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Decurions et centurions auxiliaires sous le principat en Afrique-Numidie.

In memory of Denis Saddington. He was a great scholar and, more, a good friend. He has left us too promptly and too soon.

La question des centurions de l'armee romaine a ete etudiee abondamment, mais essentiellement pour les legionnaires. (1) Les officiers subalternes de ce rang servant dans les unites auxiliaires ont ete negliges, et il en va de meme des decurions. Il n'est donc pas question de traiter ici le probleme dans son ensemble; nous nous contenterons de poser des premiers jalons en etudiant le cas de l'Afrique. (2)

Avant d'entrer dans le dossier, qui est tres tributaire de l'epigraphie,

il faut rappeler que les inscriptions qui ne portent pas de date explicite peuvent etre datees par l'onomastique et le formulaire; de nombreuses etudes ont ete consacrees a cette question, et elles sont malheureusement parfois meconnues par des apprentis epigraphistes qui publient des travaux. (3)

1. Decurions (4)

Ailes (5)

Ala I Flauia ou I Flauia Numidica

1. M. Ar(r)ius Manl(ianus) a exerce son commandement au IIe siecle. Il est toutefois possible que l'inscription ait ete mal interpretee (6) et que cet officier ait servi dans l'armee de la peninsule Iberique (7), dans l'ala II Flauia Hispanorum.
 CIL 2.5610 (Braga): [...] G. Aemil(ius) | Valens, | eq(ues) al(ae)
 Fl(auiae), | tur(ma) M. Ar(r)i(i) | Manl(iani), ui(uus), | u(otum)
 s(oluitt) [l(ibens)] m(erito).


2. P. Geminius Rogatianus est connu comme ex dec(urione) al(ae) Fl(auiae) entre le milieu du IIe siecle et le milieu du IIIe. Devenu flamine perpetuel de sa cite, Lambese, il a offert une statue de Marsyas, il a fait restaurer la curie et il a distribue des pieces d'or et des sportules aux decurions.
 AE 1914, 40 (Lambese = Lambaesis): P. Geminius Rogat^anus, fl(amen)
 p(er)p(etuus), ex dec(urione) al(ae) | Fl(auiae), (sestertium) VI
 (milibus) n(ummum), inlata eti | am sum(ma) leg(itima) (sestertium)
 XI (milibus) | n(ummum), et ad opus cu | riae (sestertium) X
 (milibus) n(ummum), item | statuam Marsyaeque fll(amini)b(usl)
 p(er)p(etuis) | aureis singulis et no^or^us) functis | duplis et |
 cond(ecurionibus) sed(ecim) | et curial(ibus) | sportulis | datis,
 posuit.


3. Se[x. ...]il[i]us [Te]r[t]ullus, fut dec(urio) al(ae) Fl(auiae), sans doute au IIe siecle d'apres le formulaire et l'onomastique; il a recu une sepulture a Sufes.
 CIL 8.11429 (Sbiba = Sufes): DM [S] | Se[x. ...] il | ius
 [Te]r|[t]ullus, d| ec(urio) al(ae) Fl(auiae), | u(ixit) a(nnis)
 XXXX, | [...].


4. Catulus, [ex] dec(urione) pro[mo]tus [..., (centurio) leg(ionis)] III Aug(ustae), est date de 174. Comme decurion d'aile, il a participe a une expedition qui l'a mene jusqu'a El-Agueneb, dans le Djebel Amour; puis, arrive la, il a ete promu centurion dans la legion, ce qui prouve que les communications etaient bien organisees. Il a fait graver une inscription pour le salut de l'empereur, de la maison divine et du legat.

Cette inscription, tres longue, a ete relue recemment par P. Morizot; nous extrayons les passages qui interessent notre propos:
 ... ordinibus [ad]scriptus sum [alae] Flau[iae] ... [ex]
 dec(urione) sum promotus ... meo no[m(ine)], Catulus, (centurio)
 leg(ionis) III Aug(ustae).


5. C. Iulius Rogatianus, ancien corniculaire du legat, a recu une promotion au rang de centurion par un bienfait de son superieur. Il a honore cet officier et son epouse par deux inscriptions en 246-247.
 AE 1914, 74 (Lambese = Lambaesis): M. Aurel(io) | Cominio |
 Cassiano, leg(ato) Augg(ustorum duorum) | pr(o)pr(aetore),
 c(larissimo) u(iro). | C. Iulius Rogatia| nus, decur(io) al(ae)
 Fl(auiae), | ex corniculario eius, prouectus | ab eo. AE 1914, 75
 (ibidem): [., coniu]gi M. | [Aureli(i) C]omi | ni(i) Cassiani, |
 leg(ati) Augg(ustorum duorum) | pr(o)pr(aetore), c(larissimi)
 u(iri). | C. Iulius Rogatianus, | decur(io) al(ae) Fl(auiae), ex
 corni | culario eius, | prouectus ab eo.


6. C. Iulius Donatus a commande une uexillatio dite Golensis et peut-etre un autre detachement appele numerus collatus au temps de l'empereur Philippe l'Arabe. L'inscription montre la hierarchie qui existait en Tripolitaine sous cet empereur: du haut en bas, legat, procurateur imperial et praepositus du limes de Tripolitaine.
 AE, 1985, 849 = 1986, 704 = 1992, 1758 (Bu Njem, Tripolitaine):
 Impp(eratoribus) dd(ominis) nn(ostris duobus) Philipp[is
 Augg(ustis),] M. Aurel(io) Cominio Cassiano, leg(ato) Augg(ustorum
 duorum) pr(o)pr(aetore), c(larissimo) u(iro), | et Lucretio
 Marcello, u(iro) e(gregio), proc(uratore) Augg(ustorum) nn(ostrorum
 duorum), | praeposito limitis Tripolitanae. | C. Iulius Donatus,
 dec(urio) alae Flauiae Philippianae, | praefectus a dd(ominis)
 nn(ostris duobus) Augg(ustis), | praefuit uexillationi Golensi e[t
 numero collato (?),] | Impp(ertoribus) Philippo III et Philippo II
 co(n)s(ulibus).


Ala I Pannoniorum

Cette aile a ete maltraitee dans un travail paru il y a quinze ans et tres mal informe. (8) Une Ie aile de Pannoniens a servi en Afrique pendant les trois siecles du Haut-Empire; (9) elle y est attestee de maniere continue et l'onomastique ainsi que le formulaire des epitaphes permet d'etablir la continuite de sa presence. C'est une erreur que de croire qu'elle a voyage sans cesse entre l'Afrique et la Pannonie: il y a eu deux unites homonymes, l'une presente en Afrique, l'autre en Pannonie.

7. Liccaio a servi sous les Julio-claudiens comme le montrent le formulaire et le contexte historique (la region ou l'unite etait presente n'a plus ete militarisee apres cette epoque).
 AE 1930, 133 (Ain Kerma): Quintus, Mucat^ali f(ilius), eq(ues) alae
 | Pann(on)iorum I, | tur(ma) Liccaionis, an| nor(um) XXXV, natione
 Thra | cus, milita(uit) a(nnorum) XVII. H(ic) s(itus) e(st). |
 Pos(u)it Spinus, Mucac| enti f(ilius), eq(ues) alae eius | dem,
 heres eius.


8. T. Flauius, Quir., Breucus, a ete decurion, princeps de son unite (premier decurion) puis veteran, a la fin du Ier siecle ou au debut du IIe d'apres l'onomastique et le formulaire; a ce dernier titre, il a recu un lot de terres (acceptarius). Devenu flamine perpetuel de sa colonie, et donc membre du cercle des notables, de l'ordre des decurions municipaux, il a offert une statue a Mars et une autre au Genie de la colonie.
 AE 1915, 69 (Djemila = Cuicul): Marti aug(usto) et | Genio coloniae
 | sacr(um). | T. Flauius, Quir., Breucus, | ueteranus acceptarius,
 | militauit in ala I Pannoniorum, | dec(urio) et princeps an(nis)
 XXVI, | flamen colon(iae) perpetuus, | s(ua) p(ecunia) p(osuit). AE
 1992, 1884 (ibidem): [T. Flauio,] Quir., [Breuco], | [ueterano
 a]cceptario, | [militauit in ala] I Pannoniorum, | [dec(urio) et
 princeps a]n(nis) XXV[I ...] | [...].


9. M. Annius, M. f., Quir., Martialis a ete decurion avant 116-117. Il a commence sa carriere comme simple soldat dans la IIIe legion Auguste, puis il a ete promu dans l'aile des Pannoniens comme cavalier a double solde puis decurion. Il est revenu dans la IIIe legion Auguste, comme centurion, puis il a ete envoye avec le meme grade dans la XXXe legion Ulpienne Victorieuse. Trajan lui a donne son conge honorable et il est revenu s'installer a Timgad. Son testament ordonnait a trois affranchis de faire eriger des statues de la victoire parthique de cet empereur.
 CIL 8.2354 et p. 1693 = ILS 305 (Timgad = Thamugadi): Victoriae |
 Parthicae | aug(ustae) sacr(um). | Ex testamento | M. Anni(i), M.
 f., Quir., | Martialis, mil(itis) | [[leg(ionis) III]] Aug(ustae),
 duplic(arii) | alae I Pannoniorum, dec(urionis) alae | eiusdem,
 (centurionis) [[leg(ionum) III]] Aug(ustae) | et XXX Vlpiae
 Victric(is), | missi honesta missione ab imp(eratore) | Traiano,
 optimo, | Aug(usto), Ger(manico), Dac(ico), Parth(ico), | sing(ulas
 statuas?) (sestertium) VIII (milibus), (uicesima) p(opuli) R(omani)
 min(us), | Annii, M. lib., Protus, | Hilarus (et) Eros, | adiectis
 a se (sestertium) III (milibus) | ponend(as?) curauer(unt), |
 idemq(ue) dedicauer(unt). | D(ecreto) d(ecurionum).


10. Un decurion anonyme et un civil ont acquitte un voeu apres avoir ete exauces par un dieu inconnu, a une date difficile a preciser: IIe ou IIIe siecle.
 CIL 8.2690 = 18110 (Lambese = Lambaesis): [...] MV | [...]NEI |
 [...]s, dec(urio) [alae] I Pann|[onio]r[um], | [...]s, et Maximi| us
 Com| modia| nus, mag(ister) [c(ollegii?)] | fabr(um,) uo| tum
 ss(oluerunt).


11. Aemilius Emeritus. Ce decurion a installe un poste a Si Aoun, dans l'ouest de la Tripolitaine, au debut de l'annee 198; mais il commandait alors la IIe cohorte Flavienne d'Afri et un numerus collatus; l'inscription est gravee pour la salut de l'empereur et de ses fils. (10) Le 3 mai 198, il avait la responsabilite d'un detachement qui avait ete envoye dans l'Aures et qui, le 3 mai 198, consacra un autel au dieu Cereus, associe a Jupiter, Junon et Minerve (la triade capitoline), a Mars et a la Victoire des empereurs. (11) Ses hommes etaient <<en tenue de combat>>, ce qui ne veut pas dire qu'ils participaient a une operation de guerre.
 CIL 8.2465 = 17953, et p. 952 = ILS, 2485 (Menaa): I(oui) o(ptimo)
 m(aximo), Iun(oni) reg(inae), Min(eruae), | Marti, Vict(oriae)
 Augg[[(ustorum trium)]], | pro salute Impp(eratorum duorum) L.
 Septimi(i) Se| ueri, pii, et M. Aureli(i) | Antonini,
 Augg(ustorum), et | [[P. Sept(imii) Getae]], uexill(atio) |
 [[leg(ionis) III Aug(ustae)]] p(iae), u(indicis), mo| rans in
 procinctu, | cur(ante) Aemilio Emerito, | dec(urione) al(ae) I
 Pan(noniorum), Satur| ni(no) et Gallo co(n)s(ulibus), Vn(onas) |
 Maias, u(otum) s(oluit).


12. Fonteius Fortunatus. Collegue et contemporain d'Aemilius Emeritus, Fonteius Fortunatus l'a precede de peu a Menaa, ou il est en garnison dans la premiere moitie de l'annee 198, et ou il commanda un detachement egalement <<en tenue de combat>>. Ils acquitterent un voeu pour le salut de l'empereur et de sa divine famille, et pour la victoire du legat.
 CIL 8.2466 = 17954, et p. 952 = ILS, 2486 (Menaa): [Pro] salute
 Im|[pe]ratorum L. | [S]eptimi(i) Seueri, | [Pe]rtinacis, Aug(usti),
 | [et] M. Aureli(i) Antoni|[ni, A]ug(usti), [[et P. Septi]]|[[mi(i)
 Getae]], totius| que domus diuinae, et Victoria | [Q. A]nic[i(i)
 Fau]sti, leg(ati) Aug(ustorum) | pr(o)pr(aetore), co(n)s(ulis)
 desig(nati), | uexillat(io) [[leg(ionis) III Aug(ustae)]] p(iae),
 u(indicis), | mor[an]|[t]es (sic) in procinct(u), | sub cura Fo[n]|
 tei(i) Fortun[ati], | dec(urionis) alae I Pann(oniorum), (uotum
 soluerunt).


13. C. Iulius Pastor. Ce decurion a ete en poste a El-Gahra, ou il a laisse une dedicace au dieu Soleil, Mithra; l'inscription a ete gravee par cet officier qui s'etait associe pour cet acte de piete a un centurion et a un beneficiaire du legat. Il est mort dans la meme region.
 CIL 8.18025 (El-Gahra): Soli inuicto, | Mithrae. | [Iu]lius Florus,
 | [(centurio)] leg(ionis) III Aug(ustae), | [C. Iuli]us Pastor, |
 [de]c(urio) al(ae) I Pann(oniorum) |(et) [Pom]ponius Ma|[xi]mus,
 b(ene)f(iciarius) co(n)s(ularis), | [u(otum) s(oluerunt)]
 l(ibentes) a(nimo). Le Bohec 1989b, p. 42 (12) (vallee de l'oued
 Chair, a environ 20 km au sud-ouest d'Ain Srour): D M S | C. Iulius
 | Pastor, | dec(urio) al(ae) I | Pann(oniorum), u(ixit) | [a(nnis)
 ...].


Le premier texte est complete a partir du second.

Cohortes equitatae (13)

Cohorte anonyme (VI Commagenorum?)

14. M. B[ru]t[ius Op]tatus (?) a participe a l'expedition de 174 a El-Agueneb (voir plus haut, no. 4).

Cohors VI Commagenorum

15. Popilius E[...] a participe a l'expedition de 174 a El-Agueneb (voir plus haut, no. 4).

Cohors II Hispanorum

16. P. Aelius Securus, Nap(oca), a servi dans cette unite au milieu du IIe siecle. Il a sans doute ete recrute sous Hadrien (onomastique).
 CIL 8.2787 et p. 1739 (Lambese = Lambaesis): D M | P. Aelio Seguro,
 Nap(oca), | dec(urioni) coh(ortis) II His(panorum). | Vix(it)
 an(nis) XXXV. | P. Ael(ius) Arima| nus, (custos) armorum, | b(ene)
 m(erenti) f(ecit), | (sestertium) II (centis) n(ummum).


Cohors VII Lusitanorum equitata

17. Optatus, Sadecis filius, a ete enterre a Mila. La formulation du nom de l'unite est exceptionnelle.
 ILAlg 2.3.8564 (Mila = Mileu): Optatus, | Sadecis | f., decurio |
 co(ho)rti(s) Lusitana(e), u(ixit) a(nnis) LV.


Numerus (14)

18. M. Herennnius Vrbanus fut decurion au IIIe siecle d'apres le formulaire.
 AE, 1933, 36 (El-Kantara = Calceus Herculis): Ob memo[r]iae (sic).
 | Nurbelo Sfidio, patri. | M. Herennius Vrbanus, dec(urio),
 fec(it).


2. Centurions (15)

Cohortes (16)

Cohors II Flauia Afrorum

19. Anonyme, centurion a Remada (= Tillibari) au IIe ou au IIIe siecle d'apres le contexte historique (le camp a ete construit a la fin du IIe siecle et abandonne a la fin du IIIe siecle). P. Trousset a vu sur une paroi du camp le signe 7, symbole du centurion. (17)

Cohors I Chalcidenorum equitata

20. Agrippa, Themi filius, Palmyra, a servi a la fin du IIe siecle d'apres le formulaire et le contexte historique. (18) Ce personnage a suivi une carriere peu banale. Il a ete centurion dans la IIIe cohorte de Thraces en Syrie, puis il a ete transfere en Afrique ou il a exerce son commandement d'abord dans la Ie cohorte mixte de Chalcideniens et enfin a la tete du numerus de Palmyreniens comme curateur. Par ailleurs, il ne mentionne pas de gentilice. Il est possible qu'il soit reste peregrin; il est aussi possible qu'il sous-entende cette partie de son nom (on sait que beaucoup de Palmyreniens sont des C. Iulii, et il a peut-etre paru inutile de mentionner ce gentilice tres banal). Il est mort a cinquante-cinq ans a El-Kantara, apres vingt-trois ans de service dont dix passes a la tete du numerus des Palmyreniens.
 AE 1896, 35 = 1900, 197 = ILS, 9173 (El-Kantara = Calceus
 Herculis): D M S | Agrippa, Themi | [f]il(ius), Palmyra, q(ui)
 f(uit) | [(centurio)] coh(ortis) III Thra|[c]um Syr(iacae), item |
 [t]ranslatu[s] | [i]n coh(ortem) I Ch(a)lci|[d]enor(um) iusso (sic)
 | [I]mp(eratoris), curam | [e]git Palmyr(enorum) [s]ag(ittariorum)
 ann(is) X, | militauit ann(is) | [X]XIII, uix(it) an(nis) LV. | [N.
 f]ecit, lib(ertus) et pro(curator).


Cohors I Flauia equitata

21. L. Clodius Saturninus a ete centurion au IIe siecle de notre ere d'apres l'onomastique et le formulaire de l'inscription. (19) Il est connu grace a une inscription qui mentionne toute sa famille. Ses deux freres ont servi dans la IIIe legion Auguste, l'un comme simple soldat et l'autre comme armurier. En compagnie de ses deux freres, de leur soeur et de leur pere, ces trois soldats enterrent leur mere.
 CIL 8.2844 et p. 1740 (Lambese = Lambaesis): D. M. | Clodia Lacaena
 | uix(it) ann(is) LIIII. | L. Clodius Fortunatus, | armo(rum
 custos) leg(ionis) III Aug(ustae), | L. Clodius Saturninus, |
 (centurio) coh(ortis) I Fl(auiae) eq(uitatae), | L. Clodius
 Crescens, | mil(es) leg(ionis) III Aug(ustae), | Clodia Vitalis,
 fili(a), | matri karissimae, | (et) C. Clodius Vitalis, coniug(i),
 fecer(unt).


Cohors VII Lusitanorum equitata

22. M. Licinius Valens a servi dans cette unite au IIe siecle, d'apres l'onomastique et le formulaire de l'inscription ; il a fait graver une dedicace a Mars auguste. (20)
 CIL 8.10721 = 17631 (Zoui = Vazaiui): Marti aug(usto) |sac(rum). |
 M. Licini| us Valens, | (centurio) coh(ortis) VII Lu| sitanorum, |
 u(otum) s(oluit) l(ibens) a(nimo).


Cohors II Maurorum

23. C. Iulius Paulinus etait centurion de cette unite le 1er aout 208. (21) Il a fait graver une inscription pour le salut des empereurs et de leur divine maison aux calendes d'aout. (22) Cette date correspond a plusieurs celebrations du calendrier officiel de l'armee romaine: debut du mois consacre a Auguste, suicide d'Antoine, victoire sur les Retes et naissance de Claude. Comme le beneficiaire de l'inscription est Septime Severe, il est plus probable que Paulinus souhaitait commemorer l'anniversaire de Pertinax, empereur auquel Septime Severe etait tres attache, au point qu'il a ajoute a son onomastique le nom de celui qu'il avait aime. Ce jour-la, Paulinus etait place a la tete d'un detachement de 126 hommes, appele numerus collatus. (23)
 CIL 8. 4323 = 18528 (El Mahder = Casae): [Pro salute
 Imppp(eratorum) Caesss(arum trium),] | [L. Septimi(i) Seueri et M.
 Aureli(i) | Antonini et [[Parthico ma]]| xim(o: sic, Auggg(ustorum)
 et | Iuliae Aug(ustae), ma| tri(s) [ca]stroru(m) | et
 Augg(ustorum), totiu(s)que | domus diuinae, dedicante Subatiano |
 Proculo, leg(ato) Auggg(ustorum), | sub cur(a) C. Iuli(i) |
 Paulini, (centurionis) coh(ortis) II Maur(orum), | uex(illarii),
 n(umero) collato n(umero) CXXVI, | kal(endis) Aug(ustis), d(omino)
 n(ostro) Antonino III | [[et Getae (sic)]] co(n)s(ulibus), |
 u(otum) s(oluerunt) l(ibentes) a(nimo).


Cohors II gemella Thracum

24. Ce () Bes[sus] a eu sous ses ordres un sous-officier qui faisait office de questeur, et donc s'occupait des finances de l'unite. D'apres le contexte historique, ce texte a ete grave vers le milieu du Ier siecle de notre ere. En effet, cette region n'a connu de presence militaire ni avant cette periode, ni apres; la venue de cette unite et de plusieurs autres doit peut-etre etre mise en rapport avec la revolte de Tacfarinas.
 ILAlg 2.6877 (Sila): [...]a in (centuria) Bes[si] | [...]s p
 qu(a)est(or) coho|[rtis] II gemellae T(h)ra|[cum ...].


Numeri (24)

Numerus Hemesenorum

Dans l'epigraphie de ce numerus, trois centurions sont connus, un pour l'epoque de Septime Severe (peut-etre) et deux pour le temps de Caracalla (surement). Mais ils venaient de la IIIe legion Auguste et ils avaient ete places a la tete de l'unite.

Numerus Palmyrenorum

25. Caltonianus (25) a commande une centurie de ce numerus entre 222 et 235, sur le site de Messad, le castellum Dimmidi. Ses hommes offrirent une dedicace au deus numen Malagbel, un dieu palmyrenien, pour le salut de l'empereur.
 G.-Ch. Picard, Castellum Dimmidi, 1947, no. 9 (Messad): Deo
 num(ini) Malag(belo), | pro salute d(omini) n(ostri) |
 Imp(eratoris) Caes(aris) M. Aurel(ii) | Seueri Alexa^dri, inuicti,
 pii, fel(icis), | Aug(usti), diui M[agni] | [Antonini fili(i)]. ||
 N(umerus) P(almyrenorum) | Seu(erianus), | (centuria) Caltoniani, |
 ... (suit une liste de noms de soldats).


26. Maximus (26) a ete centurion de ce numerus a la fin du IIe ou au debut du IIIe siecle (formulaire et contexte historique).
 CIL 8.2515 = CIS (Aram?) II, 3, 3908 (El-Kantara = Calceus
 Herculis): D MS | Suricus, Rubatis (filius), | Pal(myrenus),
 sag(ittarius), (centuria) Maximi, | [uix(it)] an(nis) XLV,
 [mi]|[lit]auit ann(is) XIIII.


27. Maximus, Zabdiboli (f.), Hadri(a)n(opolitanus), Palm(yrenus), (27) a exerce les memes fonctions que le precedent, au meme moment (pour les memes raisons) et au meme endroit. Il n'est pas impossible qu'il faille l'identifier au precedent, mais le cognomen Maximus est tres banal. L'ordinatus etait le premier centurion d'une unite auxiliaire; l'ordinarius commandait une unite au combat.
 CIL 8.2505 = 18225 (El-Kantara = Calceus Herculis): Maximo,
 Zabdiboli (filio), Hadri(a)n(opolitano), Palm(yreno), ue[ter(ano)],
 | ex ordin(ato, ou: -ario) n(umeri) Pal(myrenorum). Vix(it) an(nis)
 LXXV. Valeria Dulc[is], | uxor et heres eius, praeterquam quot
 te[s]| tamento cautum est, adiecta pecunia, [de li]| beralitate
 sua, marito karissimo f[ecit].


3. Synthese

Il est evident qu'il convient de montrer une grande prudence devant un dossier finalement tres mince, qui a toutefois l'avantage de poser des problemes jusqu'ici negliges.

Aspect militaire

Dans le domaine proprement militaire, deux points peuvent etre releves, l'un a propos des carrieres de ces officiers subalternes, l'autre concernant les missions qui leur etaient confiees.

Il n'etait pas facile de devenir decurion. Il fallait passer par le stade de sous-officier, d'immunis, et il valait mieux avoir commencer au moins comme legionnaire.

miles legionis > duplicarius alae > decurio (n. 9) cornicularius > decurio (no. 5)

Un decurion pouvait obtenir des promotions, devenir premier decurion de son unite (princeps) ou centurion de legion, et enfin acceder au statut de veteran.

decurio > centurio legionis (no. 4) > ueteranus (no. 9). decurio > princeps > ueteranus (no. 8) centurio cohortis > centurio cohortis > cura(tor) numeri (no.20). centurio > ueteranus, ex ordin(ario, -ato?), (no. 27).

Par ailleurs, les decurions qui sont connus dans ce dossier ont recu parfois des commandements exceptionnels, sur une vexillation, eventuellement avec un numerus collatus (nos. 6, 11 et 12). Dans deux cas, leurs hommes etaient en tenue de combat (nos. 11 et 12). Un centurion a egalement recu la charge d'une vexillation avec un numerus collatus (no. 23).

Aspect social

S'ils ont occupe ces postes, ce fut en relation avec la place que leurs parents avaient tenue dans la societe. Et, une fois retraites, ils retrouvaient cet heritage familial. On voit ce rang a leur onomastique, originale, au fait qu'ils ont ete admis dans la curie de leur cite et a leurs actes d'evergetisme.

L'onomastique apporte beaucoup d'enseignements, malgre le petit nombre de personnages connus. Il faut toutefois prendre garde au fait que l'absence de gentilice, par exemple, peut etre due simplement a la nature du document: ainsi, quand un soldat voulait indiquer dans quelle centurie il servait, il donnait le nom de son centurion, mais pas necessairement de maniere complete; il pouvait se contenter du cognomen.

Le gentilice est porte par quatorze decurions et trois centurions; le praenomen manque dans trois cas seulement, pour des motifs de chronologie et pas de rang social.

tria nomina, decurions: nos. 1, 2, 3, 5, 6, 8, 9, 13, 14, 16 et 18; centurions: nos. 21, 22 et 23. duo nomina, decurions: nos. 11, 12, 15.

Il est remarquable que ces grades portaient le plus souvent des gentilices non imperiaux, ce qui indique qu'ils descendaient d'immigres italiens.

gentilices imperiaux, decurions: nos. 5, 6, 8, 13 et 16; centurions: no. 23. gentilices non imperiaux, decurions: nos. 1, 2, 9, 11, 12, 13, 14 et 15.

Deux d'entre eux indiquent la tribu dans laquelle ils ont ete inscrits (ou plutot celle dans laquelle leur famille avait ete inscrite) : nos. 8 et 9.

Finalement, on ne compte qu'un decurion (no. 17) et trois centurions (nos. 19, 24 et 26) qui ne sont connus que par leur cognomen, et encore convient-il d'interpreter avec prudence l'absence de gentilice.

L'etude des cognomina montre, ce qui n'est pas surprenant, une predominance du latin, chez les decurions: nos. 1, 2, 3, 5, 9, 11, 12, 13, 14, 16, 17 et 18; et aussi chez les centurions: nos. 20, 21, 22, 23, 26 et 27. A l'oppose, on ne trouve guere qu'un seul nom qui n'appartient pas au latin: no. 7 (pannonien). Mais, dans trois cas, la filiation renvoie a une onomastique barbare: nos. 17 (Sadecis f.), 20 (Themi f.) et 27 (Zabdiboli f.). Les trois derniers cas concernent des centurions, les deux derniers servant dans le numerus de Palmyreniens. Deux autres noms individuels sont egalement a part; ce sont des noms geographiques, mais qui ne prouvent en rien une origine barbare (que l'on pense au correspondant de Ciceron, Atticus): un decurion etait appele Breucus (no. 8) et un centurion Bessus (no. 24).

L'onomastique montre un milieu lie aux civils africains. Ces liens sont plus evidents dans le cas de deux personnages qui sont devenus flamines, c'est-a-dire qu'ils appartenaient a l'elite de leur cite et qu'ils etaient aises (nos. 2 et 8). Trois d'entre eux sont connus par des actes d'evergetisme (nos. 2, 8 et 9). Enfin, l'un d'entre eux etait le maitre de trois affranchis, ce qui laisse supposer qu'il possedait davantage d'esclaves (no. 9). Ces personnages riches, integres dans l'aristocratie municipale, etaient des decurions ou d'anciens decurions, et pas des centurions.

Il est difficile de quitter cette rubrique sans rappeler trois inscriptions qui pourront etre utilisees dans une etude ulterieure et qui concernent la demographie. L'age au deces de trois personnages est connu: 40 ans pour un decurion (no. 3), 55 (no. 20) et 75 (no. 27) pour deux centurions. On remarque que les chiffres sont des multiples de 5, ce qui n'a rien d'etonnant, et que, si l'un des trois est mort a un age presque normal pour cette epoque, c'est-a-dire 40 ans, les deux autres ont beneficie d'une longue vie, puisqu'ils sont morts a 55 et 75 ans.

Aspect politique

Decurions et centurions ont manifeste leur attachement a l'empereur et parfois a sa divine famille. Ils ont pu le faire durant leur service, et on le voit grace a des dedicaces pro salute (nos. 11 et 12 pour des decurions, nos. 23 et 25 pour des centurions). Il est remarquable que beaucoup de dedicaces religieuses mentionnant des centurions et des decurions ne visent que des divinites de la guerre et jamais des divinites de la sante physique. Dans ces conditions, on peut penser que la salus en question c'etait la preservation et l'integrite physique plus que la sante au sens medical du terme. Dans deux inscriptions, des decurions disent qu'ils sont devenus pretres du culte imperial apres avoir pris leur retraite (nos. 2 et 8).

Les declarations en faveur du legat temoignent surtout d'une reconnaissance pour un bienfait, et peut-etre constituaient-elles des demandes de promotion. Dans le premier type, on rangera le no. 5, et dans le second le no. 4.

Aspect religieux

Ces officiers presentaient un fort caractere romain. Le pantheon qu'ils honoraient tend a confirmer ce sentiment. En effet, meme si l'on envisage le phenomene de l'interpretatio romana, le fait de donner des noms latins a des dieux exotiques, africains en l'occurrence, il ne peut pas y avoir de doute sur l'origine de telle ou telle divinite dans plusieurs cas, et l'appartenance au pantheon romain parait plus que vraisemblable.

La triade capitoline (no. 11) qui protege particulierement Rome entre dans cette categorie des divinites dont l'origine italienne ne fait aucun doute. Les abstractions divinisees en font egalement partie; on comptera ici la Victoire, sous trois formes, Victoire tout court (no. 11), Victoire Parthique de Trajan (no. 9) et Victoire du legat (no. 12). On ajoutera a cette liste le Genie de la colonie (no. 8) et le Satyre Marsyas, symbole des libertes municipales (no. 2).

Dans ces conditions, le dieu Mars, trois fois mentionne, deux fois par des decurions (nos. 8 et 11) et une fois par un centurion (no. 22), pourrait etre plutot le Mars protecteur des armes des Romains que son equivalent africain. De plus, ces constatations fortifient une hypothese: le dieu Cereus, qui n'est pas mentionne, mais qui etait honore par une inscription (no. 11), serait bien un dieu italien. Il est evidemment etonnant que le pantheon africain soit absent de cette liste: ce silence correspond-il a une attitude propre aux officiers subalternes? Ou bien s'explique-t-il par le hasard des decouvertes? On ne sait.

Reste la rubrique des divinites dites <<orientales>>, qui etaient en realite tres variees. Le Soleil invaincu Mithra, dont on dit qu'il a eu beaucoup de succes aupres des militaires, a eu son devot (no. 13); nous pensons toutefois qu'il ne faut pas imaginer un raz-de-maree mithriaque fondant sur les camps romains, meme au IIIe siecle. Le dieu Malagbel est egalement mentionne une fois, mais ce palmyrenien a ete honore par d'autres Palmyreniens (un centurion: no. 25).

En conclusion, il parait important de souligner que ces officiers subalternes suivaient des carrieres qui leur etaient propres, qu'ils etaient lies au milieu des notables, qu'ils descendaient assez souvent d'immigres Italiens, sans que les Africains aient ete exclus de leurs rangs, et enfin qu'ils veneraient particulierement l'empereur et les dieux de Rome.

Ces quelques remarques ne valent que pour ce qu'elles sont: une image de ce qui se passait dans l'armee d'Afrique. Il serait souhaitable que d'autres etudes les prolongent, portant sur les armees d'autres provinces.

Bibliographie (28)

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Yann Le Bohec

Universite Paris IV Sorbonne (emerite)

yann.lebohec@wanadoo.fr

(1) Le Roux 1976:89-147; Le Bohec 1989a:147-84; Richier 2004.

(2) Le Bohec 1989a; 1989b; 2007.

(3) Critique de ces erreurs dans Le Bohec 1989a:53-79; 1989b:11-14 (ces travaux font le point d'autres etudes anterieures).

(4) Cheesman 1914:37-39; Gilliver 2007:193-97.

(5) Le Bohec 1989b:27-63.

(6) De Ruggiero 1895:154, considere que cette unite se trouvait en Afrique.

(7) Le Roux 1975:146, la rattache a l'armee des Espagnes, sans doute a raison.

(8) Spaul 1995.

(9) Le Bohec 1989b:33-48.

(10) ILAf 9 = ILTun 1 = AE 1909, 104 = ILS 9177; ce texte ne mentionne pas la Ie aile des Pannoniens.

(11) Le Bohec 2009:57-64.

(12) Texte communique par P. Trousset.

(13) Le Bohec 1989b:65-114; idem, 2007:499-500.

(14) Le Bohec 1989b:115-57.

(15) Cheesman 1914:37; Gilliver 2007:193-97.

(16) Le Bohec 1989b:65-114; idem, 2007:99-500.

(17) Trousset 1974:116-17, no. 2; Le Bohec 1989b:70.

(18) Le Bohec 1989b:73 et 128-29.

(19) Le Bohec 1989b:81-82.

(20) Le Bohec 1989b:87.

(21) Le Bohec 1989b:88.

(22) Nock 1952; Groslambert 2009.

(23) Le Bohec 1986.

(24) Le Bohec 1989b:115-57.

(25) Le Bohec 1989b:120.

(26) Le Le Bohec 1989b:120.

(27) Le Bohec 1989b:120. Caltonianus est un nom rare, qui n'appartient sans doute pas au latin. Il est possible qu'il y ait eu la un cognomen plus connu, Gallonianus: Kajanto, I. 1982, Latin Cognomina. Rome: Bretschneider.

(28) Decevant pour notre propos: Sabin Ph., van Wees H. et Whitby M., dir., 2007, The Cambridge History of Greek and Roman Warfare, 2, Rome, from the Late Republic to the Late Empire. Cambridge: Cambridge University Press.
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Author:Le Bohec, Yann
Publication:Acta Classica
Date:Jan 1, 2012
Words:5186
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