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D'un Rabat a l'autre...Un brin d'histoire...

Actualites Eecrit par Nabil El Bousaadi La premiere trace urbaine de la ville de Rabat se situerait dans l'actuelle Kasbah des Oudayas, fort fonde par les Almoravides a l'effet de leur servir de point de ralliement pour lancer leurs troupes contre les tribus des Berghouatas installees a proximite des ruines de l'ancienne cite romaine de Sala colonia (Chellah). Ce n'est que vers l'an 1150 de l'ere chretienne, que le Sultan almohade Abd El Moun'im decida d'y installer un camp militaire et religieux d'ou il allait pouvoir lancer ses expeditions pour la conquete de l'Andalousie.C'est d'ailleurs a partir du camp d'Abd El Moun'im que son fils Abou Yaacoub Youssef, puis son petit-fils Yaacoub El Mansour, construisirent, avec l'aide des nombreux captifs ramenes d'Espagne, une cite s'etendant sur pres de 400 hectares ceinturee par une imposante muraille percee de portes monumentales ainsi qu'une gigantesque mosquee, l'actuel Tour Hassan, restee inachevee suite a un seisme mais dont le minaret servait de repere aux navigateurs. Correspondant, en gros, a la partie ouest de l'actuelle kasbah des Oudayas, cette citadelle fut d'abord appelee Ribat Al Fath (le camp de la victoire) en hommage aux victoires almohades puis El Mehdiya a la memoire d'Al Mahdi Ibn Toumert, reformateur amazigh musulman a la mort duquel son disciple Abd El Moun'im devint le premier calife des almohades. Mais s'il reste vrai, neanmoins, que la ville ne connut reellement son essor que quand les musulmans chasses d'Andalousie vinrent s'y refugier et y exercer commerce et artisanat, il n'en demeure pas moins vrai, par ailleurs, que Rabat n'avait jamais contenu [beaucoup moins que]la population que son enceinte aurait pu abriter[beaucoup plus grand que] puisqu'a l'arrivee des Francais en 1912 et lorsque Lyautey decida d'en faire la capitale politique et administrative de son Protectorat, celle-ci n'etait, en fait, qu'une petite bourgade de pres de 25.000 habitants. Les monuments de la ville- La necropole du Chellah : Situe a pres de 2 kms du centre-ville, le site de Chellah est, sans conteste, la plus ancienne agglomeration humaine fondee par les Pheniciens et les Carthaginois a l'embouchure du fleuve Bou-Regreg. Les fouilles operees sur le site ont revele la presence d'une ville romaine avec sa voie principale, son arc de triomphe et sa fontaine. Le site semblait avoir ete abandonne depuis plusieurs siecles deja quand les Merinides vinrent pour y edifier leur necropole. Ainsi, si l'on en croit l'inscription en [beaucoup moins que] coufi [beaucoup plus grand que] sur sa porte d'entree, les travaux de construction de cette somptueuse necropole auraient ete acheves en 1339, donc sous le regne d'Abou El Hassan Ali. Protegee par un imposant mur d'enceinte et une majestueuse porte d'entree flanquee de deux bastions semi-octogonaux avec des encorbellements surmontes de merlons pointus et s'ouvrant sur une petite oasis d'une dizaine d'hectares dont la tranquillite est interrompue, de temps a autre, par les claquements de bec des cigognes, la necropole du Chellah renferme notamment une salle d'ablutions, une zaouia avec un oratoire, un minaret orne de zellij ainsi que plusieurs salles funeraires, notamment celle ou repose Abou El Hassan dont le sanctuaire est situe au creux d'un vallon ou coule la source d'AinMdafa. La Kasbah des Ouadayas : Etant une veritable ville dans la ville, la Kasbah des Oudayas, construite au 12 eme siecle par les Almohades et qui s'appelait, au depart, Kasbah de Mehdiya etait un fort qui servait de point de depart aux troupes appelees a mener la guerre sainte contre les chretiens d'Espagne qui, par la suite, prit le nom de Kasbah andalouse lorsque les musulmans chasses d'Espagne y trouverent refuge au debut du 17 eme siecle pour devenir, enfin, la Kasbah des Oudayas lorsque s'y installerent les membres de la tribu Oudaya, chasses de Fes par le Sultan Moulay Abderrahmane en 1833. Ouvrage militaire amenage en tant que forteresse, la Kasbah ne contenait au depart que le Palais et quelques habitations de fortune (noualats) destinees aux soldats, et ce n'est qu'entre la fin du 19 eme et le debut du 20 eme siecle que la plupart des actuels demeures y ont ete edifiees, mais sans toutefois que celle-ci ne soit integree a la medina ; ce qui lui a permis de garder son caractere initial de place forte. Quand on veut acceder a la Kasbah par l'imposante Bab El Kebir, on est immediatement ebloui par la beaute et par la proprete d'un site ou l'evidente influence andalouse se manifeste par la presence de ruelles etroites et pavees, de murs recouverts de chaux ou predomine la couleur bleue, et par l'existence de portes massives magnifiquement colorees et ornees de fer forge. Seduits tant par la beaute du lieu que par son apaisante quietude, artistes nationaux et etrangers -pour lesquels la Kasbah des Oudayas est un havre de paixpropice a l'inspiration et a la meditation- sont de plus en plus nombreux a vouloir s'y installer alors que les touristes de passage ne manquent, en aucun cas, l'occasion d'arpenter longuement ses ruelles avant de s'attabler a son celebre Cafe maure pour y deguster the a la menthe et gateaux aux amandes. La tour Hassan : Symbole de la ville de Rabat, la tour Hassan est un minaret inacheve erige au 14 eme siecle sur le site de la mosquee de Yaacoub El Mansour au Nord-Est de la ville. Surplombant l'estuaire du fleuve Bou-Regreg, ce minaret domine la rive gauche et l'embouchure du fleuve et permet d'avoir une vue imprenable sur les villes de Rabat et de Sale. L'esplanade au pied de la tour qui supporte les vestiges des colonnes de la mosquee a servi d'assise a la construction du mausolee Mohammed V a la mort de celui-ci. Le minaret dont l'edification aurait debute deux siecles apres celle de la mosquee est reste inacheve suite a l'incendie qui, selon Ibn Batouta, aurait ravage cette derniere vers l'an 1400. La tour qui est formee de murs de 16,20 m de coteayant une epaisseur de 2,50m et qui devait initialement culminer a plus de 85 m -lanterneaux non compris - n'atteint que 44,30 m et ne comporte pas d'escaliers a l'interieur mais de larges rampes d'acces qui auraient permis au muezzin d'atteindre le sommet a cheval pour appeler les fideles a la priere et a l'edifice de servir, egalement, de tour de guet. De nombreux historiens conviennent que la Koutoubia de Marrakech, la Giralda de Seville et la Tour Hassan de Rabat seraient l'œuvre d'un seul et meme architecte.

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Publication:Al Bayane (Al Dar Al Bayda', Morocco)
Date:Mar 13, 2016
Words:1084
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