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Atopolis. La ville aux inclassables.

   On vit, on meurt, on aime dans un espace quadrille,
   decoupe, bariole,
   avec des zones claires et sombres,
   des differences de niveaux,
   des marches d'escalier,
   des creux, des bosses,
   des regions dures et d'autres friables,
   penetrables, poreuses (1).


Un immense ballon gonflable suspendu, un condense devenu illisible de drapeaux nationaux m'accueillent pour un apercu d'un autre monde qui, au fond, est deja la. Un monde qui n'a pas attendu d'etre nomme pour exister. L'oeuvre, passee par Art Basel Unlimited, est de Meschac Gaba. La non-ville dont elle fait partie est << Atopolis >>, la premiere grande et longue (elle fermera en octobre), exposition d'art contemporain de Mons, capitale europeenne en 2015. D'ailleurs le titre, entre Thomas More et Don De Lillo, resonne comme une utopie urbaine ancree dans le reel. Donc, pas vraiment une utopie. D'ailleurs, l'histoire nous apprend qu'il vaut mieux que les utopies ne se realisent pas (2). Il s'agit peut-etre d'une nouvelle heterotopie, comme les cimetieres et les Club Med, les bordels et les cirques ambulants, les navires et le grand lit des parents. Decidement, oui, il y a un peu de Foucault dans << Atopolis >>, projet du WIELS indissociablement philosophique et politique, mais la reference declaree est Edouard Glissant (1928, Martinique--2011, Paris) : le poete, le penseur du metissage et de la mondialisation, l'Antillais fils des Noirs de la diaspora, le defenseur des identites fluides pronant aux niveaux humains, sociaux et naturels une poetique de la << Relation (3) >>, le chantre du << Tout-monde (4) >>, ebauche d'une societe nouvelle, qui cherchant a conjurer les dangers du Tout-empire se determine dans l'inlassable << opacite (5) >> de l'Autre.

Le projet d'exposition illustre le fantasme crucial d'une relation egalitaire interconnectee entre les etres humains, mais aussi entre les mondes anime et inanime, entre le symbolique et le reel. L'interpenetration des cultures et imaginaires comme seule possibilite sensee de renegocier notre etre au monde, de creer le nouveau. Bref, la meilleure des << creolisations >> possibles. Sur ce sujet, l'exposition a ITIe de Vassiviere, en France, en dit long. Ici, le totem vu a Mons, celui d'Fluma Bhabha, creature mutante a la fois prehistorique et extraterrestre, aurait pu trouver sa place. En cours jusqu'en novembre, << Etre chose >> s'inscrit dans une actualite de la recherche en art oo la lecture anthropocentrique du monde est plus que jamais remise en question.

Mais revenons en Belgique. Le local, l'histoire de Mons et du Borinage, point de depart, sont confrontes au global, l'histoire de la modernite a l'echelle internationale. Mons, epicentre historique de la premiere industrialisation sur le continent, fut le point de rencontre de migrations importantes : des echanges dont le fruit est une ville sillonnee de parcours individuels transcendant les idees recues de << territoire, de citoyennete et de culture (6) >>. Les identites plurielles et autres questions actuelles ont pu trouver dans la region un destin precurseur, dont temoignent les multiples modeles d'utopies communautaires qui y ont vu le jour, y compris celle d'Otlet et La Fontaine, les fondateurs du Mundaneum--grandiose repertoire bibliographique universel, veritable moteur de recherche avant la lettre, ne pour faire connaitre les peuples entre eux et, ce faisant, contribuer a la sauvegarde de la paix mondiale--, qui ont reve tout au long de leur vie d'une << cite ideale >>. Ce patrimoine des bonnes pratiques et projets fourieristes dialogue dans le beau site du Manege de Sury (7) avec un ensemble polyphonique d'artistes de toute renommee internationale, a la manifeste valeur historiographique, interpelle par les phenomenes de circulation, de diaspora et de transferts de cultures. Dans cet espace autre de signifiance condensee, << Atopolis >> est aussi metaphore de notre ere numerique--celle de l'hyperconnexion et du libre-echange a la fois genera teur de connectivite sans precedent et perturbateur de reperes (8)--, laquelle, par l'importance accordee au developpement de modeles de cohabitation et de coexistence, semble renvoyer directement aux utopies sociales et culturelles qui emergerent dans la region.

Les artistes convies par Dirk Snauwaert et Charlotte Friling, dont une partie s'est mise enjeu avec une oeuvre concue pour l'occasion, ont ete choisis pour leurs affinites plus ou moins assumees avec la pensee plurielle de Glissant. C'est donc une forme d'humanisme qui domine cet ensemble noueux qui, par le biais de realisations fraiches et anciennes, evoque une ville/communaute/societe imaginaire/imaginee au milieu de revelations et de revoltes. Leur Atopolis.

La decouverte de ce lieu de tous et de personne (9) passe par la vision du deroule integral d'une oeuvre de Francis Alys, qui propose l'<< archipel >> plastique d'un projet encore une fois sur le fil du paradoxe. Dans une video installation documentant une celebre action dans le detroit de Gibraltar, deux files d'enfants, l'une quittant la rive espagnole, l'autre la rive marocaine, entrent dans la mer pour y poser des bateaux-chaussures realises dans l'espoir qu'ils se rejoignent sur la ligne de l'horizon. Contribution poetique et engagee aussi d'El Anatsui, dont la carriere vient d'etre decoree du Lion d'Or. Sa tapisserie murale, qui rappelle un manteau royal, se compose d'objets disqualifies et est le fruit de l'engagement d'assistants recrutes dans des quartiers defavorises du Nigeria. Le resultat combinatoire est celui d'une creation abstraite de facture formaliste oo le me-tissage comporte aussi des references au colonialisme et a des quetes ecologiques. La vision d'un Eden oo seraient protegees autant la biodiversite que l'autogestion demeure dans les photos d'Yto Barrada, qui renvoient a ses souvenirs d'enfance au Maroc. Comme contrepoids, la serie inedite de Benoit Plateus convoque la question du revenant a travers les protagonistes de notre imaginaire mediatique re-photographies sous une autre lumiere. Ce monde artificiel se revele etre un mirage et ses habitants, des spectres en errance. Mais l'artiste s'approprie aussi de l'image la plus evocatrice de tout metissage culturel : sa Tour de Babel d'apres Pieter Bruegel l'Ancien, construite en superposant des parties sequencees d'images, est un rhizome interminable de references geographiques, historiques et generationnelles qui traversent << Atopolis >>. Vincent Meessen, star actuelle du pavillon belge a Venise-oo il met en question la conception eurocentriste de la modernite en revelant un heritage avant-gardiste marque par une pollinisation creative croisee entre l'Europe et l'Afrique--, interroge encore une fois les recits officiels. Ici, il fait surgir un creole occidental tire du romani, langue du peuple gitan dont un ecrit documente la presence en Belgique en 1421. En vis-a-vis, les pages d'un livre retracant l'origine tsigane des mots d'argot, dont certains sont passes dans notre langage courant. La recomposition etymologique des mots est mise en parallele avec les formes elementaires (barre, trait, etc.) grace auxquelles sont dessinees les lettres de la police de caracteres Belgika : une meta-typographie en open source, nomade, echappant a toute normalisation. Sa seconde oeuvre mise sur le reperage photographique d'un film non realise d'Henri Storck, parti en 1961 a la recherche d'une communaute gitane en Europe de l'Est. Et c'est exactement du plus celebre film de Storck, Misere au Borinage (1933), que s'est inspire Vincen Beeckman, dont le photoreportage est le fruit de la frequentation, pendant un an, d'une famille du Borinage, une region fragilisee par le chomage.

Les videos et les installations d'Adrian Melis denoncent de maniere ludique les messages mensongers qui voudraient nous faire croire que le travail rend heureux. Tirant parti d'un chomage technique dans une entreprise d'Etat a Cuba, il propose aux travailleurs de tourner un film avec lui. Ils doivent imiter les bruits que feraient leurs machines et leurs gestes s'ils etaient actifs. Le concert dans l'usine a bien lieu, et la poetique derision de ses engins est manifeste. Tribut frontal a l'esthetique de la relation de la part de Jack Whitten, qui connaissait personnellement Glissant tout en ignorant tout de son oeuvre : il se plonge dans sa pensee et concoit, en melangeant l'Action Painting et la technique ancienne de la mosaique, une carte abstraite monumentale, inspiree du concept de l'archipel en opposition a celui de continent. Noir-blanc, 0-1, l'atopographie est un nuage de bits (10). Mais l'oeuvre qui nous devoile plus amplement le philosophe est certes celle de Thomas Hirschhorn, qui nous a habitues a etre interpelles d'une facon immersive par l'actualite de certains auteurs. Globalization Reversed, l'installation phare d'<< Atopolis>>, traversee de questions et raillant une societe de surproduction materielle massive (mais Walead Beshti montre que l'abandon de certains engins informatiques ne genere pas que des encombrants), represente, du sol au plafond, l'atelier-laboratoire d'un penseur de la globalisation et de la deglobalisation qui se serait inspire de Glissant. Experience visuelle de ses concepts a l'approche evolutive, l'oeuvre invite le spectateur a rejoindre activement le debat. La nature participative est aussi dans l'installation de David Medalla, avec sa nouvelle version d'une oeuvre cle des annees 1960, aux origines de la performance : un long pan de tissu, oo notre passage peut rester fige par l'effort de nos propres mains socialisantes. Notre tag, trame. Egalement achronique et diachronique, la serie! Questions de femmes? derive aussi des annees 60. Procedant a un inventaire des questions sur l'identite feminine, Jef Geys soumettait celles-ci aux eleves de sa classe. Se materialisant depuis sur differents supports, ces questions, qui n'ont pris aucune ride, recoivent aujourd'hui une traduction en treize langues. Avec ce questionnaire, il expose un relief en plexiglas--un modele adapte a l'apprentissage des signes standardises qu'imposent les nouveaux dispositifs electroniques--associant les symboles, le langage et le tableau a notre imaginaire. De plus, les merveilles de la creolisation dans le mariage entre un tricycle et des megaphones (Abraham Cruzvillegas), mais aussi les brimades de l'immigration (Viassis Caniaris), les symboles des pouvoirs des groupes de << resistants >> (Diego Tonus), les metissages seculaires (Bhabha), la menace de l'alterite (Bhabha; Beshty) sont autant de sujets abordes pour remettre en question l'ideologie dominante qui plaide en faveur du bien-etre et du developpement collectif, tout en manquant--paradoxalement--d'humanite et de clairvoyance. Enfin, Lawrence Weiner, figure majeure de l'art conceptuel, se produit dans une trace bien lisible, et probablement destinee a durer, sur les murs restaures du Manege : << nous sommes des bateaux sur la mer, pas des canards sur une mare >>.

Tous affirment que notre identite, digne d'etre, est hybride et heritiere des autres. Tous reactivent une memoire oublieuse, tout en invitant au passage de l'identite racine a l'identite rhizome. Il ne saurait plus y avoir une narration dominante. Et si, face a l'etranger, notre attitude est naturellement ambivalente, oscillant entre attirance et repulsion (11), la valeur de l'<< opacite >> nous rappelle que l'etrangete est au fond inaccessible et, pourtant, necessaire. Roland Barthes, explorateur de cette sensation de singularite de l'etre aime, l'avait nommee, justement, Atopos (12). Bien qu'il soit beaucoup moins connu, avec Bernhard Waldenfels (13), d'apres la lecture qu'en fait Guy Felix Duportail (14), on depasse l'idee (15) que << l'etrange est en moi, donc nous sommes tous des etrangers. Si je suis etranger, il n'y a pas d'etrangers >>. La difference est sauvee, car ce n'est qu'en acceptant activement une etrangete de l'experience et de tout phenomene en general, ses consequences surprenantes et la rupture qui l'accompagne, que l'etranger reussit a echapper au discours de maitrise. Et c'est dans un aveuglement collectif que le migrant peut se faire, dans sa position impossible d'etranger parfaitement integre et pourtant parfaitement inassimilable, revelateur epistemologique : il devoile les contradictions et les limites des pratiques et politiques ethnocentriques de notre societe (16). Dans ces perspectives, les artistes convies appellent a une revision profonde des rouages economiques et politiques, voire ideologiques, qui gouvernent le monde actuel. Je laisse Mons, la ville du SHAPE de l'OTAN, protecteur d'un ordre geopolitique global, rassemblant sur son territoire des milliers d'habitants d'une vraie << cite ideale >> oo tout est standardise, decide par protocoles, en un mot, << transparent >>. Mais c'est aussi la ville qui a proclame qu'une autre polis etait possible par la voix des plasticiens invites par le WIELS, le centre d'art contemporain de Bruxelles, version extra-muros. Et c'est justement a Bruxelles que je suis tombee sur cet oracle : The curse of Babel is in fact a blessing (17). Tel pourrait etre le bienheureux fondement spirituel et politique--et non l'utopie--des humanites contemporaines.

Basee a Bruxelles, Rosanna Gangemi est sociologue des medias et des arts, journaliste, fondatrice de DROME magazine, essayiste, traductrice, auteure d'evenements culturels inclassables. Depuis 2014, elle collabore regulierement a ETC MEDIA.

(1) M. Foucault, Le Corps utopique, Les Heterotopies, Editions Lignes, Paris, 2009.

(2) Le taxonomiste d'utopies Pierre Versins a distingue les utopistes qui ecrivent et ceux qui agissent. L'etude des utopies, avec leur reversibilite dystopique, a l'utilite heuristique de rendre attentif a ce qui, dans notre propre contemporaneite, tente de reguler les passions humaines. A ce propos, Aldous Huxley choisit comme epigraphe pour Le meilleur des mondes (1932) une phrase eloquente de Nicolas Berdiaeff : << [...] peutetre un siecle nouveau commence-t-il, un siecle oo les intellectuels et la classe cultivee reveront aux moyens [...] de retourner a une societe non utopique moins "parfaite" et plus libre >>.

(3) << [...] le moment le plus haut dans l'effort d'elaboration d'une poetique qui se fonde solidement sur les assises d'un passe et d'un present lus avec une lucidite extraordinaire. Ce qui a permis a Edouard Glissant de percevoir et de denoncer [...] l'abime qui pourrait s'ouvrir devant nous, si nous nous laissions aller au maelstrom qui nous entraine ou, ce qui est peut-etre encore pire, si nous croyions pouvoir nous sauver en cultivant notre jardin, car il n'existe plus d'enclos qui puisse resister aux poussees de la globalisation. >> C. Biondi, <<Edouard Glissant : du lieu d'origine au lieu commun>>, dans J. Chevrier, Poetiques d'Edouard Glissant, Presses de l'Universite de Paris-Sorbonne, Paris, 1999.

(4) << Nous resistons aux tentatives de creer des identites ataviques, car la mondialisation, en procedant par denegation de l'autre dans sa specificite, nie aussi sa trace, son histoire, sa memoire qui est tetue, qui resiste. Le mode de resistance a la mondialisation prend la forme de l'imaginaire et du "poetique". [...] elle est la communaute des cultures egales elaborees a partir des contacts inegaux. >> E. Dorysmond, << La creolisation de la politique, la politique de la creolisation : penser un << im-pense >> dans l'oeuvre d'Edouard Glissant >>, article en ligne le 14 juin 2014 sur http://www.senspublic.org/spip. php?article1089&lang=fr.

(5) << Pour l'auteur [...], l'opacite est une notion epistemologique qui accorde a chacun le droit de garder son ombre epaisse, c'est-a-dire son epaisseur psycho-culturelle >>. C. Mbom, << Edouard Glissant : de l'opacite a la relation >>, dans J. Chevrier, Poetiques d'Edouard Glissant, Ibid.

(6) << C'est d'une histoire comme celle-la dont s'inspire le terme "atopolis", un neologisme inspire directement de la pensee de Glissant, designant une cite imaginaire faite d'une multitude d'elements en provenance de "partout", une POLIS sans frontieres [...] >>. D. Snauwaert et C. Friling dans R. Pirenne et S. Biset, Atopolis, WIELS/(SIC), Bruxelles, 2015.

(7) L'exposition prend en compte la specificite du lieu qui l'accueille, le Manege de Sury, qui etait autrefois une communaute constituee d'un manege et d'un couvent devenu ecole. Le complexe immobilier deviendra des 2016 une pepiniere d'entreprises innovatrices, s'inscrivant dans l'idee d'une reconversion numerique et technologique de la region.

(8) << [...] des pensees du tremblement oo jouent la peur, l'irresolu [...], saisissent mieux les bouleversements en cours. Des pensees metisses, des pensees ouvertes, des pensees creoles. [...] La creolisation, c'est un metissage d'arts [...]. C'est une facon de se transformer de facon continue sans se perdre. >> Propos d'Edouard Glissant recueillis par F. Joignot dans l'article << Pour l'ecrivain Edouard Glissant, la creolisation du monde est "irreversible" >>, paru dans Le Monde, 4 janvier 2011. Voir www.lemonde. fr/disparitions/article/2011/02/04/pour-l-ecrivain-edouard-glissant-la-creolisation-dumonde-etait- irreversible_1474923_3382.html#QVzS30HeDD8Glz0L.99.

(9) << L'etrangete mene a la vision selon laquelle personne n'est jamais completement chez soi aupres de soi-meme et dans son monde. >> B. Waldenfels, << Entre les cultures >>, Revue de theologie et de philosophie, no 137 (2005), http://retro.seals.ch/digbib/ view?pid=rtp-003:2005:55::359.

(10) Atopolis, ibid.

(11) B. Waldenfels, Ibid. : << Rappelons la naissance de la philosophie a partir de l'emerveillement--chez Platon--, a partir de la peur--chez Epicure; et rappelons en outre le fascinosum et le tremendum des premieres experiences religieuses. >>

(12) << Est atopos l'autre que j'aime et qui me fascine. >> R. Barthes, Fragments d'un discours amoureux, Seuil, Paris, 1977.

(13) B. Waldenfels, Topographie de l'etranger, Van Dieren, Paris, 2009.

(14) G. F. Duportail, Le propre de l'etranger, en ligne sur www.laviedesidees.fr/Le-propre-de l-etranger.html.

(15) J. Kristeva, Etrangers a nous-memes, Gallimard, Paris, 1991.

(16) << Premier geste de rupture avec cet ethnocentrisme inconscient, il rend aux << immigres >>, qui sont aussi des "emigres", leur origine [...] Comme Socrate selon Platon, l'immigre est atopos, sans lieu, deplace, inclassable. [...] Ni citoyen, ni etranger, ni vraiment du cote du Meme, ni totalement du cote de l'Autre, il se situe en ce lieu "batard" [...] >>. Preface de P. Bourdieu a A. Sayad, La double absence, Editions du Seuil, Paris, 1999.

(17) Le statement de l'auteur argentin naturalise canadien Alberto Manguel accueille le visiteur de Passa Porta.

Legende: Francis Alys, Don't Cross the Bridge Before You Get to the River, 2008. Detail d'une action filmee dans le detroit de Gibraltar. [c] Roberto Rubalcava.

Legende: Thomas Hirschhorn, Globalization Reversed, vue de l'installation. Photo: Kristien Daem.

Legende: El Anatsui, Intimation, 2014. Aluminium et fils de cuivre, vue de l'installation. Photo: Kristien Daem.

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Author:Gangemi, Rosanna
Publication:ETC Media
Date:Oct 15, 2015
Words:3149
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