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Apprentissage et innovation: une analyse econometrique a partir de donnees d'enquete dans les entreprises des regions de quebec et de chaudiere-appalaches (*).

L'impact de l'apprentissage sur le processus d'innovation demeure meconnu et les etudes sur le sujet ne procurent pas suffisamment de resultats quantitatifs et fondes sur des donnees obtenues dans les entreprises (Lundvall 1997b). Les recherches les plus souvent citees, cet effet, s'inscrivent dans des perspectives macro-economiques orientees principalement vers l'etude de l'impact de la creation du capital humain sur la croissance economique des nations (Becker 1962; Lucas 1988; Romer 1986). Les recherches traitant de la mirco-economie de l'innovation ont tendance occulter la complexite du processus d'apprentissage (Arrow 1962; Freeman 1994). Dans ces recherches, l'apprentissage est percu comme un resultat issu de la scolarisation et rarement comme processus diffus, dynamique et multiforme. De plus, clans ces recherches, 1'apprentissage est analyse uniquement comme levier d'amelioration de la productivite et de minimisation des charges salariales (Malerba 1992; Freeman 1994; Edquist et al 1997).

De plus en plus de recherches se demarquent de cette facon de conceptualiser l'apprentissage. Ces recherches tentent de montrer que l'apprentissage est avant tout un processus dynamique, multiforme et fort exigeant en coordination et en interaction sociale (Lundvall 1992; Lundvall et Johnson 1994; Cohen 1995; Rogers 1983). Ces recherches associent l'innovation dans les entreprises et la performance des systemes nationaux d'innovation la diversite et l'excellence des strategies et des pratiques d'apprentissage mises en ceuvre non seulement au sein des entreprises, mais aussi par l'ensemble des acteurs agissant dans les systemes d'innovation (Dosi 1996). Les travaux de Lundvall (1997) vont jusqu'a affirmer que les economies performantes sont principalement des economies basees sur l'apprentissage. Pour cet auteur, l'innovation est definie comme un processus visant la creation des nouvelles competences, l'acquisition des nouvelles habiletes et l'acces aux connaissances pertinentes.

Les ecrits disponibles mettent en lumiere plusieurs strategies d'apprentissage dont les plus analysees sont celles qui ont trait 1'apprentissage par La recherche (learning by searching), a l'apprentissage par la pratique (learning by doing), a l'apprentissage par l'utilisation des technologies de pointe (learning by using), a l'apprentissage par l'interaction (learning by interacting), a l'apprentissage par les externalites industrielles (learning from industry spillovers) et 1'apprentissage par les externalites regionales (learning region) (Cohen 1995; Freeman 1995a, 1995b; Lundvall 1997a, 1997b).

La presente recherche se propose d'etudier, de maniere empirique, l'effet de ces diverses formes d'apprentissage sur les multiples activites d'innovation initiees au sein des entreprises des regions de Quebec et de Chaudiere-Appalaches au Canada. Notre recherche tente d'explorer l'impact du processus d'apprentissage sur l'innovation en expliquant notarnment pourquoi certaines formes d'apprentissage ont plus d'impact que d'autres sur les activites d'innovation. La presente recherche traite l'innovation comme un processus qui amene les entreprises innover, chacune a sa facon et selon ses predispositions : certaines entreprises adoptent des innovations de produits, d'autres des innovations de procedes et d'autres encore des innovations combinant produits et procedes. Dans cette recherche, nous presumons que chacune de ces formes d'innovation repond de maniere differenciee a chacune des formes d'apprentissage disponibles au sein des entreprises et au sein du systeme regional d'innovation.

L'article se compose de trois parties. Dans une premiere partie, la relation liant l'innovation a l'apprentissage est passee en revue a la lumiere des principaux ecrits theoriques publies. Cette recension des ecrits permet de caracteriser les formes d'apprentissage et de deduire des causalites potentielles liant l'apprentissage l'innovation au sein des entreprises. Dans une deuxieme partie, nous traitons des aspects methodologiques de La recherche. Il sera notamment question du modele econometrique adopte pour identifier les determinants de l'innovation, des donnees presentant les regions concernees et des variables utilisees pour specifier et estimer le modele logit multinomial utilise. La troisieme partie presente et commente les resultats obtenus au terme de la verification empirique. En guise de conclusion, les principales implications de ces resultats sont enoncees en vue de suggerer des pistes d'action pour les politiques publiques visant la promotion de l'innovation dans les entreprises et de l'appren tissage dans les systemes regionaux d'innovation.

De la relation entre innovation et apprentissage

La question de l'apprentissage dans les entreprises a fait l'objet de nombreuses recherches durant les dernieres annees. Pourtant, le sujet n'est pas completement nouveau puisqu'il y a deja quarante ans, March et Simon (1958) attiraient l'attention sur l'importance de l'apprentissage dans le developpement des organisations. Le regain d'interet pour l'apprentissage s'explique notamment par la rapidite des changements technologiques, la globalisation des echanges marchands et l'intensification de la competition economique entre les entreprises, entre les regions et entre les pays.

De nos jours, les rapides changements technologiques mettent les entreprises sous pression et les obligent a reduire leurs delais de conception et de lancement des nouveaux produits. A l'evidence, les savoir-faire et les connaissances ne sont maintenant plus acquis une bonne fois pour toutes. Desormais, les entreprises sont obligees de rester aux aguets des nouvelles connaissances et sommees d'investir toujours plus de ressources pour entretenir, reproduire et adapter leurs savoir-faire et les technologies utilisees clans leurs activites de production. La globalisation des echanges n'est pas etrangere a cette evolution. Avec La globalisation, les economies nationales et regionales se trouvent de plus en plus desenclavees, exposant a une rude competition des entreprises dont les dotations en ressources et les couts de production sont fortement inegaux.

La survie a la competition devient fortement tributaire des avantages comparatifs engendres par la creation, l'acces et l'appropriation des nouveaux savoirs. Par l'apprentissage, les entreprises ameliorent les habiletes, les competences et l'ingeniosite de leur force de travail (Lundvall 1985 ; Rogers 1983 ; Dosi 1988). Elles arrivent ainsi a renforcer leur potentiel de production et d'innovation. L'investissement des entreprises dans l'apprentissage devient une activite a part entiere.

A ce sujet, les travaux de Lundvall (1992, 1997a) soutiennent deux hypotheses novatrices. La premiere postule qu'en meme temps que les connaissances deviennent une indispensable ressource productive pour les entreprises, l'apprentissage devient le processus le plus determinant et le plus porteur dans la course a l'innovation et a la performance. La deuxieme hypothese postule que l'apprentissage est avant tout un processus interactif et collectif qui ne peut nullement etre evalue et stimule independamment de son contextez social, regional et institutionnel. Lundvall (1992) decrit la relation liant l'apprentissage a l'innovation en ces termes:

[much less than]One of our starting points is that innovation is a ubiquitous phenomenon in the modern economy. In practically all parts of the economy, and at all times, we expect to find ongoing processes of learning, searching and exploring, which result in new products, new techniques, new forms of organization and new markets. In some parts of the economy, these activities might be slow, gradual and incremental, but they will still be there if we take a closer look [much greater than] (Lundvall 1992: 28).

Dans l'economie du savoir, les entreprises innovantes deviennent ainsi des veritables organisations apprenantes qui creent, echangent, transforment et valorisent les nouvelles connaissances de maniere perpemelle. Senge (1990) soutient que les organisations apprenantes ont besoin de nouvelles connaissances pour survivre et pour fortifier leur capacite de cneation et d'innovation.

[much less than]Learning organization is an organization that is continually expanding its capacity to create its future. For such an organization, it is not enough merely to survive. Survival learning (adaptive learning) is necessary. But for a learning organization, adaptive learning must be joined by generative learning, learning that enhances capacity to create [much greater than] (Senge 1990: 14).

Si les entreprises sont en majorite des organisations apprenantes, ce qui les distingue les unes par rapport aux autres a trait a l'intensite et a la diversite des formes d'apprentissage mises en ceuvre pour beneficier du maximum de connaissances nouvelles. Selon qu'elles sont codifiees ou tacites, ces connaissances requierent des strategies d'apprentissage fort differentes. Les connaissances codifiees sont plus facilement transmissibles que les connaissances tacites. La codification permet notamment de transformer ces connaissances en information aisement transferable par des infrastructures de communication rayonnant au-dela des limites des organisations. De maniere generale, les connaissances codifiees sont plus facilement vehiculees par les infrastructures conventionnelles d'education et les infrastructures de R-D (Maillat 1995; Rosenberg 1979). A contrario, les connaissances tacites sont moms explicites et se pretent difficilement la formalisation et au transfert. Dans une large mesure, le savoir-agir e t les habiletes d'interaction des entreprises et des organisations sont principalement issus des competences et savoirs tacites. Le transfert et la valorisation des connaissances tacites se basent sur des canaux d'apprentissage et des reseaux informels, multiformes et pas toujours structures de maniere conventionnelle.

Plusieurs formes d'apprentissage ont ete analysees en relation avec 1'innovation. Arrow (1962) traite de l'apprentissage en insistant sur la pratique (learning by doing). II avance que les acteurs economiques, individuellement et collectivement, ameliorent leur experience, leurs qualifications et leurs competences en utilisant de plus en plus de machines et de technologies productives. Les travaux d' Arrow (1962) suggerent que, dans le long terme, I'apprentissage par la pratique constitue le principal facteur de performance et d'innovation. Allant plus loin qu'Arrow (1962), Rosenberg (1982) attire l'attention sur l'importance de l'apprentissage par l'utilisation des technologies avancees (learning by using advanced technologies). Il soutient que les travailleurs ameliorent leurs habiletes innover en se debarrassant des comportements passifs de [much lesser than] spectateurs [much greater than] et en s'impliquant directement dans la manipulation directe des technologies de pointe. Selon Rosenberg, cette form e d'apprentissage facilite le transfert et l'appropriation des nouvelles technologies et accelere, en consequence, le processus d'innovation dans les entreprises.

L'apprentissage par 1'interaction (learning by interacting) est mis de l'avant par les travaux de Lundvall (1992, 1997a, 1997b) pour tenir compte des apprentissages et du partage des connaissances liant les entreprises avec l'ensemble des acteurs de leur environnement socio-economique. Lundvall (1998) soutient que les economies apprenantes sont principalement des economies qui accordent une place privilegiee l'apprentissage par l'interaction. Les interactions font souvent emerger des liens de cooperation et de confiance qui facilitent le rapprochement et l'echange de l'information utile entre les entreprises et entre celles-ci et leurs clients et les autres acteurs cles de leur environnement. Les reseaux constituent des exemples types de ces interactions. Contrairement a ce qu'on peut penser, l'emergence des reseaux d'innovation et d'apprentissage n'est pas seulement motivee par des arguments de rentabilite financiere de court terme (Maskell 1999; Lundvall 1993). L'emergence des reseaux est davantage motivee par des considerations strategiques visant la creation des synergies et la mise en commun des enseignements accumules et des connaissances technologiques et commerciales disponibles chez les membres d'un meme reseau (Freeman 1991; 1995a).

Les reseaux apparaissent comme des structures tres performantes dans le transfert et l'appropriation des nouvelles connaissances. Ceci s'explique notamment par la flexibilite et la fluidite des echanges entre les membres d'un reseau. Les membres de reseaux ont plus de facilite glaner et a echanger les informations et les connaissances disponibles dans ces structures hybrides situees michemin entre, d'un cote, le systeme de marche et de l'autre, celui de Ia hierarchie administrative (Williamson 1985). Les reseaux facilitent aussi l'emergence d'alliances et de partenariats orientes vers l'amelioration des habiletes et l'assimilation des nouvelles connaissances utiles pour l'innovation (Cohen et Levinthal 1990). Le deficit d'habilete de reseautage prive les entreprises de nouvelles manieres de faire, d'agir et surtout d'opportunites pour developper des nouveaux produits et procedes de fabrication.

L'apprentissage par l'interaction peut impliquer un eventail d'acteurs assez varie et forme notamment par des clients, des competiteurs, des foumisseurs, des organisations de recherche, des consultants, des centres de transfert, etc. Analysant les criteres de performance de ces interactions par rapport l'innovation dans les entreprises, Lengrand and Chatrie (1999) soulignent ce qui suit:

[much less than]These criteria require a new organizational and functional paradigm where the performance of firms depends on the density and pertinence of relations and cooperation between the actors of the productive system (other firms, suppliers, financiers, research institutions, education, regional development agencies, etc.) through collaborative networks and clustering. Thus, knowledge networks represent a further step, where capacities and rights to access a value located outside the company are developed[much greater than] (Lengrand et Chatrie 1999: 14).

Selon cette perspective, les entreprises les plus impliquees dans les interactions sont celles qui assurent le plus important volume de transactions et de contacts, tant sur le plan regional et national que sur le plan international. Les entreprises ayant le plus important volume d'affaires et les entreprises exportatrices apparaissent, ainsi, comme les entreprises les mieux placees pour valoriser ces interactions et les mettre profit pour apprendre et pour innover.

En accordant une grande attention l'echange de connaissances et a l'apprentissage, les theories evolutionnistes de l'innovation mettent en evidence le role determinant de la proximite sur l'innovation (Foray et Lundvall 1996). La proximite territoriale, sociale et culturelle a pour effet de reduire les incertitudes et de faciliter la transmission efficace des connaissances tacites et des nouvelles technologies productives. La proximite peut etre ecoomique quand elle se manifeste par le biais d'externalites favorables Ia dissemination de savoir-faire particulier au sein de certaines industries et filieres de production.

La proximite peut aussi se manifester au sein de grappes et reseaux regio naux. Les reseaux et les regroupements regionaux jouent un role vital dans le partage de connaissances et la creation d'avantages comparatifs au niveau local. Les societes contemporaines traversent ainsi une periode que Porter (1985) qualifie de paradoxale:

[much less than]The enduring competitive advantages in a global economy lie increasingly in local things-- knowledge, relationships, motivation-- that distant rivals cannot match (Porter 1985: 38).

Cette proposition est supportee par les resultats empiriques de l'etude de Landry et ses collaborateurs (2001), qui montrent, pour une autre region du Quebec (region de la Monteregie), que ce type de proximite peut etre generatrice de capital social favorable l'apprentissage par le transfert et le partage des connaissances.

La theorie du capital social associe le developpement de l'innovation dans les produits l'existence d'actifs de confiance et de traditions de cooperation favorisant l'apprentissage et les echanges entre les acteurs sociaux concernes. Knack et Keefer (1997) caracterisent cette association en ecrivant:

[much less than]Individuals in higher-trust societies spend less to protect themselves from being exploited in economic transactions. Written contracts are less likely to be needed, and they do not have to specify every possible contingency. Litigation may be less frequent. Individuals in high-trust societies are also likely to divert fewer resources to protecting themselves-through tax payments, bribes, or private security services and equipment--from unlawful (criminal) violations of their property rights. Low trust can also discourage innovation. If entrepreneurs must devote more time to monitoring possible malfeasance by partners, employees, and suppliers, they have less time to devote to innovation in new products or processes[much greater than] (Knack et Keefer 1997: 1252).

Dans les milieux innovateurs, l'apprentissage par l'interaction et la cooperation entre les entreprises n'est pas necessairement synonyme d'absence de competition et de rivalite sur les ressources productives et sur les marches. Porter (1985, 2000) montre que l'innovation a plus de chance de se developper dans les milieux competitifs que clans les contextes monopolistiques. Dans son modele d'explication de l'innovation, Porter (2000) explique que les entreprises innovantes se livrent a de rudes rivalites pour acquerir les ressources humaines les plus qualifiees et les plus outillees en savoir-faire. Cet auteur soutient aussi que, moms la force de travail est qualifiee, moms les entreprises ont de chances d'innover. De facon similaire, nous pouvons ajouter que plus les entreprises manquent de capitaux financiers pour investir clans l'apprentissage, plus elles sont handicapees dans le processus d'innovation.

L'apprentissage par la R-D constitue une autre considerable source d'innovation dans les entreprises (Rogers 1983; Malerba 1992; Porter 1985). Le developpement des activites de R-D a l'interieur des entreprises est de nature a generer des reponses innovantes et adaptees aux besoins ressentis clans les processus de production et de commercialisation des biens et des services. La theorie economique nous apprend que, plus les entreprises sont engagees clans des activites de R-D, plus elles ont de facilite a ameliorer leur capital de connaissances et de savoir-faire favorables a l'innovation. Tres souvent, la R-D intra-muros n'est pas suffisante pour creer les conditions optimales as l'innovation. Le recours aux resultats de la R-D extra-muros, notamment celles initiees clans les universites et les centres de recherche, est souligne comme un indispensable facteur d'apprentissage et d'innovation pour de nombreuses entreprises et activites economiques (Lundvall 1992; Senge 1990).

En somme, les ecrits examines precedemment au sujet des relations liant l'apprentissage a l'innovation mettent en relief differentes formes d'apprentissage dont les principales ont trait a l'apprentissage par la pratique, a l'apprentissage par l'interaction et a l'apprentissage par la R-D. De plus, ces ecrits s'accordent a souligner que l'innovation clans les entreprises est fortement tributaire des extemalites favorables a l'apprentissage et qui proviennent du contexte regional et de certains secteurs industriels et filieres productives. Les attributs des entreprises, notamment leur volume d'affaires, leur niveau d'exportation et leurs dotations en ressources productives, constituent aussi des facteurs determinants dans le processus d'innovation.

Ces differents enseignements sont mis a profit, dans la suite de ce texte, pour specifier le modele explicatif et pour deriver les variables utilisees.

Methodologie

Vue d'ensemble sur les regions etudiees

En guise d'introduction a la partie methodologie, il convient de donner une vue d'ensemble sur le contexte global des regions concernees par notre recherche. Les regions de Quebec et de Chaudiere-Appalaches font partie de la province de Quebec et sont localisees de part et d'autre sur les berges du fleuve Saint-Laurent. Notons a ce propos que la region de Chaudiere-Appalaches est delimitee au sud par les Etats-Unis (Etat du Maine) et A l'est par la province du NouveauBrunswick. Selon les donnees demographiques de 1998, publiees par le Conseil de la Science et de la Technologie (2001), la region de Quebec compte environ 650.000 habitants et dispose d'une force de travail principalement occupee dans le secteur tertiaire (85% des actifs occupes). La region de Chaudiere-Appalaches compte environ 400.000 habitants et seulement 64% de ses actifs sont employes dans le secteur tertiaire.

En depit de leur forte proximite geographique et d'une longue histoire commune, ces deux regions recelent de fortes disparites. Ces disparites touchent les domaines de la formation de la force de travail et l'ensemble de la dynamique economique observee dans les entreprises. Pour caracteriser ces disparites, surtout par rapport aux aspects relatifs A l'apprentissage et a l'innovation, nous comparons, dans le tableau 1, ces deux regions en fonction de huit indicateurs cles le niveau de scolarisation de la population, la formation professionnelle, le taux de chomage, le niveau de depenses de R-D par entreprise, les entreprises creatrices d'emplois, les entreprises exportatrices, l'exportation selon l'intensite des technologies utilisees et les brevets produits (par 100 000 habitants). Ces indicateurs caracterisent les systemes regionaux d'innovation des deux regions concernees par notre etude.

Les indicateurs, rapportes au tableau 1, montrent clairement que les entreprises de la region de Chaudiere-Appalaches sont, en moyenne, plus dynamiques que celles de la region de Quebec, notamment en matieres d'exportation, de creation d'emplois et de formation technique de leurs employes. Les autres indicateurs favorisent la region de Quebec et montrent que cette region reste mieux placee, surtout par rapport a la scolarisation de sa population, aux depenses moyennes en R-D par entreprise et a la moyenne de production des brevets. Meme si elles sont relativement moms nombreuses, les entreprises exportatrices situees dans la region de Quebec se distinguent avantageusement par rapport a celees situees a Chaudiere-Appalaches en matiere de l'intensite technologique utilisee pour produire les biens et les services exportes.

L'enquete et les donnees

Les donnees utilisees pour realiser cette recherche proviennent d'une enquete telephonique realisee en 1998 par la firme de sondages SOM (Quebec). La population visee par cette enquete est constituee de l'ensemble des etablissements manufacturiers oeuvrant dans les regions de Quebec et de Chaudiere-Appalaches. L'echantillon a ete stratifie en deux groupes. Le premier groupe est constitue des etablissements de haute technologie ou comptant 100 employes et plus. Le second groupe est constitue des autres etablissements manufacturiers. Les entreprises du deuxieme groupe ont ete identifiees par un tirage aleatoire simple dans une liste exhaustive presentant l'ensemble des entreprises des regions concernees. Des appels telephoniques ont ete effectues aupres de 1595 entreprises des regions de Quebec et de Chaudiere-Appalaches.

En tout, 802 entreprises ont accepte de repondre l'enquete. Le taux de participation de cette enquete atteignait donc 62 %. Les repondants au questionnaire ont toujours ete des personnes qui avaient une excellente connaissance de leur entreprise. En effet, plus des deux tiers des repondants etaient proprietaire ou president de l'entreprise, et dans le reste des cas, il s'agissait d'un directeur, d'un contremaitre ou encore d'un actionnaire ou d'un vice-president.

Dans le cadre de cette etude, l'innovation a ete definie de la meme maniere que dans les enquetes realisees dans les pays de l'OCDE, suivant en cela les nouvelles pratiques elaborees dans le Manuel d'Oslo (1997). Ainsi, un produit renvoie des biens et services et une innovation refere l'application pratique d'une invention pour produire de nouveaux biens on services ou pour ameliorer ceux qui existent deja, ou encore pour mieux les produire et mienx les valoriser. Par definition, une innovation de produits se concretise par la commercialisation d'un produit plus performant dans le but de founir au consommateur des services objectivement nouveaux on ameliores. Une innovation de procedes se concretise par l'adoption de nouvelles methodes de production et/ou de distribution ou par une amelioration des methodes deja utilisees.

Un nouveau produit est un produit dont les caracteristiques technologiques on l'utilisation prevue differe de maniere significative des produits anterieurs. Ces innovations peuvent impliquer de nouvelles technologies, peuvent etre basees sur des nouvelles utilisations de technologies existantes on peuvent provenir de l'utilisation de nouvelles connaissances. Un produit ameliore est un produit deja existant, mais dont le rendement a ete ameliore de facon significative. Un produit simple peut etre ameliore (en termes de qualite, de minimisation de cout de production, etc.) en utilisant des pieces on materiaux de haute performance; un produit complexe comprenant un nombre de systemes techniques integres pent etre ameliore en faisant des changements partiels a un de ces systemes.

Utilisant ces definitions, l'enquete aupres des entreprises manufacturieres des regions d'etude distingue les innovations dans les entreprises suivant trois categories :

* Les innovations de prodnits seulement: elles concernent les situations ou les entreprises developpent de nonveaux produits on ameliorent des produits existants.

* Les innovations de procedes seulement: elles renvoient aux situations ou les entreprises adoptent un nouveau procede on ameliorent un procede de fabrication existant.

* Les innovations de produits et de procedes simultanement elles renvoient aux situations ou les entreprises apportent des changements anx produits et aux procedes de fabrication.

Suivant les recommandations du Manuel d'Oslo (1997), la demarche analytique empruntee par cette recherche s'apparente a une approche sujet. Cette approche observe les entreprises innovantes pour expliquer leurs pratiques d'innovation. Elle se distingue de l'approche objet qui s'interesse principalement a la nature de l'innovation et moms a son promoteur. Comme le montre le tableau 2, ces deux approches se differencient considerablement an sujet de I'unite d'analyse observee, le protocole de collecte des donnees, la population d'etude et les criteres d'analyse. A l'evidence, l'approche sujet s'interesse davantage aux entreprises encore actives sur le marche. Cette approche ne s'interesse pas aux entreprises ecartees du marche par la competition pour n'avoir pas su innover A temps et de maniere suffisante pour survivre.

Les resultats de l'enquete montrent que, dans l'ensemble, 70,9 % des entre-prises des regions de Quebec et de Chaudiere-Appakacges ont, an cours de la periode allant de 1995 a 1998, realise des innovations de produits, des innovations de procedes ou des innovations de produits et de procedes simultanement. Il convient de noter que ce taux d'innovation se situe dans les limites superieures des taux obtenus par les enquetes d'innovations au niveau des pays de l'OCDE (Francoz et Pattinson 2000). Nonobstant quelques limites, dues essentiellement au fait que ce type de resultat est base sur des donnees auto-rapportees, le taux d'innovation calcule par l'intermediaire d'enquetes est juge plus fiable que lorsqu-'il est estime par le volume de depenses en R-D. En fait, les depenses de R-D sont des indicateurs de ressources (intrants) et ne peuvent etre utilisees autrement que comme variables explicatives du processus d'innovation. Francoz et Pattinson (2000) montrent que les depenses de R-D sous-estiment generalemen t l'ensemble des efforts consentis par les entreprises pour promouvoir l'innovation.

Le modele econometrique

Notre objectif est d'expliquer dans quelle mesure l'apprentissage explique la probabilite d'innovation des entreprises. Pour ce faire, nous avons classe les entreprises selon qu'elles developpent:

* des innovations en produits seulement,

* des innovations en procedes seulement,

* des innovations portant simulatenement sur des produits et des procedes, et

* aucune innovation.

Ces situations sont independantes les unes des autres puisque cette classification exclut tout chevauchement entre les alternatives d'innovation. L'identification des determinants de chacun de ces comportements appelle l'utilisation d'une modeli-sation de type logit multinomial dont la formulation generique se presente comme suit:

[p.sub.j]=exp([[beta].sub.j]x)/[summation over (j)] exp([[beta].sub.j]x) pour j=l k+1 (1)

Applique a notre recherche, ce modele peut s'ecire comme suit:

Pr (y=i) = [e.sup.x[beta](i)]/[e.sup.x[beta](1)] + [e.sup.x[beta](2)] + [e.sup.x[beta](3)] + [e.sup.x[beta](4)] i = 1,2,3,4 (2)

Etant donne que les coefficients [beta](i) ne sont pas identifiables isolement, une restriction est necessaire La plus usuelle dans le modele logit multinomial est celle qui normalise un ensemble de coefficients. Cette normalisation donne ce qui suit :

Pr(y=l) = 1/+ [e.sup.x[beta](2)] + [e.sup.x[beta](3)] + [e.sup.x[beta](4)] (3)

Pr(y=i) = [e.sup.x[beta](i)]/1 + [e.sup.x[beta](2)] + [e.sup.x[beta](3)] + [e.sup.x[beta](4)] i = 2,3,4 (4)

Dans notre cas, une des quatre alternatives est fixee comme reference. Les probabilites des differentes alternatives (y = 1, 2, 3 et 4) sont predites de maniere independante de la nature de la restriction. A titre d'exemple, le ratio de probabilite de y=2 par rapport a Ia probabilite de la categorie de reference peut s'ecrire comme suit

Pr(y+2)/Pr(y=1) = [e.sup.x[beta](2)] (5)

La situation de non-innovation est prise comme reference. Le modele logit multinomial, ainsi specifie, vise a identifier les determinants de la probabilite d'innover (en produits seulernent, en procedes seulement et en produits et en procedes simultanement) par rapport A la situation de non-innovation.

Les variables independantes

Pour expliquer l'innovation, le modele retenu integre un ensemble de variables explicatives ayant trait aux caracteristiques des entreprises (niveau d'exportation, chiffre d'affaires, intensite de la competition), a l'apprentissage par les externalites sectorielles, a l'apprentissage par la R-D, a l'apprentissage grace a une pratique utilisant les technologies avancees, a l'apprentissage par les extenalites du contexte regional, a l'apprentissage par l'interaction et enfin aux barrieres limitant l'innovation (manque de capital, manque de personnel qualifie).

En considerant les variables independantes retenues dans notre demarche explicative, la mise en equation du modele (equation 5) s'ecrit sous la forme logistique suivante :

Log P(y = i)/Log (p = l) = [[beta].sub.0] + [[beta].sub.1] EXPO + [[beta].sub.2] CHIF + [[beta].sub.3] COMP + [[beta].sub.4] TEXT + [[beta].sub.5] BOIS + [[beta].sub.6] MET + [[beta].sub.7] CHIMI + [[beta].sub.7] CHIMI + [[beta].sub.8] ALIM + [[beta].sub.9] RDINT + [[beta].sub.10] RDEXT + [[beta].sub.11] RDEFF + [[beta].sub.12] TECHN + [[beta].sub.13] CONF + [[beta].sub.14] RESEAU + [[beta].sub.15] QUALIF + [[beta].sub.16] CAPITAL + [[beta].sub.17] REGI + [mu] (6)

[[beta].sub.i](I = 1.....16) sont des coefficients de regression et [mu] constitue un terme d'erreur.

Nous presentons dans l'annexe A les mesures utilisees pour operationaliser ce modele. La validite interme des mesurees utilisant des indices construits a ete verifiee grace a l'alpha de Cronbach. Pour les differents indices, les resultats presentent des [alpha] satisfaisants.

Resultats et interpretation

Les coefficients estimes, par exemple [beta]j (j = 1, ...,m), peuvent s'interpreter comme le changement marginal subi par le logarithme du ratio entre la probabilite d'innover (innovation en produits seulement, innovation en procedes seulement et innovation en procedes et procedes simultanement) et la probabilite de ne pas innover du tout, suite a la variation marginale de la variable explicative j. Cependant, puisque le changement marginal du logarithme de ce ratio de probabilite n'est pas un concept assez intuitif et facilement comprehensible, l'exponentiel de ces parametres offre une interpretation plus aisee. Prenons une variable continue j, comme le nombre des employes dans la R-D, exp([beta]j) est le coefficient qui mesure l'impact sur la probabilite (par exemple, la probabilite d'innover en produit seulement) suite a une augmentation de cet effectif d'une unite. Ainsi, si exp([beta]j) est superieur a 1, cela signifie que la probabilite croit de exp([beta]j) fois suite a une augmentation d'une unite d'e mploye. A contrario, si le coefficient exp ([beta]j) est inferieur a 1, la probabilite baisse de exp([beta]j) fois suite a une augmentation d'une unite d'employe. Dans la meme veine, si la variable explicative est dichotomique comme c'est le cas pour la variable mesurant la region (entreprise Dans la region de Quebec=1 entreprise dans la region de Chaudiere-Appalaches =0), le parametre estime ([beja]) fois plus forte que celle des firmes situees dans la region de Chaudiere-Appalaches. Ainsi, pour une variable dichotomique, I'exponentiel due coefficient mesure le changement dans la probabilite associee au changement dans la variable en question.

Pour eviter les problemes poses par d'eventuelles multicolinearites, les coefficents de correlation entre les variables exogenes ont ete verifies. Les resultats obtenus montrent que les correlations sont generalement faibles et ne presentent aucune menace a la validite du modele et des resultats empiriques obtenus.

La performance due modele est tres acceptable. Le pseudo R2 est acceptable avec un niveau de 0,36. La comparaison entre les variables observees et celles predites indique que le modele predit de maniere satisfaisante les choix des entreprises. Le modele predit correctement 83% des observations. Le ratio du maximum de vraisemblance est de 291,93 donnant un [[chi square].sub.(51)] significatif a un niveau de 1% En somme, ces resultats suggerent que le modele econometrique preconise repond de mainere tres acceptable aux donnees utilisees dans cette recherche.

Examinons maintenant de plus pres les resultats obtenus pour les parametres estimes dans ce modele. Ces resultats sont presentes dans le tabluea 3. Dans les deux premieres colonnes figurent les resultats relatifs aux determinants de la probabilite d'innovation dans les produits seulement. La troisieme et la quatrieme colonnes presentent les coefficients obtenus pour identifier les determinants de la probabilite d'innovation dans les procedes seulement. La cinquieme et la sixieme colonnes presentent les coefficients obtenus pour identifier les determinants de la probabilitie d'innovation simultanee dans les produits et dans les procedes. Rappelons que la categorie de reference est la situation de non-innovation.

Des variables utilisees pour caracteriser les entreprises, seul le coefficient relatif a la variable decrivant le niveau d'exportation est statistique ment significatif. Ce coefficient est positif et porte a croire que plus les entreprises sont exportatrices, plus elles sont susceptibles de developper des innovations simultanement en products et en procedes. Le coefficient relatif a la variable mesurant le chiffre d'affaires n'a pas montre de signification statistique. Contrairement a nos attentes, ce resultat suggere que les grandes entreprises (en terme de chiffre d'affaires) ne se distinguent pas des petites ou des moyennes entreprises dans I'occurrence d'innovation.

Les deux variables mesurant l'apprentissge par les externalites regionales des entreprises ont presente des coefficients statistiquement significatifs. Le coefficient mesurant l'intensite de competition est positif et statistiquement significatif dans la prediction de l'innovation simultanee de produits et de procedes. Ce resultat suggere que plus la competition est intense plus les entreprises sont incitees a innover en produits et en procedes simultanement. Ce resultat confirme les evidences apportees par le modele de Porter (2000). De plus, le coefficient relatif a la variable region est negatif et statistiquement significatif. Ce resultat suggere que les entreprises situees dans la region de Quebec sont moins innovantes (en produits et procedes simultanement) que celles de la region de chaudiere-Appalaches. Ce resultat n'a rien de surprenant puisque la region de Quebec constitue une region traditionnellement predominee par le secteur public, tandis que la region de Chaudiere-Appalaches constitue une regio n ou la culture de l'entreprise et de l'industrie manufacturiere est davantage presente. Ce resultat est soutenu par les evidences macro-economiques apportees par le tableau et qui montrent que les entreprises de la region Chaudiere-Appalaches sont, en moyenne, plus dynamiques que celles de la region du Quebec. Ce resultat suggere que l'innovation dans les entreprises est fortement sensible a l'apprentissage genere par les externalites regionales.

L'apprentissage par les externalites industrielles a ete integre dans le modele en considerant l'appartenance des entreprises aux divers secteurs industriels. Nous avons a cet effet introduit des mesures indiquant l'appartenance a l'un ou l'autre des cinq principaux secteurs industriels de la region:

* le textile, le cuir et l'habillement;

* le bois, le papier et l'impression;

* la metallurgie et la machinerie;

* la chimie et l'electricite; et

* l'alimentation et les boissons.

De maniere generale, les resultats suggerent que les entreprises appartenant au secteur de l'alimentation et des boissons ont plus de chances d'innover que les autres entreprises. Ces entreprises ant en moyenne respectivement 3; 2,6 et 2,3 fois plus de chances que les autres, d'innover respectivement en produits seulement, en procedes seulement et en produits et en procedes simultanement.

L'appartenance au secteur de la metallurgie et de la machinerie est aussi apparue comme un determinant significatif de la probabilite d'innovation. En moyenne, cette appartenance donne respectivement 2,2; 2 et 2,3 fois plus de chances d'innover en produits seulement, en procedes seulement et en produits et en procedes simultanement. L'appartenance aux secteurs du textile, du cuir et de l'habillement, tout comme l'appartenance aux secteurs de la chimie et de l'electricite, apparait comme un facteur explicatif ayant un coefficient positif et significatif uniquement dans l'explication de l'innovation en procedes. Ces resultats suggerent que les entreprises operant dans ces groupements de secteurs se distinguent par rapport aux autres secteurs par une plus importante propension a innover en procedes.

Enfin, l'appartenance aux secteurs du bois, du papier et de l'impression montre un coefficient positif et statistiquement significatif dans l'explication de l'innovation de produits seulement et de l'innovation de procedes seulement. L'ampleur de l'impact de ce resultat merite d'etre soulignee. Les entreprises appartenant a ces secteurs d'activite ont en mayenne 6 fois plus de chances d'innover en produits que les entreprises des autres secteurs industriels. En somme, les resultats suggerent que l'apprentissage genere par les externalites sectorielles joue un role important dans la determination de l'occurrence de l'innovation. Ils montrent que cette forme d'apprentissage opere de maniere differenciee selon les secteurs industriels consideres dans notre analyse. Certaines entreprises vont privilegier les innovations de produits uniquement (celles operant en textiles, cuir, chimie et electricite), d'autres les innovations des procedes uniquement (secteurs du bois, papier et impression) et d'autres encore vont innover en produits et procedes simultanement (alimentation, metallurgie et machinerie). De nouvelles recherches meritent d'etre conduites, notamment pour integrer un nombre plus important de secteurs industriels et pour approfondir les resultats obtenus dans cette etude au sujet de l'impact de l'apprentissage issu des externalites sectorielles sur le processus d'innovation dans les entreprises.

L'apprentissage par la recherche est mesure dans notre modele par trois variables differentes:

* la pratique d'activies de R-D au sein de l'entreprise;

* la collaboration avec des partenaires extemes a l'entreprise pour acceder aux resultats de R-D, et

* l'effectif des employes affectes aux activites de la R-D de l'entreprise.

Les coefficients relatifs a la variable mesurant la pratique de la R-D a l'interne sont positifs et statistiquement significatifs pour les trois types d'innovation a l'etude. Ce resultat montre que les entreprises pratiquant la R-D ont respectivement 2,2 ; 4,2 et 5 fois plus de chances que les autres entreprises d'innover en produits seulement, d'innover en procedes seulement et d'innover en produits et. en procedes simultanement. Dans la meme veine, l'effectif des employes dedies a la R-D au sein des entreprises joue un role explicatif significatif dans l'explication des trois types d'innovation analyses. Selon nos resultats, l'accroissement de ces effectifs d'un employe entraine l'augmentation des chances d'innover de presque une fois et demi. Ces deux resultats montrent que l'apprentissage par la R-D intra-muros dispose d'un considerable impact sur l'innovation.

A contrario, les coefficients relatifs a la variable mesurant la collaboration avec les partenaires pour acceder aux resultats de R-D obtenus a l'exterieur de l'entreprise ne sont pas statistiquement significatifs. Ce resultat suggere que les entreprises innovantes ne se differencient pas significativement par rapport aux entreprises non innovantes au regard de l'indicateur mesurant la collaboration avec les partenaires pour l'acces aux resultats de la R-D realises a l'exterieur de l'entreprise.

Les resultats montrent aussi que l'apprentissage par la pratique et l'utilisation des technologies avancees exerce un impact positif et significatif sur l'innovation dans les entreprises. Plus la variete des technologies avancees utilisees dans les entreprises est grande, plus celles-ci ont de chances d'innover. Ce resultat suggere que plus les entreprises augmentent la variete des connaissances incorporees dans les technologies avancees utilisees plus elles sont susceptibles d'innover.

Les deux variables mesurant l'apprentissage par l'interaction ont eu des coefficients positifs et statistiquement significatifs. Les resultats montrent que plus les interactions liant les entreprises a leurs partenaires (concurrents, clients, fournisseurs, institutions de recherche et de soutien) sont marquees par la confiance, plus les entreprises sont amenees a innover en procedes et a innover simultanement en produits et en procedes. Ainsi, ce resultat suggere que les interactions basees sur la confiance sont plus favorables a l'innovation que les interactions depourvues de cette confiance. L'intensite d'implication dans les reseaux constitue la deuxieme variable mesurant l'apprentissage par l'interaction. Cette variable affecte de facon positive et significative l'innovation en produits et l'innovation simultanee en produits et en procedes. Ce resultat confirme l'importance de l'implication des entreprises dans des reseaux. Les entreprises introverties et deconnectees des reseaux se privent donc de reell es chances d' in-nover. Ainsi, le climat de confiance et l'implication des entreprises dans les reseaux constituent d'importants determinants de l'innovation. Ces resultats apportent de nouvelles evidences empiriques au sujet de la relation entre l'apprentissage par l'interaction et l'innovation. Ils avancent ainsi les connaissances sur cette relation qui a ete souvent exploree clans le cadre d'etudes de cas et d'approches descriptives.

Les barrieres A l'innovation considerees dans le modele econometrique de cette recherche sont mesurees par deux variables. La premiere a trait au manque de personnel qualifie clans l'entreprise et la seconde a trait au manque de capital financier. Contrairement a nos attentes, ces deux variables n'ont eu qu'un impact limite sur l'innovation dans les entreprises. Le coefficient relatif a la variable mesurant le manque de personnel qualifie a eu un impact negatif et statistiquement significatif uniquement dans l'explication de la probabilite de l'innovation de produits. Ce resultat suggere que les entreprises ne se distinguent pas les unes des autres par rapport A l'impact de cette contrainte sur la probabilite de l'innovation en procedes seulement ou encore de l'innovation simulatanee de procedes et de produits. Le coefficient relatif A la variable mesurant le manque de capital a eu un impact significatif et negatif seulement dlans l'explication de l'innovation simultanee de produits et de procedes. Ainsi, ce resultat nous amene a conclure que les entreprises ne se distinguent pas les unes des autres par rapport A l'impact de cette contrainte sur la probabilite d'innover en procedes seulement et en produits seulement.

Conclusion

La presente recherche s'est attelee a analyser de maniere econometrique l'impact de l'apprentissage sur l'innovation des entreprises manufacturieres. Une enquete realisee en 1998 aupres d'un echantillon representatif de 802 entreprises operant dlans les regions de Quebec et de Chaudiere-Appalaches a permis de constituer la base de donnees utilisee clans cette recherche. Plutot que de considerer l'apprentissage comme une activite uniforme, diffuse et a la portee de l'ensemble des entreprises, cette recherche a considere l'apprentissage comme un processus interactif, multiforme, fort exigeant en action collective et sensible au systeme reginal d'innovation clans lequel operent les firmes. Les travaux anterieurs sur le sujet suggerent de distinguer plusieurs formes et sources d'apprentissage: l'apprentissage par la R-D (learning by searching), l'apprentissage par la pratique et l'utilisation des technologies avancees (learning by using), l'apprentissage par les interactions (learning by interacting), l'apprentis sage par les externalites industrielles (learning from industry spillovers) et l'apprentissage par le contexte regional (learning region).

Les resultats presentes dlans cet article confirment l'importance de l'apprentissage sur les pratiques d'innovation clans les entreprises. Les diverses formes d'apprentissage mesurees dlans cette recherche ont eu de l'impact sur l'innovation. Les resultats obtenus peuvent etre utiles pour les decideurs et les politiques publiques visant la promotion de l'apprentissage et de l'innovation dans les regions etudiees.

La premiere implication concerne la taille des entreprises. Cette variable n'a pas eu d'impact explicatif significatif, ce qui nous amene conclure que les politiques d'incitation l'innovation ne doivent pas discriminer leur soutien l'innovation sur la base du critere de la taille des entreprises. Nos resultats montrent que les petites et les moyennes entreprises ne sont pas moms innovantes que les plus grandes. Les politiques incitant l'innovation doivent par contre encourager les entreprises exporter et a affronter la competition internationale. Les entreprises exportatrices sont dans l'ensemble plus innovantes que celles produisant pour le marche local. Ces politiques rendraient aussi service I'innovation en limitant les entraves a la competition entre les entreprises. Nos resultats montrent que l'intensite de la competition a un impact positif sur i'innovation des produits et des procedes.

Les resultats obtenus au sujet de l'apprentissage issu des externalites sectorielles sont aussi assez suggestifs. Ils indiquent que, grosso modo, il n'y a pas de secteur industriel qui se distingue fortement des autres clans la creation d'externalites d'apprentissage de maniere jouer un role specifique sur la probabilite d'innovation dans les entreprises. Cependant, les resultats suggerent que clans certains secteurs, l'innovation est davantage tournee vers les produits alors que dans d'autres, elle est plutot tournee vers les procedes. Ce resultat devrait etre valorise par les politiques publiques qui soutiennent l'innovation pour mieux repondre aux besoins d'apprentissage dans ces secteurs, selon le type d'innovation recherche par les entreprises. De meme, nos resultats suggerent que les politiques publiques favorisant l'nnovation ne doivent pas trop se fier la nomenclature actuelle tie classification des activities industrielles pour moduler leur soutien l'innovation. En depit de l'importance de ces resul tats, il est recommande d'initier d'autres recherches pour approfondir les connaissances sur cet aspect et pour mieux explorer l'impact de l'apprentissage sur l'innovation, en considerant d'autres classifications industrielles comme celles retenues pour etudier les filieres de production, les entreprises selon la nature des technologies utilisees ou encore pour analyser l'innovation clans les grappes industrielles.

Une autre implication concerne l'apprentissage par la R-D. Nos resultats montrent que la presence d'activite de R-D intra-muros conditionne fortement l'emergence tie l'innovation dans les entreprises. Les politiques d'innovation se doivent d'encourager l'apprentissage clans les entreprises en incitant le developpement de Ia R-D et l'augmentation des ressources humaines affectees cette activite.

Dans la meme veine, ces politiques se doivent d'inciter l'apprentissage par le biais de la diversification des technologies avancees utilisees clans les entreprises. Cette diversification augmente l'apprentissage et I 'appropriation des savoirs incorpores clans les nouvelles technologies et les technologies dites de pointe. Get apprentissage exerce un important impact sur les diverses formes d'innovation pratiquees clans les entreprises.

De plus, les politiques de promotion de l'innovation ne doivent pas limiter leurs soutiens et incitations aux facteurs lies a l'apprentissage genere par l'utilisation des technologies nouvelles (capital physique) ou encore a ceux favorisant l'apprentissage par la pratique de la R-D (capital humain), mais elles doivent desormais investir aussi dans l'apprentissage genere par le capital social. Nos resultats montrent que la creation des reseaux et d'un climat de confiance entre les acteurs concernes par l'innovation ameliore le potentiel d'apprentissage et d'innovation dans les entreprises.

L'apprentissage genere par les externalites regionales joue aussi un important role dans le developpement de l'innovation. Les programmes publics visant la promotion de l'innovation doivent considerer cette dimension pour adapter leurs incitations et leurs programmes d'apprentissage. Ces programmes doivent moduler leurs interventions en fonction des specificites structurelles et des besoins d'apprentissage propres aux systemes regionaux d'innovation.

LAMARI, M., R. LANDRY and N. AMARA: "Learning and Innovation: An Econometric Analysis of Firm Survey Data from the Regions of Quebec and Chaudiere-Appalache" [Apprentissage et innovation: une analyse econometrique a partir de donnees d'enquete dans les entreprises des regions de Quebec et de Chaudiere-Appalaches]. This paper addresses the following question: What is the impact of learning on innovation? Based on the data of the 1998 regional innovation survey of the Chaudiere-Appalaches and Quebec City regions, the paper estimates a multinomial logit model to test various hypotheses related to learning. The findings of this study suggest that learning by using (advanced technologies) and learning by searching (learning through R&D) constitute the major determinants of process, product, as well as simultaneous product and process innovations. To a lesser extent, learning by interacting (measured by networking and trust) and learning by regional externalities (learning region) and learning from industry spillovers also represent contextual factors that are required to innova te. The last part of the paper discusses these findings and some policy implications regarding the promotion of innovation at the regional level.

LAMARI, M., R. LANDRY et N. AMARA: [much less than]Apprentissage et innovation: une analyse econometrique a partir de donnees d'enquete dans les entreprises des regions de Quebec et de Chaudiere-Appalaches[much greater than]. Cet article traite de l'impact de l'apprentissage sur l'innovation. II se base sur des donnees d'enquete aupres de 802 entreprises des regions de Quebec et de Chaudiere-Appalaches. Utilisant un modele de type logit multinomial, l'article montre que les diverses formes d'apprentissage n'ont pas les memes impacts sur les pratiques d'innovation (innovation en produits, innovation en procedes et innovation simultanee en produits et procedes). L'apprentissage par l'utilisation des technologies de pointe et l'apprentissage par la R-D intra-muros constituent les principaux determinants des diverses pratiques d'innovation. Dans une moindre mesure, l'apprentissage par les interactions (basees sur la confiance et sur des liens de reseautage) et l'apprentissage genere par des externalites regionale s apparaissent comme des facteurs contextuels indispensables a l'innovation. La recherche discute ces resultats et suggere des pistes d'actions pour les politiques visant la promotion de l'innovation dans les regions.

(*.) Les auteurs remercient les evaluateurs charges d'evaluer cet article pour leurs remarques et suggestions d'amelioration de ce texte.

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TABLEAU 1

Presentation des regions de Quebec et Chaudiere-Appalaches

 Region Ensemble Region de
 de du Chaudiere-
Indicateurs Quebec Quebec Appalaches

Scolarisation de la population en %
(en 1996)
 Moins de 13 ans d'etudes en % 53 57,5 64,7
 Etudes post-secondaires en % 31,9 30,3 27,2
 Etudes superieures en % 15,1 12,2 8,1
Diplomes collegiaux en formation 39,1 39,1 49,5
technique en % (en 1998)
Taux de chomage en % (en 1998) 9,7 10,4 6,6
Depenses mayennes de R-D /entreprise 1077 22 259 401
(en 1995), en S CND.
Entreprises ayant double leur 6,8 7,2 7,0
personnel durant les 5 dernieres
annees en % (en 2000)
Entreprises exportatrices en % (en 1998) 23,1 33,5 30,9
Entreprises exportatrices (en 1998) et
intensite technologique
 Haute technologie 9,9 7 2
 Moyenne/haute technologie 24,3 21 15,7
 Moyenne/faible technologie 25,7 31,3 29,1
 Faible technologie 40,1 40,7 53,2
Nombre annuel de brevets de 1997 2,64 2.83 1,98
a 2000 (par 100 000 habitants)

Source: Conseil de la science et de la technologie. Rapport de
conjoncture 2001.
TABLEAU 2

Les approches d'explication et d'evaluation de l'innovation

 L'approche Objet

Unite d'analyse Technologies innovantes
Collecte de l'information Pour des besoins d'analyse

Methode de collecte d'in- Inventaire d'innovations, biblio-
formation metrie, veille, etalonnage, avis
 d'experts, intelligence internatio-
 nale, etc.
Periodicite Enquetes occsionnelles
Population Echantillon d'innovations / succes
 Secteur prive, public etc.


Critere de classification Produits et procedes
 Activite principale de l'entreprise


 L'approche Sujet

Unite d'analyse Entreprises comme lieu d'innovation
Collecte de l'information Pour des besoins d'analyse et pour
 l'evaluation des politiques
Methode de collecte d'in- Au niveau de l'entreprise et utilisant
formation des questionnaires et des mesures
 standardisees.

Periodicite Enquetes periodiques
Population Echantillons d'innovations
 Echantillons d'entreprises innovantes
 et non-innovantes dans divers secteurs
 industriels
Critere de classification Principale activite des entreprises
 Principaux utilisateurs
 Taille des entreprises

Source: Adaptee de Archibugi et Pianta (1996).
TABLEAU 3

Estimation des parametres du modele logit multinomial

Variables Innovation en
 Produits
 Seulement
 Coeff Exp
 coeff

Los attributs des entreprises
Exportation (%) -0,03 0,97
Le chiffre d'affaires ($ can.) -0,022 0,99
Les externalites regionales
Region (1=Que. 0=Chaudiere- 0,37 1,45
Appalaches)
Competition (indice) 0,021 1,02
L'apprentissage par les externalities
sectorielles
Textile, cuir, habillement (1 = oui, 0,88 2,42
0 = non)
Bois, papier, impression (1 = oui, 1,862 (***) 6,43
0 = non)
Metallurgie et machinerie (1 = oui, 0,820 (*) 2,27
0 = non)
Chimie et electricite (1 = oui, 0,419 1,52
0 = non)
Alimentation et boissons (1 = oui, 1,130 (*) 3,09
0 = non)
L'apprentissage par la R-D
R & D interne (1 = oui, 0 = non) 0,798 (**) 2,22
R & D externe (indice) -0,005 0,99
R & D effectifs (nombre) 0,381 (**) 1,46

L'apprentissage par la pratique
Utilisation des technologies 0,172 (***) 1,18
de pointe (variete)
L'apprentissage par l'interaction
Confiance envers le 0,07 1,07
partenaires (indice)
Implication dans les reseaux 0,122 (*) 1,12
(indice)
Les barrieres a l'nnovation
Personnel qualifie (1 = oui, -0,89 (*) 0,408
0 = non)
Rarete du capital (1 = oui, 0,246 1,279
0 = non)
constante -4,371 (***)
N (total 802) 62
Pseudo R2 (de Mac Eadden)

Variables Innovation en
 Procedes
 Seulement
 Coeff Exp
 coeff

Los attributs des entreprises
Exportation (%) -0,005 0,99
Le chiffre d'affaires ($ can.) 0,38 1,4
Les externalites regionales
Region (1=Que. 0=Chaudiere- -0,188 0,829
Appalaches)
Competition (indice) 0,02 1,022
L'apprentissage par les externalities
sectorielles
Textile, cuir, habillement (1 = oui, 0,71 (*) 2,033
0 = non)
Bois, papier, impression (1 = oui, 0,59 (*) 1,78
0 = non)
Metallurgie et machinerie (1 = oui, 0,683 (**) 1,97
0 = non)
Chimie et electricite (1 = oui, 0,637 (**) 1,89
0 = non)
Alimentation et boissons (1 = oui, 0,955 (***) 2,598
0 = non)
L'apprentissage par la R-D
R & D interne (1 = oui, 0 = non) 1,437 (***) 4,209
R & D externe (indice) 0,003 1,003
R & D effectifs (nombre) 0,359 (***) 1,432

L'apprentissage par la pratique
Utilisation des technologies 0,111 (***) 1,117
de pointe (variete)
L'apprentissage par l'interaction
Confiance envers le 0,03 (**) 1,032
partenaires (indice)
Implication dans les reseaux -0,03 0,967
(indice)
Les barrieres a l'nnovation
Personnel qualifie (1 = oui, -0,232 0,793
0 = non)
Rarete du capital (1 = oui, -0,643 0,526
0 = non)
constante -1,047 (***)
N (total 802) 250
Pseudo R2 (de Mac Eadden) 0,382

Variables Innovation en
 Produits et
 Procedes
 Coeff Exp
 coeff

Los attributs des entreprises
Exportation (%) 0,05 (**) 1,07
Le chiffre d'affaires ($ can.) -0,03 1,000
Les externalites regionales
Region (1=Que. 0=Chaudiere- -0,476 (***) 0,621
Appalaches)
Competition (indice) 0,075 (***) 1,078
L'apprentissage par les externalities
sectorielles
Textile, cuir, habillement (1 = oui, -0,539 0,583
0 = non)
Bois, papier, impression (1 = oui, -0,243 0,784
0 = non)
Metallurgie et machinerie (1 = oui, 0,851 (***) 2,34
0 = non)
Chimie et electricite (1 = oui, -0,439 0,645
0 = non)
Alimentation et boissons (1 = oui, 0,84 (***) 2,31
0 = non)
L'apprentissage par la R-D
R & D interne (1 = oui, 0 = non) 1,598 (***) 4,943
R & D externe (indice) 0,04 1,046
R & D effectifs (nombre) 0,363 (***) 1,438

L'apprentissage par la pratique
Utilisation des technologies 0,225 (***) 1,253
de pointe (variete)
L'apprentissage par l'interaction
Confiance envers le 0,023 (**) 1,024
partenaires (indice)
Implication dans les reseaux 0,02 (**) 1,021
(indice)
Les barrieres a l'nnovation
Personnel qualifie (1 = oui, 0,032 1,033
0 = non)
Rarete du capital (1 = oui, -0,371 (*) 0,690
0 = non)
constante -2,674 (***)
N (total 802) 262
Pseudo R2 (de Mac Eadden)

Note: (1.)(*),(**)(***) indiquent que le coefficient estime est
respectivement significatif a un niveau de 10%, 5% et 1%.


Annexe A

1-Les attributs des entreprises

EXPO = Volume des exportations de 1998 en % du chiffre d'affaires.

CHIF = Chiffre d'affaires de l'entreprise pour l'annee 1998.

2-L'apprentissage par les externalites regionales

REGI = 1 si l'entreprise est situee dans la region de Quebec, 0=si l'entreprise est situee dans la region de Chaudiere-Appalaches. Au total, 414 entreprises sont situees dans la region de Quebec et 388 dans la region de Chaudiere-Appalaches.

COMP = Intensite de la competition mesuree par un indice additionnant les scores de six items complementaires. Chaque score est obtenu en demandant aux entreprises d'evaluer la competitivite de leur etablissement en comparaison a leurs principaux concurrents et en choisissant un niveau d'intensite allant de 1 (inferieur) a 5 (superieur) pour chacun des cinq items suivants: i) competitivite par rapport aux prix, ii) la qualite des produits et services, iii) au marketing, iv) au reseau de distribution, v) aux technologies avancees, et v) frequence de l'introduction de nouveaux produits. ([alpha] = 0.69)

3-L'apprentissage par les externalites sectorielles

TEXT = 1 si l'entreprise opere dans les activites du textile, du cuir ou de l'habillement, 0 = autrement.

BOIS = 1 si l'entreprise opere dans les activites du bois, du papier ou de l'impression. 0 = autrement

MET = 1 si l'entreprise opere dans les activites de la metallurgie ou de la machinerie, 0 = autrement

CHIMI = 1 si l'entreprise opere dans les activites de la chimie, de l'electronique ou de l'electricite, 0 = autrement

ALIM = 1 si l'entreprise opere dans les activites de l'alimentation et des boissons, 0 = autrement

4- L'apprentissage par les externalites par la R & D

RDINT = l si l'entreprise realise des activites de R & D intra-muros, 0= autrement.

RDEXT = Induce mesurant l'importance de la collaboration des firmes avec d'autres partenaires dans le domaine de la R & D. Les chefs des entreprises evaluent l'importance de cette collaboration en reference a huit categories de partenaires 1) les clients, 2) les fournisseurs, 3) les concurrents, 4) les joint-ventures, 5) les experts-conseils. 6) les laboratoires gouvernementaux, 7) les universites, et 8) les colleges secondaires (CEGEPS). Ils qualifient l'importance de la collaboration pour chaque item en choisissant un score sur une echelle allant de l (collaboration pas du tout importante) a 5 (collaboration extremement importante). ([alpha] = 0.66)

RDEFFE = Nombre des employes affectes aux activites de R & D realisees au sein de l'entreprise.

5-L'apprentissage par la pratique et l'utilisation des technologies avancees

TECH = La variete des technologies avancees utilisees par les entreprises manufacturieres en additionnant le nombre des technologies utilisees choisies dans la liste des 20 technologies avancees suivantes: 1) Conception/Ingenierie assistee par ordinateur; 2) Conception appliquee et fabrication assistees par ordinateur; 3) Technologie de modelisation ou de simulation ; 4) Echange electronique de fichiers ; 5) Cellule ou systeme de fabrication flexibles ; 6) Automates ou procedes programmables ; 7) Lasers utilises dans le traitement des materiaux ; 8) Robots munis de capteurs ; 9) Robots demunis de capteurs; 10) Systemes de prototypages rapides ; 11) Usinage a grandes vitesses ; 12) Technologie de grande precision dimensionnelle ; 13) Identification des pieces pour l'usinage automatique ; 14) Stockage mecanise automatise; 15) Systemes de vision artificielle d'inspection ou d'essai de pieces et de produits finis ; 16) Autres systemes automatises munis de capteurs d'inspection ou d'essai de pieces ou de produits finis ; 17) Reseaux informatiques elargis ; 18) Reseaux informatiques interentreprises; 19) Planification des ressources de fabrication ; et 20) Ordinateurs exercant un controle sur les activites de l'usine.

6- L 'apprentissage par l'interaction

CONF = Intensite de confiance avec les partenaires, mesure par un indice agregeant sept scores. Les chefs des entreprises evaluent le climat de confiance qui caracterise leurs interactions avec: 1) les gens d'affaires de la region ou ils operent ; 2) les gens d'affaires du Quebec ; 3) les gens d'affaires des autres provinces du Canada ; 4) les gens daffaires des autres pays ; 5) les dirigeants des organismes du developpement economique ; 6) les chercheurs universitaires ; et 7) les fonctionnaires des ministeres a vocation economique. Ils qualifient cette confiance sur une echelle allant de 1 (climat de confiance difficile a 5 (climat de confiance tres facile). ([alpha] = 0.72).

RESEAU = Intensite de l'implication dans les activies de reseautrage, mesuree par un indice agregean 4 scores. Les chefs des entreprises repondent a la question [much less than]Avez-voux participe a des associations ou a des recontres informelles de gens d 'affaires, ou encore a des rencontres organisees par des organismes on des ministers de promotion econonmique au niveau[much greater than] 1) de votre region. 2) des autres region du Quebec. 3) des autres provinces du Canada, et 4) des autres pays. Ils repondent pour chaque item en choisissant un score sur une echelle allant de I (jamais participe) a 5 (tres frequentment participe). ([alpha] = 0.75).

7 - Les barrieres a l'innovation

QUALIF = 1 si l'entreprise rencontre des entraves limitant l'innovation pour des raisons de manque du personnel qualifie. 0 = autrement.

CAPITAL 1 si l'entreprise rencontre des entraves limitant l'innovation pour des raisons de manque de capital. 0 = autrement
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Author:Lamari, Moktar; Amara, Rejean Landry et Nabil
Publication:Canadian Journal of Regional Science
Geographic Code:1CQUE
Date:Mar 22, 2001
Words:10204
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