matiere corporelle en est-elle venue a occuper autant d'espace dans notre culture au detriment de l'esprit, de l'ame? Dans le present texte, nous remonterons d'abord aux sources du dualisme dans la philosophie occidentale, avant de decrire brievement le passage du paradigme monotheiste judeo-chretien au paradigme evolutionniste. Par la suite, nous discuterons de l'impact de ce dernier paradigme sur les conceptions contemporaines de l'etre humain et, consequemment, sur la clinique.

L'allegorie de la caverne: delivrer l'esprit du corps

Le Phedon, dialogue de Platon, signa la naissance du dualisme entre le corps et l'esprit tel qu'il fut repris par les neoplatoniciens, puis defendu par l'Eglise chretienne pendant deux millenaires (3). Le philosophe exposa egalement sa conception dans <<l'allegorie de la caverne>>, au septieme livre de La republique. Dans cette allegorie, la caverne represente le corps, source de tromperies et d'illusions ; l'exterieur de la caverne est le monde des << formes >> immaterielles et immuables, source de verite.

Plus precisement, Platon y met en scene un dialogue qui explique l'ignorance des prisonniers enchaines dans les profondeurs de la caverne, pour qui seules sont visibles les ombres projetees sur les parois. Ces ombres sont leur seule realite, connaissance la plus primitive qui soit. Platon explique ensuite ce qui pourrait se passer si on liberait un des prisonniers de ses chaines et qu'on forcait celui-ci a se retourner vers le feu responsable des ombres. L'eblouissement soudain pourrait inciter le prisonnier a se detourner de la lumiere afin de retourner dans la noirceur. Cependant, s'il est contraint de s'habituer a la lumiere, il verrait les passants et les objets dont il ne connaissait alors que les images. Platon nous demande de supposer que le prisonnier soit ensuite force de quitter la caverne, c'est-a-dire de s'eloigner du << monde des apparences>> afin de continuer sa route vers le <<monde intelligible>>. Hors de la caverne, l'ancien captif serait d'abord aveugle par la vraie realite, celle illuminee par le soleil. C'est seulement apres une periode d'adaptation qu'il pourrait voir les objets mathematiques qui l'entourent, et fonder sa connaissance sur la pensee. Mais la plus haute forme de connaissance, l'intelligence, porte sur les astres--les <<formes>>--parmi lesquels le soleil constitue l'ultime verite (la << forme du bien >>).

Notons que le detachement du corps, tel qu'il apparait dans l'allegorie de la caverne, est rendu possible par la violence faite au prisonnier, conduit de force jusqu'a la lumiere du soleil. Cette violence, necessaire a la connaissance, peut etre comprise comme celle de la raison ou, plus precisement, de l'introspection comme l'entendait Platon, laquelle consistait notamment a mettre a distance le vecu sensoriel, donc le corps.

Des les premiers philosophes neoplatoniciens et, surtout, les premiers theologiens chretiens, fortement inspires par le judaisme, le monde eclaire par la lumiere solaire devint celui de l'esprit, avec Dieu comme astre dominant, accessible par la foi davantage que par la raison. Quant au corps, il conserva pendant de nombreux siecles son caractere impur. Ainsi, avec l'emergence du christianisme, l'espoir resida en la croyance en un esprit, une ame immaterielle et immortelle, dont le salut repose sur la grace divine. Pour etre sauve, il faut croire; la foi est le remede de toute angoisse. Comme nous le verrons, ce n'est qu'a l'epoque moderne que la raison reprit peu a peu ses lettres de noblesse.

Du paradigme monotheiste judeo-chretien au paradigme evolutionniste

Nous avons deja discute, dans un chapitre consacre entierement a cette question (4), de l'influence des grands systemes ideologiques--des paradigmes --dans l'instauration de l'ordre social. Nous nous contenterons donc ici de reprendre quelques grandes lignes de notre raisonnement afin de rejoindre le propos actuel sur le role de la conception culturelle de l'espoir, laquelle peut catalyser ou attenuer l'angoisse.

Donc, de la fin de l'Antiquite a la Renaissance, le paradigme monotheiste judeo-chretien domina l'Occident et imposa sa vision: censure des ecrits philosophiques et scientifiques, ainsi que de l'art; imposition de contraintes majeures a la vie pulsionnelle, sacrifiee au profit de la <<vie eternelle de l'esprit>>. Dans ce systeme axe sur le refoulement des pulsions, l'ordre social est maintenu, en partie, par cette promesse selon laquelle le pardon de la faute originelle sera accorde a celles et a ceux qui ont foi en Dieu et en Jesus-Christ, sauveur de l'humanite. Le dualisme corps/esprit apparait clairement : mise a distance du corps, de ses besoins et de ses vices; valorisation de l'esprit et de ses vertus.

A partir de la Renaissance, l'Eglise connut l'effritement progressif de son pouvoir, les dogmes ayant ete contredits par les decouvertes astronomiques (par exemple l'heliocentrisme copernicien) et les grandes explorations maritimes (par exemple la decouverte de l'Amerique). Des lors, la quete de connaissances changea graduellement de guide, passant cie la foi a la raison.

Le deisme, doctrine qui reconnait l'existence de Dieu et son influence dans la creation de l'univers, proposa de mettre de cote toute explication surnaturelle en affirmant que Dieu, une fois le monde cree, laissa celui-ci se deployer. Des scientifiques, tels Galileo Galilei et Isaac Newton, paverent ainsi la voie aux premiers empiristes de l'epoque moderne--pensons entre autres a Thomas Hobbes et lulien Onfroy de la Mettrie--pour qui l'humain est une machine sans ame, soumise a des lois mecaniques (Hergenhahn et Henley, 2016).

Si de tels penseurs contribuerent au lent bouleversement de la notion d'espoir, ce n'est que depuis la revolution evolutionniste du xixe siecle que l'existence de l'ame fut plus serieusement mise en doute. En effet, selon l'evolutionnisme, l'etre humain n'est pas une creature ciechue; il est le singe devenu homme, qui poursuit son ascension vers des deux vacants (5). Dans l'esprit de l'evolutionnisme, l'espoir ne reside plus dans le pardon d'une faute originelle, mais plutot dans l'adaptation a l'environnement et la perpetuation de soi. Avec l'essor du capitalisme, la logique adaptative de l'evolutionnisme se traduit plus concretement par la competitivite, la performance et la productivite. Pour assurer son bonheur, l'humain doit se detourner de ce qui lui rappelle sa condition de mortel.

Il est entendu que la revolution paradigmatique qui mena du monotheisme judeo-chretien a l'evolutionnisme ne s'est pas produite soudainement. Au contraire, le declin de la foi religieuse en Occident est un processus graduel, echelonne sur plusieurs siecles. Par exemple, au Quebec, les institutions d'enseignement et les hopitaux furent geres, jusqu'aux annees 1950, en bonne partie par des religieux. Le Quebec duplessiste qui suivit la Deuxieme Guerre mondiale fut marque par la censure exercee par le clerge, alors de connivence avec le pouvoir politique. Il fallut attendre la Revolution tranquille des annees 1960 pour voir le Quebec s'affranchir de l'autoritarisme politico-religieux qui muselait les penseurs et les artistes (Lussier, 1997).

Malgre la popularite et l'influence de l'evolutionnisme--que Freud qualifia de <<seconde blessure narcissique>> (1917) infligee a la vision anthropocentriste -, plusieurs decennies furent donc necessaires a la metamorphose de la vision culturelle de l'espoir. En effet, les mLurs prirent d'autant plus de temps a changer que les institutions ne purent etre remplacees du jour au lendemain, ne serait-ce que parce qu'elles etaient alors essentielles au fonctionnement social. Le processus de contestation du pouvoir religieux s'echelonna ainsi sur de nombreuses annees pour aboutir aujourd'hui, au Quebec, a un etat laic et neoliberal.

Selon nous, bien que la revolte a l'endroit des institutions religieuses ait traduit la contestation de cette forme d'autorite ainsi que le rejet de la foi en Dieu comme fondement de la vie en societe, il n'en demeure pas moins que l'espoir en l'existence d'un esprit immateriel a pu se maintenir, en quelque sorte, tant que le <<corps de l'Eglise>> etait la pour lui servir de refuge. Bref, malgre les changements majeurs au niveau des ideologies, des croyances et des valeurs, la subsistance des anciennes institutions pouvait jouer, jusque dans une certaine mesure, un role rassurant, car il y avait encore une autorite a contester.

Pour reprendre notre raisonnement quant aux << frontieres poreuses [du sujet] >> (L'Archeveque et Bourgeois-Guerin, 2016), l'espoir en soi est eveille, suscite par l'espoir en l'autre; l'Eglise pouvait etre mise a mal, reniee par un nombre sans cesse grandissant d'anciens fideles, tout en contribuant cependant a maintenir un spectre d'espoir au sein d'une majorite d'entre eux. Mais depuis peu--vingt ans? trente ans?--, l'esprit n'a plus d'asile; seul le corps demeure. La realite materielle est a la fois le lieu de la vie terrestre et celui de la mort qui s'ensuit.

Dit autrement, depuis les premieres theses evolutionnistes du xixe siecle, en passant par l'industrialisation et l'effritement progressif du pouvoir clerical, le monde occidental a amorce sa transition vers un paradigme qui, aujourd'hui, nous invite a regarder l'humain non pas comme une <<creature semblable et inferieure a Dieu>>, mais plutot comme un <<animal semblable et superieur au singe>>. Le xxic siecle est ainsi l'epoque de l'esprit-matiere. La vie et l'espoir d'un devenir meilleur se tiennent dans l'ici et maintenant (hic et nunc) et non dans un au-dela et un apres. Sans la promesse d'un paradis immateriel et intemporel, le moment present devient source absolue de jouissance, mais aussi de souffrance.

Precisons toutefois que le declin du paradigme monotheiste judeochretien, et plus concretement des institutions clericales et de la pratique religieuse a grande echelle, ne signifie pas pour autant qu'il y a moins de croyants religieux que jadis. Le pullulement des sectes, l'extremisme islamiste de meme que la radicalisation des jeunes dans les mouvements neonazis sont des exemples de l'etat actuel de la croyance en Occident. En fait, nous irions meme jusqu'a emettre l'hypothese que la plupart des gens sont <<croyants>>, c'est-a-dire que, selon leur perspective, l'existence humaine aurait bel et bien un sens; peut-etre pas un sens spirituel, mais un sens neanmoins.

Les croyants, les athees et les agnostiques: leurs dispositions respectives envers la psychotherapie

Avant d'amorcer cette partie, il s'avere essentiel de preciser que les termes employes ici--croyants, agnostiques et athees--le sont autrement que dans leurs acceptions habituelles. En effet, nous n'entendons pas rendre compte de comment chacun les utilise dans la vie courante, de maniere consciente et volontaire, pour decrire son rapport a la religion ou a la foi. Nous y avons plutot recours afin de decrire divers modes de relation a l'autre, modes qui ne sont pas, en general, de l'ordre d'un savoir declaratif sur soi-meme.

Plus precisement, nous pourrions affirmer que la croyance est une disposition affective inconsciente, un savoir developpe tres tot dans la vie --nous y reviendrons brievement dans la section suivante--et qui encourage le sujet a s'aventurer dans le monde avec la conviction selon laquelle il existe de l'ordre a travers le chaos. Ainsi, etre croyant ne signifie pas forcement croire en Dieu ; il s'agit plutot cie la foi en un << sens transcendant >>, une raison d'etre, ou encore, un sens personnel. Ajoutons que ce sens passe souvent par l'autre: celui-qui-sait, qui possede la reponse. A notre epoque, en Amerique du Nord, la foi est principalement orientee vers le systeme capitaliste et le mode de vie qu'il preconise. Si on produit, performe et consomme--ce qui implique de rester jeune -, l'angoisse est evitee, le bonheur est trouve.

Une part significative de ces croyants, toutefois, et sans qu'ils soient enclins a le reconnaitre, comprennent, au fil de la vie et des experiences, que le monde ne fonctionne pas de maniere ordonnee, que l'humain n'a pas de dessein predefini, que la solution proposee par le systeme ideologique dominant est imparfaite ou, encore, carrement erronee. Pour ceuxla, il y aurait donc conflit entre la disposition affective (dont l'ancrage est inconscient) et la prise de conscience, le constat issu de l'experience. Ils peuvent opter pour un effort de repression par rapport a ce que la raison leur dicte. Selon l'efficacite de cette repression, ils seront deprimes ou anxieux, a divers degres, voire en detresse face aux rates de la foi dans la confrontation avec la realite.

Nombre de ceux qui ne parviennent pas a instaurer des defenses suffisantes au statu quo peuvent croire en la psychotherapie et adresser une demande d'aide au clinicien dans l'espoir que ce dernier reequilibre la foi, retablissant ainsi la capacite a reprimer l'angoisse. Cette demande a de bonnes chances d'etre formulee dans le meme langage que celui de la croyance ebranlee: dans une societe capitaliste, il faut une solution rapide, efficace; le clinicien comme le patient doivent performer dans l'effort d'eradication de ce qui genere le malaise. Or, dans l'approche psychanalytique/psychodynamique, le travail clinique consiste plutot a aller a l'encontre de l'effort de repression; le retour du refoule est favorise afin de permettre la nouvelle elaboration de ce qui s'exprimait jusqu'alors sous la forme de symptomes (Freud, 1910). Ce travail n'est pas de courte duree, au contraire. 11 s'effectue sur le long cours, sans garantie ni certitude.

Quant aux athees, nous en identifions trois types. D'abord, il y a les <<athees purs>>--asociaux chroniques--qui n'ont jamais connu la croyance ni meme la recherche de sens a proprement parler. Ils ont ete, sont et demeureront a jamais l'epicentre d'un univers depourvu d'alterite. Leur solitude, indispensable a la survie d'un ego fragile, est assuree par un mode de fonctionnement fonde sur la decharge pulsionnelle, laquelle parvient a detruire toute esquisse d'un <<autre sujet>>. Pour eux, les mots appartiennent au monde mineral plutot qu'au vivant; la mentalisation est inoperante. La question du sens est une eternelle etrangere, aucunement mysterieuse ou affolante, puisqu'en dehors de l'entendement. Il va sans dire que leurs affinites pour la psychotherapie sont, en definitive, nulles.

Ensuite, le deuxieme type regroupe les <<athees forces>>. Ceux-la, capables de mentalisation, sont categoriques quant a l'absence de divin et de raison d'etre a l'existence. Ils rejettent l'essentialisme, de meme que les diverses formes de quete de sens a l'existence. Leur savoir sur cette question est a la fois conscient et inconscient et s'est developpe suite a une perte traumatique precoce: dans leur univers, le divin, la raison d'etre, etc., est un trou noir, une etoile morte. Nous serions d'avis que les athees forces peuvent difficilement survivre sans maintenir minimalement un spectre de croyance. Ou encore, s'ils survivent, ce serait en etant chroniquement melancoliques et psychastheniques de par l'impression de se noyer dans un monde toxique, confines a un corps inhabitable, voire deja mort (6). Les athees forces ne se presentent pas de leur propre chef en therapie, n'y voyant aucun sens, aucun espoir.

Le troisieme type est celui des <<athees de convenance>>, c'est-a-dire ceux qui se reclament de l'atheisme, mais qui au fond d'eux-memes sont des croyants en opposition a Dieu, aux philosophes, a l'ordre social du monde, etc. Les drames qui accompagnent l'existence peuvent les troubler, les choquer, tout en les maintenant dans un etat de perpetuelle revolte. Leur adhesion inconsciente a la croyance demeure; c'est la prise de position consciente qui est adverse. Les athees de convenance croient donc en la revolte et c'est de cette facon qu'ils evitent la depression. S'ils vont consulter en psychotherapie, c'est pour accorder leur revolte en utilisant le clinicien comme diapason.

Finalement, les agnostiques sont, d'apres notre comprehension, tres semblables aux croyants dont la foi a ete ebranlee par l'experience ainsi qu'aux athees de convenance: la disposition affective inconsciente selon laquelle l'existence a sa raison d'etre demeure, mais accompagnee d'une absence de positionnement conscient par faute de preuve et de demonstration, ou a defaut d'avoir trouve un saint a qui se vouer. Quelle que soit la raison, ils optent pour une posture <<aconflictuelle>> et ascetique, donc moins frustrante ou deprimante que les plus symptomatiques des autres types decrits plus haut. Dit autrement, les agnostiques sont des croyants qui doutent, le plus souvent sans trop souffrir consciemment. En ce qui les concerne, la psychotherapie psychodynamique/psychanalytique, parce qu'elle favorise la remise en question et l'introspection, pourrait donc constituer une menace a l'equilibre trouve. Neanmoins, un motif valable pour entreprendre un suivi serait, par exemple, l'espoir cie rencontrer, dans le fauteuil du clinicien, un ascete modele a qui s'identifier.

Il importe de dire que nous ne pretendons pas couvrir l'ensemble des possibles (7). Notre but consiste plutot a montrer succinctement, et sans utiliser la terminologie habituelle--nevrotique, etat-limite, pervers, psychotique, etc. -, que la croyance occupe une place preponderante dans une majorite de parcours developpementaux. Ceci etant dit, comment pouvonsnous expliquer, au-dela des quelques causes evoquees plus haut, que certains soient croyants, tandis que d'autres deviennent athees ou agnostiques? Dans la formulation que nous mettons de l'avant dans les lignes qui suivent, le mode objectai, dans son role de coordination des pulsions de vie et de mort, apparait central.

Du developpement de la croyance et de son importance dans l'economie psychique

Tres tot dans l'ontogenese, le rapport a l'autre se revele essentiel non seulement pour la survie physique, mais egalement pour le developpement psychique. Toutefois, si l'alterite reelle--c'est-a-dire la presence concrete d'autrui--est indispensable, il n'est pas pour autant garanti que le sujet atteindra le niveau de structuration requis pour que l'alterite psychique soit pleinement instauree. En fait, selon la qualite du maniement des pulsions de vie et de mort au cours des interactions avec le ou les donneur(s) de soins, un certain type de rapport objectai sera developpe et ce dernier, une fois mis en place, participera a la gestion subsequente des motions pulsionnelles. Il va de soi que plus l'angoisse eprouvee sera forte, plus elle suscitera le mode objectai dans sa capacite a coordonner l'Eros et le Thanatos.

Nous ne souhaitons pas passer ici par tous les detours requis afin d'expliquer chaque aspect du fonctionnement psychique ni chaque lignee developpementale possible, car nous nous eloignerions de notre propos. En fait, nous nous contenterons de souligner l'importance de l'interaction perpetuelle entre le dedans et le dehors: pour que l'appareil psychique puisse se developper et fonctionner, des echanges avec les membres de l'entourage sont necessaires. Tout au long de la vie, l'appareil psychique ainsi construit trouvera son etayage dans l'environnement social.

De plus, c'est a travers les relations interpersonnelles que les capacites internes reveleront leurs forces et leurs limites. Par exemple, dans l'eventualite d'une angoisse debordante, qui donc outrepasse les capacites psychiques du sujet, le concours d'autrui sera essentiel afin d'endiguer et de canaliser la charge eprouvee. La presence de l'autre permet de raviver et raffermir la figure interne momentanement surchargee. Pour reprendre la typologie presentee dans la section precedente, le croyant est celui qui a instaure la pleine alterite psychique au point d'y avoir constamment recours dans le maintien ou le retablissement de son equilibre affectif. Lorsque la qualite de l'amenagement interne ne suffit plus, l'appui externe devient alors la solution privilegiee. Et le recours a un appui externe sera d'autant plus prononce que le debordement sera important.

Malheureusement, dans certains cas, plutot que de retrouver l'alterite psychique a travers le rapport in vivo a autrui, des sujets en viendront a s'abandonner, a se rendre objets dans l'espoir que leur angoisse soit apaisee ou, encore mieux, abolie. Nous faisons plus particulierement reference aux innombrables situations d'abus qui impliquent des sauveurs, guerisseurs, maitres a penser et autres gourous de ce monde. L'actualite regorge d'histoires sordides dans lesquelles des croyants ont quitte leur position de sujet dans l'espoir d'etre liberes de leur malaise. Prenons l'exemple des derapages survenus lors d'experiences de sudation, tel le cas de Chantai Lavigne, dont le deces survenu a la Ferme Notre-Dame-de-Ia-Paix, en juillet 2011, fut considere comme <<mort violente>> par le coroner Gilles Sainton (Agence QMI, 2014).

Dans le cadre de la pratique clinique, sur-solliciter les capacites psychiques d'un patient en abattant precocement les digues defensives et en <<forcant son empowerment>> peut equivaloir a une forme d'abus. Nous observerions, dans de tels cas, un phenomene analogue a celui decrit dans le paragraphe precedent: plutot que de contribuer a la reinstauration de l'alterite psychique, le therapeute etablirait un rapport d'emprise; le patient connaitrait possiblement une amelioration de son tableau clinique, mais au prix d'une normalisation alienante. Meme si l'intention est bienveillante --favoriser la subjectivation de son patient -, le resultat se situerait aux antipodes.

De la materialisation mortifere de l'espoir et de son impact sur la psychotherapie

Comme nous l'avons deja aborde (L'Archeveque et Bourgeois-Guerin, 2016), d'un cote l'approche biomedicale promet de trancher, de decouper: <<chirurgie psychique>> grace aux medicaments ou aux approches therapeutiques systematisees. Mais la promesse n'est pas tenue, car les interventions, souvent evasives (8), n'ont pas la precision escomptee. Violence detournee: l'amputation attendue de l'organe malade est, en fin de compte, plethore de micro incisions et, parfois meme, mutilation des parties les plus saines. De l'autre cote, l'approche psychanalytique/psychodynamique, bien que se voulant a la defense du sujet souffrant, compris comme a la fois le prisonnier et le geolier de ses symptomes, peut soumettre celui-ci a un traitement qui excede les capacites psychiques mobilisables. Quelle que soit l'approche, la clinique est donc le lieu d'une potentielle violence pour le sujet.

En fait, la clinique actuelle s'inscrit dans un contexte sociohistorique oo le discours psychiatrique--en accord avec les preoccupations existentielles vehiculees dans la culture--postule la materialite tant du corps que de l'esprit ; les troubles mentaux sont ainsi reduits au substrat neurophysiologique, compris a la fois comme le lieu et la cause de la perturbation. Toutefois, meme si la psychanalyse freudienne postule, elle egalement, la materialite du psychisme (Scarfone, 1999), la methode d'intervention preconisee passe non pas par le corps per se, mais plutot par un de ses appendices : le sujet pensant et son langage. Or, paradoxalement, il semblerait que cette maniere d'intervenir, tout en cherchant a favoriser la subjectivation, compromette l'integrite psychique en offrant un cadre dont les parametres derogent du mode contemporain de relation a l'autre. En effet, de nos jours, la regulation des echanges implique une diffusion croissante du contact a travers le recours a des technologies comme le telephone intelligent (L'Archeveque et Bourgeois-Guerin, 2016). Il en resulte une angoisse non negligeable dans le rapport therapeutique, alors que les protagonistes se retrouvent <<seuls>> pendant presque une heure, situation plus qu'atypique a une epoque oo la plupart des rencontres en tete-a-tete sont temporisees par les accessoires technologiques.

Par ailleurs, la clinique d'approche psychanalytique/psychodynamique doit composer avec l'une des principales implications du rapport d'equivalence entre corps et esprit, c'est-a-dire la materialisation de la notion d'espoir. Comme nous l'avons vu, a l'epoque de l'esprit-matiere, et contrairement a la societe victorienne dans laquelle la psychanalyse vit le jour, le sujet n'a plus d'ailleurs immateriel oo se projeter. Les institutions qui, jadis, incarnaient l'espoir du salut de l'esprit, ont ete remplacees par un mode de vie fonde sur la gratification plutot que la repression pulsionnelle. Sans support externe pour raviver l'espoir, l'angoisse suscitee en therapie n'apparait que plus dangereuse pour l'appareil psychique, meme celui capable d'alterite.

Puisque le psychisme, l'esprit humain, est dorenavant une realite <<tangible>> confinee a l'ici et maintenant et que la parole--faite de la meme chair que le corps--est plus que jamais tranchante, le clinicien doit, pour une part importante des patients qui consultent, au lieu de presser la levee du refoulement, permettre celui-ci. Du moins, un tel retournement de la demarche est necessaire lorsque la diffusion pulsionnelle--donc l'impulsivite, la recherche d'exutoires immediats aux pulsions--et la confusion objectale (disons plutot lorsque l'objet total n'est pas constitue ou lorsque le sens de l'alterite est perdu) sont au rendez-vous. Si un tel cas de figure se concoit dans des contextes varies et a diverses epoques, il est neanmoins, selon nous, typique de la culture actuelle, laquelle fonde son espoir dans la matiere et la maitrise de celle-ci.

Conclusion: vers un nouveau modele corps-esprit?

Que l'on regarde du cote de la culture populaire comme de celui des ecrits scientifiques, il ne fait pas de doute que le materialisme represente une conception dominante a notre epoque. Une des idees en vogue consiste a concevoir l'esprit (ou l'ame, la conscience, le psychisme--peu importe le terme) en tant que phenomene physique. A cet egard, il figure donc parmi les nombreux objets d'etude de la science experimentale. Ses mysteres ne sont desormais plus insondables; ils sont observables et mesurables.

Tel que discute au fil de ce texte, le postulat de la materialite de l'esprit n'est pas sans incidence sur le vecu subjectif et la clinique: des lors, l'etre humain--notamment celui qui souffre--n'a plus d'autre refuge que le moment present. L'ici et maintenant ne se limite pas a un simple passage; il est un lieu de confinement car, hors de la matiere, point de salut. S'il est un espoir, c'est donc dans la realite materielle qu'il se trouve.

A quoi ressemble alors cet << espoir dans la matiere >> ? D'apres le courant posthumaniste, selon lequel l'humanite a amorce sa transition vers 1'<< apreshomo sapiens>> (Robitaille, 2007), la solution resicie dans le prolongement de la vie, la perpetuation de soi dans la matiere. Les moyens qui permettront de nous affranchir des <<contrarietes biologiques>>, comme la vieillesse et la mort, sont deja accessibles ou seraient en voie de le devenir. Le journaliste Antoine Robitaille (2007) les regroupe en quatre categories: le recours aux protheses cybernetiques, la pharmacopee sur mesure, la cryogenie et les modifications genetiques. A premiere vue, cette volonte de prolonger indefiniment la vie du corps apparait comme une tentative d'abattre les murs de l'ici et maintenant, de mettre un terme au confinement. Mais quel est le prix de cette solution? Quelle promesse peut-elle tenir?

Par exemple, la recherche de l'eternite au moyen de la conservation n'equivaudrait-elle pas a nier le temps? Le cas de la cryogenie est eloquent : elle consiste a chercher l'eternite en figeant le moment present. Le temps aboli, qu'en est-il de l'etre? La senescence n'offre-t-elle pas les reperes essentiels a l'identite, a l'elaboration d'un recit personnel? Sans l'ecoulement du temps, le recit se retrouve sans souffle ni ponctuation.

La duplication genetique du corps--compris comme etant le sujet entier, rappelons-le--presente egalement un probleme majeur: le double (identique) de soi n'est pas soi; il demeure un reflet ou, plutot, une continuation speculaire. Ainsi, contrairement a la perpetuation de soi par la descendance generationnelle, qui comporte certes une part de prolongement narcissique, mais tout en s'inscrivant dans la difference (la descendance provient et ressemble a soi sans etre pour autant identique), le clonage suit une trajectoire horizontale: de soi a soi, et non de soi a l'autre.

Si des penseurs influents, tel lohn R. Searle (1995a), detendent l'idee que les facultes propres a l'esprit seraient des proprietes emergentes, donc distinctes tout en etant generees par le substrat neurophysiologique, l'engouement pour le saisissable, l'objectivable l'emporte, du moins, a l'echelle des ideologies populaires. En effet, bien que les phenomenes sociaux trouvent difficilement leur explication dans la chimie et la physique et qu'il faille admettre une part d'intangible (Searle, 1995b), l'etre humain est le plus souvent reduit a une entite biologique; aucun esprit, aucune ame ne le depasse, le transcende ou lui subsiste. Mais alors est-il possible d'echapper a la materialite, de se soustraire a ses regles afin de trouver un espoir different?

Pour repondre a cette question, retournons brievement quelques siecles en arriere, du cote de la conception de l'esprit theorisee par Baruch Spinoza (1677). Selon ce dernier, et contrairement au point de vue popularise par Rene Descartes, c'est-a-dire le dualisme interactionniste (1649, 1996), le corps et l'esprit formeraient une unite. L'un et l'autre sont l'expression d'une seule et meme substance primordiale: le divin. D'une grande complexite, la philosophie de Spinoza propose une lecture des relations causales et, ultimement, du libre-arbitre. Mais aussi, elle postule l'existence d'une substance transcendante.

Au risque de forcer indument un lien, de tracer une correspondance abusive entre deux conceptions eloignees de notre expertise, nous souhaitons neanmoins souligner que, a l'instar de la substance primordiale que l'on retrouve chez Spinoza, d'apres la physique quantique, les particules elementaires de la matiere peuvent presenter, selon les conditions d'observation, des proprietes de corpuscules ou d'ondes. La lumiere, par exemple, est un phenomene corpusculaire (compose de photons, c'est-a-dire des particules d'energie elementaires), de meme qu'un phenomene ondulatoire (compose d'ondes electromagnetiques) (De Broglie, 1924). Cette dualite onde-corpuscule apparait, selon des physiciens tel Etienne Klein (1994), comme un paradoxe. S'agit-il bel et bien d'une double nature ou, plutot, d'une nature unique qui nous echappe?

Quoi qu'il en soit, d'apres la physique quantique, le corps n'est pas que matiere, il est constitue d'ondes, ce qui rejoint, a une echelle differente, le point de vue que nous avons defendu dans un article anterieur (L'Archeveque et Bourgeois-Guerin, 2016) et selon lequel les frontieres de la peau ne representent pas un point de repere absolu pour circonscrire celles du sujet. Par ailleurs, notons en terminant que la physique quantique figure au nombre des perspectives dites indeterministes : au niveau des particules elementaires, donc du microcosme, tout evenement comporte une part d'imprevisibilite, d'incertitude; chaque prediction a ses limites. Qu'en est-il du macrocosme, des predictions scientifiques a l'echelle humaine? Notre espoir serait que le degre d'incertitude suffise a insuffler le doute en la matiere, la curiosite en l'esprit.

Notes

(1.) Le ternie << zombie >> (ou << zonbi >> en creole) provient de la culture haitienne, plus precisement du vaudou.

(2.) Sans vouloir basculer dans le sarcasme, nous pourrions dire que la fumee produite par l'incineration est un << semblant d'ame>>.

(3.) Certes, l'ecole pythagoricienne postulait egalement le dualisme du corps et de l'esprit, mais c'est a Platon que nous devons la vision qui servit d'assise aux theologiens du debut de la chretiente, tels que saint-Paul et saint-Augustin.

(4.) Voir le texte de L'Archeveque (2016), <<De l'influence de la quete de sens sur l'ordre social: survol de l'histoire de la psychologie en Occident>>, dans Introduction a l'histoire de In psychologie (2' edition), de B.R. Hergenhahn et T.B. Henley.

(5.) Comme le dit Friedrich Nietzsche, <<Gott ist tot>>; << Dieu est mort>> (1882).

(6.) Nous faisons ici reference plus particulierement au syndrome de Cotard, trouble delirant inventorie dans la Classification internationale des maladies-10, qui se caracterise notamment par la conviction que des organes de son propre corps sont bouches ou pourris. Dans ses manifestations les plus graves, le sujet peut croire qu'il est deja mort (Debruyne et coll., 2009).

(7.) Par exemple, nous avons renonce a faire la presentation des << prophetes a la recherche de croyants>>. Nous aurions egalement pu subdiviser les <<athees de convenance>> en soustypes afin de distinguer ceux dont la revolte vise a reformer le monde social de ceux qui cherchent a l'abolir ou, encore, ceux qui cherchent a transgresser ses lois et ses regles.

(8.) Nous n'avons qu'a constater l'impact metabolique de medicaments comme l'olanzapine ou la risperidone pour bien comprendre le sens du mot <<evasif>>.

References

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Alexandre L'Archeveque

alarcheveque@yahoo.ca

Elise Bourgeois-Guerin
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Author:L'Archeveque, Alexandre; Bourgeois-Guerin, Elise
Publication:Filigrane
Date:Jun 22, 2016
Words:6773
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