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Algunas fuentes no identificadas del primer libro de las Diferencias y de las Etimologias de Isidoro de Sevilla, o como dos obras se explican entre si/Quelques sources non reperees du premier livre des differences et des Etymologies d'Isidore de Seville, ou comment deux ceuvres s'eclairent mutuellement.

A Carmen Codoner

Cet article, destine a etre publie dans le dernier volume de Voces encore dirige par Carmen Codoner, porte sur une vuvre quelle a particulierement etudiee et quelle a contribui mieux que quiconque a faire connaitre :le premier livre des Differences (1). C. Codoner a reussi a identifier la plupart des sources de cette vuvre, ce qui est d'autant plus remarquable quelle a acheve son edition avant le developpement des bases de donnees electroniques qui facilitent actuellement la recherche des sources. Dans cet article, cependant, je voudrais signaler quelques emprunts qu'elle n'a pas reperes. Tous ont pour point commun d'avoir un ou plusieurs paralleles dans les Etymologies, et c'est souvent grace a ces paralleles qu'on peut reconnaitre plus facilement le texte exploite par Isidore. En sens inverse, c'est grace au premier livre des Differences qu'on peut retrouver certames sources, jusque-la non reperees, des Etymologies.

1. LES ETYMOLOGIES ECLAIRENT LE PREMIER LIVRE DES DIFFERENCES

1.1. La source est connue grace a ledition recente d'un livre des Etymologies

C. Codoner etait capable, meme sans identifier une source (il faut rappeler une nouvelle fois que son travail est anterieur aux bases de donnees actuelles), d'en soupconner l'existence. Ayant repere le lien entre Diff. I, 17 (282) et Etym. VIII, 3, 1 et 4-5 (2), elle ecrit (p.309) : << la coincidence totale d'Etym. avec Diff. parait indiquer que ce passage vient d'une source precise qu'il ne m'a pas ete possible de localiser >>. J'ai eu peu de merite a localiser cette source, car le travail avait ete fait, pour le livre VIII des Etymologies, par A. Valastro Canale (3). En l'occurrence, la source commune est Augustin, C Faustum XX, 3 (4).

Si on compare les trois textes d'Augustin, de Diff. I et d'Etym., on constate que Diff. I reprend presque mot a mot la definition augustinienne duschisme {schism ... discidio), alors qu'Etym., tout en restant proche du texte d'Augustin, s'en eloigne un peu, supprimant opinantem et ajoutant credit. Par ailleurs, l'expression d'Augustin longe opinantem quam ceteri devient longe alia opinantem quam ceteri dans Diff. I et longe alia in religionis cultu opinantes quam ceteri dans Etym. Si on s'arretait a ces seuls constats, on pourrait donc en deduire une evolution Augustin > Diff I > Etym., et meme emettre l'hypothese qu'Isidore, dans les Etym., ne reprend pasdrrecternent Augustin, mais se contente de citer son propre texte de Diff I.

Toutefois, Diff I apporte une modification tres importante a Augustin, en remplacant secta par heresis (heresim ... culturam au lieu de secta ... cultura), tandis qu'Etym., tout en etant apparemment plus eloigne du Contra Faustum, continue a atiibuer la formule longe alia in religionis cultu opinantes quam ceteri aux sectaireset non aux heretiqus.

Il est donc tres probable qu'Isidore, dans Etym., a relu le Contra Faustum, source commune aux deux textes. A-t-il relu aussi son propre texte de Diff I ? C'est ce que suggere le passage deja cite : longe opinantem quam ceteri (Augustin) > longe alia opinantem quam ceteri (Diff. I) > longe alia in religionis cultu opinantes quam ceteri (Etym.). Mais ce schema reste hypothetique, car la transformation de longe en longe alia n'est pas importante : Isidore peut avoir eu l'idee d'une telle modification a deux reprises et de maniere independante.

L'autre source commune a Diff. I et Etym. (reperee par C. Codoner) merite aussi une certaine attention : Jerome, In Tit. III, v. 10-11 (5). Isidore, tout en reprenant presque mot a mot le texte d'Augustin (longe ... culturam), y a introduit les mots haeresis peruersum dogma emprUntes aJerome. En outre k texte d'Etym. reproduit non seulement la defimtion hieronynnenne de l'heresie {haeresis ... uidetur), comme Diff. I, mais ajoute d'autres emprunts a Jerome absent de Diff. I : Philosophi quoque Stoici, Peripa^etici. Academia et Enicurei. illius uel illius haereseos appellantur. [...]Haeretici autem in semetipsos sententiam fuerunt, suo arbitrio de ecclesia recedentes. Il est done certain qu'au moment de la redaction d'Etym., Isidore a reexamine le texte de Jerome, et on a de nouveau la preuve que le texte d'Etym. n'est pas un simple remamement de Diff I.

M'etant quelque peu etendu sur le premier exemple, je serai plus bref sur les autres. L'etymologie de sepultus, dans Diff I, 314 (522), presente un parallele avec Etym. XI, 2, 376. L'editeur du livre XI, F. Gasti, a identifie cette source (7) : Servius, Aen. III, 41 (8). Signalons au passage que le livre XI des Etymologies presente un autre parallele avec Diff. I, 314 : l'etymologie de cadauer a cadendo (Etym. XI, 2, 35). Malheureusement, comme le note F. Gasti (9), cette etymologie est extremement repandue, de sorte qu'il est impossible d'en determiner la source precise.

Un autre emprunt a Servius a echappe a C. Codoner : Diff I, 327 (524), qui vient de Servius, Aen. VII, 169 et 176 (10). La encore, il y a un parallele avec les Etymologies (XX, 10 [11], 9-10 (11)) et la encore c'est l'edition moderne des Etymologies, due a J.-Y Guillaumin, qui fournit la clef du passage (12).

Cette sous-partie se terminera par une source plus incertaine. Dans Diff. I, 396 (458) et Etym. XI, 3, 6, la reference aux enfants nes avec six doigts (cum sex digitis nati) pourrait avoir ete inspiree par une phrase d'Augustin, qui dans la Cite de Dieu (XVI, 8) evoque des hommes nes avec plus de cinq doigts (pluribus quam quinis digitis ... nasci). L'auteur de ce rapprochement, F. Gasti, se montre prudent et fait preceder la reference a Augustin de << cf. >>, indiquant plus un parallele qu'une source. Tout en revendiquant moi aussi une grande prudence, je trouve ce parallele seduisant et je pense qu'on peut l'accepter aussi pour Diff. I, 396 : tout le developpement d'Isidore sur portentum dans la difference suivante (Diff. I, 397 [459]) reprend la Cite de Dieu (bien que ce soit dans le livre XXI), et d'une facon generale la Cite de Dieu est abondamment utilisee par notre auteur.

1.2. Une source hypothetique du premier livre des Differences est confortee par le parallele avec les Etymologies

Dans les cas precedents, c'est l'existence d'une edition recente d'un des livres des Etymologies, fondee sur les banques de donnees electroniques, qui a permis de decouvrir la source du premier livre des Differences. D'une certaine facon, donc, ce n'est pas Etym. qui eclaire Diff. I, mais plutot son edition recente. Dans les cas que nous allons voir maintenant, au contraire, le parallele avec les Etymologies permet vraiment de conforter une source a priori peu evidente de Diff. I.

Le premier exemple que nous allons etudier se rattache apparemment aux precedents, car il peut lui aussi se subdiviser en trois etapes : rapprochement entre Diff. I et Etym., identification de la source d'Etym. par son editeur, et conclusion que cette source est aussi celle de Diff. I. Dans ce cas precis, cependant, l'edition d'Etym. est anterieure a celle de Diff. I : c'est donc deliberement que C. Codoner a choisi d'ignorer la source proposee par son predecesseur. Il me semble toutefois qu'il faut reexaminer le probleme.

Le passage concerne est Diff. I, 330 (445), rapproche par C. Codoner (quoique avec reserve) d'Etym. IX, 4, 5 (13). L'editeur d'Etym. IX, M Reydellet, en a identifie la source : Gaius, Institutiones I, 3 (14). Or, bien que le texte de Gaius paraisse eloigne de Diff. I, 330, trois indices concordants semblent indiquer qu'il en est aussi la source :

--le meme debut de phrase : Plebs a populo eo distat, quod ... Cet argument, s'il etait isole, ne serait pas probant, car le tour eo distat, quod ... peut avoir ete employe par Isidore independamment de Gaius. On trouve une formulation tres proche dans Diff. I, 166 [433] {inter perfection et consummation hoc dstat, quod ...).

--generalis uniuersitas ciuium rappelle uniuersi ciues.

--et surtout le parallele avec Etym. IX, 4, 5, dont le texte est plus proche de Gaius, confirme le rapprochement. La reticence de C. Codoner a accepter le lien entre Gaius et Diff". I, 330 vient peut-etre de ce que Gaius parle des patricii alors qu'Isidore'parle des seniores ; mais patricii est 6ussi remplace par seniores dans les Etymologies.

Le deuxieme cas que nous allons examiner concerne la definition de platea dans Diff I, 457 {598), qui est proche d'Etym. XV, 2, 23 (15). C. Codoner, dans son edition de Dnff. I {contentan-e; p. 407 et index des sources, p. 439), propose trois sources possibles :

--Gregoire le Grand, Homiliae in euangelia I, 17, 15 : Graeca uoce platea a latitudine uocatur.

--Gregoire le Grand, Moralia in Iob XIX, 16, 25 : Graeca autem uoce platea pro latitudine dicitur.

--Hilaire de Poitiers, Tractatus in psalmum 118, daleth {IV), 12 : quod uero nos plateas nuncupamus, eodem nomine graecitas nuncupauit Sed plateas latitudines esse graecus sermo designat, et nos putamus has esse urbium uias.

Or ces trois paralleles semblent nettement moins probants qu'Augustin, En. in Psalm. 118/10, 6 {CCSL 40, l. 30-31) : Platea quippede uerbo graeco a latitudine nomen accepit (16). Le texte de Diff I, 457 reprend presque litteralement celui d'Augustin. Et surtout le parallele arc; Etym. XV, 2, 23, oh Isidore exploite la suite de la phrase d'Augustin{quoniam graece [TEXT NOT REPRODUCIBLE IN ASCII] dicitur latum), confenie qu'il est bien la source du passage.

Le dernier cas que nous allons examiner ici concerne les reptiles et les betes sauvages : Diff. I, 480 {493) et 481 {248), paralleles a Etym. XII, 2, 1-2 (17). Il est clair qu'Etym. XII, 2, 1-2 est issu de deux textes : Augustin, Gen. litt. III, 11, 1617, et Servius, Aen. I, 215 (18). Il est non moins clair que le meme texte de Servius a servi de source a Diff. I, 481. La question qui se pose est de savoir si Augustin a aussi servi de source a Diff. I, 480-481.

C. Codoner semble penser que non. Dans son commentaire de Diff I, 480 (p. 411), elle mentionne le texte d'Augustin, mais en le rapprochant plutot d'Etym. XII, 4, 3 (a juste titre d'ailleurs, car c'est aussi la source de ce passage des Etymologies) et en signalant que Diff. I, 480 est tres different. Et dans sa note a Diff. I, 481 (p. 411-412), elle s'abstient de signaler tout rapprochement avec Augustin, se limitant a indiquer la reference a Servius.

Pour ma part, je juge que l'emprunt a Gen. litt. III, 11, 16-17 est tres probable dans Diff. I, 481, car les textes ont deux paralleles importants : leonibus et parais et tigriaibus >parai, leones, tigriaes ; et ore aut etiam unguibus saeuit > morsu uel unguibus saeuiunt. J'hesite davantage pour Diff. I, 480, car le texte d'Isidore est tres eloigne de celui d'Augustin. J'aurais neanmoins tendance a en faire aussi la source de Diff I, 480, et cela pour trois raisons. La premiere, c'est le parallele avec les Etymologies, dont la proximate avec les Differences est evidente (y compris dans l'emprunt a Servius) : il faut reconnaitre, neanmoins, que cet argument n'est pas totalement probant, car Isidore a pu adopter pour les Etymologies une autre source que pour les Differences. Mais on peut ajouter aussi que dans les Differences les chapitres 480 et 481 se suivent, et il est peu vraisemblable qu'Isidore n'ait pas pense, en opposant reptilia a repentia dans le c. 480, a Gen. litt. III, 11, 16 qui lui sert de source dans le c. 481. Chez Augustin, la formule repentia siue reptilia se trouve dans la phrase meme qui precede celle qui est exploitee dans Diff I, 481 ; et la phrase reptilia ... et aquarum precede exactement celle d'ou est tiree l'expression morsu uel unguibus saeuiunt dans Diff I, 481. Il est impossible de dissocier les deux.

Enfin, on peut comprendre comment Isidore a tire Diff. I, 480 de Gen. litt. III, 11, 16-17: reptilia aquarum sunt doit venir de reptilia ... quia sunt et aquarum ; et repentia terrae de repentia siue reptilia terrena. Isidore a commis un contre-sens sur le texte augustinien, car celui-ci ne dit nullement que repentia s'applique seulement a des animaux terrestres et reptilia a des animaux aquatiques (il dit au contraire que reptilia s'applique a la fois a des animaux terrestres et aquatiques), mais ce contre-sens est explicable, soit par une fiche de lecture mal exploitee, soit par une volonte excessive de simplification et de normalisation linguistique.

2. LEPREMIER LIVREDES DIFFERENCES ECLAIRE LES ETYMOLOGIES

2.1. La source est connue grace a C Codoner, editrice du premier livre des Differences

Le premier exemple etudie ici est symetrique du premier exemple de la premiere partie de cet article : nous avons vu comment, une fois repere le lien entre Diff. I, 17 et Etym. VIII, 3, 1-5, il etait facile de retrouver la source du premier texte quand on connaissait celle du second. Or il y a au moins un autre lien entre Diff. I et Etym. VIII : Diff. I, 84 (291) propose la meme definition des haruspices qu'Etym. VIII, 9, 17 (19). Mais cette fois-ci c'est C. Codoner qui a decouvert la source commune : Jerome, In Danielem I, ad v. 2, 27b (20). Il est d'ailleurs etonnant qu'il. Valastro Canale n'ait pas trouve cette source alors qu'il a vu les autres emprunts au Commentaire sur Daniel de Jerome dans le meme chapitre VIII, 9 des Etymologies et alors qu'il a ecrit son livre plusieurs annees apres C. Codoner (21).

Le second cas de figure fait lui aussi echo a la premiere partie de cet article. En effet, nous avons deja etudie Diff. I, 314 (522), qui presente un parallele avec Etym. XI, 2, 37 : l'etymologie de sepultus. Et nous avons vu comment l'editeur d'Etym. XI, F. Gasti, a reussi a identifier la source commune aux deux textes : Servius, Aen. III, 41. Mais Diff I, 314 comporte un autre parallele avec les Etymologies, en l'occurrence XV, 11, 1 : l'etymologie de monumentum (22). Et cette fois-ci ce sont les editeurs d'Etym. XV qui n'ont pas su identifier la source probable, alors que C. Codoner l'avait reperee : Servius, Aen. VI, 512 (23).

J'ajouterais, quoique avec prudence, une seconde source possible : Augustin, De cura pro mortuis gerenda 4, 6, ou on trouve la meme etymologie de monumentum (24). Vu l'importance d'Augustin chez Isidore, on ne peut pas totalement l'exclure. Le texte de Diff I, 314 est certes un peu plus proche de Servius (dictum) que d'Augustin (nuncupatur), mais cette variante est tres peu importante et, dans le passage parallele des Etymologies {XV, 11, 1), Isidore emploie nuncupatur. D'autre part, on trouve chez Augustin l'association de monumentum et de memoria, absente de Servius.

Le dernier exemple est emprunte au livre XIV des Etymologies, dont la nouvelle edition critique, bien que tres recente, a oublie un assez grand nombre de sources (25). La definition du port, dans Etym. XIV, 8, 40 est la meme que dans Diff. I, 445 {535) (26). La source du passage a ete vue par l'editrice de Diff. I : Virgile, Aen. III, 570 et Georg. III, 302 (27).

Comme l'ecrit C. Codoner dans son commentaire {p. 405), l'emprunt a Virgile et le lien etabli entre les deux vers viennent peut-etre d'un commentaire (non identifie) du poete. On peut penser aussi que c'est ce commentaire qui a transforme soli, datif de sol chez Virgile, en solent, peut-etre en raison d'une erreur dans la tradition manuscrite. Cette transmission defectueuse fournit aussi l'explication de la forme opponere, qui a ici le sens surprenant deponere (28).

Il est plausible aussi qu'Isidore, au moment d'ecrire Etym. XIV, 8, 40, ait seulement recopie ce qu'il avait ecrit dans Diff I, 445. La premiere phrase d'Etym. XIV, 8, 39 est d'ailleurs identique a la premiere phrase de Diff. I, 445 : Statio est ubi ad tempus stant naues, portus ubi hiemant.

2.2. Une source hypothetique des Etymologies est confortee par le parallele avec le premier livre des Differences

Les deux exemples examines dans cette sous-partie appartiennent encore au livre XIV des Etymologies. Le premier concerne l'humus et le sol : Etym. XIV, 1, 1 et Diff. I, 4 (552) (29). Deja en 1991, R. Maltby (30) avait rapproche les deux textes isidoriens d'un extrait du commentaire de Donat par Sergius (31). En 1992, C. Codoner reprit a son compte ce rapprochement dans son edition de Diff. I (p. 305-306), mais l'editrice d'Etym. XIV semble l'ignorer.

II faut reconnaitre que le lien entre Sergius et Etym. XIV, 1, 1 peut paraitre assez lointain. Mais c'est precisement l'objet de cet article : dans ce cas precis on voit bien comment la comparaison entre Diff. I et Etym. permet de fournir la clef du second texte. Le rapprochement entre Etym. XIV, 1, 1 et Sergius est confirme par le passage parallele dans Diff. I, 4, bien plus proche de Sergius : Isidore y reprend non seulement l'etymologie humus humida, mais aussi la phrase in parietibus terra est, hoc est in lateribus, et non est humus. Il est possible, d'ailleurs, qu'Isidore n'ait pas reconsulte Sergius au moment de la redaction de sa notice d'Etym., et qu'il se soit appuye seulement sur son propre texte de Diff I.

La comparaison entre Etym. et Diff. I est tout aussi eclairante pour la definition des montagnes, des sommets et des vallees : Diff. I, 452-453 (376 et 596) et Etym. XIV, 8, 1, 19 et 22 (32). C. Codoner rapproche Diff. I, 452 de deux textes d'Augustin : En. in Psalm. 103/2, 10 et En. in Psalm. 124, 4. O. Spevak etablit un lien entre Etym. XIV, 8, 1 entre Augustin, En. in Psalm. 2, 5 (mais elle presente ce rapprochement plus comme un parallele que comme une source), et entre Etym. XIV, 8, 22 et Varron, Ling. V, 20 et Paul-Festus 37 L (mais la encore ce sont plus des paralleles que des sources (33)). Pour etre complet, il faut ajouter que H. Philipp avait deja indique le lien entre Etym. XIV, 8, 22 et Paul-Festus 37 L (34).

Pour ma part, je propose les sources suivantes :

--Diff. I, 452-453 : Augustin, En. in Psalm. 103/2, 10 et En. in Psalm. 126, 6 (35)

--Etym. XIV, 8, 1 : Augustin, En. in Psalm. 103/2, 8 et 10 (36)

--Etym. XIV, 8, 19 et 22 : Augustin, En. in Psalm. 103/2, 10 et En. in Psalm. 126, 6.

Le rapprochement entre mons et emineo (ou eminentia) (37) qu'on trouve dans Etym. XIV, 8,1 est banal dans la litterature patristique. En revanche, la recherche peut etre plus circonscrite pour la definition des montagnes comme << gonflements des terres >>. L'expression tumores terrarum ne peut venir, semble-t-il, que de trois vuvres d'Augustin : En. in Psalm. 103/2, 10 ; En. in Psalm. 124, 4 ; et De utilitate ieiunii 9. Neanmoins, plusieurs indices suggerent que c'est la deuxieme Enarratio sur le psaume 103 qui a servi ici de source a Isidore :

--c'est la seule a associer l'expression tumores terrarum et le rapprochement de mons avec emineo ;

--le meme passage est exploite aussi dans Etym. XIV, 8, 22, pour la definition des vallees (conualles depressa loca terrarum) ; l'adjectif humilia semble aussi lui faire echo {humilitates chez Augustin) ;

--il est utilise aussi dans Diff. I, 452 {tumores terrarum) et 453 {depressa loca camporum). Comme plus haut, la lecture de Diff I aide donc a mieux analyser les sources d'Etym.

En revanche, il est inutile de supposer qu'Isidore a exploite En. in Psalm. 124, 4, dans Diff. I comme dans Etym. (38). On peut tenir le meme raisonnement pour le De utilitate ieiunii, qui est de toute facon un des textes les moins diffuses d'Augustin (39) et dont on peut raisonnablement douter, dans l'etat actuel des connaissances, qu'il ait ete connu d'Isidore.

Diff. I, 452-453 et Etym. XIV, 8, 19 et 22 empruntent, me semble-t-il, a une autre Enarratio d'Augustin. La formulation, conualles depressa loca terrarum (Etym. XIV, 8, 22), peut venir sort d'En. in Psalm. 103/2, sort d'En. in Psalm. 126, maisprominentiora {Diff. I, 452) etpraeminentiora (Etym. XIV, 8, 19) semblent issus d'En. in Psalm. 126 {eminentiora).

3. LES << FAUX AMIS >> : QUAND DEUX TEXTES SE RESSEMBLENT MAIS N'ONT PROBABLEMENT PAS LA MEME SOURCE

Dans ce que nous avons vu precedemment, la ressemblance entre deux extraits de Diff. I et Etym. amenait a la conclusion que ces deux extraits avaient la meme source. Or la realite est plus complexe : deux textes qui se ressemblent n'empruntent pas necessairement a la meme source.

Par exemple, on ne peut s'empecher de rapprocher l'etymologie d'aequor dans Diff. I, 3 (66) et dans Etym. XIII, 12, 1 et 14, 2 ; bien que cet article ne porte pas sur le De natura rerum, on peut meme ajouter, pour etre complet, Nat. 41, 2 (40).

C. Codoner indique les deux sources, incontestables, de Diff I, 3 : Servius, Aen. II, 69 et Gn 1, 10 (41). Avec une grande prudence, j ' ajouterais une troisieme source possible : Augustin, En. in Psalm. 64, 17 (42); mais ce parallele est limite a trois mots (campi propter aequalitatem), ce qui le rend tres uncertain.

Cependant, les extraits du De natura rerum et des Etymologies sont issus d 'Ambroise, Hexameron III, 2, 8 (43). Le lien entre Ambroise et Nat. 41, 2 ne fait aucun doute : en effet, dans ces deux textes, l ' etymologie d 'aequor est precedee de la meme phrase, reprise mot pour mot: cum sit altitudo diuersa, indiscreta tamen dorsi eius aequalitas. Il est presque aussi certain qu 'Etym. XIII, 12, 1 est issu d 'Ambroise, dont il recopie la formulation quod superficies eius aequalis sit. Il est plus difficile de savoir avec certitude si Etym. XIII, 14, 2 remonte aussi a Ambroise, mais sa proximite avec Etym. XIII, 12, 1 laisse penser qu 'Isidore a exploite le meme passage (44).

Une fois identifiees les sources des differents textes isidoriens, on ne peut s'empecher de se poser cette question : puisque Nat. 41,2, Etym. XIII, 12, 1 et Etym. XIII, 14, 2 ont emprunte a Ambroise, Hex. III, 2, 8, n'en est-il pas de meme pour Diff I, 3 ? Correlativement, si Diff I, 3 a exploite Servius, Aen. II, 69, est-ce vrai aussi pour Nat. 41, 2, Etym. XIII, 12, 1 et Etym. XIII, 14, 2 ? J'aurais tendance a penser que non.

Isidore ne semble pas utiliser l'Hexameron dans le premier livre des Differences et surtout, le texte de Diff. I, 3 est nettement plus proche de Servius (avec notamment le rapprochement d 'aequor et de campus) que d 'Ambroise.

Dans son edition du De natura rerum, J. Fontaine fait de Servius, Aen. II, 69 une des sources de Nat. 41, 2, a cote d'Ambroise, Hex. III, 2, 845. H. Philipp (46) et, plus recemment, P. Gautier Dalche (47), considerent eux aussi qu'Isidore a exploite Servius, Aen. II, 69 dans Etym. XIII, 12, 1 et 14, 2. Je me risquerais cependant a contredire ces grands savants. Certes on ne peut exclure de maniere categorique un usage de Servius dans Nat. 41,2, Etym. XIII, 12, 1 et Etym. XIII, 14, 2 : Servius enlargement exploite dans le Traite de la nature et \es Etymologies, et donc il n'est pas impossible qu'ici aussi Isidore ait pense a lui ; de surcroit cette hypothese est renforcee par le parallele avec Diff. I, 3. Mais les trois textes isidoriens sont plus eloignes de Servius que d'Ambroise, et surtout il me semble que l'identification de la source certame de ces trois textes, Ambroise, Hex. III, 2, 8, rend inutile l'hypothese d'une seconde source.

Le second exemple de << faux amis >> concerne la definition des esclaves : Diff. I, 339 (525) et Etym. IX, 4, 43 (48). Bien que ces deux textes soient un peu differents, ils ont beaucoup de points communs : phrase presque identique pour defimr le mot famulus, meme etymologie de seruus (rapproche du verbe seruare) et meme lien etabli entre le statut de seruus et le droit de la guerre.

C. Codoner n'indique aucune source pour Diff. I, 339. Pour ma partj'en ai repere deux possibles : Donat, Ad. II, 1, 27 (ad v. 181), ou Augustin, Quaest. in hept., quaest. Gen. 15349. L'etymologie mancipium ... quasi manu captum se trouve deja chez Varron (50), mais les textes de Donat et d'Augustin sont plus proches d'Isidore, car ils associent les deux etymologies de seruus et de mancipium, et ils se referent aussi a la guerre (iure belli) La source la plus probable est Donat, dont le commentaire a plutreurs fois ete exploite par Isidore dans le premier livre des Differences (51).

Pourtant, dans un premier temps, le parallele entre Diff. I, 339 et Etym. IX, 4, 43 m'avait fait penser que la source d'Isidore etait Augustin plutot que Donat. En effet, iure belli possint occidi dans Etym. IX, 4, 43 semble reproduce mot pour mot iure belli posset occidi des Questions sur la Genese. Mais en fait, comme l'a montre M. Reydellet (52), la source d'Etym. IX, 4, 43 est Augustin, Ciu. Dei XIX, 15 (53).

Le texte de la Cite de Dieu d'AugUstin parait trop eloigne de Diff. I, 339 pour en etre la source. En sens inverse, l'identification de la sourceevidente d'Etym. iX, 4, 43 rend inutile l'hypothese d'une deuxieme voire d'une troisieme source. Malgre leur apparente proximite, Diff. I, 339 et Etym. IX, 4, 43 empruntent donc a des textes differents.

4. CONCLUSION : BILAN DES NOUVELLES SOURCES REPEREES

Diff. I, 3 : (?) Augustin, En. in Psalm. 64, 17

Diff I, 17 : Augustin, C. Faust. XX, 3

Diff I, 314 (mOnumentum) : (?) Augustin, Cur. 4, 6

Diff I, 314 (sepultus) : Servus Aen. III, 41

Diff I, 327 : Servius, Aen. VII,'169 et 176

Diff. I, 330 : Gaius, Inst. I, 3

Diff I, 339 : Donat Ad. II 1, 27 (ad v. 181) ou (?) Augustin, Quaest. in kept., quaest Gen. 153

Diff. I, 396 : (?) Augustin, Ciu. Dei XVI, 8

Diff. I, 452-453 : Augustin, En. in Psalm. 126, 6

Diff. I, 457 : Augustin, En. in Psalm. 118/10, 6

Diff I, 480-481 : Augustin, Gen. litt. III, 11,16-17

Etym. VIII, 9, 17 : Jerome, In Dan. I, ad v. 2, 27b

Etym. XIII, 12, 1 et 14, 2 : Ambroise, Hex. III, 2, 8

Etym. XIV, 1, 1 : Sergius, Explan. in Don., gLk'iV 537-538

Etym. XIV, 8, 1 : Auggustin, En. in Psalm. 103/2, 8 et 10

Etym. XIV,, 8 19 et 22 : Augustin, En. in Psalm. 103/2, 10 et En. in Psalm. 126, 6

Etym. XlV, 8 40 : Virgile,Aen. III, 570 et Georg. III, 302

Etym. XV, 11, 1 : Servius,, Aen. VI, 512 et (?) Augustin, Cur. 4, 6

Etym. XV, 2, 23 : Augustin, En. in Psalm. 118/10 6

Sources indiquees par des travaux anterieurs mais douteuses :

Diff. I, 452-453 : Augustin, En. in Psalm. 124, 4

Diff 1,457 : Gregoire le Grand, In euang. I, 17 15 etMor XIX, 16, 25 ; Hilarre de Poitier's, In psalm. 118, daleth (IV), 12

Etym. XlII,12, 1 et 14, 2 : Servius Aen. II, 69

Nat. 41, 2 : Servius, Aen. II, 69

(1) Codoner, Carmen, Isidoro de Sevilla. Diferencias. Libro I, Paris, 1992.

(2) Voici les deux textes. Diff. I, 17 : Inter heresim et scisma. Scisma esse eadem opinantem atque eodem ritu colentem quo ceteri, solo congregationis delectari discidio ; heresim autem esse longe alia opinantem quam ceteri aliamque sibi ac longe dissimilem peruersi dogmatis instituentem culturam. Heresis autem Graece ab electione dicitur, quod scilicet unusquisque id sibi eligat quod melius esse uideatur. Secta autem a diuisione dicta est, quasi sectio. Vnde et sectae philosophorum uel hereticorum dicuntur.--Etym. VIII, 3, 1 et 4-5: [1] Haeresis Graece ab electione uocatur, quod scilicet unusquisque id sibi eligat quod melius illi esse uidetur, ut philosophi Peripatetici, Academici, et Epicurei et Stoici, uel sicut alii qui peruersum dogma cogitantes arbitrio suo deEcclesia recesserunt. [4] Secta a sequendo et tenendo nominata. Nam sectas dicimus habitus animorum, ac instituta circa disciplinam uel propositum, quem tenendo sequuntur, longe alia in religionis cultu opinantes quam ceteri. [5] Schisma ab scissura animorum uocata. Eodem enim cultu, eodem ritu credit ut ceteri; solo congregationis delectatur discidio.

(3) Valastro Canale, Angelo, Herejias y sectas en la Iglesia Antigua. El octavo libro de las Etimologias de Isidoro de Sevilla y sus fuentes, Madrid, 2000, pp. 94-95. Bien qu'il ne propose pas l'edition du livre VIII des Etymologies, il est normal d'inclure le livre d'A. Valastro Canale dans la meme categorie que les editions recentes d'Isidore, car il comporte une etude fouillee des sources fondee sur les bases de donnees electroniques.

(4) Schisma, nisi fallor, est eadem opinantem atque eodem ritu colentem quo ceteri solo congregationis delectari discidio ; secta uero est longe opinantem quam ceteri, alio etiam sibi ac longe dissimili ritu diuinitatis instituisse culturam (CSEL 25, p. 537 l. 4-8).

(5) Haeresis' Graece ab 'electione' dicitur, quod scilicet unusquisque id sibi eligat quod ei melius esse uideatur. Philosophi quoque Stoici, Peripatetici, Academici etEpicurei, illius uel illius haereseos appellantur. [...] Haeretici autem in semetipsos sententiam fuerunt, suo arbitrio de ecclesia recedentes. [...] Inter haeresim et schisma hoc esse arbitror : quod haeresis peruersum dogma habeat; schisma propter episcopalem dissensionem ab ecclesia separetur (CCSL 77C, l. 294-298, 319-321 et 322-324).

(6) Diff. I, 314 : Sepultus uero eo quod sine palpitatione uel pulsu est, id est, sine motu.--Etym. XI, 2, 37: Sepultus autem dictus, eo quod iam sine pulsu et palpitatione est, id est sine motu.

(7) Gasti, Fabio, Isidoro di Siviglia. Etimologie. Libro XI, Paris, 2010, p. 131 n. 301.

(8) Sepultus est quasi sine pulsu.

(9) Gasti, edition citee, p. 129 n. 297.

(10) Diff. I, 327 : Inter sedes et tronum. Sedes non tantum unius, sed multorum est. Nam solium unius tantum est; hoc regum, illud quibuscumque proprium. Solium autem uel a solius sessione uel a soliditate dictum. Solium Latini, Graeci tronum dicunt. Sedes autem dictae, quia apud ueteres Romanos non erat usus adcumbendi, unde et consedere antiquo more dicitur. Nam ueteres sedentes epulabantur. Postea, ut ait Varro de uita populi Romani, uiri discumbere coeperunt, mulieres sedere. Quia turpe illis erat discumbere uisum est.--Servius, Aen. VII, 169 et 176 : [169] Solium est ut diximus supra ueluti armarium de uno ligno factum ad regum tutelam, quod solum id est unum capit; secundum alios a soliditate dictum, secundum Asprum per antistoechon, quasi sodium a sedendo : nam et sella quasi sedda dicta est. [176] Maiores enim nostri sedentes epulabantur.

(11) Sedes dictae quoniam apud ueteres Romanos non erat usus adcumbendi; unde et considere dicebantur. Postea, ut ait Varro de Vita populi Romani, uiri discumbere coeperunt, mulieres sedere, quia turpis uisus est in muliere adcubitus. Sedis singulari numero proprie regni est, qui Graece doovoc dicitur. Item thronum Graeci dicunt, nos solium. Subsellia uero ceterorum, cathedrae doctorum. Solium, in quo reges sedentpropter tutelam corporis sui, secundum quosdam a soliditate dictum, quasi solidum ; secundum alios per antistichon, quasi sodium, a sedendo. Vnde et sella quasi sedda dicta est.

(12) Guillaumin, Jean-Yves, Isidore de Seville. Etymologies. Livre XX, Paris, 2010, p. 94, n. 377 (oh il faut corriger une petite coquille : lire <<Servius, En. 7, 176>> et non <<175>>), et p. 96, n. 379. Le lien entre Servius et Isidore avait deja ete mentionne par les editeurs de Servius, Thilo, Georg, Seruii grammatici qui feruntur in Vergilii carmina commentarii, Leipzig, t. 2, 1884, p. 138, note a la l. 17, et p. 139, note a la l. 8, et plus recemment Ramires, Giuseppe, Commento al libro VII dell 'Eneide di Virgilio, Bologna, 2003, pp. 2728, apparat des lieux paralleles.

(13) Diff. I, 330 : Inter plebem et populum. Plebs a populo eo distat, quod populus est generalis uniuersitas ciuium cum senioribus, plebs autem pars humilis et abiecta.--Etym. IX, 4, 5 : Populus autem eo distat aplebibus, quod populus uniuersi ciues sunt, connumeratis senioribus ciuitatis. Plebs autem reliquum uulgus sine senioribus ciuitatis.

(14) Gaius, Inst. I, 3 : Plebs autem a populo eo distat, quod populi appellatione uniuersi ciues significantur, connumeratis et patriciis ; plebis autem appellatione sine patriciis ceteri ciues significantur.

(15) Diff. I, 457 : Platea iuxta proprietatem linguae Graecae a latitudine nomen accepit.--Etym. XV, 2, 23 : Plateae perpetuae ac latiores ciuitatum uiae sunt, iuxta proprietatem linguae Graecae a latitudine nuncupatae ; nlaxvc enim Graeci latum dicunt.

(16) C'est moi qui ai identifie cette source. Guillaumin, Jean-Yves et Monat, Pierre, Isidore de Seville. Etymologies. Livre 15, Besancon, 2004, proposent seulement (p. 42, n. 166) un rapprochement avec Ciceron, De signis 53, 119 : uia lata perpetua. Mais le parallele parait bien limite, ne serait-ce que parce que Ciceron n'utilise pas le mot platea.

(17) Diff. I, 480-481 : [480] Inter reptilia et repentia. Reptilia aquarum sunt, repentia terrae. [481] Inter feras et bestias. Omnis bestia fera, non omnis fera bestia. Bestiae namque sunt quae morsu uel unguibus saeuiunt, ut pardi, leones, tigrides, a uastando dictae. Ferae autem etiam illae sunt quae etsi non saeuiunt, tamen siluestres sunt; dictae autem ferae quod naturali utantur libertate et desiderio suo ferantur.--Etym. XII, 2, 1-2 : Bestiarum uocabulum proprie conuenit leonibus, pardis, tigribus, lupis et uulpibus canibus que et simiis ac ceteris, quae uel ore uel unguibus saeuiunt, exceptis serpentibus. Bestiae dictae a ui, qua saeuiunt. Ferae appellatae, eo quod naturali utuntur libertate et desiderio suo ferantur.

(18) Augustin, Gen. litt. III, 11, 16-17 : [16] Et repentia quiaem siue reptilia terrena non est aubitanaum quoa omnes serpentes intellegi uoluit, quamquam et bestiae aici possint; pecorum autem nomen non usitate serpentibus conuenit. Rursum leonibus et parais et tigriaibus et lupis et uulpibus, canibus etiam et simiis atque ia genus ceteris usitate conuenit uocabulum bestiarum. [...] [17] Vnae ibi non simpliciter ait : reptilia, sed addidit: omnia reptilia terrae ; iaeo terrae, quia sunt et aquarum. [...] Bestias autem, ae quibus item ait : secunaum genus, quiaquia ore aut etiam unguibus saeuit exceptis serpentibus (CSEL 28.1, p. 75 l. 10-16, p. 76 l. 11-12 et p. 76 1. 15-17).--Servius, Aen. I, 215 : Feras aicimus aut quoa omni corpore feruntur, aut quoa naturali utuntur libertate et pro aesiaerio suo feruntur.

(19) Etym. VIII, 9, 17 : Haruspices nuncupati, quasi horarum inspectores. [...] Hi etiam exta pecudum inspiciunt, et ex eis futura praedicunt; -Diff. I, 84 (291) : Aruspices qui exta pecudum inspiciunt et ex eis futura praedicunt.

(20) Pro b haruspicibus c [...] qui exta inspiciant et ex his futura praedicant (CCSL 75A, l. 303-306).

(21) Valastro Canale, Angelo, Herejias y sectas en la Iglesia Antigua. El octavo libro de las Etimologias de Isidoro de Sevilla y sus fuentes, Madrid, 2000.

(22) Diff. I, 314 : Monumentum uero nunc sepulcrum, nunc historia rerum gestarum ; dictum eo quod mentem moneat;--Etym. XV, 11, 1 : Monumentum ideo nuncupatur eo quod mentem moneat ad defuncti memo riam.

(23) Monumenta': sermo medius ; dictus ab eo quod moneat mentem.

(24) Nam et 'memoriae' nomen id apertissime ostendit et 'monumentum' eo quod moneat mentem, id est admoneat, nuncupatur (CSEL41, p. 630 l. 12-14).

(25) Spevak, Olga, Isidore de Seville. Etymologies. Livre XIV, Paris, 2011. Voir mon compte rendu de cette edition, a paraitre dans Archivum Latinitatis Medii Aevi (Bulletin du Cange), 70, 2012, ouje signale aumoins 37 sources non reperees par l'editrice.

(26) Etym. XIV, 8, 40 : Portus autem locus est ab accessu uentorum remotus, ubi hiberna opponere solent; -Diff. I, 445 : Nam portus locus ignotus est ab accessu uentorum, ubi hiberna opponere solent.

(27) Aen. III, 570 : Portus ab accessu uentorum immotus et ingens.--Georg. III, 302 : Et stabula a uentis hiberno opponere soli.

(28) Voir Spevak, edition citee, lxii.

(29) Etym. XIV, 1, 1 : Humus ab inferiori uel humida terra, ut sub mari. Tellus autem, quia fructus eius tollimus. -Diff. I, 4 : Inter terram et tellurem et humum. Terra squalida est, tellus fructifera, humus autem inferior ac deorsum et humida tellus est. Vnde et humati sepulti. Generaliter autem ubique terra est, non ubique humus, et in parietibus terra est, hoc est in lateribus, et non est humus. Humus autem terra humida est, et ab humore uocata, sicut et terra, quod naturali siccitate torreat, sicut et tellus, quia fructus eius tollimus.

(30) Maltby, Robert, A Lexicon of Ancient Latin Etymologies, Leeds, 1991, p. 285 (s. v. <<humus>>).

(31) GL IV 537, 30-538, 1 : Generaliter ubique terra est, non ubique humus ; et in parietibus terra est, hoc est in lateribus, et non est humus ; humus uero humida quae iussum {sic) est aut quae humorem habet.

(32) Etym. XIV, 8 : [1] Montes sunt tumores terrarum altissimi, dicti quod sint eminentes. [19] Colles sunt praeminentiora iuga montium, quasi colla. [22] Valles sunt humilia loca, quasi uulsa. Hinc et conualles depressa loca terrarum inter montes.--Diff. I : [452] Inter montes et colles. Montes sunt tumores terrarum, colles prominentiora iuga montium, quasi colla. [453] Inter ualles et conualles. Valles sunt depressa loca camporum, conualles montium interualla.

(33) En particulier, ils ne sont pas inclus dans l'index fontium (pp. 175-178).

(34) Philipp, Hans, Die historisch-geographischen Quellen in den Etymologiae des Isidorus von Sevilla, Berlin, 1913, t. 2, p. 160.

(35) En. in Psalm. 103/2, 10 : Conualles nostis quid sint: depressa loca terrarum. Nam collibus et montibus contraria figura opponuntur ualles uel conualles. Colles et montes tumores terrarum sunt, ualles autem uel conualles humilitates terrarum (CSEL 95/1, l. 9-13). C. Codoner mentionne bien Augustin, En. in Psalm. 103/2, 10, mais elle n'en cite que la derniere phrase (Colles et montes ... humilitates terrarum). Pour compliquer les choses, la reference a Augustin, En. in Psalm. 103/2 est oubliee dans l'index des sources (p. 436).--En. in Psalm. 126, 6 : Quomodo erecti sunt montes, sic sederunt conualles. Conualles enim dicuntur loca depressa terrarum : colles enim eminentiora loca, minus tamen quam montes--multum excelsa loca terrarum montes dicuntur--: parum est (CSEL 95/3, l. 13-16).

(36) [section] 8 : Iam montes ipsi exstant Petrus, Paulus : quomodo eminent ? ... Vt omnes uiderent eminentiam montium (CSEL 95/1, resp. l. 3-10 et 9-13). Le [section] 10 est cite a la note precedente.

(37) Qu'on trouve dans Etym. XIV, 8, 1.

(38) C. Codoner, dans son commentaire de Diff. I {p. 401), precise d'ailleurs que << le premier passage [En. in Psalm. 103/2] est clairement utilise par Isidore >>, ce qui sous-entend que ce n'est pas le cas du second (En. in Psalm. 124).

(39) Actuellement on en connait un seul manuscrit complet: Mainz Stadtbibl. I 9. Voir Dolbeau, Francois, << Le Sermonnaire augustinien de Mayence {Mainz, Stadtbibliothek I 9) : analyse et histoire >>, Revue Benedictine 106, 1996, 13-14 [repris dans Augustin et la predication en Afrique. Recherches sur divers sermons authentiques, apocryphes ou anonymes, Paris, 2005, pp. 31-32].

(40) Diff. I, 3 :Aequora ... propter aequalitatem dicti. -Nat. 41, 2 : Aequor appellatum creditur, quod superficies eius aequalis sit. -Etym. XIII, 12,1: Aqua dicta quod superficies eius aequalis sit; hinc et aequor appellatum, quia aequaliter sursum est.--Etym. XIII, 14, 2 : Aequor autem uocatum quia aequaliter sursum est.

(41) Servius, Aen. II, 69 : 'Aequora'uero modo maria, alibi campos ... dictum enim est ab aequalitate.--Gn 1, 10 : Congregationes aquarum uocauit maria.

(42) Campi propter aequalitatem ; ergo propter aequalitatem, inde dicti sunt campi, populi iusti (CCSL 39, l. 3-5).

(43) Aequor adpellatum arbitror, quod superficies eius aequalis sit (CSEL 32.1, p. 64 l. 24-25).

(44) Je crois etre le premier a reperer ainsi la source d 'Etym. XIII, 12, 1 et 14, 2, que n ' a pas vue l ' editeur recent : Gasparotto, Giovanni, Isidoro di Siviglia. Etimologie. Libro XIII, Paris, 2004.

(45) Fontaine, Jacques, Isidore de Seville. Traite de la nature, Bordeaux, 1960 [repr. Paris, 2002], p. 311 (apparat des sources).

(46) Philipp, Die historisch-geographischen Quellen (deja cite), pp. 42 (Etym. XIII, 12, 1) et 48 (Etym. XIII, 14, 2). Il faut corriger une petite coquille a la p. 48 : lire <<II, 69>> et non <<I, 69>>.

(47) Gautier Dalche, Patrick, compte rendu de l'edition deja citee de Gasparotto, dansArchivum LatinitatisMediiAevi (Bulletin du Cange), 62, 2004, 309. P. Gautier Dalche ne cache pas qu'il se fonde sur H. Philipp, dont il recopie meme la coquille (a propos de d'Etym. XIII, 14, 2, lire <<2, 69>> et non <<1, 69>>).

(48) Diff. I, 339 : Inter seruum et famulum. Serui sunt in bello capti, quasi seruati, sicut mancipium ab hostibus quasi manu captum ; famuli autem ex propriis familiis orti.--Etym. IX, 4, 43 : Famuli sunt ex propria seruorum familia orti. Serui autem uocabulum inde traxerunt, quod hi, qui iure belli possint occidi a uictoribus, cum seruabantur, serui fiebant, a seruando scilicet serui appellati.

(49) Donat : Mancipia dicuntur, quod manu capta sunt, serui quod seruati sunt, cum eos occidi oporteret iure belli.--Augustin : Qui enim homo ab homine superatus iure belli posset occidi, quia seruatus est, seruus est appellatus ; inde et mancipia, quia manu capta sunt (CCSL 33, l. 2024-1027).

(50) De lingua latina, VI, 8, 85 : Mancipium, quod manu capitur.

(51) Voir, dans l'edition de C. Codoner, l'index (p. 403).

(52) Reydellet, Marc, Isidore de Seville. Etymologies. Livre IX, Paris, 1984, p. 178, n. 285.

(53) Origo autem uocabuli seruorum in latina lingua inde creditur ducta, quod hi, qui iure belli possent occidi, a uictoribus cum seruabantur serui fiebant, a seruando appellati (CCSL 48, l. 12-15).

JACQUES ELFASSI

Universite de Lorraine, Centre de recherches <<Ecritures>> (EA 3943)

jacques.elfassi@univ-lorraine.fr
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Author:Elfassi, Jacques
Publication:Voces
Date:Jan 1, 2011
Words:6740
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